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(RP Ante Animation) - Rencontre fortuite [Khanrell Targaryen]
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Rogar Bolton

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Lord de Dreadfort
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Jeu 1 Juin - 5:25
Quelques jours seulement après avoir enterré feu son père Lord Rickard Bolton dans la crypte de Dreadfort et prit ses fonctions de nouveau Seigneur, Rogar reçu un corbeau de King’s Landing. Le message qu’il était en réalité une invitation pour un bal afin de fêter la première année de règne du Roi, tous les Seigneurs des 7 Couronnes étaient conviés. L’Ecorché comprit immédiatement que cette initiative n’était ni plus ni moins qu’une manœuvre politique. En effet, il n’y a absolument aucun intérêt à fêter une première année de règne en temps normal mais encore plus lorsque celle-ci fut si calamiteuse. De plus, il s’agissait d’un bal, un tournoi aurait été plus approprié s’il souhaité sincérement « fêter » son règne comme l’ont fait les précédents Rois. Un bal est bien plus propice à faire des rencontres, des rapprochements ou glaner des informations.

Etant donné la situation à Westeros, le Roi voulait clairement réaliser un constat, évaluer les relations avec les Royaumes et déterminer lesquels représentaient une menace, ou au contraire, une opportunité d’alliance afin de regagner en influence. Rogar était bien au fait des relations de la Couronne avec les 7 Couronnes sur lesquelles elle n’avait plus grande maîtrise et il savait que le Roi avait deux jeunes sœurs à marier, les deux Princesses seraient sans doute la clé de ce bal. Bien qu’il ne porte vraiment pas les Dragons dans son cœur, Lord Bolton décida de se rendre à cet événement, non seulement car cela lui permettrait de lui aussi jauger les forces en présence, de s’informer afin de percer les intentions de chacun, mais aussi, il espérait pouvoir croiser les Martell. En effet, cela faisait maintenant deux années qu’il avait quitté les contrées brûlantes de Dorne pour retourner chez lui.

Plus d’un mois fut nécessaire au cortège Bolton pour arriver à la Capitale en passant la Route Royale. Toujours très prévenant, Rogar laissa une très importante garnison à Fort-Terreur de plus de 1500 hommes ainsi que des réserves de nourritures pour tenir un long siège. Rogar savait pertinemment qu’il sera sans doute l’un des seuls Nordiens, si ce n’est le seul à descendre à la King’s Landing et étant donné le contexte dans son Royaume, toute précaution était bonne à prendre. Une fois rentré dans la Capitale, il fut escorté par les Manteaux d’Or jusqu’au Red Keep. C’était la première fois qu’il se rendait à King’s Landing et dans le « Sud » depuis quelques temps. Le climat nettement plus chaud des terres australes ne le gênait en rien contrairement à ses hommes qui étaient au bord de la syncope. Heureusement pour eux, ils furent vite pris en charge par leurs homologues Sudistes, tout juste après avoir pénétré dans le Red Keep.

A peine quelques minutes dans la forteresse que l’écorché détestait déjà l’atmosphère qui y régnait, il avait la constante impression d’être épié, peut-être se faisait-il des idées ? Ou peut-être pas. La notoriété dépassant les frontières du Maître des chuchoteurs de King’s Landing y était sans doute pour quelques choses, et encore plus dans ces temps houleux. Rogar arriva extrêmement tôt, plusieurs heures avant les réjouissances, afin de pouvoir se préparer au mieux. Il fut conduit à ses quartiers qui demeuraient confortables. Rogar se vêtit de cuirs bien plus légers, plus raffinés, toujours marqués de l’Ecorché de sa Maison et déposa ses armes. Le jeune Lord décida ensuite de se rendre dans les jardins pour se détendre quelque peu de son long et éreintant voyage. Le lieu était magnifique, les nombreuses variétés de fleurs dégageaient des essences légères et agréables, on était bien loin des végétaux à moitié gelé du Nord, bien que les Jardins de la Capitale n’égalait en rien les Jardins Aquatiques de Sunspear.

Alors qu’il déambulait paisiblement fixant les cieux azurés, essayant de faire le vide dans son esprit si lourdement assujetti à une multitudes d’informations, il heurta une personne, bien que très légèrement. Ce n’était pas dans ses habitudes d’être maladroit ni étourdi, mais pour le coup, il n’avait vraiment prêté attention à son environnement. Profondément confus, Lord Bolton prit connaissance de la personne afin de s’excuser et s’assurer qu’elle allait bien. Quelle ne fut sa surprise lorsqu’il put constater qu’il s’agissait d’une jeune fille. Sans doute âgée d’une quinzaine d’années, peut-être un peu plus, d’une taille plus petite que la sienne, sa longue chevelure était d’argent et ses magnifiques yeux étaient améthyste. Rogar comprit immédiatement qu’il ne venait pas de rencontrer n’importe qui, ces caractéristiques étaient typiques des Targaryens, et vu le jeune âge de la demoiselle, cela ne pouvait être que la plus jeune des deux Princesses, sœurs du Roi. Un peu déconcerté par la situation assez inattendue, il s’empressa de s’excuser.

-Veuillez m’excuser Princesse … Je … Je ne vous ai pas vu, le long voyage que je viens d’effectuer a joué sur mon attention. Je suis sincèrement désolé, j’espère que ne pas vous avoir pas fait mal ni peur ?

Malgré le fait qu’il n’apprécie guère les Dragons, face à la Princesse, son amertume s’envola. Outre le fait que la jeune fille était d’une beauté saisissante, elle semblait si fragile et délicate, comme un animal apeuré. Cette beauté de façade cachée très clairement une personnalité brisée, écorchée vive. Lord Bolton eut toujours une appétence particulière à jauger aisément les personnes, à pénétrer leur for intérieur. Il plongea ses iris de glaces dans les siennes et pu voir une grande détresse, elle devait avoir une vie très difficile, ce que peut comprendre le jeune homme en raison de son rang, de son nom, de son âge et … de son frère. Profondément touché par la fragilité apparente de la jeune fille, il en oublia de se présenter.

-Mille excuses Princesse, je ne me suis pas présenté. Je suis Rogar Bolton, Seigneur de Fort-Terreur et de la Maison Bolton.

Khanrell Targaryen

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Princesse des Sept Royaumes / Dragonnière
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Jeu 1 Juin - 14:46
Comme à son habitude, Khanrell s’était levée avant le soleil, seul moment de la journée où elle avait généralement la paix et le droit de faire ce qu’elle voulait. Personne pour la regarder, la princesse pouvait porter ce qu’elle voulait et choisissait donc une robe tout ce qu’il y a de plus banale, quoique de bien bonne couture, elle n’arborait pas toutes sortes de décorations ridicules et ne laissait surtout pas voir excessivement de peau, contrairement à ce qu’on avait prévu lui faire porter en soirée! Eh oui, c’était aujourd’hui le fameux bal donné par son frère, alors elle avait d’autant plus besoin de sa solitude matinale ce jour-là, car on lui imposerait un bain de foule dans les prochaines heures.

La jeune Targaryen emporta le bouquin qu’elle était en train de lire et fila vers les jardins, toujours déserts à cette heure-là. Elle s’y promenait quelques minutes, profitant de l’air pur de l’extérieur, avant de s’installer sous un buisson fleuri qui embaumait délicieusement, parfumant sa passionnante lecture. Il arrivait parfois à la princesse de s’enticher de romans fictionnels, comme ce jour-là, bien qu’elle cherchait plus souvent à lire pour s’instruire. Pour prouver à tous qu’ils avaient tort de la croire stupide, qu’elle était seulement plus douée pour apprendre d’elle-même que des autres. De longues minutes s’écoulèrent, le nez de Khanrell si profondément enfouit dans les pages qu’elle manqua de voir le temps passé. Elle sursauta en remarquant que le soleil avait poursuivi sa course dans le ciel et qu’on n’était plus aux aurores. Bientôt, ses demoiselles de compagnie la chercheraient pour la préparer au bal, ce qui prendrait tout l’après-midi, elle ne pouvait plus se permettre cette oisiveté.

Soupirant, l’adolescente se leva sans fermer son livre, trop absorbée par l’histoire pour en détacher les yeux. De toute façon, elle n’avait pas besoin de regarder où elle allait pour retrouver ses appartements, elle était habituée de faire ce chemin et il n’y avait jamais personne sur sa route.

Oups. Peut-être que oui, finalement. Le château se remplissait déjà d’étrangers, venant modifier la routine de la princesse. Khanrell ne comprit même pas ce qui se passait alors qu’elle rentra aveuglément dans quelqu’un. L’impact n’avait pas été bien important, l’adolescente n’avait que quelque peu perdu l’équilibre et reculé de quelques pas pour ne pas tomber sur le derrière, mais l’homme qu’elle avait heurté s’excusait déjà de son inattention, causée par le long voyage. La princesse s’empourpra violemment, pourtant certaine que c’était complètement de sa faute, parce qu’elle ne regardait pas du tout où elle allait, mais lorsqu’elle leva les yeux vers lui pour protester, les mots restèrent coincés dans sa gorge.

-N… n… tenta-t-elle de nier à la question de l’homme, bien que ça aurait été un puéril mensonge.

Non, il ne lui avait pas fait mal. Non, il ne lui avait pas fait peur en l’accrochant. Oui, elle avait la trouille, mais pas pour cela! N’importe quel homme suffisait à la mettre dans cet état, surtout lorsqu’elle était seule et ainsi isolée avec l’un d’eux, comme le faisait son frère pour… enfin... Les mains de la princesse serraient fortement son livre, au risque d’en abîmer la reliure, et devinrent rapidement moites alors que son cœur battait la chamade, au bord de la panique. Son regard violet fixait avec inquiétude le sigle de l’écorché marquant les vêtements de son vis-à-vis. Un Bolton, et probablement le Lord, pour ce qu’elle en savait, il n’était pas habillé comme un vulgaire soldat et correspondait à la description qu’on lui avait faite. Après tout, une princesse se doit d’avoir connaissance des membres des familles influentes du continent, et même si elle passait en classe comme n’écoutant rien du tout, Khanrell avait plutôt une excellente mémoire, seulement pas assez d’assurance pour étaler ses connaissances.

L’adolescente se mit inconsciemment à se mordre les lèvres lorsque ses iris croisèrent celles de Bolton, et elle essaya instinctivement de détourner le regard, mais n’y arrivait pas, figée de trouille. Elle le savait que ses yeux dégageaient trop bien ses émotions, on le lui avait souvent répété, qu’elle était comme un livre ouvert. Hors, elle ne voulait pas que l’homme lise sa peur… soit il considérerait ça comme insultant, ou alors il en profiterait… Parce qu’il n’existait pas d’autres sortes d’hommes, non?

-J… j…

*Je sais qui vous êtes…* voulut-elle répondre lorsqu’il se présenta, même si elle devait avouer ignorer qu'il était maintenant le Seigneur chez lui, l'information sur la mort de l'ancien Lord ne s'était pas encore rendue à elle. Enfin, ce n'était pas comme si on avait l'habitude de l'informer des mouvements politiques.

-Sss….suis K’k’khanrell, bredouilla-t-elle maladroitement, repliée sur elle-même, serrant son livre contre son cœur comme si ça pouvait la protéger.

Vraiment, «Je suis Khanrell», c’était la seule chose qu’elle avait trouvé à dire? Pas franchement ingénieux, évidemment qu’il savait qui elle était, il l’avait appelée Princesse! Ce serait plus brillant qu’elle se ferme la gueule et n’essaie plus de parler, de toute façon elle se rendait ridicule en bégayant autant. Si cet incident diplomatique se rendait aux oreilles de son frère, elle allait passer un sal quart d’heure… Elle était en train de passer pour une attardée! L’écorcheur lui fichait une frousse pas croyable, peut-être seulement à cause des histoires qu’on avait racontées sur sa maison, mais aussi à cause de la petite voix dans sa tête qui lui hurlait de fuir en face de n’importe quel homme. Même le fait qu’il lui eut parlé avec douceur ne suffisait pas à la rassurer, ça pouvait être un piège, non? Si les yeux de la princesse étaient comme un livre ouvert, le regard glacé de Rogar ne laissait rien deviner de ses intentions. De toute façon, l’adolescente ne savait jamais anticiper correctement les intentions des gens, ses facultés sociales étant bien trop faibles… C’était de la pitié ou du désir qu’elle lisait dans ses yeux? Pour n’importe qui d’autre, ça aurait dû être évident, mais pas pour elle.

-J… J’mmm… excuse. C’est mmmm… moi q’q’qui ne reg’g’gardait pas où j….

Le feu monta aux joues de Khanrell, ses mains tremblaient sur son livre, même si elle essayait de le serrer plus fort pour étouffer le mouvement, il était de plus en plus évident. Elle se faisait honte à elle-même, donnant l’impression d’être totalement inapte (ce qui était à peu près vrai). Avoir essayé de prononcer une seule phrase lui avait coûté tant d’énergie qu’aucun son ne sortait plus de sa bouche ouverte, alors qu’elle avait seulement voulu expliquer qu’elle non plus ne regardait pas où elle allait et avait été distraite. Sa gorge était aussi sèche que ses mains étaient humides d’angoisse. Elle réussit finalement à détacher ses yeux de ceux du Lord de Dreadfort pour regarder autour d’eux et constater qu’ils étaient toujours seuls. Beaucoup trop seuls. Et bien qu’elle mourait d’envie de fuir à toutes jambes, ses pieds, comme du béton, restaient coincés au sol.

-P’pardon m’m’milord B’Bolton, je d’dois r’ret’t’t’t… tenta-t-elle misérablement pour s’en sortir, sans plus de succès. Son désespoir de s'exprimer convenablement était si grand qu'elle sentit les larmes lui monter aux yeux, à son grand damne. Elle se mordit aussitôt la joue pour se punir de sa faiblesse et tenter de se ressaisir. M'm'mes symp'p'pathies pour vot't't'trrre p'p'père.

Oh... une phrase complète? On s'améliore!

Rogar Bolton

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Lord de Dreadfort
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Ven 2 Juin - 8:47
Rogar ne s’attendait certainement pas à ce que la Princesse ne puisse articuler un mot correctement, bien qu’il put comprendre ses dires. Elle était bien plus atteinte qu’il le pensait, elle avait peur, extrêmement peur, son regard ainsi que sa gestuelle parlaient pour elle. Ses doigts fins serrés son livre avec ardeur, plaquant celui-ci contre sa poitrine comme pour se protéger. Ses joues s’empourpré, sa crispation était telle que ses membres tremblés et que son corps semblait comme tétanisé. L’Ecorché décelait aisément que la jeune Targaryen voulait s’enfuir, disparaître, mais son organisme ne le pouvait. Comment pouvait-elle s’exprimer clairement dans son état ? De tout évidence, elle avait peur de l’autre. Qu’avait-elle subit pour être à ce point apeuré ?

En tant que fin connaisseur de la psychologie humaine, il savait qu’une personne dans cet état avait dû certainement subit un traumatisme violent, psychologique ou physique, voire les deux. Et bien sûr, ce genre de choc pouvait être accidentel ou l’instrument volontaire d’un tortionnaire. Le jeune Seigneur connaissait les dégénérescences affiliées aux Targaryen, notamment la démence, la paranoïa ou encore l’arriération, conséquence de la consanguinité omniprésente dans la généalogie de cette famille. Rogar était persuadé qu’elle n’était pas arriérée, elle n’en possédait pas les signes, d’autant plus qu’elle lisait un livre, un roman de surcroit. La démence ? non plus, il ne connaissait que trop bien cela avec le nombre de personne qu’il vu sombrer dans cet état, dans les geôles de Dreadfort après avoir subi d’atroces tortures. La paranoïa ? Peut-être, il se pourrait qu’elle le soit, mais cela ne pouvait être que la conséquence de ce qu’elle avait subi.

Lord Bolton avait également eu vent des pratiques brutales auxquelles se livrait l’ancien Roi avec ses enfants, tout le monde le savait. Et puis a en jugé par la réputation de l’actuel Roi, il devait pour sur suivre les traces de son dégénéré de père, voire pire. De plus, la jeune fille déjà profondément affecté par les violences de feu son paternel, devait subir servilement celles de son frère. Les contusions présentes sur les bras de l’adolescente confirmaient ses hypothèses, seul des coups procuraient ce type de stigmates. Après tout, que pouvait-elle faire ? Fuir ? Où ? Comment ? Pauvre jeune fille, ils ne se doutaient pas des ravages psychologiques qu’engendraient leurs actes, de quoi la dégoûté des hommes à vie.

Pas étonnant qu’elle soit si perturbée face à lui, tous les hommes qu’elle côtoyait la brutalisée, d’autant plus qu’ils étaient seuls et isolés. Finalement, il aurait mieux valu qu’elle soit déficiente mentale, au moins elle ne comprendrait pas ce qui lui était fait. Malheureusement, la Princesse Khanrell semblait bien plus cultivée et consciente que son état le laissait paraître. En temps normal, Rogar ne s’attarderait pas, déjà parce qu’il ne pouvait rien y faire et parce que cela n’était pas un cas isolé dans les 7 Couronnes. Mais, il ignorait pourquoi, ce cas-là était différent, voir cette jeune fille si fragile dans un tel état de détresse le bouleversait comme jamais il ne l’avait été, d’autant plus qu’il avait sa part de responsabilité. Un peu de réconfort et de compassion ne serait pas de trop, choses auxquelles elle ne devait clairement pas être accoutumée.

Il remarqua qu’elle fixa avec une inquiétude certaine l’emblème de sa Maison, quoi de plus normal en général mais encore plus pour une jeune fille. Il faut dire que celui-ci n’avait rien de rassurant, d’autant plus qu’étant donné son rang, elle avait dû apprendre l’histoire des principales familles Nobles de Westeros et donc celles sur sa famille. Lorsqu’il put observer les larmes qui se formaient progressivement à l’orée de ses yeux, il se devait d’intervenir et de tenter tant bien que mal de la rassurer.

-Calmez-vous Princesse, respirez profondément et lentement, vous risquez de perdre connaissance. Dit-il d’un ton suave avec sa voix légèrement éraillée, en l’invitant à venir s’assoir. Il fit avec elle, en synchronisation, ces exercices de respirations certes basiques, mais efficaces. Puis il poursuivit toujours avec la même intonation.

-Mon père ne peut recevoir vos sympathies étant donné là où il se trouve désormais depuis quelques semaines. De plus, il ne les mérite pas, mon père n’était pas le genre d’homme que l’on apprécie, comme le vôtre Princesse.

Rogar indiqua ensuite de l’index l’Ecorché façonné sur sa poitrine.

-Il est vrai qu’il n’a rien de jovial, rien n’illustre mieux ma Maison que cet emblème malheureusement. Rassurez-vous, vous n’avez rien à craindre de ma part.

Toujours dans la volonté de détendre la jeune Targaryen, il continua sur sa lancée.

-Je vois votre détresse Princesse, vos yeux parlent pour vous. Votre vie n’a été que violence physiques et psychologiques je me trompe ? Votre père vous battez surement régulièrement comme le disaient les rumeurs et le Roi … Il est évident qu’il ne vous traite pas convenablement, sa réputation en dit long vous savez, je n’ose imaginer ce qu’il vous fait subir Princesse. Vous avez peur, pas de moi car vous ne me connaissez pas, mais de ce que je suis, un homme. Croyez-moi, je connais ce qu’est la peur. Rassurez-vous je ne vous juge en aucun cas, je dois même vous avouer que je vous trouve très courageuse. Beaucoup aurait mis fin à leurs jours, mais vous non, ce qui prouve que vous n’êtes pas aussi faible que vous vous en persuadez et vous êtes loin d’être sotte comme pourrait le laisser penser votre difficulté à vous exprimer qui ne sont dû qu’à votre angoisse. Oh oui, il n’est pas difficile d’en déduire que vous pensez ça de vous, comment ne pas perdre toute confiance en soi et de se considérer comme un moins que rien lorsque l’on est une personne brisée ? C’est un réflexe psychologique normal. Vous êtes forte, prenez en conscience, ne donnez pas satisfaction à votre bourreau du mal qui est en vous, même si c’est plus facile à dire qu’à faire je sais. N’oubliez jamais que le sang des Dragons coule dans vos veines.

La voyant toujours un peu crispée, il déboutonna légèrement son col et sortit le collier qu’il avait autour du cou. La chaîne était d’argent ainsi que de cuir finement travaillé. Le pendentif lui était une pierre brute présentant des aspérités et de forme irrégulière, mais proche de l’ovale. De couleur anthracite tachetée de zone d’un gris acier luisant aux reflets blanchâtres.

-Vous voyez ce pendentif ? C’est un fragment de météorite que j’ai récupéré il y a plusieurs années lorsque j’étais à Starfall. J’en ai fait faire ce pendentif. Les météorites sont des objets fascinants issus des comètes, elles sont d’une puissance qui dépasse l’entendement, rien ne peut entraver leur trajectoire. Bon nombre de légendes les entourent, certains dises que ces astres célestes auraient des propriétés magiques ou encore qu’ils sont les instruments des Dieux. Vous connaissez sans doute l’histoire de la Maison Dayne et de leur épée ancestrale forgée à partir de l’acier extrait d’une météorite. Ce pendentif m’a plusieurs fois donné force et courage dans des moments délicats. Laissez-moi vous l’offrir, vous en avez plus besoin que moi désormais, ce n’est pas grand-chose hélas, mais j’ose espérer qu’il vous apporte autant réconfort qu’il put m’en apporter. Un jour vous serait heureuse et vous prendrez votre revanche sur la vie, j’en suis certain.

Rogar enleva le pendentif et le déposa délicatement dans une des mains de la Princesse.

Khanrell Targaryen

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Princesse des Sept Royaumes / Dragonnière
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Lun 5 Juin - 22:11
Khanrell aurait aimé disparaître sous terre, tant elle avait honte de sa couardise. Elle se haïssait elle-même d’être aussi faible et désemparée devant un homme, et était pourtant incapable d’agir autrement. Quand elle croisait le regard bleu-gris glacial de Lord Bolton, malgré son air compatissant, elle ne pouvait s’empêcher de frissonner. L’homme du North la frigorifiait littéralement sur place. Ne disait-on pas de cette famille, très précisément, était connue pour être sanguinaire et dangereuse? Et maintenant elle se retrouvait seule coincée avec le Seigneur de Dreadfort, incapable de crier à l’aide. Un instant, il lui passa par la tête d’appeler son dragon, lui transmettre mentalement sa peur et sa position, mais la princesse savait trop bien que Shenya dormait au Driftmark, il lui faudrait des heures pour la rejoindre. Or, si les intentions du noble étaient ce qu’elle craignait, il ne lui faudrait pas plus que quelques minutes…

Lord Bolton l’incita à aller s’asseoir, craignant qu’elle ne perdre connaissance, et Khanrell ne put s’empêcher de songer que ça l’arrangerait surement pourtant, puisqu’elle ne pourrait pas résister alors. Elle avait décidé de résister, juste parce qu’elle ne voulait pas s’enfoncer plus creux, plus à l’écart dans les jardins, parce qu’elle espérait encore que quelqu’un de très matinal y passe et vienne la sauver, ou encore qu’une servante l’y trouve. Toutefois, alors qu’il marchait lui-même vers un banc, la princesse recula dans la même direction, contre son gré, parce qu’elle voulait éviter qu’il la frôle. *Ne me touchez pas, ne me touchez pas, ne me touchez pas!* Ainsi se retrouva-t-elle malgré elle assise encore plus à l’écart du chemin qui l’aurait ramené à l’intérieur, songeant que quelqu’un qui ne cherchait pas spécifiquement pour elle ne la repérerait pas derrière les végétaux. L’adolescente ne réalisa qu’en cet instant qu’elle avait complètement cessé de respirer, lorsque de Seigneur de Dreadfort l’encouragea à des exercices de respiration pour calmer sa panique, ce qu’elle peina à faire puisque ses poumons lui brûlaient maintenant.

*Je ne devrais rien avoir à craindre de mon frère non plus, et pourtant… * songea-t-elle amèrement lorsqu’il mentionna que, si son blason n’avait rien de jovial, il ne signifiait pas qu’elle devait avoir peur de lui. Lord Bolton avait également fait allusion à leur père respectif, les comparants dans leur méchanceté, ce qui avait fait tiquer Khanrell. Son cœur battant la chamade, paniqué, et sa respiration irrégulière lui empêcha toutefois de dire un traître mot. De toute façon, ça n’aurait pas été très intelligent, ni très utile, elle se contenta donc de se crisper sur le banc et chercher un moyen de s’éloigner de lui, bien qu’elle était réduite dans son espace. Pourquoi est-ce qu’il essayait d’être gentil avec elle? Pour endormir sa vigilance et profiter d’elle après? *Enfin, ce n’est pas comme si je pourrais lui résister non plus là où nous sommes, qu’est-ce que cela change?*

Khanrell pinça les lèvres, comme à chaque fois que quelqu’un essayait de lire dans ses yeux. Elle savait que c’était terriblement facile et détestait cela, tant qu’à être incapable de s’exprimer, il aurait été plus pratique que ses secrets restent enfermés… parce qu’elle ne pouvait pas les justifier! La princesse essaya de détourner le regard, mais autant elle craignait les yeux de Lord Bolton, autant elle était maintenant incapable de s’en détacher, comme une proie qui regarde son chasseur dans les yeux, figée en sachant qu’elle ne peut s’en sortir. Rogar semblait tout savoir, aussi surement que s’il avait lu dans son esprit, devinait ses peurs, ses causes et ses conséquences sur sa vie, et cela dégoûtait l’adolescente, qui se sentait l’âme mise à nue sans avoir ouvert la bouche. Faute d’en être capable, elle hocha la tête à la négative à quelques reprises, pour contester la vérité qu’il sortait de ses entrailles comme des faits évidents. Personne ne l’avait jamais comprise autant, et cela était terriblement effrayant, justement car elle ne le connaissait pas.

Vous avez tort,* démentit-elle finalement, avec un certain soulagement, lorsqu’il mentionna son courage de ne pas s’être ôté la vie. Au moins, il n’avait pas raison sur toute la ligne : elle n’avait pas de courage. Elle avait un dragon, et Shenya l’avait empêché de le faire. L’adolescente chassa cette pensée de son sempiternel hochement de tête négatif, voulant s’empêcher de songer à ce qui avait failli arriver

*Mais comment est-ce que vous pouvez savoir ce que c’est d’être une victime, une brisée? Je ne suis pas forte, je donne tout le loisir à mon frère de profiter de mes faiblesses, parce que je suis une incapable. Vous aviez l’air si proche de la vérité, pourtant, mais vous ne savez rien, Rogar Bolton.* Mentalement, elle lui répliquait durement tout ce qu’elle aurait aimé être capable de dire, si ses dents n’avaient pas été terriblement serrées et sa gorge asséchée. Une microseconde de panique, le temps que le Seigneur de Dreadfort déboutonne son col, avant de réaliser qu’il voulait seulement lui montrer une chaîne d’argent et de cuir où pendait une drôle de pierre, comme n’en avait jamais vu la princesse. Et pourtant, dans la famille royale, les pierres ce n’était pas ça qui manquait. Où est-ce qu’il voulait en venir avec ça?

-N’n’nnon. Je ne p’p’p’peux pas ac’c’ccepter, bredouilla-t-elle alors qu’il déposait la pierre dans le creux de sa main.

L’adolescente n’osait même pas refermer les doigts sur le fragment de météorite, réalisant juste à moitié ce qui se trouvait dans sa main. Elle ne voulait pas de cadeau, pas qu’on endorme sa vigilance, qu’on achète sa confiance. Cet instant lui semblait tellement irréel, les gens n’étaient pas gentils comme ça sans raisons, du moins pas les hommes, jamais. Toujours une idée derrière la tête. Et pourtant, sans qu’elle s’en rende compte, ses tremblements diminuèrent d’un cran, réconforté par la chaleur de la petite pierre irrégulièrement ovale. Elle était probablement imprégnée de la température naturelle du corps de son propriétaire, et pourtant elle ne semblait pas vouloir se rafraîchir au contact des mains froides de Khanrell. Avant qu’elle ne puisse s’en empêcher, elle se surprit à tourner la météorite entre ses doigts. Évidemment qu’elle connaissait ces légendes, mais aucune ne mentionnait qu’elles calmaient les crises d’angoisse et procurait de la chaleur… car c’était maintenant toute la main de la princesse qui lui semblait chaude, alors qu’elle était presque glacée l’instant au paravent. D’ailleurs, quand elle rouvrit la bouche, parler lui semblait moins pénible.

-Je ne p’peux pas le p’prendre. Je ne sais p’pas si vous esp’pérez q’que je plaiderai en v’votre faveur aup’près de mon f’frère p’pour obtenir ma main, mais sachez q’qu’il ne se soucis p’pas de ce que j’en p’pense, de t’toute façon. Vous p’perdez votre t’temps.

Croyant avoir compris ce qu’il tentait, la princesse tendit la main vers lui pour qu’il récupère la pierre, ne voulant surtout pas le toucher accidentellement en la lui rendant elle-même. Pourtant, elle espérait à moitié qu’il insiste, tant la chaleur de cette petite roche lui semblait réconfortante, même si elle se doutait qu’elle finirait par disparaître, qu’elle conservait seulement beaucoup plus longtemps que n’importe qu’elle autre roche la température de son propriétaire.

-Je ne suis pas c’courageuse, v’vous vous tromp’pez, Lord B’Bolton. Si je n’ai p’pas mis fin à mes j’jours, ce n’est pas p’parce que je ne suis p’pas faible. C’est parce q’que je suis une d’dragonnière.

Oh non, pourquoi était-elle en train de lui dire ça? Elle n’avait fichtrement pas envie de raconter cette histoire sordide à un inconnu! Un plan que tout le monde le sache. Toutefois, maintenant, les mots coulaient de sa bouche comme une source intarissable de ses secrets. Si les météorites avait vraiment des pouvoirs, elle doutait que ce fut de donner le courage… mais plutôt de rendre stupide. Même si elle peinait toujours à contrôler sa prononciation, sa diction était un peu plus claire et rapide. D’ailleurs sa main s’était refermée sur la météorite, puisque Bolton ne l’avait pas reprise, et elle reposait maintenant sur son genou, à côté de son livre.

-C’est d’difficile de se c’connecter avec son drag’gon au début. Parfois on essaie de communiq’quer et il ne répond p’pas. Parfois on n’essaie p’pas et il reçoit q’quand même nos p’pensées et nos émotions. Quand j’étais une apprentie, Shenya a… surp’pris des pensées que je ne lui réservais p’pas.

Les dragons ne comprennent pas vraiment les mots, on communique avec eux par images. Hors, si leur dragonnier est en train de visualiser une scène, penser à un plan, son dragon peut le voir en détails se dérouler dans sa tête. Ils parviennent aussi parfois à ressentir les émotions fortes, comme la détresse ou la rage. Khanrell n’avait donc jamais eut le temps de ne serait-ce qu’essayer de mettre ses idées à exécution, juste y songer avait mis Shenya dans un état de panique et elle avait littéralement volé jusqu’à King’s Landing, l’avait enlevée à ses pensées obscures et l’avait emmenée en promenade pendant des heures, jusqu’à ce qu’elles s’écroulent toutes les deux de fatigue.

-C’est juste Shenya qui est forte, pas moi. Les gens faibles n’obtiennent pas leur revanche, Lord Bolton, soupira-t-elle en tendant à nouveau le collier vers lui, sans réaliser encore qu’elle n’avait pas bégayé. Merci, mais je suis obligée de refuser, lâcha-t-elle à contrecœur, bien que ses doigts se décrispaient difficilement de la météorite.

Rogar Bolton

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Lord de Dreadfort
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Lun 12 Juin - 7:40
Les Dragons représentaient la puissance des Targaryens et en finalité, la seule chose qui les maintenaient sur le Trône de Fer. C’était cela qui révulsé au plus haut point le jeune Lord. Aegon ne disposait pas d’une grande armée lorsqu’il décida de conquérir Westeros, c’était même une armée très faible en comparaison des Tyrell ou des Lannister par exemple. De plus, il avait à affronter des Seigneurs bien plus expérimentés que lui aux arts de la Guerre, comme Lord Gardener ou Harren le Noir. Tous vaincus par le feu de ses Dragons, pas par lui, ni son armée, uniquement par ses bestioles domestiquées. Rogar n’avait aucun respect pour un tel personnage et s’étonnait encore du manque de témérité des vaincus. Le Nord se soumit également aux Dragons, provoquant la situation politique désastreuse d’aujourd’hui. Comment pouvait-on se laisser servilement soumettre sans réagir ? Et pire encore, comment pouvait-on avoir la lâcheté de rejoindre la cause de son oppresseur durant ses actions comme les Tully ? Cela le dépassait.

Mais quoi qu’il en était, le jeune Seigneur ne pouvait réécrire l’Histoire. Les Rois Targaryens se succédèrent, devenant de plus en plus dérangés et ingérables au fil des générations. Etait-il vraiment nécessaire de s’étendre sur les deux derniers ? Deux spécimens hors catégorie assurément. Mais le Roi était vulnérable, il ne contrôlait plus rien, à l’exception de sa sœur. Etant donné le climat qui régnait sur les 7 Couronnes, une étincelle suffirait à soulever une révolte massive envers le Roi. Malgré tout, les Targaryens avaient tout de même leurs dragons … bien qu’il ne filtrait que peu d’informations à ce sujet, ils en avaient et ils les élevaient à Dragonstone. En revanche, ceux qui les contrôlaient, c’était les Dragonniers, qui ne demeuraient d’ailleurs pas nécessairement des Targaryens. La famille Royale ne contrôlait donc pas sa propre puissance. Rogar était convaincu que les Dragonniers ne suivraient jamais ce Roi fou dans une éventuelle croisade pour conserver le trône de fer. Toutes les conditions étaient réunies pour destituer les Targaryens de leur piédestal.

Malgré ce qu’on pourrait penser, Rogar n’avait rien contre les Targaryens, il vouait simplement une aversion envers leur pouvoir illégitime et la raison de leur succès dans la Conquête. Ainsi, il souhaitait seulement qu’ils ne soient plus suzerains des 7 Couronnes. Néanmoins, il était clair que voir mourir le Roi lui procurerait une satisfaction non dissimulée et la simple idée d’avoir le privilège de pouvoir l’écorcher … inutile de vous préciser à quel point cela le mettrait en joie. Curieusement, ce sentiment se renforçait à mesure que les minutes passèrent en compagnie de la Princesse, comme si par cet intermédiaire, il pourrait le châtier pour ce qu’il lui faisait subir. Cela ne serait que justice après tout non ? Le jeune Seigneur fut néanmoins peu surpris que la Princesse soit une éleveuse de Dragon, elle dégageait une telle douceur, nécessaire pour dompter une telle puissance. La Princesse devait être magnifique à voir à l’œuvre, il ne pouvait en résulter qu’un équilibre parfait.

L’Ecorché remarqua que la Princesse se trouvait toujours très tendue, bien moins qu’au début de leur conversation. Elle parvenait enfin à parler correctement, bégayant légèrement puis plus du tout sur ses derniers dires, s’exprimant de manière distincte et fluide, preuve de son apaisement progressif. Un rictus faillit se dessiner au coin de sa bouche lorsque la Princesse indiqua qu’elle ne pourrait pas plaider sa cause auprès du Roi pour avoir sa main. Elle était très loin de la vérité, loin de Rogar l’idée de demander quoi que ce soit au Roi. Le Seigneur du Nord n’avait pas pris la peine de se déplacer jusqu’à la Capitale pour se positionner comme prétendant pour épouser une des deux Princesses.

Je ne compte pas à ce que vous alliez plaider ma cause auprès de votre frère le Roi pour avoir votre main, je suis pas venu ici pour ça et je n’attends strictement rien de lui. Les gens comme lui ne mérite pas ce genre d’attention. Bien que vous me voyez honoré de constater que vous me considérez comme un prétendant potentiel, mais je ne suis pas certain que Dreadfort soit de votre goût. Ma sympathie à votre égard et ce présent ne sont en aucun cas des actions préméditées ou intéressées. Donc rassurez-vous, je ne suis pas un prétendant et je ne suis pas de ceux qui abusent de la fragilité d’une jeune fille, dans tous les sens du terme. Je l’aurai déjà fait sinon vous ne croyez pas ? Je n’attends rien de vous, pas même un remerciement. Je désire simplement vous apporter un peu de réconfort et de soutien, même si ce n’est que quelques instants, car j’aurai aimé que quelqu’un le fasse si j’étais dans votre situation. Et puis nous aurions pu également ne jamais nous rencontrer.

Preuve également que la Princesse avait retrouvé le calme, elle se confiait à Rogar sur sa vie de Dragonnière, ce qui lui faisait plaisir. Elle semblait extrêmement concernée par sa Dragonne Shenya, il fallait dire que pour tout Dragonnier, son Dragon était comme une partie de son âme. Bien que cela requérait visiblement beaucoup de patience et de rigueur.

Vous me voyez ravi de constater que vous vous confiez à moi Princesse. De plus, vous vous exprimez sans la moindre difficulté. Encore une preuve que vous êtes plus forte que vous ne le pensez, vous venez de surmonter en parti votre peur. Apprivoiser un Dragon est aussi un signe de force et de courage, ce n’est pas comme dresser un chien. Je vous crois quand vous dîtes que c’est le fait d’être une Dragonnière qui vous a évité de mettre fin à vos jours. C’est justement cette force issue de votre dévouement envers Shenya qui vous maintient en vie. Vous voir avec elle doit être splendide, ce sont des animaux magnifiques, depuis combien de temps êtes-vous Dragonnière ?

Le jeune homme n’avait pas répondu lorsqu’elle lui tendit son pendentif la première fois afin qu’il le reprenne. Lui retendant une deuxième fois en déclinant à nouveau le fragment de roche, Rogar compris à son intonation que cette action était contre son gré. En effet, il put observer qu’elle se mit à rouler la pierre entre ses doigts machinalement et que la chaleur mystérieuse qui s’en dégageait l’apaisée.

Je ne peux vous la reprendre, elle est vôtre désormais. Et puis Princesse, on ne refuse pas un présent d’un Seigneur. Dit-il sur un ton légèrement rieur. Si vraiment vous n’en voulez pas, vous pourrez la laisser couler au fond de la Néra, mais à condition qu’elle emporte avec elle la jeune fille fragile pour laisser la femme forte et courageuse que vous êtes prendre place. Tout le monde peut obtenir sa revanche Princesse, il suffit de saisir les opportunités qui se présentent et croyez-moi, les prochaines lunes offriront une pléiade de possibilités.

Khanrell Targaryen

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Princesse des Sept Royaumes / Dragonnière
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Mar 13 Juin - 22:25
Ainsi, il ne voulait pas essayer de l’acheter, mais que lui voulait-il donc alors? Khanrell hocha rapidement de la tête à la négative, s’empourprant lorsqu’il déclara être flatté qu’elle le considère comme un prétendant, alors que ce n’était pas du tout ce qu’elle avait voulu dire! Elle se pinça toutefois les lèvres, s’abstenant de le corriger, n’en ayant pas le courage, et de toute façon, ça aurait pu être insultant, elle ne voulait pas le provoquer non plus, même s’il prétendait ne pas être le genre d’homme qui abusent des jeunes filles et déclarer ouvertement que le Roi n’était pas des gens qui méritent son attention, un beau doigt d’honneur envers la tête dirigeant des sept couronnes que l’adolescente ne releva pas… parce qu’elle détestait son frère certainement cent fois plus. Tout de même, la princesse devait bien d’avouer que cela faisait un moment qu’ils parlaient, et que si Rogar lui avait voulu du mal, il y avait longtemps qu’il se serait donné le droit de le faire, surtout que personne n’était là pour la défendre. Hors, s’il ne voulait ni cela, ni l’épouser… qu’est-ce qu’il lui voulait vraiment? Son histoire de soutien et de réconfort la laissait un peu sceptique, incapable d’accepter qu’un homme, qui qu’il soit, puisse vraiment faire un cadeau à une femme sans que ce soit désintéressé… *Parce qu’on ne m’a jamais vraiment fait de vrai cadeau…* songea-t-elle amèrement.

Il était évident qu’il voulait juste gagner sa confiance, bien que la raison échappait toujours a Khanrell, il se montra d’ailleurs ravi qu’elle se confie à lui, et l’adolescente s’empourpra et se maudit de sa stupidité du moment. Pourquoi lui avait-elle raconté cette histoire? Outre le fait que sa nervosité semblait subitement disparaître, la princesse était surtout fâchée contre elle-même de lui avoir fait part de «l’incident» avec Shenya, qu’elle n’avait jamais confié à personne, outre sa cousine. Et sa dragonne, bien sur. Cet aveu constituait une terrible honte pour une femme de sa position, et pourtant il ne semblait pas s’en dégoûter, plutôt souligner encore une fois que c’était grâce à sa force à elle si elle avait pu être dragonnière, et donc que nécessairement elle n’avait qu’elle-même à tenir responsable de sa vie, avant de dévier la conversation vers son apprentissage. *Vous êtes tellement loin de la vérité, Lord Bolton. C’est tellement plus compliqué que cela.*

-Toujours… marmonna-t-elle en haussant les épaules, sa petite dragonne l’ayant rejoint alors qu’elle était si jeune qu’elle ne se souvenait pas beaucoup de sa vie avant Shenya. Mais vraiment indépendante depuis quelques mois seulement. Et puis j’en suis pas une pour de vrai.

Et ça, ce n’était pas parce qu’elle était forte, douée ou quoi que ce soit d’autre… Certes, peu de dragonniers terminaient leur apprentissage si jeune, mais pour Khanrell, ce n’était pas car elle était au dessus des autres… mais parce que son maître en avait assez de l’avoir entre les pattes sans qu’elle progresse et ne pensait pas qu’elle puisse servir l’Académie, alors théoriquement elle n’en faisait même pas partie, n’étant qu’une simple dragonnière à qui on n’avait jamais confié de réelle mission…

Rogar refusa une seconde fois de récupérer le pendentif, affirmant qu’il lui appartenait désormais et qu’il n’était pas permis aux princesses de refuser le cadeau d’un Lord. Khanrell pinça les lèvres à nouveau, ne sachant que répondre à cela, surtout qu’il ne semblait même pas fâché du dédain évident de l’adolescente, il semblait même bien s’amuser. La princesse s’était imaginé les Bolton plutôt froids (pas seulement à cause qu’ils vivaient au North) et donc surtout pas rieur, ce qui la déstabilisait. Elle préférait imaginer que tous les hommes étaient des monstres méchants et rudes, c’était plus facile que d’accepter les nuances de la vie. Principalement chez les écorchés, leur terrible réputation ne collant pas du tout à l’attitude de son vis-à-vis actuel. Celui-ci l’invita à se débarrasser de la météorite dès qu’il ne serait plus là, si elle ne la voulait pas, mais seulement à condition qu’elle se débarasse aussi de ses peurs pour prendre le courage qui dormait en elle. L’air triste de la jeune fille était éloquant : elle doutait qu’une telle flamme brûle réellement en elle.

-Vous… êtes-vous…? Avez-vous la vervue? chuchota-t-elle, la voix étouffée par la promesse qu’il lui fit que les prochaines lunes allaient lui offrir l’opportunité de se venger. C’est pour ça que vous me l’avez donnée? Parce que vous savez ce qui va se produire pour moi?

Même si c’était un peu ridicule et poussé comme réflexion, Khanrell ressentait le profond besoin de s’assurer qu’il y avait une raison derrière les gestes de Bolton, une intention autre que de la simple générosité, car autrement elle était trop déstabilisée. Elle n’avait pas vraiment envie de savoir se que le futur lui réservait, elle craignait déjà assez son présent pour penser à l’avenir, mais penser que Rogar lui prédisait peut-être une libération prochaine avait quelque chose de rassurant. Pessimiste, elle vivait constamment dans l’impression que jamais sa situation s’améliorerait et qu’elle vivrait éternellement malheureuse.

Les mains à peine tremblantes, la princesse passa la chaîne autour de son cou et laissa tomber la pierre à l’intérieur de sa robe, cachée par l’étoffe, juste au moment où une voix sèche de femme, qu’elle reconnu comme l’une de ses domestiques, l’appela d’un ton irrité. Elle avait largement outrepassé l’heure habituelle à laquelle elle devait rentrer pour se préparer au bal. On allait encore lui passer un savon. Khanrell se mordit les lèvres, hésitant entre l’envie d’héler sa servante pour qu’elle la libère de la présence de Lord Bolton (qui lui était de moins en moins désagréable) et celle qu’elle passe sans les voir.

-De toute façon, je pense que je préfère l’ignorer… marmonna-t-elle, autant en parlant de son futur qu’en songeant à l’hésitation qui l’habitait. Ça va, je me sens mieux, je vais y aller.

Pour éviter qu’il la touche, Khanrell se leva du banc sur lequel il l’avait forcée à se reposer lorsqu’elle avait frôlé la crise d’angoisse. Soudain, elle se sentait désolée de lui avoir imposé un si grotesque spectacle, bien qu’elle doute qu’il le lui reproche et savait maintenant avec certitude qu’il n’en parlerait pas à son frère. Ça, au moins, on ne la punirait pas pour… Mais il y a toujours des bonnes raisons pour se prendre des claques, pas vrai?

-Désolée pour l’embarras que je vous ai causé, Lord Bolton, ça ne se reproduira plus. Merci pour le cadeau, souffla-t-elle à mi-voix en sortant des fourrés pour rejoindre la domestique qui la cherchait, laquelle la réprimanda d’avoir tant tardé. Tout en bégayant, Khanrell s’excusa, prétendant avoir été si absorbée par sa lecture qu’elle n’avait pas vu le temps passer, ce qui n’était qu’un demi mensonge, ainsi la servante ne pu savoir qu’elle mentait. C’est seulement à cet instant que la princesse réalisa qu’en présence de Rogar, elle avait graduellement cessé de bégayer, jusqu’à parler clairement… ce qui ne lui arrivait jamais devant les hommes, normalement.

Rogar Bolton

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Lord de Dreadfort
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Sam 17 Juin - 11:20
La jeune Princesse se détendait de plus en plus en sa compagnie, ce qui l'enchantait. Sa douceur était surnaturelle, Rogar pourrait passer des heures à la regarder, à fixer ses yeux pourpre, chose surprenante pour un homme si dur et impassible. Elle était ce genre de femme, ce genre de femme que l'on veut et que l'on doit protéger, que l'on doit faire grandir, prendre confiance, pas que l'on brutalise sans raison. Il espèrait que son futur époux soit un homme qui comprendrait cela, conscient de la chance qu'il aurait d'avoir une telle femme. Et puis, elle sera loin de son dégénéré de frère. L'Ecorché se trouvait satisfait lorsqu'elle positionna le collier autour de son cou, d'autant plus que cela lui sied parfaitement.

Il fut surpris lorsque la Princesse lui demande s'il disposait de la vervue. Il était vrai que Rogar avait toujours eu une appétence prononcée pour discerner ce que les personnes pensaient, sur ce qu'elles étaient dans leur for intérieur. Mais il ne lisait pas l'avenir, il se contentait simplement de déductions logiques, d'intuitions en fonction des facteurs qu'il identifiait. Et pour lui, Khanrell allait se désinhibé tôt ou tard, elle pourra être elle-même et vivre sans peur, c'était son intuition. Elle ne souhaitait pas connaître son futur, rien d'étonnant venant d'une personne qui navait une peur bleu du présent et qui était brisée par son passé. Sans qu'il ne s'en rende forcément compte, cela faisait plusieurs dizaines de minutes que le duo dialoguait.

Une voix rêche et féminine se fit alors attendre, sonnant la jeune femme, sans doute une domestique. Au vue de l'heure qu'il était, Khanrell allait certainement devoir regagner ses appartements afin de se préparer pour les festivités du soir, nul doute que c'était l'objet de l'intervention de la servante. Plusieurs longues heures de préliminaires l'attendait, toilettes, vêtements, coiffures ... Elle devait être splendide pour la soirée, splendide pour tous les prétendants présents, exposé comme un joyau aux yeux de tous, un joyau ou un morceau de viande ? Pour le Roi du moins, la réponse était évidente, tant qu'elle pouvait lui redonner un peu d'influence, peu importe qui la prendrait, dans tous les sens du terme.

Comme il s'y attendait, elle se leva, stipulant qu'elle se sentait mieux. S'excusant encore inutilement de l'embarras causé, Lord Bolton l'observa se mouvoir consciencieusement afin d'éviter tout contact physique avec lui. Malgré que la Princesse soit bien moins agitée, elle demeurait toujours extrêmement méfiante, à juste titre. Elle le remercia de son cadeau, l'intonation de sa voix démontrée sa confusion, comme tiraillée entre l'incompréhension de l'attitude de Rogar à son égard, n'étant pas habitué au moindre geste attentionné venant d'un homme désintéressé et son envie de rester ici, de balayer ses responsabilités Le Seigneur de Dreadfort se leva également, afin de lui rendre la politesse.

Non Princesse, je n'ai pas la vervue. Ce que je vous ai dit n'est que mon intuition, et croyez moi, elle se trompe rarement. Un embarras comme si agréable Princesse, j'en demanderai tous les jours ... vous n'avez pas à vous excuser. Tâchez de passer une bonne journée même si je doute qu'elle sera très sympathique pour vous ... il n'y a qu'à voir le ton horrible sur lequel votre servante s'exprime. Au revoir Princesse, nous nous croiserons peut être ce soir ou avant que je ne quitte la Capitale. N'oubliez pas tout ce que je vous ai dis.

Le jeune homme resta quelques minutes sur place, repensant à cette rencontre fortuite et bouleversante. Finalement, il ne regrettait déjà plus son déplacement dans les Crownlands, au contraire, il avait le préssentiment que cela allait marquer un tournant dans sa vie. Et il ne savait pas à quel point il avait raison.

Khanrell Targaryen

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Princesse des Sept Royaumes / Dragonnière
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Mar 20 Juin - 14:23
Tant mieux, en fait, c’était préférable ainsi. Si Khanrell ne voulait pas connaître son futur, elle aimait également mieux que personne ne le sache. Elle détestait l’idée que l’avenir soit assuré et immuable, et angoisserait toujours de toute façon à se demander ce qu’il avait bien pu voir. Le fait est que Rogar n’avait rien vu, il avait seulement parlé selon son intuition, ce qu’il pensait que la princesse était capable d’accomplir. Malgré elle, l’adolescente fit la moue, elle aurait bien aimé y croire juste un petit peu, que son avenir pouvait être plus beau que son présent, moins violent que son passé. Mais la réalité, c’était qu’elle le saurait lorsqu’elle y serait, et rien ne l’empêchait donc de le craindre et vouloir le fuir. Mais est-ce qu’on peut vraiment ignorer son destin juste en fermant les yeux et en baissant la tête? Que Lord Bolton ait raison ou non (ce dont la jeune Targaryen doutait fortement), elle allait le savoir bien assez tôt : on ne laisse pas une princesse comme elle célibataire indéfiniment.

Rogar lui souhaita de passé une agréable journée, même s’il savait pertinemment que cela n’arriverait pas, après lui avoir assuré qu’il n’avait pas été embêté par son… malaise. Intérieurement, Khanrell pria pour qu’il n’en parle en personne, car si ça ne l’avait pas dérangé lui, le Roi en serait dérangé s’il apprenait comment sa petite sœur s’était ridiculisée en cette noble présence. L’adolescente jeta un dernier coup d’œil derrière son épaule lorsqu’il lui demanda de ne pas oublier ce qu’il lui avait dit. Incapable de savoir quoi répondre, la princesse voulu tirer un sourire, mais son visage resta figé dans son émotion habituelle. De toute façon, elle était maintenant repérée, et suivait docilement sa domestique jusqu’à ses appartements, se confondants en excuses chevrotantes.

***

Enfin! Les derniers jours avaient été un calvaire. En plus du bal, Khanrell avait dû supporter la quantité incroyable de nobles à la capitale et au Red Keep pendant les jours suivants, mais les premiers commençaient enfin à partir, ceux aux destinations les plus lointaines, à savoir le North et Dorne. Elle allait enfin pouvoir commencer à respirer un peu dans sa demeure… enfin, autant qu’elle en était capable en temps normal, c’est-à-dire pas beaucoup quand même! Et puis, en tant que dragonnière, la jeune princesse avait ce merveilleux privilège d’avoir une excuse pour ne pas assister aux éternels départs, aux adieux dégueulasses des nobles qui voudraient absolument l’embrasser avant de partir… aux étreintes vraiment trop intimes…

C’est qu’une fois par semaine, Khanrell appelait Shenya au Red Keep et s’entraînait au vol et au combat, même si elle n’était plus apprentie (ou justement parce qu’elle ne l’était plus) l’adolescente essayait de conserver cette routine, ça lui donnait l’occasion d’avoir la paix et de passer du temps avec son âme-sœur. La plupart des dragonniers s’entraînaient beaucoup plus souvent, mais les dragons ne peuvent rester au Red Keep, Shenya devait donc chaque fois rentrer au Driftmark. Et puis de toute façon, il semblait que ses devoirs de princesses étaient plus importants que ceux de membre de l’Académie. Mais était-elle vraiment membre de cette Académie? C’était discutable.

La silhouette de sa dragonne se profilait enfin à l’horizon, à peine plus grosse qu’une mouette tant la distance était encore grande. Pourtant, il lui faudrait peu de temps pour la franchir : Shenya était peut-être fragile et petite pour son espèce, mais sa taille fine lui procurait une plus grande vitesse de vol, elle dépassait tous ses confrères à la course. Khanrell sourit, pour une rare fois. Il n’y avait que son âme-sœur pour la faire sourire pour de vrai, ou alors sa cousine. Assise sur le bord de la balustrade, sur la tour à ciel ouvert la plus haute du château, pour éviter que Shenya dérange les habitants, la princesse attendait, ses cheveux presque blancs claquants au vent, l’aveuglant par intermittence. Du mouvement en contrebas attira son attention, l’espace d’un instant, et l’adolescente constata qu’un groupe entamait les préparatifs de départ. Elle était trop loin pour reconnaître les emblèmes, mais il lui semblait reconnaître les couleurs des gardes de Dreadfort. Sans trop savoir pourquoi, elle essaya, vainement étant donné la distance, de reconnaître la silhouette du Lord auquel elle ne dirait pas au revoir. Elle était trop haute pour pouvoir distinguer qui que ce soit.

-Faites bonne route, Lord Bolton, lança-t-elle, en sachant que le vent ne porterait pas sa voix jusqu’en bas, soufflant à sens inverse.

C’est justement à cause de ce vent contraire que Khanrell n’entendit des pas derrière elle que lorsqu’ils furent tout près, la faisant sursauter si bien qu’elle dut s’accrocher en panique au premier truc qui lui tomba sous la main pour ne pas tomber : le blouson de Rogar. Mais qu’est-ce qu’il faisait là-haut? L’adolescente s’empourpra, elle savait qu’elle ne passait pas inaperçue, si haut perchée, mais les gens en avait l’habitude, c’était sa routine, elle attendait toujours Shenya ici. Lorsqu’elle récupéra son équilibre, la princesse (qui n’en avait pas vraiment l’air d’une affublée de son pantalon et sa tunique de combat, une tenue extrêmement confortable qu’elle n’avait le droit de porter que lorsqu’elle n’était pas vue) s’empressa d’enlever sa main du torse du Lord de Dreadfort.

-Excusez-moi, je ne vous avais pas entendu venir, bredouilla-t-elle, toujours aussi empourprée, en se dépêchant pour descendre de son perchoir pour se tenir debout devant lui. V’vous… vous n’êtes pas avec vos hommes? Vous partez pour le North bientôt, non?

Rogar Bolton

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Lord de Dreadfort
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Aujourd'hui à 10:55
Après plusieurs jours passés à la Capitale, il était temps de retourner dans le Nord pour Rogar. De retrouver les terres glaciales et hostiles, de retrouver son fief. Il espérait ne pas avoir la mauvaise surprise de découvrir un siège, bien que la probabilité demeurait faible, elle demeurait. De plus, les événements dans le Nord risquaient de s’accélérer fortement dans les prochaines lunes. Il fallait être prêt et armé. Il eut tout le temps de réfléchir à la situation durant son long voyage et sa position n’avait jamais été aussi indécise. D’autant plus que pour rassoir l’influence de sa Maison, il devra inéluctablement prendre part au conflit qui grondait, restait à déterminer de quel côté. Cette confusion était tout ce qu’il y avait de plus légitime, son choix n’engagerait pas seulement sa vie mais aussi celles de tous les habitants de son domaine, telles étaient les responsabilités d’un Seigneur. Il ne pouvait se permettre de faire le mauvais choix, tant pour lui, pour sa Maison, que pour les personnes dont il avait désormais la charge. Malgré son jeune âge et son inexpérience, il disposait sans conteste des qualités nécessaires pour être un bon Seigneur.

Supervisant les derniers préparatifs du départ aux portes du Red Keep avec ses hommes, Lord Bolton se remémorait ce séjour, son arrivée, le Bal, ses retrouvailles avec Naïla et surtout, sa rencontre discrète avec la Princesse Khanrell. Ne pouvant chasser ce visage de son esprit, il avait espéré pendant les quelques jours qui suivirent les festivités, recroiser la Princesse, du moins avant son départ, ce ne fut malheureusement pas le cas. Cela le chagrinait même si son air impassible et froid ne laissait absolument rien paraître. Il se surprit chaque jour à penser à elle, à se demander si elle allait bien, si ses paroles avaient été d’un quelconque réconfort à son égard. L’Ecorché alla même jusqu’à envier le prétendant qu’avait retenu le Roi, car il était évident pour lui que le Suzerain des 7 Couronnes avait fait son choix. Envieux car ce prétendant ne savait pas et ne saurait peut-être jamais sa chance de l’avoir pour épouse. Ou peut-être que c’était bien plus que cela, peut-être que le jeune homme n’avait pas tout fait de glace chez lui ? Que le souffle du Dragon l’avait atteint bien plus que ce qu’il voulait bien l’admettre.

La fragilité et la douceur de la Princesse avait fait voler en éclats sa garde. L’Ecorché ne pouvait que l’attester, la simple idée de savoir qu’elle souffrait ici, que sa vie n’était ni plus ni moins qu’une torture quotidienne le crispait de colère. D’un hochement de tête, il rabroua ses absurdes pensées matrimoniales qui fusaient dans son esprit. Après tout, il n’était pas un prétendant se disait-il … pas pour l’instant ? Il expira bruyamment suite à cette question posée à lui-même en tournant son regard vers les cieux comme pour chercher un point d’évasion. Celui-ci se bloqua sur la cime de l’une des tours de la forteresse. Sa vue perçante lui permit de distinguer une silhouette dangereusement perchait là-haut, le passage de quelques nuages occultant la luminosité de l’astre solaire confirma sa perception. Le Jeune Seigneur se demandait qui pouvait avoir une telle imprudent, surtout avec les bourrasques qui venaient froisser avec vigueur ses bannières. Après quelques longues secondes à fixer cette silhouette, il perçu sa chevelure argent ondulant au gré du vent. Khanrell ? Il devait en avoir le cœur net, d’autant plus que si cela s’avérait être elle, sa sécurité en dépendait.

En effet, étant donné l’état psychologique de la Princesse, sa position pourrait lui donner des idées noires. Et puis, si cela n’était pas elle, au moins il pourra admirer une dernière fois la vue avant de partir. L’Ecorché stipula à ses hommes de poursuivre les préparatifs avant de rentrer à nouveau dans le Red Keep, il progressa rapidement, avalant les escaliers quatre par quatre avant d’atteindre le sommet de la plus haute tour. Elle était là, assise sur la balustrade, les jambes dans le vide, le vent soufflait fort, trop fort pour rester dans une posture si dangereuse. Lord Bolton s’approcha de l’adolescente, ses bruits de pas masqués par les rafales. Alors qu’il s’apprêtait à la tirer vers lui de peur qu’elle ne tombe, la Princesse du l’entendre car elle sursauta et paniqua. Elle devait son sauvetage en partie à la veste de cuir sombre de Rogar qu’elle agrippa par reflexe afin d’éviter la chute. Lui qu’il ne voulait pas l’effrayer afin d’éviter ce genre de situation, c’était raté pour le coup. Heureusement qu’elle se rattrapa très rapidement et que le jeune Seigneur ne l’aurait pas laisser basculer. Suite à cela, Khanrell descendit de la balustrade et fit face à Rogar, qui plongea son regard de glace dans ses yeux pourpres qu’il appréciait tant.

Bonjour Princesse, c’est moi qui suis navré, je ne voulais point vous effrayer … Décidément, nos rencontres sont ponctuées d’excuses et de situation embarrassantes. Oui je pars maintenant, la route est longue jusqu’à Dreadfort vous savez, et puis, j’ai des responsabilités qui ne me permettent de rester davantage dans la Capitale. C’est dangereux de rester si haut avec ce vent, je vous ai aperçu d’en bas, j’avais peur que vous ne tombiez, c’est pour cela que je me suis approché si discrètement. Mais il semblerait que je manque de pratique. Votre tenue de combat vous sied parfaitement Princesse, bien mieux que l’indécente robe que vous a fait porter le Roi … J’espérais justement pouvoir vous revoir avant de retourner dans le Nord, j’ai beaucoup pensé à vous et votre situation durant ces derniers jours. Mais commençons par le commencement, que faîtes-vous ici ? Si ce n’est pas indiscret bien sûr.

Rogar remarqua ensuite un hématome, bien que discret, sur la joue de la jeune femme. Son visage se durcit alors, témoignant sa colère.

Il vous a encore frappé ?... Ce misérable ne mérite pas de vivre, il paiera Princesse, faites-moi confiance. La simple idée qu’il vous maltraite d’avantage m’est insupportable … j’aimerais vous aider, je veux vous aider.

Khanrell Targaryen

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Princesse des Sept Royaumes / Dragonnière
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Aujourd'hui à 15:57
Le cœur de Khanrell battait encore furieusement la chamade, ayant eu une sacrée peur en craignant tomber, l’espace d’un instant. Évidemment, ce fut Lord Bolton qui insista pour s’excuser, comme la dernière fois où ils s’étaient rencontrés et qu’il l’avait effrayé. Mais qui était réellement à blâmer? Outre la terrible réputation de sa maison, Rogar n’était pas vraiment effrayant, c’était la princesse qui était une incroyable chochotte et qui paniquait pour rien, lorsqu’elle sentait la présence d’autrui près d’elle… surtout la présence des hommes. Effectivement, ils avaient la fâcheuse habitude, tous les deux, de ne se croiser que dans des situations embarrassantes et surtout… l’adolescente ne pouvait s’empêcher de le noter… d’être extrêmement à l’écart et hors de vue d’autrui. La jeune demoiselle se tendit en réalisant qu’une fois de plus, elle ne pouvait compter que sur elle-même s’il arrivait quelque chose, jusqu’à se rappeler que si le seigneur de Dreadfort n’avait rien tenté le matin du bal, il ne risquait quand même pas de s’essayer maintenant.

Après avoir confirmé que c’était bien les hommes de Dreadfort qui se préparaient à quitter la capitale, leur Lord changea de sujet pour préciser qu’il était monté en craignant qu’elle ne tombe. Il était vrai que le vent était plutôt puissant, mais Khanrell n’avait aucune raison de s’inquiéter, à dos de dragons les bourrasques sont souvent terribles, elle avait l’habitude. Et comme les gens du palais avaient également l’habitude de la surprendre ainsi, plus personne ne paniquait, quel que soit la force des vents. La princesse s’en voulu toutefois quand même un peu, songeant qu’elle n’avait pas pensé aux visiteurs qui, eux, n’avaient aucune idée de ce à quoi son entraînement l’avait préparée. Elle ouvrit la bouche pour s’excuser encore et s’expliquer, mais la referma aussitôt, rougissant à son commentaire sur ce qu’elle portait, plutôt gênée plutôt que flattée. Elle n’était pas censée se présenter ainsi, même si c’était ce qu’elle préférerait.

-He bien j… je… bredouilla-t-elle, gênée de ne pas avoir fait son devoir de princesse d’aller lui dire au revoir, sachant maintenant qu’il avait espéré la voir… et qu’elle s’était organisée pour le fuir. Enfin, elle avait fuit tout le monde du mieux qu’elle le pouvait. J’att’ttendais juste Shenya…

La princesse tourna la tête pour pointer la silhouette volatile qui se profilait à l’horizon et qui tira un mince sourire sur ses lèvres, l’un des rares qu’elle arrivait à se permettre. La forme de la dragonne commençait à être un peu plus facile à reconnaître, bien que la distance fût toujours très grande, on ne pouvait plus penser qu’il s’agissait d’un banal oiseau. Lorsque Khanrell retourna la tête vers Lord Bolton, son cœur manqua un battement et elle ne pu retenir un mouvement de recul. Juste un pas, presque imperceptible, mais tout de même. La colère soudaine de Rogar était difficile à manquer, et la jeune demoiselle se surprit à craindre en être la cause, jusqu’à ce qu’elle comprenne qu’elle n’était pas dirigée vers elle, mais son frère. D’un mouvement à peine conscient, la princesse passa une main sur sa joue, en haussant les épaules d’un geste qui se voulait détaché, mais qui restait fortement tendu.

-Oh, ce n’est r’r’rien, ça ne f’fait pas mal.

Et pour cause, on l’avait déjà frappé bien plus fort. La marque datait déjà de trois ou quatre jours, Khanrell n’en était pas certaine, avec le temps elle avait cessé de leur accorder de l’importance. En fait, elle croyait que l’ecchymose était disparue déjà, probablement que Rogar ne l’avait vu que parce qu’elle avait bougé la tête et que le soleil était tombé pile dans l’angle où il faisait ressortir la marque. Normalement, elle portait du maquillage pour le masquer, mais comme pour sa chevelure et sa tenue, elle n’avait fait aucun effort ce matin là, croyant ne voir personne d’autre que sa dragonne.

-Vous savez… vous d’devriez faire att’ttention à v’vos propos… chuchota-t-elle en regardant timidement autour d’elle, même en sachant qu’ils étaient totalement seuls. M’même quand on n’ne voit p’personne, il f’faut peser ses mots à la c’capitale. Les m’murs ont d’des oreilles, L’Lord B’Bolton.

Khanrell tenta de tirer un sourire, mais n’y arriva pas vraiment, toujours crispée de la peur qu’il lui avait faite et ne réussissant pas à calmer les battements frénétiques de son cœur. D’ailleurs, elle s’était remise à bégayer stupidement, à son plus grand damne, malgré ses efforts pour bien prononcer ses mots. Son frère détestait lorsqu’elle bredouillait ainsi, surtout lorsqu’elle butait sur les noms des gens, c’était d’autant plus impoli, selon lui. Inacceptable même. La proposition d’aide de Lord Bolton fit hausser les épaules à la princesse, qui doutait fortement que quoi que ce soit ou qui que ce soit pouvait changer sa situation, et elle n’avait pas la moindre idée de ce qu’il aurait pu faire pour elle, aussi gentil semblait-il… Aussi gentil voulait-elle croire qu’il était.

-Vous p’pouvez essayer de p’prier pour moi? Cela me s’s’semble être la seule chose à f’faire… Il y a l’longtemps q’que mes Dieux ne rép’pondent pas à mes p’prières. Je c’crois qu’ils se f’fichent des T’Targaryen. Bégayer sur son propre nom… Son frère l’aurait frappée s’il l’avait entendue… Peut-être q’que les v’vôtres seront p’plus réceptifs? J’ai la t’trouille de me m’marier, m'milord, et j’aurai b’bientôt seize ans. Peut-être qu’il a d’déjà décidé, je ne le s’sais pas encore. J’je le s’saurai sûrement d’devant l’aut’tel, vu le p’peu de consid’dération qu’il a à m’mon égard. J’ai p’peur d’des hommes, je ne v’veux pas me marier… mais je c'crains que ce soit la s'seule façon d'de me déb'barrasser de lui. Et j’je ne crois p’pas que je puisse t'tomber p’pire que maintenant, n’non? Priez pour que j’aie un b’bon mari, cela m’aiderait, souffla-t-elle en y croyant à moitié.

Elle ne savait pas trop encore si son frère avait mis du temps à lui trouver un fiancé parce qu’il voulait conclure la meilleure alliance possible, ou parce qu’il cherchait celui qui allait le mieux la martyriser… Peut-être bien un heureux mélange des deux. Khanrell tourna à nouveau la tête vers l’horizon, autant pour surveiller la progression de Shenya que pour s’arracher au regard gris si clair de Lord Bolton qui la captivait. Bien malgré elle, la princesse avait noté une teinte de bleu dans ses iris qu’elle n’avait pas constaté auparavant. Elle avait beau savoir que la plupart des gens étaient fascinés par les yeux violets de sa famille, elle trouvait souvent qu’ils n’avaient rien à lui envier à ce niveau, au contraire, parfois elle aimerait bien être un peu plus normale.

-Ce n’était pas d’dangereux, se surprit-elle à corriger avec beaucoup de retard. Le vent est b’beaucoup plus fort là-haut, et Shenya v’vole t’très vite.

Un sourire se tira sur ses lèvres bien malgré elle, un sourire un peu victorieux. Khanrell n’avait pas l’habitude de se venter, mais les prouesses de sa dragonne la rendaient toujours fière. De par sa petite taille (beaucoup trop petite à vrai dire), Shenya était beaucoup sous-estimer. Mais la princesse était persuadée qu’elle avait la dragonne la plus rapide de l’Académie, même si ce n’était pas le critère le plus valorisé de l’organisation. La princesse se tourna pour s’accouder à la bordure de pierre pour mieux regarder l’horizon, et elle frissonna en réalisant, trop tard, qu’elle offrait stupidement son dos à quelqu’un qu’elle connaissait à peine. Son maître ne lui avait-il donc rien enseigné? L’adolescente soupira, songeant que même armée, même si elle l’avait voulu, elle ne ferait pas le poids vis-à-vis Bolton, de toute façon. Puis elle se souvint avoir pensé, un peu plus tôt, qu’elle se fichait pour la seconde fois à l’écart en sa compagnie, et se corrigea mentalement pour sa bévue. Non, elle n’était pas invulnérable, la silhouette de sa dragonne, qui grossissait à vu d’œil au fil des secondes qui s’écoulaient, lui assurait un semblant de sécurité. Une sécurité telle que la demoiselle cessa de trembler, tout comme sa voix, d’ailleurs.

-J’ai l’habitude. Il y a longtemps que je serais morte si je n’avais pas eu pleine confiance en mon équilibre, milord. Dites… Avez-vous déjà vu un dragon de près? Et je parle des vrais dragons, pas de mon frère.
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