Revenir en haut Aller en bas


Tagada Tagada!
 :: Westeros :: North

Phoebe Hill

avatar
Bâtard Lannister
Voir le profil de l'utilisateur
Mer 14 Juin - 19:44
-Ramenez-moi ce bâtard! Bloquez l’accès à la Goldroad et la Searoad, il prévoit ficher le camp dans le sud!

Phoebe grogna en entendant ce cri résonner dans la cour, alors qu’il talonnait son fidèle destrier Dagobert, fuyant l’écurie du château. Jurant mentalement, il se demanda où il s’était trompé, il était pourtant certain d’avoir été discret, autant lorsqu’il avait pigé dans le trésor familial pour empocher quelques pièces afin de payer son voyage (et avouons-le, se la couler douce pour quelques années…) que lorsqu’il avait scellé, lui-même pour ne pas demander à un palefrenier, Dagobert. En sortant du château, Hill avait le choix d’emprunter la River Road, qui traverse les Riverlands jusqu’au Vale of Arryn et croise la King’s Road en direction du North… ou alors celle du sud, qui se divisait en deux : la Searoad (qu’il comptait emprunter pour rallier le Sud) et la Goldroad qui l’aurait dirigé droit vers King’s Landing (mauvais plan évidemment).

Maintenant, quelqu’un devait avoir trahi ses plans, parce que des gardes s’agglutinaient déjà à bloquer le chemin menant vers le sud. Maugréant intérieurement, Phoebe se résolu à prendre la River Road, se disant qu’il trouverait bien une solution pour descendre au sud éventuellement. Toutefois, alors que les jours s’écoulaient, puis les semaines, il en vint à éliminer toutes les possibilités. D’abord, on le cherchait partout, alors prendre un bateau dans un port des Riverlands pour contourner le continent par l’ouest n’était pas un bon plan, il passerait immanquablement par un port des Westerlands où il aurait tôt fait d’être repéré. Descendre la King’s Road par le sud, lorsqu’il l’atteindrait, n’était pas un bon plan non plus : il croiserait tous les villages d’importance ainsi que la capitale, et la nouvelle de sa fugue et de son crime allait certainement s’y rendre avant lui. Alors, il n’avait d’autre choix que de continuer à faire cavalier seul et se terrer jusqu’à ce qu’on l’oublie et qu’il puisse traverser le continent ni vu ni connu! Plus facile à dire qu’à faire, le bâtard a beau savoir se battre, il ne dispose pas d’un grand éventail d’aptitudes de survie, et s’il n’a pour l’instant pas encore été reconnu dans les auberges qu’il a fréquenté parce qu’il devance ses poursuivants de quelques jours, ce ne sera pas toujours le cas.

Il restait donc le North, où on avait bien peu de chances de faire attention à lui… La voix de Sullivan, profondément ancrée dans ses souvenirs, lui répéta son invitation faite il y a quelques semaines (ou était-ce depuis des siècles? ) « Si tu décidais de passer au North pour n’importe quelle raison, n’hésite pas à visiter le Gift.» À nouveau, Phoebe jura intérieurement. Il détestait le froid, et il n’y avait aucun territoire plus élevé en latitude que le Gift. Pourtant, c’était la solution à son problème : quitter Westeros serait pour l’instant trop périlleux, mais il devait quand même être inatteignable… Hors, le Gift n’appartient pas aux sept couronnes et de ce fait ne répond pas au Roi ni à aucun Lord, fut-il le plus riche du continent. Là-bas, il aurait la paix, de toute façon son père ne le penserait jamais assez fou pour aller se cacher dans le froid éternel… Mouais, en fait même lui doutait d’être assez fou, honnêtement.

Et pourtant, après une longue chevauchée, c’est le nord qu’il choisit lorsque la River Road croisa la King’s Road. Peut-être qu’il aurait pu demander l’asile à un noble, ou même un paysan, mais c’était trop risqué, il avait quand même volé le trésor seigneurial de Casterly Rock, si son hôte venait à le découvrir, il pouvait être sûr d’être dénoncé. Non, le mieux était encore de ne faire confiance qu’à lui-même, bien que la solitude de ce long voyage lui pesa bien plus qu’il ne voulait l’avouer. La chance était tout de même avec lui, il n’entendit pas son nom ni parler de sa fugue dans aucune auberge qu’il croisa dans le North, et comme son apparence était plutôt négligée (ses cheveux et sa barbe n’étaient plus rasés de près et ses vêtements étaient sals) on ne lui portait aucune attention, il n’avait pas la tête d’un noble. Ainsi atteignit-il Mole’s Town sans incident fâcheux, ayant plus l’air de s’être battu contre un grizzly que d’un Lord en cavale. Plus d’un mois après son départ de Casterly Rock, Phoebe se remit enfin à respirer convenablement, entouré du Free Folk, il ne se sentait plus menacé.

-C’est juste temporaire… Quelques semaines, quelques mois, puis on redescend, le temps de se faire oublier… marmonna-t-il à Dagobert en lui caressant l’encolure, comme pour le réconforter du froid intense qui sévissait au North, même en plein été. Honnêtement, le bâtard était bien plus incommodé par la météo que son acolyte.

Le bordel dont lui avait parlé Sullivan n’était pas bien dur à trouver, et pour cause, c’était la seule auberge de ce minuscule bourg. Apparemment, les gens ne vont pas souvent à Mole’s Town simplement pour faire du tourisme, c’est un village de cultivateurs, de pécheurs et de chasseurs comme bien d’autre, qui sert aussi de refuge aux oiseaux nocturnes du Mur… Bref, un vieux village un peu pourri et franchement pas très joyeux, et pourtant nul ne réagit négativement à l’approche de l’étranger. Pour Phoebe, s’était une première à vie : ne pas se faire dévisager, ne pas recevoir de regards haineux. Tout au plus l’observait-on avec curiosité avant de poursuivre le travail, se disant sûrement qu’il se rendait à Castle Black pour s’enrôler.

Phoebe descendit de Dagobert et le traîna jusqu’à l’écurie appartenant au bordel, où il s’occupa lui-même de son cheval, il n’y avait pas d’employé pour cela, ou alors pas à cette heure-ci. Après tout, la clientèle n’arrivait normalement que de nuit, et repartait le matin, alors qu’il était débarqué au beau milieu de la journée. En se rendant à la porte de l’établissement, le bâtard Lannister passa devant une affiche placardée contre le mur qui le fit sursauter, considérant les gros caractères «RECHERCHÉ» en en-tête. Le cœur battant la chamade, le jeune homme s’empressa de lire la note, et soupira en découvrant qu’ils recherchaient un videur, et non lui. Il devenait vraiment parano là… Le message ne pouvait s’être rendu si loin si rapidement, et encore, peut-être ne se rendrait-il jamais dans ce bled pourris.

Lorsqu’il se fut calmé, Hill décida qu’il offrirait ses services… Tant qu’à perdre son temps à Mole’s Town, autant l’occuper à travailler, il ne saurait pas que faire de plus de toute façon, il n’était pas à Casterly Rock où il pouvait se la couler douce et il préférait ne pas liquider tout son trésor volé avant d’atteindre le sud. En entrant dans l’établissement des plaisirs, Phoebe fit la moue en ne voyant que des femmes, visiblement Sullivan s’était trompé, il ne trouverait pas chaussure à son pied ici. Enfin, ce n’était pas comme si cela comptait vraiment pour son avenir, mais ça l’aurait au moins occupé pour le temps qu’il comptait consacrer au North. Tant pis, peut-être un paysan serait enclin à…

-Que puis-je pour Monsieur? demanda une voix chaude appartenant à une femme avec d’immenses cils papillotants en sa direction.

-Heu, je suis là pour l’annonce, répliqua-t-il, improvisant alors qu’il avait plutôt prévu demander une chambre SANS escorte.

La madone (car c’était là bien la gérante du bordel) paru déçue de ne pas s’être fait un nouveau client fraîchement arrivé (non mais honnêtement, dans un si petit village, elle connaissait tout le monde!) mais parut tout de même ravie d’avoir enfin comblé ce poste qui traînait depuis des mois, tous les hommes valides de la région finissaient chasseurs, agriculteurs, ou frères jurés. Phoebe grinça des dents lorsque la dame refusa de lui dire ce qu’il était advenu de son prédécesseur et se contenta de lui demander s’il pouvait commencer la nuit prochaine. Un peu déboussolé par une confirmation si rapide, Hill ne su que répondre.

-Je ne crois pas que ce sera très occupé ce soir, alors profites-en pour t’acclimater au village, et puis demande à Chlomidea, elle t’indiquera où trouver ton logis. Et de l’eau pour te débarbouiller, tu en auras bien besoin, et elle s’en fut vaguer à ses occupations, sans même lui avoir demandé son nom, en lui désignant du doigt une blonde qui se mit instantanément à lui faire du charme, au grand dam de Phoebe, même s’il lui eut précisé cinq fois qu’il était là pour le boulot et non pour son boulot à elle…

Son logis consistait, en toute chose, à l’étage supérieur de l’écurie… Ouais, ça sentait un peu le crottin, mais c’était étonnement propre, et tellement grand qu’il ne savait pas quoi faire de son espace. La prostitué lui apporta de l’eau chaude et il entreprit aussitôt de se raser, soulagé de ne plus se sentir comme un souillon, même s’il n’était pas excessivement fournis de la barbe, ça le démangeait ! Chlomidea ne le quitta pas de tout ce temps, lui parlant de la vie à Mole’s Town, jacassant toute seule jusqu’à ce qu’il commence à essayer de se couper les cheveux avec sa lame de rasoir, ce qu’il n’avait jamais fait tout seul (c’est ce qui arrive quand on est un petit Lord!) et se trancha salement un doigt dans l’exercice.

-Merde! grogna-t-il en fourrant son doigt dans sa bouche alors qu’il lâchait sa lame à terre, juste avant qu’un écœurant goût métallique lui empoisonne la bouche.

-Attends je vais t’arranger ça! Mais comment tu les coupe au juste? On dirait que le milieu est plus long? Vraiment? Comme les poneys?

Phoebe s’esclaffa, réalisant que c’était la première fois qu’on la lui sortait celle là. Rasé sur les côtés, longs dans le milieu, ça arrive parfois à la cour que les gens portent leurs cheveux de façon extravagante, mais ce n’était pas normal pour le paysan qu’il voulait prétendre être. Pendant qu’elle le rasait comme il le lui avait demandé, Chlomidea lui demanda plus de choses sur lui, d’où il venait, comment il était arrivé ici. Heureusement, sur la route, il avait eut le temps de s’inventer une histoire, il lui raconta donc venir d’un village paumé des Westerlands (parce que c’était le seul territoire qu’il connaissait assez bien pour ne pas s’emmêler dans son mensonge) et qu’il était parti au North pour l’aventure. Simple comme ça. La seule improvisation fut son nom, le commentaire de la prostituée sur les poneys l’avait inspiré.

-Dagobert. Appelle-moi juste Dagobert.

***

Après avoir passé la journée à se décrotter et essayer de se derrouiller au combat, puisqu’il n’avait pas levé une lame depuis trop longtemps, Phoebe alla se coucher bien avant le début de la soirée. Comme la madone l’avait prévu, il n’y avait personne en bas, elle n’aurait pas besoin de lui, il pourrait donc se reposer de sa route. Heureusement, parce que malgré son assurance lorsqu’il avait rencontré la propriétaire, Sullivan lui avait montré qu’il n’était pas capable de tenir tête à un Frère Juré, il avait beau savoir se battre, il ne fallait pas exagérer! Enfin, il n’avait plus qu’à espérer que les prochains mois allaient être tranquille, ou que les clients seraient soient plus faibles que lui, ou trop saouls pour se défendre, et tout irait bien.

Seulement, au beau milieu de la nuit, une femme qu’il n’avait pas encore rencontré vint le réveiller, lui disant que finalement, une bande de Gardes de Nuit étaient descendus au Bordel et avaient beaucoup bu, si bien que sa patronne voulait qu’il reste en bas avec eux au cas où les choses devaient mal tourner. Encore groggy de sommeil et à moitié dans les limbes, Phoebe peina à se lever, s’aspergea le visage d’eau froide et s’empressa d’enfiler sa veste de cuir et son épée avant de descendre au grand salon où les femmes de joie faisaient leur petit spectacle en attendant de monter avec les clients. Hill s’étampa au visage son air le plus mauvais (ce n’était pas bien difficile car il était vraiment de mauvaise humeur de s’être fait réveillé comme ça) et s’adossa au bar en espérant que c’était juste une fausse alerte et qu’il n’arriverait rien… Avec un peu de chance, tout le monde irait bientôt baiser et il pourrait retourner voir Morphée.

Surveillant les nouveaux clients un à un, Phoebe détailla chacun des visages pour essayer de déceler lequel avait le plus besoin d’être contrôlé, lorsqu’il croisa, malgré lui, le regard pénétrant, d’un bleu glacial, qu’il aurait préféré ne pas revoir de si tôt.

-Ah merde! gronda-t-il en se tournant brusquement vers le bar, comme s’il pouvait ainsi éviter que Sullivan le remarque, alors qu’ils s’étaient tout les deux regardés directement dans les yeux.

*Faites qu’il soit trop saoul pour me reconnaître!* Ce n’était pas vraiment le moment, et honnêtement… se sentait encore terriblement stupide de sa bévue à leur dernière rencontre… Parce qu’il devait admettre avoir adoré leur baiser et avoir une envie folle de s’y remettre. Snow n’était jamais sorti de sa tête dans les dernières semaines, ce qui était tout à fait inadmissible à son avis : il ne pouvait pas s’être amouraché d’un gars qu’il ne connaissait pas et qui ne partageait pas les mêmes goûts que lui! *Arrête de te torturer inutilement!*

Sullivan Snow

avatar
Patrouilleur
Voir le profil de l'utilisateur
Jeu 15 Juin - 17:17
Chaque sortie, chaque patrouille possédait son lot de dangers. Parfois, les hommes du Mur se retrouvaient confrontés à des conflits qu’ils auraient franchement préféré éviter. Le genre de confrontations dont l’issue n’était jamais bonne, pour l’une ou l’autre des parties. Exactement le type de situation qu’avait vécue Snow avant de revenir auprès du colossal rempart glacé, la journée même. Un groupe de sauvageons, particulièrement vindicatif, avait tenté de passer par une minuscule brèche dans le but de piller les pauvres gens du North afin de ramener quelques vivres, mais également, de faire le plus de dommages possible sur leur passage. Évidemment, l’escouade de Sulli était arrivé juste à temps, leur barrant la route et même plus… Inutile de préciser que très peu de sauvageons avaient pu prendre la poudre d’escampette, la plupart s’étant effondrés sous la lame plongeante des hommes du North pour voir finalement leur corps immolé dans le but d’éviter de potentielles futures complications. Oh, ce n’était pas la saison des Marcheurs Blancs, les risques étaient donc minimes (pour ne pas dire inexistants), mais nul homme ne pouvait être trop sûr, pas vrai?

Comme toute altercation comportait son lot de risques, les corbeaux avaient subi quelques dommages : ce fut les cas de Gordon, qui s’était récolté une lame en plein abdomen et sombrait maintenant entre la vie et la mort, ainsi que de Jared, qui serait désormais borgne, faute de pouvoir sauver son œil qui s’était récolté un éclat métallique au cours du combat. Évidemment, bien que l’adrénaline était toujours un phénomène grisant, chaque perte au sein des maigres rangs de la Night’s Watch était particulièrement pénible à vivre. C’est donc avec la mine un peu basse que l’escouade était revenue auprès des leurs, heureux d’annoncer qu’ils avaient intercepté un groupe de sauvageons, mais également alourdi par le sentiment que leur frère Gordon allait devoir les quitter sous peu. Et puis, personne ne savait si Jared allait pouvoir s’en sortir également! Suffisait d’une infection bien placée et ce dernier se retrouverait rapidement auprès des anciens dieux de la forêt…

Enfin, le relais fut rapidement pris par une autre escouade et l’équipe de Sullivan pouvait maintenant jouir de quelques jours de repos, desquels ils pouvaient en profiter pour se reposer un peu, mais aussi pour s’entraîner et traîner au Gift (bien que bon… les supérieurs n’approuvaient pas réellement, même s’ils fermaient les yeux, la moitié du temps, sur le sujet). Gordon et Jared furent emmenés auprès des guérisseurs et les Frères Jurés revenant de missions décidèrent de vaquer à leurs occupations, prenant le temps de se nettoyer dans leur chambre respective et en profitant pour se donner rendez-vous le soir même dans le bordel de Mole’s Town, dans le Gift. Sullivan n’y manquerait pas, son esprit troublé par les résidus de sa journée mouvementée lui traversant sans cesse l’esprit depuis son retour à Castle Black. Il avait bien besoin de s’engourdir l’esprit dans la boisson et de se perdre dans la chaleur humaine, en ce moment même. En fait, il était à parier que ses frères d’armes ressentaient la même chose que lui. C’était comme si, soudainement, le froid du North était devenu trop mordant et que la solitude du Mur était trop pesante. Ouais… Une visite à Mole’s Town n’était même plus un luxe, rendu à ce stade; c’était un besoin, ni plus, ni moins.

La soirée servit davantage à se reposer et à se repaître. Sullivan en avait profité pour nettoyer sa peau de cette sueur collante et des taches de sang séché appartenant à ses ennemis. Ses vêtements avaient été jetés en pile dans un coin de la pièce, puis il en avait profité pour en enfiler de nouveaux qui, somme toute, ressemblaient étrangement aux anciens. Pas de diversité vestimentaire pour les Frères Jurés, ça, c’était indéniable. La petite escouade s’était rassemblée dans une aire de repos, profitant du calme pour boire un peu et se réchauffer en vue de la soirée de purs plaisirs qui les attendait. Les bouteilles de forts s’étaient ouvertes et tous acceptèrent, sans exception, d’avaler quelques verres à la hâte pour se donner contenance. Dès que la nuit fut suffisamment installée, la poignée d’hommes décida d’entamer le voyage jusqu’au Gift, se rendant en catimini jusqu’aux écuries pour y seller quelques chevaux dans le but d’écourter leur voyage qui serait trop long à leurs yeux esseulés. Leur départ fut remarqué de quelques compatriotes qui ne se firent pas prier pour fermer les yeux, sachant qu’il était coutume (non avoué) de profiter des merveilles de Mole’s Town lorsque le besoin s’en faisait ressentir. C’était bon pour le moral ET la santé mentale des troupes, assurément.

Au bout d’un moment, les Gardes de la Nuit arrivèrent enfin en vue de l’établissement principalement composé de gentes féminines. Ils attelèrent les bêtes à l’écurie conçue à cet effet, puis poussèrent les portes battantes du commerce où ils furent accueillis comme des rois. De jolies damoiselles vinrent à leur rencontre, riant aux éclats et enlaçant ces pauvres guerriers éreintés en mal de compagnie. Moyennant une somme considérable, des verres remplis d’alcool – de l’hydromel dans le cas de Sulli – furent déposés dans leurs mains gantées et la plupart des Frères Jurés prirent place dans des sièges confortables, préférant d’abord festoyer avant de gagner les chambres pour un moment de pure luxure.

Une jolie brunette agrippa la main de Snow et l’attira jusqu’à un fauteuil moelleux, bien qu’usé. Avalant sa consommation d’un trait, le bâtard des Starks – visiblement déjà éméché – ne se fit pas prier pour obéir aux ordres silencieux de la belle, se laissant tomber sur le siège confortable en gloussant. La beauté sulfureuse s’installa à califourchon par-dessus lui, l’embrassant dans le cou et lui susurrant des paroles indécentes afin de l’aider à faire mousser sa propre imagination. Un sourire amusé trônait sur les lèvres du guerrier quand, malgré lui, son regard fut attiré au loin. La silhouette d’un homme se tenant contre le comptoir du bar détonait sur tout le reste. Ah? Un nouveau videur? Sa curiosité piquée à vif pendant ce moment inopportun le poussa à détailler le nouvel individu… jusqu’à ce son regard glacial rencontre le vert tendre des yeux de Hill qu’il put alors reconnaître sans l’ombre d’un doute. AH! Mais qu’est-ce qu’il foutait là! Ça faisait un moment qu’ils s’étaient vus! Il devait lui dire bonjour, après tout, ne lui avait-il pas promis quelques verres de whisky si ce dernier venait à passer au Gift? N’était-il pas un homme d’une seule parole? Hill se retourna brusquement vers le bar, probablement soucieux de ne pas le déranger dans son moment d’euphorie. Bah! Une promesse était une promesse, tiens! Enfin… avait-il réellement promis quelque chose? Il ne savait plus trop…

Les mains expertes de la prostituée défirent le collet de sa tunique d’ébène, exhibant ses clavicules et la naissance de son torse alors qu’elle recouvrait la peau diaphane de baisers langoureux. C’est alors que, contre attente, Sullivan lui agrippa les bras et la recula gentiment, esquissant un sourire un peu niais sous l’expression incrédule de la belle.

- Excuse-moi Jewelith. C’est mon pote là-bas! Je l’ai rencontré dans les Westerlands et je lui ai promis un verre s’il venait à visiter le Gift! Je peux pas le laisser planter là tout seul…

- Tu plaisantes, Snow? Franchement, tu délires un peu, laisse-moi t’aider à te détendre… Et la jolie fille recommença son manège avant d’être repoussée à nouveau.

Cette fois, Sullivan ne la laissa pas exprimer la moindre objection, se contentant de la forcer à se relever pendant que lui-même se redressa pour se diriger vers le bar, non sans tituber un peu au passage. Il était franchement heureux de revoir son pote Hill et il allait lui montrer à quel point sa présence était souhaitée! Il était hors de question qu’il lui donne raison quant à l’ambiance glaciale du North! On pouvait s’amuser, même au Gift! C’était important qu’il le sache, n’est-ce pas?

- Mais qui voilà donc!! S’écria-t-il en enlaçant les épaules de Phoebe de son bras en une accolade sommaire et amicale. Le lion noir en personne! Bon sang, je ne savais pas que tu avais réellement considéré mon offre! Je suis heureux de te revoir Pho… Hein? Pourquoi lui faisait signe de se taire? Il ne comprenait pas… enfin, son esprit embrumé par l’alcool ralentissait considérablement ses facultés, fallait bien l’admettre. Dagobert? C’est quoi ce nom à la con? On dirait le surnom d’un cabot… AH!! Ouais, tu as eu des soucis, pas vrai? Je comprends. Alors va pour Dagobert! Hey! Tavernier! Peux-tu nous servir deux whiskys à moi et mon pote Dago? Je le lui avais promis pendant ma mission de recrutement!

Il parlait fort. Un peu trop même. Dans un mouvement soudain, le corbeau blanc se laissa tomber en position assise sur un tabouret, poussant Hill à faire de même bien malgré lui. Il esquissa un sourire à son intention, le regard pétillant pendant que la catin venait de revenir auprès de lui, enlaçant son corps et embrassant sa nuque dans le but évident de lui rappeler sa présence. Elle minauda dans son dos, le suppliant presque de revenir auprès d’elle avant que Snow ne se retourne pour lui faire face. Dès qu’ils furent face à face, la jeune femme s’empara de sa mâchoire et échangea avec lui un baiser langoureux auquel il mit fin sans trop de difficulté.

- Jewel, t’es gentille, vraiment, mais je discute avec mon pote là. Je te ferai signe plus tard, d’accord?

Mauvaise réponse. La jeune femme esquissa une moue boudeuse, croisant les bras sur sa poitrine, puis se détourna dans un mouvement rageur avant de rejoindre les autres damoiselles de sa cohorte. Sullivan leva les yeux au ciel avec un air exaspéré, puis jeta quelques piécettes sur le comptoir pour payer les deux consommations, sans même savoir si Hill avait vraiment envie de boire. Bah! Au pire, il viderait les deux verres lui-même! S’appuyant donc sur la surface massive du bar, le bâtard du North glissa ses doigts sur le contenant translucide et porta ce dernier à ses lèvres pour prendre une bonne lampée de l’alcool fort. Il se tourna ensuite pour faire face à Dagobert qui, visiblement, ne semblait pas savoir où se mettre. Hahah! Tiens, à son souvenir, Hill était sûr de lui, arrogant même! Visiblement, il n’était pas dans son élément, dans l’immédiat!

- Alors, qu’est-ce qui t’emmène dans ce trou perdu? Le questionna-t-il, un regard inquisiteur au visage. Je croyais que tu voulais te faire rôtir les couilles dans le sud… Est-ce que c’était ça? Ou griller la couenne en profitant de tes… Bref. Tu saisis. Alors tu me vois étonné de te voir dans le bordel à cette heure tardive. Me dis pas que mon offre de te joindre à la Garde de la Nuit t’intéresse finalement? Un sourire malicieux trônait sur son visage alors qu’il gloussa en portant son verre à ses lèvres. Il termina sa consommation en une lampée rapide, puis fit à nouveau signe au tavernier afin de se faire servir à nouveau. À voir la tronche que tu tires, j’imagine que j’ai tout faux? Puis, sa mine s’assombrit, l’espace d’un bref instant. Tu as eu des ennuis? Avec ton Lord? Si tel est le cas, tu peux respirer, rares sont les sudistes qui s’aventurent dans le Gift. Tout d’abord, c’est trop froid pour leur cul huppé, puis cette contrée est sous la juridiction de la Garde de la Nuit. Donc ils n’ont aucun droit qui outrepasse nos règles. Mais sérieusement, Pho… erh… Dagobert, qu’es-tu venu faire ici? Je te manquais tant que ça? Snow haussa un sourcil, puis esquissa un sourire amusé, sachant pertinemment que Hill – si son souvenir était bon – se braquerait à ce genre d’insinuations, préférant l’arrogance à quelconque moment de faiblesse.

Derrière lui, deux Frères Jurés se levèrent en tenant chacun une catin par la main. Le sourire glorieux et l’expression entendue qui ceignait leurs traits laissèrent clairement sous-entendre à leur comparse toute l’étendue de leurs intentions. En simple réponse, Snow leva son verre en leur direction, comme s’il trinquait à leur santé, puis il ramena ses yeux glacés vers Hill qui fixait drôlement l’assemblée. Il avait l’air aux aguets, comme un cabot veillant sur un troupeau de moutons. Franchement, il pouvait se détendre un peu… Personne n’allait tenter de lui faire la peau, ici. De toute façon, la plupart étaient des criminels qui, eux-mêmes, traînaient un passé peu recommandable. Bon… peut-être devait-il tout simplement ramener l’attention vers lui? Le jeune homme ivre agrippa son nouveau verre, puis fit tournoyer le liquide ambré ponctué de quelques glaçons qui tintèrent contre la paroi translucide.

- Je sais pas toi, mais moi, j’ai réellement eu une journée de merde… Marmonna-t-il le regard dans le vague, quelques instants. C’est pour cette raison que je suis ici. J’avais besoin de me changer les idées, de penser à autre chose. Disons simplement que je reviens de patrouille et que ce n’est pas toujours la joie. Je vais garder les détails pour moi, si tu n’en vois pas d’inconvénients. Et tu sais quoi? Je viens de réaliser que c’est les pires propos que j’aurais pu tenir s’il avait subsisté chez moi le moindre espoir de te voir joindre nos rangs! Bravo Sulli, sincèrement! Ça, c’est vendeur! Levant son verre, il l’entrechoqua doucement avec celui de Hill sans lui demander son avis, puis prit une autre gorgée. Il prit finalement une grande inspiration pour retrouver contenance, puis se retourna pour faire face à Phoebe qui, malgré tout, semblait s’amuser de son état d’ivresse actuelle. Alors, comment tu trouves le Gift? Je sais, je sais, il n’y a pas tant de… heu… de personnes qui pourraient combler tes standards au sein des catins, mais je sais d’office que les employés de l’endroit compte quelques individus masculins. Après, faut juste voir s’ils partagent un intérêt similaire au tiens. Trop tôt pour ce genre de remarques? Hmm… L’alcool me monte à la tête, je dois dire des âneries, pardon.

Malgré tout, il termina sa consommation en une rasade.

Phoebe Hill

avatar
Bâtard Lannister
Voir le profil de l'utilisateur
Jeu 15 Juin - 21:46
Il aurait pas pu tomber pire, en pleine étreinte avec l’une des employées des lieux, Sullivan avait l’air fort occupé. En fait, c’était peut-être mieux, avec un peu de chance il finirait ce qu’il avait à faire et serait assez saoul pour oublier de venir voir Hill et tenir sa promesse par la suite! C’est que Phoebe, à l’avoir revu dans son décor fort inspirant (il faut l’avouer) et dans une position vulnérable totalement séduisante, préférait de loin se tenir à l’écart! Lui qui ne fantasmait pourtant jamais sur des gens qu’il ne connaissait pas plus, ce Snow avait le don de le mettre dans tout ses états sans faire exprès, et ça l’enrageait de ne pas mieux se contrôler!

Misère! Les doigts du nouveau videur du bordel se tendirent sur le bois du bar lorsqu’il sentit un bras fraternel lui enserrer les épaules, sitôt accompagné d’une salutation un peu trop chaude pour être de Sullivan. Ah, oui, c’était lui tiens… Bien réchauffé, visiblement, les rôles s’inversaient et Phoebe n’était pas certain d’aimer ça. À la limite, c’était plus facile de lui résister lorsqu’il était hautain, froid et sec comme à son habitude. Là, il souriait trop, avait le collet ouvert beaucoup trop largement sur son torse, laissant paraître des muscles que Hill n’avait même pas imaginés si saillants en rêves, et était BEAUCOUP TROP PROCHE DE LUI. Le mouton noir écarquilla yeux, horifié, lorsqu’il se fit appeler le lion noir, regarda vite autour d’eux pour vérifier si quelqu’un leur portait attention, et lui intima le silence d’un geste de la main dès qu’il commença à l’appeler par son prénom.

-Non, Dagobert. Je ne leur ai pas dis qui j’étais, s’il-te-plait, garde ça pour toi, répliqua-t-il sèchement, le moins amical possible, espérant qu’il lui fiche la paix avant qu’il soit incapable de s’empêcher de fantasmer dessus. C’est pas le nom d’un chien, mais de mon cheval, c’est une longue histoire je t’expliquerai. Mais merci pour le compliment, ça fait du bien de te retrouver comme tu es à jeun, je ne te reconnaissais plus aussi gentil. Je ne suis pas vraiment certain si tu me plait comme ça, tu ressemble trop à… oh… moi, lança-t-il, incapable de retenir sa moue moqueuse, même s’il ne voulait surtout pas faire son charmeur. Mais tu pourrais pas parler moins fort un peu? gromella-t-il quand même pour s’assurer de récupérer son air de casse-pied hautain.

Se débarrasser de Snow en étant le plus désagréable possible, voilà qui était un plan génial! Quoi de mieux pour s’empêcher de vouloir lui sauter dessus, parce que même pas sous les effets de l’alcool, Phoebe se rendait durement compte que Sullivan lui faisait de l’effet, dans la tête, dans le cœur et … bien sûr dans le pantalon. Le corbeau demanda un whisky pour son «pote», et Hill failli vomir un peu dans sa bouche en entendant le ridicule de son surnom. Là ouais, Dago, ça ressemblait au nom d’un chien. Comme il avait toujours un bras autour de ses épaules (mais pourquoi il le touchait autant, hein?) Hill fut forcé de suivre son ami lorsque celui-ci s’écrasa sur un tabouret, mais ce n’était rien en comparaison au sourire plein de yeux beaucoup trop brillants qui força Phoebe a détourner le regard. Heureusement, le petit bijou de brunette (pour ceux que ça intéresse) qui dorlotait Snow plus tôt arrivait à ce moment-là pour récupérer son client, ainsi le bâtard Lannister pu passer comme voulant juste leur donner un peu d’intimité. Avec de la chance, le wannabe albinos ne serait pas capable de résister à l’appel de son engin masculin et montrait avec elle, parce que la tension du mouton noir dans le sien était à son comble. Heureusement qu’il était assis. Damné soit-il, Sullivan décida plutôt qu’il préférait discuter avec lui (mais qu’est-ce qu’il avait dans le crâne au juste?) et chassa la pauvre Jewel. *Arrête de me donner des faux espoirs Sully, j’aurais presque envie de croire que c’est moi que tu veux et ça n’arrivera jamais.*

Les deux verres arrivèrent face à eux, et Sullivan le prit de vitesse à payer, ayant visiblement oublié qu’il était le riche fils (bien que non légitime) du plus riche Lord du plus riche territoire de Westeros. Bah, de toute façon, il ne boirait pas. Il travaillait, non? Roulant des yeux, Phoebe poussa sa consommation vers Snow, un geste que le tavernier apprécia visiblement étant donné l’œillade qu’il lui lança. Eh ben il avait bien visé, on ne boit pas au boulot.

-Je travaille mec, merci quand même.

*Et puis on ne t’a pas appris à ne pas payer à boire à des gens que tu ne veux pas te taper? C’est la deuxième fois que tu me fais le coup, imbécile, et la première devrait t’avoir appris ta leçon!* Essayant de retrouver son masque désagréablement arrogant, Phoebe s’assura de ne pas engager la conversation, mais qu’à cela ne tienne, avec quelques verres dans le nez, Sullivan se débrouillait très bien pour la faire toute seule, et même être marrant, tirant malgré lui des sourire à Hill. Comment est-ce qu’il pouvait lui résister dans cette situation? Premièrement, il était séduisant. Deuxièmement, il avait bu. Troisièmement, il était beaucoup trop amical. Quatrièmement, il était marrant. Et enfin, cinquièmement, il jouait les intimes maintenant! Qu’est-ce qui lui avait donné envie de monter au North? Mais rien du tout, justement, il n’avait pas eu le choix et réalisait maintenant dans quel merdier il s’était fourré. L’œillade exaspérée de Phoebe, en réponse à la suggestion de Snow qu’il avait peut-être décidé de rejoindre la Garde, eut tôt fait de gâcher un peu la bonne humeur de son ami, mais pas assez longtemps pour le rendre moins attrayant, malheureusement.

-C’est trop froid pour mon cul huppé aussi, figures-toi, marmonna-t-il avec la moitié d’un sourire, le plus bas possible pour éviter que ses «collègues» de travail en sache trop sur son passé.

Par réflexe, Phoebe enfila une gorgée de whisky du verre qu’il avait refusé, heureusement alors que le tavernier avait le dos tourné et ne pourrait le dire à personne. Non Sullivan ne lui avait pas manqué. Il ne pouvait pas se permettre ce genre de sentiment, c’était de la torture mentale inutile.

-Disons que j’avais le choix entre ça ou bien tomber dans une embuscade et finir au bout d’une corde, ou pire, marié. Alors, c’était le seul moyen de leur échapper. T’inquiètes, j’ai pas l’intention de m’éterniser, je tiens à mes couilles je te l’ai déjà dis, elles ont besoin de soleil. C’était juste un détour… un sacré détour ouais, en attendant qu’on m’oublie un peu. Mon départ ne s’est pas passé comme prévu et j’ai raté mon plan.

Et il s’en maudissait encore, des semaines plus tard, se torturant les méninges à se demander où il s’était fait pincé, puisqu’il avait tout fait pour être discret et n’avait parlé qu’à des personnes de confiance… Visiblement, quelqu’un avait du le trahir, et ça c’était douloureux… Deux copains de Sullivan passèrent en traînant des femmes derrière eux, saluant le blondinet au passage, et Phoebe en profita pour retourner son dos au bar pour contempler les gens, bref faire son travail. N’importe quoi pour éviter le regard de Snow, qu’il sentait sur lui et qui le chatouillait jusque dans les entrailles. Peut-être que s’il l’ignorait assez longtemps, il finirait par… ha, bah non, le Frère Juré relança la conversation, lui racontant qu’il était venu se changer les idées après une terrible journée. Le ton de sa voix faisait vibrer l’âme du mouton noir, mais il se résignait à ne pas le regarder, persuadé qu’il se noierait dans ses yeux s’il devait les croiser à nouveau.

-Tu sais, ça n’aurait pas changer grand-chose, tu connais déjà mes aspirations. Niveau vie de merde, je suis capable d’en prendre, c’est la solitude que je ne supporte pas. Et le froid.

À mots couverts, comprendre quelque chose comme : si j’avais l’assurance que mes draps soient réchauffés par autre chose que des pierres qui ont grillé dans le feu toute la journée, je m’engagerais tout de suite. N’empêche qu’il avait bien du mal à ne pas sourire, encore plus à ne pas loucher vers son voisin, véritablement différent un coup saoul. Finalement, il lui plaisait bien comme ça, et c’était ce qui était le plus emmerdant : il lui plaisait beaucoup trop comme ça. Snow relança la conversation sur le manque d’employés masculins pour les chambres, mais sous-entendis que les autres membres du personnels avaient peut-être les intérêts de Phoebe, se qui fit se rembrunir l’homosexuel. Non, il en doutait beaucoup.

-T’excuses pas, je suis un cheval et tu est un âne, tout un duo, lâcha-t-il avec un demi-sourire, incapable d’être désagréable plus longtemps, même si ça lui coûtait de supporter la présence séduisante de ce blondinet à la tunique à moitié délassé. Et puis, tant que tu m’embrasses pas parce que tu as trop de verres dans le nez, je devrais survivre, tu penses pas? se moqua-t-il, devant malgré lui avouer qu’il survivrait bien s’il lui sautait dessus aussi. Mais non, je dois t’informer que je suis habituellement capable assez facilement de détecter les «déviants» comme moi, et je n’en ai pas vu. Je ne sais pas comment t’expliquer, c’est un instinct faut croire, je les remarque normalement, je ne me suis jamais trompé, ils sont tous hétéros aussi. Quoi que je n’ai pas rencontré le palefrenier encore, et je dors au dessus de son écurie, sait-on jamais?

Du coin de l’œil, Phoebe constata que la brunette de tout à l’heure continuait de bouder avec ses copines, et lançait à intermittence des regards découragés dans leur direction. Visiblement, Sullivan lui avait bien tapé dans l’œil (et dans le portefeuille) et elle avait hâte de terminer son quart de travail avec lui. Hill refila son verre presque intact à Snow, qui avait terminé le sien, question d’éviter de succomber à la tentation de s’arroser le gosier (franchement sec alors qu’il étouffait de chaleur, probablement causée par la présence beaucoup trop proche du corbeau), et tourna malgré lui la tête vers son voisin. Voilà, il était foutu maintenant. Le poids dans son ventre se fit plus lourd, ainsi que d’autres parties de son anatomie, alors qu’il plongeait bien malgré lui dans la glace des yeux de Sullivan. De la glace qui le réchauffait plutôt intensément.

-Bon, on a bu, tu as remplis ta promesse, mais tu ne vas quand même pas gâcher ta soirée avec moi hein? Je sais que j’ai une belle gueule et que je suis marrant comme tout, mais t’as eu une journée de merde, elle veut te consoler, tu serais stupide de ne pas en profiter. En fait, je crois que si tu t’entête à la laisser de côté, elle va t’égorger et donner tes tripes à manger aux cochons. Et moi je n’aurai plus d’ami après. Alors fait moi plaisir, dégage. Oh, il aurait vraiment aimé avoir l’air irrité, le châtier du bar avec un air exaspéré… mais non, il souriait à pleines dents, l’idiot. Sérieusement Sully, j’ai eu ce boulot hier… heu aujourd’hui?... Peut-être hier… On est demain ou pas? Peu importe, c’est ma première nuit, je suis là pour m’assurer que les saoulons dans ton genre ne font pas de grabuge et pas de mal aux demoiselles, et là… t’es le plus saoul ton groupe. Ça m’arrangerait de ne pas avoir à te sortir, parce que je me doute que même sans toute ta tête tu m’écrase facilement. Je sais me battre, mais je ne t’arrive pas à la cheville, et si je dois passer plusieurs semaines ici, je préférerais avoir au moins un boulot pour m'occuper à défaut d'un amant. Alors ça m’arrangerait vraiment que tu finisse dans son lit à elle, le temps de dégriser, et on reprendra cette conversation plus tard?

Comment pouvait-il paraître ne pas vouloir de sa présence alors que ses yeux pétillaient à le regarder? Alors qu’il se noyait dans son regard? Qu’il était incapable de continuer de s’entêter à l’ignorer? Qu’il avait chaud en sa présence et avait toutes les peines du monde à se contenir sur son tabouret. Qu’il repassait le contact du bras de Snow autour de ses épaules en boucles, et qu’il maudissait qu’il n’y soit plus, tout en le haïssant de l’avoir fait, de sortes qu’il savait maintenant ce que son touché lui faisait comme effet? Jouer le tout pour le tout, s’assurer qu’il dégage.

-De toute façon, même sobre, je ne peux pas te promettre que je ne vais pas te sauter dessus. Je suis qu’un sal déviant, et toi tu es saoul, t’as l’air vraiment chaud, tu m’exhibe sans pudeur tes muscles franchement excitant, tes sourires me remuent l’estomac et franchement je suis en manque comme je l’ai rarement été. Pour la sécurité de tes fesses, s’il-te-plait Sullivan… arrête d’être séduisant.

Ses yeux verts, sérieux et désespérés, contrastaient avec le sourire moqueur qu'il essayait d'arborer pour ne pas trop effrayer Snow quand même... Non mais il voulait bien qu'il parte, mais pas qu'il le déteste.

Sullivan Snow

avatar
Patrouilleur
Voir le profil de l'utilisateur
Mar 20 Juin - 12:38
Attends, qui il traitait d’âne? À voir l’air amusé qu’affichait Phoebe, Sullivan ne put s’empêcher de lui répondre de la même façon, un sourire en coin au visage. Mouais… un cheval… un étalon auprès de ses conquêtes, il imaginait! Enfin… pas que ça l’INTÉRESSAIT vraiment, mais d’où il était, Snow lui trouvait… un air agréable. Il avait belle gueule, il fallait l’admettre, alors était-ce réellement étonnant qu’il soit un tombeur en soi? Belle gueule… c’était surement la boisson qui parlait, rien de plus. La suite de sa remarque l’amusa un peu plus que prévu, pour être honnête. Ne devait-il pas faire une moue dégoûtée à cette idée? Après tout, ce n’était pas un souvenir qu’il chérissait particulièrement… Surtout au vu de sa réaction initiale face à ce contact trop intime entre deux hommes pour être ne serait-ce qu’agréable.

- Mouais. Au final, tu apprécierais trop, en fait. Se contenta-t-il de répondre, jetant un regard en coin un peu malicieux en direction du jeune Hill.

Faisant fi de sa remarque, le lion noir continua sur sa lancée, prétextant qu’il n’avait côtoyé aucun « déviant » comme lui, mais qu’il était prêt à tenter sa chance auprès du jeune palefrenier qui, somme toute, manquait effectivement de conviction masculine lorsqu’on lui jetait un coup d’œil rapide.

- Je ne connais pas grand-chose sur le sujet, mais je crois que tu pourrais avoir tes chances. Après tout, il est loin d’être le type le plus « homme » de tout Mole’s Town. Avec tes bons soins, il pourrait assurément être ton initié.

Snow leva le coude à nouveau, avalant une longue lampée de whisky comme s’il ne s’agissait que d’un vulgaire verre d’eau. Bon sang, la gueule de bois qu’il allait se tirer le lendemain! Il le sentait déjà. Bah… On ne vivait qu’une seule fois, pas vrai? Sa tête chancelait, mais il n’en avait cure. Il avait besoin d’éloigner les images de Gordon mourant de son esprit. Oh? Un autre verre plein! La chance! Évidemment, le Frère Juré n’avait pas compris qu’il s’agissait de la consommation intacte de Phoebe qu’on lui avait refilée en douce… Alors inutile de préciser qu’il ne se fit pas prier pour y mettre main basse? Levant le verre en direction du bâtard des Lannister, le zomane esquissa un sourire en direction de son compagnon, avalant cul sec l’alcool fort, à la santé du Westerman. Leur regard se croisa de nouveau, Snow se surprenant à apprécier la teinte verdoyante de ces magnifiques prunelles australes. Il y avait un truc d’attirant dans ces yeux-là. Comme une lueur amusée et malicieuse qui témoignait d’un charisme fou. Pourquoi restait-il avec Phoebe, au fait? Sa promesse était tenue, il n’avait qu’à tourner les talons pour rejoindre la catin et se payer un maximum de bon temps… Pourtant… Il était toujours là. Visiblement, sa réflexion était partagée et Hill lui suggéra plutôt de revenir auprès de Jewelith pour oublier ses soucis les plus profonds. Visiblement, cette dernière s’impatientait (avec raison) et le lion noir lui demanda presque gentiment de foutre le camp avant de se faire égorger par la courtisane de service.

Ah tiens? Il travaillait ici maintenant? Ce n’était pas un peu… crade comme endroit pour un type de sa classe? Enfin, s’il voulait disparaître, assurément, personne ne viendrait le chercher jusqu’ici. Phoebe continua sa litanie, expliquant pourquoi il serait préférable qu’il aille rejoindre la prostituée plutôt que de traîner à ses côtés, prétextant entre autres qu’en combat singulier, il ne faisait clairement pas le poids contre un Frère Juré.

- Oh tu sais, je peux t’apprendre… Il faut simplement de la pratique pour se perfectionner… Enfin, pas là… Je doute avoir la capacité de même pouvoir tenir une épée en ce moment… Marmonna-t-il avec un sourire un peu niais.

La façon dont Phoebe le regardait était… particulière. En fait, s’il pouvait reconnaître le désir d’une femme à son simple contact visuel, dans ce cas-ci, c’était un peu différent. Enfin, Hill espérait visiblement quelque chose de lui – qu’il n’était pas sûr de pouvoir lui offrir – mais son regard pétillant était plus… intense, plus brillant que ceux d’une simple catin. Cette unique œillade faisait naître une nuée de papillons au creux de son estomac et le membre de la Night’s Watch toussota pour reprendre contenance. Ouais… Ouais, il avait raison, il avait besoin de s’amuser et de rejoindre Jewelith avant de faire un truc complètement idiot. Se redressant un peu sur son siège, Snow sourcilla aux propos du lion noir qui faisait clairement l’éloge de sa personne – du moins, de son physique. Un air curieux au visage, le jeune Northman baissa le regard sur sa propre personne, remarquant enfin que son encolure exhibait effectivement son poitrail plus que prévu. Pourquoi est-ce que ses propos le chamboulaient? Déglutissant, Sulli releva son regard vers lui et remarqua enfin combien son compagnon semblait le désirer, mais aussi semblait désespéré. Son sourire moqueur jurait avec la profondeur de ses paroles et le guerrier septentrional se racla la gorge, pour retrouver contenance. Il se sentait… erh… excité par ses dires? Putain de merde, mais qu’est-ce qui se passait avec lui?! Bon, c’était effectivement un bon moment pour foutre le camp, il avait besoin de se laisser aller et Jewel était la personne tout indiquée.

- Hum… tu as raison. Et puis, faire attendre les damoiselles, c’est impoli, non?

Le nordiste détourna le regard, puis se releva, chancela légèrement avant de faire signe à son compagnon que tout était sous contrôle. Il s’avança ensuite en direction de la beauté impatiente, sentant les prunelles effervescentes de Hill s’appuyer contre son dos. Une fois à la hauteur de la catin, le visage de cette dernière s’éclaira et elle ne se fit pas prier pour attraper la main qui lui était tendue.

- Il était temps, Snow! Je commençais à croire que tu préférais notre videur à un moment torride avec moi! ♥

Pour toute réponse, le corbeau esquissa un sourire en coin, puis se dirigea vers l’escalier, jetant un bref regard en coin à Hill qui fixait déjà le foyer tout au fond de la pièce. Il grimpa les marches quatre à quatre et les gloussements de la belle se firent entendre, derrière lui. Inutile de dire que les choses s’enflammèrent rapidement! Une fois à l’étage, elle l’attira sans ménagement à une chambre et referma brusquement la porte, de peur de voir son précieux client lui glisser entre les doigts. Leurs lèvres parcoururent la peau fiévreuse de l’autre (mais sans échanger de baiser, règle commune à toutes les prostituées vu le caractère trop personnel de la chose), dénudant leur corps tant désiré dans la mêlée. Le lit ne fut que très peu utilisé, les deux amants trop pressés de goûter aux plaisirs de la chair pour réellement s’encombrer de s’allonger gentiment. De la luxure à l’état pur. Un simple instinct primaire à combler, rien de plus. Le tout contre une poignée d’écus qui serviraient à payer les commodités de la belle. Combien en avait-elle emmené dans son lit, comme ça? Le nombre devait être incalculable. Ce n’est qu’une fois le besoin sexuel comblé que client et employée se laissèrent tombés sur le dos, sur les couvertures du seul lit de la pièce. Une fine pellicule de sueur recouvrait leur corps respectif et ils restèrent un petit moment, comme ça, en silence, le temps de refaire le plein d’énergie. Pourquoi… pourquoi avait-il pensé à Hill? Pendant un bref instant, l’image du lion noir tout sourire était apparu dans son esprit. Mais qu’est-ce qui clochait chez lui, merde?!

Snow leva les bras et passa ses mains au visage alors que les doigts enjôleurs de la belle lui caressaient le torse. Il y avait un truc qui ne tournait pas rond, c’était évident! Pourtant… pourtant il avait réellement ressenti un truc en pensant au bâtard à la belle gueule. Merde, il n’aimait pas les mecs! La preuve, il venait de se taper une courtisane et avait réellement apprécié la chose. S’il était déviant également… il ne l’était pas totalement, c’était évident. Mais malgré tout, la simple idée qu’il partage des intérêts communs à ceux de Phoebe le mettait dans tous ses états. Il était coincé dans un maelstrom d’émotions contradictoires et ne savait plus trop quoi penser. Il fallait dire que son état d’ivresse n’aidait en rien la chose…

- … Dis, tu m’écoutes, Snow?

Le Frère Juré sursauta et tourna son regard vers la belle qui s’était déjà redressée en position assise, remettant en place son corset par le fait même.

- Si tu veux rester, il y aura des frais supplémentaires, mon beau. Alors soit tu paies, soit tu quittes. Tu sais que j’aime bien ta belle gueule, mais en affaire, on ne fait pas de cadeaux.

Sullivan opina du chef en guise d’approbation, puis se releva finalement. Il alla se nettoyer auprès d’une bassine d’eau conçue à cet effet, puis enfila ses vêtements non sans tituber sous l’ivresse accumulée. Une fois complètement vêtu, la catin s’approcha de lui, apposa un baiser sur sa joue un peu rugueuse et déclara que « ce fut un plaisir de faire affaire avec lui ». Snow esquissa un bref sourire en coin, puis sortit de la pièce avant de s’aventurer un peu maladroitement dans le couloir. D’où il était, il pouvait entendre ses autres compagnons en pleins ébats avec de jolies filles payées pour leur simple plaisir personnel. S’agrippant à la rampe, le jeune homme immaculé descendit maladroitement l’escalier jusqu’au rez-de-chaussée et réalisa que Phoebe n’était plus présent dans la pièce principale. Il fallait dire que l’endroit était plutôt désert, tous les clients ayant passé à l’étage supérieur pour davantage de plaisir. Le tavernier salua le guerrier qui hocha de la tête en sa direction, puis s’avança vers la sortie. Il devait retourner à Castle Black. L’air froid de l’extérieur viendrait à bout de ses désirs inavoués et rafraîchirait ses ardeurs à coups sûrs. De toute façon, il avait la tête qui tournait un peu…

Sans plus attendre, le jeune guerrier agrippa son manteau doublé de laine de mouton et sa lourde cape, enfila le tout, poussa la porte et prit une grande inspiration alors que l’air froid du North souffla dans sa chevelure de neige. Bon, ça ne chassait pas les brumes d’alcool qui voguaient dans son organisme, mais au moins, ça l’aidait à enligner plus de deux pensées d'affilée. Le Frère Juré marcha sur le pavé enneigé, papillonnant des paupières alors que de gros flocons tombaient du ciel. Au bout de quelques mètres, il bifurqua vers la droite et s’enfonça dans l’écurie dans le but évident de retrouver son étalon alezan qui traînait dans l’un des box. Du mouvement tout au fond de l’écurie attira son attention. Sa curiosité étant exacerbée par l’alcool, le guerrier nordique s’avança prudemment et vit Hill qui semblait errer dans l’allée principale, les mains dans les poches. Oh… Il devait chercher le fameux palefrenier qui, visiblement, devait s’être assoupi quelque part dans l’établissement. À cette vision, Snow ne put s’empêcher d’esquisser un sourire en coin, croisant les bras sur sa poitrine.

- Chercher un palefrenier endormi est un jeu comme un autre, je dois te l’accorder, fit-il suffisamment fort pour que Phoebe l’entende, mais pas assez pour réveiller l’employé qui devait bien traîner quelque part. Tiens? Hill avait sursauté? Était-il pris la main dans le sac? Et une fois que tu l’auras trouvé, tu comptes faire quoi? Lui déballer le grand jeu pour lui attirer ses faveurs?

Un air désapprobateur semblait trôner sur les traits réguliers du bâtard des Lannister qui, visiblement, aurait apprécié qu’il se taise. Après tout, si on les entendait, ça risquait de ruiner toutes ses chances. Malgré l’air un brin revêche du lion noir, le zomane ne pouvait s’empêcher de glousser, visiblement amusé par la situation.

- Voir le grand Dagobert en séance de chasse, c’est presque divertissant! Vous arborez tous cet air, le cas échéant, dans ta famille? Votre emblème vous va bien!

Ah tiens, le voilà qui se rapprochait de lui. Probablement dans le but de le faire taire. Pouvait-on réellement lui en vouloir? Après tout, n’avait-il pas mentionné se sentir esseulé, en ce moment? Un manque flagrant qui avait besoin d’être comblé. Sulli pouvait comprendre : entre hommes, ils vivaient tous un peu la même chose. Une poigne solide l’agrippa par le manteau et l’attira à l’écart, probablement dans le but de le forcer à baisser le ton (qui, somme toute, n’était pas si élevé). Les deux hommes entrèrent dans un box, vide et sombre, l’un visiblement irrité et l’autre un peu trop hilare. Dès qu’ils furent à l’abri des regards, la voix basse de Hill se fit entendre, lui faisant comprendre avec un peu de véhémences de se la fermer à ce sujet. Après tout, il venait à peine d’arriver et n’avait pas encore réellement tâté le terrain à savoir si ça pourrait lui coûter son job ou pas. Attends… Il parlait de ses origines Lannister ou de son orientation sexuelle? Peu importait réellement. Le fait est que leur proximité renouvelée chamboula à nouveau le corbeau qui avait déjà très peu d’inhibition en ce moment vu son taux d’intoxication.

Une lueur brilla dans les yeux glaciaires de l’aîné des deux hommes. Sans plus attendre, il agrippa le bras de Phoebe, défit sa poigne toujours fichée contre son manteau, plaqua son avant-bras contre le poitrail du lion noir et le poussa avec force contre le mur du fond. Sullivan conserva une pression suffisante pour le maintenir contre la paroi de bois et leur regard se rencontra, un peu plus longuement qu’initialement prévu. Snow ne réfléchissait plus. Son cerveau avait décidé de se faire la malle, ayant du mal à gérer les fluides alcoolisés qui l’envahissaient en plus de toutes ces émotions vives et contradictoires. Son regard azuré se glissa un instant sur les lèvres de Phoebe, leurs souffles courts effectuant de légers nuages de buée, vu la température ambiante.

- Je… je n’ai aucune idée de ce que je… je suis en train de faire… Souffla le bâtard des Stark en réponse à la question soufflée par Hill.

Tout se passa si vite. Il s’avança soudainement, emprisonnant la bouche de Phoebe contre la sienne dans un baiser soudain qui prit visiblement le jeune noble par surprise. Ce contact n’avait rien de maladroit ou de chaste… Bien au contraire. Il témoignait d’une passion franchement inavouée et enfouie depuis un petit moment. Bon… L’alcool venait exacerber le tout, mais quand même. La stupeur passée, le contact fut prolongé et la langue de Snow valsa contre celle de Hill alors que son corps se pressa davantage contre celui de son prisonnier. Au bout d’un moment, le baiser franchement langoureux fut rompu et les deux compagnons reprirent leur souffle. Comme s’il venait de réaliser ce qu’il avait fait, le corbeau se racla la gorge, puis recula maladroitement, visiblement aux prises avec un malaise évident.

- Bon sang… mais qu’est-ce qu’ils mettent dans leur putain de whisky? Marmonna-t-il, embarrassé et regardant visiblement ailleurs. Son cœur battait à cent milles à l’heure et les images mentales qu’il s’était faites de Hill, un peu plus tôt pendant ses ébats, lui revinrent en tête, le troublant davantage. À croire qu’au final, cette boisson ne nous fait pas vraiment…

À peine eut-il terminé ses propos qu’il sentit son compagnon l’agripper à nouveau, le déstabilisant accidentellement au passage. Titubant, Sulli trébucha et s’étala maladroitement dans la paille propre du box vide. Aïe. Il se redressa lentement sur les coudes, jetant un regard à son interlocuteur, ayant du mal à distinguer son expression vu l’obscurité ambiante.

Phoebe Hill

avatar
Bâtard Lannister
Voir le profil de l'utilisateur
Mar 20 Juin - 21:14
*Je ne sais pas si je serais capable de supporter un entraînement contact avec toi, Sullivan…* songea Phoebe en retenant un soupir. Il tira quand même un sourire, comme pour le remercier de l’invitation, trop bien élevée pour décliner, il pria tout de même que l’alcool altérerait assez la mémoire de Snow pour qu’il oublie cette offre-là. Bizarrement, il sembla que le Frère Juré ne savait pas comment réagir à la provocation de Hill, qui s’était attendu soit à ce qu’il éclate de rire ou lui casse la gueule. Au contraire, le blondinet semblait troublé, lorsqu’il se leva debout et baissa les yeux sur lui-même, comme s’il était incertain du sexappeal qu’il dégageait. Apparemment, saoul ou pas, le corbeau réussissait à être décontenancé par les paroles de son vis-à-vis, mais plus à la façon d’une adolescente effarouchée et à la fois flattée que comme un homme qui devrait être insulté de se faire ouvertement draguer par un autre…

Visiblement mal à l’aise, Sullivan profita de la porte que Phoebe lui laissait grande ouverte pour aller rejoindre sa compagne de nuit, un peu chancelant. Il ne leur fallut pas bien longtemps pour se diriger vers les escaliers, visiblement son bijou de prostituée voulait régler cela au plus vite avant qu’ils soient à nouveau interrompus. Hill soupira de soulagement et de déception à la fois, tournant les yeux vers le foyer, toujours réconfortant, pour éviter de voir la lubricité dans le regard de Snow, qu’il aurait préféré voir pour lui… *Tu ne peux pas penser comme ça, arrête de te torturer pour quelqu’un que tu n’auras jamais*.

Peu à peu, la salle se vida, ceux qui avaient à monter montèrent, ceux qui devaient rentrer rentrèrent, et la tenancière fit signe à «Dagobert» (oh, quelqu’un avait eu la gentillesse de transmettre on nom à sa patronne?) qu’il pouvait retourner se coucher en le remerciant un peu trop chaleureusement à son goût. Phoebe demanda au barman de lui refiler la bouteille de whisky au complet, spécifiant à sa supérieur qu’elle pouvait la retirer de sa paye (parce qu’il avait laissé sa bourse avec ses autres effets à l’étage au-dessus de l’écurie), et il s’en fut en buvant à même le goulot. La petite gorgée qu’il avait prise plus tôt lui avait donné envie, et pour survivre au froid du climat du North (l’antre des chevaux est tristement moins bien isolée que celle des putes), il aurait besoin de s’échauffer à la boisson, à défaut d’avoir quelqu’un dans son lit pour le faire. Malgré les encouragements de Sullivan, Hill préférait ne pas se faire trop d’espoirs sur le palefrenier. Et en plus il ne l’avait pas encore vu, peut-être qu’il était moche comme un anus mal lavé.

Rapidement, le noble déchu de l’ouest fit le tour de l’écurie, vérifiant qu’il était seul, et monta l’escalier qui menait à son pallier, s’effondrant rapidement sur son lit de foin, prêt à commencer à s’engourdir l’esprit et le corps. Toutefois, même à la quantité de whisky qu’il prenait pour s’intoxiquer, il lui semblait encore que son corps ne voulait pas s’engourdir, justement. Au contraire, sa masculinité ne s’était pas tu de la soirée, même après le départ de Sullivan, et ses pensées ne faisaient que s’égarer vers lui, imaginant trop bien ce qu’il devait avoir l’air sous ses vêtements… visualisant malgré lui sa physionomie dans ses moindres détails, mais pas dans les bras de Jewelith. Même s’il se reprochait mentalement ce genre de torture psychologique, son cerveau avait décidé de refuser de coopérer, et il se retrouva bientôt la main dans le pantalon (celle qui ne tenait pas la bouteille, tsay) à s’imaginer une scène qui ne pouvait se produire qu’en pensées…

Sauf que ça ne soulagea rien. Une fois terminé, il se sentit seulement plus stupide et plus seul qu’auparavant, et il se maudit d’avoir pensé à lui. Grognant, Phoebe se releva, titubant déjà sous les effets de l’alcool, dont il avait laissé la bouteille à moitié vidée à côté de sa couche, et tenta bêtement de descendre l’escalier sans se casser la gueule. Heureusement pour lui, personne ne le vit manquer les trois dernières marches et se rattraper in extremis à la porte du box qui lui faisait face. En colère contre lui-même, Hill s’empressa de se laver les mains dans le premier sceau d’eau qu’il trouva, pria pour que ce ne soit pas celle qu’on donnait à boire aux chevaux, et resta quelques minutes adossé à un mur de pierre froide pour essayer de se replacer les idées, de façon très peu efficace. Au moins réussi-t-il à récupérer son équilibre, sa tête cessa de tourner au bout d’un moment, lui permettant de se remettre à marcher. Au hasard, il fit le tour des boxs, sans rien chercher en particulier, observant les bêtes, caressant un museau curieux qui se faufilait par la fenêtre de sa porte ici, jetant un œil à une jument blottie contre son petit. Bientôt, il rejoignit Dagobert, trouva quelque gâteries à lui refiler, lui chuchota quelques mots à l’oreille... Le calme étonnant de l’écurie permis, pendant quelques instants, à lui changer les idées. Pas assez longtemps. Bientôt, une voix beaucoup trop chaude, qui avait BEAUCOUP TROP d’effet sur ses hormones, vint rompre le silence.

Phoebe sursauta, il était pourtant certain d’avoir la paix maintenant, s’étonna qu’il soit déjà revenu. Jewelith devait être ordinaire pour qu’il ne passe pas la nuit avec elle… Sans trop savoir pourquoi, cette perspective lui plut grandement. Toutefois, son excitation grandissante fut vite refroidie par la moquerie de Sullivan. Dire que…. Honnêtement… il n’y avait même pas pensé à chercher ce fameux palefrenier! Les chances étaient qu’il s’était retrouvé dans la chambre d’une de ses «collègues de travail» plus tôt, malgré les affirmations de Hill au sujet de son manque de masculinité.

-Non, mon grand jeu je le garde pour toi. Mais peut-être que je vais te lâcher un peu, si tu finis toujours aussi vite, je ferais mieux, en effet, de me choisir un autre partenaire, lui renvoya-t-il sèchement.

Complètement saoul, Sullivan fit une autre remarque sur sa famille et son orientation, et même si Phoebe était certain d’être seul (outre les chevaux), il ne put s’empêcher de grincer des dents au commentaire. Il ne pouvait pas la fermer un peu? Ce n’était pas la peine de crier si fort, il n’avait pas particulièrement envie que tout le monde sache d’où il venait et ce qu’il aimait, même s’il était persuadé d’être en sécurité au Gift, ce n’était pas une raison pour donner aux gens l’envie de l’égorger. Le mouton noir combla rapidement la distance entre eux deux, aggripa le corbeau par le collet, sans qu’il réagisse étonnement, et l’entraîna dans un box qu’il avait remarqué être vide un peu plus tôt.

-Tu ne peux pas baisser le ton un peu? Je suis à peine arrivé, je n’ai pas l’intention de prendre mes aises ici, voire même jamais, puisque je n’ai pas l’intention de rester. Hill essayait de se faire le plus brusque possible, mais même avec son ton bas, il réussissait à le dévisager avec envie. Tu parles plus que moi quand ta bu, merde! Je ne croyais même pas que c’était possible. Même si ce n’est pas l’envie qui me manque, je ne suis pas ici pour me soulager les bourses, contrairement à toi, mais pour essayer de survivre. Ce sera plus facile si tu fais attention à tes propos sur mon origine.

Malgré son sermon, la lueur dans les yeux de glace ne sembla pas s’estomper. Une expression que Phoebe n’avait jamais espéré voir dans ce regard-là, sauf en rêve. Quelque chose qu’il n’avait vu que chez ses amants, et encore. Pourtant, la violence avec laquelle Sullivan le détacha de lui pour le plaquer contre le mur rendit Hill confus, tout d’un coup incapable de se décider à savoir si Snow voulait lui casser la gueule (il n’avait franchement aucune raison de le faire, sauf s’il avait mal pris sa boutade un peu plus tôt?) ou le… Oh.

Le regard des deux hommes se verrouilla l’un sur l’autre, et Phoebe respirait à peine alors qu’il sentait le poids des yeux de Sullivan comme s’il était en train de songer don âme. Leur proximité était telle que Hill était capable de discerner l’odeur d’alcool qui se dégageait de la légère buée sortant de la bouche de Snow, à cause du froid. Telle qu’il remarqua, pour la première fois, une teinte un peu violacée dans le fond du bleu des yeux du bâtard du North. Il eut à peine le temps de formuler mentalement une moquerie au sujet de son sang de dragon, mais celle-ci ne quitta jamais ses lèvres, puisque les iris du corbeau baissèrent sur celles-ci l’espace de quelques secondes. Coincé entre le mur du box et l’homme de ses fantasmes les plus récents, le mouton noir Lannister osait à peine respirer.

-Qu’est-ce que tu fiches? lâcha-t-il dans un souffle nerveux, ayant presque peur de la réponse.

Oui, peur. D’être déçu, évidemment, de se faire de faux espoirs, que ce soit une vilaine blague… Ça ne pouvait être que ça, non? Sullivan était fortement saoul, il était en train de se payer sa tête. Leurs regards se croisèrent à nouveau, et soudain, Phoebe sut qu’il se trompait. Snow n’était pas en train de se payer sa tête, et comme il l’affirmait justement, il n’avait aucune idée de ce qu’il était en train de faire. Il le fit pourtant, écrasant les lèvres du westerman avec une passion qui déstabilisa Hill plus que le geste en lui-même. Ça n’avait absolument rien à voir avec le baiser maladroit et volé sans réfléchir qu’il lui avait imposé quelques jours plus tôt. Non, le corbeau se contrôlait, même fortement intoxiqué, il savait ce qu’il faisait. Pas pourquoi il le faisait, peut-être, mais ce n’était pas un accident, ça. Et ce n’était pas une blague non plus.

Lorsque la langue de Sullivan toucha la sienne, Phoebe abandonna toute réserve. Cette fois, ce n’était pas lui qui avait fait le premier pas, il n’y avait aucune raison de se retenir. Hill répondit à la fougue étonnante de Snow, plongeant ses mains de chaque côté de la tête du Frère Juré, lui rendant son baiser avec une sensualité qui ne cessait de croître à chaque seconde que le celui-ci se prolongeait. Goûtant avec délice la saveur des lèvres du corbeau, renouant avec les maigres souvenirs qui lui était resté après sa gueule de bois de l’autre fois. Et cette fois-ci, allait-il s’en souvenir? Il le devait, il ne pouvait tout simplement pas effacer ça, pas à la façon dont le blondinet se pressa contre lui, l’écrasant plus encore contre le mur, au point où le mouton noir eut du mal à retenir son soupir. Ça avait fait un peu mal quand même… mais juste assez pour s’assurer que c’était vrai, tout aussi vrai que l’émotion qu’il ressentait dans son bassin… et dans celui de l’autre aussi, proximité oblige.

Emporté dans son élan, Phoebe chercha à prolonger le baiser que Sullivan était en train de rompre pour respirer, songeant qu’il acceptait de mourir asphyxié si c’était dans une étreinte aussi langoureuse. Alors qu’ils reprenaient tous les deux leur souffle, Hill les yeux toujours clos, Snow se racla la gorge, mal à l’aise, et recula en échappant aux doigts du westerman, qui s’étaient fichés dans ses longs cheveux argentés pendant le baiser. Le bâtard Lannister resta un moment figé dans le vide, les mains en l’air, comme attendant qu’il revienne, ne les baissant que lorsque le corbeau marqua son incompréhension, se demandant se que le tavernier mettait dans son whisky pour que la boisson leur fasse autant d’effet.

-Du whisky, j’crois… chuchota Phoebe en relaissant tomber ses bras le long de son corps, et peinant à rouvrir les yeux, inquiet de l’expression qu’il découvrirait sur le visage de Sullivan.

Lorsqu’il accepta enfin de le regarder, s’attendant à le voir dégoûté ou honteux, Hill ne pu que constater que Snow était plutôt troublé, et ne le regardait pas, le visage rouge de… gêne peut-être, mais pas de colère en tout cas. Le westerman pria mentalement que le corbeau ne lui fasse pas un sal coup en s’en allant maintenant, en réalisant qu’il n’aimait pas cela ou qu’il était en train de faire une grosse bêtise. Pas maintenant qu’il lui avait donné de l’espoir, pas maintenant qu’il l’avait embrassé de cette façon. *T’en vas pas! Ne me déteste pas! Embrasse-moi encore!* lui criait-il dans sa tête, incapable d’ouvrir la bouche pour parler, lui qui avait pourtant habituellement la langue bien pendue. Sous le coup de l’incompréhension, Sullivan avait reculé de plusieurs pas, étendant entre eux une distance qui désespérait Phoebe après leur soudaine proximité. Désireux de combler l’espace et le toucher à nouveau, mais rendu maladroit par le whisky qu’il avait avalé, le mouton noir tendit la main pour attraper à nouveau le collet du corbeau et le ramener vers lui. Le mouvement trop rapide surpris toutefois tant son vis-à-vis que celui-ci, également intoxiqué à l’alcool, perdit l’équilibre en voulant probablement reculer et tomba au sol. À moitié assis et à moitié couché sur la paille, Snow affichait un air d’incompréhension.

« Je suis pas aussi bizarre que toi, moi! Merde!» fit une voix dans sa tête, la voix rageuse de Sullivan lorsque Phoebe l’avait embrassé la première fois, après lui avoir dit qu’il ne «s’adonnait pas aux mêmes déviances que lui». Déviant. C’était ce que tout le monde disait, et que même Hill avait commencé à dire lui-même, parce que dans sa bouche à lui, ça ne ressemblait plus à une insulte, et ainsi le mot dans la bouche des autres lui semblait plus inoffensif. Mais venant de Snow, ça l’avait affecté au-delà de ce qu’il s’imaginait possible, surtout après qu’il eut pris sa défense devant les individus grossiers qui l’harcelaient. Sur le coup, le mouton noir n’avait même pas fait attention : à vrai dire, le lendemain, il ne s’en rappelait plus. Mais à cet instant précis, dans cette écurie, dans le Gift, les mots revenaient, acérés, sanglants dans ses souvenirs.

-J’suis pas un sal profiteur, Sullivan. T’es saoul, rentre à Castle Black, marmonna-t-il avec peu de volonté, son âme lui criant de se taire et de sauter sur l’occasion. T’as pas idée à quel point t’es séduisant, là maintenant, étendu devant moi, comment t’as l’air vulnérable, même si je sais que c’est une façade, comment tu… es désirable. Mais tu ne veux pas me donner ce que je veux, pas vrai? T’es pas aussi bizarre que moi, toi, c’est toi qui l’a dit, lâcha-t-il la voix enrouée, incapable malgré lui de s’empêcher de faire un pas dans la direction de Snow. Vas t‘en maintenant… ou vas t’en pas du tout, mais pas d’entre deux, je t’en pris. Plus tu attends avant de partir, plus tu me donnes de l’espoir, et plus ça me fera mal quand tu ficheras le camp.

Phoebe n’arrivait pas à empêcher sa voix de trembler d’angoisse, et ses yeux de le prier de rester. Pourtant, lorsqu’il combla la distance entre eux, ce fut pour tendre la main à Sullivan afin de l’aider à se relever. Pour qu’il parte. Main que Snow ne pris pas. Le ventre de Hill s’enflamma d’envie, alors que leur regard s’était définitivement accroché l’un à l’autre, de sorte que sa main tendue poursuivit son chemin vers le visage du corbeau, caressa une joue où pointait un début de barbe pas rasée du jour-même, au contraire du bâtard Lannister. L’absence de réaction du blondinet encouragea le westerman, qui s’agenouilla lentement à ses côtés, un peu craintif quand même, en glissant ses doigts à nouveau vers la chevelure de neige. Avec une prudence qui frôlait la maladie mentale, Phoebe réitéra leur baiser, mais cette fois-ci avec une douceur de jeune vierge craintive (Sullivan la jeune vierge, pas lui, important de préciser), y mettant plus de tendresse que de passion, repoussant son désir et ses pulsions loin dans son esprit pour tester les résistances du northman. Entre chacun de ces baisers légers et curieux, Hill parlait, autant pour meubler le silence qu’évacuer ses peurs.

-Et puis au pire… Si tu changes d’avis… T’as qu’à me casser la gueule non?... … … Même saoul tu gagnes j’t’assures… De toute façon j’suis pas plus frais que toi là… … … … Fait juste me promettre un truc, je t’en prie… Si tu décide de me frapper, frappes assez fort pour que j’oublie tout… … Que j’meurs pas de honte en me réveillant demain matin… … … … Mais pas trop fort non plus… J’aime bien ma gueule, j’voudrais pas être défiguré... souffla-t-il finalement avant un dernier baiser, incapable de ne pas tirer les lèvres dans un demi-sourire moqueur.

Face à l’absence de résistance, Phoebe changea de position pour être agenouillé au dessus de Sullivan plutôt qu’à côté, et poussa de sa main valide sur son torse pour l’allonger sur la paille, suivant le mouvement en ne décollant plus ses lèvres des siennes. Ils avaient assez parlé, non? Sa main droite toujours dans la chevelure de Snow, Hill descendit la gauche jusqu’aux hanches du Garde de Nuit, afin de la glisser sous sa tunique et se délecter des muscles de ses abdominaux qu’il devinait sous ses doigts, mais aussi constater la respiration saccadée du corbeau, dont les baisers redevenaient, peu à peu, aussi fougueux et brûlants que tout à l’heure. Ses mains se tendirent et ses gestes se firent plus erratiques alors que la tension sexuelle montait de façon indéniable, si bien qu’il eut retiré à Sullivan sa tunique plus vite qu’il avait le temps de le constater, d’après son état d’ivresse. Ses deux mains caressaient désormais ce corps délicieusement sculpté par des années de travail physique, au point où il était presque gêné du sien. Bon, il n’était pas un cure-dent non plus, mais même en suivant la formation de la Garde de Nuit, il doutait d’arriver à un tel résultat. Oh wait… Garde de nuit? Lui? Non! Jamais de la vie!

Heu… ou peut-être. À cet endroit et cet instant précis de sa vie, allongé contre ce corbeau délicieusement séduisant, dont la langue caressait la sienne avec une langueur insoupçonné… Phoebe commençait à revoir un peu ses plans d’avenir.

Sullivan Snow

avatar
Patrouilleur
Voir le profil de l'utilisateur
Mer 21 Juin - 23:34
***PUBLIC AVERTI***
***Ce rp contient une scène explicite se déroulant entre deux hommes! À lire à vos risques et périls***


Il ne savait plus quoi dire, quoi penser de tout ça. Son envie de contacts physiques avec Phoebe était indéniable, même pour un type bourré comme lui. Il… Il l’avait fait délibérément. Il n’avait pas le choix de l’admettre : c’était LUI qui s’était jeté sur Hill, pas le contraire cette fois. Il avait ressenti ce besoin intense de goûter ses lèvres, sa peau… Comme un papillon de nuit attiré par les flammes. Pourtant, même s’il en avait terriblement envie, il ne pouvait s’empêcher de se sentir coupable, voir terriblement mal à l’aise. Il était un homme. Les hommes aimaient les femmes, point. Il n’y avait aucune autre alternative possible dans leur monde. Est-ce que ça faisait de lui un monstre de ressentir de l’attirance physique pour un autre type? Peut-être était-il malade? Atteint d’un mal inconnu qui pouvait être guéri? Pourtant, si tel était le cas, Phoebe serait surement complètement rétabli à l’heure actuelle, et pourtant… Il ressentait ce pouvoir d’attraction autant que lui. Snow jeta un regard confus en direction de son interlocuteur et ne put s’empêcher de ressentir une pointe de honte qu’il eut du mal à dissimuler en entendant les propos du jeune Hill. Il ne voulait pas profiter de la situation et malgré son attirance évidente, le bâtard des Lannister le somma de rentrer à Castle Black, lui rappelant par le fait même les paroles qu’il avait lui-même prononcées avec véhémence quelques mois plus tôt.

Pourquoi est-ce qu’il ressentait un pincement au cœur? Était-ce de la honte? De la culpabilité? Une pointe de tristesse de se voir repoussé? Il n’en savait foutrement rien, tout ce qu’il arrivait à saisir, c’était à quel point c’était désagréable. Un mouvement fut effectué dans sa direction. Un simple pas esquissé en son sens, témoignant sans équivoque de l’envie du lion noir de le voir aller à l’encontre de ses recommandations. Du moins, c’est ce qu’il supposait. Lentement, le jeune homme immaculé leva son regard glaciaire en direction de son équivalent Westerman, à la fois confus par l’alcool et terriblement gêné de sa propre attitude. Un autre pas, puis un autre. La voix de Hill était tremblotante, hésitante, angoissée. Une main fut tendue en sa direction, lui demandant ainsi dans un geste silencieux de bien vouloir se relever. Si d’ordinaire le zomane aurait volontiers accepté son aide, en ce moment… il n’en savait rien. Il… Il avait envie de rester, malgré sa conscience qui lui hurlait de ne pas jouer les imbéciles. Ses prunelles azurées rencontrèrent les iris verdoyants de son compagnon… et le geste effectué par l’homme aux cheveux d’ébènes en sa direction ne fut jamais répondu.

Dans un mouvement qui semblait naturel, Hill laissa sa main se diriger vers le visage du corbeau, caressant dans un geste hésitant sa joue un peu rugueuse. Sous son manque de réaction répulsif, le sudiste s’agenouilla prudemment au sol, se rapprochant du nordiste par le fait même. Il avait l’impression que Phoebe agissait avec lui comme s’il représentait un animal sauvage qu’il avait peur d’effrayer. Le cœur du Northman battait à tout rompre et il se demandait réellement pourquoi il n’avait pas encore prit ses jambes à son cou. Ce n’était PAS une bonne idée! Et pourtant, tout son corps réclamait la présence du noiraud contre lui. La caresse sur sa joue se déplaça vers l’arrière de sa tête et dans un geste lent (afin d’éviter de l’effaroucher), Phoebe approcha son visage du sien pour venir quérir un nouveau baiser, plus doux, plus léger cette fois. Snow ne recula pas, répondant d’abord timidement à ce contact et laissant à son compagnon le loisir de choisir le rythme de leur échange buccal. Plusieurs baisers furent partagés, tous entrecoupés de paroles maladroitement prononcées par un Phoebe qui était à la fois terriblement excité et nerveux de la suite des événements.

Sullivan se concentrait sur le contact agréable de Hill contre sa bouche, n’ayant de toute façon pas les capacités intellectuelles, dans l’immédiat, pour gérer cette notion en plus des trop nombreuses paroles prononcées. Ainsi, il ne releva aucun des mots articulés, préférant se délecter des délicieux frissons qui lui parcouraient l’échine, mettant définitivement sa conscience à off pour laisser son instinct prendre le dessus. Au vue de sa docilité évidente, le bâtard des Lannister changea de position et vint s’installer à califourchon sur les hanches de l’homme immaculé, ce dernier appréciant un peu trop cette initiative de sa part. Une main vint s’appuyer sur sa poitrine et le poussa lentement vers l’arrière dans le but surprenant de l’allonger dans la paille du box. Heureusement, Hill eut la présence d’esprit de suivre le geste, ne désirant en rien se défaire de leur contact buccal qui, devons-nous le préciser, augmentait en intensité. Une fois adossé contre le lit de foin sec, Snow sentit une main se glisser jusqu’à ses hanches avant de s’immiscer sous son manteau et sa tunique dans un souci évident de palper ses abdominaux qui se contractaient sous l’élan de désir qui se faisait ressentir. La luxure était de mise et Sulli immisça à nouveau sa langue dans la bouche de Phoebe, heureux de le sentir répondre avec ferveur à son contact délicieux.

La chaleur montait d’un cran bien malgré eux. Les mains tremblantes d’excitation de Hill bougèrent dans un mouvement erratique, détachant la lourde cape des épaules, défaisant les attaches de son manteau de laine doublé et retirant la tunique sans ménagement. Bon… l’air ambiant était plutôt frisquet comme en témoignaient les nuages de buée qui émanaient de leur souffle accéléré, ainsi, c’est sans grande surprise que le corps entier du corbeau fut recouvert de frissons à la fois de froid, mais de désir également. Ses mains étaient solidement campées sur les hanches de Hill, le maintenant contre lui alors qu’il sentait bien les caresses qui lui parcouraient le torse avec envie. Rapidement, le corps entier de Phoebe se plaqua contre le sien, soucieux de faire disparaître le peu de distance qui persistait entre eux. Leur baiser était fougueux et ô combien sensuel. Il serait tellement facile pour eux de perdre la tête, là, tout de suite, dans ce box de chevaux. Pourtant, une petite tache venait emmerder ce joli tableau : il faisait vraiment froid malgré tout. Snow essayait d’ignorer les légers tremblements frigorifiés qui menaçaient de poindre le bout de leur nez, mais d’ici quelques minutes, il allait devoir être obligé d’admettre qu’il n’était plus si confortable que ça. Hill brisa momentanément le contact, le temps de reprendre son souffle et Sulli jugea que c’était le meilleur moment pour peut-être changer d’endroit.

- Okay… heu… au risque de faire ma chochotte, d’ici quelques minutes, je… je vais être frigorifié… Fit-il tout bas. Un plan B en vue?

Ainsi, il apprit que le lion noir dormait dans un petit logement au-dessus de l’écurie, l’endroit étant plus confortable et possédant une isolation plus adéquate que cette partie de l’établissement. Bon… Alors peut-être était-ce mieux de s’y diriger que de rester là où n’importe qui pourrait les surprendre? Un baiser langoureux fut déposé sur ses clavicules, faisant soupirer le Northman, avant qu’il ne voie le bâtard des Lannister se relever. Sans plus attendre, il imita ce dernier, agrippant ses effets au passage, puis se dirigea vers la porte du box avant de s’aventurer dans l’allée principale. Les deux hommes déambulèrent à travers l’écurie, Snow notant à quel point les regards de Hill étaient chargés d’envie et de séduction à son égard. À peine eurent-ils effectué quelques pas qu’une voix s’éleva depuis un allée adjacente, demandant qui était présent dans l’écurie à cette heure. Le corbeau se figea sur place, jetant un regard rapide en direction de son compagnon, réalisant que sa semi-nudité représentait un aveu de culpabilité en soi. Il se voyait très mal dire au palefrenier : « Pardon de vous avoir dérangé, on était sur le point de baiser dans l’un de vos box! ». Bon sang, la honte!

Sans attendre, Phoebe lui montra, dans un mouvement pressant de la main, un petit escalier de service qui montait à l’étage supérieur alors que lui-même déclarait ouvertement – destiné à l’employé de l’écurie – être venu se coucher. L’adrénaline chassa temporairement les brumes d’alcool de son pauvre cerveau, poussant le corbeau à s’élancer vers son unique chance de sortie alors qu’il grimpa l’escalier quatre à quatre. Une fois à l’étage supérieur, il ne se fit pas prier pour pousser la porte devant lui, s’engouffrant dans une chambre modeste sans être réellement crade. Déjà, la température ambiante était plus confortable dans cet endroit, il devait bien l’admettre. Sulli déposa ses effets sur une chaise dans un coin quand la porte s’ouvrit à nouveau derrière lui, laissant place à un Phoebe qui le détailla de la tête aux pieds. L’envie était palpable au fond de ses magnifiques prunelles verdoyantes et lentement, Sullivan se retourna pour lui faire face. Les deux hommes marchèrent en direction l’un de l’autre et dès qu’ils furent à portée, leur bouche retrouva ce contact si enivrant dans un baiser presque fiévreux. Les mains du zomane débarrassèrent son comparse de son manteau de cuir et balança ce dernier à l’autre bout de la pièce. Dans un geste presque urgent, il tira sur la tunique du lion noir vers le haut, passant le vêtement encombrant par-dessus sa tête pour enfin exhiber son torse bien sculpté à la peau délicieusement chaude.

Le Northman emprisonna la mâchoire du sudiste entre ses mains, pressant son corps contre le sien et effectuant une danse enivrant avec sa langue contre la sienne. Dans son mouvement passionné, il poussa Hill à reculer jusqu’à ce que son dos heurte le mur juste derrière lui. Brisant à nouveau le contact, il poussa son amant d’un soir à se retourner pour faire face au mur alors que lui-même se lovait contre son dos, embrassant sa nuque frissonnante avec une passion qu’il réservait généralement à la gente féminine. Ses mains s’aventurèrent sur le torse de Phoebe caressant chaque parcelle de peau et profitant des frémissements qu’il faisait naître au passage. Le souffle de son prisonnier passionné s’accéléra, ultime signe d’encouragement silencieux que Snow put facilement détecter. Bon après, il n’avait pas d’expérience charnelle avec un homme, mais il se doutait que le fonctionnement devait être foutrement similaire au sien. Alors autant agir avec Phoebe comme il aimait qu’on agisse avec lui, non? Ainsi, les doigts de son bras droit effleurèrent la peau du flanc de Hill, descendant dans un mouvement suave jusqu’à sa hanche, puis parcourant un tracé vers l’avant.

Spoiler:
 

Bon… évidemment lorsqu’un homme atteignait le septième ciel… c’était un peu plus salissant, mine de rien. Le corbeau embrassa l’épaule encore un peu tremblante de son comparse bâtard, puis retira sa main de son pantalon, balayant la pièce de son regard glaciaire pour finalement trouver un chiffon près d’une bassine d’eau qui était préalablement destinée à faire une toilette rapide, un décrassage express. Bon, ça ferait l’affaire. Ainsi, le Frère Juré se détourna, allant nettoyer sa main convenablement avant de proposer le tissu humide à Hill afin que… bah qu’il ne reste pas coincé… dans sa tenue… collante?

Phoebe Hill

avatar
Bâtard Lannister
Voir le profil de l'utilisateur
Jeu 22 Juin - 14:51
Considérant la chaleur qui grandissait de façon régulière dans les entrailles de Phoebe, celui-ci ne comprit pas que les frissons de Sullivan étaient causés par le froid et non seulement l’excitation. Pourtant, la buée qui sortait de leur bouche aurait dû lui mettre la puce à l’oreille, mais il n’avait plus vraiment toute sa tête depuis un moment, et ne raisonnait pas comme il faut. Aussi, comme lui était toujours habillé, il ne se rendit compte de rien, déshabillant stupidement Snow sans songer aux courants d’air glacial qui s’engouffraient par intermittence dans l’écurie et leur box. Aux tremblements qui animaient le corps sous lui, Hill répondit en se blottissant plus contre lui, enchaînant les caresses et augmentant l’intensité de ses baisers, persuadé que c’était l’extase qui lui procurait cette vibration soudaine. Aussi, lorsque le corbeau brisa leur baiser et le silence, le bâtard Lannister s’inquiéta un instant pour la tournure de phrase qu’il employa. «Au risque de faire ma chochotte», est-ce qu’il était en train de dire que… Un bruit étrange s’échappa des lèvres de Phoebe, à mi-chemin entre le rire et le soupir de soulagement, lorsqu’il comprit que Sullivan ne se dégonflait pas, qu’il voulait juste changer d’endroit.

-Je crèche en haut, souffla-t-il en essayant de retenir son rire nerveux qui lui fendait un sourire jusqu’aux oreilles. On devrait être mieux, et puis y aura pas de risque que tes copains nous surprennent en venant chercher leur monture. J’ai été un peu con en fait de ne pas y penser.

Pourtant, l’envie lui manquait terriblement de se lever et se détacher de Sullivan, comme s’il craignait de briser le moment, de donner le temps à son… son amant?... de réfléchir et de changer d’avis. Et puis, il était si délicieux à regarder, agréable à toucher, que Phoebe fut incapable de ne pas céder à la tentation, embrassant d’abord le cou de Snow, avant de descendre sur son torse par la clavicule, s’amusant de l’entendre soupirer d’aise malgré les frissons qui l’accablaient. Un brin déçu, Hill se força à abandonner le corbeau pour se relever et vérifier que l’allée était toujours libre. Derrière lui, il entendit le blond ramasser rapidement ses affaires, mais le westerman ne se retourna pas, préférant marcher rapidement en direction des escaliers sans vérifier s’il était suivi. La porte de sortie était complètement dans l’autre sens, s’il lui prenait un regain de conscience et qu’il décidait de se sauver, Sullivan serait facilement capable de le faire sans qu’il le voie. Mais les pas se firent bientôt entendre derrière lui, de sortes que Phoebe sentit un immense relâchement dans ses épaules et se permis enfin de regarder Snow, admirant dans toute sa splendeur sa silhouette à moitié dénudée, qui lui donnait des envies de…

-Y a quelqu’un?

Les deux hommes se figèrent et se dévisagèrent un instant, légèrement pris de panique. Ce devait être le fameux palefrenier, il n’était pourtant pas là quand Phoebe avait fait le tour de l’écurie, peut-être qu’il revenait d’une partie de jambes en l’air dans l’établissement voisin. Le cœur battant la chamade de peur d’être surpris en flagrant délit dès son premier soir de travail, Hill s’empressa d’indiquer à Snow la direction des escaliers, avant de s’aventurer dans l’allée où il avait entendu la voix. Lui, au moins, il était habillé.

-Hey, c’est juste moi, Ph… Dagobert. J’suis le nouveau videur. J’allais juste me coucher, bonne nuit mec, lâcha-t-il en espérant avoir l’air décontracté, puisque le garçon d’écurie était sorti d’un box où il soignait vraisemblablement un cheval et le regarda d’un air intrigué.

Finalement, Phoebe devait bien avouer que Face d’Anus n’était pas si terrible que ça, mais enfin, ce n’était pas vraiment son genre, et il doutait d’être le sien aussi à voir sa gueule d’hétéro. De toute façon… avec la tournure que prenait les événements, qui s’inquiétait de ce genre de trucs? Charlemagne se présenta, un peu étonné, et lui demanda s’il était bien, remarquant qu’Hill avait le visage cramoisi. Le bâtard Lannister eut tout le mal du monde à ne pas avoir l’air coupable, lâchant simplement qu’il avait trop bu, et dehors qui plus est, donc qu’il avait froid, mais que tout allait bien. Enfin, il lui souhaita bonne nuit, et s’empressa de monter les escaliers qui menaient à son «logis», priant… quand même un peu malgré tout… que Sullivan y soit.

Bien que l’attitude de Snow ne laisse pas présager qu’il ait envie de foutre le camp, Phoebe était incapable de s’empêcher de craindre qu’il ait mis les voiles, se rappelant sans cesse le dégoût de celui-ci lorsqu’il l’avait embrassé la dernière fois. Aussi, il lâcha encore un soupir rieur en fermant la porte derrière lui, constatant avec plaisir que Sullivan l’attendait, toujours à moitié nu, toujours désirable, et ils reprirent tous les deux rapidement le contact où ils l’avaient laissé, leurs lèvres se retrouvant avec une vigueur renouvelée. Malgré lui, Hill était incapable de ne pas lâcher de nombreux rires nerveux, puisque c’était maintenant le corbeau qui renversait les rôles en lui arrachant ses vêtements avec une hâte qui témoignait de son désir aussi assurément que son regard incroyablement chaud malgré sa couleur glaciale.

Lorsque leur torse se touchèrent, Phoebe sentit son cœur s’emporter dans une cacophonie bruyante, et constata, dans un coin très reculé de son esprit, que la peau de Sullivan était effectivement plutôt froide en comparaison à la sienne, n’ayant pas souffert de l’air frais de l’écurie pendant leur première étreinte. Snow n’allait toutefois pas tarder à se réchauffer vu l’ardeur qu’il mettait dans son baiser, dans sa poigne sur sa mâchoire et dans tous ses gestes, à commencer par écraser Hill contre le mur, avant de le forcer à lui tourner le dos. Le mouton noir se pris encore à rire, mais cette fois-ci son amusement fut rapidement étouffée dans un gémissement alors que le corbeau, blotti derrière lui, le caressait langoureusement et lui embrassait la nuque de telle façon qu’il frissonnait de plaisir. Plutôt déboussolé parce que, honnêtement, il s’attendait à devoir tenir les rênes avec son «initié», il ne vint nullement à l’esprit du jeune homme de résister, ravi de ce retournement inattendu de la situation. Si ça lui plaisait de le dominer, grand bien lui face, il était surement plus confortable ainsi de toute façon qu’à se laisser faire, et ça amusait grandement le bâtard Lannister.

Spoiler:
 

L’avantage de cette façon, c’est que c’est bien moins salissant… En soupirant, Phoebe laissa tomber sa tête contre le mur de sa chambre, ses bras glissèrent le long des jambes de Sullivan, abandonnant leur prise pour s’aider à se replacer confortablement au sol. Il avait bien trop la flemme de se lever pour aller se coucher, et n’avait de toute façon pas envie d’être demain. Cette soirée pouvait bien s’éterniser encore et le soleil ne jamais se lever, il serait l’homme le plus heureux. Les yeux clos, Hill entendit tout de même clairement Snow le rejoindre au sol, se laissant lentement glisser contre le mur comme lui-même l’avait fait. Encore sonné par la baissée d’adrénaline qui suit la tombée de l’excitation, le westerman rouvrit lentement les yeux, détaillant avec une certaine inquiétude l’attitude de son amant d’une nuit. Lui aussi, il finirait par dégriser. Regretterait-il ce qui venait de se passer, lorsque le soleil serait levé?

-Dis-moi Sulli… souffla-t-il d’une voix épuisée, mais fatiguée de la bonne façon… Disons, sur une échelle de un à dix… quelles sont les chances que tu aies encore envie de me parler demain? Pour d’autres raisons que me casser la gueule? marmonna-t-il lentement, question de donner la chance à Snow de remettre ses idées en place.

Parce que, pour être bien honnête, d’accord il avait bien pris son pied, mais ces aventures d’un soir, ce n’était pas vraiment sa tasse de thé. Mais Sullivan serait-il capable de pousser l’expérience plus loin un jour? En tous les cas, une chose était sûre, il aurait besoin de temps pour réfléchir. Et Phoebe aussi, il en avait besoin, parce qu’il ne savait pas plus où il se situait par rapport à ses envies pour Snow, si soudaines et impulsives qu’elles le laissaient enivré de désir, mais l’esprit trop embrumé pour qu’il sache ce qu’il ressentait. Jamais encore on ne l’avait surpris à sauter d’un amant à l’autre sans sentiments, il avait toujours été sérieux et honnête envers son cœur. Mais avec le corbeau, ça avait été comme magnétique, animal, de sorte que son corps avait agi avant sa tête, et qu’il se retrouvait maintenant peut-être presque aussi troublé que Sullivan. Il y avait cette fâcheuse voix dans sa tête qui lui disait que ça n’avait été que de la curiosité, que Snow ne s’intéressait pas vraiment à lui… Et puis il y avait l’autre voix, celle qui lui dirait qu’au mur… il en aurait le cœur net. Mais il était hors de question qu’il s’embarque sans savoir…
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Sauter vers: