Revenir en haut Aller en bas


Tagada Tagada!
 :: Archives :: Archives RP

Aller à la page : 1, 2  Suivant

Phoebe Hill

avatar
Recrue / Bâtard Lannister
Voir le profil de l'utilisateur
Mer 14 Juin - 18:44
-Ramenez-moi ce bâtard! Bloquez l’accès à la Goldroad et la Searoad, il prévoit ficher le camp dans le sud!

Phoebe grogna en entendant ce cri résonner dans la cour, alors qu’il talonnait son fidèle destrier Dagobert, fuyant l’écurie du château. Jurant mentalement, il se demanda où il s’était trompé, il était pourtant certain d’avoir été discret, autant lorsqu’il avait pigé dans le trésor familial pour empocher quelques pièces afin de payer son voyage (et avouons-le, se la couler douce pour quelques années…) que lorsqu’il avait scellé, lui-même pour ne pas demander à un palefrenier, Dagobert. En sortant du château, Hill avait le choix d’emprunter la River Road, qui traverse les Riverlands jusqu’au Vale of Arryn et croise la King’s Road en direction du North… ou alors celle du sud, qui se divisait en deux : la Searoad (qu’il comptait emprunter pour rallier le Sud) et la Goldroad qui l’aurait dirigé droit vers King’s Landing (mauvais plan évidemment).

Maintenant, quelqu’un devait avoir trahi ses plans, parce que des gardes s’agglutinaient déjà à bloquer le chemin menant vers le sud. Maugréant intérieurement, Phoebe se résolu à prendre la River Road, se disant qu’il trouverait bien une solution pour descendre au sud éventuellement. Toutefois, alors que les jours s’écoulaient, puis les semaines, il en vint à éliminer toutes les possibilités. D’abord, on le cherchait partout, alors prendre un bateau dans un port des Riverlands pour contourner le continent par l’ouest n’était pas un bon plan, il passerait immanquablement par un port des Westerlands où il aurait tôt fait d’être repéré. Descendre la King’s Road par le sud, lorsqu’il l’atteindrait, n’était pas un bon plan non plus : il croiserait tous les villages d’importance ainsi que la capitale, et la nouvelle de sa fugue et de son crime allait certainement s’y rendre avant lui. Alors, il n’avait d’autre choix que de continuer à faire cavalier seul et se terrer jusqu’à ce qu’on l’oublie et qu’il puisse traverser le continent ni vu ni connu! Plus facile à dire qu’à faire, le bâtard a beau savoir se battre, il ne dispose pas d’un grand éventail d’aptitudes de survie, et s’il n’a pour l’instant pas encore été reconnu dans les auberges qu’il a fréquenté parce qu’il devance ses poursuivants de quelques jours, ce ne sera pas toujours le cas.

Il restait donc le North, où on avait bien peu de chances de faire attention à lui… La voix de Sullivan, profondément ancrée dans ses souvenirs, lui répéta son invitation faite il y a quelques semaines (ou était-ce depuis des siècles? ) « Si tu décidais de passer au North pour n’importe quelle raison, n’hésite pas à visiter le Gift.» À nouveau, Phoebe jura intérieurement. Il détestait le froid, et il n’y avait aucun territoire plus élevé en latitude que le Gift. Pourtant, c’était la solution à son problème : quitter Westeros serait pour l’instant trop périlleux, mais il devait quand même être inatteignable… Hors, le Gift n’appartient pas aux sept couronnes et de ce fait ne répond pas au Roi ni à aucun Lord, fut-il le plus riche du continent. Là-bas, il aurait la paix, de toute façon son père ne le penserait jamais assez fou pour aller se cacher dans le froid éternel… Mouais, en fait même lui doutait d’être assez fou, honnêtement.

Et pourtant, après une longue chevauchée, c’est le nord qu’il choisit lorsque la River Road croisa la King’s Road. Peut-être qu’il aurait pu demander l’asile à un noble, ou même un paysan, mais c’était trop risqué, il avait quand même volé le trésor seigneurial de Casterly Rock, si son hôte venait à le découvrir, il pouvait être sûr d’être dénoncé. Non, le mieux était encore de ne faire confiance qu’à lui-même, bien que la solitude de ce long voyage lui pesa bien plus qu’il ne voulait l’avouer. La chance était tout de même avec lui, il n’entendit pas son nom ni parler de sa fugue dans aucune auberge qu’il croisa dans le North, et comme son apparence était plutôt négligée (ses cheveux et sa barbe n’étaient plus rasés de près et ses vêtements étaient sals) on ne lui portait aucune attention, il n’avait pas la tête d’un noble. Ainsi atteignit-il Mole’s Town sans incident fâcheux, ayant plus l’air de s’être battu contre un grizzly que d’un Lord en cavale. Plus d’un mois après son départ de Casterly Rock, Phoebe se remit enfin à respirer convenablement, entouré du Free Folk, il ne se sentait plus menacé.

-C’est juste temporaire… Quelques semaines, quelques mois, puis on redescend, le temps de se faire oublier… marmonna-t-il à Dagobert en lui caressant l’encolure, comme pour le réconforter du froid intense qui sévissait au North, même en plein été. Honnêtement, le bâtard était bien plus incommodé par la météo que son acolyte.

Le bordel dont lui avait parlé Sullivan n’était pas bien dur à trouver, et pour cause, c’était la seule auberge de ce minuscule bourg. Apparemment, les gens ne vont pas souvent à Mole’s Town simplement pour faire du tourisme, c’est un village de cultivateurs, de pécheurs et de chasseurs comme bien d’autre, qui sert aussi de refuge aux oiseaux nocturnes du Mur… Bref, un vieux village un peu pourri et franchement pas très joyeux, et pourtant nul ne réagit négativement à l’approche de l’étranger. Pour Phoebe, s’était une première à vie : ne pas se faire dévisager, ne pas recevoir de regards haineux. Tout au plus l’observait-on avec curiosité avant de poursuivre le travail, se disant sûrement qu’il se rendait à Castle Black pour s’enrôler.

Phoebe descendit de Dagobert et le traîna jusqu’à l’écurie appartenant au bordel, où il s’occupa lui-même de son cheval, il n’y avait pas d’employé pour cela, ou alors pas à cette heure-ci. Après tout, la clientèle n’arrivait normalement que de nuit, et repartait le matin, alors qu’il était débarqué au beau milieu de la journée. En se rendant à la porte de l’établissement, le bâtard Lannister passa devant une affiche placardée contre le mur qui le fit sursauter, considérant les gros caractères «RECHERCHÉ» en en-tête. Le cœur battant la chamade, le jeune homme s’empressa de lire la note, et soupira en découvrant qu’ils recherchaient un videur, et non lui. Il devenait vraiment parano là… Le message ne pouvait s’être rendu si loin si rapidement, et encore, peut-être ne se rendrait-il jamais dans ce bled pourris.

Lorsqu’il se fut calmé, Hill décida qu’il offrirait ses services… Tant qu’à perdre son temps à Mole’s Town, autant l’occuper à travailler, il ne saurait pas que faire de plus de toute façon, il n’était pas à Casterly Rock où il pouvait se la couler douce et il préférait ne pas liquider tout son trésor volé avant d’atteindre le sud. En entrant dans l’établissement des plaisirs, Phoebe fit la moue en ne voyant que des femmes, visiblement Sullivan s’était trompé, il ne trouverait pas chaussure à son pied ici. Enfin, ce n’était pas comme si cela comptait vraiment pour son avenir, mais ça l’aurait au moins occupé pour le temps qu’il comptait consacrer au North. Tant pis, peut-être un paysan serait enclin à…

-Que puis-je pour Monsieur? demanda une voix chaude appartenant à une femme avec d’immenses cils papillotants en sa direction.

-Heu, je suis là pour l’annonce, répliqua-t-il, improvisant alors qu’il avait plutôt prévu demander une chambre SANS escorte.

La madone (car c’était là bien la gérante du bordel) paru déçue de ne pas s’être fait un nouveau client fraîchement arrivé (non mais honnêtement, dans un si petit village, elle connaissait tout le monde!) mais parut tout de même ravie d’avoir enfin comblé ce poste qui traînait depuis des mois, tous les hommes valides de la région finissaient chasseurs, agriculteurs, ou frères jurés. Phoebe grinça des dents lorsque la dame refusa de lui dire ce qu’il était advenu de son prédécesseur et se contenta de lui demander s’il pouvait commencer la nuit prochaine. Un peu déboussolé par une confirmation si rapide, Hill ne su que répondre.

-Je ne crois pas que ce sera très occupé ce soir, alors profites-en pour t’acclimater au village, et puis demande à Chlomidea, elle t’indiquera où trouver ton logis. Et de l’eau pour te débarbouiller, tu en auras bien besoin, et elle s’en fut vaguer à ses occupations, sans même lui avoir demandé son nom, en lui désignant du doigt une blonde qui se mit instantanément à lui faire du charme, au grand dam de Phoebe, même s’il lui eut précisé cinq fois qu’il était là pour le boulot et non pour son boulot à elle…

Son logis consistait, en toute chose, à l’étage supérieur de l’écurie… Ouais, ça sentait un peu le crottin, mais c’était étonnement propre, et tellement grand qu’il ne savait pas quoi faire de son espace. La prostitué lui apporta de l’eau chaude et il entreprit aussitôt de se raser, soulagé de ne plus se sentir comme un souillon, même s’il n’était pas excessivement fournis de la barbe, ça le démangeait ! Chlomidea ne le quitta pas de tout ce temps, lui parlant de la vie à Mole’s Town, jacassant toute seule jusqu’à ce qu’il commence à essayer de se couper les cheveux avec sa lame de rasoir, ce qu’il n’avait jamais fait tout seul (c’est ce qui arrive quand on est un petit Lord!) et se trancha salement un doigt dans l’exercice.

-Merde! grogna-t-il en fourrant son doigt dans sa bouche alors qu’il lâchait sa lame à terre, juste avant qu’un écœurant goût métallique lui empoisonne la bouche.

-Attends je vais t’arranger ça! Mais comment tu les coupe au juste? On dirait que le milieu est plus long? Vraiment? Comme les poneys?

Phoebe s’esclaffa, réalisant que c’était la première fois qu’on la lui sortait celle là. Rasé sur les côtés, longs dans le milieu, ça arrive parfois à la cour que les gens portent leurs cheveux de façon extravagante, mais ce n’était pas normal pour le paysan qu’il voulait prétendre être. Pendant qu’elle le rasait comme il le lui avait demandé, Chlomidea lui demanda plus de choses sur lui, d’où il venait, comment il était arrivé ici. Heureusement, sur la route, il avait eut le temps de s’inventer une histoire, il lui raconta donc venir d’un village paumé des Westerlands (parce que c’était le seul territoire qu’il connaissait assez bien pour ne pas s’emmêler dans son mensonge) et qu’il était parti au North pour l’aventure. Simple comme ça. La seule improvisation fut son nom, le commentaire de la prostituée sur les poneys l’avait inspiré.

-Dagobert. Appelle-moi juste Dagobert.

***

Après avoir passé la journée à se décrotter et essayer de se derrouiller au combat, puisqu’il n’avait pas levé une lame depuis trop longtemps, Phoebe alla se coucher bien avant le début de la soirée. Comme la madone l’avait prévu, il n’y avait personne en bas, elle n’aurait pas besoin de lui, il pourrait donc se reposer de sa route. Heureusement, parce que malgré son assurance lorsqu’il avait rencontré la propriétaire, Sullivan lui avait montré qu’il n’était pas capable de tenir tête à un Frère Juré, il avait beau savoir se battre, il ne fallait pas exagérer! Enfin, il n’avait plus qu’à espérer que les prochains mois allaient être tranquille, ou que les clients seraient soient plus faibles que lui, ou trop saouls pour se défendre, et tout irait bien.

Seulement, au beau milieu de la nuit, une femme qu’il n’avait pas encore rencontré vint le réveiller, lui disant que finalement, une bande de Gardes de Nuit étaient descendus au Bordel et avaient beaucoup bu, si bien que sa patronne voulait qu’il reste en bas avec eux au cas où les choses devaient mal tourner. Encore groggy de sommeil et à moitié dans les limbes, Phoebe peina à se lever, s’aspergea le visage d’eau froide et s’empressa d’enfiler sa veste de cuir et son épée avant de descendre au grand salon où les femmes de joie faisaient leur petit spectacle en attendant de monter avec les clients. Hill s’étampa au visage son air le plus mauvais (ce n’était pas bien difficile car il était vraiment de mauvaise humeur de s’être fait réveillé comme ça) et s’adossa au bar en espérant que c’était juste une fausse alerte et qu’il n’arriverait rien… Avec un peu de chance, tout le monde irait bientôt baiser et il pourrait retourner voir Morphée.

Surveillant les nouveaux clients un à un, Phoebe détailla chacun des visages pour essayer de déceler lequel avait le plus besoin d’être contrôlé, lorsqu’il croisa, malgré lui, le regard pénétrant, d’un bleu glacial, qu’il aurait préféré ne pas revoir de si tôt.

-Ah merde! gronda-t-il en se tournant brusquement vers le bar, comme s’il pouvait ainsi éviter que Sullivan le remarque, alors qu’ils s’étaient tout les deux regardés directement dans les yeux.

*Faites qu’il soit trop saoul pour me reconnaître!* Ce n’était pas vraiment le moment, et honnêtement… se sentait encore terriblement stupide de sa bévue à leur dernière rencontre… Parce qu’il devait admettre avoir adoré leur baiser et avoir une envie folle de s’y remettre. Snow n’était jamais sorti de sa tête dans les dernières semaines, ce qui était tout à fait inadmissible à son avis : il ne pouvait pas s’être amouraché d’un gars qu’il ne connaissait pas et qui ne partageait pas les mêmes goûts que lui! *Arrête de te torturer inutilement!*


Sullivan Snow

avatar
Patrouilleur / Bâtard Targaryen / Zoman
Voir le profil de l'utilisateur
Jeu 15 Juin - 16:17
Chaque sortie, chaque patrouille possédait son lot de dangers. Parfois, les hommes du Mur se retrouvaient confrontés à des conflits qu’ils auraient franchement préféré éviter. Le genre de confrontations dont l’issue n’était jamais bonne, pour l’une ou l’autre des parties. Exactement le type de situation qu’avait vécue Snow avant de revenir auprès du colossal rempart glacé, la journée même. Un groupe de sauvageons, particulièrement vindicatif, avait tenté de passer par une minuscule brèche dans le but de piller les pauvres gens du North afin de ramener quelques vivres, mais également, de faire le plus de dommages possible sur leur passage. Évidemment, l’escouade de Sulli était arrivé juste à temps, leur barrant la route et même plus… Inutile de préciser que très peu de sauvageons avaient pu prendre la poudre d’escampette, la plupart s’étant effondrés sous la lame plongeante des hommes du North pour voir finalement leur corps immolé dans le but d’éviter de potentielles futures complications. Oh, ce n’était pas la saison des Marcheurs Blancs, les risques étaient donc minimes (pour ne pas dire inexistants), mais nul homme ne pouvait être trop sûr, pas vrai?

Comme toute altercation comportait son lot de risques, les corbeaux avaient subi quelques dommages : ce fut les cas de Gordon, qui s’était récolté une lame en plein abdomen et sombrait maintenant entre la vie et la mort, ainsi que de Jared, qui serait désormais borgne, faute de pouvoir sauver son œil qui s’était récolté un éclat métallique au cours du combat. Évidemment, bien que l’adrénaline était toujours un phénomène grisant, chaque perte au sein des maigres rangs de la Night’s Watch était particulièrement pénible à vivre. C’est donc avec la mine un peu basse que l’escouade était revenue auprès des leurs, heureux d’annoncer qu’ils avaient intercepté un groupe de sauvageons, mais également alourdi par le sentiment que leur frère Gordon allait devoir les quitter sous peu. Et puis, personne ne savait si Jared allait pouvoir s’en sortir également! Suffisait d’une infection bien placée et ce dernier se retrouverait rapidement auprès des anciens dieux de la forêt…

Enfin, le relais fut rapidement pris par une autre escouade et l’équipe de Sullivan pouvait maintenant jouir de quelques jours de repos, desquels ils pouvaient en profiter pour se reposer un peu, mais aussi pour s’entraîner et traîner au Gift (bien que bon… les supérieurs n’approuvaient pas réellement, même s’ils fermaient les yeux, la moitié du temps, sur le sujet). Gordon et Jared furent emmenés auprès des guérisseurs et les Frères Jurés revenant de missions décidèrent de vaquer à leurs occupations, prenant le temps de se nettoyer dans leur chambre respective et en profitant pour se donner rendez-vous le soir même dans le bordel de Mole’s Town, dans le Gift. Sullivan n’y manquerait pas, son esprit troublé par les résidus de sa journée mouvementée lui traversant sans cesse l’esprit depuis son retour à Castle Black. Il avait bien besoin de s’engourdir l’esprit dans la boisson et de se perdre dans la chaleur humaine, en ce moment même. En fait, il était à parier que ses frères d’armes ressentaient la même chose que lui. C’était comme si, soudainement, le froid du North était devenu trop mordant et que la solitude du Mur était trop pesante. Ouais… Une visite à Mole’s Town n’était même plus un luxe, rendu à ce stade; c’était un besoin, ni plus, ni moins.

La soirée servit davantage à se reposer et à se repaître. Sullivan en avait profité pour nettoyer sa peau de cette sueur collante et des taches de sang séché appartenant à ses ennemis. Ses vêtements avaient été jetés en pile dans un coin de la pièce, puis il en avait profité pour en enfiler de nouveaux qui, somme toute, ressemblaient étrangement aux anciens. Pas de diversité vestimentaire pour les Frères Jurés, ça, c’était indéniable. La petite escouade s’était rassemblée dans une aire de repos, profitant du calme pour boire un peu et se réchauffer en vue de la soirée de purs plaisirs qui les attendait. Les bouteilles de forts s’étaient ouvertes et tous acceptèrent, sans exception, d’avaler quelques verres à la hâte pour se donner contenance. Dès que la nuit fut suffisamment installée, la poignée d’hommes décida d’entamer le voyage jusqu’au Gift, se rendant en catimini jusqu’aux écuries pour y seller quelques chevaux dans le but d’écourter leur voyage qui serait trop long à leurs yeux esseulés. Leur départ fut remarqué de quelques compatriotes qui ne se firent pas prier pour fermer les yeux, sachant qu’il était coutume (non avoué) de profiter des merveilles de Mole’s Town lorsque le besoin s’en faisait ressentir. C’était bon pour le moral ET la santé mentale des troupes, assurément.

Au bout d’un moment, les Gardes de la Nuit arrivèrent enfin en vue de l’établissement principalement composé de gentes féminines. Ils attelèrent les bêtes à l’écurie conçue à cet effet, puis poussèrent les portes battantes du commerce où ils furent accueillis comme des rois. De jolies damoiselles vinrent à leur rencontre, riant aux éclats et enlaçant ces pauvres guerriers éreintés en mal de compagnie. Moyennant une somme considérable, des verres remplis d’alcool – de l’hydromel dans le cas de Sulli – furent déposés dans leurs mains gantées et la plupart des Frères Jurés prirent place dans des sièges confortables, préférant d’abord festoyer avant de gagner les chambres pour un moment de pure luxure.

Une jolie brunette agrippa la main de Snow et l’attira jusqu’à un fauteuil moelleux, bien qu’usé. Avalant sa consommation d’un trait, le bâtard des Starks – visiblement déjà éméché – ne se fit pas prier pour obéir aux ordres silencieux de la belle, se laissant tomber sur le siège confortable en gloussant. La beauté sulfureuse s’installa à califourchon par-dessus lui, l’embrassant dans le cou et lui susurrant des paroles indécentes afin de l’aider à faire mousser sa propre imagination. Un sourire amusé trônait sur les lèvres du guerrier quand, malgré lui, son regard fut attiré au loin. La silhouette d’un homme se tenant contre le comptoir du bar détonait sur tout le reste. Ah? Un nouveau videur? Sa curiosité piquée à vif pendant ce moment inopportun le poussa à détailler le nouvel individu… jusqu’à ce son regard glacial rencontre le vert tendre des yeux de Hill qu’il put alors reconnaître sans l’ombre d’un doute. AH! Mais qu’est-ce qu’il foutait là! Ça faisait un moment qu’ils s’étaient vus! Il devait lui dire bonjour, après tout, ne lui avait-il pas promis quelques verres de whisky si ce dernier venait à passer au Gift? N’était-il pas un homme d’une seule parole? Hill se retourna brusquement vers le bar, probablement soucieux de ne pas le déranger dans son moment d’euphorie. Bah! Une promesse était une promesse, tiens! Enfin… avait-il réellement promis quelque chose? Il ne savait plus trop…

Les mains expertes de la prostituée défirent le collet de sa tunique d’ébène, exhibant ses clavicules et la naissance de son torse alors qu’elle recouvrait la peau diaphane de baisers langoureux. C’est alors que, contre attente, Sullivan lui agrippa les bras et la recula gentiment, esquissant un sourire un peu niais sous l’expression incrédule de la belle.

- Excuse-moi Jewelith. C’est mon pote là-bas! Je l’ai rencontré dans les Westerlands et je lui ai promis un verre s’il venait à visiter le Gift! Je peux pas le laisser planter là tout seul…

- Tu plaisantes, Snow? Franchement, tu délires un peu, laisse-moi t’aider à te détendre… Et la jolie fille recommença son manège avant d’être repoussée à nouveau.

Cette fois, Sullivan ne la laissa pas exprimer la moindre objection, se contentant de la forcer à se relever pendant que lui-même se redressa pour se diriger vers le bar, non sans tituber un peu au passage. Il était franchement heureux de revoir son pote Hill et il allait lui montrer à quel point sa présence était souhaitée! Il était hors de question qu’il lui donne raison quant à l’ambiance glaciale du North! On pouvait s’amuser, même au Gift! C’était important qu’il le sache, n’est-ce pas?

- Mais qui voilà donc!! S’écria-t-il en enlaçant les épaules de Phoebe de son bras en une accolade sommaire et amicale. Le lion noir en personne! Bon sang, je ne savais pas que tu avais réellement considéré mon offre! Je suis heureux de te revoir Pho… Hein? Pourquoi lui faisait signe de se taire? Il ne comprenait pas… enfin, son esprit embrumé par l’alcool ralentissait considérablement ses facultés, fallait bien l’admettre. Dagobert? C’est quoi ce nom à la con? On dirait le surnom d’un cabot… AH!! Ouais, tu as eu des soucis, pas vrai? Je comprends. Alors va pour Dagobert! Hey! Tavernier! Peux-tu nous servir deux whiskys à moi et mon pote Dago? Je le lui avais promis pendant ma mission de recrutement!

Il parlait fort. Un peu trop même. Dans un mouvement soudain, le corbeau blanc se laissa tomber en position assise sur un tabouret, poussant Hill à faire de même bien malgré lui. Il esquissa un sourire à son intention, le regard pétillant pendant que la catin venait de revenir auprès de lui, enlaçant son corps et embrassant sa nuque dans le but évident de lui rappeler sa présence. Elle minauda dans son dos, le suppliant presque de revenir auprès d’elle avant que Snow ne se retourne pour lui faire face. Dès qu’ils furent face à face, la jeune femme s’empara de sa mâchoire et échangea avec lui un baiser langoureux auquel il mit fin sans trop de difficulté.

- Jewel, t’es gentille, vraiment, mais je discute avec mon pote là. Je te ferai signe plus tard, d’accord?

Mauvaise réponse. La jeune femme esquissa une moue boudeuse, croisant les bras sur sa poitrine, puis se détourna dans un mouvement rageur avant de rejoindre les autres damoiselles de sa cohorte. Sullivan leva les yeux au ciel avec un air exaspéré, puis jeta quelques piécettes sur le comptoir pour payer les deux consommations, sans même savoir si Hill avait vraiment envie de boire. Bah! Au pire, il viderait les deux verres lui-même! S’appuyant donc sur la surface massive du bar, le bâtard du North glissa ses doigts sur le contenant translucide et porta ce dernier à ses lèvres pour prendre une bonne lampée de l’alcool fort. Il se tourna ensuite pour faire face à Dagobert qui, visiblement, ne semblait pas savoir où se mettre. Hahah! Tiens, à son souvenir, Hill était sûr de lui, arrogant même! Visiblement, il n’était pas dans son élément, dans l’immédiat!

- Alors, qu’est-ce qui t’emmène dans ce trou perdu? Le questionna-t-il, un regard inquisiteur au visage. Je croyais que tu voulais te faire rôtir les couilles dans le sud… Est-ce que c’était ça? Ou griller la couenne en profitant de tes… Bref. Tu saisis. Alors tu me vois étonné de te voir dans le bordel à cette heure tardive. Me dis pas que mon offre de te joindre à la Garde de la Nuit t’intéresse finalement? Un sourire malicieux trônait sur son visage alors qu’il gloussa en portant son verre à ses lèvres. Il termina sa consommation en une lampée rapide, puis fit à nouveau signe au tavernier afin de se faire servir à nouveau. À voir la tronche que tu tires, j’imagine que j’ai tout faux? Puis, sa mine s’assombrit, l’espace d’un bref instant. Tu as eu des ennuis? Avec ton Lord? Si tel est le cas, tu peux respirer, rares sont les sudistes qui s’aventurent dans le Gift. Tout d’abord, c’est trop froid pour leur cul huppé, puis cette contrée est sous la juridiction de la Garde de la Nuit. Donc ils n’ont aucun droit qui outrepasse nos règles. Mais sérieusement, Pho… erh… Dagobert, qu’es-tu venu faire ici? Je te manquais tant que ça? Snow haussa un sourcil, puis esquissa un sourire amusé, sachant pertinemment que Hill – si son souvenir était bon – se braquerait à ce genre d’insinuations, préférant l’arrogance à quelconque moment de faiblesse.

Derrière lui, deux Frères Jurés se levèrent en tenant chacun une catin par la main. Le sourire glorieux et l’expression entendue qui ceignait leurs traits laissèrent clairement sous-entendre à leur comparse toute l’étendue de leurs intentions. En simple réponse, Snow leva son verre en leur direction, comme s’il trinquait à leur santé, puis il ramena ses yeux glacés vers Hill qui fixait drôlement l’assemblée. Il avait l’air aux aguets, comme un cabot veillant sur un troupeau de moutons. Franchement, il pouvait se détendre un peu… Personne n’allait tenter de lui faire la peau, ici. De toute façon, la plupart étaient des criminels qui, eux-mêmes, traînaient un passé peu recommandable. Bon… peut-être devait-il tout simplement ramener l’attention vers lui? Le jeune homme ivre agrippa son nouveau verre, puis fit tournoyer le liquide ambré ponctué de quelques glaçons qui tintèrent contre la paroi translucide.

- Je sais pas toi, mais moi, j’ai réellement eu une journée de merde… Marmonna-t-il le regard dans le vague, quelques instants. C’est pour cette raison que je suis ici. J’avais besoin de me changer les idées, de penser à autre chose. Disons simplement que je reviens de patrouille et que ce n’est pas toujours la joie. Je vais garder les détails pour moi, si tu n’en vois pas d’inconvénients. Et tu sais quoi? Je viens de réaliser que c’est les pires propos que j’aurais pu tenir s’il avait subsisté chez moi le moindre espoir de te voir joindre nos rangs! Bravo Sulli, sincèrement! Ça, c’est vendeur! Levant son verre, il l’entrechoqua doucement avec celui de Hill sans lui demander son avis, puis prit une autre gorgée. Il prit finalement une grande inspiration pour retrouver contenance, puis se retourna pour faire face à Phoebe qui, malgré tout, semblait s’amuser de son état d’ivresse actuelle. Alors, comment tu trouves le Gift? Je sais, je sais, il n’y a pas tant de… heu… de personnes qui pourraient combler tes standards au sein des catins, mais je sais d’office que les employés de l’endroit compte quelques individus masculins. Après, faut juste voir s’ils partagent un intérêt similaire au tiens. Trop tôt pour ce genre de remarques? Hmm… L’alcool me monte à la tête, je dois dire des âneries, pardon.

Malgré tout, il termina sa consommation en une rasade.

Phoebe Hill

avatar
Recrue / Bâtard Lannister
Voir le profil de l'utilisateur
Jeu 15 Juin - 20:46
Il aurait pas pu tomber pire, en pleine étreinte avec l’une des employées des lieux, Sullivan avait l’air fort occupé. En fait, c’était peut-être mieux, avec un peu de chance il finirait ce qu’il avait à faire et serait assez saoul pour oublier de venir voir Hill et tenir sa promesse par la suite! C’est que Phoebe, à l’avoir revu dans son décor fort inspirant (il faut l’avouer) et dans une position vulnérable totalement séduisante, préférait de loin se tenir à l’écart! Lui qui ne fantasmait pourtant jamais sur des gens qu’il ne connaissait pas plus, ce Snow avait le don de le mettre dans tout ses états sans faire exprès, et ça l’enrageait de ne pas mieux se contrôler!

Misère! Les doigts du nouveau videur du bordel se tendirent sur le bois du bar lorsqu’il sentit un bras fraternel lui enserrer les épaules, sitôt accompagné d’une salutation un peu trop chaude pour être de Sullivan. Ah, oui, c’était lui tiens… Bien réchauffé, visiblement, les rôles s’inversaient et Phoebe n’était pas certain d’aimer ça. À la limite, c’était plus facile de lui résister lorsqu’il était hautain, froid et sec comme à son habitude. Là, il souriait trop, avait le collet ouvert beaucoup trop largement sur son torse, laissant paraître des muscles que Hill n’avait même pas imaginés si saillants en rêves, et était BEAUCOUP TROP PROCHE DE LUI. Le mouton noir écarquilla yeux, horifié, lorsqu’il se fit appeler le lion noir, regarda vite autour d’eux pour vérifier si quelqu’un leur portait attention, et lui intima le silence d’un geste de la main dès qu’il commença à l’appeler par son prénom.

-Non, Dagobert. Je ne leur ai pas dis qui j’étais, s’il-te-plait, garde ça pour toi, répliqua-t-il sèchement, le moins amical possible, espérant qu’il lui fiche la paix avant qu’il soit incapable de s’empêcher de fantasmer dessus. C’est pas le nom d’un chien, mais de mon cheval, c’est une longue histoire je t’expliquerai. Mais merci pour le compliment, ça fait du bien de te retrouver comme tu es à jeun, je ne te reconnaissais plus aussi gentil. Je ne suis pas vraiment certain si tu me plait comme ça, tu ressemble trop à… oh… moi, lança-t-il, incapable de retenir sa moue moqueuse, même s’il ne voulait surtout pas faire son charmeur. Mais tu pourrais pas parler moins fort un peu? gromella-t-il quand même pour s’assurer de récupérer son air de casse-pied hautain.

Se débarrasser de Snow en étant le plus désagréable possible, voilà qui était un plan génial! Quoi de mieux pour s’empêcher de vouloir lui sauter dessus, parce que même pas sous les effets de l’alcool, Phoebe se rendait durement compte que Sullivan lui faisait de l’effet, dans la tête, dans le cœur et … bien sûr dans le pantalon. Le corbeau demanda un whisky pour son «pote», et Hill failli vomir un peu dans sa bouche en entendant le ridicule de son surnom. Là ouais, Dago, ça ressemblait au nom d’un chien. Comme il avait toujours un bras autour de ses épaules (mais pourquoi il le touchait autant, hein?) Hill fut forcé de suivre son ami lorsque celui-ci s’écrasa sur un tabouret, mais ce n’était rien en comparaison au sourire plein de yeux beaucoup trop brillants qui força Phoebe a détourner le regard. Heureusement, le petit bijou de brunette (pour ceux que ça intéresse) qui dorlotait Snow plus tôt arrivait à ce moment-là pour récupérer son client, ainsi le bâtard Lannister pu passer comme voulant juste leur donner un peu d’intimité. Avec de la chance, le wannabe albinos ne serait pas capable de résister à l’appel de son engin masculin et montrait avec elle, parce que la tension du mouton noir dans le sien était à son comble. Heureusement qu’il était assis. Damné soit-il, Sullivan décida plutôt qu’il préférait discuter avec lui (mais qu’est-ce qu’il avait dans le crâne au juste?) et chassa la pauvre Jewel. *Arrête de me donner des faux espoirs Sully, j’aurais presque envie de croire que c’est moi que tu veux et ça n’arrivera jamais.*

Les deux verres arrivèrent face à eux, et Sullivan le prit de vitesse à payer, ayant visiblement oublié qu’il était le riche fils (bien que non légitime) du plus riche Lord du plus riche territoire de Westeros. Bah, de toute façon, il ne boirait pas. Il travaillait, non? Roulant des yeux, Phoebe poussa sa consommation vers Snow, un geste que le tavernier apprécia visiblement étant donné l’œillade qu’il lui lança. Eh ben il avait bien visé, on ne boit pas au boulot.

-Je travaille mec, merci quand même.

*Et puis on ne t’a pas appris à ne pas payer à boire à des gens que tu ne veux pas te taper? C’est la deuxième fois que tu me fais le coup, imbécile, et la première devrait t’avoir appris ta leçon!* Essayant de retrouver son masque désagréablement arrogant, Phoebe s’assura de ne pas engager la conversation, mais qu’à cela ne tienne, avec quelques verres dans le nez, Sullivan se débrouillait très bien pour la faire toute seule, et même être marrant, tirant malgré lui des sourire à Hill. Comment est-ce qu’il pouvait lui résister dans cette situation? Premièrement, il était séduisant. Deuxièmement, il avait bu. Troisièmement, il était beaucoup trop amical. Quatrièmement, il était marrant. Et enfin, cinquièmement, il jouait les intimes maintenant! Qu’est-ce qui lui avait donné envie de monter au North? Mais rien du tout, justement, il n’avait pas eu le choix et réalisait maintenant dans quel merdier il s’était fourré. L’œillade exaspérée de Phoebe, en réponse à la suggestion de Snow qu’il avait peut-être décidé de rejoindre la Garde, eut tôt fait de gâcher un peu la bonne humeur de son ami, mais pas assez longtemps pour le rendre moins attrayant, malheureusement.

-C’est trop froid pour mon cul huppé aussi, figures-toi, marmonna-t-il avec la moitié d’un sourire, le plus bas possible pour éviter que ses «collègues» de travail en sache trop sur son passé.

Par réflexe, Phoebe enfila une gorgée de whisky du verre qu’il avait refusé, heureusement alors que le tavernier avait le dos tourné et ne pourrait le dire à personne. Non Sullivan ne lui avait pas manqué. Il ne pouvait pas se permettre ce genre de sentiment, c’était de la torture mentale inutile.

-Disons que j’avais le choix entre ça ou bien tomber dans une embuscade et finir au bout d’une corde, ou pire, marié. Alors, c’était le seul moyen de leur échapper. T’inquiètes, j’ai pas l’intention de m’éterniser, je tiens à mes couilles je te l’ai déjà dis, elles ont besoin de soleil. C’était juste un détour… un sacré détour ouais, en attendant qu’on m’oublie un peu. Mon départ ne s’est pas passé comme prévu et j’ai raté mon plan.

Et il s’en maudissait encore, des semaines plus tard, se torturant les méninges à se demander où il s’était fait pincé, puisqu’il avait tout fait pour être discret et n’avait parlé qu’à des personnes de confiance… Visiblement, quelqu’un avait du le trahir, et ça c’était douloureux… Deux copains de Sullivan passèrent en traînant des femmes derrière eux, saluant le blondinet au passage, et Phoebe en profita pour retourner son dos au bar pour contempler les gens, bref faire son travail. N’importe quoi pour éviter le regard de Snow, qu’il sentait sur lui et qui le chatouillait jusque dans les entrailles. Peut-être que s’il l’ignorait assez longtemps, il finirait par… ha, bah non, le Frère Juré relança la conversation, lui racontant qu’il était venu se changer les idées après une terrible journée. Le ton de sa voix faisait vibrer l’âme du mouton noir, mais il se résignait à ne pas le regarder, persuadé qu’il se noierait dans ses yeux s’il devait les croiser à nouveau.

-Tu sais, ça n’aurait pas changer grand-chose, tu connais déjà mes aspirations. Niveau vie de merde, je suis capable d’en prendre, c’est la solitude que je ne supporte pas. Et le froid.

À mots couverts, comprendre quelque chose comme : si j’avais l’assurance que mes draps soient réchauffés par autre chose que des pierres qui ont grillé dans le feu toute la journée, je m’engagerais tout de suite. N’empêche qu’il avait bien du mal à ne pas sourire, encore plus à ne pas loucher vers son voisin, véritablement différent un coup saoul. Finalement, il lui plaisait bien comme ça, et c’était ce qui était le plus emmerdant : il lui plaisait beaucoup trop comme ça. Snow relança la conversation sur le manque d’employés masculins pour les chambres, mais sous-entendis que les autres membres du personnels avaient peut-être les intérêts de Phoebe, se qui fit se rembrunir l’homosexuel. Non, il en doutait beaucoup.

-T’excuses pas, je suis un cheval et tu est un âne, tout un duo, lâcha-t-il avec un demi-sourire, incapable d’être désagréable plus longtemps, même si ça lui coûtait de supporter la présence séduisante de ce blondinet à la tunique à moitié délassé. Et puis, tant que tu m’embrasses pas parce que tu as trop de verres dans le nez, je devrais survivre, tu penses pas? se moqua-t-il, devant malgré lui avouer qu’il survivrait bien s’il lui sautait dessus aussi. Mais non, je dois t’informer que je suis habituellement capable assez facilement de détecter les «déviants» comme moi, et je n’en ai pas vu. Je ne sais pas comment t’expliquer, c’est un instinct faut croire, je les remarque normalement, je ne me suis jamais trompé, ils sont tous hétéros aussi. Quoi que je n’ai pas rencontré le palefrenier encore, et je dors au dessus de son écurie, sait-on jamais?

Du coin de l’œil, Phoebe constata que la brunette de tout à l’heure continuait de bouder avec ses copines, et lançait à intermittence des regards découragés dans leur direction. Visiblement, Sullivan lui avait bien tapé dans l’œil (et dans le portefeuille) et elle avait hâte de terminer son quart de travail avec lui. Hill refila son verre presque intact à Snow, qui avait terminé le sien, question d’éviter de succomber à la tentation de s’arroser le gosier (franchement sec alors qu’il étouffait de chaleur, probablement causée par la présence beaucoup trop proche du corbeau), et tourna malgré lui la tête vers son voisin. Voilà, il était foutu maintenant. Le poids dans son ventre se fit plus lourd, ainsi que d’autres parties de son anatomie, alors qu’il plongeait bien malgré lui dans la glace des yeux de Sullivan. De la glace qui le réchauffait plutôt intensément.

-Bon, on a bu, tu as remplis ta promesse, mais tu ne vas quand même pas gâcher ta soirée avec moi hein? Je sais que j’ai une belle gueule et que je suis marrant comme tout, mais t’as eu une journée de merde, elle veut te consoler, tu serais stupide de ne pas en profiter. En fait, je crois que si tu t’entête à la laisser de côté, elle va t’égorger et donner tes tripes à manger aux cochons. Et moi je n’aurai plus d’ami après. Alors fait moi plaisir, dégage. Oh, il aurait vraiment aimé avoir l’air irrité, le châtier du bar avec un air exaspéré… mais non, il souriait à pleines dents, l’idiot. Sérieusement Sully, j’ai eu ce boulot hier… heu aujourd’hui?... Peut-être hier… On est demain ou pas? Peu importe, c’est ma première nuit, je suis là pour m’assurer que les saoulons dans ton genre ne font pas de grabuge et pas de mal aux demoiselles, et là… t’es le plus saoul ton groupe. Ça m’arrangerait de ne pas avoir à te sortir, parce que je me doute que même sans toute ta tête tu m’écrase facilement. Je sais me battre, mais je ne t’arrive pas à la cheville, et si je dois passer plusieurs semaines ici, je préférerais avoir au moins un boulot pour m'occuper à défaut d'un amant. Alors ça m’arrangerait vraiment que tu finisse dans son lit à elle, le temps de dégriser, et on reprendra cette conversation plus tard?

Comment pouvait-il paraître ne pas vouloir de sa présence alors que ses yeux pétillaient à le regarder? Alors qu’il se noyait dans son regard? Qu’il était incapable de continuer de s’entêter à l’ignorer? Qu’il avait chaud en sa présence et avait toutes les peines du monde à se contenir sur son tabouret. Qu’il repassait le contact du bras de Snow autour de ses épaules en boucles, et qu’il maudissait qu’il n’y soit plus, tout en le haïssant de l’avoir fait, de sortes qu’il savait maintenant ce que son touché lui faisait comme effet? Jouer le tout pour le tout, s’assurer qu’il dégage.

-De toute façon, même sobre, je ne peux pas te promettre que je ne vais pas te sauter dessus. Je suis qu’un sal déviant, et toi tu es saoul, t’as l’air vraiment chaud, tu m’exhibe sans pudeur tes muscles franchement excitant, tes sourires me remuent l’estomac et franchement je suis en manque comme je l’ai rarement été. Pour la sécurité de tes fesses, s’il-te-plait Sullivan… arrête d’être séduisant.

Ses yeux verts, sérieux et désespérés, contrastaient avec le sourire moqueur qu'il essayait d'arborer pour ne pas trop effrayer Snow quand même... Non mais il voulait bien qu'il parte, mais pas qu'il le déteste.


Sullivan Snow

avatar
Patrouilleur / Bâtard Targaryen / Zoman
Voir le profil de l'utilisateur
Mar 20 Juin - 11:38
Attends, qui il traitait d’âne? À voir l’air amusé qu’affichait Phoebe, Sullivan ne put s’empêcher de lui répondre de la même façon, un sourire en coin au visage. Mouais… un cheval… un étalon auprès de ses conquêtes, il imaginait! Enfin… pas que ça l’INTÉRESSAIT vraiment, mais d’où il était, Snow lui trouvait… un air agréable. Il avait belle gueule, il fallait l’admettre, alors était-ce réellement étonnant qu’il soit un tombeur en soi? Belle gueule… c’était surement la boisson qui parlait, rien de plus. La suite de sa remarque l’amusa un peu plus que prévu, pour être honnête. Ne devait-il pas faire une moue dégoûtée à cette idée? Après tout, ce n’était pas un souvenir qu’il chérissait particulièrement… Surtout au vu de sa réaction initiale face à ce contact trop intime entre deux hommes pour être ne serait-ce qu’agréable.

- Mouais. Au final, tu apprécierais trop, en fait. Se contenta-t-il de répondre, jetant un regard en coin un peu malicieux en direction du jeune Hill.

Faisant fi de sa remarque, le lion noir continua sur sa lancée, prétextant qu’il n’avait côtoyé aucun « déviant » comme lui, mais qu’il était prêt à tenter sa chance auprès du jeune palefrenier qui, somme toute, manquait effectivement de conviction masculine lorsqu’on lui jetait un coup d’œil rapide.

- Je ne connais pas grand-chose sur le sujet, mais je crois que tu pourrais avoir tes chances. Après tout, il est loin d’être le type le plus « homme » de tout Mole’s Town. Avec tes bons soins, il pourrait assurément être ton initié.

Snow leva le coude à nouveau, avalant une longue lampée de whisky comme s’il ne s’agissait que d’un vulgaire verre d’eau. Bon sang, la gueule de bois qu’il allait se tirer le lendemain! Il le sentait déjà. Bah… On ne vivait qu’une seule fois, pas vrai? Sa tête chancelait, mais il n’en avait cure. Il avait besoin d’éloigner les images de Gordon mourant de son esprit. Oh? Un autre verre plein! La chance! Évidemment, le Frère Juré n’avait pas compris qu’il s’agissait de la consommation intacte de Phoebe qu’on lui avait refilée en douce… Alors inutile de préciser qu’il ne se fit pas prier pour y mettre main basse? Levant le verre en direction du bâtard des Lannister, le zomane esquissa un sourire en direction de son compagnon, avalant cul sec l’alcool fort, à la santé du Westerman. Leur regard se croisa de nouveau, Snow se surprenant à apprécier la teinte verdoyante de ces magnifiques prunelles australes. Il y avait un truc d’attirant dans ces yeux-là. Comme une lueur amusée et malicieuse qui témoignait d’un charisme fou. Pourquoi restait-il avec Phoebe, au fait? Sa promesse était tenue, il n’avait qu’à tourner les talons pour rejoindre la catin et se payer un maximum de bon temps… Pourtant… Il était toujours là. Visiblement, sa réflexion était partagée et Hill lui suggéra plutôt de revenir auprès de Jewelith pour oublier ses soucis les plus profonds. Visiblement, cette dernière s’impatientait (avec raison) et le lion noir lui demanda presque gentiment de foutre le camp avant de se faire égorger par la courtisane de service.

Ah tiens? Il travaillait ici maintenant? Ce n’était pas un peu… crade comme endroit pour un type de sa classe? Enfin, s’il voulait disparaître, assurément, personne ne viendrait le chercher jusqu’ici. Phoebe continua sa litanie, expliquant pourquoi il serait préférable qu’il aille rejoindre la prostituée plutôt que de traîner à ses côtés, prétextant entre autres qu’en combat singulier, il ne faisait clairement pas le poids contre un Frère Juré.

- Oh tu sais, je peux t’apprendre… Il faut simplement de la pratique pour se perfectionner… Enfin, pas là… Je doute avoir la capacité de même pouvoir tenir une épée en ce moment… Marmonna-t-il avec un sourire un peu niais.

La façon dont Phoebe le regardait était… particulière. En fait, s’il pouvait reconnaître le désir d’une femme à son simple contact visuel, dans ce cas-ci, c’était un peu différent. Enfin, Hill espérait visiblement quelque chose de lui – qu’il n’était pas sûr de pouvoir lui offrir – mais son regard pétillant était plus… intense, plus brillant que ceux d’une simple catin. Cette unique œillade faisait naître une nuée de papillons au creux de son estomac et le membre de la Night’s Watch toussota pour reprendre contenance. Ouais… Ouais, il avait raison, il avait besoin de s’amuser et de rejoindre Jewelith avant de faire un truc complètement idiot. Se redressant un peu sur son siège, Snow sourcilla aux propos du lion noir qui faisait clairement l’éloge de sa personne – du moins, de son physique. Un air curieux au visage, le jeune Northman baissa le regard sur sa propre personne, remarquant enfin que son encolure exhibait effectivement son poitrail plus que prévu. Pourquoi est-ce que ses propos le chamboulaient? Déglutissant, Sulli releva son regard vers lui et remarqua enfin combien son compagnon semblait le désirer, mais aussi semblait désespéré. Son sourire moqueur jurait avec la profondeur de ses paroles et le guerrier septentrional se racla la gorge, pour retrouver contenance. Il se sentait… erh… excité par ses dires? Putain de merde, mais qu’est-ce qui se passait avec lui?! Bon, c’était effectivement un bon moment pour foutre le camp, il avait besoin de se laisser aller et Jewel était la personne tout indiquée.

- Hum… tu as raison. Et puis, faire attendre les damoiselles, c’est impoli, non?

Le nordiste détourna le regard, puis se releva, chancela légèrement avant de faire signe à son compagnon que tout était sous contrôle. Il s’avança ensuite en direction de la beauté impatiente, sentant les prunelles effervescentes de Hill s’appuyer contre son dos. Une fois à la hauteur de la catin, le visage de cette dernière s’éclaira et elle ne se fit pas prier pour attraper la main qui lui était tendue.

- Il était temps, Snow! Je commençais à croire que tu préférais notre videur à un moment torride avec moi! ♥

Pour toute réponse, le corbeau esquissa un sourire en coin, puis se dirigea vers l’escalier, jetant un bref regard en coin à Hill qui fixait déjà le foyer tout au fond de la pièce. Il grimpa les marches quatre à quatre et les gloussements de la belle se firent entendre, derrière lui. Inutile de dire que les choses s’enflammèrent rapidement! Une fois à l’étage, elle l’attira sans ménagement à une chambre et referma brusquement la porte, de peur de voir son précieux client lui glisser entre les doigts. Leurs lèvres parcoururent la peau fiévreuse de l’autre (mais sans échanger de baiser, règle commune à toutes les prostituées vu le caractère trop personnel de la chose), dénudant leur corps tant désiré dans la mêlée. Le lit ne fut que très peu utilisé, les deux amants trop pressés de goûter aux plaisirs de la chair pour réellement s’encombrer de s’allonger gentiment. De la luxure à l’état pur. Un simple instinct primaire à combler, rien de plus. Le tout contre une poignée d’écus qui serviraient à payer les commodités de la belle. Combien en avait-elle emmené dans son lit, comme ça? Le nombre devait être incalculable. Ce n’est qu’une fois le besoin sexuel comblé que client et employée se laissèrent tombés sur le dos, sur les couvertures du seul lit de la pièce. Une fine pellicule de sueur recouvrait leur corps respectif et ils restèrent un petit moment, comme ça, en silence, le temps de refaire le plein d’énergie. Pourquoi… pourquoi avait-il pensé à Hill? Pendant un bref instant, l’image du lion noir tout sourire était apparu dans son esprit. Mais qu’est-ce qui clochait chez lui, merde?!

Snow leva les bras et passa ses mains au visage alors que les doigts enjôleurs de la belle lui caressaient le torse. Il y avait un truc qui ne tournait pas rond, c’était évident! Pourtant… pourtant il avait réellement ressenti un truc en pensant au bâtard à la belle gueule. Merde, il n’aimait pas les mecs! La preuve, il venait de se taper une courtisane et avait réellement apprécié la chose. S’il était déviant également… il ne l’était pas totalement, c’était évident. Mais malgré tout, la simple idée qu’il partage des intérêts communs à ceux de Phoebe le mettait dans tous ses états. Il était coincé dans un maelstrom d’émotions contradictoires et ne savait plus trop quoi penser. Il fallait dire que son état d’ivresse n’aidait en rien la chose…

- … Dis, tu m’écoutes, Snow?

Le Frère Juré sursauta et tourna son regard vers la belle qui s’était déjà redressée en position assise, remettant en place son corset par le fait même.

- Si tu veux rester, il y aura des frais supplémentaires, mon beau. Alors soit tu paies, soit tu quittes. Tu sais que j’aime bien ta belle gueule, mais en affaire, on ne fait pas de cadeaux.

Sullivan opina du chef en guise d’approbation, puis se releva finalement. Il alla se nettoyer auprès d’une bassine d’eau conçue à cet effet, puis enfila ses vêtements non sans tituber sous l’ivresse accumulée. Une fois complètement vêtu, la catin s’approcha de lui, apposa un baiser sur sa joue un peu rugueuse et déclara que « ce fut un plaisir de faire affaire avec lui ». Snow esquissa un bref sourire en coin, puis sortit de la pièce avant de s’aventurer un peu maladroitement dans le couloir. D’où il était, il pouvait entendre ses autres compagnons en pleins ébats avec de jolies filles payées pour leur simple plaisir personnel. S’agrippant à la rampe, le jeune homme immaculé descendit maladroitement l’escalier jusqu’au rez-de-chaussée et réalisa que Phoebe n’était plus présent dans la pièce principale. Il fallait dire que l’endroit était plutôt désert, tous les clients ayant passé à l’étage supérieur pour davantage de plaisir. Le tavernier salua le guerrier qui hocha de la tête en sa direction, puis s’avança vers la sortie. Il devait retourner à Castle Black. L’air froid de l’extérieur viendrait à bout de ses désirs inavoués et rafraîchirait ses ardeurs à coups sûrs. De toute façon, il avait la tête qui tournait un peu…

Sans plus attendre, le jeune guerrier agrippa son manteau doublé de laine de mouton et sa lourde cape, enfila le tout, poussa la porte et prit une grande inspiration alors que l’air froid du North souffla dans sa chevelure de neige. Bon, ça ne chassait pas les brumes d’alcool qui voguaient dans son organisme, mais au moins, ça l’aidait à enligner plus de deux pensées d'affilée. Le Frère Juré marcha sur le pavé enneigé, papillonnant des paupières alors que de gros flocons tombaient du ciel. Au bout de quelques mètres, il bifurqua vers la droite et s’enfonça dans l’écurie dans le but évident de retrouver son étalon alezan qui traînait dans l’un des box. Du mouvement tout au fond de l’écurie attira son attention. Sa curiosité étant exacerbée par l’alcool, le guerrier nordique s’avança prudemment et vit Hill qui semblait errer dans l’allée principale, les mains dans les poches. Oh… Il devait chercher le fameux palefrenier qui, visiblement, devait s’être assoupi quelque part dans l’établissement. À cette vision, Snow ne put s’empêcher d’esquisser un sourire en coin, croisant les bras sur sa poitrine.

- Chercher un palefrenier endormi est un jeu comme un autre, je dois te l’accorder, fit-il suffisamment fort pour que Phoebe l’entende, mais pas assez pour réveiller l’employé qui devait bien traîner quelque part. Tiens? Hill avait sursauté? Était-il pris la main dans le sac? Et une fois que tu l’auras trouvé, tu comptes faire quoi? Lui déballer le grand jeu pour lui attirer ses faveurs?

Un air désapprobateur semblait trôner sur les traits réguliers du bâtard des Lannister qui, visiblement, aurait apprécié qu’il se taise. Après tout, si on les entendait, ça risquait de ruiner toutes ses chances. Malgré l’air un brin revêche du lion noir, le zomane ne pouvait s’empêcher de glousser, visiblement amusé par la situation.

- Voir le grand Dagobert en séance de chasse, c’est presque divertissant! Vous arborez tous cet air, le cas échéant, dans ta famille? Votre emblème vous va bien!

Ah tiens, le voilà qui se rapprochait de lui. Probablement dans le but de le faire taire. Pouvait-on réellement lui en vouloir? Après tout, n’avait-il pas mentionné se sentir esseulé, en ce moment? Un manque flagrant qui avait besoin d’être comblé. Sulli pouvait comprendre : entre hommes, ils vivaient tous un peu la même chose. Une poigne solide l’agrippa par le manteau et l’attira à l’écart, probablement dans le but de le forcer à baisser le ton (qui, somme toute, n’était pas si élevé). Les deux hommes entrèrent dans un box, vide et sombre, l’un visiblement irrité et l’autre un peu trop hilare. Dès qu’ils furent à l’abri des regards, la voix basse de Hill se fit entendre, lui faisant comprendre avec un peu de véhémences de se la fermer à ce sujet. Après tout, il venait à peine d’arriver et n’avait pas encore réellement tâté le terrain à savoir si ça pourrait lui coûter son job ou pas. Attends… Il parlait de ses origines Lannister ou de son orientation sexuelle? Peu importait réellement. Le fait est que leur proximité renouvelée chamboula à nouveau le corbeau qui avait déjà très peu d’inhibition en ce moment vu son taux d’intoxication.

Une lueur brilla dans les yeux glaciaires de l’aîné des deux hommes. Sans plus attendre, il agrippa le bras de Phoebe, défit sa poigne toujours fichée contre son manteau, plaqua son avant-bras contre le poitrail du lion noir et le poussa avec force contre le mur du fond. Sullivan conserva une pression suffisante pour le maintenir contre la paroi de bois et leur regard se rencontra, un peu plus longuement qu’initialement prévu. Snow ne réfléchissait plus. Son cerveau avait décidé de se faire la malle, ayant du mal à gérer les fluides alcoolisés qui l’envahissaient en plus de toutes ces émotions vives et contradictoires. Son regard azuré se glissa un instant sur les lèvres de Phoebe, leurs souffles courts effectuant de légers nuages de buée, vu la température ambiante.

- Je… je n’ai aucune idée de ce que je… je suis en train de faire… Souffla le bâtard des Stark en réponse à la question soufflée par Hill.

Tout se passa si vite. Il s’avança soudainement, emprisonnant la bouche de Phoebe contre la sienne dans un baiser soudain qui prit visiblement le jeune noble par surprise. Ce contact n’avait rien de maladroit ou de chaste… Bien au contraire. Il témoignait d’une passion franchement inavouée et enfouie depuis un petit moment. Bon… L’alcool venait exacerber le tout, mais quand même. La stupeur passée, le contact fut prolongé et la langue de Snow valsa contre celle de Hill alors que son corps se pressa davantage contre celui de son prisonnier. Au bout d’un moment, le baiser franchement langoureux fut rompu et les deux compagnons reprirent leur souffle. Comme s’il venait de réaliser ce qu’il avait fait, le corbeau se racla la gorge, puis recula maladroitement, visiblement aux prises avec un malaise évident.

- Bon sang… mais qu’est-ce qu’ils mettent dans leur putain de whisky? Marmonna-t-il, embarrassé et regardant visiblement ailleurs. Son cœur battait à cent milles à l’heure et les images mentales qu’il s’était faites de Hill, un peu plus tôt pendant ses ébats, lui revinrent en tête, le troublant davantage. À croire qu’au final, cette boisson ne nous fait pas vraiment…

À peine eut-il terminé ses propos qu’il sentit son compagnon l’agripper à nouveau, le déstabilisant accidentellement au passage. Titubant, Sulli trébucha et s’étala maladroitement dans la paille propre du box vide. Aïe. Il se redressa lentement sur les coudes, jetant un regard à son interlocuteur, ayant du mal à distinguer son expression vu l’obscurité ambiante.

Phoebe Hill

avatar
Recrue / Bâtard Lannister
Voir le profil de l'utilisateur
Mar 20 Juin - 20:14
*Je ne sais pas si je serais capable de supporter un entraînement contact avec toi, Sullivan…* songea Phoebe en retenant un soupir. Il tira quand même un sourire, comme pour le remercier de l’invitation, trop bien élevée pour décliner, il pria tout de même que l’alcool altérerait assez la mémoire de Snow pour qu’il oublie cette offre-là. Bizarrement, il sembla que le Frère Juré ne savait pas comment réagir à la provocation de Hill, qui s’était attendu soit à ce qu’il éclate de rire ou lui casse la gueule. Au contraire, le blondinet semblait troublé, lorsqu’il se leva debout et baissa les yeux sur lui-même, comme s’il était incertain du sexappeal qu’il dégageait. Apparemment, saoul ou pas, le corbeau réussissait à être décontenancé par les paroles de son vis-à-vis, mais plus à la façon d’une adolescente effarouchée et à la fois flattée que comme un homme qui devrait être insulté de se faire ouvertement draguer par un autre…

Visiblement mal à l’aise, Sullivan profita de la porte que Phoebe lui laissait grande ouverte pour aller rejoindre sa compagne de nuit, un peu chancelant. Il ne leur fallut pas bien longtemps pour se diriger vers les escaliers, visiblement son bijou de prostituée voulait régler cela au plus vite avant qu’ils soient à nouveau interrompus. Hill soupira de soulagement et de déception à la fois, tournant les yeux vers le foyer, toujours réconfortant, pour éviter de voir la lubricité dans le regard de Snow, qu’il aurait préféré voir pour lui… *Tu ne peux pas penser comme ça, arrête de te torturer pour quelqu’un que tu n’auras jamais*.

Peu à peu, la salle se vida, ceux qui avaient à monter montèrent, ceux qui devaient rentrer rentrèrent, et la tenancière fit signe à «Dagobert» (oh, quelqu’un avait eu la gentillesse de transmettre on nom à sa patronne?) qu’il pouvait retourner se coucher en le remerciant un peu trop chaleureusement à son goût. Phoebe demanda au barman de lui refiler la bouteille de whisky au complet, spécifiant à sa supérieur qu’elle pouvait la retirer de sa paye (parce qu’il avait laissé sa bourse avec ses autres effets à l’étage au-dessus de l’écurie), et il s’en fut en buvant à même le goulot. La petite gorgée qu’il avait prise plus tôt lui avait donné envie, et pour survivre au froid du climat du North (l’antre des chevaux est tristement moins bien isolée que celle des putes), il aurait besoin de s’échauffer à la boisson, à défaut d’avoir quelqu’un dans son lit pour le faire. Malgré les encouragements de Sullivan, Hill préférait ne pas se faire trop d’espoirs sur le palefrenier. Et en plus il ne l’avait pas encore vu, peut-être qu’il était moche comme un anus mal lavé.

Rapidement, le noble déchu de l’ouest fit le tour de l’écurie, vérifiant qu’il était seul, et monta l’escalier qui menait à son pallier, s’effondrant rapidement sur son lit de foin, prêt à commencer à s’engourdir l’esprit et le corps. Toutefois, même à la quantité de whisky qu’il prenait pour s’intoxiquer, il lui semblait encore que son corps ne voulait pas s’engourdir, justement. Au contraire, sa masculinité ne s’était pas tu de la soirée, même après le départ de Sullivan, et ses pensées ne faisaient que s’égarer vers lui, imaginant trop bien ce qu’il devait avoir l’air sous ses vêtements… visualisant malgré lui sa physionomie dans ses moindres détails, mais pas dans les bras de Jewelith. Même s’il se reprochait mentalement ce genre de torture psychologique, son cerveau avait décidé de refuser de coopérer, et il se retrouva bientôt la main dans le pantalon (celle qui ne tenait pas la bouteille, tsay) à s’imaginer une scène qui ne pouvait se produire qu’en pensées…

Sauf que ça ne soulagea rien. Une fois terminé, il se sentit seulement plus stupide et plus seul qu’auparavant, et il se maudit d’avoir pensé à lui. Grognant, Phoebe se releva, titubant déjà sous les effets de l’alcool, dont il avait laissé la bouteille à moitié vidée à côté de sa couche, et tenta bêtement de descendre l’escalier sans se casser la gueule. Heureusement pour lui, personne ne le vit manquer les trois dernières marches et se rattraper in extremis à la porte du box qui lui faisait face. En colère contre lui-même, Hill s’empressa de se laver les mains dans le premier sceau d’eau qu’il trouva, pria pour que ce ne soit pas celle qu’on donnait à boire aux chevaux, et resta quelques minutes adossé à un mur de pierre froide pour essayer de se replacer les idées, de façon très peu efficace. Au moins réussi-t-il à récupérer son équilibre, sa tête cessa de tourner au bout d’un moment, lui permettant de se remettre à marcher. Au hasard, il fit le tour des boxs, sans rien chercher en particulier, observant les bêtes, caressant un museau curieux qui se faufilait par la fenêtre de sa porte ici, jetant un œil à une jument blottie contre son petit. Bientôt, il rejoignit Dagobert, trouva quelque gâteries à lui refiler, lui chuchota quelques mots à l’oreille... Le calme étonnant de l’écurie permis, pendant quelques instants, à lui changer les idées. Pas assez longtemps. Bientôt, une voix beaucoup trop chaude, qui avait BEAUCOUP TROP d’effet sur ses hormones, vint rompre le silence.

Phoebe sursauta, il était pourtant certain d’avoir la paix maintenant, s’étonna qu’il soit déjà revenu. Jewelith devait être ordinaire pour qu’il ne passe pas la nuit avec elle… Sans trop savoir pourquoi, cette perspective lui plut grandement. Toutefois, son excitation grandissante fut vite refroidie par la moquerie de Sullivan. Dire que…. Honnêtement… il n’y avait même pas pensé à chercher ce fameux palefrenier! Les chances étaient qu’il s’était retrouvé dans la chambre d’une de ses «collègues de travail» plus tôt, malgré les affirmations de Hill au sujet de son manque de masculinité.

-Non, mon grand jeu je le garde pour toi. Mais peut-être que je vais te lâcher un peu, si tu finis toujours aussi vite, je ferais mieux, en effet, de me choisir un autre partenaire, lui renvoya-t-il sèchement.

Complètement saoul, Sullivan fit une autre remarque sur sa famille et son orientation, et même si Phoebe était certain d’être seul (outre les chevaux), il ne put s’empêcher de grincer des dents au commentaire. Il ne pouvait pas la fermer un peu? Ce n’était pas la peine de crier si fort, il n’avait pas particulièrement envie que tout le monde sache d’où il venait et ce qu’il aimait, même s’il était persuadé d’être en sécurité au Gift, ce n’était pas une raison pour donner aux gens l’envie de l’égorger. Le mouton noir combla rapidement la distance entre eux deux, aggripa le corbeau par le collet, sans qu’il réagisse étonnement, et l’entraîna dans un box qu’il avait remarqué être vide un peu plus tôt.

-Tu ne peux pas baisser le ton un peu? Je suis à peine arrivé, je n’ai pas l’intention de prendre mes aises ici, voire même jamais, puisque je n’ai pas l’intention de rester. Hill essayait de se faire le plus brusque possible, mais même avec son ton bas, il réussissait à le dévisager avec envie. Tu parles plus que moi quand ta bu, merde! Je ne croyais même pas que c’était possible. Même si ce n’est pas l’envie qui me manque, je ne suis pas ici pour me soulager les bourses, contrairement à toi, mais pour essayer de survivre. Ce sera plus facile si tu fais attention à tes propos sur mon origine.

Malgré son sermon, la lueur dans les yeux de glace ne sembla pas s’estomper. Une expression que Phoebe n’avait jamais espéré voir dans ce regard-là, sauf en rêve. Quelque chose qu’il n’avait vu que chez ses amants, et encore. Pourtant, la violence avec laquelle Sullivan le détacha de lui pour le plaquer contre le mur rendit Hill confus, tout d’un coup incapable de se décider à savoir si Snow voulait lui casser la gueule (il n’avait franchement aucune raison de le faire, sauf s’il avait mal pris sa boutade un peu plus tôt?) ou le… Oh.

Le regard des deux hommes se verrouilla l’un sur l’autre, et Phoebe respirait à peine alors qu’il sentait le poids des yeux de Sullivan comme s’il était en train de songer don âme. Leur proximité était telle que Hill était capable de discerner l’odeur d’alcool qui se dégageait de la légère buée sortant de la bouche de Snow, à cause du froid. Telle qu’il remarqua, pour la première fois, une teinte un peu violacée dans le fond du bleu des yeux du bâtard du North. Il eut à peine le temps de formuler mentalement une moquerie au sujet de son sang de dragon, mais celle-ci ne quitta jamais ses lèvres, puisque les iris du corbeau baissèrent sur celles-ci l’espace de quelques secondes. Coincé entre le mur du box et l’homme de ses fantasmes les plus récents, le mouton noir Lannister osait à peine respirer.

-Qu’est-ce que tu fiches? lâcha-t-il dans un souffle nerveux, ayant presque peur de la réponse.

Oui, peur. D’être déçu, évidemment, de se faire de faux espoirs, que ce soit une vilaine blague… Ça ne pouvait être que ça, non? Sullivan était fortement saoul, il était en train de se payer sa tête. Leurs regards se croisèrent à nouveau, et soudain, Phoebe sut qu’il se trompait. Snow n’était pas en train de se payer sa tête, et comme il l’affirmait justement, il n’avait aucune idée de ce qu’il était en train de faire. Il le fit pourtant, écrasant les lèvres du westerman avec une passion qui déstabilisa Hill plus que le geste en lui-même. Ça n’avait absolument rien à voir avec le baiser maladroit et volé sans réfléchir qu’il lui avait imposé quelques jours plus tôt. Non, le corbeau se contrôlait, même fortement intoxiqué, il savait ce qu’il faisait. Pas pourquoi il le faisait, peut-être, mais ce n’était pas un accident, ça. Et ce n’était pas une blague non plus.

Lorsque la langue de Sullivan toucha la sienne, Phoebe abandonna toute réserve. Cette fois, ce n’était pas lui qui avait fait le premier pas, il n’y avait aucune raison de se retenir. Hill répondit à la fougue étonnante de Snow, plongeant ses mains de chaque côté de la tête du Frère Juré, lui rendant son baiser avec une sensualité qui ne cessait de croître à chaque seconde que le celui-ci se prolongeait. Goûtant avec délice la saveur des lèvres du corbeau, renouant avec les maigres souvenirs qui lui était resté après sa gueule de bois de l’autre fois. Et cette fois-ci, allait-il s’en souvenir? Il le devait, il ne pouvait tout simplement pas effacer ça, pas à la façon dont le blondinet se pressa contre lui, l’écrasant plus encore contre le mur, au point où le mouton noir eut du mal à retenir son soupir. Ça avait fait un peu mal quand même… mais juste assez pour s’assurer que c’était vrai, tout aussi vrai que l’émotion qu’il ressentait dans son bassin… et dans celui de l’autre aussi, proximité oblige.

Emporté dans son élan, Phoebe chercha à prolonger le baiser que Sullivan était en train de rompre pour respirer, songeant qu’il acceptait de mourir asphyxié si c’était dans une étreinte aussi langoureuse. Alors qu’ils reprenaient tous les deux leur souffle, Hill les yeux toujours clos, Snow se racla la gorge, mal à l’aise, et recula en échappant aux doigts du westerman, qui s’étaient fichés dans ses longs cheveux argentés pendant le baiser. Le bâtard Lannister resta un moment figé dans le vide, les mains en l’air, comme attendant qu’il revienne, ne les baissant que lorsque le corbeau marqua son incompréhension, se demandant se que le tavernier mettait dans son whisky pour que la boisson leur fasse autant d’effet.

-Du whisky, j’crois… chuchota Phoebe en relaissant tomber ses bras le long de son corps, et peinant à rouvrir les yeux, inquiet de l’expression qu’il découvrirait sur le visage de Sullivan.

Lorsqu’il accepta enfin de le regarder, s’attendant à le voir dégoûté ou honteux, Hill ne pu que constater que Snow était plutôt troublé, et ne le regardait pas, le visage rouge de… gêne peut-être, mais pas de colère en tout cas. Le westerman pria mentalement que le corbeau ne lui fasse pas un sal coup en s’en allant maintenant, en réalisant qu’il n’aimait pas cela ou qu’il était en train de faire une grosse bêtise. Pas maintenant qu’il lui avait donné de l’espoir, pas maintenant qu’il l’avait embrassé de cette façon. *T’en vas pas! Ne me déteste pas! Embrasse-moi encore!* lui criait-il dans sa tête, incapable d’ouvrir la bouche pour parler, lui qui avait pourtant habituellement la langue bien pendue. Sous le coup de l’incompréhension, Sullivan avait reculé de plusieurs pas, étendant entre eux une distance qui désespérait Phoebe après leur soudaine proximité. Désireux de combler l’espace et le toucher à nouveau, mais rendu maladroit par le whisky qu’il avait avalé, le mouton noir tendit la main pour attraper à nouveau le collet du corbeau et le ramener vers lui. Le mouvement trop rapide surpris toutefois tant son vis-à-vis que celui-ci, également intoxiqué à l’alcool, perdit l’équilibre en voulant probablement reculer et tomba au sol. À moitié assis et à moitié couché sur la paille, Snow affichait un air d’incompréhension.

« Je suis pas aussi bizarre que toi, moi! Merde!» fit une voix dans sa tête, la voix rageuse de Sullivan lorsque Phoebe l’avait embrassé la première fois, après lui avoir dit qu’il ne «s’adonnait pas aux mêmes déviances que lui». Déviant. C’était ce que tout le monde disait, et que même Hill avait commencé à dire lui-même, parce que dans sa bouche à lui, ça ne ressemblait plus à une insulte, et ainsi le mot dans la bouche des autres lui semblait plus inoffensif. Mais venant de Snow, ça l’avait affecté au-delà de ce qu’il s’imaginait possible, surtout après qu’il eut pris sa défense devant les individus grossiers qui l’harcelaient. Sur le coup, le mouton noir n’avait même pas fait attention : à vrai dire, le lendemain, il ne s’en rappelait plus. Mais à cet instant précis, dans cette écurie, dans le Gift, les mots revenaient, acérés, sanglants dans ses souvenirs.

-J’suis pas un sal profiteur, Sullivan. T’es saoul, rentre à Castle Black, marmonna-t-il avec peu de volonté, son âme lui criant de se taire et de sauter sur l’occasion. T’as pas idée à quel point t’es séduisant, là maintenant, étendu devant moi, comment t’as l’air vulnérable, même si je sais que c’est une façade, comment tu… es désirable. Mais tu ne veux pas me donner ce que je veux, pas vrai? T’es pas aussi bizarre que moi, toi, c’est toi qui l’a dit, lâcha-t-il la voix enrouée, incapable malgré lui de s’empêcher de faire un pas dans la direction de Snow. Vas t‘en maintenant… ou vas t’en pas du tout, mais pas d’entre deux, je t’en pris. Plus tu attends avant de partir, plus tu me donnes de l’espoir, et plus ça me fera mal quand tu ficheras le camp.

Phoebe n’arrivait pas à empêcher sa voix de trembler d’angoisse, et ses yeux de le prier de rester. Pourtant, lorsqu’il combla la distance entre eux, ce fut pour tendre la main à Sullivan afin de l’aider à se relever. Pour qu’il parte. Main que Snow ne pris pas. Le ventre de Hill s’enflamma d’envie, alors que leur regard s’était définitivement accroché l’un à l’autre, de sorte que sa main tendue poursuivit son chemin vers le visage du corbeau, caressa une joue où pointait un début de barbe pas rasée du jour-même, au contraire du bâtard Lannister. L’absence de réaction du blondinet encouragea le westerman, qui s’agenouilla lentement à ses côtés, un peu craintif quand même, en glissant ses doigts à nouveau vers la chevelure de neige. Avec une prudence qui frôlait la maladie mentale, Phoebe réitéra leur baiser, mais cette fois-ci avec une douceur de jeune vierge craintive (Sullivan la jeune vierge, pas lui, important de préciser), y mettant plus de tendresse que de passion, repoussant son désir et ses pulsions loin dans son esprit pour tester les résistances du northman. Entre chacun de ces baisers légers et curieux, Hill parlait, autant pour meubler le silence qu’évacuer ses peurs.

-Et puis au pire… Si tu changes d’avis… T’as qu’à me casser la gueule non?... … … Même saoul tu gagnes j’t’assures… De toute façon j’suis pas plus frais que toi là… … … … Fait juste me promettre un truc, je t’en prie… Si tu décide de me frapper, frappes assez fort pour que j’oublie tout… … Que j’meurs pas de honte en me réveillant demain matin… … … … Mais pas trop fort non plus… J’aime bien ma gueule, j’voudrais pas être défiguré... souffla-t-il finalement avant un dernier baiser, incapable de ne pas tirer les lèvres dans un demi-sourire moqueur.

Face à l’absence de résistance, Phoebe changea de position pour être agenouillé au dessus de Sullivan plutôt qu’à côté, et poussa de sa main valide sur son torse pour l’allonger sur la paille, suivant le mouvement en ne décollant plus ses lèvres des siennes. Ils avaient assez parlé, non? Sa main droite toujours dans la chevelure de Snow, Hill descendit la gauche jusqu’aux hanches du Garde de Nuit, afin de la glisser sous sa tunique et se délecter des muscles de ses abdominaux qu’il devinait sous ses doigts, mais aussi constater la respiration saccadée du corbeau, dont les baisers redevenaient, peu à peu, aussi fougueux et brûlants que tout à l’heure. Ses mains se tendirent et ses gestes se firent plus erratiques alors que la tension sexuelle montait de façon indéniable, si bien qu’il eut retiré à Sullivan sa tunique plus vite qu’il avait le temps de le constater, d’après son état d’ivresse. Ses deux mains caressaient désormais ce corps délicieusement sculpté par des années de travail physique, au point où il était presque gêné du sien. Bon, il n’était pas un cure-dent non plus, mais même en suivant la formation de la Garde de Nuit, il doutait d’arriver à un tel résultat. Oh wait… Garde de nuit? Lui? Non! Jamais de la vie!

Heu… ou peut-être. À cet endroit et cet instant précis de sa vie, allongé contre ce corbeau délicieusement séduisant, dont la langue caressait la sienne avec une langueur insoupçonné… Phoebe commençait à revoir un peu ses plans d’avenir.


Sullivan Snow

avatar
Patrouilleur / Bâtard Targaryen / Zoman
Voir le profil de l'utilisateur
Mer 21 Juin - 22:34
***PUBLIC AVERTI***
***Ce rp contient une scène explicite se déroulant entre deux hommes! À lire à vos risques et périls***


Il ne savait plus quoi dire, quoi penser de tout ça. Son envie de contacts physiques avec Phoebe était indéniable, même pour un type bourré comme lui. Il… Il l’avait fait délibérément. Il n’avait pas le choix de l’admettre : c’était LUI qui s’était jeté sur Hill, pas le contraire cette fois. Il avait ressenti ce besoin intense de goûter ses lèvres, sa peau… Comme un papillon de nuit attiré par les flammes. Pourtant, même s’il en avait terriblement envie, il ne pouvait s’empêcher de se sentir coupable, voir terriblement mal à l’aise. Il était un homme. Les hommes aimaient les femmes, point. Il n’y avait aucune autre alternative possible dans leur monde. Est-ce que ça faisait de lui un monstre de ressentir de l’attirance physique pour un autre type? Peut-être était-il malade? Atteint d’un mal inconnu qui pouvait être guéri? Pourtant, si tel était le cas, Phoebe serait surement complètement rétabli à l’heure actuelle, et pourtant… Il ressentait ce pouvoir d’attraction autant que lui. Snow jeta un regard confus en direction de son interlocuteur et ne put s’empêcher de ressentir une pointe de honte qu’il eut du mal à dissimuler en entendant les propos du jeune Hill. Il ne voulait pas profiter de la situation et malgré son attirance évidente, le bâtard des Lannister le somma de rentrer à Castle Black, lui rappelant par le fait même les paroles qu’il avait lui-même prononcées avec véhémence quelques mois plus tôt.

Pourquoi est-ce qu’il ressentait un pincement au cœur? Était-ce de la honte? De la culpabilité? Une pointe de tristesse de se voir repoussé? Il n’en savait foutrement rien, tout ce qu’il arrivait à saisir, c’était à quel point c’était désagréable. Un mouvement fut effectué dans sa direction. Un simple pas esquissé en son sens, témoignant sans équivoque de l’envie du lion noir de le voir aller à l’encontre de ses recommandations. Du moins, c’est ce qu’il supposait. Lentement, le jeune homme immaculé leva son regard glaciaire en direction de son équivalent Westerman, à la fois confus par l’alcool et terriblement gêné de sa propre attitude. Un autre pas, puis un autre. La voix de Hill était tremblotante, hésitante, angoissée. Une main fut tendue en sa direction, lui demandant ainsi dans un geste silencieux de bien vouloir se relever. Si d’ordinaire le zomane aurait volontiers accepté son aide, en ce moment… il n’en savait rien. Il… Il avait envie de rester, malgré sa conscience qui lui hurlait de ne pas jouer les imbéciles. Ses prunelles azurées rencontrèrent les iris verdoyants de son compagnon… et le geste effectué par l’homme aux cheveux d’ébènes en sa direction ne fut jamais répondu.

Dans un mouvement qui semblait naturel, Hill laissa sa main se diriger vers le visage du corbeau, caressant dans un geste hésitant sa joue un peu rugueuse. Sous son manque de réaction répulsif, le sudiste s’agenouilla prudemment au sol, se rapprochant du nordiste par le fait même. Il avait l’impression que Phoebe agissait avec lui comme s’il représentait un animal sauvage qu’il avait peur d’effrayer. Le cœur du Northman battait à tout rompre et il se demandait réellement pourquoi il n’avait pas encore prit ses jambes à son cou. Ce n’était PAS une bonne idée! Et pourtant, tout son corps réclamait la présence du noiraud contre lui. La caresse sur sa joue se déplaça vers l’arrière de sa tête et dans un geste lent (afin d’éviter de l’effaroucher), Phoebe approcha son visage du sien pour venir quérir un nouveau baiser, plus doux, plus léger cette fois. Snow ne recula pas, répondant d’abord timidement à ce contact et laissant à son compagnon le loisir de choisir le rythme de leur échange buccal. Plusieurs baisers furent partagés, tous entrecoupés de paroles maladroitement prononcées par un Phoebe qui était à la fois terriblement excité et nerveux de la suite des événements.

Sullivan se concentrait sur le contact agréable de Hill contre sa bouche, n’ayant de toute façon pas les capacités intellectuelles, dans l’immédiat, pour gérer cette notion en plus des trop nombreuses paroles prononcées. Ainsi, il ne releva aucun des mots articulés, préférant se délecter des délicieux frissons qui lui parcouraient l’échine, mettant définitivement sa conscience à off pour laisser son instinct prendre le dessus. Au vue de sa docilité évidente, le bâtard des Lannister changea de position et vint s’installer à califourchon sur les hanches de l’homme immaculé, ce dernier appréciant un peu trop cette initiative de sa part. Une main vint s’appuyer sur sa poitrine et le poussa lentement vers l’arrière dans le but surprenant de l’allonger dans la paille du box. Heureusement, Hill eut la présence d’esprit de suivre le geste, ne désirant en rien se défaire de leur contact buccal qui, devons-nous le préciser, augmentait en intensité. Une fois adossé contre le lit de foin sec, Snow sentit une main se glisser jusqu’à ses hanches avant de s’immiscer sous son manteau et sa tunique dans un souci évident de palper ses abdominaux qui se contractaient sous l’élan de désir qui se faisait ressentir. La luxure était de mise et Sulli immisça à nouveau sa langue dans la bouche de Phoebe, heureux de le sentir répondre avec ferveur à son contact délicieux.

La chaleur montait d’un cran bien malgré eux. Les mains tremblantes d’excitation de Hill bougèrent dans un mouvement erratique, détachant la lourde cape des épaules, défaisant les attaches de son manteau de laine doublé et retirant la tunique sans ménagement. Bon… l’air ambiant était plutôt frisquet comme en témoignaient les nuages de buée qui émanaient de leur souffle accéléré, ainsi, c’est sans grande surprise que le corps entier du corbeau fut recouvert de frissons à la fois de froid, mais de désir également. Ses mains étaient solidement campées sur les hanches de Hill, le maintenant contre lui alors qu’il sentait bien les caresses qui lui parcouraient le torse avec envie. Rapidement, le corps entier de Phoebe se plaqua contre le sien, soucieux de faire disparaître le peu de distance qui persistait entre eux. Leur baiser était fougueux et ô combien sensuel. Il serait tellement facile pour eux de perdre la tête, là, tout de suite, dans ce box de chevaux. Pourtant, une petite tache venait emmerder ce joli tableau : il faisait vraiment froid malgré tout. Snow essayait d’ignorer les légers tremblements frigorifiés qui menaçaient de poindre le bout de leur nez, mais d’ici quelques minutes, il allait devoir être obligé d’admettre qu’il n’était plus si confortable que ça. Hill brisa momentanément le contact, le temps de reprendre son souffle et Sulli jugea que c’était le meilleur moment pour peut-être changer d’endroit.

- Okay… heu… au risque de faire ma chochotte, d’ici quelques minutes, je… je vais être frigorifié… Fit-il tout bas. Un plan B en vue?

Ainsi, il apprit que le lion noir dormait dans un petit logement au-dessus de l’écurie, l’endroit étant plus confortable et possédant une isolation plus adéquate que cette partie de l’établissement. Bon… Alors peut-être était-ce mieux de s’y diriger que de rester là où n’importe qui pourrait les surprendre? Un baiser langoureux fut déposé sur ses clavicules, faisant soupirer le Northman, avant qu’il ne voie le bâtard des Lannister se relever. Sans plus attendre, il imita ce dernier, agrippant ses effets au passage, puis se dirigea vers la porte du box avant de s’aventurer dans l’allée principale. Les deux hommes déambulèrent à travers l’écurie, Snow notant à quel point les regards de Hill étaient chargés d’envie et de séduction à son égard. À peine eurent-ils effectué quelques pas qu’une voix s’éleva depuis un allée adjacente, demandant qui était présent dans l’écurie à cette heure. Le corbeau se figea sur place, jetant un regard rapide en direction de son compagnon, réalisant que sa semi-nudité représentait un aveu de culpabilité en soi. Il se voyait très mal dire au palefrenier : « Pardon de vous avoir dérangé, on était sur le point de baiser dans l’un de vos box! ». Bon sang, la honte!

Sans attendre, Phoebe lui montra, dans un mouvement pressant de la main, un petit escalier de service qui montait à l’étage supérieur alors que lui-même déclarait ouvertement – destiné à l’employé de l’écurie – être venu se coucher. L’adrénaline chassa temporairement les brumes d’alcool de son pauvre cerveau, poussant le corbeau à s’élancer vers son unique chance de sortie alors qu’il grimpa l’escalier quatre à quatre. Une fois à l’étage supérieur, il ne se fit pas prier pour pousser la porte devant lui, s’engouffrant dans une chambre modeste sans être réellement crade. Déjà, la température ambiante était plus confortable dans cet endroit, il devait bien l’admettre. Sulli déposa ses effets sur une chaise dans un coin quand la porte s’ouvrit à nouveau derrière lui, laissant place à un Phoebe qui le détailla de la tête aux pieds. L’envie était palpable au fond de ses magnifiques prunelles verdoyantes et lentement, Sullivan se retourna pour lui faire face. Les deux hommes marchèrent en direction l’un de l’autre et dès qu’ils furent à portée, leur bouche retrouva ce contact si enivrant dans un baiser presque fiévreux. Les mains du zomane débarrassèrent son comparse de son manteau de cuir et balança ce dernier à l’autre bout de la pièce. Dans un geste presque urgent, il tira sur la tunique du lion noir vers le haut, passant le vêtement encombrant par-dessus sa tête pour enfin exhiber son torse bien sculpté à la peau délicieusement chaude.

Le Northman emprisonna la mâchoire du sudiste entre ses mains, pressant son corps contre le sien et effectuant une danse enivrant avec sa langue contre la sienne. Dans son mouvement passionné, il poussa Hill à reculer jusqu’à ce que son dos heurte le mur juste derrière lui. Brisant à nouveau le contact, il poussa son amant d’un soir à se retourner pour faire face au mur alors que lui-même se lovait contre son dos, embrassant sa nuque frissonnante avec une passion qu’il réservait généralement à la gente féminine. Ses mains s’aventurèrent sur le torse de Phoebe caressant chaque parcelle de peau et profitant des frémissements qu’il faisait naître au passage. Le souffle de son prisonnier passionné s’accéléra, ultime signe d’encouragement silencieux que Snow put facilement détecter. Bon après, il n’avait pas d’expérience charnelle avec un homme, mais il se doutait que le fonctionnement devait être foutrement similaire au sien. Alors autant agir avec Phoebe comme il aimait qu’on agisse avec lui, non? Ainsi, les doigts de son bras droit effleurèrent la peau du flanc de Hill, descendant dans un mouvement suave jusqu’à sa hanche, puis parcourant un tracé vers l’avant.

Spoiler:
 

Bon… évidemment lorsqu’un homme atteignait le septième ciel… c’était un peu plus salissant, mine de rien. Le corbeau embrassa l’épaule encore un peu tremblante de son comparse bâtard, puis retira sa main de son pantalon, balayant la pièce de son regard glaciaire pour finalement trouver un chiffon près d’une bassine d’eau qui était préalablement destinée à faire une toilette rapide, un décrassage express. Bon, ça ferait l’affaire. Ainsi, le Frère Juré se détourna, allant nettoyer sa main convenablement avant de proposer le tissu humide à Hill afin que… bah qu’il ne reste pas coincé… dans sa tenue… collante?

Phoebe Hill

avatar
Recrue / Bâtard Lannister
Voir le profil de l'utilisateur
Jeu 22 Juin - 13:51
Considérant la chaleur qui grandissait de façon régulière dans les entrailles de Phoebe, celui-ci ne comprit pas que les frissons de Sullivan étaient causés par le froid et non seulement l’excitation. Pourtant, la buée qui sortait de leur bouche aurait dû lui mettre la puce à l’oreille, mais il n’avait plus vraiment toute sa tête depuis un moment, et ne raisonnait pas comme il faut. Aussi, comme lui était toujours habillé, il ne se rendit compte de rien, déshabillant stupidement Snow sans songer aux courants d’air glacial qui s’engouffraient par intermittence dans l’écurie et leur box. Aux tremblements qui animaient le corps sous lui, Hill répondit en se blottissant plus contre lui, enchaînant les caresses et augmentant l’intensité de ses baisers, persuadé que c’était l’extase qui lui procurait cette vibration soudaine. Aussi, lorsque le corbeau brisa leur baiser et le silence, le bâtard Lannister s’inquiéta un instant pour la tournure de phrase qu’il employa. «Au risque de faire ma chochotte», est-ce qu’il était en train de dire que… Un bruit étrange s’échappa des lèvres de Phoebe, à mi-chemin entre le rire et le soupir de soulagement, lorsqu’il comprit que Sullivan ne se dégonflait pas, qu’il voulait juste changer d’endroit.

-Je crèche en haut, souffla-t-il en essayant de retenir son rire nerveux qui lui fendait un sourire jusqu’aux oreilles. On devrait être mieux, et puis y aura pas de risque que tes copains nous surprennent en venant chercher leur monture. J’ai été un peu con en fait de ne pas y penser.

Pourtant, l’envie lui manquait terriblement de se lever et se détacher de Sullivan, comme s’il craignait de briser le moment, de donner le temps à son… son amant?... de réfléchir et de changer d’avis. Et puis, il était si délicieux à regarder, agréable à toucher, que Phoebe fut incapable de ne pas céder à la tentation, embrassant d’abord le cou de Snow, avant de descendre sur son torse par la clavicule, s’amusant de l’entendre soupirer d’aise malgré les frissons qui l’accablaient. Un brin déçu, Hill se força à abandonner le corbeau pour se relever et vérifier que l’allée était toujours libre. Derrière lui, il entendit le blond ramasser rapidement ses affaires, mais le westerman ne se retourna pas, préférant marcher rapidement en direction des escaliers sans vérifier s’il était suivi. La porte de sortie était complètement dans l’autre sens, s’il lui prenait un regain de conscience et qu’il décidait de se sauver, Sullivan serait facilement capable de le faire sans qu’il le voie. Mais les pas se firent bientôt entendre derrière lui, de sortes que Phoebe sentit un immense relâchement dans ses épaules et se permis enfin de regarder Snow, admirant dans toute sa splendeur sa silhouette à moitié dénudée, qui lui donnait des envies de…

-Y a quelqu’un?

Les deux hommes se figèrent et se dévisagèrent un instant, légèrement pris de panique. Ce devait être le fameux palefrenier, il n’était pourtant pas là quand Phoebe avait fait le tour de l’écurie, peut-être qu’il revenait d’une partie de jambes en l’air dans l’établissement voisin. Le cœur battant la chamade de peur d’être surpris en flagrant délit dès son premier soir de travail, Hill s’empressa d’indiquer à Snow la direction des escaliers, avant de s’aventurer dans l’allée où il avait entendu la voix. Lui, au moins, il était habillé.

-Hey, c’est juste moi, Ph… Dagobert. J’suis le nouveau videur. J’allais juste me coucher, bonne nuit mec, lâcha-t-il en espérant avoir l’air décontracté, puisque le garçon d’écurie était sorti d’un box où il soignait vraisemblablement un cheval et le regarda d’un air intrigué.

Finalement, Phoebe devait bien avouer que Face d’Anus n’était pas si terrible que ça, mais enfin, ce n’était pas vraiment son genre, et il doutait d’être le sien aussi à voir sa gueule d’hétéro. De toute façon… avec la tournure que prenait les événements, qui s’inquiétait de ce genre de trucs? Charlemagne se présenta, un peu étonné, et lui demanda s’il était bien, remarquant qu’Hill avait le visage cramoisi. Le bâtard Lannister eut tout le mal du monde à ne pas avoir l’air coupable, lâchant simplement qu’il avait trop bu, et dehors qui plus est, donc qu’il avait froid, mais que tout allait bien. Enfin, il lui souhaita bonne nuit, et s’empressa de monter les escaliers qui menaient à son «logis», priant… quand même un peu malgré tout… que Sullivan y soit.

Bien que l’attitude de Snow ne laisse pas présager qu’il ait envie de foutre le camp, Phoebe était incapable de s’empêcher de craindre qu’il ait mis les voiles, se rappelant sans cesse le dégoût de celui-ci lorsqu’il l’avait embrassé la dernière fois. Aussi, il lâcha encore un soupir rieur en fermant la porte derrière lui, constatant avec plaisir que Sullivan l’attendait, toujours à moitié nu, toujours désirable, et ils reprirent tous les deux rapidement le contact où ils l’avaient laissé, leurs lèvres se retrouvant avec une vigueur renouvelée. Malgré lui, Hill était incapable de ne pas lâcher de nombreux rires nerveux, puisque c’était maintenant le corbeau qui renversait les rôles en lui arrachant ses vêtements avec une hâte qui témoignait de son désir aussi assurément que son regard incroyablement chaud malgré sa couleur glaciale.

Lorsque leur torse se touchèrent, Phoebe sentit son cœur s’emporter dans une cacophonie bruyante, et constata, dans un coin très reculé de son esprit, que la peau de Sullivan était effectivement plutôt froide en comparaison à la sienne, n’ayant pas souffert de l’air frais de l’écurie pendant leur première étreinte. Snow n’allait toutefois pas tarder à se réchauffer vu l’ardeur qu’il mettait dans son baiser, dans sa poigne sur sa mâchoire et dans tous ses gestes, à commencer par écraser Hill contre le mur, avant de le forcer à lui tourner le dos. Le mouton noir se pris encore à rire, mais cette fois-ci son amusement fut rapidement étouffée dans un gémissement alors que le corbeau, blotti derrière lui, le caressait langoureusement et lui embrassait la nuque de telle façon qu’il frissonnait de plaisir. Plutôt déboussolé parce que, honnêtement, il s’attendait à devoir tenir les rênes avec son «initié», il ne vint nullement à l’esprit du jeune homme de résister, ravi de ce retournement inattendu de la situation. Si ça lui plaisait de le dominer, grand bien lui face, il était surement plus confortable ainsi de toute façon qu’à se laisser faire, et ça amusait grandement le bâtard Lannister.

Spoiler:
 

L’avantage de cette façon, c’est que c’est bien moins salissant… En soupirant, Phoebe laissa tomber sa tête contre le mur de sa chambre, ses bras glissèrent le long des jambes de Sullivan, abandonnant leur prise pour s’aider à se replacer confortablement au sol. Il avait bien trop la flemme de se lever pour aller se coucher, et n’avait de toute façon pas envie d’être demain. Cette soirée pouvait bien s’éterniser encore et le soleil ne jamais se lever, il serait l’homme le plus heureux. Les yeux clos, Hill entendit tout de même clairement Snow le rejoindre au sol, se laissant lentement glisser contre le mur comme lui-même l’avait fait. Encore sonné par la baissée d’adrénaline qui suit la tombée de l’excitation, le westerman rouvrit lentement les yeux, détaillant avec une certaine inquiétude l’attitude de son amant d’une nuit. Lui aussi, il finirait par dégriser. Regretterait-il ce qui venait de se passer, lorsque le soleil serait levé?

-Dis-moi Sulli… souffla-t-il d’une voix épuisée, mais fatiguée de la bonne façon… Disons, sur une échelle de un à dix… quelles sont les chances que tu aies encore envie de me parler demain? Pour d’autres raisons que me casser la gueule? marmonna-t-il lentement, question de donner la chance à Snow de remettre ses idées en place.

Parce que, pour être bien honnête, d’accord il avait bien pris son pied, mais ces aventures d’un soir, ce n’était pas vraiment sa tasse de thé. Mais Sullivan serait-il capable de pousser l’expérience plus loin un jour? En tous les cas, une chose était sûre, il aurait besoin de temps pour réfléchir. Et Phoebe aussi, il en avait besoin, parce qu’il ne savait pas plus où il se situait par rapport à ses envies pour Snow, si soudaines et impulsives qu’elles le laissaient enivré de désir, mais l’esprit trop embrumé pour qu’il sache ce qu’il ressentait. Jamais encore on ne l’avait surpris à sauter d’un amant à l’autre sans sentiments, il avait toujours été sérieux et honnête envers son cœur. Mais avec le corbeau, ça avait été comme magnétique, animal, de sorte que son corps avait agi avant sa tête, et qu’il se retrouvait maintenant peut-être presque aussi troublé que Sullivan. Il y avait cette fâcheuse voix dans sa tête qui lui disait que ça n’avait été que de la curiosité, que Snow ne s’intéressait pas vraiment à lui… Et puis il y avait l’autre voix, celle qui lui dirait qu’au mur… il en aurait le cœur net. Mais il était hors de question qu’il s’embarque sans savoir…


Sullivan Snow

avatar
Patrouilleur / Bâtard Targaryen / Zoman
Voir le profil de l'utilisateur
Mar 27 Juin - 7:35
Il tendait le tissu en direction de Phoebe, réalisant qu’il avait visiblement contribué à le souiller plus que nécessaire. Okay… Peut-être aurait-il pu lui détacher son pantalon, préalablement, pour éviter de le saloper avec… heu… les résidus d’extase de son amant actuel? Breeeeeeeeef, il notait mentalement sa bévue, soucieux de ne pas répéter la même erreur si une situation similaire devait se réitérer à nouveau dans le futur. Enfin… Pour le moment, il ne pensait qu’au présent et n’était mentalement pas prêt à évaluer les répercussions qu’une telle soirée aurait sur sa vie dorénavant. Un rire se fit entendre à ses pieds et les prunelles pétillantes de Phoebe croisèrent les iris glaciaires du corbeau. Un sourire à la fois complice et amusé aux lèvres, Hill agrippa le bas de son pantalon et l’attira un peu plus à lui, soucieux de diminuer la distance qui les séparait tous les deux. Sans résistance, Snow avança de quelques pas et se mordit la lèvre inférieure alors qu’il croyait comprendre où cette situation allait le mener.

Spoiler:
 

Il avait chaud, bordel! C’est pantelant et tremblant que Snow leva une main pour s’appuyer à nouveau au mur devant lui alors que Phoebe appuyait sa tête sur la même surface de bois. Il se sentait ramolli comme une guenille, dépourvu de la moindre volonté. Lentement, il étira un bras à son pantalon qui gisait toujours sur ses genoux et le remonta (en même temps que son caleçon) dans un mouvement mou afin de le ficher à nouveau sur ses hanches. Bon sang, il se sentait si… amorphe. Il fallait dire qu’il s’agissait là de sa deuxième relation de la soirée en moins d’une heure... D’abord Jewelith et maintenant Phoebe. Le jeune homme se passa une main dans sa chevelure nacrée, puis jeta un regard à son compagnon qui était toujours assit au sol, la tête appuyée contre le mur derrière lui et les yeux fermés. Il était… beau. Ni plus, ni moins. Puisque son corps était aux prises avec un flot d’endorphine typique, le corbeau s’appuya au mur à son tour aux côtés du bâtard des Lannister et se laissa glisser lentement jusqu’au sol, en position assise. Il ferma ensuite également les yeux et poussa un long soupir d’aisance. Lentement, Snow ouvrit un œil et constata avec stupéfaction que Hill le fixait, un air inquiet au visage. Qu’y avait-il?

La voix fatiguée de lion noir se fit entendre et soutira une expression de surprise de la part de son vis-à-vis. Avait-il réellement peur qu’il devienne violent ou même terriblement condescendant à son égard? C’était réellement mal le connaître… enfin… Le fait était que justement, Phoebe ne connaissait que très peu de choses de lui, hormis son passé avec sa mère. Lentement, Sullivan secoua de la tête, puis planta son regard littéralement fatigué dans celui de son compagnon.

- Si j’avais voulu te casser la gueule, je l’aurais fait depuis longtemps, fit-il tout simplement, ignorant la pièce qui tournait lentement autour de lui. La dernière fois, j’aurais pu te flanquer une raclée et pourtant, je n’ai rien fait. Je ne suis pas comme ça, Phoebe. Et bien que ça me fasse foutrement bizarre… ce soir, c’est moi qui ait prit les devants. Je… je… je ne peux pas te dire ce que tout ça veut dire pour moi parce que je n’en ai aucune idée. Laisses-moi le temps de mettre mes idées au clair, d’accord?

Le beau regard verdoyant de Hill se détourna, préférant fixer un point à l’horizon. L’avait-il contrarié? Non… Pas vraiment… si? Il n’en était plus certain… Snow ne savait pas quoi dire de plus. Il se voyait très mal lui faire des promesses qu’il n’était pas sûr de vraiment pouvoir tenir. Enfin… Ils ne se connaissaient même pas, c’était évident, non? Et puis, jusqu’à tout récemment, il n’avait éprouvé aucune attirance pour aucun homme… Le jeune guerrier dont l’ivresse se dissipait peu à peu se passa une main dans les cheveux, puis soupira. Ses iris glaciaires s’attardèrent un moment sur la main de Hill qui traînait au sol, non loin. Dans un mouvement d’abord hésitant, il glissa ses doigts sur le revers de celle-ci puis la prit dans la sienne, caressant doucement les jointures de son pouce. Ce simple geste sembla soutirer le lion noir de sa pensée et le poussa à ramener son attention sur le Frère Juré.

- Je ne vais pas te casser la gueule. Ni maintenant, ni demain. fit-il en répondant plus directement à la question préalablement posée par Hill. Enfin, à moins que tu l’aies réellement cherché, mais pas pour la raison que tu penses. Je ne sais peut-être pas ce que pense réellement ma tête de tout ça, mais ce serait ridicule de te blâmer pour ça… surtout pour… enfin. Mon assaut dans l’écurie… breeeeeeef. Il détourna le regard à son tour, un peu gêné de sa propre attitude. Pour le moment… Pouvons-nous simplement ne penser à rien et vivre le moment présent? J’ai vraiment eu une mauvaise journée et ça m’a fait du bien de décrocher un peu. Enfin… Pas que ça, mais tu vois où je veux en venir.

Il n’avait pas envie de se torturer l’esprit, de se casser la tête avec le futur ou une potentielle relation. Il avait encore la tête qui tournait et était simplement… crevé. Il voulait dormir et pas seul. Lentement, il tira sur la main de Phoebe et se releva lui-même dans un mouvement un peu chancelant. Visiblement, il n’était pas le seul à se sentir engourdi par la fatigue, à voir le temps de réaction du lion noir. Une fois debout, le corbeau attira le Westerman à sa suite jusqu’au lit, puis s’affala sur la couche, rapidement rejoint par le locataire légitime des lieux. Dans un mouvement de pieds plutôt paresseux, Snow laissa tomber ses bottes au sol, puis se roula sur le dos, glissant un bras mollement derrière sa tête. Un silence plana alors que la noirceur des lieux les englobait comme un manteau nocturne. Au bout d’un léger moment, Sulli poussa un soupir, puis tourna doucement la tête en direction de son amant d’un soir, réalisant que ce dernier l’observait. Malgré l’obscurité, il put déceler le reflet verdoyant de ses prunelles. Était-il toujours inquiet? Il espérait que non. Enfin… Il ne savait plus vraiment quoi penser lui-même pour être franc…

- Je suis… désolé pour la dernière fois… Souffla-t-il finalement. Je sais, je me suis déjà excusé une fois sur le sujet. Mais c’est sincère. Je… j’ai eu peur. Enfin… Je n’ai jamais… auparavant… Tu sais, avec un autre homme… Et quand tu m’as embrassé, j’ai eu cette crainte qui m’a envahie. J’ai paniqué et j’ai tout fait pour te faire du mal. C’était dégueulasse de ma part. Je me rends compte que… que je suis moi-même un peu différent des autres. Je ne peux pas dire que je l’accepte en ce moment. Ça me fout la trouille pour dire vrai. Mais… Mais force est d’admettre que ta présence ne me laisse pas indifférent. Il tourna son regard vers le plafond à nouveau, déglutissant au passage. Bon sang, il avait la bouche pâteuse. C’était peut-être les résidus d’alcool? J’ai besoin de mettre de l’ordre dans mes idées. C’est fou hein? Je bute des sauvages et affronte des êtres inimaginables… Je sais même comment descendre un foutu Marcheur Blanc et pourtant… l’inconnu de notre situation m’effraie comme une fillette.

Il poussa un nouveau soupir, puis ferma les yeux un instant, se remémorant pendant une fraction de seconde la bouche de son comparse sur son bas-ventre, étouffant un simple frisson alors qu’il pouvait presque encore sentir son contact buccal destiné à lui faire perdre la tête.

- Tu… tu l’as su comment? Que… que tu étais différent.

La voix chaude de Hill résonna jusqu’à ses oreilles et le bâtard des Stark se laissa bercer par cette dernière. Il pouvait ressentir la chaleur de son corps contre son flanc alors que ce dernier était étendu à ses côtés, sa peau frôlant la sienne. Une couverture remonta sur son corps et il comprit rapidement que c’était l’œuvre de son hôte qui, peut-être, ressentait le froid? Dans tous les cas, ainsi englobé tous les deux, il y avait peu de chance qu’ils se les gèlent.

- Est-ce que certaines personnes ont pu accepter que tu aimes les hommes? Ou les gens sont-ils si… totalement fermé d’esprit?

Lentement, Snow tourna la tête et scruta les traits harmonieux du fils illégitime des Lannister, tentant de déceler une quelconque émotion sur son visage. Il écouta attentivement la réponse de son amant, puis bâilla aux corneilles bien malgré lui. L’évidence même se faisait voir : ils étaient tous deux crevés. Au bout de longues minutes, la fatigue eut raison d’eux et la pièce fut rapidement envahie par leur respiration lente et profonde…

************

Ses paupières frétillèrent alors qu’il tenta d’émerger de son sommeil profond. Un mal de crâne vrillait ses tympans et tout son corps était louuuuuurd. Sa bouche pâteuse lui donnait l’impression d’avoir mâché du coton toute la nuit et ça, c’était sans compter l’ombre de nausée qui menaçait de l’envahir à tout bout de champs. Sulli émit un gémissement malgré lui, puis resserra sa poigne sur… peu importe ce qu’il tenait entre ses bras. C’était chaud et ça sentait étonnamment bon. Lentement, il se rapprocha de son compagnon de couche et appuya son front contre sa nuque. C’est alors que la nuit précédente lui revint en tête comme un coup de fouet. Rapidement, il ouvrit les yeux et réalisa alors qu’il tenait toujours Phoebe entre ses bras. Non pas que cette image le répugnait particulièrement, mais pendant un bref instant, il avait eu cette sensation que la totalité de sa soirée d’hier n’était qu’un rêve. Mais visiblement, il se trompait. Il… Il avait réellement fait de Hill son amant d’un soir. Snow poussa un soupir et se détendit soudainement. Il constata alors que son vis-à-vis semblait se réveiller et il ouvrit la bouche pour dire quelque chose… mais fut interrompu par des coups portés à la porte.

- Dagobert? Dagobert, tu es réveillé? Je peux rentrer?

C’était qui celle-là?!! La propriétaire des lieux? Sous l’effet de panique, Sulli se débattit d’un coup, bientôt imité par son compagnon qui chuta durement en bas du lit. Okay! Merde! Ils ne devaient pas se faire prendre ensemble! Il devait se planquer quelque part!! Sans plus attendre, Sulli se glissa à son tour sur le plancher de bois et roula sous la couche, dans la noirceur et loin de la vue de la potentielle invitée. Ses vêtements glissèrent sous le lit à leur tour, propulsés par Hill, juste au moment où la porte ouvrit sur une femme qu’il ne pouvait voir. Cette dernière minauda un « Bon matin » à son compagnon masculin d’une voix qui laissait clairement sous-entendre un soupçon de charme. Enfin… Ce n’était peut-être pas la patronne, puisque cette dernière possédait un timbre plus grave, plus âgé.

Allait-il être coincé à bien longtemps? Intérieurement, le Northman pria les anciens de Dieux de la Forêt de le couvrir afin d’éviter qu’il ne se fasse prendre!

Phoebe Hill

avatar
Recrue / Bâtard Lannister
Voir le profil de l'utilisateur
Mer 28 Juin - 18:38
#phobeisgod
Non mais! Il ne pouvait pas se taire un peu, juste quelques secondes? Ce fichu cœur qui tambourinait si fort dans sa poitrine que Phoebe sentait son sang battre dans ses oreilles, si bien qu’il peinait à entendre la réponse de Sullivan. Ça, et le fait qu’il était encore bourré, bien sûr. Ce qui est bon signe, au moins, c’est que la question de Hill avait surpris Snow, laissant donc croire qu’il ne lui avait même pas traversé l’esprit d’être de mauvais poil contre lui. De plus, comme si sa concentration n’était pas assez approximative ainsi, le mouton noir avait l’impression qu’il devenait hypnotisé par le bleu irréel des yeux de son vis-à-vis, et pensa un instant qu’il allait s’y noyer s’il continuait de les observer de la sorte. Il prit donc une longue inspiration, comme un nageur sortant de l’eau après une interminable plongée, avant de détacher son regard pour fixer le mur à l’autre bout de sa chambre et recommencer à respirer à peu près normalement. Au moins, avait-il saisi les grandes lignes de ce qu’avait dit le corbeau : pas péter la gueule, temps pour réfléchir. Rogers.

Bien sûr, lui aussi devait réfléchir de toute façon, lui non plus ne comprenait pas ce que cette soirée-là impliquerait dans sa vie, s’il y avait un lendemain pour eux deux, parce que… il ne connaissait même pas Sullivan, et bien qu’il ait commencé à l’apprécier, il ne pouvait oublier que la première impression qu’il lui avait laissée était d’être un désagréable emmerdeur. Impression réciproque, probablement. Pourtant, le cœur de Phoebe, à cet instant, ne laissait aucun doute sur les pulsions de son âme, particulièrement lorsque des doigts vinrent caresser sa main, déclenchant des palpitations puissantes dans sa poitrine. Un simple amant ne se montre pas si tendre, non? Il prend son dû et dégage ensuite. Hill se mordit la lèvre avant de tourner son regard vers Snow à nouveau, lequel lui assura qu’il ne lui casserait pas la gueule, en tout cas pas s’il ne le méritait pas, ce qui suffit à tirer un sourire en coin au mouton noir. Visiblement, ce qu’ils venaient de faire ne méritait pas de reproches, il y avait de quoi respirer un peu mieux. Et comme le corbeau le spécifiait justement… cette fois, c’était lui qui avait fait le premier pas. Voilà ce à quoi il avait besoin de réfléchir, probablement…

-D’accord, chuchota-t-il avec un long temps de retard sur la question, les yeux à moitié fermés maintenant que Sullivan avait cessé de le regarder et n’exerçait plus cette attraction magnétique sur lui. Oui, je comprends. Moi aussi, de toute façon, je dois réfléchir.

À lui-même, à l’autre, à sa vie, aux Summer Islands, au North, au Mur, à la Garde de Nuit, à sa liberté, à son cœur et ses sentiments… Même si le sommeil l’accablait déjà lourdement, Phoebe ne savait pas s’il allait réussir à se reposer. Une traction sur sa main et son bras lui fit réaliser que Sullivan était en train de se lever, en trébuchant un peu, et l’incitait à le suivre. Un peu confus, Hill mis du temps à réagir, mais fini par se mettre également debout, comme un bon petit chiot (ou mouton?) obéissant, incapable, de toute façon, de résister à la fois aux yeux incroyables de son amant et aux émotions qui chamboulaient son âme. Le bâtard Lannister eut à peine le temps d’analyser les possibilités perverses que son imagination enflammée lui suggérait, à la vue de Snow qui se laissait presque tomber sur son lit, défait depuis qu’on l’avait tiré du sommeil pour aller travailler au bordel. Il rejeta celles-ci sans s’y attarder, beaucoup trop épuisé, de toute façon, pour en évaluer les probabilités de réussite, et il imita plutôt son comparse en s’allongeant sur le dos, un coup déchaussé. La tête pleine et l’esprit trop embrumé par l’alcool, Phoebe peinait à organiser les images de sa soirée dans un coin et ses désirs dans un autre, pour essayer de démêler le tout, pour réfléchir, si bien qu’il essaya de taire le tout afin d’essayer de dormir, finalement. Lentement et silencieusement, le mouton noir bougea sur sa couche en espérant ne pas réveiller son compagnon, pour finalement se tourner vers lui et remarquer qu’il avait les yeux ouverts sur le plafond, probablement à réfléchir. Sans trop savoir pourquoi, l’ancien noble passa quelques instants à le regarder, sans focaliser ses pensées sur quoi que ce soit, seulement l’admirer, jusqu’à ce qu’il se tourne vers lui, sentant peut-être le poids de son regard.

-Arrête, je n’y pense déjà plus… souffla Phoebe sur le même ton, lorsque Sullivan s’excusa pour son comportement de la dernière fois.

Ce n’était pas tout à fait vrai, il y pensait souvent et il y pensait encore quelques instants plus tôt, mais pas parce qu’il en voulait à Snow, plutôt parce qu’il essayait de se situer par rapport aux événements qui déboulaient beaucoup trop vite et qu’il peinait à comprendre les réactions de Sullivan, constatant de plus en plus qu’il ne le connaissait pas du tout. Tout ce qu’il s’était imaginé sur lui à la première rencontre s’était avéré faux. Alors qu’il était habituellement plutôt doué pour cerner les gens (mouais, on apprend ça à la cour… ) cette gueule de dragon restait un immense mystère pour lui… Et si c’était justement ça qui l’attirait de façon irrésistible vers lui? De cet homme plein d’assurance se dégageait soudain une fragilité, alors qu’il énonçait ses peurs d’être différents, qu’il avouait tout haut ce qu’il avait essayé d’étouffer dans sa tête avant de céder finalement, dans ce box, quelques minutes plus tôt. L’estomac de Phoebe se tordit aux mots prononcés par son amant (et parce que, franchement, il commençait à avoir faim), et il ouvrit la bouche pour répondre à ce qui était, sommes toute, l’une des plus grandes déclarations qu’il lui eut faites de la soirée, mais il se ravisa, se contenant de sourire. Parce qu’ils avaient tous les deux encore besoin de réfléchir avant de dire trop de bêtises. Et puis, ils étaient saouls.

-Ça ne se compare pas, tu sais. Y a des monstres bien plus effrayants que ceux de l’autre côté du mur, et ce sont ceux que l’on s’invente pour soi-même… marmonna Phoebe en se retournant sur le dos, puisque Sullivan avait cessé de le regarder, et parce qu’il sentait, sinon, qu’il risquait encore de lui sauter dessus. Je ne me rappelle pas vraiment, j’étais très jeune. Je pense que je l’ai toujours su en fait, avant de comprendre que c’était une différence, que les gens sont censés être attirés par le sexe opposé, et non le même. J’ai seulement compris que ce n’était pas normal quand c’est le désir qui est embarqué, avec les hormones habituelles à l’adolescence, et que j’exprimais mes envies à hautes voix. Là, j’étais devenu différent, parce que tous les garçons de mon âge fantasmaient sur les filles et moi, elles m’ennuyaient.

Phoebe parlait lentement, son esprit sombrant peu à peu dans le sommeil alors qu’il essayait de se forcer à rester éveillé pour répondre aux questions de Sullivan du mieux qu’il le pouvait. Il ne voulait surtout pas l’effrayer davantage, mais il n’avait franchement aucun filtre et ne faisait que débiter la vérité telle qu’il s’en souvenait.

-Pour ma défense, j’ai quand même essayé, en me disant que ça se placerait, puisque tout le monde disait ça. Mais non. Oh, elle était jolie en plus, hein, la fille du boulanger, mais ça ne m’a pas amusé autant que ça aurait dû.

Hill haussa les épaules avant de prendre une position semblable à celle de son voisin, glissant un bras sous sa nuque et fermant les yeux pour essayer d’ignorer la chaleur que dégageait Snow à ses côtés et contre laquelle il avait envie de se blottir, puisqu’il s’était mis à frissonner depuis peu. Apparemment, sa température corporelle avait baissé en même temps que ses hormones, et Phoebe dut remonter la couverture et se couvrir, faisant de même avec Sullivan au passage, puisqu’il n’arrivait plus à ne pas trembler.

-Non, répliqua Phoebe dans un aveu lourd. Enfin, je ne sais pas. J’étais probablement destiné à être détesté de toute façon, je suis un bâtard, ça allait de soi, n’est-ce pas? Peut-être que ça a été seulement plus difficile d’être accepté à cause de mon environnement, peut-être qu’ailleurs, comme ici, les gens sont plus tolérants à la différence. Je ne sais pas, je n’ai pas encore osé en parler à mes collègues, j’essaie de voir quelle sorte de personnes ils sont avant. Mais de mon expérience, en tout cas, seuls les gens différents étaient capables d’accepter ma différence.

Ouais ben, pas très encourageant pour la fillette effrayée à ses côtés, non? Enfin, Phoebe finit par l’entendre bâiller bruyamment, si bien qu’il douta que Sullivan ait pleinement porté attention à chacun de ses propos. D’ailleurs, il ne reçut plus de question, et ne prit pas la peine de parler davantage, car son cerveau s’embrumait lentement, le plongeant profondément dans le sommeil.

***

MAIS C’ÉTAIT QUOI CE BOUCAN DU DIABLE?! Phoebe avait à peine commencé à reprendre contact avec la réalité, avec les bras qui lui enserraient puissamment la taille, avec son mal de tête, avec son érection matinale… Ah, oups. Le pauvre peinait à reconnaître la voix qui l’appelait et lui demandait si elle pouvait entrer, mais cela suffit à lui faire prendre pleinement conscience avec son environnement, avec Sullivan qui se jetait hors des draps pour se cacher sous le lit, et avec son érection matinale… Re oups.Tiens… ça lui rappelait drôlement la fois où son père s’apprêtait à débarquer en trombes dans sa chambre après qu’il eut passé la nuit avec…

-Attends deux secondes! maugréa-t-il, à moitié réveillé, mais sans que la douleur dans son crâne ne se soit amoindrie.

En essayant de se lever, Phoebe tomba bêtement sur le sol, encore mou de la veille, rien pour aider son mal de tête, et s’empressa d’essayer de placer la couverture pour essayer de cacher la silhouette sous son lit. Dans un éclair de génie (eh ouais ça lui arrivait parfois) il remarqua les effets de Snow, sur sa chaise, et les lança rapidement à son propriétaire, alors qu’il entendait, de l’autre côté de la porte, la demoiselle glousser qu’il n’avait «pas besoin de prendre le temps de s’habiller, elle en avait vu d’autres». *Ah ouais, ça j’en doutes pas…* D’ailleurs, sans qu’il lui fasse signe qu’elle pouvait entrer, Chlomidea montra le bout de son nez par l’entrebâillement de la porte, le saluant beaucoup trop chaudement pour une heure pareil.

-On m’a envoyée te réveiller puisque tu ne descendais pas, apparemment tu as bien bu hier après qu’on soit toutes montées, alors je t’ai apporté de l’eau. À voir ta tête, tu en as bien besoin hein? gloussa-t-elle en lui tendant une énorme chope qu’il faillit vider d’un coup sans dire merci, mais il se retint et en garda la moitié, prenant en pitié Sullivan tout d’un coup. C’est que les gars d’hier ont vraiment fait un désordre pas possible, alors maintenant qu’il n’y a plus de clients, Berthe aimerait un coup de main pour ramasser avant la prochaine soirée.

Le cerveau de Phoebe s’emporta, en réalisant que tous les clients n’étaient PAS partis… Ils avaient laissé un camarade derrière, pensant probablement qu’il était rentré au mur avant eux… Après tout, c’était bien ce que Sullivan faisait avant de lui sauter dessus dans le box, non? Il se préparait à rentrer après sa petite escapade au bordel!

-Eh bien, ils sont lève-tôt, pour des gardes de nuit, s’ils sont tous déjà partis… déglutit Hill en se demandant comment il allait faire pour se débarrasser de sa visiteuse le plus rapidement possible afin que Snow retourne à Castle Black.

-Tôt? gloussa-t-elle en marchant vers la minuscule fenêtre de la chambre, cachée derrière des rideaux miteux. Pauvre Dagobert, tu as bien trop bu hier, c’est une bouteille de whisky que je vois totalement vide, là? Enfin, le soleil est déjà bien haut dans le ciel maintenant.

Pour prouver ses dires, Chlomidea ouvrit le rideau, laissant entrer une lumière qui aveugla Phoebe. Découragé, celui-ci se frotta vigoureusement les tempes du bout des doigts. Sullivan allait être dans le pétrin par sa faute? Ha, non, pas sa faute, c’était lui l’idiot qui s’était couché dans son lit plutôt que de rentrer au mur hein, il ne pouvait pas savoir qu’il avait besoin de se lever de bonne heure! Hill sursauta, tiré de ses pensées par des mains sur sa taille, alors qu’il se creusait toujours les méninges pour se débarrasser de la joyeuse catin. Celle-ci lui minauda qu’il semblait avoir besoin d’un petit remontant, et remarqua avec amusement que son appareil masculin se dressait dans son pantalon, se proposant pour le soulager rapidement avant de retourner travailler. Cela acheva de réveiller le bâtard, résistant alors qu’elle commençait à le traîner vers son lit.

-Heu…. Mauvaise idée. T’es gentille Chlo, mais là, vraiment, je crois que je vais être malade si je ne mange pas tout de suite quelque chose… articula-t-il lentement, ses neurones roulants à cent milles à l’heure. La gueule de bois, hein? Alors, une autre fois? Tu es mignonne et tu m’attends dans le salon, s’il-te-plaît, j’en ai juste pour quelques minutes.

Rapidement, il prit les devants pour la prendre à son tour par la taille et la changer de direction, l’éloignant du lit en la reprochant de la porte, qu’elle avait laissée ouverte. La jeune femme protesta, suggérant qu’elle n’avait pas besoin d’être payée si c’était ça le problème, entre collègues on se fait des faveurs, ce qui fit soupirer Phoebe. Alors qu’il ouvrait la bouche pour s’excuser, un léger bruit se fit entendre derrière lui, sous le lit…

-C’était quoi ça? paniqua la jolie blonde en fixant avec inquiétude la couche de Phoebe.

-Des souris, je les ai entendues gratter toute la nuit sans pouvoir mettre la main dessus, je m’en occuperai plus tard, tu veux bien me laisser m’ha…

Hill n’eut jamais le temps de finir sa phrase, la jeune femme déguerpissait en couinant, sans demander son reste, puis lui lança, loin dans les escaliers, qu’elle lui préparerait à manger. Phoebe faillit s’étouffer de rire, se retenant uniquement à cause de la douleur que ça réveillait dans son crâne, et il retourna vers son lit pour soulever la couverture qui cachait Sullivan.

-Elle est partie, y te reste de l’eau, grouille-toi parce que je crois que tu vas avoir des problèmes là… lâcha-t-il, l’air moqueur, avant de commencer lui-même à se rhabiller, ne faisant pas particulièrement d’efforts, les vêtements de la veille feraient l’affaire.

Snow s’était rhabillé au moins aussi rapidement que lui, et s’apprêtait à se précipiter dehors de l’écurie avant de réaliser qu’il aurait l’air louche s’il sortait, à cette heure, du second étage… alors que tous les clients étaient partis. Phoebe rigola en disant qu’il surveillerait, descendit rapidement pour vérifier qu’ils étaient seuls et, rassurés, invita Sullivan à descendre. Lorsque celui-ci passa devant lui pour aller chercher sa monture dans son box, Hill lui attrapa rapidement le poignet et l’attira vers lui pour l’embrasser, pas très longtemps, mais langoureusement, et le laissa enfin partir, quittant de son côté pour rejoindre le bordel.

-Je vais faire une diversion t’inquiètes, sauve-toi!

Lorsqu’il entra dans l’établissement, où quelques unes des catins s’acharnaient déjà à nettoyer, Chlomidea lui fourra, un peu sèchement, un bol de porridge chaud dans les mains, avant de lui dire les tâches qu’on attendait de lui lorsqu’il aurait terminé de déjeuner. Enfin, plutôt, de dîner, vu l’heure! Phoebe enfourna rapidement son plat, tant il avait faim (ça au moins ça n’avait pas été un mensonge) et vida d’un coup un grand verre d’eau glacée qui lui replaça l’estomac. Du coin de l’œil, il aperçu la silhouette de Sullivan sortir de l’écurie, et échappa volontairement son verre au sol pour attirer l’attention des prostituées sur lui, puisqu’elles se tenaient toutes trop en vue de la fenêtre qui montrait le garde de nuit. La diversion fonctionna, Hill se répandant en fausses excuses, devenant instantanément le centre de l’attention pendant que Sullivan passait en flèche devant les fenêtres du bordel. Ni vu, ni connu. Enfin, presque.

-Mais qu’est-ce qu’il fait là, lui ? Jewel, ce n’était pas ton client ça? gronda Berthe, qui, de sa position derrière le bar, n’avait pas tourné le dos à l’écurie pendant la diversion de Phoebe, oups! J’espère que tu lui as chargé une pleine nuit, au moins!

La confusion régna bientôt dans le salon-bar, puisqu’aucune des catins n’avait tenu compagnie à Sullivan au cours de la nuitée. Pour cacher son trouble, Phoebe se mis à fixer le chemin et la silhouette rétrécissant du garde de nuit et sa monture, filant vers Castle Black. Malgré tout, les questions finirent par venir vers lui, puisqu’on avait remarqué l’amitié envers Dagobert de Snow et elles se demandaient toutes s’il n’avait pas entendu quelque chose.

-Oh, vous savez, personne n’était parti encore quand je suis retourné me coucher… marmonna-t-il en déglutissant. Mais il avait bien bu, non? Peut-être qu’il ne s’est jamais rendu à son cheval et que Charlemagne ne la pas aperçu, à dormir entre deux bottes de foin? suggéra-t-il, ce qui sembla en convaincre quelques unes, qui retournèrent travailler… mais pas Berthe.

Malgré tout, Phoebe tenta de continuer à nettoyer son dégât, tout en jetant de nombreux coups d’œil à Sullivan, décidé à ne pas le laisser disparaître trop vite. Il surveillerait son retour tant qu’il serait encore visible à l’horizon. Apparemment, cela affectait beaucoup sa concentration, puisque Berthe l’arrêta bientôt, suggérant qu’il n’était visiblement pas efficace au travail.

-Je reconnais ce regard-là, de toute façon, tu sais. Je ne suis pas née de la dernière pluie, Dagobert!

Hill écarquilla les yeux, surpris, et cessa de respirer, quelques minutes, pendant que Chlomidea y allait de son propre commentaire, soulignant que c’était «plutôt évident même, tout le monde avait remarqué». D’autres s’y mirent aussitôt, et bientôt, il sembla qu’une espèce de pari s’était établis, sans que Phoebe ne soit trop conscient de l’enjeu exacte. Combien de temps avant que quoi? La confusion ne cessait de s’amplifier sur ses traits, ainsi qu’une teinte pourpre de gêne alors qu’il se demandait si… vraiment… elles avaient deviné?

-Bah tu sais, Dagobert, tu seras pas le premier hein! Y finissent tous comme ça, c’est pour ça qu’on a du mal à se garder un videur.

Le westerman avala de travers, l’air inquiet, abandonnant sur le comptoir le torchon avec lequel il avait essayé d’éponger l’eau de son verre pour pouvoir mieux ramasser les débris ensuite. Incapable de résister, il leva les yeux vers son amant, qui n’aurait pas été reconnaissable à cette distance s’il n’avait pas été le seul fichu corbeau à l’air de dragon.

-Mais pourquoi tu n’en profites pas pendant qu’il est encore dans le gift? suggéra sa patronne, ce qui ne fit qu’enfoncer plus Phoebe dans la confusion. Sinon, tu devras attendre que des gardes reviennent, et puis on aura le temps de s’attacher à toi et on ne voudra plus te laisser partir!

Partir? Partir où? Pourquoi? Elle ne voulait pas le virer? Ce n’était pas parce que… Ohhhh….

-Ce n’est pas grave Dagobert, je comprends tu sais, la soif d’aventures, l’envie de servir sa nation. T’es un petit gars fort, tu ne vas pas protéger des putes toute ta vie, non?

Le Mur. Bon sang qu’il était con, elle croyait que sa fixation pour Sullivan venait de son envie à rejoindre la Garde de Nuit. Phoebe failli éclater de rire. Failli. Mais en croisant le beau regard sombre de la tenancière, presque aussi noir que sa chevelure d’ébène, quelque chose dans Hill céda, et il s’entendit lui dire qu’elle avait raison. Bien sur, qu’elle avait raison. Sans qu’il n’ait vraiment conscience de ce qu’il faisait, le westerman était déjà dans sa chambre, à ramasser ses effets, pendant que Charlemagne, au courant de l’urgence, scellait son cheval. Ça avait été plutôt marrant, quand le bâtard était rentré dans l’écurie en demandant au palefrenier de sceller «Dagobert», la confusion lui avait fait perdre beaucoup de temps. Non, il n’avait pas donné son nom au cheval. Non, il n’avait pas le temps de lui raconter aujourd’hui.

Tagadatagadatagadatagadatagadatagadatagada faisait le bruit des sabots de Dagobert sur le chemin, galopant à toute vitesse sur les quelques kilomètres de la route qui séparait le Gift de Castle Black. Il avait peut de chance de rejoindre Sullivan avant que celui-ci n’atteigne le Mur, tant la distance était courte, mais s’il y mettait toute la gomme… après tout, son cheval, ce n’était pas une petite merde hein, directement des écuries seigneuriales. Lorsqu’enfin, Phoebe put voir la silhouette de Snow, il hurla son nom, pour qu’il se retourne avant d’atteindre les portes de leur forteresse. Le vent filait dans le bon sens, portant l’appel de Hill sur la distance qu’il manquait à sa voix, et l’autre cheval s’arrêta, à quelques mètres de la porte. Dagobert fini par rattraper la monture du garde de nuit, lequel semblait confus (encore plus de confusion) de voir arriver, hors d’haleine tous les deux, les deux westermans, homme et cheval.

-Je me suis dis… que… souffla Phoebe, bizarrement essoufflé même si c’était Dagobert qui avait couru comme un forcené… peut-être qu’il avait retenu sa respiration chemin faisant, tant il était nerveux? Que ça justifierait mieux ton retard, si tu leur disais que tu faisais du recrutement? J’voulais pas que tu sois dans la merde à cause de moi.

Parce que, évidemment, Sullivan était beaucoup trop imbécile pour inventer un mensonge qui se tenait sans son aide hein? Et que la présence de Phoebe prouverait hors de tout doute raisonnable que Snow était en train de travailler? N’ayant pas particulièrement réfléchi avant de partir du bordel, Hill réalisait à peine que son idée ne tenait pas la route, et que le blondinet c’était surement fait un plan lui-même… Ben oui, il pouvait très bien être resté au Gift faire du recrutement, ça ne voulait pas dire qu’il avait réussi, il n’avait pas besoin d’une preuve! Tout comme son cheval pouvait seulement avoir perdu un de ses fers, retardant son départ, ou alors… Enfin, il y avait un million d’autres bonnes raisons plus brillantes que cela…


Sullivan Snow

avatar
Patrouilleur / Bâtard Targaryen / Zoman
Voir le profil de l'utilisateur
Jeu 6 Juil - 15:34
Plaquant une main sur sa propre bouche, Sullivan tentait de taire son souffle saccadé (surtout découlant de l’énorme sursaut dont il avait été victime) qui, à son humble avis, résonnait beaucoup trop fort pour ne pas attirer l’attention. Heureusement une partie de la couverture venait camoufler sa présence et Snow ne put s’empêcher de réfléchir à cent mille à l’heure pour essayer de se sortir de ce faux pas. Les pas de la catin résonnèrent dans la pièce et cette dernière déclara avoir emmené de l’eau à Phoebe, précisant au passage que Berthe (la propriétaire?) désirait sa présence pour aider à nettoyer le grabuge préalablement fait par les Frères Jurés. Oh de l’eau… Maintenant qu’il y réfléchissait, non seulement il avait foutrement mal à la tête, mais sa bouche était vraiiiiiiiment pâteuse. Bon sang, il aurait tout donné pour pouvoir mettre la main sur ce verre d’eau!

De par la voix de Hill, Sulli comprit que ce dernier était foutrement mal à l’aise de leur situation actuelle et clandestine. Ah merde! Ils n’étaient pas tous rentrés, ces foutus corbeaux! Lui, il était encore… là… OH BORDEL. Ils allaient le chercher dans l’enceinte de Castle Black!! Son cerveau roula comme une carriole à pleine vitesse, cherchant une excuse potable pour justifier son absence de ce matin du quartier général de la Night’s Watch. Il ne pouvait pas tout bonnement expliquer la chose en prétextant qu’il avait passé la nuit au bordel, merde! D’autant plus qu’aucune des filles ne pourrait corroborer son histoire! Et dire qu’il était avec Phoebe… autant mourir. La réplique servie par la catin glaça littéralement le sang du zomane alors que ce dernier réalisait que la journée était déjà bien entamée. Bordel. De. Merde. Il espérait honnêtement que personne n’était parti à sa recherche! De toute façon… Il allait se faire passer le plus gros savon de sa vie!!

Alors qu’il réfléchissait encore à une issue, le bâtard des Stark vit les pieds de l’intruse passer juste sous son nez avant de plisser des yeux devant la clarté éblouissante qui envahissait la pièce. À voir le nouveau mouvement effectué par la visiteuse indésirable, le jeune homme aux cheveux blancs put aisément comprendre qu’elle se lovait contre le lion noir, lui susurrant au passage qu’elle était prête à se charger de son « épineux problème matinal ». Oh bon sang! Elle l’attirait vers le lit?! Enfin, il était improbable qu’une histoire se passe entre eux deux – au vu des préférences de Hill – mais l’idée d’assister de façon impromptue à une potentielle scène torride entre son amant et une catin l’écœurait un brin. Heureusement, Phoebe fut assez rapide d’esprit pour trouver une excuse bidon (le haut-le-cœur, vraiment?) qui justifiait son manque d’enthousiasme à l’idée de se faire reluire l’engin sans compromettre le secret de ses préférences sexuelles. Il demanda expressément à la belle de l’attendre au salon, prétextant n’en avoir que pour deux minutes à se préparer.

Visiblement, les deux jeunes gens se dirigeaient vers la porte de la chambre, mais – comble du malheur – le nez de Sulli lui chatouilla d’une façon qu’il n’aimait pas du tout. C’était toute cette poussière sous le lit! Mélanger à des brins de paille et des poils résiduels de chevaux… Bref, ça titillait trop ses sinus! Même s’il eut le réflexe de placer une main sur son nez et sa bouche, Snow ne put s’empêcher d’éternuer bêtement, maudissant intérieurement les dieux par le fait même. Évidemment, le couinement émis ne passa pas inaperçu et la jeune femme s’empressa d’interroger le locataire légitime des lieux. Puisqu’il avait réponse à tout de toute façon, Phoebe improvisa comme un champion, prétextant une infestation de souris qui eut tôt fait de chasser la catin de la chambre où elle traînait un peu trop. À peine quelques secondes plus tard, la couverture se leva pour laisser entrevoir le visage hilare de Phoebe.

- Bon sang, j’ai cru qu’elle ne partirait jamais! Soupira Snow qui se hissa hors de sa cachette improvisée.

Oh super! Il lui avait laissé de l’eau! Sullivan lui jeta un bref regard de gratitude, puis termina le liquide bienfaiteur en une rasade. Puis, sans demander son reste, il enfila prestement ses fringues, fixant sa cape autour de ses épaules à la vitesse grand V. Sans plus de préambule, il jeta un bref regard au bâtard des Lannister et se jeta vers la porte dans l’idée évidente de se ruer vers l’écurie, mais arrêta rapidement son geste. Merde… ça aurait l’air louche de le voir se pavaner comme ça alors que tous les autres Frères Jurés étaient partis! Visiblement, son compagnon d’infortune avait lu dans ses pensées, car rapidement, il se mit à glousser, prétextant qu’il passerait devant pour s’assurer que la voie était libre. Snow lui jeta un nouveau regard de gratitude et attendit impatiemment que Phoebe lui fasse enfin signe de descendre. Dès que ce fut chose faite, le jeune zomane dévala presque l’escalier et jeta un regard prudent dans l’immense écurie. Parfait! Il n’y avait pas âme humaine qui vive! D’un pas pressé, le bâtard du nord s’avança à travers les box dans le but évident d’atteindre sa monture, quand des doigts se glissèrent contre son poignet, le forçant à pivoter sur lui-même pour faire face à son comparse de l’Ouest.

Une fois face à face, le Northman sursauta un brin lorsqu’il vit son amant de la veille venir quérir un bref baiser, mais dont la chaleur témoignait bien de son envie difficilement dissimulée. Langoureux était presque un euphémisme dans ce cas-ci. Snow répondit un peu à retardement (vu la surprise), puis papillonna des yeux alors que Phoebe se sépara brusquement de lui, lui sommant de filer. Il allait faire diversion pour lui permettre de foutre le camp sans éveiller de soupçons. Sulli hocha la tête d’un air entendu, puis laissa échapper un bref « Merci, je te revaudrai ça » alors que Phoebe se détournait déjà pour sortir de l’établissement. Pendant que Snow entrait dans le box de son étalon alezan, il jeta un bref regard à la silhouette du jeune homme qui l’accompagnait un peu plus tôt, puis s’empressa de seller la bête. Dès que ce fut chose faite, il agrippa la bride de sa monture, puis le dirigea prestement vers l’extérieur de l’écurie, jetant une dernière œillade vers le bordel. Enfilant son pied dans l’étrier, le Frère Juré se hissa en selle, puis somma à son étalon de détaler sur les chemins enneigés du North, en direction de Castle Black.

Son cerveau fonctionnait à une vitesse folle, au même rythme que le destrier fendait l’air. D’accord… Il allait raconter qu’il avait si bu qu’il en avait perdu connaissance dans l’écurie de l’établissement. Certes, ça lui soutirerait les railleries de ses comparses, mais au moins, les conséquences en seraient moins néfastes que si on apprenait qu’il avait passé la nuit avec un homme! Ses boyaux étaient tordus d’angoisse à l’idée d’affronter le regard accusateur de son Lord Commander, mais bon… que pouvait-il faire de plus? Au fond, il ne devait pas être le premier corbeau à passer autant de temps au bordel, non? Son regard glacial scrutait l’horizon, les gros flocons de neige lui fouettant le visage au fur et à mesure de sa progression. Au fil des kilomètres, la forteresse de Castle Black se profila à l’horizon et c’est alors qu’il approchait en vue des grandes portes qu’une voix familière le héla, loin derrière lui. D’instinct, Snow jeta un regard par-dessus son épaule et son cœur rata un battement. Ph… Phoebe?! Qu’est-ce qu’il faisait là?

Snow tira sur les brides de sa monture et cette dernière ralentit avant de finalement complètement s’arrêter. Il fit pivoter cette dernière afin qu’il puisse faire face au bâtard des Lannister qui, visiblement, était à bout de souffle. Visiblement, l’expression qui ceignait le visage du faux Dragon devait dénoncer à merveille toute l’incrédulité qui le prenait d’assaut, car, visiblement, le Lion noir se sentit dans l’obligation de justifier sa présence. Que… dire qu’il faisait du recrutement? Ça voulait dire que… qu’il acceptait enfin de joindre les rangs des Frères Jurés? Il était sérieux là? C’était… réellement une bonne idée. Il n’avait qu’à dire s’être endormi dans l’écurie, puis avoir été réveillé par Hill au petit matin pour ensuite s’acharner à nouveau pour tenter de le convaincre… ce qui aurait porté fruit. Ou quelque chose comme ça… Phoebe était un génie et lui sauvait foutrement la mise cette fois! Un sourire radieux apparut sur les lèvres fines du guerrier du Nord et il baissa la tête un instant, soucieux de ne pas paraître TROP heureux tout de même.

- Alors, tu as décidé de faire ton deuil des plages sudistes? Et de tes couilles, par le fait même, puisque tu prétends les perdre à cause du froid… Fit-il avec un sourire en coin. Tu es sûr de ton choix, Phoebe? Il n’y aura pas de retour en arrière dès que tu te seras enrôlé… les déserteurs ont une fin plutôt tragique, il faut que tu le saches. Mais je peux t’assurer que le sentiment d’accomplissement est immense. Et… tu pourras laisser tomber ce sobriquet débile de Dabobert. Ajouta-t-il en tirant une moue un peu boudeuse.

Laissant un instant de réflexion au Westerman avant que ce dernier ne prenne une réelle décision, le corbeau fit pivoter à nouveau son étalon, puis fit signe à son compagnon de le suivre.

- Alors bienvenue à Castle Black, Phoebe Hill. Déclara-t-il en s’avançant vers les grandes portes.

Les gardes de la Nuit, juchés tout en haut du grand mur de pierres foncées, l’observèrent un instant, puis lui ouvrir l’accès à la forteresse, reconnaissant rapidement leur frère d’armes retardataire. D’une cadence lente et régulière, le zomane fit progresser sa monture en sueur (par l’effort fourni) à travers l’entrée de l’immense mur de pierres et esquissa un nouveau sourire en direction de Hill qui venait de le rejoindre pour être à ses côtés. Pendant un bref regard, il détailla les traits réguliers du bâtard de l’Ouest, des souvenirs de leur nuit précédente lui revenant brusquement en tête. Il aurait du mal à voir la bouche de ce dernier d’un autre angle à l’avenir… Hum… Alors que Phoebe semblait se sentir dévisagé, le bâtard du Nord détourna le regard, ramenant son attention vers la cour intérieure qui s’étalait devant eux… et la foule de guerriers de la Nuit qui s’attroupait tranquillement.

- Merci de me gratifier d’une opportunité d’éviter les ennuis, souffla-t-il à son intention. Je te revaudrai ça.

- Snow! Mais bon sang, où étais-tu?! Tu parles d’une heure pour faire acte de présence!! Tonna la voix de Marcus qui se détachait du peloton pour venir à leur rencontre. Puis, il se figea, reconnaissant visiblement la tronche du bâtard des Lannister qui les avait assistés lors de leur passage dans les Westerlands. Monsieur Hill? Vous me voyez surpris de vous voir en ces lieux… La dernière fois que notre route s’est croisée, vous nous aviez bien fait comprendre votre manque d’intérêt pour notre humble communauté…

Snow jeta un regard à son compagnon du moment, lui laissant l’opportunité de répondre par lui-même aux propos énoncés par Marcus, puis décida simplement de compléter la discussion de son propre cru.

- Pour mon absence, j’en suis terriblement navré… la soirée a été bonne et la fatigue a eu raison de moi. C’est Monsieur Hill qui m’a réveillé depuis un amoncellement de pailles de l’écurie. Nous avons discuté et après un moment, il m’a fait part de son intention de se joindre à notre noble cause. Je n’ai pas vu le temps filer… Mais voilà, Monsieur Hill devra rencontrer notre Lord Commander afin de pouvoir discuter plus officiellement des modalités et officialiser son nouveau titre, ne crois-tu pas, Marcus?

L’homme qui l’avait accompagné lors de sa première mission de recrutement était trop stupéfait par ce retournement soudain de situation pour ajouter quoi que ce soit à l’intention de la bévue de Sullivan. La venue de Phoebe Hill à l’intérieur de ces murs était… une bonne nouvelle, il devait bien l’admettre! Redorer le blason d’un noble bâtard était exactement ce qu’il leur fallait pour faire connaître davantage leur ordre qui manquait cruellement d’effectifs. Une fois la surprise passée, Marcus reprit un air renfrogné et toisa le patrouilleur qui descendait maintenant de monture.

- Bien. On va laisser couler l’affaire pour cette fois. J’accompagnerai Monsieur Hill devant le Lord Commander. Mais pour avoir en frein le règlement, Snow, tu seras de corvée de nettoyage des cuisines et de la salle à manger, est-ce bien compris?

Sullivan tendit les rênes de sa monture au palefrenier qui était venu à leur rencontre, puis esquissa une moue boudeuse. Bordel… Ses frères d’armes bouffaient comme des porcs en plus! Il allait en avoir pour la journée! Malgré tout, il se contenta de marmonner un bref « Bien reçu » avant de jeter un regard en coin à Hill qui affichait un air indéchiffrable. Appréhendait-il la suite des procédures? Ou peut-être regrettait-il son choix d’avoir accepté de s’enrôler? Après tout… peut-être avait-il pris la décision sur un simple coup de tête? Mais le cas échéant, il se retrouvait avec de lourdes conséquences et responsabilités sur les épaules… Enfin. Au final, sa décision lui appartenait et Sulli ne pourrait rien empêcher une fois à ce stade. Bon… Mieux valait aller se rassasier pour ensuite se mettre au travail s’il voulait terminer sa corvée imposée avant que le soir ne tombe. Ainsi, le bâtard des Stark se retourna pour faire face à son amant de la veille et inclina de la tête en sa direction en guise de salutation, puis en fit de même avec Marcus avant de prendre congé, s’infiltrant dans la foule de Frères Jurés qui le questionna au passage…

********

Bon sang, ils s’étaient tous surpassés, surement pour le faire chier! Ça lui avait pris des heuuuuuuures à faire le ménage complet de la cuisine et à récurer la salle à manger! Sa cape et son manteau reposaient sur l’une des immenses tables en bois propre et les manches de sa tunique un peu humide couleur charbon étaient roulées jusqu’à ses coudes. Le feu dans l’antre du foyer n’aidait en rien sa cause, puisqu’il avait déjà très chaud sous l’effort. S’appuyant sur sa serpillière, Snow s’octroya quelques secondes de répit, passant une main dans sa chevelure immaculée qu’il ramena vers l’arrière. Il lui suffisait de terminer de nettoyer le plancher de pierres et il aurait enfin terminé. Ses comparses étaient réellement des souillons lorsqu’ils le voulaient et il ne comptait plus le nombre de restes de table qu’il avait dû jeter dans une chaudière qui serait destinée aux cochons. Bon sang, tant de gaspillage alors que les ressources étaient déjà un brin limité… Pffff…

Snow essuya son front du revers de son avant-bras, puis reprit sa besogne, plongeant sa serpillière dans une chaudière d’eau grisâtre qu’il avait déjà changée trois fois. Il continua de nettoyer le sol dans de grands mouvements et les bruits de succion typiques aux moppes trempées l’empêchèrent de bien entendre les bruits de pas qui se rapprochaient. Un raclement de gorge le prit par surprise, le poussant à lever la tête vers l’embrasure de la porte pour y voir un Hill à l’air franchement moqueur. À voir les fringues qu’il portait dorénavant, tout indiquait sa nouvelle appartenance à la Garde de la Nuit. Snow s’appuya à nouveau sur le manche de sa serpillière et observa son visiteur avant de se composer un air presque détaché.

- Comme on a fière allure, Monsieur Hill! Déclara-t-il enfin. Alors c’est officiel? Tu viens gonfler nos rangs? J’espère que ça me vaudra un bon mot auprès du Lord Commander. Et tu es venu faire quoi? Te pavaner pour me montrer tes nouvelles fringues? Ou casser la croûte? Je t’informe tout de suite : si tel est le cas, tu as intérêt à ne rien jeter par terre, sinon je hurle.

Sa remarque sembla amuser le jeune homme et Snow recommença sa besogne, réalisant qu’il lui restait un peu moins que la moitié de la pièce à faire.

- Ils se sont sérieusement donné à fond. Après que notre route se soit séparée, j’ai bouffé un peu pour me remettre d’aplomb, puis je me suis mis au travail… et tu vois, je termine bientôt. Dire que tout ça sera foutu dès demain matin… C’est presque déprimant. Mais ça aurait pu être pire : j’aurais pu être coincé pour récurer les bains… Et ça, c’est l’une des pires besognes. Il fit mine de frissonner de dégoût, puis releva son regard glacial sur son comparse. La nouvelle ira assurément jusqu’aux oreilles de Lord Lannister… Tu le sais ça, pas vrai? Heureusement, il ne pourra rien contre toi ici, mais malgré tout… Bref.

Phoebe Hill

avatar
Recrue / Bâtard Lannister
Voir le profil de l'utilisateur
Ven 7 Juil - 21:21
En fait, c’était probablement le plan le plus à chier qu’il avait monté de toute sa vie, l’idée la plus idiote qu’il eut jamais eu! Dans quoi est-ce qu’il était en train de s’embarquer? Ruiner sa vie, juste pour les beaux yeux de… pour les yeux captivants de… pour ce regard qui lui coupait littéralement le souffle? Ah, ce qu’il pouvait être imbécile parfois! Est-ce qu’il lui était déjà arrivé dans la vie de penser avec sa petite tête avant d’agir? Non, Phoebe avait toujours été plutôt impulsif, mais là, il s’enrôlait dans la merde, jusqu’au coup, pour une aventure d’un soir, alors qu’il rêvait réellement des plages du sud. Toutefois, ses doutes s’envolèrent lorsqu’il perçu, malgré la tentative de Sullivan de le cacher, le sourire ravi de celui-ci. Ce n’était pas la victoire d’avoir réussi à le convaincre de rejoindre la Garde de nuit, la gloire que ça lui apporterait… Parce qu’il n’avait pas vraiment réussi, pas vrai? Cette idée de con, c’était tout Hill, tout seul. Le sourire, c’était de l’avoir lui, rien d’autre, le mouton noir en était convaincu, même s’il avait encore du mal à assimiler l’information.

S’il était prêt à faire son deuil? Franchement, non, vraiment pas, en réalité son esprit pesait encore le pour et le contre de ficher immédiatement le camp, descendre la route royale jusqu’à l’autre bout du continent, ficher le camp par le premier bateau vers les Summer Islands… Sauf que là-bas, il n’y aurait pas Sullivan… Quoi qu’il pouvait toujours l’enlever et l’emmener avec lui, là où personne ne pourrait le lui enlever? MAIS À QUOI EST-CE QU’IL PENSAIT? Pourquoi est-ce qu’il se faisait ça? Ce n’était pas parce que Snow ne l’avait pas repoussé ce matin qu’il… et puis, même Phoebe, franchement, n’était pas encore certain de ce qu’il ressentait. Tout cela devenait trop ridicule, trop impulsif, trop… lui-même, finalement.

-Il a fait moins froid que je ne le craignais, cette nuit… sous-entendit-il tout de même, chassant de sa tête la notion qu’ils… étaient toujours en été… brrr…

Eh ben, franchement Snow, si tu ne veux pas que Hill reste au mur, c’est exactement le genre de discours à tenir! Comment il avait fait pour réussir à recruter des gens, même en tôle, bon sens? Le portrait qu’il dressait de la Garde de Nuit aurait dû refroidir les ardeurs de Phoebe, mais celui-ci ne réussit qu’à sourire bêtement en reluquant Sullivan. Non, il n’allait pas se dégonfler si tôt, pas sans avoir essayé… Et il n’était pas question de l’ordre!

-Hey! Ne l’écoute pas Dago, c’est un méchant lui, il ne sait pas de quoi il parle. Il n’est pas ridicule ton nom! grommela-t-il en plaquant ses mains sur les oreilles de son étalon, comme pour protéger la pureté d’un enfant.

Malgré tout, Phoebe ne se départir pas de son sourire, entrant à la suite de Sullivan à Castle Black. Leur entrée fut plutôt remarquée, évidemment, le blondinet parce qu’il était probablement fichtrement attendu… et le noiraud justement parce qu’il ne l’était pas! Hill se fendit d’un sourire moqueur alors que Snow le remerciait une seconde fois dans la même journée de lui sauver les fesses.

-Ça fait deux dettes en un jour, tâche de ne pas en faire une habitude… marmonna-t-il en lui lançant une œillade de circonstance, espérant malgré lui qu’il ait la même idée que lui sur la façon de lui redevoir ça…

Ça n’a pas pris de temps avant que Marcus débarque, seul visage dans la foulée familière au westerman. Celui-ci commença à gronder Sullivan, avant de remarquer Phoebe, qui ne put que noter la surprise du recruteur. Le jeune homme haussa les épaules, n’ayant effectivement pas été de main morte pour souligner son manque d’aspiration à s’enrôler chez les corbeaux, la dernière fois qu’ils s’étaient vus. Et franchement, même en cet instant précis, alors qu’un retour en arrière était presque impossible… Hill n’était pas vraiment encore décidé. Ou presque.

-Il n'y a que les idiots qui ne changent pas d’avis, non? lâcha-t-il avec beaucoup plus d’assurance qu’il n’en ressentait vraiment.

Heureusement, Sullivan vint donner des explications, puisque Phoebe n’avait pas envie de se lancer sur cette piste glissante… Il risquait de se planter dans les fleurs du tapis, les détails de son plan n’étaient pas trop peaufinés… Quel plan? Il avait couru après un amant qu’il désirait avec beaucoup trop d’ardeur, il n’avait pas PENSÉ! En tout cas, Snow, lui, savait quoi dire, raconta, avec quelques détournements de la réalité, ce qui s’était passé, et essaya de tourner l’attention de la conversation sur le processus de recrutement de la nouvelle recrue plutôt que sur son écart de conduite. Bien sûr, cela avait passablement calmé l’humeur de Marcus, qui décida de laisser tomber la bévue du patrouilleur et proposa au westerman de l’emmener rencontrer le Lord Commander, non sans signaler au blondinet qu’il était puni et de corvées. Bon, c’était mieux que la tête tranchée hein? D’ailleurs, Sullivan ne se le fit pas dire deux fois, s’empressant de ficher le camp, au grand désarrois de Phoebe… Ouais, évidemment, il aurait dû y penser qu’il ne passerait pas ses journées collées aux basques de ce petit dragon, aussi suivit-il sagement le recruteur à l’intérieur du château, non sans jeter de nombreuses œillades en direction de son amant de la veille, aussi longtemps qu’il le pu.

strip

Le plus dur, ça avait été d’avoir l’air honnête devant le Commandant de la Garde de nuit, lorsque celui-ci lui avait demandé qu’est-ce qui l’avait décidé à rejoindre l’organisation. Phoebe ne pouvait tout de même pas lui raconter que c’était juste pour le cul de Sullivan… Et franchement, dans sa tête, il ne voyait pas particulièrement d’autres raisons, même s’il avait honte de se l’avouer. Enfin, au travers de ses mensonges, inspirés des discours de Snow sur les «aventures incroyables et la liberté», Hill avait parsemé son histoire de poussières de vérité sur sa vie dans les Westerland, sa discrimination en tant que bâtard… et homosexuel. Le dirigeant des corbeaux n’avait pas tiqué. Il était hors de question de commencer cette nouvelle vie sur les bases du secret, et le bâtard Lannister ne tenait pas à cacher son orientation : il ne l’avait jamais fait et n’était pas prêt à commencer cela, même s’il s’était abstenu au Gift. Évidemment, il demanda à son supérieur de tenir cette information confidentielle au début, le temps qu’il se fasse à ses nouveaux collègues, et qu’il ne devienne pas trop vite la cible des railleries et de l’intimidation. Avec un peu de chance, il aurait assez d’amis le jour où la vérité sortirait pour pouvoir couvrir ses arrières.

La suite se déroula beaucoup trop vite pour l’esprit de Phoebe, qui n’absorba que la moitié des informations qu’on lui donnait, sa tête se trouvant à quelques kilomètres de son corps : dans sa chambre, dont il n’avait profité qu’une nuit, au dessus de l’écurie de ce bordel de Mole’s Town… Le bâtard Lannister mangea en compagnie du Lord Commander pendant que celui-ci lui expliquait comment fonctionnerait son entraînement, quelles étaient les étapes à partir de maintenant, et lui fit visiter les lieux, comme s’il était un invité de marque. Hill grinça des dents à plusieurs reprises et fini par corriger son supérieur, irrité de se faire appeler Lord à tout bout de champs. Son ton, un peu sec, lui attira un regard froid, mais au moins son nom commença à être utilisé, comme il le voulait. Enfin, il fut libéré pour le reste de la soirée, il pouvait faire ce que bon lui semblait, l’entraînement commencerait à l’aube. Ainsi, le westerman fut laissé à ses quartiers, où des uniformes noirs l’attendaient déjà. En soupirant, il songea que son frère se marrerait bien de le voir enfiler le noir, au sens propre du terme, mais au final… cette couleur lui allait à merveille!

Oh, il n’affichait clairement pas son air le plus séduisant, là, à récurer le plancher, les cheveux collés sur son front par la sueur… et pourtant, Phoebe eut un drôle de chatouillement dans l’estomac lorsqu’il débarqua dans la salle à manger. On la lui avait fait visiter tout à l’heure, mais il n’avait pas aperçue Sullivan à ce moment-là, dans la foule de Frères jurés qui mangeaient bruyamment. Il n’avait pas encore fini de nettoyer, le pauvre? C’était une sacrée punition qu’on lui avait refilé là… Enfin, toujours bien mieux que la fin tragique dont s’était servi Snow pour le convaincre de rejoindre leurs rangs… Hill passa un moment à le regarder, puisqu’il avait le dos tourné à la porte (  strip ), essayant d’analyser se qu’il ressentait, comprendre pourquoi celui-là, parmi tant d’autres amants dans sa vie, avait réussi à autant le chambouler et choisir pour lui un nouvel avenir sur lequel il crachait quelques semaines auparavant… Mais tout ce qu’il parvint à faire, s’était envisager des scènes torrides qu’il était mieux de taire avant que son corps ne s’éveille, et il décida donc s’attirer son attention en se raclant la gorge pour cesser sa contemplation perverse.

-Le noir a toujours été ma couleur… se moqua-t-il en s’ébourrifant les cheveux, si contraires à ceux de son sang Lannister, et en tournant sur lui-même, comme dans un défilé, pour que Sullivan puisse le contempler. Pas mal, hein? Au moins, là dedans, j’aurai moins froid que dans mes fringues, quoi que mon veston risque de me manquer.

Sans se départir de son attitude arrogante habituelle, parce que c’était sa seule façon de garder contenance et s’empêcher de fondre devant les yeux de glace de son amant de la veille, Phoebe se laissa tomber sur l’une des chaises de la salle à manger, essayant de se donner un air décontracté. Franchement, il n’avait pas faim, et pas seulement parce qu’il avait déjà mangé, mais plutôt parce qu’il avait l’estomac tordu.

-En tout cas, pour l’instant ils ne m’ont pas encore fichu à la porte, j’imagine que ça dépendra de ma performance à l’entraînement demain. Les faibles, ils les mangent pour souper ou les envoient servir d’appâts aux sauvageons? s’amusa-t-il, comme s’il ne savait pas qu’ils finissaient plutôt par servir d’intendants ou de bâtisseurs. Je pense qu’ils s’imaginent tous que tu t’ai envoyé en l’air toute la nuit et veulent te le faire payer… Oh, wait… C’est un peu ça. Enfin, tu veux un coup de main? Puisque j’en suis en partie responsable?

Sans attendre la réponse de Sullivan, Phoebe se releva pour arracher la serpillère des mains de Snow, résistant à ses protestations. Après tout, il avait presque terminé, quelques petites minutes d’efforts encore et ce serait terminé.

-Mais va donc t’asseoir merde, tu t’ai pas vu la gueule hein? Tu fais peur à voir, t’as l’air crevé. Et puis, comme ça, après, tu m’en devras trois, hein? se moqua-t-il en référence aux deux fois où il lui avait déjà démontré sa gratitude dans la même journée. Évidemment, que je sais que mon père l’apprendra, et j’imagine déjà sa tête d’ici. Tu sais, il m’avait donné le choix quand même, ce n’est pas un si grand connard : me marier, le Mur, ou «un triste accident» qui me coûterait la vie. Il va être fier le vieux, peut-être même penser que c’est lui qui a réussi à me convaincre.

Phoebe tira un sourire amusé entre deux coups de serpillères sur le plancher presque plus crasseux mais quand même peu ragoûtant. À vrai dire, il adorerait vraiment être là au moment où Lord Lannister découvrirait que son bâtard a pris le noir, sa gueule vaudrait plus que tout l’or de Casterly Rock. Oh, et ça, c’était rien en se qui concernait son tendre Aaron, dit Ronron, son frère adoré. Mais ce ne serait pas possible, il serait toujours au mur, à des kilomètres de là, lorsque la nouvelle se rendrait dans les Westerlands.

-Hey, je vais faire la fierté du Lion d’or, bien malgré moi. Tu réalises que c’est ce que j’ai cherché à éviter toute ma vie hein? Et je flanche pour… ta belle gueule. Ça ne m’aura pas pris grand-chose. marmonna-t-il en s’arrêtant deux secondes pour s’éponger le front.

Bon sang, il avait déjà chaud, et pourtant il faisait un froid de canard. Bientôt, Phoebe balança son manteau sur l’une des tables, avant de continuer la besogne de son ami. En parlant, il s’assura de tourner le dos à Sullivan, parce qu’il se doutait d’être incapable de lui faire part clairement du fond de sa pensé s’il plongeait sans son regard de dragon, et de toute façon, il n’était plus capable de soutenir son masque de fanfaron.

-Écoutes, je sais que tu n’as pas envie de parler de ça maintenant, et je vais attendre que tu aie eu le temps d’y penser, mais… Je voulais au moins que tu saches que je ne sais même pas pourquoi j’ai fait ça, ça m’a pris d’un coup et je ne comprends pas plus que toi. Je n’ai jamais vraiment su où je voulais aller, tu sais, je fanfaronnais beaucoup avec mon histoire des Summer Islands, mais je t’avoue que je n’avais pas vraiment de plan. Pas de vraie destination, enfin géographique oui, mais pas pour ma vie. Ce n’est pas une vie, fuir la colère du Lion. Et même en ce moment, je ne sais pas quelle destination je veux atteindre.

Phoebe cessa de frotter le plancher pour se passer une main dans ses longs cheveux légèrement bleutés, envoyant les mèches de sa crête à l’arrière parce que ça commençait à lui coller au visage. Il allait devoir corriger ça, aussi, pas question de garder la tête à moitié rasée s’il comptait rester au North, parce que, à défaut de perdre ses couilles, il allait certainement sacrifier ses oreilles!

-Mais… si ça te dit… et qu’on a la même destination en tête… Peut-être qu’on pourrait faire un bout de chemin ensemble? En tout cas, si tu as envie de m’avoir sur ta route?


Sullivan Snow

avatar
Patrouilleur / Bâtard Targaryen / Zoman
Voir le profil de l'utilisateur
Mar 11 Juil - 15:51
Lui donner sa serpillière? Il plaisantait, pas vrai? Ce n’était pas à lui de terminer cette foutue besogne et puis, il était sur le point de voir enfin la lumière au bout du tunnel. Franchement, il pouvait finir ça tout seul. Malgré ses protestations ouvertes, Phoebe s’approcha et lui arracha le bâton de bois des mains avant de le sommer d’aller s’asseoir. Selon lui, il arborait une mine affreuse. Ah? À ce point? Levant le bras, le jeune homme essuya son front du revers de la manche roulée de sa tunique sombre, puis esquissa une moue légèrement boudeuse alors qu’il allait s’installer sur un banc qui était attribué à une longue table à manger. Face à Phoebe, Sullivan faisait dos au meuble et appuya ses coudes sur la surface rigide du bois. Il écouta attentivement les propos de son nouveau frère d’armes et afficha un air songeur alors que ce dernier parlait de son paternel. Certes, l’éventail de choix que ce dernier avait étalé sous le nez de son fils était plutôt limité, il fallait bien l’admettre. Toutefois, était-ce si horrible l’idée même de redorer son nom aux yeux de son paternel? Enfin, il fallait dire que Snow ne connaissait absolument pas Lord Lannister, donc il avait du mal à s’imaginer tout le mal que ça pouvait causer.

Dans tous les cas, Phoebe exécrait l’idée de faire plaisir à son géniteur, ça crevait les yeux. Mais bon, le bâtard de l’ouest avait surement de bonnes raisons d’agir de la sorte. Qui était-il pour le juger? N’était-il pas un indésirable lui-même? Il n’avait même pas de père, alors bon… il pouvait bien garder ses petites idées préconçues pour lui-même, hein. Fidèle à lui-même, Hill esquissa un air fanfaron, puis continua la besogne préalablement entamée par Snow, retirant rapidement son lourd manteau et sa cape couleur corbeau sous la chaleur découlant de l’effort physique. Le jeune Lion noir continua sur sa lancée contre son paternel, puis laissa échapper des propos qui surprirent un peu Sullivan malgré lui. Il… avait uniquement accepté de s’enrôler à cause de lui? Enfin… il fallait visiblement être naïf pour ne pas saisir entièrement cette notion, mais s’en douter était une chose, en avoir la confirmation verbale en était une autre. Tout ça à cause… d’une simple soirée en sa présence? Il ne savait pas tellement où se situer devant une telle déclaration, pour dire vrai. Ce qui s’était passé la veille ne voulait rien dire et pourtant… Il avait foutrement envie de remettre ça, là, maintenant. Ah merde, il devait faire fermer cette foutue voix dans sa tête! Ce n’était pas le moment et encore moins le lieu! N’importe qui pouvait arriver à tout moment, merde. Et puis, n’avait-il pas dit qu’il avait besoin d’un moment pour réfléchir?

Phoebe s’épongea le front à l’instar de Sullivan un peu plus tôt, puis continua sa besogne, se retournant dans le processus. Après un léger silence, il continua sur sa lancée. Il prétexta comprendre qu’il avait besoin de temps, mais se fit un point d’honneur à expliquer… l’inexplicable? Le Westerman ne comprenait pas ce qui s’était passé et était visiblement surpris, lui-même, de sa propre décision à vouloir s’aventurer à Castle Black. Il ajouta ne jamais avoir su ce qu’il désirait réellement ou même la destination vers laquelle il allait réellement se tourner. Enfin… hormis le fait que son idéal était clairement dirigé vers le sud. Et malgré le fait qu’il venait de s’enrôler dans les rangs des Frères Jurés, Phoebe déclarait ne pas réellement savoir ce qu’il attendait réellement de la vie. Hmmm c’était une question qui resterait probablement sans réponse, puisque bon, personne ne pouvait réellement se projeter dans le futur… Pas vrai? Sullivan écouta les propos de son amant de la veille avec un air songeur, ne sachant pas trop quoi répondre à ça. En fait… qu’y avait-il réellement à dire? Phoebe (et lui-même en fait) avait besoin de faire le point dans son esprit pour savoir où il en était. C’était assez évident.

Hill continua sa tâche, puis s’arrêta un moment, passant une main un peu embêtée dans la partie plus longue de sa tignasse, envoyant ses cheveux aux reflets bleutés vers l’arrière. Sous le silence évident du bâtard du nord, ce dernier lui posa quelques questions qui n’avaient pas fini de le surprendre. Faire… faire un bout de chemin ensemble? Il… Il ne savait pas quoi répondre à ça. Assurément, il n’allait pas commencer maintenant à mépriser le Lion noir et encore moins à l’ignorer. Il le considérait même déjà comme un ami, mais… de là à lui promettre qu’ils se fréquenteraient intimement (voir affectueusement) pendant un moment? Il ne savait pas… En fait, il n’avait aucune idée quoi penser de tout ça. Il n’était pas prêt à assumer quelque chose d’aussi gros, il devait bien l’admettre… mais en même temps… Il avait du mal à ignorer l’attirance grandissante qu’il éprouvait à l’égard de son nouveau comparse corbeau.

Snow détourna le regard et se passa à son tour une main dans sa chevelure immaculée, ramenant ses mèches rebelles et encore un peu humides vers l’arrière de sa tête. Que pouvait-il dire? Il était inimaginable qu’il fasse une promesse qu’il n’était pas sûr de pouvoir tenir! En même temps, la curiosité le poussait à voir jusqu’où tout ça pouvait aller.

- Je ne sais pas ce que je veux, Phoebe, répondit-il. Tout est compliqué. Tout se bouscule dans ma tête. Mille et une pensées, mille et une interrogations. Je comprends à peine qu’il y a des facettes de moi que je ne connais pas. Que je dois éclaircir avant tout. Assurément, je n’éviterai pas de croiser ta route. Ce serait idiot et puéril. Mais est-ce que je suis prêt à m’engager avec toi? Je ne crois pas. Je dois commencer par me connaître pour savoir ce que je cherche vraiment… Tu comprends?

Le jeune homme d’ordinaire fanfaron restait dos à lui, sa serpillière étant immobile devant lui. Était-il en train de réfléchir? Ou était-il bouleversé par ses propos? Honnêtement, Sullivan se doutait que Hill en pinçait ouvertement pour lui, il ne savait juste pas si tout ça était réciproque ou non. Il avait besoin de temps pour élucider ce mystère qui sommeillait en lui. Le Northman se releva, puis s’avança en direction de son ami, appelant ce dernier par son prénom dans le but évident de le pousser à pivoter sur lui-même, sans succès. Au bout de quelques secondes, le zomane contourna Phoebe pour lui faire face et dut finalement glisser une main sous son menton pour l’inciter à lever le regard vers lui.

- Écoute, je me doute bien que ma réponse n’est peut-être pas celle que tu espérais, mais… j’ai simplement besoin de temps. Pouvons-nous être amis pour le moment? Ce serait déjà un bon début, pas vrai?

Malgré ses propos remplis de sagesse, Sullivan n’avait pu s’empêcher d’amenuiser la distance entre eux alors que ses doigts étaient toujours logés contre la mâchoire de son interlocuteur. Hum… En termes de messages contradictoires, il devait remporter la palme en ce moment. Réalisant enfin l’ambiguïté de la situation, Snow esquissa un pauvre sourire, puis retira ses doigts avant de se reculer d’un pas. Il enfourna les mains dans ses poches et eut un léger air navré. Enfin, il ne voulait pas non plus torturer Hill.

- Ouais, bon… Pardon. Je prends la peine de dire que je veux du temps et… Bref. Évidemment, c’était peut-être pour détendre l’atmosphère (surtout parce que c’était assurément plus fort que lui), mais Phoebe se contenta de lui balancer une autre de ses blagues salaces qui l’amusa bien malgré lui. Ouais, bah visiblement, ton physique n’a rien à voir avec mon besoin de réfléchir. Sinon… il ne serait rien passé hier soir. Et puis, tu peux bien parler, tu aimerais trop que ce soit moi qui te renverse sur l’une de ces tables, espèce de pervers. De toute façon, les risques sont trop grands, tu le sais autant que moi. Mais passons. Le soleil est couché depuis un moment, je crève la dalle et la besogne est visiblement terminée – merci à toi. T’as envie de casser la croûte? Ajouta-t-il avec un sourire en coin en direction de Hill. Non, on ne bouffe pas ici! La salle à manger est impeccable pour une fois et je n’ai pas envie de venir anéantir des heures de travail! On pourrait simplement passer à la cuisine, juste à côté. Là où se trouve le garde-manger de toute façon…

Phoebe ne semblait pas rechigner à cette idée, alors le Northman agrippa la serpillière et la chaudière pleine d’eau sale, puis traversa l’immense pièce d’un pas régulier, son compagnon sur les talons. D’un bref mouvement de la jambe, il ouvrit la porte qui leur barrait la route, puis s’engouffra dans une petite pièce en pierres où trônait une ambiance agréable. Le four à bois crépitait encore de quelques braises et une grande table de préparation se trouvait au centre de la pièce. Plusieurs étagères longeaient les murs, garnis d’ustensiles et de vaisselles propres. Juste derrière eux se trouvaient plusieurs tablettes fixées à même la paroi de pierres où trônaient une multitude de miches de pain. Tout au fond de la pièce, sur leur droite, se trouvait une porte en bois fermée qui menait directement au garde-manger qui, lui, recelait de victuailles : charcuteries, fromages, légumes racines, galettes d’avoine, etc.

Sullivan déposa la serpillière dans un coin, près des vestiges du feu, puis s’approcha de la seule fenêtre des lieux. Il ouvrit les carreaux de cette dernière, le temps de jeter l’eau usée à l’extérieur, puis referma le tout avant de déposer le contenant vide près la moppe détrempée. Snow se retourna vers une immense caisse, puis sortit deux petites bûches qu’il jeta sans ménagement dans les braises du four. Il se tourna ensuite pour plonger deux petites chopines en terre cuite dans un baril d’eau fraîche et en tendit une à Hill.

- Après la cuite d’hier soir… je pense rester plus sage niveau consommation… Fit-il avec une légère moue avant d’avaler quelques lampées d’eau. Bon! Qu’avons-nous là! Je meurs de faim! Tu peux prendre un couteau derrière toi? Il y a aussi un pot de beurre juste à ta droite.

Le bâtard des Stark déposa sa chopine sur la surface de la table centrale, puis se retourna pour agripper une miche de pain derrière lui qu’il déposa entre lui et Phoebe. Il laissa le luxe au fils illégitime des Lannister de s’occuper de cet aliment croustillant pendant que lui-même se détourna pour se diriger vers la porte du fond qu’il ouvrit en un grincement. Dans un mouvement fluide, Sulli agrippa une lanterne à l’huile qui se trouvait à sa gauche, puis s’aventura dans la pièce fraîche où trônait l’essentiel de la nourriture. Sans hésitation, il referma la main sur un morceau de cheddar, puis scruta les charcuteries. Il y avait pas mal de choix, c’était surprenant!

- T’as envie de quoi? S’écria-t-il pour que son ami l’entende depuis l’autre pièce. Du jambon ou du saucisson? Hmmm… Ouais, il est assez gros le saucisson quand même, c’est surprenant… Pourquoi tu veux savoir ça? À entendre Phoebe pouffer de rire depuis l’autre pièce, le zomane comprit rapidement l’allusion idiote que ce dernier venait de faire. Putain, t’es pervers quand tu veux! Ajouta-t-il avec une moue… avant de sourire, un peu malicieusement. Bon bah je vais prendre du jambon, parce que visiblement, le saucisson sera beaucoup trop gros pour toi.

Ahahaha! Et voilà que Hill râlait depuis la cuisine. Bon, si le jambon ne lui tentait pas… Tenant la poignée de la lanterne et le cheddar d’une main, Snow agrippa le saucisson en question de l’autre, puis s’approcha de l’entrée du garde-manger… avant de s’arrêter net. Un sourire crétin au visage, il sortit son bras (tenant la charcuterie) en premier et brandit son « arme improvisée » qui ondula grossièrement sous les yeux de son compagnon qu’il put entendre pouffer. Bah au moins, ils s’amusaient tous les deux! Finalement, le Frère Juré immaculé sortit de la petite pièce et s’approcha de la grande table en bois massif, un sourire amusé aux lèvres. Il déposa la lanterne près de Phoebe, puis alla s’installer face à lui. Le fromage alla rejoindre la miche de pain et Snow fit claquer la saucisse immense sans ménagement directement sur le comptoir dans un geste sans équivoque. Il se mit à rire à son tour avant de secouer doucement la tête, un peu exaspéré.

- Quelle vulgarité, Hill! Tu me fais pitié! Ton imagination n’a donc aucune limite? Railla-t-il alors qu’il agrippait un morceau de pain qu’il tartina de beurre avant d’enfourner le tout dans sa bouche. Il mastiqua sa bouchée avec appétit et observa Hill qui se servit à son tour. Est-ce que ça te fait peur? Enfin, de t’être enrôlé parmi nous, je veux dire. Tu m’as déjà dit que tu savais à peine te battre. Évidemment, tu seras entraîné, tout comme moi. Mais si t’aventurer au-delà du Mur te rebute, alors pas besoin d’y aller. On t’a surement déjà parlé de ça, mais une fois ta formation terminée, tu pourras choisir d’être Intendant ou Ingénieur si tu le souhaites. Ça t’évitera de trop te les geler dans les territoires sauvages. Il esquissa un sourire amusé. Au moins, Hill pouvait choisir la moins pire des options, selon ses réelles envies. Pour ma part? Je suis Patrouilleur. Je pars souvent en mission et j’aime être en première ligne… Alors c’était tout indiqué pour moi. Mais si risquer ta vie ne fait pas partie de tes souhaits, alors je te le déconseille fortement.

Sullivan tendit la main vers le saucisson et coupa un bout de ce dernier, portant la rondelle de viande séchée à sa bouche. Bon sang, c’était excellent! Ça venait d’où cette charcuterie? King’s Landing et les environs? Winterfell, peut-être? Pourquoi en voyait-il si peu aux repas?

- Tu veux autre chose? Demanda-t-il. Y a des légumes à l’arrière si tu le souhaites, des noix et quelques fruits séchés également… Peut-être que je me trompe, mais je crois que la nourriture vient des Crownlands... Ou alors je suis complètement à côté de la plaque.

Malgré tout, Snow espérait que son ami allait trouver son compte à Castle Black. Si c’était touchant de savoir que ce dernier s’était enrôlé à cause de lui, il n’en serait pas moins malaisé si Hill devait y être des plus malheureux!

Phoebe Hill

avatar
Recrue / Bâtard Lannister
Voir le profil de l'utilisateur
Mer 12 Juil - 20:52
Ok, il n’aurait vraiment pas du dire ça. Quel imbécile quand même! Pas capable d’attendre vingt-quatre heures après qu’un mec lui ait dit avoir besoin de réfléchir, que déjà il parle trop. Ça toujours été son pire défaut, sa grande gueule impossible à retenir. Même s’il ne s’était pas vraiment attendu à ce que Sullivan réagisse, Phoebe trouva terriblement long le silence qui suivi son discours, terriblement lourd aussi. Et acéré. Même si ce calme n’avait duré qu’une poignée de secondes, Hill avait eu l’impression qu’il s’était étiré sur l’éternité toute entière, et au moment où Snow commença à lui dire qu’il ne savait pas ce qu’il voulait, le mouton noir s’empressa de l’interrompre… Parce que maintenant il avait la trouille d’obtenir sa réponse et aurait préféré changer de sujet, bien franchement.

-T’as pas à répondre maintenant, ou même jamais si t’en as pas envie, lui lâcha-t-il sans que cela n’arrête toutefois la lancée de Sullivan, maintenant qu’il avait eu le temps de trouver sa réponse.

Et honnêtement… il aurait peut-être aimé mieux ne pas l’entendre. Évidemment qu’il comprenait ce que c’était d’avoir besoin de se connaître et se chercher vraiment, Phoebe était toujours à cette étape, mais c’était surtout le «Je ne crois pas» qui se répétait inlassablement dans la tête du bâtard Lannister, dans une espèce d’écho insupportable. C’aurait été plus facile à supporter le silence, finalement. Mais enfin, à quoi avait-il pensé en se lançant aussi rapidement dans de telles déclarations, l’imbécile? À RIEN! Il ne pensait jamais, ce Hill, réfléchissant à ses propos seulement lorsqu’ils s’étaient déjà envolés de sa bouche. Le pire, c’était que la façon que Sullivan avait de présenter la chose ne laissait pas vraiment croire à un non définitif, et pourtant c’était tout ce que le westerman gardait en tête : qu’il avait tout fait raté de ne pas avoir été capable d’attendre avant de se jeter à l’eau, d’avoir voulu mettre ses cartes sur la table, même si celle-ci n’était même pas prête à être dressée! Alors, plutôt, il les avait jetées par terre, les avait piétiné, puis avait craché dessus, les réduisant à des espoirs futiles.

Phoebe avait cessé d’astiquer le plancher, mais il ne s’en était pas rendu compte, pas plus qu’il n’avait entendu son nom ni pris conscience de Sullivan qui le contournait pour lui faire face. *J’ai compris, n’en fait pas toute une histoire, maintenant je veux juste disparaître sous terre s’il-te-plait* songea-t-il amèrement lorsque la main de son amant de la veille le força à lever la tête vers lui. *Vas-y, torture moi, oblige moi à regarder la honte en face, comme le faisait si bien Aaron. * Comment faire en sorte d’étouffer son désir lorsqu’il croisait son regard si particulier ? Hill écoutait désormais à peine les propos de Snow, dans un état frôlant l’inconscience, il ne perçu que le mot «ami» et l’intonation interrogative. Le bâtard Lannister avala difficilement sa salive, comme si sa gorge était soudainement dix fois plus étroite, et ouvrit la bouche pour parler, avant de la refermer aussitôt. Tant qu’à dire une autre bêtise, aussi bien se taire. Pendant un instant, le northman s’était rapproché, et avec sa main toujours sur la mâchoire du westerman, celui-ci cru un instant qu’il allait l’embrasser, et son cœur parti en débandade. Seulement, la magie fut rapidement brisée, alors que Sullivan se rendait compte de son manque de constance.

-Pourquoi tu résiste encore, je sais que tu as juste envie de me sauter dessus, pervers, lâcha-t-il en essayant de mettre une intonation moqueuse dans sa voix pour donner l’impression qu’il n’était pas complètement dévasté, mais il était à moitié sérieux.

Sullivan eut au moins la délicatesse de rire et avouer que si c’était juste une question de physique, il n’aurait pas besoin de réfléchir. Phoebe préféra ignorer ce que cela signifiait, trop d’importance accordée à ces propos risquait de le perdre, alors il se senti libéré que Snow enchaîne immédiatement pour lui renvoyer sa boutade. Hill haussa les sourcils et les épaules simultanément, dans une attitude qui laissait comprendre «Bah ouais, évidemment», juste comme le blondinet s’organisait pour les diriger autre part en lui annonçant qu’il avait faim. Franchement, vu comment sa gorge protestait présentement juste à avaler sa salive, Phoebe doutait d’être capable de manger quoi que ce soit, mais il profita tout de même de l’occasion pour quitter cette salle à manger où régnait un lourd malaise et pris à grande vitesse la porte (figurée) que lui ouvrait Sullivan pour se sortir de cette situation dans laquelle il s’était embourbé.

Le northman s’occupa de débarrasser le matériel de nettoyage alors que Hill récupérait son manteau, suivant son ami sur les talons. Son ami… Phoebe chassa ses pensées moroses d’un geste de la tête, entrant dans la chaleureuse petite cuisine toute de pierres où Sullivan s’empressait déjà de débarrasser ses eaux usées lui-même et ranimer le feu, avant de leur sortir de l’eau pour boire, spécifiant qu’ils étaient mieux de rester plus sages sur leur consommation contrairement à la veille. Le westerman se retint in extremis d’avouer qu’il le préférait saoul, songeant qu’il valait mieux ne pas tourner le fer dans la plaie (la sienne) et obéis lorsque le blondinet lui demanda de prendre un couteau, avant de lui filer une miche de pain sous le nez et partir vers ce qui semblait être un garde-manger. Pendant un instant excessivement ridicule, Phoebe resta immobile, le couteau en l’air, à regarder sa miche comme si elle allait se couper toute seule. Même après avoir vu Sullivan se débrouiller tout seul en cuisine, le lien ne s’était pas encore fait dans son esprit qu’il n’y avait pas de domestiques pour s’occuper de lui. Une petite voix nasillarde, très loin dans son esprit, lui demanda s’il avait déjà… coupé du pain? Non, évidemment, les nobles engouffrent, ils ne préparent rien. Il se sentait tellement stupide, là, l’ustensile à la main à fixer le pain chaud. Il devait couper en tranches droits ou obliques? Bon sens! Il avait vu les deux, non? Et puis, c’était mieux mince ou bien épais? Qu’est-ce qu’une bonne épaisseur de tranches? COMMENT EST-CE QU’UN FICHU PAIN POUVAIT LE RETOURNER AUTANT?!

-Heuuu… ça dépend? Il est bien gros ton saucisson? demanda Phoebe pour essayer de masquer son trouble. Heureusement, le nez fourré derrière la porte, Sullivan n’avait rien manqué de sa pittoresque prestation.

Oh, mais ce qu’il pouvait être lent quand même! Après un sacré moment, où Hill eut tout le loisir de rigoler (et commencer à couper son fichu pain) Snow semblait piger sa boutade, décidant qu’il n’apporterait que du jambon, alors. Phoebe grimaça, plus parce qu’il venait de complètement rater sa tranche que parce qu’il avait envie de saucisson… Son couteau avait du être trop en angle et l’épaisseur du morceau de pain n’était pas la même partout. On aurait dit qu’un enfant c’était occupé de charcuter sauvagement sa miche! Et s’il jetait cette tranche-là rapidement et recommençait? Ah, mais non, la seconde aussi serait moche, quel gaspillage!

- Bien sur que je suis un pervers, je pensais que c’était établi depuis longtemps. Il n’y a pas un seul saucisson trop gros pour moi dans le monde connu! Je n’aime pas le jambon, je veux ton sauc… heu, je veux dire, le saucisson… s’exclama-t-il, mi figue mi raisin.

Sauf qu’il n’y avait aucun de ces délicieux fruits dans leur festin de Rois, juste un fichu pain idiot dont la seconde tranche était d’aussi noble apparence que la première. Concentré sur sa besogne (parce qu’il aurait vraiment l’air d’une merde s’il ratait aussi la troisième tranche), Phoebe remarqua à peine, du coin de l’œil, le saucisson qui dansait sous ses yeux. Installé à l’angle du mur, Hill ne pouvait voir Snow, aussi son regard fut seulement attiré par le mouvement balancier de la charcuterie, et ce qui était marrant, c’est qu’il n’était pas évident de savoir si le northman prétendait tenir une épée ou astiquer un bon gros… enfin.

Amusé, Sullivan revint vers la table pour y déposer son butin, plutôt impressionnant, en effet, le saucisson, Phoebe n’en avait jamais vu de si gros. L’air moqueur, Snow se mit à donner des petits coups sur la table avec l’extrémité, mimant une scène cocasse qui fit rigoler Hill malgré lui, alors que le blondinet prenait un air exaspéré comme si c'était lui qui avec trop d'imagination.

-Une limquoi? demanda stupidement le westerman, abandonnant définitivement sa tâche de coupeur de pain professionnel et toutes ses ambitions de se reconvertir en boulanger pour se servir un morceau, s’emparant rapidement de la plus moche des tranches pour que Sullivan ne la voit pas. Ehoh, à peine, faut pas charrier non plus, j’ai pas manqué de formation… juste d’intérêt. C’était la tasse de thé d’Aaron-le-Grand, ça, la chasse et le combat, moi je préférais… heu chasser autres choses. Enfin, ce connard est surement encore puceau de toute façon. Non, je ne suis pas le plus grand escrimeur de tous les temps, mais je ne laisse pas ma place non plus. Et franchement, ce n’est pas les combats ou le mur qui me font peur, mais… non, laisse tomber.

Il avait failli dire «la solitude», mais il était hors de question de ramener le sujet sur le tapis. De toute façon, il lui avait dit… un autre soir, devant un autre feu, avec un autre petit festin personnel sous la main. Phoebe n’avait même pas touché à sa tranche de pain ridicule, parce que pour être honnête, il n’avait pas faim du tout. Sullivan lui expliquait que, pour éviter l’au-delà du Mur, il y avait les rôles d’intendants et d’ingénieurs, mais que lui était patrouilleur. Évidemment, avec sa carrure et sa «soif d’aventures j’adore risquer ma vie car j’ai un orgueil gros comme ce saucisson», il ne pouvait pas en être autrement! Enfin, Snow fut le premier à oser s’attaquer à l’imposante charcuterie, heureusement sinon Hill en aurait certainement profité pour enfiler d’autres imbécilités. Seulement, là, il espérait seulement voir son ami le mettre tout entier dans sa b… HOLÀ! Suffit Hill! Méchant Westerman!

-AYE! Mais arrête imbécile! Ça fait mal… pleurnicha-t-il en faignant se tenir le magot lorsque Sullivan commença  à découper le bout de la charcuterie. Mais t’as rien compris de comment un vrai homme s’y prend, hein? le gronda Phoebe alors que Sullivan faisait juste manger le bout sans plus de cérémonies. Fantasmes à l’eau.

Heureusement que Sullivan était de l’autre côté de la table et que celle-ci arrivait, pour Phoebe, juste à la bonne hauteur, car ça aurait été gênant que le northman constate que leurs moqueries éveillaient autant l’esprit salace du westerman et qu’il avait fichtrement envie de passer de la théorie à la pratique. Sauf que, là, ils étaient sobres tous les deux, alors Hill était beaucoup trop respectueux de l’autre (et de lui-même) pour dépasser les bornes… Et Snow… ouais, a jeun on pouvait oublier ça! Franchement, plus il y pensait, et plus le mouton noir se doutait que rien de se qui s’était passé la veille aurait eu lieu si son ami avait eu tous ses esprits. *Et toi, l’imbécile, tu t’ai embarqué dans la Garde pour ça…*

Préoccupé à essayer de se forcer à avaler sa bouchée de pain, Phoebe peinait à écouter ce que lui disait Sullivan à propos de la nourriture, mais il se colla quand même un air intéressé au visage. Ce n’était absolument pas comme ça qu’il s’était imaginé la soirée, même s’il n’était pas trop certain de ce qu’il avait espéré lui-même. Toutefois, son esprit s’emballait, malgré lui, prenant au mot la blague suggestive que Snow avait fait tout à l’heure de le renverser sur la table. Ouais, franchement, il aurait bien aimé, tant pis s’il y avait un risque de se faire prendre, ce n’était pas justement ce qui était amusant?

-Non… répondit-il distraitement à la question du blondinet. Excuse-moi en fait j’avais mangé avec le Lord Commander tout à l’heure, je n’avais pas vraiment faim.

Phoebe haussa les épaules pour justifier son absence d’appétit et le fait qu’il n’avait pris que trois bouchées (un peu difficiles) de sa tranche de pain. En fait, c’était surtout la réaction de Sullivan, ou plutôt sa propre stupidité de l’avoir bousculé trop rapidement, qui lui avait ravi son estomac, parce qu’il n’avait pas mangé tant que ça plus tôt, nerveux en se faisant expliquer les règles de l’organisation. S’il avait suivi Snow dans la cuisine, c’était parce qu’il espérait… non, rien en fait, il ne croyait rien du tout, il voulait surtout éviter de couper la conversation sur le froid occasionné par sa stupidité. Mais maintenant qu’ils s’étaient amusés et remis en statut quo, Hill avait plutôt envie d’être seul… pour réfléchir, justement à la bêtise qu’il avait faite. Et rester devant son amant de la veille était franchement trop difficile pour ses nerfs… et ses hormones déjantés.

-Même que… je sais qu’il est tôt, mais je vais plutôt monter me coucher, on n’a pas assez dormi hier et heu… Si je ne veux pas mourir à l’entraînement demain, je ferais mieux de me reposer correctement. Je suis un peu rouillé à ce niveau là, tu vois ? lâcha-t-il avec un sourire, espérant paraître détendu, alors qu’il n’avait qu’une idée en tête et c’était flipper cette fichue table (parce que la contourner serait beaucoup trop long) et sauter sur Sullivan pour l’embrasser. À demain?

Phoebe se dépêcha de sortir sans porter attention à la réaction de Sullivan, n’ayant pas particulièrement envie de savoir s’il était déçu, soulagé ou juste surpris de le voir partir aussi sèchement. Pour l’instant, il en avait assez sur les épaules de s’haïr lui-même, il ne tenait pas à savoir se que pensait son nouvel ami. Certain de ne pas être suivi, parce que Snow devait surement être resté manger et ranger, et que personne ne le verrait, Hill laissa éclater sa colère contre son manque de retenue d’un peu plus tôt en fichant un coup de poing contre la pierre du mur du château, jurant aussitôt car la douleur du choc se répandait rapidement jusque dans son épaule et que la peau sur le côté de sa paume lui chauffait comme s’il s’était arraché la peau, ce qui était peut-être un peu le cas! Merde. Bon, avec un peu de chance, personne ne s’en rendrait compte demain, il tenait son épée avec la droite, de toute façon, et s’était la gauche qui le faisait souffrir.

Le chemin jusqu’à sa chambre se fit comme dans un nuage, son esprit voguant entre sa main douloureuse, sa tentative de charme ratée et son envie indomptable qui pulsait dans son bassin. Les dents serrées pour éviter de crier des bêtises bien fort (comme il lui arrivait de le faire dans ses luxueux appartements de Casterly Rock où personne ne pouvait l’entendre) et que ses voisins des chambres d’à-côté l’entende, le westerman se laissa tomber sur sa paillasse, son poing sensible crispé contre sa poitrine. Il lui fallu une éternité avant de s’endormir, trop préoccupé à s’insulter tout en fantasmant, puis à s’insulter de fantasmer, et de fantasmer parce qu’il… bon, vous avez compris, non?

***

Comment on fait pour savoir à quelle heure il faut se réveiller, le matin, pour commencer l’entraînement? FACILE! On a qu’à suivre la très subtile indication qui consiste à ce qu’un IMBÉCILE VIENNE VARGER SUR VOTRE PORTE AVEC L’ÉNERGIE DU DÉSESPOIR EN GUEULANT! Émergeant brutalement du sommeil, Phoebe se retrouva assise sur son lit sans s’en rendre compte, le cœur battant la chamade comme s’il craignait que le château soit attaqué. Ah, non, on l’attendait juste pour le début des exercices. Wait………. Pas de déjeuner avant? Eh ben non. Chiotte, maintenant il regrettait de ne pas s’être goinfré de Sullivaneuuuuhhhh avec Sullivan! Pour descendre de son lit, Hill s’appuya, par réflexe, sur ses deux mains, et ne put s’empêcher de pousser un cri de douleur lorsque sa main gauche reçu la pression. Pendant la nuit, elle avait vachement bleuie, et il n’arrivait pas à déplier ses doigts, tant ils étaient restés crispés pendant la nuit. Le poing fermé, il s’habilla de peine et de misère d’une seule main, maugréant que Snow ne soit pas là pour attacher ses pantalons (hummm…) et ouvrit sa porte juste au moment où l’entraîneur venait pour cogner une seconde fois contre sa porte.

-La prochaine fois, Hill, tu te débrouilles pour que je n’aie pas à cogner plus d’une fois… Car ce sera sur ta tête, grogna-t-il bien que son poing, techniquement, était resté en l’air et n’avait rien rencontré comme obstacle pour frapper dessus.

Tout sourire pour essayer de masquer qu’il souffrait, Phoebe assura que ça ne se reproduirait plus, et rejoignit vite les autres recrues au terrain d’entraînement. Celles-ci étaient toutes arrivées depuis plusieurs jours, voire même semaines, alors l’entraîneur commença par leur signifier qu’ils avaient un nouveau partenaire d’arme avant de tout de suite enchaîner sur la leçon du jour. Cette fois, ils n’allaient pas croiser le fer (tant pis pour le nouveau, il allait devoir récupérer sur son temps les leçons qu’il avait ratées à ce sujet pour s’assurer d’être au niveau) mais plutôt s’entraîner au combat au corps à corps. Bah ouais, quoi, ce n’est pas dit qu’ils auront toujours le temps de s’armer en cas d’attaque, et puis s’ils ne voulaient pas nécessairement crever s’ils se faisaient désarmer, ils devaient pouvoir se débrouiller sans. Comme plusieurs patrouilleurs n’étaient pas en mission ce jour-là, des équipes furent formées entre les hommes expérimentés et les recrus, question que ces derniers apprennent quelque chose des premiers, pendant que l’entraîneur circulerait pour montrer quelques techniques supplémentaire.

-Et Snow! Je compte sur toi pour évaluer le nouveau, j’ai besoin de savoir où il en est et combien de retard il a sur le reste du groupe, alors tu feras équipe avec lui. Tiens, deux bâtards, vous êtes mignons! lâcha-t-il sur un ton qui ne laissait pas croire qu’il était franc.

Phoebe déglutit de façon évidente face aux nombreux problèmes qui submergeaient son esprit. Il avait compté sur un entraînement à l’épée pour pouvoir reposer sa main gauche, visiblement, ça n’allait pas être possible. Ensuite, il s’était comporté comme un con avec Sullivan et il n’était pas tout à fait prêt à lui faire face à nouveau, à se noyer dans ses yeux fascinants… Et enfin… Merde, du corps à corps avec Snow… Comment arriverait-il à contrôler ses désirs?

-Hey Snow, tu vas y aller doucement hein? J’aime pas trop quand on me saute dessus brusquement tu vois, je préfère avec quelques préliminaires… se moqua-t-il, certain que les bruits des voix autour d’eux suffiraient à ce que seul Sullivan ne l’entende.


Sullivan Snow

avatar
Patrouilleur / Bâtard Targaryen / Zoman
Voir le profil de l'utilisateur
Jeu 20 Juil - 22:21
- Comme tu veux, mais si tu as envie d’autre chose, n’hésite pas à me le faire savoir, conclut le bâtard du North en haussant les épaules.

Après tout, il n’allait pas le forcer à avaler un truc de plus si l’appétit n’y était pas! Tendant la main vers un morceau de pain, le jeune homme agrippa une tranche et réalisa à quel point cette dernière était mal coupée. Tiens… ça, ça ne figurait pas sur la liste des talents de son ancien amant! Bon après, l’idée-même que ce dernier n’ait jamais mis les pieds en cuisine de sa vie n’avait même pas effleuré son esprit. Après tout, la vie mondaine des gens riches et célèbres lui était totalement inconnue! Sullivan continua d’engloutir son encas, puis jeta un regard curieux en direction de Phoebe qui tirait franchement une drôle de tête. Mais… qu’avait-il à la fin? Il ne semblait pas dans son assiette… Était-ce sa réponse de plus tôt qui le mettait carrément dans tous ses états? Ouvrant la bouche pour s’enquérir de cette information auprès du Lion noir, le Northmen fut toutefois interrompu par ce dernier qui déclara être épuisé. Effectivement, ils n’avaient pas assez dormi la veille, ce qui les rendaient un peu amorphes, somme toute. À ces propos, Sulli esquissa un sourire en coin, puis hocha de la tête, signe qu’il ne retiendrait pas son compagnon plus longtemps, soucieux de le laisser rattraper ses heures de sommeil perdues avant le début de son entraînement.

- Oui, à demain sur le champ d’entraînement, fit le zomane, un sourire en coin alors qu’il croqua dans un morceau de saucisson. Reposes-toi bien, tu auras besoin de forces demain.

Bon, après, Phoebe se détourna sans préambule et disparut comme un cabot en fuite. C’était… réellement étrange comme réaction de sa part. Certes, il pouvait comprendre qu’il était crevé, lui-même étant vraiment fatigué… Mais bon, il semblait différent. Plus il y réfléchissait, plus il se demanda si ce dernier lui en voulait réellement pour sa réponse d’un peu plus tôt. Mais que pouvait-il faire? Forcer les choses simplement pour le rendre heureux? Pourquoi était-ce si compliqué tout à coup? Merde… Il en venait presque à regretter son geste de la veille, même si – il devait l’avouer – ça avait été… foutrement agréable. Putain d’alcool…

********

Le soleil se levait à l’horizon et Sullivan était déjà à l’extérieur, s’échauffant sommairement pour l’entraînement du jour. Le souffle court, il effectuait son jogging matinal le long des immenses murs solides de Castle Black. D’autres gardiens de la nuit faisaient comme lui, histoire de bien se réveiller des brumes matinales. Des guerriers combattaient déjà au loin, s’organisant des joutes amicales et pariant en douce sur les vainqueurs potentiels. Au fil des minutes, de plus en plus de Frères Jurés se joignaient à l’assemblée, histoire de garder la forme. Même s’il se concentrait sur son souffle et son parcours, Snow put remarquer, d’un regard circulaire, que Phoebe manquait à l’appel. Tiens, où était-il? En fait… Était-il simplement au courant que l’entraînement commençait si tôt? S’il était habitué à faire la grasse matinée et à roucouler tranquillement dans ses couvertures de si bon matin, il serait un brin déçu. Malgré tout, Sulli ne put s’empêcher d’esquisser un bref sourire en coin, imaginant son comparse au sang mêlé se faire réveiller sous la douce mélodie d’un cor de guerre… Il allait devoir vite oublier ses manies de nobliaux pour se plier au rythme de vie strict du Mur, le pauvre. En un sens, Snow s’en voulait un peu, réalisant soudainement que le Lion noir s’était enrôlé POUR LUI alors qu’au fond… il n’avait pas répondu au moindre de ses espoirs. Merde… Était-ce de la culpabilité qu’il ressentait, là, au fond de lui? C’était sa faute. S’il avait pu se retenir un tant soit peu, deux jours plus tôt, le Westerman n’en serait pas là… Mais même en même temps… Lui avait-il demandé de faire ça pour lui? Absolument pas! Pourquoi se sentait-il si coincé entre deux émotions contradictoires? Il était foutrement heureux de le savoir parmi eux tout en ressentant une profonde culpabilité de l’avoir enrôlé contre son gré. Une conversation s’imposait, il le sentait…

Une voix puissante beugla son nom, vibrant sur les parois puissantes du fort. D’instinct, Snow ralentit la cadence et se retourna vers les rangs des recrues qui se jumelaient déjà avec des corbeaux plus expérimentés. L’entraîneur avait braqué son regard directement en sa direction, lui faisant signe d’approcher. Il manquait visiblement d’effectifs pour se joindre à l’entraînement de la relève. C’est donc le souffle court que le bâtard des Stark s’approcha d’eux au trot, notant soudainement la présence de Phoebe qui arborait une mine légèrement incertaine. D’une voix pleine d’assurance, l’entraîneur le somma d’évaluer les compétences du Lion noir, lui ordonnant par le fait même de faire équipe avec ce dernier.

- Oui, Monsieur, répondit Snow, ignorant la dernière remarque qui était teintée de mépris.

Tournant son regard irisé vers son comparse au sang mêlé, Sulli remarqua la façon dont ce dernier avait déglutit, visiblement mal à l’aise avec la situation actuelle. D’ailleurs, l’enfant illégitime des Lannister lui demanda d’y aller mollo avec lui, prétextant qu’il préférait nettement les préliminaires aux accolades trop directes. Malgré lui, le zomane esquissa un sourire en coin, notant au passage l’ombre de crainte qui trônait dans les iris verdoyants de son adversaire. Avait-il réellement peur? Ou peut-être était-ce leur proximité assurée qui le mettait mal à l’aise… Hum… Snow pouvait le comprendre, ne sachant plus trop lui-même sur quel pied danser. Mais avaient-ils réellement le choix de toute façon? Et puis, mieux valait essayer de détendre un peu l’atmosphère déjà foutrement trop tendue.

Portant une main à ses épaules, le Northman retira sa lourde cape de fourrure noire et la jeta au sol un peu à l’écart, histoire de ne pas trop se faire gêner par cette dernière. Il se retourna ensuite pour faire face à Hill et écarta les bras du corps, un sourire en coin un peu amusé aux lèvres.

- Tout d’abord, tu n’avais pas réellement semblé t’en plaindre la dernière fois, fit-il, faisant référence à son assaut dans les écuries du bordel du Gift. Alors à d’autres pour ta retenue soudainement à laquelle je ne crois absolument pas. Tu apprécies un peu de rudesse, admets-le. Maintenant, lèves les poings et montres-moi ce que tu as dans le ventre, M. Hill.

Snow se positionna, attendant visiblement que le nobliau passe à l’action. Ce dernier semblait posséder autant de motivation d’une jument qui venait de mettre bas et le soupir qu’il poussa en disait long sur son état d’esprit peu coopératif. Bon… ils n’allaient pas y passer la journée! Ils devaient bien faire quelques échanges, sinon l’entraîneur perdraient son sang froid et les enverraient aux travaux forcés en guise de réprimande! Snow tenta de motiver Hill à agir, mais voyant son manque de volonté (ou son incertitude à pouvoir se défendre adéquatement?), décida finalement de prendre les devants. Il frappa en direction du visage du Lion noir, ce dernier évitant le coup au dernier instant. Parfait! Ses réflexes étaient bons! Pivotant sur lui-même, Sulli heurta le côté du crâne de son adversaire avec son coude avant de continuer son mouvement et de l’agripper par l’épaule pendant que Phoebe se retrouvait dos à lui. Tirant brusquement le bâtard de l’ouest vers l’arrière, le Northman glissa son avant bras autour de la gorge de ce dernier, se plaquant dans son dos par le fait même. Évidemment, l’aîné des deux hommes ne serrait pas suffisamment fort pour l’étrangler, mais tout de même assez pour le maintenir solidement contre lui et montrer qu’il pouvait lui écraser la pomme d’Adam au besoin.

- Tu peux faire mieux que ça, Hill, j’en suis sûr, fit-il, tout près de son oreille, d’un ton légèrement provocateur. Tu n’essaies même pas de te défendre. T’as envie de nettoyer les écuries, peut-être? Crois-moi, c’est aussi peu plaisant que de laver la salle à manger!

Une douleur vive se fit ressentir sur son pied droit alors que son « captif » venait de lui écraser les orteils du talon de sa botte! Sulli laissa échapper un juron, ce qui poussa sa poigne à faiblir sous la surprise. La main de Hill agrippa son avant-bras et, usant de son corps comme balancier, poussa Snow à basculer par-dessus lui pour s’écraser dos au sol dans un bruit sourd. L’homme septentrional toussota un peu sous l’effet de l’air qui quittait brusquement ses poumons, puis ouvrit un œil pour voir un air glorieux trôner sur les traits du Lion noir penché par-dessus lui. Sullivan ne put s’empêcher d’esquisser à son tour un sourire, à la fois satisfait et amusé, puis décida de passer aux choses sérieuses. Le zomane roula sur lui-même pour se retrouver sur le ventre, puis agrippa la cheville de Phoebe, tirant avec force pour le faire basculer vers l’arrière. Dès que le jeune homme aux cheveux noirs fut déstabilisé, Sullivan se propulsa grâce à ses jambes solides et écrasa son corps de tout son long sur celui de son adversaire, le forçant à rouler dans la terre et la neige avec lui.

Le combat se déroulait entre les deux corbeaux, chacun d’eux tentant de prendre le dessus sur l’autre. Toujours au sol, Sullivan enserra ses jambes autour de Phoebe et usa de tout son corps pour basculer ce dernier dos contre terre, lui permettant ainsi de s’asseoir par-dessus lui. Il plaqua rapidement son avant-bras sur la gorge de son adversaire avec un peu plus de force cette fois. Leur souffle était court et une lueur presque malicieuse régnait dans leur regard mutuel, visiblement amusé par les tours de force employés pour savoir qui aurait le dessus. Voyant que le Westerman s’apprêta à l’agripper à nouveau, Snow leva sa main libre et empoigna la main gauche de ce dernier, serrant les doigts avec suffisamment de rudesse pour que ce soit douloureux. Un mouvement sec et il pourrait carrément lui casser les doigts! Enfin, s’il s’était attendu à ce que Hill grimace sous la force de la compression, il ne serait assurément pas douté que ce dernier pousserait carrément une plainte! Interloqué, Sullivan jeta un coup d’œil aux jointures et réalisa enfin à quel point ces dernières pouvaient être meurtries. Que… ? Il s’était fait ça quand? Tirant d’un coup sur le poing du bâtard des Lannister afin d’avoir une meilleure vue, l’homme à la chevelure platine observa la blessure de plus près. C’était salement amoché. Encore une chance que les os n’étaient pas brisés, mais à voir la vilaine ecchymose qui y régnait et les traces de sang séché, Phoebe s’était assurément déplacé un ou deux articulations.

- Tu t’es fait ça ce matin? Demanda-t-il à son comparse alors qu’il retirait son avant-bras de sa gorge et se reculait pour lui permettre de se relever en position assise. Non? Hier soir alors? Était-ce… à la suite de notre rencontre? Tu n’avais pas l’air dans ton assiette quand tu as quitté. Il va falloir t’arranger ça, Phoebe, autrement, tu auras foutrement du mal à faire les entraînements.

Constatant que leur joute s’était brusquement arrêtée, l’entraîneur marcha d’un pas rapide, dans leur direction, l’air visiblement courroucé. Ce dernier était assurément prêt à leur passer un savon pour leur manque d’activités.

- Snow, Hill! Qu’est-ce que vous faites, merde?! J’ai dis que l’entraînement était fini?! Remettez-vous au travail, bande de couilles molles!

- Monsieur, je demande la permission de simplement panser le poing de Hill avant de reprendre l’entraînement de plus belle, fit Snow qui s’était brusquement relevé. Il saigne abondamment et je crois qu’il s’est déplacé des jointures. Ça nuit à l’entraînement et l’empêche d’exploiter son plein potentiel. Ce ne sera que l’histoire de quelques minutes avant que nous reprenions là où nous avons arrêté.

L’entraîneur jeta un regard méprisant aux deux hommes, puis s’approcha de Phoebe, agrippant son avant-bras pour jeter une brève œillade à l’étendue des dégâts. Il poussa un soupir de frustration, puis cracha au sol d’un air mauvais avant de relâcher sa poigne sur le jeune Lannister au sang mêlé. Visiblement, tout ça ne lui plaisait pas, mais bon, c’était une recrue… Il pouvait bien être clément, CETTE FOIS.

- Allez-y, mais magnez-vous le cul. Je ne veux pas vous voir glander. Vous avez intérêt à revenir rapidement, sinon je vous fais récurer les pots de chambre à la brosse. Compris?!

Sullivan hocha de la tête, puis agrippa Phoebe par son manteau, histoire de l’inciter à se lever au plus vite. Les deux hommes traversèrent la cour d’entraînement d’un pas rapide, puis s’engouffrèrent dans l’aile la plus près, partant en quête de bandages et d’onguent pour désinfecter la plaie rapidement. Évidemment, Hill tenta de résister à l’idée que Snow s’occupe de lui, mais le nordiste s’empressa de le faire taire d’un simple mouvement de la main. Au bout d’un petit moment, le duo s’engouffra dans une pièce vide et Sulli put s’emparer de quelques effets médicaux de base. Pas besoin de guérisseur pour faire une besogne si simple.

- Assieds-toi, s’il te plaît,, fit-il en désignant un tabouret et en agrippant un petit pot opaque où trônait un onguent verdâtre. Alors, tu vas me dire comment tu t’es fait ça?

Sulli se retourna pour faire face à Phoebe, puis planta son regard dans le sien. Évidemment, le Lion noir ne lui dirait rien. Orgueil oblige. Le bâtard des Stark secoua doucement de la tête, puis prit la main de son compagnon de combat, étendant la pâte épaisse sur les jointures meurtries. Ce qui allait se produire ensuite ne serait pas agréable, il le savait, mais c’était nécessaire.

- Ça va faire un peu mal, prends garde, fit-il d’un regard chargé d’avertissements.

Prenant la main de Hill dans les siennes, Snow fit une pression avec ses pouces sur les métacarpes, simulant une sorte de massage… avant de finalement effectuer un mouvement rude et sec vers les doigts, replaçant les articulations disloquées dans un bruit sonore. Évidemment, que ça faisait mal! C’était tout aussi douloureux qu’une épaule disloquée qui devait être replacée dans son socle d’origine! Mais c’était nécessaire pour que le tout se replace naturellement. Sullivan continua d’appliquer plus doucement la pommade, puis poussa un soupir.

- Tu m’en veux pour hier, pas vrai? Fit-il doucement, profitant de leur solitude certaine.Je t’assure, je ne voulais pas te blesser, Phoebe. Je… Je ne sais juste pas où j’en suis. Ça m’est inconnu tout ça… Tu sais, avant de rencontrer, je n’avais jamais eu le moindre doute sur… enfin… tu sais. Je ne m’étais jamais posé de questions ou quoi que ce soit. Puis là, tu arrives et tu ébranles toutes mes convictions sans que je puisse y faire quoi que ce soit… Je me retrouve devant une partie de moi-même que je ne connaissais même pas et que je ne soupçonnais pas. C’est… Déstabilisant… Je n’ai jamais été aussi peu sûr de moi… Tu comprends? Meh… Je me sens idiot…

Et il détourna le regard… À la fois pour saisir les bandages dans le but de les enrouler autour de la main meurtrie de Phoebe, mais aussi pour éviter ce regard verdoyant qui pouvait aisément l’ébranler jusqu’au plus profond de lui-même.

Phoebe Hill

avatar
Recrue / Bâtard Lannister
Voir le profil de l'utilisateur
Ven 21 Juil - 20:57
[C’est pas croyable comment Phoebe est un pervers!]

Bon, alors il était triplement dans la merde. Premièrement, sa main lui faisait mal, c’était un sal problème, d’ailleurs s’il comptait sur le temps pour alléger la douleur c’était raté : il semblait qu’à chaque seconde qui passait, sa main le faisait un peu plus souffrir… C’était peut-être plus grave qu’il ne le pensait? Deuxièmement… Il aurait l’air d’un idiot! En bon noble, il avait bien étudié plusieurs techniques de combats, mais dans les grands domaines, on pratique surtout le combat à l’épée, parce que c’est plus joli et c’est sympa pour les tournois. Franchement, on ne lui avait pas vraiment appris à combattre au péril de sa vie… Et enfin…Troisièmement, son envie de sauter sur cet apollon n’allait être que plus titillée encore dans un combat au corps à corps, comment résister à cette proximité obligée? Ah, et puis en plus, le blondinet faisait de l’humour, lui rendant sa boutade, mais en mieux. Connard, l’humour pervers c’était supposé être le domaine de Hill, trouves t’en un autre Snow! Il avait raison en plus, le bougre… il ne crachait pas sur un peu de rudesse virile…

Phoebe soupira bruyamment alors que Sullivan l’incitait à lancer la bagarre. Il lui plairait bien de se rouler en petite boule sur le sol, comme un enfant, et protester qu’il n’en avait pas envie! Mais leur entraîneur ne tendait visiblement pas à rire, aussi, devant le manque de volonté de la recrue, ce fut plutôt Snow qui engagea le combat, le forçant ainsi au moins à se défendre, puisque la dernière chose qu’il voulait c’était de réellement s’impliquer dans cet entraînement grotesque qui ne ferait, il fallait l’avouer, qu’attiser son désir. D’accord, pour l’instant, les mouvements du northman n’avaient rien de bien excitants (d’ailleurs un coude sur le côté de la tête, c’est plutôt turn off), mais il redoutait fichtrement les roulades au sol et les prises serrées… son corps se tendait (vraiment là… ) rien que d’y penser, et ils étaient pourtant encore à l’étape d’échanger quelques manœuvres un peu molles auxquelles Hill ne portait pas de réel intérêt. D’ailleurs, bien assez vite, il fut prisonnier du bras du blondinet contre sa gorge… plaqué dos à lui… pourquoi est-ce que ça lui donnait des idées, merde?

Bon il exagérait un petit peu non? Il avait quand même évité UN coup! Enfin, il n’avait pas fait exprès, c’était un réflexe incontrôlable de se pousser en voyant un poing arriver à vive allure vers son visage. Okok, c’est vrai, il ne faisait pas l’effort de se battre parce qu’il n’en avait pas envie, du moins pas avec Sullivan. Seulement, la voix chaude de celui-ci, dans son oreille, qui l’incitait à s’y mettre… Brrr… Ce qu’on ne ferait pas pour plaire hein? Pilant sur ses dernières réticences en même temps qu’il pilait sur le pied droit de son «adversaire» pour le prendre par surprise, Phoebe profita du déséquilibre de Sullivan pour le faire basculer, empoignant son bras autour de son cou comme appui et le balançant au sol, se libérant du même coup. Bon, pendant une fraction de seconde, il se sentit plutôt mal, en entendant tousser Snow, mais ça ne dura pas bien longtemps, d’abord parce qu’il était plutôt orgueilleux et fier de son coup, mais aussi parce que le northman ne semblait pas encore en avoir eu pour son argent, et en bon Lannister… la recrue ne pouvait quand même pas le décevoir!

Fichu sourire à la con. Freiné dans son élan, Phoebe avait accroché sur l’expression satisfaite de Sullivan qui, fallait être honnête, lui flattait l’égo. Aussi, il offrit une belle prise immobile pour que le northman le déséquilibre à son tour en lui tirant la cheville et lui… saute… dessus… de tout son long… Argh, ils avaient beau se débattre et essayer de prendre le dessus l’un sur l’autre, Hill avait franchement de la difficulté à ne pas penser... *Faites qu’il ne la sente pas, faites qu’il ne la sente pas!* Franchement là, il n’avait que faire de se battre dans la neige, Hill n’avait pas froid du tout, et ce n’était pas l’effort qui lui faisait chaud, mais la présence beaucoup trop impressionnante de Snow. Le pervers, même dans cette situation violente et sérieuse, il arrivait à avoir des pensées impures, son âme allait certainement rôtir en enfer pour l’éternité. Évidemment, le blondinet n’eut aucun mal à prendre le dessus tant le noiraud était distrait, même s’il continuait d’essayer de se libérer la gorge de l’avant-bras de son «adversaire» en poussant uniquement de la main droite. Sans réfléchir, et alors qu’il avait fait attention de ne pas utilise sa gauche de tout le combat, Phoebe s’apprêtait à ficher un bon coup à son copain pour qu’il le lâche, mais celui-ci l’arrêta en plein mouvement et serra ses doigts pour les immobiliser. C’est lorsqu’il poussa un cri stupide de douleur que le westerman se rendit compte de son erreur d’avoir utilisé, par réflexe, sa mauvaise main.

-C’est rien du tout, fait pas attention… lâcha la recrue, le souffle court par l’effort et par la douleur, alors que Sullivan abandonnait immédiatement sa position de combat (dommage il se plaisait bien à l’avoir sur lui comme ça… même si c’était un peu gênant) pour examiner son poing gauche. Non… grogna-t-il en réponse à la question de Snow, avant de se taire pour de bon.

Il n’avait vraiment pas envie de lui dire ce qui lui était passé par la tête la veille au soir, parce qu’il n’en était sacrément pas fier et qu’il ne savait pas vraiment lui-même ce qui lui avait pris. Sullivan insista pour qu’il se fasse soigner s’il voulait poursuivre l’entraînement, ce qui fit soupirer Phoebe. Il se débrouillait plutôt pas mal jusqu’à présent, non? Et puis, il n’avait qu’à faire attention, il était un peu tendu c’est tout! L’entraîneur vint s’en mêler en remarquant qu’ils avaient cessé la bagarre, et Hill se fit violence pour retenir la remarque qui lui brûlait les lèvres concernant ses couilles qui étaient vraiment loin d’être molles… ce n’était pas vraiment le moment. Ehoh les gens! Le Bâtard Lannister qui apprend la retenue, on fait une petite croix sur le calendrier s’il-vous-plait!

Finalement, Sullivan convainquit l’entraîneur que Phoebe avait besoin de soin, peut-être en exagérant un peu sur les jointures déplacées, mais le stratagème fonctionna au moins et Snow agrippa le manteau de son «adversaire» pour le relever un peu durement et l’entraîna presqu’en courant à l’intérieur. Ouais, décidément, il ne voulait pas se taper une corvée de latrines après avoir eu à faire aux cuisines la veille!

-Oh tu sais, ce n’est pas si grave, je peux me soigner tout seul… marmonna Phoebe, un peu honteux, en voyant Snow préparer l’équipement de premiers soins, songeant surtout qu’il avait envie d’être seul deux minutes… ou au moins ne pas avoir à répondre à ses questions.

Mais Snow n’entendait pas céder et l’obligea à se taire et s’asseoir, avant de commencer à le questionner tout en étendant une pâte à l’allure peu ragoutante sur les plaies de Phoebe, qui picotèrent et chauffèrent un peu à ce contact, mais c’était moins pénible que ce qu’il s’attendait. Finalement, il n’était peut-être pas une chochotte? Malgré tout, le Lion noir resta muet, haussant simplement les épaules lorsque Sullivan l’informa que la prochaine manœuvre allait faire m…

-ARGHHH PUTAIN D’ENFOIRÉ DE MES DEUX J’VAIS T’ENCULER! cria le bâtard sans pouvoir se retenir, avant d’étouffer le reste des idioties qui lui passaient par la tête en se mordant le poing droit, lorsqu’il se fit littéralement replacer les articulation dans la main…

Aaaahhh finalement il avait peut-être belle et bien des jointures déplacées! Ou alors il était une chochotte? De douleurs, les larmes affluèrent aux yeux du bâtard qui serra fortement les dents pendant que Sullivan remettait un peu de pommade sur sa main, sans vraiment réagir à la provocation vulgaire.

-Désolé, ça m’a échappé, je le pensais pas… heu… peut-être… trouva-t-il le moyen de se moquer d’une très petite voix où perçait la douleur. Toutefois, Sullivan ne semblait pas entendre à rire, soudainement très sérieux dans ses propos. Non arrête… arrête je te dis, merde, ça n’a rien à voir, en me rendant à ma chambre je me suis sauvagement fait agresser par un mur de pierre qui en voulait à ma peau, je te jure… tu devrais le voir, il est dans un état bien pire que le mien… maugréa le bâtard de l’ouest sans parvenir rire ni à convaincre Snow, qui poursuivit son mea-culpa, arrachant un peu plus le cœur de Phoebe. Non, c’est moi l’idiot, marmonna la recrue en se faisant bander la main avec soin, cherchant avec difficulté à croiser le regard évitant de Sullivan. J’ai poussé le bouchon trop loin hier, je n’ai pas été patient, c’était imbécile. Je ne suis pas prêt pour ça moi non plus de toute façon, c’est toi qui avait raison, on devrait juste être copains.

Évidemment, pour cette dernière phrase, Hill n’en pensait rien, mais il avait compris qu’ils avaient tous les deux besoins de réfléchir, même s’il pensait sincèrement qu’on réfléchit mieux après une bonne baise. Bientôt, sa main gauche eut enfin l’air de quelque chose de vivant, et si elle était toujours terriblement douloureuse, Phoebe espérait que le boulot accompli par Sullivan soit assez efficace pour que le mal s’estompe graduellement et qu’il puisse s’en servir d’ici quelques heures. En attendant, s’il la ménageait, il allait s’en sortir, fallait juste pas faire le con. Le problème… c’était justement que le bâtard Lannister n’était pas réputé pour ses sages décisions.

-T’en fait pas avec ça, j’ai exagéré, comme d’habitude. Merde Sullivan, profites en donc pendant que ça passe, je n’accepte pas mes tords tous les jours hein! Tu demanderas à mon couillon de frère merde. Parlant de merde, si on ne veut pas être de corvée tout à l’heure, on devrait y retourner… t’inquiète je suis capable de te casser la gueule avec la droite sans soucis.

Cette fois-ci, il réussi à tirer un sourire sur son propre visage, bien qu’il ne croyait pas un traitre mot de ce qu’il avait dit et qu’il crevait d’envie de lui sauter dessus, là, tout de suite, brusquement et sans préliminaires. Voyant que Sullivan hésitait encore, comme s’il n’était pas certain de s’être fait pardonner convenablement, Phoebe se recolla au visage son air habituel, moqueur, mais surtout enjôleur. Prenant garde d’utilise sa main droite, il claqua sèchement une fesses à Snow en prenant la direction de la porte, comme on le fait vulgairement avec une petite servante innocente.

-Vite avant que je change d’idée et que je te viole tout de suite, idiot, lâcha-t-il en feignant une joie très exagérée, qu’il s’empressa de masquer en rejoignant le terrain d’entraînement… parce que ce n’est pas normal de sourire lorsqu’on revient de se faire replacer deux jointures.

L’entraîneur, pas content du tout que sa nouvelle recrue ait eu droit à une pause, les pressa de reprendre l’entraînement sans discuter, les épiant sérieusement cette fois-ci pour noter les éléments positifs et négatifs des techniques de Phoebe, relevant quelques fois à voix haute quelques lacunes. Évidemment, Hill était handicapé par le fait qu’il s’efforçait de ne pas employer sa mauvaise main, mais pendant les premières minutes il s’en tira plutôt bien face à Sullivan, résistant comme il le pouvait… peut-être parce que celui-ci, encore trop troublé par ses propos, lui laissait des chances. Enfin, sa gloire temporaire attira l’attention des quelques autres recrues et patrouilleurs qui s’entraînaient avec eux, et bientôt presque tout le monde observait le combat. Même l’entraîneur n’eut pas envie de les renvoyer, après tout c’était un divertissement comme un autre de voir deux bâtards se taper mutuellement sur la gueule. Toutefois, le statut quo ne dura pas bien longtemps, Snow eu rapidement l’avantage et, après avoir essayé à maintes reprises de reprendre le dessus, le westerman était tout simplement incapable de poursuivre et s’effondra, littéralement, au sol, capitulant à haute-voix pour être sur que tout le monde l’entende.

-Bon, c’était pas si terrible! Ok, pour ce matin ça fera l’affaire, allez manger bandes de morveux, votre journée commence à peine. Vous avez une heure, pas une seconde de plus, ceux qui ne reviendront pas à l’heure vont se taper le nettoyage de tous les armes de l’armurerie en soirée!

Tiens tiens, il avait plusieurs choix de punition exécrable pour ses recrues? C’est beau la diversité. Le bâtard Lannister resta longtemps allongé dans la neige, le souffle court, écoutant distraitement les voix et les pas de sa cohorte se déplaçant vers le bâtiment. Les yeux fermés pour ne pas être aveuglé par le soleil, il essayait de reprendre un peu de force, lorsqu’il sentit une ombre couvrir son visage. Rouvrant les yeux, Phoebe ne put que constater que c’était Snow qui lui tendait la main pour l’aider à se relever. Sans rancunes vieux? Si, au début de leur entraînement, il avait semblé qu’un malaise régnait toujours suite à leur conversation, celui-ci était vite disparu avec la pression de performance et l’orgueil. Un sourire quand même satisfait aux lèvres (de ne pas avoir fait patate à son premier jour), Hill accepta la main de son «adversaire» et marcha mollement avec lui jusqu’à la salle à manger qu’ils récuraient la veille. Dire que la journée commençait à peine…

-Si je meurs avant la nuit, fais moi plaisir Sullivan, dis quelques mots pour moi à mes obsèques, parce que ce n’est pas mon père qui le fera. Ce serait bien que tu en profites pour commenter ma farouche virilité et mon charme irrésistible, mais c’est juste une suggestion hein!

Le ventre de Hill émit une bruyante protestation, et il se laissa pratiquement tomber sur le banc de bois pour remplir son assiette de nourriture comme s’il en avait été privé pendant des mois. Sans plus de cérémonies, il se mit à engouffrer à peu près n’importe quoi sans regarder de quoi il s’agissait, recevant de temps à autres des claques dans le dos, des commentaires positifs sur son combat et… mais pourquoi celui-là ne lui lâchait pas l’épaule bordel? La recrue qui s’était penchée sur lui pour lui parler le serrait plus que de raison, et… bizarrement… Phoebe eut l’impression de le connaître. Et Sullivan aussi, vu la réaction que celui-ci arborait… Mais pourquoi avait-il l’impression qu’il devait être inquiet?

-Alors comme ça, l’enculeur de Casterly Rock a choisi le mur! grogna la voix derrière son épaule, assez fort pour que tout ceux autour d’eux entendent et se taisent. Vous feriez mieux de surveiller vos derrières les gars, celui-là est un vrai pédéraste, hein Hill? C’est pour ça que tu es venu finalement? Un beau petit territoire de chasse que tu as là… se moqua la brute en le poussant contre la table avant de rejoindre sa bande.

Même si seules quelques personnes avaient entendues, il était clair que le mot allait se passer assez rapidement dans Castle Black avant qu’il ait le temps de se préparer une défense. Soudainement, Phoebe n’avait plus très faim. C’était surement une des recrues que Sullivan et Marcus avaient ramené de Casterly Rock, lors de leur visite… merdouille, et il le connaissait. Dire qu’il avait espéré garder son secret… secret, justement, un peu plus longtemps que cela, le temps de se faire au moins apprécier. Les expressions autour d’eux étaient toutes très variées, mais Hill n’avait pas le cœur d’essayer de les déchiffrer individuellement. S’il avait habituellement la langue bien pendue pour se défendre contre les agressions verbales, ce n’était pas une idée brillante lorsqu’il venait de débarquer dans un environnement qu’il ne connaissait pas. Ainsi, le bâtard Lannister se leva brusquement de sa chaise et quitta sans attendre la salle grouillante de corbeaux.


Sullivan Snow

avatar
Patrouilleur / Bâtard Targaryen / Zoman
Voir le profil de l'utilisateur
Jeu 10 Aoû - 11:56
Vraiment, il ne le pensait pas? Quelque chose lui disait que cette affirmation était à la fois véridique et complètement fausse. Il fallait être idiot pour ne pas comprendre à quel point son compagnon en avait envie au fond de lui… Enfin… Pas de l’insulter ouvertement, mais de l’encu… Bref. Ne sachant pas trop quoi répondre à cette affirmation lancée à la volée, Snow décida de simplement garder le silence, se contentant de terminer sa besogne avec un sérieux qui lui était propre. Un malaise important semblait naître au creux des tripes de Hill alors que ce dernier s’empressa de se confondre en excuses… toutes plus bidon les unes que les autres. Vraiment? Rencontre fortuite avec un mur de pierres? Snow releva lentement la tête et se contenta de hausser un sourcil, visiblement peu convaincu par les allégations de son amant d’il y a deux jours. Au final, Phoebe se traita ouvertement d’idiot et prétexta ne pas avoir été assez patient. Même s’il déclara ne pas être prêt pour plus, non sans préciser qu’ils pouvaient simplement être copains, Sullivan ne put s’empêcher de trouver que ces propos sonnaient complètement faux. Le lion noir n’était visiblement pas béni par la vertu représentée par la patience.

- Tu essaies de convaincre qui, là? Laissa échapper le bâtard du nord qui ramenait son attention sur sa besogne. Toi ou moi? Dans tous les cas, ce n’est pas très efficace ton truc…

Malgré le ton légèrement acerbe employé par le zomane, le Lannister de sang-mêlé ne releva pas. Après quelques minutes de soins, la main du type aux cheveux d’ébène reprit une tronche un peu plus acceptable, témoignant ainsi de la dextérité du Northman en matière de pansements. À peine eut-il le temps d’admirer son travail que la voix exagérément assurée de Hill se fit entendre, admettant ses torts (et le sommant d’accepter ses excuses, puisque cela n’arrivait qu’une seule fois par éclipse solaire, visiblement). Bon après, son allusion à leur retour intempestif sur le terrain d’entraînement n’était pas faux… Il n’avait pas envie de se coltiner à nouveau des corvées merdiques comme celle qu’il s’était farcie hier! Malgré lui, Snow esquissa un sourire en coin au vu de la provocation subtile émise par son compagnon.

- Mouais, je serais curieux de voir ça en fait, se contenta-t-il de répliquer, le regard légèrement pétillant de défi.

Malgré tout, le jeune homme immaculé sembla hésiter un instant de trop, ce qui soutira un air éternellement moqueur et enjôleur sur les traits de son compagnon qui, visiblement, était assailli de pensées toutes plus lubriques les unes que les autres. Une claque fulgurante fusa sur sa fesse droite, le faisant sursauter alors que Hill laissa échapper un commentaire salace à son intention.

- Tu en rêves jour et nuit, dis donc! Laissa échapper le Northman qui leva légèrement les yeux au ciel.

Bon il devait bien admettre que tous ces sous-entendus étaient plutôt flatteurs et avaient cette manière d’être affriolants… Quoi? Il n’était pas fait en bois tout de même! Okay… Il avait réellement besoin de réfléchir, mais le corps et l’esprit étaient deux choses totalement différentes. Autant sa tête lui sommait de ne pas faire l’imbécile que son organisme entier avait envie de se laisser tenter. Eh merde! Garde la tête froide, Sulli! Ce n’est foutrement pas le temps de flancher par manque de volonté physique!!

Prenant une grande inspiration, le guerrier du Mur prit les devants, s’exposant rapidement au regard de ses comparses corbeaux alors que l’entraînement reprenait de plus belle. À voir la tronche que tirait l’entraîneur, Snow comprit qu’il avait intérêt à ne pas émettre de nouvelles pauses sous peine d’être châtié à nouveau! Ainsi, le combat d’entraînement reprit de plus belle entre les deux hommes sous le regard critique du responsable des recrues. Chaque geste était calculé et si le lion noir était blessé d’une main, il n’en resta pas moins impressionnant pour un type qui n’avait jamais fait du combat son unique profession. Certes, il y avait de l’amélioration à faire, c’était évident! Mais il ne se débrouillait pas mal du tout! Il était rapide et usait de sa tête (contrairement au reste du temps où il avait l’opportunité d’utiliser ses méninges à bon escient…), ce qui lui permit de désarçonner Sullivan au moins une fois! Bien joué, la recrue!

L’entraîneur était intraitable. Il ne laissa passer aucune faute de la part du bâtard de l’ouest, notant ses lacunes avec une satisfaction presque palpable. Il aimait faire comprendre aux recrues qu’ils n’étaient que des moins que rien… Il en avait fait de même avec le bâtard du nord, jadis. Donc il prenait surement son pied, dans l’immédiat. Ainsi, les bons coups (donc le désarçonnement de Snow) passèrent sous silence, puisqu’il était hors de question qu’il fasse le moindre compliment. Toutefois, le combat entre les deux sang-mêlés sembla attirer l’attention de la foule environnante, puisque bientôt, l’entraînement général fut interrompu afin que l’ensemble des corbeaux puisse observer la scène avec un intérêt non dissimulé. Après tout, ils devaient assurément offrir une vue hors du commun : deux bâtards qui se tapaient mutuellement sur la gueule, ça ne courait pas les rues!

Le poing valide de Hill fusa en direction de sa tête et Snow évita l’assaut au dernier instant, agrippant le bras de son adversaire temporaire au passage. Le Northman pivota sur lui-même, passa le bras de la recrue par-dessus son épaule et usa de son corps pour le balancer avec force directement sur le sol face à lui. D’où il était, il put entendre l’air de Phoebe s’expulser brusquement de ses poumons et Sullivan ne se fit pas prier pour l’enjamber avant de l’agripper solidement par la gorge. Même si sa poigne était dure, ses doigts, eux, n’effectuèrent aucune pression. Après tout, il n’avait pas non plus envie de l’étrangler réellement! Les deux hommes se fixèrent, le souffle court et enfin, Phoebe leva le drapeau blanc, clamant à haute voix qu’il abandonnait la partie sous le sourire satisfait de Sulli.

De son air condescendant, l’entraîneur déclara que l’entraînement suffisait pour le moment et demanda à ses hommes de disparaître de sa vue pour aller casser la croûte. Ils avaient une heure de temps libre avant la suite de la journée, pas une minute de plus. Comme il n’avait foutrement pas envie de se voir asticoter toutes les armes de l’armurerie, Snow décida de ne pas traîner. Lentement, la cour interne de Castle Black se vida et le zomane imita ses comparses… avant de s’arrêter dans sa progression. Phoebe ne se relevait pas? Hum… Peut-être devait-il aller le voir avant de foutre le camp comme si de rien n’était? Le patrouilleur immaculé se passa une main dans sa chevelure platine, puis tourna les talons pour s’approcher du lion noir qui gisait toujours au sol, les yeux fermés. Ce dernier sembla sentir sa présence et ouvrit rapidement les yeux, notant le sourire satisfait du bâtard des Stark ainsi que la main qu’il lui tendait dans le but évident de l’aider à se relever.

Une fois le noiraud debout, le blondinet lui flanqua une claque amicale dans le dos et les deux hommes marchèrent lentement en direction des bâtiments situés devant eux. Destination : la salle à manger!

- T’inquiète, je sauverai ton honneur d’étalon à tes obsèques, compte sur moi! Répliqua Sulli après un éclat de rire soudain. Phoebe était vraiment idiot lorsqu’il le volait! Bien que cela lui conférait un charme indéniable… Tu t’es franchement bien débrouillé. L’entraîneur n’a émis aucun commentaire sur le sujet, mais tu l’as impressionné, crois-moi!

Le duo entra enfin dans la pièce de prédilection et sans la moindre hésitation, l’immaculé du nord décida de remplir généreusement son assiette, rapidement imité par le Westerman affamé. Maintenant installés sur des tabourets, les deux hommes s’empiffrèrent avec satisfaction et le patrouilleur platine ne put s’empêcher d’esquisser un sourire en coin lorsqu’il constata que certains de ses comparses s’empressaient de féliciter la recrue des Westerlands. S’il continuait à performer de la sorte, Hill se taillerait facilement une place au sein des Frères Jurés, ce qui était bon en soit! Une lourde de main s’abattit soudainement sur l’épaule du bâtard de l’ouest et cette dernière ne relâcha pas sa poigne. Les sourcils froncés, Snow releva son regard glacé vers le visage de l’impudent et il reconnut rapidement l’une des recrues que lui et Marcus avaient ramenées de la prison de Casterly Rock. Oh merde… Assurément, ce type connaissait la réputation de Phoebe! D’ailleurs, les commentaires acerbes qu’il servit à ce dernier firent rapidement tourner quelques têtes en leur direction. Merde, merde, merde! Aussitôt sa grande gueule fermée, il poussa le lion noir contre la table et s’éloigna en lui servant un grand rire gras pour ensuite rejoindre sa bande. Bordel… Ils ne pouvaient pas laisser ça comme ça! Sulli s’apprêta à se relever pour foutre une bonne leçon à cet imbécile, quand il remarqua enfin l’expression faciale de Phoebe. Ni une, ni deux, ce dernier se releva et sortit en trombe de la salle à manger.

Que pouvait-il faire? Rejoindre Phoebe ou casser la gueule du couillon de service? Hum… Le cas échéant, il allait donner l’impression que le lion noir avait besoin d’aide pour se protéger et laisser planer une fausse impression de faiblesse autour de lui. Hill n’avait pas besoin de ça, surtout pas à sa première journée. Il avait besoin de tailler sa place et de se faire respecter… Bon… Lentement, Snow décida de se rasseoir sur son banc, puis agrippa une cuisse de poulet qu’il tenta de manger à nouveau. Les murmures l’entouraient et rapidement, il sentit une cuisante frustration naître en lui. Il ne pouvait simplement pas rester là sans rien faire. C’était impossible. Sans plus de cérémonie, il jeta l’os de poulet dans son assiette en terre cuite et repoussa cette dernière sans ménagement avant de se lever à nouveau. Toutefois, au lieu d’aller à la rencontre du couillon, il traversa la pièce d’un pas rapide et sortit de la salle à manger à son tour.

Sullivan déambula dans les couloirs de Castle Black, cherchant Phoebe du regard alors que son cœur battait la chamade. Où était-il bon sang?! Étrangement, le patrouilleur immaculé craignait que son comparse ne fasse un truc incroyablement stupide : comme sauter l’entraînement de tout à l’heure ou tout simplement foutre le camp des rangs pour éviter les ennuis… Comme il l’avait préalablement fait avec la famille Lannister. Le hic, c’était que personne ne quittait les rangs de la Night’s Watch sans être considéré comme un traître et un déserteur. Souvent, la sentence était irrévocable et se concluait par une exécution. Merde, où était Hill?! Bifurquant dans un couloir adjacent, Snow laissa ses pas le guider sur les pavés de pierres froides jusqu’à ce qu’une silhouette solitaire ne se dessine enfin devant lui.

Appuyé contre le rebord d’une fenêtre, le regard porté vers l’extérieur, Phoebe semblait observer le décor hivernal du North, la mâchoire serrée de frustration. Ils étaient seuls dans ce couloir, les autres Frères Jurés profitant plutôt de la salle à manger pour se sustenter. Sullivan poussa un soupir de soulagement, puis passa une main dans sa chevelure platine avant de s’approcher d’un pas régulier du Westerman qui ne daigna pas lui jeter le moindre regard. Il était furieux, il pouvait le concevoir. Le silence verbal régna, uniquement rompu par les bruits de pas du patrouilleur qui ne cessèrent qu’une fois arrivé à ses côtés. Snow s’appuya dos contre le rebord de la fenêtre et scruta les traits de Phoebe qui, visiblement, évitait toute œillade en sa direction. S’il avait déjà subi des commentaires désobligeants de la part d’autres individus par le passé, jamais aucune allusion n’avait été faite sur son orientation sexuelle, alors il avait du mal à évaluer à quel point Hill était irrité ou atteint.

- Il va falloir foutre une bonne leçon à cet imbécile, fit doucement Snow pour rompre le silence glacial qui régnait. On ne peut pas laisser son impertinence impunie, autrement, il va profiter de ton inaction pour continuer de prendre avantage sur toi. Les couillons comme lui méritent une bonne raclée pour bien comprendre où est leur place…

La mâchoire de Phoebe sembla se compresser davantage, probablement envahi par une nouvelle vague d’irritation. Sulli devait procéder prudemment dans ses propos, autrement, il sentait son compagnon prêt à exploser à tout moment. Doucement, il se pencha un peu plus vers lui, dans le but évident de le forcer à tourner son regard en sa direction.

- Je vais t’aider, je t’assure. Il regrettera son affront…

Un léger silence régna… puis tout changea drastiquement! Phoebe explosa presque sous ses yeux, étalant sa frustration devant Snow qui ne broncha pas, hormis peut-être un léger mouvement de recul. Hill cracha son venin telle une vipère sur la défensive! Était-ce réellement étonnant? En fait, Sullivan s’attendait un peu à ce genre de réaction. Malgré la véhémence et l’irritation débordante du jeune bâtard de l’ouest, le zomane garda en tête une information cruciale pour l’empêcher de jeter plus d’huile sur le feu : sa haine ne lui était pas directement destinée. En fait, il s’agissait là d’un débordement relié à une accumulation trop longtemps gardée. Il avait vécu tant d’événements merdiques dans sa vie que cela ne pouvait résulter autrement qu’en une vive explosion de colère. Snow conserva un air mutin, laissant son compagnon se vider complètement le cœur jusqu’à ce que quelques propos ne le fassent tiquer davantage.

- Arrête, tu n’es pas seul. Je suis là que je sache… Laissa-t-il échapper d’un ton calme même si son amant des derniers jours ne semblait pas prêter attention à ses propos. Phoebe, calme-toi et écoute-moi…

Rien à faire. Au fond, était-ce réellement de la colère ou une peur panique de se voir à nouveau exclu d’un monde auquel il venait à peine de se greffer? Probablement un peu des deux en fait. Rien ne semblait pouvoir apaiser la véhémence de Hill, mais Snow avait besoin dans l’immédiat qu’il baisse le ton et reprenne son sang-froid! Jetant un bref regard circulaire autour d’eux, le bâtard des Stark fut tout de même soulagé de constater que ses éclats de voix n’aient attiré aucun curieux! Sans plus attendre, il agrippa le bras du Westerman et l’attira à sa suite en direction d’une porte solitaire, ce qui semblait être une sorte de placard à balais. Il ouvrit la porte, entra dans la pièce sombre et tira Phoebe à sa suite qui n’avait cessé de déblatérer ses propos furieux. Une fois à l’intérieur, il referma prestement la porte, puis glissa sans crier gare une main derrière la tête de Hill pour finalement l’attirer à lui. Sans préambule, Sulli plaqua ses lèvres sur celles de son comparse, le forçant ainsi à se taire d’une manière… tout de même agréable. Leur baiser dura de longues secondes, voir presque quelques minutes. C’est sans grand étonnement que le patrouilleur immaculé sentit son amant répondre à son contact, se pressant contre lui pour amenuiser l’espace les séparant. Au bout d’un petit moment, l’homme septentrional rompit le contact, reprenant son souffle par le fait même.

- Ça va? Tu t’es calmé? Souffla-t-il enfin du bout des lèvres, pour éviter qu’on ne les entende. C’est la manière la plus efficace que j’ai trouvée de te saisir un peu. Je suis sérieux, Hill. On ne peut pas laisser ce crétin s’en sortir sans rien faire. C’est important, autrement, il s’assurera que ta vie soit un véritable enfer, même ici. Et je ne pourrai le supporter, tu comprends?

Doucement, Sulli glissa ses doigts le long de la mâchoire de son compagnon et attendit que ce dernier lui fasse enfin part de ses impressions, plus calmement cette fois.

Phoebe Hill

avatar
Recrue / Bâtard Lannister
Voir le profil de l'utilisateur
Jeu 10 Aoû - 22:23
Phoebe méritait surement l’oscar de celui ayant réussi le plus souvent à se ficher dans un merdier pas possible au cours de sa vie. Dire qu’il avait espéré bénéficier d’un certain délai, quand même, avant de devoir expliquer ce qu’il était à ses nouveaux partenaires de vie. Mais non, il avait fallu que ses démons de Casterly Rock le précède. Difficile de se faire des amis, de se faire accepter, sur le mur lorsqu’on est si différent, lorsqu’on est d’origine noble et un bâtard qui plus est… alors disons que son homosexualité n’était pas un cadeau et qu’elle aurait été préférable plus discrète, du moins pour un instant.

Maintenant, c’était fichu. D’ici le prochain levé du soleil, tout ceux qui ne l’avaient pas entendu au déjeuner allait être au courant, les rumeurs circulent vite, surtout lorsqu’il n’y a rien pour les arrêter… parce qu’elles sont vraies! Enfin, presque, mais la nuance est bien trop subtile pour des simples d’esprits comme cette brute idiote qui l’avait «dénoncé». Le plus terrible, c’était de penser que la plupart d’entre eux étaient des criminels endurcis, des voleurs, des tueurs, des violeurs, mais c’était celui qui avait eu le malheur d’aimer les hommes plutôt que les femmes qui passerait le pire quart d’heure! Où était la justice dans son monde? *Mon père l’a profondément enfoncé dans le derrière de ma putain de mère avant qu’elle ne me parte et me laisse seul dans la cage des lions, afin de s’assurer que je ne connaisse jamais justice…* songea-t-il amèrement en marchant au hasard des couloirs du château, ne sachant pas trop vers où il se dirigeait puisqu’il n’avait pas encore eut le temps de se familiariser avec les lieux. Bon, en fait, il était surement perdu déjà, à marcher aussi vite, alors il finit par s’arrêter à une fenêtre pour essayer de se repérer. De très loin, il pouvait apercevoir le terrain d’entraînement où il était un peu plus tôt. Soupirant, Hill se dit au moins qu’il saurait se débrouiller pour y retourner, même s’il n’était pas encore certain de le vouloir. Certes, la punition s’il ne s’y rendait pas (et à l’heure) n’avait rien d’alléchante, mais il n’était pas encore certain de savoir ce qui était pire entre récurer l’armurerie au complet ou supporter les moqueries de ses compagnons…

Les dents serrées d’une colère (mais surtout d’une impuissance) que Phoebe ne savait pas comment défouler (ça ne lui avait pas servi la veille de frapper contre le mur… il avait besoin de son autre main!), la recrue entendit à peine les pas venant dans sa direction. Un peu dérangé dans sa contemplation frustré des quelques flocons qui avaient commencés à tomber du ciel, le westerman décida de ne pas se retourner. Il n’avait envie de parler à personne, et s’inquiétait surtout que ce soit quelqu’un venu l’emmerder, lui souligner gentiment que le mur n’était pas pour les gens de son espèce. Toutefois, ce fut la tignasse immaculée de Sullivan que Hill perçu du coin de l’œil lorsque celui-ci s’appuya au bord de la fenêtre. Bien qu’il puisse distinctement sentir le regard de Snow sur lui, le noiraud s’obstina à regarder dehors, il avait trop peur de laisser éclater injustement sa colère contre son seul allié s’il essayait de parler.

D’ailleurs, il aurait préféré le silence, le temps de se dépomper un peu, laisser rebaisser sa pression, mais le northman semblait bien décidé à lui montrer son support, même si ça n’aidait pas du tout au calme du mouton noir. Évidemment qu’il savait ce qui arriverait s’il ne réagissait pas… mais réagir pouvait aussi entraîner bien plus de complications! Combien de fois avait-il tenté de raisonner avec les balourds qui l’emmerdaient en Casterly Rock, pour finalement abandonner, vaincu par leur ignorance et leur dédain pour ce qu’il représentait… Phoebe se contenta de serrer les dents, se mordant la langue pour ne pas répondre… parce que s’il avait le malheur de commencer, ne serait-ce que de dire qu’il avait envie de casser la gueule de se couillon (comme s’il en était capable) alors son plaidoyer ne s’arrêterait jamais et la roue de sa haine continuerait de tourner. Il en avait tellement marre de se battre contre l’ignorance! Les doigts de Hill se serrèrent contre le bord de la fenêtre lorsque Sullivant lui assura qu’il l’aiderait à venger son affront, et malgré lui…

-À quoi bon merde! Un imbécile ne devient pas plus brillant après deux douzaines de claques dans la tronche, crois-moi j’ai déjà essayé cette technique! cria-t-il plus fort qu’il le voulait, faisant reculer Snow… cette stupeur de son ami aurait dû l’arrêter… aurait dû… mais une fois lancé… Et puis même si on arrivait à lui casser la gueule, ce dont je doute, sans que ses copains rappliquent et nous encerclent… il va arriver quoi après tu penses? On deviendra tous de bons copains? On pourra prendre le thé en discutant philosophiquement des différentes orientations sexuelles et le moyen de toutes les faire accepter dans la société? Ça va changer le monde! Eh bien NON! Je resterai isolé, rejeté et seul dans ce…

Sullivan tenta de l’interrompre, calme, beaucoup trop calme pour les nerfs de Phoebe, qui écouta à peine sa tentative d’encouragement, poursuivant sa diatribe comme si son vis-à-vis n’avait rien dit, de plus en plus bruyamment à chaque phrase qu’il terminait. Qu’est-ce que ça changeait, de toute façon? Personne dans les couloirs… Qu’est-ce que ça changeait, de toute façon? Tout le monde saurait ce soir!

-…château glacial où je me suis moi-même embourbé stupidement à cause de ma fantastique impulsivité, comme à mon habitude, et qui m’a valu de nombreux autres ennuis. Résultat, je me retrouve entouré d’autant de partisans qu’à Casterly Rock, avec en prime un lourdaud pour remplacer Aaron, parce que j’en avais besoin, évidemment. Je ne sais pas comment j’ai osé espérer pouvoir me faire accepter un tant soi peu ici qu’ailleurs, comme si j’avais la moindre chance, c’est partout pareil, sauf pour ceux comme moi! Si seulement les idiots de son genre pouvaient réaliser à quel point on est nombreux, seulement que je suis le seul à me manifester , il rirait un peu plus jaune! Je te paris qu’il y en a une bonne dizaine juste sur le mur bon sang, mais ils ne vont sûrement pas le dire, il faut être suicidaire! Ça attend la nuit tombée pour se retrouver dans la chambre de leur amant, ça étouffe la plaisir pour ne pas se faire prendre, sa se sauve furtivement et honteusement au petit matin et font semblant que ça n’est jamais arrivé! Des lâches! Ce n’est pas en se cachant que les gens finiront par comprendre que…

Lancé dans sa diatribe, Phoebe réalisa à peine que Sullivan lui avait pris le bras et l’avait attiré à l’écart, probablement pour éviter qu’ils soient entendus, bien que Hill s’en fichait bien, au point où il en était. Distrait, il ne constata même pas être caché dans un placard à balais.

-… n’est quand même pas un crime, c’est juste de l’amour! Pas bien différent de n’importe quel autre couple, plus passionnel seulement, plus vrai plus fougueux plus…

Bon, à défaut d’être capable de parler la bouche pleine, Hill fut forcé de se taire. Au début, il resta un peu choqué de ne pouvoir continuer à verser sa colère dans l’univers, mais il fut bien forcé d’admettre que c’était une façon de se calmer tout aussi efficace qu’hurler. Bon, il avait toutes sortes d’autres idées qui l’aiderait à se détendre (ou se tendre…) encore davantage, mais pour l’instant, la main de Snow dans ses cheveux lui suffisait, avec ses lèvres contre les siennes, son corps qu’il attira rapidement contre lui pour le sentir plus près… Oui, cela valait bien un doigt d’honneur à la loi de l’emmerdement maximum qui semblait peser sur lui. Dans un monde idéal, leur baiser ne se serait jamais arrêté, mais visiblement Sullivan avait toujours ce besoin élémentaire de respirer, au grand regret de Phoebe.

-Tu peux me ressaisir aussi souvent que tu veux, je n’en ai pas d’objections… marmonna-t-il mollement, avec une double allusion parfaitement volontaire, sans avoir ouvert les yeux en espérant que leur baiser recommence. D’ailleurs je ne suis pas encore certain d’être tout à fait calme, il en manque un peu.

Le westerman posa sa main sur celle de Sullivan qui lui caressait la mâchoire, les yeux toujours fermés, prenant, pour une fois, le temps de réfléchir avant de lui répondre. Est-ce qu’il comprenait? Peut-être que oui, mais il avait la trouille de se faire des illusions sur ce qu’avait voulu dire Snow, et préférait donc ne pas répéter ce qu’il pensait comprendre de son envie de l’aider. Se concentrer plutôt sur le comment il pourrait de débrouiller pour faire payer cet idiot, c’était encore plus sécuritaire… pour sa santé mentale. À la limite de l’inconscience, la main de Phoebe porta celle qu’il tenait à ses lèvres, sans l’embrasser, juste pour en savourer la texture. Son autre bras était toujours dans le dos du corbeau, où elle s’était logée lors de leur baiser pour le rapprocher de lui et d’où elle refusait de partir, les laissant dans une proximité étourdissante…

-Et t’as un plan? Pour lui faire mordre la poussière… chuchota-t-il sans éloigner la main de Sullivan de sa bouche, la caressant du bout des lèvres en parlant. On pourrait bien lui casser les couilles, ce n’est pas ce qui va suffire pour changer son opinion. Personnellement, j’opterais plutôt pour la honte, question que les gens aient autre chose à jaser que ma personne dans les prochains jours. Sauf que, même si je suis expert pour les sals coups, me faire prendre si tôt après mon recrutement serait cher payé.

Sans lâcher la main de Snow, Phoebe se résigna enfin à rouvrir les yeux afin de constater deux choses : d’une, il ne voyait pratiquement rien dans l’obscurité épaisse du placard, mêmes le regard excessivement clair de Sullivan était difficile à percevoir. De deux, leur proximité ne s’était pas amenuisée, ils étaient toujours excessivement proches, et le visage du northman engloutissait toute la vue de Hill. Soupirant, il ferma à nouveau les yeux en libérant les doigts de son ami, mais pas son corps, seulement pour mieux imiter le geste de celui-ci quelques secondes auparavant, en mettant sa main derrière sa tête pour l’attirer vers lui et l’embrasser tout aussi chaudement. Ça ne servait à rien de résister, de toute façon, il était évident que, même les yeux fermés, le corps tout entier du mouton Lannister ne désirait qu’une seule chose très particulière.

-Tu sais, j’espère, que tu t’ai fichu dans le pétrin, là, hein? murmura Phoebe en reculant à peine ses lèvres de celles de Sullivan. Pas seulement en t’isolant avec un vrai pédéraste dans un placard au milieu d’un couloir vide, et que celui-ci à encore fichtrement envie de toi, mais aussi parce qu’en me suivant tout à l’heure, tu as surement attiré l’attention. Maintenant, ils vont te mettre dans le même panier que moi.

Machinalement, les mains de Hill, dans le dos de Snow, glissèrent vers le bas, caressant une forme au rebondi agréable, avant de remonter lentement sous sa tunique et effleurer la peau qui se tendait sous les muscles frémissants. Ces ignares n’avaient pas la moindre idée… Phoebe recommença à caresser la peau de Sullivan du bout des lèvres, à côté de sa bouche, sur son menton, sous sa mâchoire, dans son cou, tout en chuchotant.

-Si seulement ils savaient, ce qu’à d’excitant l’étreinte d’un homme, ce que la virilité en caresse a de si extatique. Pourquoi tu me fais ça, au juste, Sullivan? Te rendre aussi désirable pour te dérober ensuite? Tu n’ai… pas prêts… soupira Phoebe en se retirant à regrets, ne rouvrant les yeux que lorsqu’il eut tourné le dos à Snow et se fut éloigné d’un pas, la main sur la porte du placard. Bien que l’idée de me venger m’enchante, ça n’arrangera pas vraiment mon cas, c’est un peu trop tard pour ça. Faire comprendre à tous que je ne suis pas pire qu’eux, ce serait suffisant, mais même si je n’ai jamais fait de mal à personne, j’ai bien peur que ma différence soit dure à avaler. Enfin, on peut toujours retourner aux cuisines, attendre qu’il soit seul, l’attacher, l’enfermer dans ce placard et lui faire rater l’entraînement pour qu’il se tape la corvée, ça peut être drôle, si on ne se fait pas prendre. Avec un peu de chances, il sera lui-même la victime des moqueries lorsqu’il «sortira du placards».


Sullivan Snow

avatar
Patrouilleur / Bâtard Targaryen / Zoman
Voir le profil de l'utilisateur
Mar 22 Aoû - 15:57
Malgré la pénombre du placard, Sulli pouvait très bien deviner l’expression qu’arborait probablement ouvertement son compagnon du moment. Juste ses propos en disaient long sur sa façon de penser et Phoebe attendait probablement une suite à leur baiser imminent. Les doigts du Westerman vinrent s’entrelacer aux siens et caressèrent la peau diaphane du bâtard des Stark avant de porter la main de ce dernier à ses lèvres dans un frôlement très léger. La poigne solide de Hill était restée fichée dans le creux des reins du patrouilleur afin de le maintenir solidement contre lui dans une étreinte où trônait toujours une passion indéniable. Conservant cette proximité frôlant les limites de la décence, la recrue lui demanda s’il avait un plan pour faire payer l’idiot qui avait osé le ridiculiser devant public. Sullivan laissa son cerveau fonctionner à cent mille à l’heure, tentant de trouver la solution la plus efficace pour dévier l’attention de Phoebe vers ce connard de service. Toutefois, avant qu’il ne puisse émettre la moindre hypothèse, son compagnon de placard prétendit que l’humiliation était de loin la meilleure des solutions. Visiblement, il avait raison! Autrement, se contenter de tabasser l’ignare ne servirait pas à grand-chose sauf attiser encore davantage ses foudres. Bon, vite comme ça, aucun plan ne lui venait en tête, mais il allait assurément réfléchir sur le sujet.

- T’inquiète, je peux m’arranger pour prendre le blâme en cas de pépin, chuchota-t-il. Et te fais pas trop de soucis pour moi. Mon dossier est sans tache et j’ai toujours été un bon élément, alors je doute que les conséquences soient si désastreuses si on me prend à faire chier une recrue qui le mérite… Dans tous les cas, donnes-moi un peu de temps pour réfléchir et nous trouverons bien une façon adéquate de lui faire regretter son insolence.

Bien sûr, il était à parier que Phoebe allait refuser son offre de prendre le blâme, mais personnellement, il n’en avait rien à faire. Il ferait à sa tête, un point c’est tout. Et puis… que risquait-il réellement hormis une corvée de merde comme celle qu’il avait écopée la veille? De toute évidence, les conséquences seraient bien moins néfastes pour lui que pour une recrue comme Hill. Pourquoi faisait-il tout ça au fait? Il avait du mal à se l’expliquer. Outre le fait qu’ils avaient été amants d’une nuit, Snow avait ce sentiment au fond de lui qu’il devait faire des efforts pour son comparse. Peut-être était-ce parce que personne n’avait réellement jamais pris la peine de comprendre le point de vue du bâtard des Lannister, voir même juste prendre son parti? Bref, il n’avait étrangement pas envie de faire partie de cette caste de personnes qui abandonnaient si vite le chevet du jeune homme à la chevelure d’ébène.

Au vu de leur proximité effarante, Snow pouvait sentir le souffle presque court de Hill sur son visage, témoignant ainsi de son désir évident pour sa personne. Okay… l’idée de faire plus dans ce simple placard lui traversa vraisemblablement l’esprit, il fallait bien l’admettre! Après tout, il n’était pas fait en bois et son corps réagissait en conséquence de ces pensées lubriques qui hantaient sa pensée bien malgré lui. Est-ce que Hill s’en était rendu compte? Assurément… Ou pas? Après tout, il était à parier que ce dernier aurait émis volontiers un commentaire salace dans la situation où ils se trouvaient tous deux. Phoebe libéra sa main, toujours prisonnière de ses doigts empreints de douceur, puis vint loger sa poigne derrière sa chevelure de neige, l’attirant dans une ultime étreinte afin de partager un nouveau baiser beaucoup plus chaleureux que le premier. Inutile de préciser que Sulli offrit une bien piètre résistance, répondant beaucoup trop bien à ce contact langoureux. Et puis, à sentir la raideur soudaine qui envahissait la recrue sous la ceinture, il put comprendre sans le moindre mot supplémentaire qu’il avait tout autant d’idées saugrenues derrière la tête.

Rompant le contact qui devenait un peu trop enivrant, le lion noir chuchota presque trop suavement quelques propos qui, malheureusement, émoustillèrent un peu plus le bâtard du Nord. Ouf, il faisait chaud soudainement dans ce fichu placard, pas vrai? Ou alors c’était les trop nombreuses couches de vêtements qui rendaient le corps du guerrier beaucoup trop bouillonnant… oui ça devait être ça!

- Si tu savais à quel point je m’en fou, grogna-t-il en réponse aux propos de son amant de quelques jours. Ils peuvent me mettre dans le panier qu’ils voudront, je m’assurerai qu’ils n’oublient pas qui je suis de toute façon. Et puis… personne ne nous a vu entrer dans ce placard… alors jusqu’à preuve du contraire, aucune affiliation claire ne peut être faite.

Les mains langoureuses du Westerman glissèrent dans le bas de son dos, agrippant avec envie la forme rebondie de son fessier, plaquant encore plus le bassin de Sulli contre le sien dans un geste tout calculé. Okay… il devait garder la tête froide malgré la trop chaleureuse proximité de son vis-à-vis, sinon il perdrait tous ses moyens et il ne fallait pas oublier qu’ils devaient éventuellement retourner à l’entraînement! Pourtant, Phoebe n’aidait en rien sa cause, remontant ses doigts habiles sur son bassin pour les glisser sous les nombreuses épaisseurs de tissus afin de caresser la peau frémissante de ses abdominaux qui se contractèrent naturellement d’envie. La bouche du pédéraste explora la commissure de ses lèvres en un toucher trop délicieux, glissant le long de sa mâchoire, puis s’aventurant le long de sa gorge. Sulli laissa échapper un soupir de satisfaction bien malgré lui et resserra son étreinte sur son amant afin de le lover contre lui. Oh là… c’était une mauvaise idée tout ça! N’importe que pourrait débarquer à tout moment, les prenant en flagrant délit bien malgré eux!

Les propos soufflés de la part de Hill avaient ce petit quelque chose d’excitant qui fit un peu grogner le patrouilleur. La raison était en train de quitter momentanément son esprit, laissant place à une boule d’hormones incontrôlables. D’ici quelques secondes, il ne répondrait plus de rien et plaquerait son partenaire contre la paroi du placard pour profiter pleinement de leur solitude improvisée dans le but d’accomplir des méfaits peu recommandables. Toutefois, le soupir poussé par Phoebe (de résignation, fallait-il le préciser) mit rapidement la puce à l’oreille du bâtard du Nord et c’est avec une précipitation désolante que le sang-mêlé des Lannister se recula, rompant tout contact entre eux. Snow se sentit déboussolé un instant, se demandant bien ce qui se passait et pourquoi tout s’était soudainement arrêté. Ah oui… Ses propres commentaires de la veille (et de ce matin) le rattrapaient aussi vivement qu’une gifle propulsée à une vitesse fulgurante! Que… quoi? Ils arrêtaient tout, là, tout de suite?! Au fond de son être en ébullition, il savait que Hill avait raison. S’il poussait sa chance plus loin que les limites qu’il désirait s’imposer, il en viendrait peut-être à regretter… surtout à tête refroidie. Au fond, ne venait-il pas de goûter à la médecine qu’il imposait lui-même au sudiste?

De par sa gestuelle, il comprit que Hill s’était retourné, dans le but évident de sortir de leur cocon d’intimité. Ces gestes étaient probablement effectués à contrecœur, Phoebe étant visiblement soucieux de simplement respecter sa volonté… chose qu’il regrettait un peu amèrement dans l’immédiat. Le lion noir émit une autre hypothèse de vengeance (bien qu’il semblait peu enclin à vouloir porter ses menaces à terme) plus simple dans l’immédiat, mais qui ferait suffisamment le travail pour remettre l’imbécile à sa place.

- Pas... bête, rétorqua-t-il d’une voix rauque et chargée d’incertitude, signe qu’il avait été chamboulé jusqu’au plus profond de lui-même. Suffit de le menacer entre temps et de le laisser se ridiculiser pour qu’il te foute la paix pendant un moment. S’il voit que tu peux te montrer aussi intraitable que lui, il y repensera deux fois. La vengeance est un plat qui se mange froid, pas vrai? Je sais que tu ne veux pas t’abaisser à leur niveau, mais dans un environnement comme le nôtre, c’est un peu nécessaire pour gagner leur respect, tu sais…

Le patrouilleur se racla la gorge, soucieux de retrouver un peu de contenance en premier lieu. Il sentait son partenaire sur le point de sortir du placard (douce ironie), mais ce dernier sembla émettre un temps d’arrêt.

- Je doute que ce soit déjà temps de revenir sur le terrain d’entraînement, ne put-il s’empêcher de laisser échapper. Enfin, en même temps, ce serait étrange si nous sortions tous les deux de cet endroit en même temps…

Les mains dans les poches et un air embarrassé en prime au visage, le jeune Snow sautilla très légèrement sur place, comme s’il… comme s’il pensait faire quoi au fait? Espérer que le tout dégonfle plus rapidement? Ce n’était pas comme ça que ça fonctionnait, malheureusement. Il devait d’abord cesser d’avoir ces foutues images mentales indécentes en premier lieu! Il devait simplement se calmer pour faire diminuer l’ébullition de ses veines et tout le reste suivrait naturellement. Pourquoi est-ce que Hill hésitait tant avant de sortir? Assurément, il devait réaliser ce qui se passait… Ainsi, la question balancée à la volée en sa direction ne fut pas des plus surprenantes, compte tenu du côté railleur naturellement suscité chez le lion noir.

- Non, ça va, je ne tiens pas particulièrement à sortir en premier… Maugréa-t-il en s’appuyant dos contre la paroi du fond du placard. Pas tout de suite… Ce n’est pas le moment… crois-moi.

Après tout, il était hors de question qu’il se pointe dans le couloir de Castle Black en pleine érection sous son pantalon! Le moindre doute à son égard en serait automatiquement justifié! Évidemment, Phoebe étant loin d’être un imbécile comprit immédiatement son allusion. Les railleries allaient suivre de bon train, il en était persuadé! Ainsi, il n’était pas si étonnant d’entendre le nordiste soupirer, ce qui témoigna bien du brin d’exaspération qu’il ressentait. Après tout, Sullivan était un homme bourré d’orgueil, ce qui était loin d’être une surprise en soit!

- Peut-être ai-je demandé du temps, mais je ne suis tout de même pas fait en bois non plus, Phoebe, marmonna-t-il en réponse aux taquineries évidentes de l’autre bâtard. Naturellement, le guerrier immaculé détourna la tête sous l’embarras d’être aussi faible au contact de son vis-à-vis. Non, mais à quoi t’attendais-tu, tout de même, en jouant de tes mains baladeuses, comme ça? Enfin, je suis conscient que je suis le premier à nous avoir planqué ici et tout, mais… Bref, j’y peux rien!

Malgré son ton un brin outré, Sullivan avait soufflé ses propos avec soin pour éviter que d’éventuels passants ne puissent les entendre. Après tout, ils n’avaient foutrement pas besoin, dans l’immédiat, qu’on les trouve ensemble, raides comme des barres d’acier. Peut-être était-ce le fait que Phoebe s’éternisait à ses côtés, dans ce lieu clos, mais Snow ne se sentait même pas sur le point de se refroidir! Ah merde, c’était quand même gênant, tout ça! Voilà qu’il avait du mal à se contrôler, comme un adolescent en rut, alors qu’il avait, jusque-là, tenté de les convaincre (lui et Pho) que tout ça était une foutue de mauvaise idée. Il était toujours persuadé que rien de bon ne sortirait de cette histoire, mais le corps et la tête étaient souvent deux entités bien distinctes. Surtout quand leurs désirs entraient en conflit d’intérêt, comme maintenant.

- Tu… heu… tu devrais sortir. Parce qu’au rythme où vont les choses… je suis pas prêt de quitter ce placard avant un petit moment… Tu sais… Le temps de m’éclaircir les idées. Visiblement, tu n’es pas le seul à être sensible à ma présence… L’inverse est également vrai. Allez, merde, on n’a pas que ça à faire, attendre! J’ai du mal à voir la tronche que tu tires vu l’obscurité du placard, mais avoue que ça t’amuse maintenant, hein?

Un sourire en coin se dessina malgré lui sur ses lèvres, imaginant bien la tronche victorieuse que pouvait tirer Hill, à quelques centimètres de lui.

- Et puis… faudrait pas oublier cette vengeance dont nous avons discuté… Y a un connard qui doit payer pour t’avoir manqué de respect!

Phoebe Hill

avatar
Recrue / Bâtard Lannister
Voir le profil de l'utilisateur
Mer 23 Aoû - 20:58
Bien sûr, même si l’attention était particulièrement touchante, Phoebe refuserait que Sullivan prenne tout le blâme pour lui, s’il devait se venger il en prendrait toute la responsabilité, surtout question de s’assurer que personne ne vienne ficher la merde avec lui ensuite, et parce qu’il ne voulait pas que les autres pensent qu’il avait besoin d’un gardien pour surveiller ses arrières. Mais pour l’instant, il lui semblait inutile de protester là-dessus, puisque de toute façon il avait encore les pensées très loin de cette situation, dans une scène tout à fait inappropriée mais oh combien agréable à imaginer. Pour quelqu’un qui prétendait avoir besoin de réfléchir à ces changements qui s’opéraient en lui, Sullivan n’avait pas l’air très inquiet que tout le monde soit au courant… Qu’on les ait vus ou pas ensemble ne changeait pas grand-chose, selon Hill, c’était plutôt qu’on ne les ait pas vus au dîner qui allait déclencher les rumeurs. Il n’en fallait généralement pas plus que ça! Enfin, s’il avait déjà une bonne réputation, cela pouvait encore être accepté, contrairement à lui qui débarquait tout fraîchement avec un lourd bagage à faire avaler aux autres.

C’était le soupir de Snow qui avait obligé Phoebe à s’éloigner, parce qu’il savait qu’il était en train de le gagner, justement, mais ne jugeait pas qu’il en avait le droit. Encore une fois, pour la troisième fois au moins depuis qu’il l’avait rencontré, il abusait de la situation, une attitude malsaine qu’il ne se connaissait pas. Sullivan avait une limite à respecter, mais comme n’importe quel être humain, les caresses ne le laissaient pas de glace… Difficile, à ce moment-là, de repousser son amant, ce fut donc Hill qui s’en alla, bien qu’à regret, s’étant promis d’attendre que l’autre lui fasse signe en premier. Ce que c’était souffrant! Voilà pourquoi il avait immédiatement changé le sujet, espérant arrêter lui-même d’y penser et calmer son corps en ébullition, mais c’était sans compter le ton de la réponse du blondinet, qui discutait de sa vengeance visiblement à contrecœur, comme s’il était… déçu que tout ce soit arrêté. *Mais alors dis-le moi, bon sang, si tu veux que je continue idiot!* Malgré toutes ses qualités, le mouton noir ne savait quand même pas lire dans les pensées!

Le temps avait-il passé si vite qu’ils n’auraient pas le temps de mettre leur vengeance à exécution immédiatement? Apparemment pas, tant pis, il faudrait se reprendre plus tard, de toute façon Sullivan avait raison, c’est un plat qui se mange froid, elle sera plus savoureuse dûment mijoter… Les idées tentatrices qui envahissaient l’esprit de Phoebe, par contre, étaient belles et bien meilleures chaudes! Le pire, c’est qu’il risquait de manquer de temps pour se calmer avant le début de l’entraînement, même s’il faisait un froid de canard hors de ce placard. Avant de partir, Hill lança une œillade équivoque à son «ami», constatant avec un sourire démesuré qu’il était dans le même pétrin que lui… et que c’était un peu beaucoup de sa faute.

-Eh bien je te laisse tout le plaisir d’arriver sagement le premier comme un bon petit patrouilleur, se moqua-t-il en bouillant littéralement d’envie de lui sauter dessus à nouveau.

Oh, il ne voulait pas sortir en premier? Et lui donc! Ils étaient amanchés de la même façon, au cas où il ne l’aurait pas remarqué! Il était hors de question de sortir et risquer de tomber nez à nez avec le lourdaud de tout à l’heure alors qu’il était bandé comme un taureau! Et puis, se moquer de Sullivan ne l’aidait même pas à se détendre, au contraire ça lui donnait encore plus envie.

- Peut-être que si on va tout les deux se la mettre dans la glace on arrivera fonctionnels à l’entraînement? C’est difficile pour moi de savoir ce que tu veux dans cet état, ta bouche dit un truc et ton corps une autre. Tu sais que si tu insiste je reste hein ? continua-t-il de le narguer, ce qui fit soupirer Sullivan, lequel spécifia qu’il n’était pas fait en bois quand même. J’en doute, ça m’avait l’air assez solide, ricana Phoebe, qui n’avait vraiment pas la moindre envie de partir.

Aussitôt, Snow insista pour qu’il parte, lui assurant qu’il mettrait du temps à partir si Hill restait avec lui et qu’il devait s’éclaircir les idées pour se calmer. Évidemment que Phoebe lui tirait un sourire fendant, qu’il ne pouvait pourtant pas voir, parce qu’il était en train de se l’imaginer faire autres choses que «s’éclaircir les idées» pour régler son problème de virilité excessive. Quant à l’idée de se venger, elle était maintenant très loin dans la tête du bâtard Lannister. Oh, il n’avait pas pardonné à l’enfoiré et comptait toujours lui remettre la monnaie de sa pièce, mais tout à coup ça lui semblait bien moins pressant, un projet à long terme. C’est simple, il était incapable de rester fâché dans cette situation cocasse (et excitante) et toute sa haine avait donc été refoulée très loin.

-On n’aurait pas le temps avant de l’entraînement de toute façon, c’est toi qui l’a dit… Par contre y a bien un autre truc qu’on aurait le temps de faire, enfin si on se dépêche, et qui aurait l’heureux effet de régler notre problème à nous deux… chuchota-t-il sensuellement en surveillant les réactions de Sullivan, même s’il ne le voyait pas clairement, il pouvait deviner son désir allumé dans le regard. Ce sera plus amusant que te soulager tout seul dans ce placard, et franchement moins frustrant, tu ne penses pas? À moins que tu aie encore besoin de réfléchir?

En deux pas très lents, Phoebe avait déjà franchi la distance qui les séparait, mesurant son rythme pour s’assurer de donner le temps à Snow de réagir, ce qu’il ne fit pas. Le mouton noir glissa un doigt un peu hésitant, malgré l’assurance de ses paroles, sur le côté du visage de son amant, prenant beaucoup trop son temps alors que, en théorie, le temps pressait. Mais il n’avait pas envie de le brusquer! Seulement, en tant qu’homme normalement constitué (sisi, son orientation ne change rien !) il ne pouvait pas s’empêcher de se sentir coupable de laisser son ami dans cet état sans l’aider… par compassion il devait le finir, c’était la moindre des choses, non?

-Si tu dois changer d’idée fait le tout de suite, dis-moi de partir, parce qu’on n’a pas le temps de s’éterniser… murmura-t-il avec beaucoup plus d’espoir que de moquerie. Ou alors on sera bon tous les deux pour astiquer l’armurerie de Castle Black… et je fantasme beaucoup plus à l’idée de t’astiquer ton armement, n’en déplaise… lâcha-t-il dans un rire étouffé, ses lèvres à proximité de l’oreille de Sullivan, ayant trop peur d’être entendu du couloir.

Faute de protestations, Phoebe repris la place qu’il avait abandonnée plus tôt, solidement accroché au blondinet, ses mains caressants les muscles de ses abdominaux sous sa tunique. AAAAH mais ils n’avaient même pas le temps pour ça! Pressé, Hill détacha rapidement les pantalons de Snow, les laissant tomber à ses pieds, puis emprisonna solidement, de sa main saine, la virilité délicieuse, alternant la douceur et la vigueur avec un empressement difficile à dissimuler. Inquiet que quelqu’un entende le plaisir de son amant, il plaqua à nouveau ses lèvres sur les siennes pour le faire taire, mais aussi parce que ça lui plaisait de le faire, alors que la main blessée caressait sagement les côtes et les fesses de Sullivan.

*Et au pire... on sera en retard?* songea-t-il avant de réaliser que non. Le pire, ce serait de se faire prendre...


Sullivan Snow

avatar
Patrouilleur / Bâtard Targaryen / Zoman
Voir le profil de l'utilisateur
Mer 6 Sep - 11:59
*** PUBLIC AVERTI ***



Il devait admettre être un peu malaisé par la propre tension qui régnait au fond de son caleçon. Ultime signe de son désir évident, il était hors de question qu’il s’aventure dans les couloirs de Castle Black tant que le tout ne se serait pas calmé! Il avait un minimum d’orgueil, quand même! Baissant la tête vers l’avant et fixant (du mieux qu’il pouvait malgré l’obscurité) le bout de ses pieds, Snow tenta de chasser les pensées qui assaillaient son pauvre esprit faible. Penser à un truc désagréable… Penser à un truc désagréable… La vieille apothicaire de Winter Town avec ses dents pourries, peut-être? Erk… Effectivement, l’image mentale qu’elle offrait n’était en rien appétissante, voire qu’elle lui levait un peu le cœur. Il était sur une bonne lancée! Il devait continuer comme ça et bientôt, son envie charnelle disparaîtrait!

Enfin… ça, c’était si Phoebe voulait bien donner du sien, ce qui n’était visiblement pas le cas! D’ailleurs, les propos qu’il susurra en sa direction – avec une intonation beaucoup trop sensuelle pour le laisser de marbre – eurent tôt fait de raviver le brasier interne qui le consumait depuis tout à l’heure! Non, mais il le faisait exprès ou quoi?! Erh… Dans ce cas-ci, poser la question, c’était également y répondre, non? Bien sûr qu’il le faisait exprès! Il n’attendait que ça! Un air incertain au visage, Snow se mordilla la lèvre inférieure et jeta un regard à son compagnon qui trahissait le fond de sa pensée, bien malgré lui. La vérité, c’est qu’il en avait foutrement envie! Beaucoup trop pour l’ignorer totalement. Mais le temps leur manquait… Alors ils allaient devoir faire vite et s’en tenir à la… base? Devant son manque de réactivité, Hill en profita pour se rapprocher de lui en deux pas bien calculés, puis glissa une main terriblement douce sur sa joue un peu rugueuse. Instinctivement, Snow releva la tête pour faire face à son amant et put sentir avec une certaine délectation le souffle du bâtard de l’ouest sur son visage.

Une nouvelle requête fut formulée en un souffle, faisant frissonner le Northman qui se voyait dans l’incapacité la plus totale de repousser son vis-à-vis. Sa tête lui hurlait de quitter dans les plus brefs délais alors que son corps, lui… ne lui obéissait tout simplement plus. La bouche de Phoebe se rapprocha de son oreille et lui susurra des propos totalement indécents ponctués d’un petit rire étouffé. Okay… Okay il faisait beaucoup trop chaud maintenant! Bien qu’il faisait plutôt sombre dans ce foutu placard, Snow devina que sa peau laiteuse devait assurément avoir revêtu une teinte rivalisant avec les plus belles tomates du sud. Sullivan ouvrit la bouche pour tenter un semblant de protestation, mais aucune parole ne quitta ses lèvres fines. Ainsi, ce fut sans grande surprise que Phoebe considéra ce mutisme comme autant d’encouragements à poursuivre!

La poigne de son amant entoura son corps musclé, le ramenant contre lui. Bon… inutile de préciser que Sulli avait maintenant perdu toute contenance? Les doigts agiles du Westerman s’aventurèrent sur ses abdominaux, le poussant à frissonner d’envie une nouvelle fois. Eh merde! Tant pis! Ils y étaient, alors autant s’abandonner, non? Le patrouilleur glissa une main dans la tignasse corbeau de son compagnon de placard et le rapprocha de lui, laissant sa bouche s’aventurer sur sa mâchoire où naissait à peine une repousse de barbe. Ses lèvres se dirigèrent ensuite vers son oreille avant de glisser le long de sa gorge pour se rendre vers l’encolure de son manteau. Les caresses sur ses abdominaux cessèrent brutalement, les mains de Phoebe s’aventurèrent rapidement sur la boucle de sa ceinture qu’il s’affaira à défaire dans les plus brefs délais. Dans une agilité étonnante, le lion noir détacha le tout et poussa le lourd morceau de vêtement à s’écrouler directement au sol.

Spoiler:
 

Bon… Les deux amants restèrent lovés l’un contre l’autre un petit moment et Sullivan releva la tête pour aller quérir un nouveau baiser sur les lèvres de Hill. Ils reprirent leurs esprits pendant un bref moment, puis l’urgence de la situation leur revint rapidement en tête. Eh merde! Ils devaient faire vite!! Sulli se campa à nouveau solidement sur ses pieds, puis farfouilla frénétiquement le placard les entourant à la recherche d’un torchon leur permettant de se nettoyer. Sa main se referma sur le morceau de tissu, puis il nettoya son gâchis corporel et invita Pho à faire de même le plus rapidement possible. Snow remonta son pantalon sur ses hanches, refermera la fermeture, puis boucla sa ceinture pendant que Hill s’affairait à se nettoyer à son tour.

- Faut faire vite, murmura-t-il. On va être en retard! Mais je t’assure qu’on va te venger de ce connard. Dès ce soir, idéalement.

Est-ce que la voie était sûre pour leur permettre de quitter? Où étaient leurs compagnons d’armes? Il y avait une façon sûre de pouvoir faire une petite vérification à ce niveau! Relevant la tête, Snow sembla fixer un point droit devant lui. En fait, vu de l’extérieur, il sembla s’être figé comme une statue… Mais la situation était tout autre. Sa vision s’éteignit sur sa réalité actuelle pour fusionner avec un rapace qui était perché sur l’une des corniches externes de Castle Black. La chouette lissait ses magnifiques plumes blanches, puis roucoula alors qu’elle tourna ses prunelles dorées en direction de la cour extérieure. En un battement d’ailes, elle gagna de l’altitude et survola le terrain d’entraînement. D’où elle était, Pandore put offrir une vue imprenable des lieux, laissant entendre à Snow que leurs comparses étaient déjà en train de gagner l’extérieur. L’entraînement n’avait pas débuté, mais presque tout le monde était sorti… Il fallait faire vite!!

Snow rompit le contact spirituel qui le liait à sa chouette harfang des neiges, puis secoua la tête pour retrouver contenance. Il tourna ensuite la tête vers le bâtard des Lannister, puis s’assura qu’il était bien vêtu avant de lui saisir le bras.

- Il faut y aller, tout le monde est dehors, ou presque! Vite!

Sullivan entrouvrit la porte du placard, puis jeta un bref coup d’œil au couloir pour finalement réaliser que la voie était libre. Parfait! Sans plus de préambule, il sortit du placard (huhu~) et détala dans le couloir. Les bruits de pas de Phoebe lui confirmèrent que son compagnon n’était pas loin derrière. Bon, ils n’avaient pas eu le temps de discuter de ce qui venait de se passer, mais ils en auraient amplement le temps le soir venu! Le corbeau immaculé bifurqua vers la droite et courut à en perdre haleine vers le hall qui les mènerait à l’extérieur.

Au bout d’un moment, le patrouilleur et la recrue jaillirent de l’établissement, s’approchant d’un pas ralentissant de l’agglomération de guerriers qui se réunissaient autour de l’entraîneur. Ouf! Ni vu, ni connu! Ils allaient rester derrière et ainsi, éviter d’attirer l’attention sur eux! L’air de rien, Snow s’arrêta derrière ses comparses et croisa ses bras sur sa poitrine tout en ramenant son attention sur le responsable de l’entraînement qui beuglait déjà ses consignes. Malgré tout, le Northman ne put s’empêcher de jeter un regard en coin en direction de l’homme de l’ouest, esquissant un sourire en sa direction alors que le contact visuel se fit entre eux.

Pour une fois, ils s’en sortaient incognito. Ça ne pouvait pas toujours mal aller, non? Et puis, quelque chose lui disait que cette fois-ci en serait une parmi tant d’autres…
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Sauter vers: