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Garde ma nuit? [Sullivan]
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Phoebe Hill

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Recrue / Bâtard Lannister
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Lun 29 Mai - 19:10
Un violent coup de pied de Phoebe fit voler une bouteille d’alcool vide au sol, éclatant contre le mur de pierre d’un vieil édifice du quartier le plus reculé de Casterly Rock, où il avait tendance à s’évader pour avoir un peu la paix. C’est qu’il en avait marre! Combien de temps encore allait-il être capable de voguer entre deux eaux ainsi et s’en sortir in extremis? Depuis qu’il était en âge de se marier… Oh non, bien avant… Son père ne cessait de le harceler avec des prétendantes, quel ennui! Chaque fois, il avait réussi à faire échouer la probabilité de fiançailles, soit en fichant une honte pas possible à son paternel devant la famille de la possible épouse, soit en agissant devant cette dernière comme une sale ordure, s’assurant que ce soit elle qui se débrouille pour faire échouer les négociations (comme ça, une fois sur deux, ça ne lui tombait pas sur le dos!) Mais Lord Lannister n’était pas stupide, il devinait bien que Phoebe orchestrait réellement tout ces échecs, et c’était probablement une question de temps avant qu’il se retrouve devant l’hôtel, fasse à une inconnue, puisque son père allait bien finir par préparer son mariage dans son dos pour l’empêcher de lui mettre des bâtons dans les roues… Et que pourrait-il faire alors? Dire non? Il signerait son arrêt de mort!

Déjà qu’il jouait dangereusement avec sa vie au quotidien, ne serait-ce qu’à confronter son père sur son orientation, ou juste à oser croiser son demi-frère une fois par jour. Celui là le haïssait juste parce qu’il existait, juste parce qu’il était un Hill, pas seulement parce qu’il se débrouillait toujours pour foutre la honte à la famille… Même s’il avait été le parfait petit demi-frère, l’emblème de la noblesse, marié à une grande famille… Aaron le détesterait toujours. Gamins, déjà, il ne lui prêtait même pas ses jouets, même s’il avait cessé depuis longtemps de jouer avec ! Alors… Phoebe le lui rend bien… en niant son existence au plus profond de son âme. D’ailleurs, il aimerait bien pouvoir les nier tous! Son père, sa belle-mère, son frère, sa sœur, même ses satanés cousins qui se plaisent à lui rappeler qu’ils sont plus Lannister que lui. Enfoirés.

Qu’ils se le mettent où il pense, leur Lion d’Or! Phoebe resterait toujours le mouton noir (au sens figuré et au sens propre) de la famille, et s’en ventait presque. C’était toujours mieux d’être un Hill que de s’identifier aux Lannister et leurs valeurs discutables. Au moins, le jeune homme était encore capable de se regarder dans le miroir et ne pas avoir honte, ce qui n’était pas aussi sur pour le reste de la famille. Manipuler les gens  pour son enrichissement personnel, faire fit des besoins de sa progénitures, mentir, escroquer, et tout cela sans aucun scrupules? Trop peu pour lui! Enfin, si seulement Il avait un autre choix, le Vilain Petit Canard donnerait cher pour le connaître, seulement, plus il résistait, et plus il doutait de survivre. Hors, si la mort serait effectivement une délivrance, Phoebe était trop fier pour se laisser ainsi abattre par son frère juste parce qu’il refusait d’enfiler le masque de petit noble parfait qu’on lui collait constamment au visage depuis la naissance.

Phoebe retourna se mêler à la dense foule du «peuple», plutôt bien nanti même parmi les moins riches, c’est que les Westerlands ne vivaient que rarement la pauvreté. Ce qu’il venait chercher ici, c’était une sorte d’anonymat. Parmi tout ces gens, avec son fidèle manteau de cuir et de vieux pantalons plein de trous, il n’avait plus la gueule du jeune noble bâtard de la famille suzeraine. On ne l’identifiait plus, il se fondait dans la masse, bien que sa chevelure noire détonne dans les terres de l’Ouest. Ici, il n’était personne, c’était là qu’il venait se réfugier quand il ne pouvait même plus être qui il voulait être sous peine d’être sévèrement réprimandé. Il avait passé la semaine à jouer avec les limites de son père, paradant une fois de plus en robe en plein cours juste pour voir la fumée lui sortir par les oreilles. Maintenant, il se faisait oublier, question de ne pas être égorgé comme un porc à son retour. Il était un Mouton Noir, pas un porc.

Phoebe soupira et roula des yeux en voyant l’attroupement de gens autour du recruteur de la Garde de Nuit. Encore? Ils n’en avaient pas assez de venir ici? Les gens n’étaient pas assez miséreux pour s’engager, pas dans les terres de l’Ouest! Pas à la Capitale! Ça allait encore finir, comme d’habitude, dans le bureau de son Lord de père, qui se ferait lécher les bottes pour finalement leur permettre d’aller recruter quelques criminels juste bons pour la pendaison… Pitoyable. Et après, ça rappellerait malicieusement au Lannister qu’il pouvait toujours se débarrasser de Phoebe en l’envoyant se geler le paquet au Mur s’il refusait d’écouter, et la menace servirait encore pendant des mois! Jusqu’à ce qu’ils l’oublient tous à nouveau, jusqu’à la prochaine visite des corbeaux…

La foule se dispersait, sans que personne se soit proposé, comme d’habitude. Pourquoi venaient-ils écouter alors qu’ils savaient très bien que personne n’irait? Alors que les gens s’éloignaient, Phoebe remarqua enfin que le recruteur était accompagné d’un jeune homme, plutôt canon soi dit en passant, avec une tête qui fit froncer les sourcils du faux noble. Oh, belle gueule, évidemment, beau corps aussi, mais étonnante tignasse, et un regard…

-Tiens, depuis quand la Garde de Nuit a un Targaryen? C’est comme ça que vous pensez appâter les gens, en leur disant que même les dragons s’intéressent au mur? clama-t-il bien qu’il n’y eut plus personne pour l’entendre, outre le recruteur et son frère de nuit. À moins que tu sois un Blackfyre? En tout cas, pour avoir les cheveux aussi blancs, tu as une sacrée dose de sang de dragon, même les Lannister ne peuvent pas se venter d’avoir une pigmentation aussi claire.

Sauf que c’était à n’y rien comprendre! Il en aurait entendu parler avant, si un grand noble s’était proposé pour devenir Garde de nuit, ce n’était pas le genre de chose qui passait inaperçu! Au contraire, ça faisait une immense publicité, même les familles nobles s’en ventaient (lorsque c’était fait de façon volontaire, évidemment, et non parce que le petit noble s’était mis dans le pétrin comme lui!). Pourtant, il ne se souvenait pas qu’un illustre descendant de la famille royale ait rejoint l’ancestrale armée de l’hiver.

-À moins que tu sois un Waters? demanda-t-il sans que le mot sonne comme une insulte dans sa bouche, contrairement à la plupart des westerosis, ils ne trouvaient pas qu’être bâtard était un mal en soi… c’était de qui on était le bâtard qui déterminait si on méritait d’être jugé ou pas! Oh, je suis Phoebe Hill, en pensant, j’suppose que tu as déjà entendu de moi, la honte des Lannister, puisque t’es de sang bleu, non?

Sullivan Snow

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Patrouilleur / Bâtard Targaryen / Zoman
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Lun 29 Mai - 22:01
C’était la première fois qu’il mettait les pieds dans les Westerlands. Il fallait dire que du temps où il avait vécu avec sa génitrice, il n’avait que très peu voyagé. Tout son temps était accaparé par le travail et par le puissant instinct de survie qui leur permettait d’avancer, à lui et à sa mère. Sans compter que les moyens ne se faisaient que très rares, empêchant tout périple au-delà du raisonnable. Et puis il avait été recruté par les corbeaux et il avait connu l’année la plus intense de toute sa vie! Son existence du moment c’était résumé à : dormir, manger, s’entraîner, manger, s’entraîner, manger, s’entraîner, se nettoyer (parfois sommairement, avouons-le), dormir. Plus le temps avait passé, plus on avait inclut des tours de garde à son emploi du temps serré et plus on lui avait permit de participer à certaines patrouilles, histoire de voir comment il se débrouillait dans le domaine. Au final, c’était une véritable vocation qu’il s’était découvert! Certes, la plupart de ses comparses étaient de vulgaires criminels et autres malfrats… mais malgré tout, Snow s’était réellement découvert un sentiment de fraternité avec certains compatriotes.

Puis il avait acquit son titre de Frère juré officiel. Il était patrouilleur et participa à plusieurs missions de reconnaissance dans l’année qui suivi. Au point où son nom fut rapidement synonyme de satisfaction aux yeux de ses supérieurs immédiat. Ainsi, ce ne fut un réel étonnement pour personne lorsque Marcus – l’homme qui l’avait recruté – approcha Sullivan pour lui demander de l’accompagner lors de ses périples dans le continent. Puisque la vie au mur était des plus rudes et périlleuses, il n’était pas rare que les rangs de corbeaux se voyaient amenuisés par les attaques de sauvageons et autres menaces nordiques. Encore récemment, une patrouille complète avait été décimée lors d’un affreux blizzard ponctué d’attaques de créatures sauvages sans le moindre scrupule. Les besoins étaient toujours criants, maintenant comme jamais. Ils allaient devoir faire le tour des sept royaumes, encore une fois, et plusieurs recruteurs étaient de la partie dans cette quête – presque vaine – de recruter de braves hommes prêts à sacrifier leur vie pour leur patrie.

Ainsi, Marcus demanda à Snow de faire le périple avec lui, dans le but évident de lui montrer ce en quoi constituait le travail de recruteur, mais également dans l’espoir que son statut de « non criminel » allait aider un peu à la cause des Gardiens de la Nuit. Ils sellèrent les chevaux avant le levé du soleil et c’est dans un élan commun que les nombreux recruteurs prirent la route vers le sud. Certains bifurquèrent vers Winterfell alors que d’autres poussèrent le pèlerinage vers les régions australes, dont Marcus et Sullivan. La curiosité le taraudant comme un bambin en quête de savoir, le bâtard des Stark profita du long mutisme voyageur pour questionner un brin son compagnon de recrutement sur la destination voulue. Ainsi, Marcus lui révéla qu’ils se dirigeaient vers la nation la plus richissime de tout Westeros : les Westerlands, contrée de prédilection de l’illustre famille Lannister. Les lions ayant élus domiciles dans la capitale de Casterly Rock, Marcus espérait pouvoir recruter quelques hommes de renoms, histoire de redorer le blason ternie de la Garde de la nuit avec un brin de notoriété.

Si Sullivan doutait de l’intérêt général que pourraient porter les puissants lions pour une cause qui, somme toute, n’apportait pas réellement son pesant d’or, l’idée de visiter cette contrée encore inconnue pour lui l’excitait au plus haut point. À quoi pouvait bien ressembler le monde au-delà des terres septentrionales du North? Certes, il avait entendu les ouï-dires et les rumeurs concernant les différents pays de Westeros, mais se faire sa propre idée était des plus alléchantes en soi. Ainsi, la petite délégation de corbeaux fila à travers les terres du continent et c’est au bout de plusieurs longues semaines que Marcus et Sullivan se détachèrent du peloton principal pour s’enfoncer plus profondément dans les terres des Westerlands. Les villages et les paysages défilèrent devant leurs yeux jusqu’au moment où ils atteignirent une impressionnante cité, juchée à même le sommet d’une falaise surplombant la mer.

- Bienvenue à Casterly Rock, Sullivan, se contenta de déclarer Marcus en lui flanquant une claque dans le dos, visiblement amusé par l’émerveillement de son jeune partenaire de voyage.

Le jeune homme aux airs d’albinos esquissa un sourire en coin, puis leva le nez vers le ciel pour noter la présence de Pandore qui voltigeait haut dans le ciel, ballotée paresseusement par la brise marine. Qui savait ce qui les attendait réellement au sein de cette capitale d’une richesse inouïe? Au moins, la vue valait le détour… Marcus talonna sa monture et fut rapidement imité par la dernière recrue des Frères jurés. Au bout d’un moment, ils arrivèrent enfin aux portes de la ville et déclinèrent leur identité – ainsi que le but de leur visite, par principe – aux gardes frontaliers. On les laissa passer sans le moindre préambule, sachant pertinemment la réputation des corbeaux aux yeux des populations locales. Ainsi, les deux hommes déambulèrent à travers les quartiers bondés de la capitale, attirant les regardes curieux sur leur passage. Visiblement, des types comme eux ne passaient jamais inaperçus dans les zones urbaines, puisque tous et chacun savaient pertinemment le but de leur visite : ils cherchaient de nouvelles têtes pour gonfler les rangs. Après un moment à vagabonder dans les allées pavées de Casterly Rock, le groupuscule atteignit un quartier reculé réputé pour son manque de finesse par rapport au reste de la cité. Disons simplement que de viser les grands quartiers n’était assurément pas une bonne idée vue le manque ÉVIDENT de volontaires au niveau des hautes sphères de la capitale. Qui, dans ces foutus nobles et richissimes maisons, voudraient bien sacrifier une vie de luxe pour rejoindre la rigueur du climat nordique? Assurément personne. Le duo passa rapidement à l’écurie du coin pour y laisser leurs montures, puis s’approchèrent de la place centrale.

Puisque leur venue était tout de même un minimum attendue, une petite estrade de bois avait été érigée afin de permettre au duo de jaillir un peu de la foule de passants qui, somme toute, ne semblaient pas s’intéresser à eux outre mesure. Les deux hommes grimpèrent donc sur leur perchoir improvisé (et presque précaire en fait…) et Marcus prit la parole, s’adressant d’une voix forte et puissante à un amoncellement de roturiers qui, au moins, eurent la décence de finalement leur accorder un brin de leur intérêt collectif. Pour sa part, Sullivan conserva le silence, gardant la tête haute pour afficher un air digne afin de faire honneur aux siens. Malgré le discours fort motivateur de son comparse, quelle ne fut pas la déception de Snow de constater que très peu d’individus étaient intéressés à ne serait-ce que l’écouter jusqu’au bout. Ainsi, la foule se dispersa rapidement sous les traits déçus des deux corbeaux qui, ils devaient bien l’admettre, s’y attendaient malgré tout.

- Bon… il nous restera toujours la prison… Assurément, certains malfrats préféreront se joindre à nous que de voir leur tête tranchée sur la place publique…
Marmonna Marcus, un peu boudeur.

C’est alors qu’une voix masculine jaillit, surplombant les bruits ambiants de par la force de son intonation… et l’arrogance de ses propos. Dans un même mouvement instinctif, les deux comparses tournèrent la tête en direction de l’impudent qui, visiblement, s’amusait à l’idée d’user de cynisme face à une foule rébarbative. C’est alors que Sullivan put constater que l’inconnu le fixait de son regard émeraude. De toute façon, de qui d’autres aurait-il bien pu parler? Marcus? Avec sa tignasse noir et ses yeux marrons, il n’avait rien de bien détonant. Snow, par contre… C’était une toute autre histoire. Combien de fois avait-il entendu dire qu’il ressemblait à un Targaryen? Il ne pouvait même plus les compter, maintenant… Le fait est que son apparence immaculée était une pure coïncidence, rien de plus. Ainsi, le jeune corbeau croisa les bras sur sa poitrine et se contenta de hausser un sourcil lorsque son interlocuteur mentionna la possibilité que du sang de dragon puisse couler dans ses veines.

- Je possède autant de sang de dragon que vous semblez posséder de tact, monsieur. Alors inutile d’insinuer quelconque antécédent glorieux sans savoir de quoi on parle, pas vrai?

Marcus esquissa un bref sourire amusé, mais se ravisa aussitôt, jetant un regard un brin courroucé à son jeune ami. Bon… user d’arrogance lui-même ne serait aucunement utile à leur cause, mais ce fut plus fort que lui. Il en avait marre de ressortir du lot partout où il allait! Le jeune homme lui demanda alors s’il s’agissait d’un Waters et le guerrier immaculé comprit rapidement qu’il faisait allusion à une sorte de bâtard Targaryen. Bon… ce n’était pas si loin, mais pas tout à fait vrai non plus. Sulli se contenta de fixer son jeune interlocuteur, un air délicieusement neutre au visage, avant de finalement soupirer profondément.

- Non, pas vraiment. Fit-il au bout d’un moment, prenant une grande inspiration pour ne pas être davantage impoli. Je m’appelle Sullivan Snow. Malgré mon apparence visiblement trompeuse, je suis tout ce qu’il y a de plus nordique, croyez-moi. Malgré le ton acerbe que j’ai préalablement employé, je suis enchanté de faire votre connaissance, Phoebe Hill. Il tendit la main sous le regard approbateur du recruteur, puis serra la pince de ce qui semblait être un bâtard des Westerlands. Je n’ai que vaguement entendu parler de votre personne, je dois l’admettre, faute de m’être réellement intéressé à la politique de votre illustre pays. Vous m’en voyez navré. D’ailleurs, je vous présente mon comparse, Marcus Greysword, le véritable recruteur d’entre nous deux.

Ce dernier hocha de la tête en direction du jeune Hill et tendit sa main à son tour, histoire de serrer celle de l’impertinent personnage. Alors que Marcus questionnait Phoebe sur le potentiel intérêt (imaginé, peut-être) de ce dernier face à la Garde de la nuit, Sulli, pour sa part, en profita pour détailler un instant ce qui, aux premiers abords, semblait être un beau gosse. Enfin, pas qu’il avait déjà eu quelconque intérêt pour la gente masculine par le passé, mais il devait admettre qu’il avait des traits particulièrement plaisants à l’œil. Ses prunelles d’un vert tendre semblaient pétiller d’intelligence et sa courte chevelure d’ébène était teintée de reflets presque azurés. Son visage était composé un habile mélange de féminité et de virilité qui captivait l’œil de Snow pendant l’éclat de quelques secondes. Plus il l’observait, plus il trouvait une sorte de fascination chez ce Hill inconnu. Cette veste de cuir lui donnait des airs de dur en plus de ce pantalon qui, visiblement, était volontairement troué. Tout chez lui respirait la nonchalance, ce qui était… à la fois énervant et captivant.

Dans son exploration visuelle, Sullivan nota que le nouveau venu était un peu plus petit que lui et un peu plus frêle également. Il fallait dire que l’entraînement intensif qu’il avait lui-même subi avait grandement contribué à développer sa masse musculaire bien dessinée… Ah! Hill l’observait à son tour, probablement dérangé par l’examen visuel qu’il subissait malgré lui. Ainsi, Snow décida de se ressaisir, puis se détourna vers Marcus, un air interrogateur au visage.

- Alors? Puisque que Sir Hill ne semble pas des plus intéressés par notre cause, quel est la suite de notre plan? Les criminels, encore? Se contenta-t-il de demander, notant au passage la grimace un peu boudeuse émise par son comparse.

Ce dernier suggéra plutôt de prendre un peu de temps pour se rassasier et peut-être profiter du moment présent pour réserver un endroit dans une auberge, puisqu’ils étaient un brin éreinté par le voyagement. Après tout, n’avaient-ils pas fait énormément de route pour se rendre jusqu’ici? Tel que Greysword l’avait bien dit : « Les criminels peuvent attendre, ils ne sauveront pas, de toute façon. » Sulli jeta un coup d’œil en coin à Phoebe, notant la façon dont Marcus portait intérêt à ce dernier. Pourquoi? Présentait-il une forme de potentiel qu’il n’arrivait pas à voir? Certes, il avait une gueule de tombeur, mais à part ça…? Bon, vu l’attitude de son comparse, mieux valait jouer le jeu pour en connaître davantage sur ce Hill.

- Sir, vous semblez bien connaître le coin, pourriez-vous nous indiquer un endroit pour nous restaurer? Une auberge pas trop miteuse et pas trop onéreuse pour qu’on puisse s’y reposer? Nous sommes désolés de vous importuner, mais nous ne mettons que rarement les pieds en Casterly Rock… Enfin, c’est d’autant plus vrai me concernant.

Ils laissèrent le soin au jeune homme d’accepter ou de décliner l’offre, puis le remercièrent en constatant qu’il acceptait de leur partager un peu de son temps. Peut-être était-ce par emmerdement royal ou par simple curiosité? M’enfin, c’était au moins aimable de sa part, peu importe la raison qui le poussait à les accompagner. Notant une la présence d’une ombre blanche voltiger au-dessus de leur tête, Sullivan releva son regard azuré vers le ciel, puis agrippa un large gant de cuir brun qui était enserré sous sa ceinture, à sa taille. Dans un mouvement fluide, il enfila le morceau de vêtement, puis leva le bras en émettant un sifflement strident. L’impressionnante chouette blanche tachetée descendit en émettant de larges arc-de-cercles, puis se posa sur le bras de son propriétaire légitime, agrippant le matériel épais dans ses serres d’onyx. Évidemment, l’apparition d’un oiseau de proie faisait toujours un peu son effet et Snow dut admettre en soutirer un élan de fierté à chaque fois.

- Elle s’appelle Pandore, se contenta-t-il d’expliquer au jeune bâtard alors que le trio se mettait en route. Elle me suit partout depuis un moment maintenant. Même au-delà du Mur, lors de mes explorations…

Il planta son regard saphir dans les yeux émeraude du nouveau venu, une lueur légèrement malicieuse brillant au fond de ses prunelles. Il allait imiter Marcus et tenter de le convaincre de se joindre à eux. Après tout, que valait réellement un bâtard aux yeux d’une noble population comme les Lannister? Il était franchement curieux de le savoir…

Phoebe Hill

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Recrue / Bâtard Lannister
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Mar 30 Mai - 14:18
Comment pouvait-on avoir une gueule aussi charmante et être aussi désagréable? Même si Phoebe avait surtout été étonné, au départ, de l’allure de Dragon du jeune Frère Juré, il ne pouvait nier que ces traits étaient agréables à regarder, tout comme son corps franchement, et même qu’il se plaisait bien à le détailler. Mais son ton acerbe refroidit vite les ardeurs du bâtard Lannister, lorsqu'il lui répliqua qu’il n’avait aucun lien avec les Targaryen et lui reprocha son manque de tact. L’expression taquine du mouton noir devint sceptique, peut-être qu’il n’aimait pas qu’on fasse allusion à son ascendance ? Ou alors, il était atteint d’une très rare maladie pigmentaire qui trompait tout le monde sur ses origines. En tous les cas, Sullivan repris assez vite contenance, après un reproche à peine masqué de son collègue plus âgé, et se présenta comme étant un Snow. Vraiment? Le doute planait plus encore dans le visage de Phoebe… ça il en doutait fortement, mais il pouvait bien se présenter comme ça lui tentait, lui il était la Reine des Licornes de toute façon, tout le monde le savait!

-Enchanté Snow, marmonna-t-il avec une ironie parfaitement audible, acceptant la main tendue du blondinet, retrouvant malgré lui un sourire charmeur qu’il était incapable de retenir en présence d’un homme agréable… physiquement, pas psychologiquement, pour l’instant ce Sullivan l’irritait, mais des hormones, ça ne se contrôle pas hein? Surtout à 17 ans.

Un Northmen blond platine aux yeux bleus, on aura tout vu. Le prétendu Snow nia avoir quelques notions de politiques, si bien qu’il avait à peine entendu parler de Phoebe (il n’avait pas l’air navré du tout). Oh, dommage, il aimait bien quand les rumeurs qu’on colportait à son sujet se rendaient jusqu’à de belles oreilles, il avait alors l’heure juste assez rapidement sur l’intérêt (ou l’absence de) à son égard. M’enfin, de toute façon, celui-là lui cassait les pieds, même sans son air fendant, il restait aussi glacial que ses yeux. Canon, mais ennuyant. Il était probablement une plaie au lit de toute façon, toutes les raisons étaient bonnes pour croire qu’il avait une petite queue en plus.

Le blondinet lui présenta alors son compagnon, Marcus Greysword, un personnage bien plus charmant (quoi que trop vieux pour son intérêt…) que son compatriote. Plus chaleureux, celui-ci le salua et lui parla des raisons qui les emmenaient ici (comme s’il n’avait pas compris) et le questionnait, puisqu’il n’était visiblement pas l’héritier des Lannister, sur son intérêt à prêter son bras à la protection du continent. Bon, dis comme ça, on pouvait espérer vivre de gloire et d’aventures, mais Phoebe savait trop bien que les Gardes de Nuit n’entraient pas dans l’histoire. Et c’était faux de croire qu’il n’avait aucune chance de posséder quoi que ce soit dans sa vie… Il devait juste se décider à accepter le dernier ultimatum de son père… Soit il cédait à épouser une femme qu’il n’aimerait jamais, soit il était banni. Ou peut-être tué?

-Je ne me suis jamais rendu au Mur, mon brave, mais je suis déjà monté dans le North, et l’impression qu’il m’en a laissée était plutôt… glaciale, souffla-t-il avec un sourire en coin. Vous dressez un portrait bien flatteur de la Garde de nuit, et si j’admire les protecteurs du Mur pour votre courage, je ne me vois pas vraiment passer ma vie à me les geler sur un mur de glace, ne le prenez pas personnel! Maladroitement, Phoebe se gratta la nuque, sentant un étrange chatouillis dans son dos, qui se transforma bientôt en long frisson qui parcouru sa colonne. Mais je peux essayer de vous aider à plaider votre requête auprès de mon père. Demain. Aujourd’hui, quand je l’ai vu, il était de méchante humeur, ce n’est pas le moment de lui demander une faveur.

C’était beaucoup de sa faute à lui, si Lord Lannister était d’une humeur massacrante, mais ça ne valait pas la peine d’en parler. Le dos de Phoebe ne cessait toujours pas de le chatouiller, éveillant en lui le sentiment d’être observé, si bien qu’il se retourna pour voir que Sullivan le détaillait avec insistance. Le sourire du bâtard était alors plus charmeur qu’amusé, alors qu’il lui rendait son regard jusqu’à ce que Snow soit mal à l’aise et se tourne vers son frère juré. Les deux corbeaux décidèrent de remettre la suite de leur recrutement à plus tard et d’aller plutôt se restaurer.

-Il n’est pas question que je laisse un bâtard royal se contenter d’une auberge miteuse… insinua-t-il, tout sourire, avant de tourner les talons vers des quartiers moins délabrés. Ni se priver de la présence d’un grand noble de la cour , alors évidemment je vous accompagne. Je veux bien vous servir de guide, vous ne trouverez pas plus sympathique que moi à des milles à la ronde, et au moins je pourrai justifier convenablement mon absence à mon père sans qu’il me reproche encore de l’avoir passé à m’adonner à de «vils péchés»! s’exclama-t-il sans la moindre once de remords, le mot «vils» sonnant plus comme «délicieux» venant de sa bouche. Je vous en prie, c’est sur le bras de la mai…

Phoebe s’interrompit brusquement en voulant empêcher Marcus de protester comme quoi la Garde ne pouvait se payer les auberges des meilleurs quartiers. Une volatile blanc comme la neige venait de lui frôler le crâne, le faisant immédiatement se retourner, juste à temps pour voir la chouette se poser sur le bras de Snow après qu’il eut sifflé pour l’appeler. Là, le petit air fendant était revenu, le blondinet était fier de son effet, se vanta qu’elle le suivait partout même pendant ses missions. Le mouton noir abandonna rapidement son air surpris, ne voulant pas se laisser impressionner, pour hausser les épaules comme s’il s’en fichait. Comme si le regard de son vis-à-vis, plongé dans le sien, ne remuait pas ses entrailles… et heu, beaucoup plus que ses entrailles…

-Enchantée Pandore, même toi tu as une tête de Targ’, s’amusa-t-il devant la blancheur de son plumage. Bon, d’accord, tu es peut-être un Snow finalement, je te le donne Sullivan. Les Zomans, c’est plus courant chez les descendants des Premiers hommes que ceux des Andals ou de Valyria. Parce que tu es un Zoman, non? Enfin quoi, les gens ne dressent pas des rapaces comme ça, sans raison! Reste que tu as une gueule de Targ’. Mais ça te va bien, tu as l’air qui va avec de toute façon.

Coincé, pincé, exactement comme il s’imaginait que les princes devaient agir. Pince-sans-rire. D’ailleurs, avait-il souri juste une fois depuis qu’il était entré à Casterly Rock, sauf à l’arrivée de Pandore ? Si, mais c’était un sourire arrogant. Peut-être que dans le North, les gens n’apprenaient pas à rire?

-Fait gaffe à la garder loin de Lord Lannister, par contre, avec des yeux dorés comme ça, il pourrait essayer de te la voler. Ouais je crois bien qu’il est assez con pour essayer d’extraire des pépites d’or de ses iris, il ne pense qu’à ça, la fortune. Le ton était moqueur, mais Phoebe jeta malgré tout un coup d’œil nerveux autour de lui, pour s’assurer que personne ne l’avait entendu parler. Heu, répétez pas ce que je viens de dire, ok? Il me tuerait sûrement. Ça y est, on est arrivé. Ce n’est pas les cuisines seigneuriales, mais cette aubergiste a une sacrée réputation, et je vous en prie, c’est payé par la petite caisse du Lion d’Or, il ne faut juste pas qu’il le sache lâcha-t-il en lançant nonchalamment quelques pièces sur le comptoir en direction de la serveuse qui s’empressa de leur assigner une place. Pièces qu’il n’avait pas obtenues parce qu’il est un bon fils, mais parce qu’il se fout le nez partout où il ne devrait pas… Son père ne lui faisait jamais de cadeaux comme ça!

Les clients de l’auberge tournaient fréquemment la tête vers eux, et le ton des conversations baissa d’un cran sur leur passage, puisque les gens chuchotaient en commentant l’étrange apparition. Deux corbeaux, une chouette, et le mouton noir. Drôle de quatuor, surtout que l’un d’eux avait une tête de Targaryen, les gens devaient se poser tout un tas de questions. Phoebe ne se départissait pas de son sourire moqueur, affrontant du regard ceux qui le jugeaient (en connaissance de cause) et lui lançaient des reproches silencieux d’exister. Qu’ils crèvent tous, il n’avait pas l’intention de rester bien longtemps dans les Westerlands de toute façon. Ça avait été marrant jusqu’à maintenant, mais il était assez intelligent pour reconnaître le danger sur sa vie désormais, et il lèverait bientôt les voiles pour sa liberté. Pour aller où exactement, il ne le savait pas encore… sûrement dans le sud, la chaleur tropicale, là où personne ne l’emmerderait… N’importe où loin de son père, pour qu’il ne le retrouve jamais et n’essaie pas d’effacer les preuves de son existence.

-Alors, je n’ai pas vraiment considéré le choix de l’auberge en fonction de l’oiseau par contre, je suis désolé milady j’espère que tu ne m’en tiendras pas rigueur hein? Je vous recommande le bœuf bourguignon, elle le prépare comme personne d’autre dans les Westerlands. M’enfin, ça pouvait pas être pire que ce qu’ils mangeaient au mur, non? Alors, raconte-moi ça? Qu’est-ce qui a décidé un jeune n’ayant aucune criminalité à rejoindre le mur, vraiment? Surtout un fils de noble, bien que tu ne sembles pas vouloir avouer lequel… Franchement, c’est vrai que je préférerais être à des milles de ma famille, la vie de bâtard n’est pas belle tous les jours, mais je m’imaginais plutôt couler mes vieux jours dans les Summers Islands, à rien faire d’autres de mes journées que me dorer la quéquette au soleil et baiser.

Sullivan Snow

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Patrouilleur / Bâtard Targaryen / Zoman
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Mer 31 Mai - 14:51
Il ne savait pas s’il devait être énervé ou amusé par son commentaire. Sérieusement, il avait une fixation sur les Targaryen ou quoi? De là à comparer ce pauvre volatile aux monarques de Westeros… Enfin, il fallait dire que, dans le nord, la famille royale n’avait pas nécessairement la meilleure des réputations, ce qui expliquait un peu la véhémence de Snow à se faire comparer à l’un d’eux. Enfin… ça doublé du fait qu’on lui faisait TOUJOURS des commentaires sur son apparence physique. Bref, c’était franchement lassant. Au moins, Hill ne remit pas en compte son appartenance à la grande famille nordique, visiblement convaincu de par la simple présence de la chouette harfang des neiges. Ah tiens? Comment avait-il deviné qu’il était zomane? Enfin… Oui, le truc du rapace, c’était un indicatif, toutefois, il avait déjà croisé quelques fauconniers et il doutait que chacun d’entre eux puisse posséder un talent similaire… Ou avait-il tort? Meh… Il ne pourrait jamais réellement mettre le tout au clair. Alors il se contenta de ne pas relever la chose, préférant simplement opiner du chef, faute d’avoir réellement quelque chose d’intelligent à dire sur le sujet.

Ah ce qu’il pouvait être énervant avec ses commentaires à la con! Et… quoi?! Qu’est-ce qu’il voulait dire par là?! Avoir l’air qui va avec… Le traitait-il ouvertement de hautain? Visiblement oui, à voir l’air arrogant qui ceignait ses traits de bâtard. C’était donc ça, la fameuse réputation qui le précédait? Connard sans respect qui se fout ouvertement des gens qu’il ne connaît pas? Tssss… Avoir su, il se serait renseigné davantage sur le sujet! Malgré tout, à voir l’attitude de Marcus, Sulli comprit que ce dernier espérait réellement recruter un type comme Hill parmi ses rangs. Pourquoi? Pour faire chier tous les Frères jurés comme il se doit? Un couillon dans son genre n’allait pas tenir deux minutes face à la ribambelle de criminels qu’il allait côtoyer, au Mur. Quoique… le voir aller pourrait être divertissant, l’espace de quelques minutes. Bon! Il était là pour recruter, pas vrai? Alors mieux valait essayer de ne pas se mettre le premier prospect à dos la première journée… Snow prit une grande inspiration pour faire taire le ton acerbe qui avait menacé de quitter ses lèvres, puis ramena son attention sur la route qui s’étalait devant lui.

Contre toute attente, le commentaire émis à l’égard de Lord Lannister eut pour effet d’amuser les deux corbeaux. Oui, les DEUX. Il fallait dire que, malgré l’effet énervant que provoquait Phoebe sur Sullivan, son commentaire, lui, avait eu le don de le surprendre! Ainsi, il gloussa en chœur avec Marcus, hochant de la tête aux propos du jeune Hill qui, soudainement, semblait bien nerveux à l’idée que ses paroles puissent être entendues d’autrui. Tiens tiens? Avait-il des ennuis? Visiblement, il vivait des conflits avec son géniteur… Bien que ce n’était en rien surprenant venant d’un type comme lui qui, de toute façon, se surnommait lui-même la honte des Lannister. Peut-être pourrait-il jouer sur cet aspect afin de le pousser à rejoindre les rangs? Après tout, qu’y avait-il de bien intéressant pour un bâtard non souhaité? Il était à parier que plusieurs voulaient se débarrasser de lui, à voir le bref instant de nervosité qui l’avait animé. Bref, c’était une faille à exploiter.

D’un mouvement presque désinvolte, le jeune Hill jeta une poignée d’écus sur le comptoir (déclarant que le tout était aux frais du Lion d’Or, un peu à la surprise des deux Frères jurés), puis le trio (enfin, quatuor, vu la présence de Pandore) fut mené jusqu'à une table située tout au fond de l’établissement. À voir le regard incertain de la serveuse, Sullivan comprit que la chouette poserait assurément problème auprès des propriétaires du commerce. Bah, il n’avait pas envie de chercher les embrouilles, alors il la retournerait à l’extérieur, ce n’était pas un problème en soi. D’ailleurs, était-ce lui où les conversations – qui allaient auparavant de bon train – s’étaient soudainement amenuisées? Les gens avaient volontairement baissé leur voix d’un cran et Snow fut surpris de constater que la plupart des regards s’étaient tournés vers eux. En fait… était-ce réellement étonnant? Ils devaient présenter une vision assez peu orthodoxe pour un établissement de cette qualité : deux corbeaux (dont un aux airs de Targaryen, à y croire la masse populaire), une chouette et un bâtard des Lannister. En fait… Maintenant qu’il y portait davantage attention, Snow remarqua que la plupart des têtes s’étaient tournées en direction de Hill, la plupart des gens n’accordant que très peu d’attention à sa tronche immaculée. Voilà qui faisait changement! Mais bon sang… Qu’avait-il donc fait pour susciter autant d’intérêt et de ragots?

Sulli ramena son regard azuré en direction du guide Westerman et fut même surpris de voir un sourire délicieusement provocateur trôner sur ses lèvres fines. Il… prenait son pied? Franchement, y avait-il la moindre chose à l’épreuve de Phoebe? Le voir si peu affecté par l’idée populaire était louable en soi, il devait l’admettre, puisque les personnes dans son genre étaient généralement les plus authentiques… Mais c’était comme si… comme si le jeune homme se moquait éperdument de tout en tout temps. Un étrange personnage… Détachant enfin ses prunelles d’un vert éclatant de la foule environnante, Phoebe décida de reporter toute son attention sur Snow pendant que Marcus faisait signe à la serveuse de leur emmener quelques chopines de bière. Le commentaire du jeune Hill par rapport à Pandore ramena Sullivan à la réalité de la pauvre chouette : elle n’avait rien à faire ici.

- De toute façon, j’allais la faire sortir. Vous savez… avant que les propriétaires ne viennent me faire la morale pour avoir osé faire rentrer ce volatile dans leur établissement…

Le jeune homme immaculé se redressa tout en hochant de la tête, signe qu’il prenait la recommandation de Hill en considération au sujet de la sélection de repas. Il s’éloigna ensuite en direction de l’une des grandes fenêtres, puis ouvrit les volets avant de tendre le bras. La chouette harfang des neiges ne se fit pas prier pour prendre son envol en hululant de bonheur. Une fois chose faite, Snow referma les volets, rangea ses gants à sa ceinture, puis revint s’installer aux côtés de Marcus et Phoebe. Ce dernier ne se fit alors pas prier pour le questionner, ramenant sur le tapis ses potentielles origines dites royales. Bon sang, allait-il lâcher le morceau avec ça?! Sur ce, le Frère juré se contenta de pousser un soupir d’irritation, puis nota la façon dont Hill parla de sa condition de bâtard. Enfin… sur ce sujet, ils se comprenaient tous les deux. Quelque chose lui disait que le garçon à la chevelure d’ébène subissait le même genre de préjugés que lui, dans son quotidien. Un autre bon point pour la Garde de la nuit. Finalement, son dernier commentaire eut pour effet de surprendre à nouveau les deux corbeaux, Marcus éclatant de rire et Sullivan esquissant réellement un sourire amusé.

- Et bien… Ça ne semble pas être le pire plan de l’univers, je dois l’admettre, fit-il malgré tout, une pointe d’amusement dans la voix. Disons simplement que je connais trop bien ce en quoi consistent les conséquences d’être un bâtard sur la vie quotidienne. C’est un peu pour cette raison que je me suis enrôlé, faute d’avoir un avenir adéquat devant moi. Encore une fois, contrairement à ce que vous semblez croire, je ne cache absolument pas mes origines paternelles à qui que ce soit. Je ne connais simplement pas le type qui m’a servi de géniteur. Peu importe qui c’est, peu importe la tronche qu’il a, ça ne changera jamais rien au fait que je suis un Snow. Tout simplement. Et disons que – d’où je viens – se faire surnommer Targaryen n’est pas le plus beau compliment du monde. Mais bon, je crois avoir entendu tout ce qui se faisait en la matière tant on m’a étiqueté de cette façon. Expliqua-t-il d’un air nonchalant alors que la serveuse leur remettait quelques chopines de bière. Sulli glissa sa main dans l’anse de sa consommation et porta le liquide alcoolisé à ses lèvres. Quant à l’idée de se faire dorer la quéquette au sud… L’idée peut paraître sympa, mais fort peu utile pour le peuple. Après, chacun à ses priorités, on s’entend.

La serveuse les interrogea sur leurs choix de repas et les corbeaux commandèrent le bœuf bourguignon, tel que recommandé par Hill. Elle esquissa un sourire en leur direction, puis se détourna afin de rejoindre les cuisines dans le but évident de passer la commande. Le jeune corbeau porta à nouveau sa chopine à ses lèvres, puis nota à nouveau la façon dont les convives environnantes chuchotaient en observant le jeune Hill, comme si ce dernier était une injure à leur glorieux peuple de par sa simple présence. Les gens étaient des imbéciles, ni plus, ni moins. Certes, Hill était casse-couille, mais de là à être dévisagé comme une merde… Tout le monde avait droit à un minimum de dignité, non?

- Comme mentionné plus tôt, je ne connais pas votre réputation, Phoebe Hill. Et à en voir les clients qui nous entourent, je crois que c’est mieux ainsi. Ou peut-être être-ce le contraire? Dans tous les cas, il me semble que la population locale soit bien prompte à émettre des jugements à la vue d’un bâtard qui ne fait que boire un verre. Fit-il en déposant sa consommation sur la table et en jetant un regard en coin aux environs. À mon tour de vous poser une question : dites-moi, qu’est-ce qui vous retient ici? Oh j’imagine que vous vivez dans l’opulence, comme tout bon Lannister, mais outre ce détail? Pourquoi endurez-vous les regards exécrables d’une population étroite d’esprit? En joignant notre cause, vous pourriez prendre part à quelque chose de beaucoup plus grand que le statut de simple bâtard.

Snow planta son regard glacial dans le vert émeraude des prunelles de Hill, Marcus se contentant de sourire derrière lui en portant sa chopine à ses lèvres. Étant la première mission de recrutement du jeune gardien de la nuit, l’homme expérimenté était décidé à le laisser agir seul dans ses tentatives de persuasion. En cas de pépin, il se tenait prêt à intervenir, espérant tout de même recruter le bâtard de l’illustre famille Lannister.

- Comme vous l’avez mentionné plus tôt, une bonne partie de nos rangs sont peuplés de criminels qui, au fond, ont trouvé une chance de rédemption en allant au Mur. Je ne vous mentirai pas : aux premiers abords, ce sont de véritables connards. Toutefois, au fil des missions, un lien se crée immanquablement entre les Frères jurés. Croyez-moi, ils se foutent éperdument de votre statut, de votre réputation ou même de vos origines, puisqu’au final, tout ce qui compte, c’est la Fraternité et la protection du Mur. Qu’on le veuille ou non, vous pourriez être vous-mêmes en tout temps.  

Snow s’interrompit alors que la serveuse revenait vers eux, roulant des hanches d’un air presque provocateur. Oh il reconnaissait bien cet air séducteur, en ayant déjà fait les frais par le passé. S’il en avait profité à l’époque, c’était maintenant tout autre depuis qu’il avait rejoint les rangs des corbeaux. N’était-elle pas au courant du vœu de ne pas prendre de femmes qu’ils avaient fait? Ou alors, elle cherchait que du bon temps... Malgré tout, les deux frères d’armes se contentèrent de sourire poliment, puis observèrent les plats fumants qui furent déposés devant eux. Un plateau de pains chauds fut ajouté, au centre de la table, afin qu’ils puissent se servir. La damoiselle leur adressa un clin d’œil presque coquin et s’éloigna finalement, son cabaret sous le bras.

- Ouais, au début c’est chiant, de pas pouvoir réellement fréquenter de femmes, commença-t-il en réponse à la question préalablement posée par Hill, non sans ponctué son visage d’un sourire en coin. Mais bon, on s’habitue et les femmes sont inexistantes au Mur, de toute façon. Au pire, y a d’autres façons de faire, suffit de connaître les ressources... Mais sérieusement, ne croyez-vous pas que vous valiez mieux que ça? Ajouta-t-il en désignant d’un mouvement du menton trois gros types qui jetaient des regards mauvais au jeune lion noir, l’un d’eux allant même jusqu’à cracher au sol. Personnellement, j’en avais marre de ce genre de regard à la con. Et puis, je ne sais pas pour vous, mais d’où je viens, avec la situation dans laquelle je me trouvais, il n’y avait que très peu de chances que ma condition s’améliore en conservant un statu quo. Et très honnêtement, il n’y aucune sensation pour égaliser le sentiment de liberté éprouvé lorsqu’on part en mission dans les terres du nord. Sans parler de toute cette adrénaline qui coule dans nos veines lors des combats. Il n’y a que là où on peut se sentir réellement vivant. Et pour le froid… bah on s’y habitue franchement. D’ailleurs, est-ce que c’est moi où il fait foutrement chaud ici?

Il tourna son regard inquisiteur en direction de Marcus qui hocha de la tête, prétendant ouvertement que cet établissement était une véritable fournaise. Ou bien était-ce à cause du repas mijoté et de l’alcool? Il fallait dire que, étant des Northmen endurcis, ils devaient assurément avoir du mal avec les températures plus australes. Poussant un soupir, Snow retira sa lourde cape d’ébène et l’accrocha au dossier de son siège, essuyant sommairement son front du revers de son avant-bras. Il fut rapidement imité par Marcus, puis ils plantèrent leur cuillère de bois dans leur gamelle, goûtant au fabuleux repas qui… ouais, était réellement délicieux. Chacun prit un quignon de pain qu’ils rompirent et trempèrent ces derniers dans le bouillon qui surplombait de loin la gastronomie plutôt basique retrouvée à Castle Black.

- Avez-vous certaines interrogations, Sir Hill? Demanda Marcus, laissant Sullivan manger et boire un peu. Et puis, j’ai eu ouï-dire de vos relations houleuses avec Lord Lannister. Ne croyez-vous pas qu’il s’agirait là de la meilleure façon pour vous de vous éloigner de son cercle d’influences? Enfin, j’imagine qu’un mariage forcé avec une noble dame pourrait également être intéressant… mais tellement plus emmerdant qu’une vie d’aventures, pas vrai?

L’homme expérimenté avec une lueur pétillante au fond de ses iris. Il avait entendu parler des frivolités du bâtard. Et bien que son compagnon ici présent n’en fût aucunement conscient, il savait que cet argument pèserait dans la balance.

Phoebe Hill

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Recrue / Bâtard Lannister
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Jeu 1 Juin - 11:58
Ok, hold on! On efface tout et on recommence. Erreur de jugement, le gars était capable de rire, finalement. Phoebe en était presque tombé par terre en entendant Sullivan glousser… OUI GLOUSSER! … à propos de son commentaire sur Lord Lannister. Dommage quand même que ce n’était pas une blague, son père est vraiment un con, mais on repassera, il y a eu un effort d’humanité là-dedans! Et deux fois plutôt qu’une, Snow souriant à nouveau en entendant le mot quéquette. On aura tout vu! Les Targaryen ont le sens de l’humour mesdames et messieurs! Il semblait d’ailleurs approuver le plan du mouton noir pour les Summers Islands, peut-être même commençait-il à regretter de ne pas y avoir pensé avant et ne pouvoir revenir sur son serment! Snow lui expliqua alors s’être enroulé faute d’avoir un avenir, puisqu’il est aussi un bâtard, bref la norme.

Mais ce que Hill retenu davantage fut l’aveu de ne pas savoir qui était son père, ce qui tira un sourire au jeune homme de l’ouest qui n’avait pas encore accepté l’idée que son vis-à-vis n’ait pas de sang de dragon : la vérité c’était qu’il l’ignorait. Il s’apprêtait à le lui souligner lorsque Sullivan mentionna que peu lui importait sa tête, il resterait un Snow, surtout que d’où il venait, le surnom «Targaryen» n’était pas un compliment. Bon, Phoebe referma la bouche pour avaler sa boutade, songeant pour la première fois qu’il n’avait pas envie de le faire chier. Après tout, entre bâtards, ils se comprenaient, bien que le fringant westermen n’ait jamais été choqué des insultes à son égard.

Alors comme ça, il n’avait pas le sens des priorités? Phoebe s’affala dans sa chaise en ignorant la serveuse, qui savait ce qu’il voulait de toute façon. Évidemment, il devait s’y attendre, il allait se taper le discours sur le devoir de l’homme de défendre sa terre, l’honneur d’être utile au peuple, faire quelque chose de sa vie… Ce discours-là, il l’endentait quotidiennement, quoi que pas pour les mêmes raisons, pas pour défendre la Garde de Nuit, et de la bouche de son père pour lui faire comprendre qu’il ne pourrait passer sa vie aux plaisirs. Le devoir… le putain de devoir. Et s’il n’avait aucune envie de prendre part à quoi que ce soit d’autre que prendre son pied? Pourquoi tout le monde pensait nécessairement qu’en tant qu’homme, il aurait envie de s’accomplir et devenir quelqu’un? De toute façon, dans l’ordre de ses intérêts pour «être quelqu’un», un Frère juré ça traînait de la patte en fin de peloton.

Phoebe ne répondit à aucune des questions de Sullivan, reprenant plutôt son sourire condescendant, bien décidé à ne pas se laisser impressionner par la passion du bâtard du nord pour la Garde. Son regard semblait dire : «Allez, essaie de me comprendre, essaie de lire au travers moi, et tu ne seras même pas encore à moitié proche de la vérité. Vas-y, essaie de me convaincre, tu ne trouveras pas les mots pour, il faudrait pour cela que tu me connaisses.» Évidemment que la population locale le détestait, il fichait la honte à tout le Royaume, mais ça lui plaisait, renvoyant aux regards assassins des clins d’œil taquins et des sourires langoureux. Qu’ils crèvent tous, il n’avait pas besoin d’eux ni de personne.

-Rien, répondit Phoebe dans un haussement d’épaules décontracté. Rien ne m’attache, et rien ne m’attachera nulle part. En fait, je ne serai plus ici avant longtemps, mon père a l’intention de se charger lui-même de me descendre si je n’accepte pas de me marier, ce qui n’arrivera pas alors… Ce n’est qu’une question de jour avant que je sois obligé de lever les voiles pour sauver ma peau. Mais j’ai des ressources, je vais me débrouiller.

En vérité, il avait beau fanfaronner, il n’avait aucune idée de ce qu’il ferait une fois hors de Casterly Rock. Certes, il pourrait facilement prendre une petite bourse pour se faire vivre quelque temps avant de disparaître comme un voleur… Mais pour aller où? Jusqu’où devait-il voguer pour échapper au courroux Lannister? Car on sait bien que les Lions d’Or paient toujours leurs dettes… Seront-ils assez contents d’être débarrassé de sa vu qu’ils ne le chasseront même pas en Westeros, ou devra-t-il vraiment se cacher dans les Summer Islands, ou plus loin encore, pour ne pas être abattu comme un chien par des assassins? Malgré ses réelles inquiétudes, il ne laissa rien paraître, affichant son détachement habituel, et même un peu d’arrogance avec son sourire de celui qui semble déjà avoir fermé le débat. En tout les cas, Sullivan ne semblait pas l’avoir compris, puisqu’il continua d’essayer de venter la fratrie qui se créait dans la Garde. Phoebe esquissa un large sourire à la dernière phrase de son vis-à-vis.

-Ça c’est parce que tu ignores encore ce que cela signifie «être moi-même»… marmonna-t-il en décrochant difficilement son regard du bleu intense de celui de Snow pour dévisager les idiots qui essayait d’écouter leur conversation. Pour ce que j’en sais, les gens comme moi ne sont acceptés nulle part, et je ne parle pas de mon rang de bâtard, lâcha-t-il avec une touche d’amusement en voyant une dame s’empourprer parce qu’elle savait exactement à quoi il faisait allusion et considérait ses propos francs contre nature.

La serveuse se faisait de plus en plus provocante pour charmer les corbeaux (évidemment, laissant totalement indifférent Phoebe qui préférait s’amuser à observer les réactions de Sully). Même si les deux corbeaux essayaient de se montrer indifférents aux charmes de la demoiselle, il était évident qu’elle avait touché juste.

-Pas toujours facile le mur, hein? Ça ne manque pas juste de chaleur, mais de chaleur humaine, se moqua-t-il en ramenant l’attention des gardes vers lui, mais Snow dissipa rapidement le malaise en précisant qu’ils s’habituaient, et qu’il y avait des alternatives, ce qui fit franchement rire Phoebe.

Vraiment? Comme main gauche à la place de main droite? Quoique, à voir comment il le dévisageait, Phoebe commençait de plus en plus à douter que Sullivan soit seulement intéressé à lui pour la possibilité de le recruter, surtout qu’il avait assez clairement marqué son manque de volonté à se geler dans le North. Hey, est-ce qu’il y avait vraiment de ça au Mur? C’était plutôt surprenant, mais enfin, il n’y était pas pour vérifier!

-Oui je vaux mieux que toutes ces merdes, Snow, mais je doute que le Mur soit ce qu’il me faut, lança-t-il, provoquant, en dévisageant les trois balourds qui lui lançaient des regards haineux depuis tout à l’heure, lesquels firent un mouvement pour se lever (probablement pour le tabasser) mais furent arrêtés par leurs compagnons. Bâtard ou pas, on n’emmerde pas un Lannister. Les Lannister paient toujours leurs dettes.

Sullivan mentionna à nouveau qu’il avait vécu la même situation que lui, comme s’il espérait le convaincre par l’exemple, et soulignant qu’il n’avait pas vu d’autres choix pour améliorer sa situation que rejoindre la Garde, là où au moins il se sentait utile. Et libre surtout. Certes, c’était ce que cherchait Phoebe, mais il n’était pas prêt à acheter sa liberté au prix de son appareil masculin, qui allait sûrement geler et mourir dans le froid mordant du North. Ses bourses s’engourdiraient tranquillement et finiraient par tomber, il pouvait le visualiser, tel un cauchemar! Non, il n’était tout simplement pas fait pour l’hiver. Il se souvenait encore du dernier hiver qui avait frappé le continent, il avait cru qu’il ne survivrait jamais, et pourtant il n’était pas si loin au nord lui! Comment les gens pouvaient-ils survivre là-bas alors qu’on se gelait déjà l’été? Phoebe s’était mis à manger pour ne pas avoir à répondre, préférant ne pas continuer de les bercer d’illusions à son sujet. Il ne cherchait pas la gloire, juste la sainte paix.

Snow en profita d’ailleurs pour se plaindre qu’il faisait chaud et commença à s’exhiber en enlever son épaisse cape. Oh, mais allez, continue, tu es bien lancé là, enlève le reste! Non? Dommage, c’était la première fois que Phoebe le trouvait vraiment intéressant, quelle déception! Marcus essaya toutefois de relancer la discussion, au grand damne de Hill, qui aurait plutôt voulu encourager son vis-à-vis à se déshabiller davantage.

-Non, je n’ai pas de questions concernant la Garde, parce que ça ne m’intéresse pas. Oui, je dois me débarrasser de mon père, et au plus vite, il commence à se faire pressant et peut-être que ma vie est en jeu. Mais vous semblez me connaître, vous, savoir ce qui fâche autant mon père. Hors, vous êtes donc au courant que je ne serai jamais heureux au mur, considérant ma situation. Disons que j’ai besoin d’horizons plus larges que ce que me permettra la poignée d’hommes qui gardent le mur. Je ne suis pas prêt à sacrifier ma libido et mes désirs pour une vie d’aventures, pas plus qu’avec une femme. Les deux me laissent de glace, sans vouloir faire de mauvais jeux de mots.

Il parlait à demi-mot, surveillant les réactions de Sullivan, pour voir s’il allait comprendre de quoi il était question. Phoebe n’avait pas l’habitude de cacher ses préférences, et voilà pourquoi il était détesté : il les affichait généralement clairement. Mais là, il testait le corbeau, pour voir s’il était aussi vif d’esprit que séduisant. Oh, et si son étrange intuition de tout à l’heure ne l’avait pas trompée (ce dont il doutait malheureusement) il verrait sûrement dans les yeux bleus éclatants de Snow un intérêt partagé. Certes, il avait parlé du manque de femme avec un certain ennui, mais ça ne voulait strictement rien dire, les gens pouvaient bien se plaire avec les deux genres, non?

-Il n’y aura donc ni épouse forcée, ni mur, les deux pour les mêmes raisons : je tiens à la survie de mes bourses et à en faire ce que j’ai envie. J’ai plus de chances de tomber sur des partenaires qui partagent mes intérêts en voguant vers des pays plus libres, j’admire la Garde de Nuit, mais je suis persuadé qu’elle n’approuve pas des déviances comme les miennes dans ses murs. Oh, mais je vous en prie, corrigez-moi si j’ai tort!

Et Phoebe se remit à manger, attendant d’entendre Marcus protester. Ce qui n’arriva pas, évidemment. Les hommes de la Garde étaient désespérés, mais pas à ce point, hein? Et le premier qui oserait s’essayer au jeu du «bah un trou c’t’un trou» se ferait certainement massacrer par ses collègues. Bref, sa situation ne pouvait pas être plus rose qu’ici, avec le poids des Lannister qui pesait sur sa tête. C'est ce moment que choisis la table des lourdeaux pour se lever et évacuer les lieux, non s'en passer juste à côté du trio. L'un de ceux qui lançait tout à l'heure des regards assassins en direction du Bâtard Lannister cracha à ses pieds en lançant un «Tapette» bien sentis. Bah, voilà ce qui l'attendait au Mur.


Sullivan Snow

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Patrouilleur / Bâtard Targaryen / Zoman
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Jeu 1 Juin - 15:00
Un morceau de bœuf mijoté fut porté à sa bouche et Snow ne put s’empêcher de se délecter de ce pur délice. Franchement, ça faisait longtemps qu’il n’avait pas avalé un truc aussi appétissant. Il tendit ensuite sa main nue sur sa chopine de bière et porta le liquide alcoolisé à ses lèvres, jetant un nouveau regard en direction de Hill qui ne se fit pas prier pour déclarer ouvertement sa position face à l’optique de joindre la Garde de la nuit. Bon… ça avait le mérite d’être clair et c’était peu dire. Le jeune homme à la chevelure immaculé poussa un soupir un peu résigné, mais ne pipa mot, constatant, non sans une pointe de lassitude, qu’il perdait son temps. Le jeune lion noir prolongea la conversation, portant toute son attention sur Marcus afin de lui comprendre à quel point il serait une mauvaise idée pour lui de joindre les rangs des Frères jurés. D’ailleurs, la mine du recruteur sembla s’assombrir, ce dernier comprenant rapidement ce à quoi le jeune Hill semblait faire allusion. C’était donc avec une expression intriguée que Snow observa son comparse, espérant ainsi que ce dernier expliquerait davantage ce en quoi cette situation était si problématique. Après tout, ce devait être un sacré problème pour que Phoebe préfère la perfidie de son père à la liberté que pouvait lui apporter la protection du Mur.

Sacrifier sa libido? Bon… si baiser était effectivement moins fréquent qu’avant, le terme « sacrifier » était un peu fort quand même. N’avait-il pas compris ses propres allusions, un peu plus tôt? Il y avait un bordel au Gift… Accessible par tout un chacun en cas de réel besoin. « … pour une vie d’aventures, pas plus qu’avec une femme… ». Voulait-il dire que…? Oh… les deux le laissaient de glace… Okay, il commençait à saisir. Il était donc exactement ce type d’hommes à préférer… une présence virile à la douce chaleur féminine. D’instinct, Snow tourna ses prunelles irisées en direction du jeune homme, soutenant son regard pendant un petit moment. Pourquoi son cœur s’accélérait tout à coup? C’était… étrange. Enfin, Phoebe était un homme particulier, il devait le concevoir, mais Sulli ne se serait jamais douté qu’il ait… de telles préférences. Un peu déstabilisé par son propre cœur en débandade et par l’assurance sans faille de Hill, le guerrier immaculé baissa son regard sur sa propre gamelle, toussotant afin de reprendre contenance. Faisant fi de la réaction malaisée de Sulli, Hill continua dans sa lancée, prétendant qu’il n’irait jamais au Mur (ni ne prendrait épouse) pour la simple survie de son désir personnel. Et puis… il n’avait pas forcément tort : au vu des rustres qui peuplaient les rangs du Mur, ses tendances déviantes seraient assurément rudement rabrouées. « On ne veut pas de ces choses-là dans la Garde de la nuit! » se ferait-il assurément dire.

Ainsi, lorsque Phoebe demanda à se faire corriger, les deux corbeaux gardèrent le silence, réalisant à ce moment précis qu’aucun propos ne pourrait convaincre le jeune bâtard de marcher sur ses principes pour s’enrôler. Du coin de l’œil, Snow remarqua un sourire en coin qui trônait sur les traits volontaires du Westerman : il était satisfait de les rabrouer de la sorte, c’était aussi évident que le nez au milieu du visage. Pourquoi agissait-il toujours de façon aussi provocatrice? Était-ce une façon pour lui de se protéger des mauvaises langues? Se foutre de l’opinion des autres était assurément la meilleure façon de ne pas sombrer dans la dépression. Le Northman agrippa sa chopine et la termina en une rasade avant d’ouvrir la bouche pour rajouter quelque chose. Toutefois, il n’eut aucunement le temps d’émettre le moindre son que les trois balourds de la table d’à côté se levèrent afin de quitter l’établissement. L’un d’eux projeta un immonde cracha directement sur le bout de la botte de Phoebe et laissa échapper un « Tapette. » tout à fait assumé. Le genre d’insultes prononcées suffisamment haut pour faire rire les convives autour, ce que ceux-ci s’empressèrent de faire. L’hilarité générale avait assurément quelque chose d’humiliant, non?

Allez savoir pourquoi, cette simple insulte piqua le Frère juré au vif. Peut-être était-ce parce qu’il éprouvait une certaine sympathie pour Phoebe (malgré son attitude de couillon) ou parce qu’il détestait ce genre de manque de respect, mais il ne pouvait pas rester là sans rien faire. Ces gens étaient des enculés, rien de plus.

- Visiblement, vivre dans la contrée la plus riche des sept couronnes n’engendre pas nécessairement la civilité, lâcha-t-il tout haut en touillant son bœuf bourguignon avec sa cuillère. Et vous savez ce qu’on dit : il faut une tapette pour en reconnaître une autre. Et à voir votre air bien assumé, vous en savez long en la matière, pas vrai? Qui aurait cru ça de vous…

Marcus se figea. Certes, il n’avait absolument pas peur de prendre les armes au besoin, mais ils n’étaient assurément pas venus pour ça. Déjà qu’ils devaient combattre pour leur survie au Mur, visiblement, il ne s’attendait pas à devoir en découdre dans un pays un peu plus éloigné du North. Pour sa part, Sulli se contenta de jeter un regard en coin à Hill qui, visiblement, ne s’était pas attendu à ça. Oh, il était peut-être « hautain », mais il n’allait certainement pas rester les bras croisés pour autant. Le silence régna tout autour et Snow prit une autre bouchée de son repas pendant que le trio revenait vers eux, un air menaçant sur le visage.

- Qu’as-tu dit, corbeau? Répéta l’homme bedonnant à la gueule de tueur et au crâne chauve.

- Dois-je réellement me répéter? En plus d’être obèse, êtes-vous complètement sourd?

Une main s’abattit sur son avant-bras et d’instinct, le jeune membre de la Garde de la nuit tourna son regard vers Marcus qui avait un regard chargé de sous-entendus.

- Snow… Fais gaffe, nous ne sommes pas là pour ça…

Comment pouvaient-ils espérer convaincre ne serait-ce qu’une personne de leurs valeurs s’ils n’étaient pas foutus de protéger la population contre elle-même au moment où des sottises du genre se déroulaient sous leurs propres yeux? C’était une question de principes, rien de plus. Et puis, il était hors de question qu’il accepte que Phoebe se fasse traiter comme une merde sans rien faire. Pourquoi au fait? Outre le fait qu’il comprenait que trop bien le mépris d’autrui… et bien… il ne savait pas trop. Il en avait envie, tout simplement. Le balèze s’approcha de lui, visiblement décidé à déplumer ce jeune corbeau sans cervelle.

- Tu as beau être un corbeau, ça ne te protègera pas des représailles, morpion. Retourne dans ton trou perdu pour te rendre utile, comme toutes les autres racailles de ton espèce. Ce serait dommage de dégommer ta gueule de dragon en pleine taverne… Quoi que foutrement amusant pour nous.

Il venait de faire un pas de plus en sa direction et le deuxième balourd (un type aux cheveux frisés roux rattachés en chignon et dont le visage rond était ponctué d’une barbe hirsute) bouscula volontairement Hill au point de passer près de le faire tomber en bas de son siège. Évidemment, il feignit un accident s’excusant de façon exagérée auprès de sa victime, comme s’il devait assurément lui vouer un respect qui n’était foutrement pas ressenti. Bon… Ça suffisait! Snow se redressa, histoire de toiser son interlocuteur de toute sa hauteur, puis esquissa un bref sourire en coin.

- Vous croyez sincèrement que vous faites le poids? Enfin… figurativement, oui, mais outre votre corpulence… J’en doute…

Après tout, il gagnait sa croûte en affrontant les sauvageons, les marcheurs blancs et les géants… qu’est-ce qu’un gros type comme lui pouvait bien faire contre lui? Vif comme l’éclair, le corbeau agrippa sa gamelle à moitié pleine et encore fumante, puis la lança directement au visage du rouquin qui en reçut le contenu directement sur sa peau laiteuse et balafrée par la vie. Le balourd hurla de souffrance, essuyant son faciès du revers de sa manche afin de retirer un maximum du repas douloureusement brûlant, étant momentanément aveuglé par cet assaut soudain. Bon après, Hill avait reçu quelques dommages collatéraux en voyant son blouson souillé par quelques morceaux de patates bouillies, mais Snow espérait qu’il ne lui en voudrait pas trop. Sans plus attendre et profitant de la diversion, le Northmen dégaina rapidement sa lame et la plaqua sur la gorge du chauve, figeant son mouvement sur place afin que cela serve d’avertissement.

- Demandez pardon, se contenta-t-il de dire, ponctuant son visage d’un air sévère. À qui? À Hill, qui d’autres. Et tout de suite. À moins que vous préfériez qu’on vous inculque quelques notions de respect? C’est le genre de choses qu’on apprend dans mon trou perdu, vous savez…

- NON NON NON! Pas de ça dans mon établissement! Beugla le propriétaire qui accourait après avoir été averti par la serveuse. Si vous avez des choses à régler, ce sera à l’extérieur! Dehors, j’ai dit!! Dehors!!! Je ne veux plus voir vos sales tronches!! Le fait que vous soyez un corbeau ne vous met pas au-dessus des règles!!

Marcus toisa Sullivan du regard, étant visiblement mécontent de constater qu’ils venaient de se mettre à dos le propriétaire de l’endroit où ils comptaient dormir. D’une voix basse, il somma à Snow de sortir, déclarant qu’il allait rester derrière dans le but de sauver un peu la situation. Si au moins il pouvait convaincre ce dernier qu’ils n’étaient pas responsables de ce potentiel début d’échauffourée… Et puis, il était franchement un peu trop claqué par la route pour chercher des auberges vitam eternam. Heureusement, Marcus était un fin parleur et un bon négociateur. Si quelqu’un pouvait régler la situation, c’était clairement lui. Et puis, il ne doutait absolument pas que Snow puisse se défendre par lui-même… Un sourire fin naquit brièvement sur les lèvres du jeune Northmen et ce dernier rengaina son épée avant de passer devant Phoebe qui, malgré tout, affichait toujours cet air suffisant. Il se dirigea donc vers la porte qui menait à l’extérieur, marchant entre les tables qui étaient devenues drôlement silencieuses, les balourds directement sur les talons.

Sullivan poussa la porte, posa sa botte sur le pavé de la rue et, avant qu’il n’ait le temps de faire le moindre mouvement, l’homme chauve agrippa sa chevelure immaculée et tira férocement cette dernière vers l’arrière, forçant la foule de citoyens à s’écarter de surprise. Snow poussa un grognement de frustration, grimaça et porta d’instinct ses mains sur la poigne solide qui le retenait.

- Tu te croyais bien malin à l’intérieur, hein corbeau? C’est marrant de voir à quel point une situation peut changer drastiquement…

Le troisième balourd à la chevelure grisonnante contourna son compagnon et vint fracasser son poing directement dans l’abdomen de Snow, lui coupant momentanément le souffle. Le rouquin voulut se joindre à la partie, levant la main droite dans le but de le frapper en pleine poire, quand une ombre blanche survint. Dans un cri strident, Pandore fondit sur ce dernier, fichant ses serres d’obsidiennes dans la chevelure frisée du colosse roux pour attirer l’attention vers elle avant de prendre son envol. Ce dernier poussa un cri de surprise, ce qui déstabilisa tout le monde un instant, ce qui permit d’offrir une ouverture au jeune Frère juré. Sans attendre, Sulli se donna un élan et balança son pied directement dans la gorge du mec aux cheveux gris qui avait osé le frapper. Ce dernier émit un toussotement rauque en portant sa main à son cou et tituba hors de portée.

Maintenant, il lui suffisait d’agripper sa dague pour la planter dans le flanc du chauve qui le tenait toujours par la chevelure. Bon sang, sa poigne était féroce!!

Phoebe Hill

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Recrue / Bâtard Lannister
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Dim 4 Juin - 16:36
D’intrigué, Sullivan devint bientôt bouché de surprise, a détailler Phoebe d’un regard qui rendit vite le bâtard Lannister mal à l’aise, ce qui était plutôt rare. Parce qu’il avait l’habitude des regards haineux ou dégoûtés, ce qui n’était pas l’expression actuelle du corbeau… en fait, il était très difficile de deviner à quoi il pensait à cet instant, jusqu’à ce qu’il reporte son attention sur sa nourriture pour masquer qu’il était troublé par ses révélations. Troublé, mais pas choqué. Peut-être qu’il avait tord, à propos de la Garde de Nuit, peut-être que les frères jurés étaient plus ouverts d’esprit qu’il le pensait? Après tout ils étaient presque tous des criminels, les autres étaient soit des bâtards ou des petits nobles de bas étage ou de seconde lignée. La majorité n’avait donc pas vraiment de leçon à lui donner sur la pureté de son âme! Malgré tout, personne ne le corrigea lorsqu’il demanda ce que les corbeaux penseraient de ses déviances, si bien que le jeune noble abandonna le faible et stupide espoir qu’il avait eut pour reprendre son air blasé et moqueur. Non, il avait plus de chances dans des Royaumes moins à cheval sur les mœurs, plus loin de la religion qui salissait tout individu hors normes. Au–delà de la Narrow Sea il aurait toutes ces chances de vivre convenablement.

Si Phoebe ignora l’ignoble commentaire du colosse, habitué d’en entendre des biens plus colorés, et garda son air hautain et indifférent même lorsqu’on lui cracha sur sa botte, Sullivan n’entendit pas à rire devant l’insulte. Mais qu’est-ce que ça pouvait bien lui faire, à la fin? Il était un bâtard lui aussi, il savait ce que ça faisait, peu importe son orientation, c’était chose courante lorsqu’on est né dans le vice. Et pourtant, Snow lâcha une longue pique aux idiots, qu’il aurait pourtant été plus sage de laisser partir sans faire d’histoires… Oh, Hil n’était pas un lâche et se débrouillait au combat, mais il connaissait ses limites : il était présentement armé d’un seul couteau, et se ferait écraser face à un seul de ces adversaires là, alors qu’il était certain qu’ils joueraient déloyaux et se battraient à trois contre lui. Pas la peine de courir après la mort non plus! Mais il semble bien que les corbeaux ont moins l’instinct de survis, car après avoir souligné le manque de civilités du cracheur, il le traita lui aussi de tapette, ce qui fendit un sourire jusqu’aux oreilles au bâtard de l’Ouest. Marcus ne semblait pas particulièrement d’accord avec cette initiative de son jeune frère d’arme, mais il était trop tard pour reculer, car l’altercation virait déjà en accrochage envenimé de propos haineux et menaçant, puis vira en bataille désorganisée.

Mu par un réflexe qu’il ne se connaissait pas vraiment, Phoebe s’empressa de sortir sa courte arme et se lever pour ne pas être en position de faiblesse par rapport aux lourdauds que Sullivan avait insulté, mais il se prit quand même quelques patates sur son beau blouson. Il n’était pas trop certain si ça le fâchait ou l’amusait, les essuya rapidement d’un geste de la main tout en faisant quelques pas derrière pour avoir une meilleure vue sur l’état de la situation. L’un des couillons, chauve celui-là, avait une lame menaçant sa gorge, si bien que les deux autres s’étaient immobilisés en respect.

-Franchement Snow… soupira Phoebe, qui commençait à trouver que ça allait trop loin. Tu en mets beaucoup, je suis capable de me passer d’excuses, tu devrais savoir ce que c’est, non? Ça ne change plus rien à ma vie à ce point-ci… marmonna-t-il en se faisant interrompre par le propriétaire qui les chassait tous de son établissement.

Marcus exigea bientôt que Sullivan s’en aille et le laisser régler les affaires avec le tenancier de l’auberge, ce que le jeune corbeau s’empressa de faire. Phoebe, responsable de l’agitation et le nom de sa maison (bien qu’il se fichait de nuire à la réputation des Lannister, ce n’était pas le temps de se faire saigner par son père alors qu’il n’était pas encore près pour lever les voiles) resta également, non sans un regard vers le blondinet qui rapidement pour sortir, si tôt suivit par les trois westermens. Mauvaise idée.

-Désolé pour le dérangement! s’empressa de lâcher le mouton noir en lançant une poignée de piécettes, environ le double de la valeur de leur repas (qui était déjà payé, faillait-il le préciser) et essaya de s’enfuir à la suite des quatre autres.

La chose n’était toutefois pas aisée, apparemment on faisait exprès pour se lever de table sur son passage, lui bloquant le chemin, l’obligeant à tourner en courant autour des tables, et plein d’autres petites attitudes médiocres pour le ralentir. Visiblement, les convives espéraient bien que les balourds arrivent à écraser le jeune corbeau blond qu’ils considéraient, eux aussi probablement, comme un Targaryen. Jurant haut et fort, Phoebe poussa le dernier qui lui bloquait le chemin pour sortir en trombes de l’édifice et assister au spectacle de Sullivan et Pandore qui mettaient hors d’état de nuit les deux chevelus alors que le chauve le tenait toujours pas sa chevelure immaculé. Le souffle coupé de stupeur, il fallu à Hill trois courtes secondes pour se ressaisir alors que le corbeau se débattait, visiblement pour agripper son arme.

N’ayant pas de temps à perdre parce que le grisonnant reprenait lentement le contrôle de sa respiration et que le rouquin commençait à se libérer du rapace, Phoebe enfonça son pied entre les jambes du chauve qui lui tournait le dos, et sentit avec un plaisir non dissimuler les bourses de l’individu «rentrer par en dedans», lui faisant lâcher un épouvantable cri de douleur dont la virilité était fort discutable. Incapable de se départir de son sourire moqueur, Hill tendit la main à Snow pour l’aider à prendre pied, puisqu’il avait visiblement le souffle court et sa respiration semblait difficile.

-Je savais qu’ils allaient s’y mettre à trois, je te l’aurais dis de t’en méfier si tu n’étais pas parti aussi vite! Parfois Snow, il faut apprendre à en prendre et en laisser, se moqua-t-il, sa façon très maladroite de remercier les gens.

Au même moment, Marcus avait aussi évacué l’auberge pour venir au secours de son frère d’arme, et n’avait pas eu le temps de convaincre l’aubergiste des circonstances de la bagarre, si bien que la porte se claqua et se verrouilla derrière lui. Parce que les trois connards n’étaient pas morts (malheureusement), Phoebe s’empressa de pousser Sullivan en direction de la foule, faisant signe l’autre corbeau qu’il ne valait mieux pas s’attarder.

-De toute façon, même si l’aubergiste avait voulu vous garder, ça n’aurait pas été sage, ces trois là reviendront à la charge dès qu’ils… reviendront à leurs esprits. Vaut mieux qu’ils nous trouvent pas à ce moment-là, mais heureusement je connais une autre auberge où y a pas trop de bestioles dans les lits. Ce n’est pas bien loin, mais si tu peux presser un peu le pas Sullivan ce sera bien, le ciel se couvre.

Non seulement le soleil était presque entièrement disparu, mais les nuages accentuaient la pénombre de la soirée, lourd d’humidité et gris foncés, ils n’allaient pas tarder à éclater et déverser des torrents sur les citoyens qui traînaient toujours dehors. D’ailleurs, quelques gouttes perlaient déjà bruyamment sur la veste de cuir de Phoebe, alors que celui-ci jetait un dernier coup d’œil derrière l’auberge pour s’assurer que les balourds le perdraient de vue. Rassuré, il ne pris pas la peine de faire de détours et se rendit directement à la prochaine auberge. Bien que plutôt près, ils arrivèrent tout de même tous les trois trempés. Hill s’empressa de payer trois chambres, et alla directement s’asseoir par terre sur le bord du feu qui ronflait dans l’âtre, sans un mot aux deux corbeaux. La salle était presque vide, ils ne risquaient donc pas de créer d’autres remous. Le bâtard tendit ses mains vers le feu pour les réchauffer, constata avec surprise que l’une d’elle tenait toujours son couteau serré, par précaution, et il le rangea finalement à sa ceinture, sous sa veste, bien lavée par l’eau de la pluie.

Se sentant observé malgré tout, Phoebe se retourna pour voir que les deux hommes en noir étaient toujours au milieu de la salle, avec l’air de se demander quoi faire. Bon, il était leur mère maintenant? Il avait accepté de les aider, certes, mais il n’allait pas jouer les babysitters! Leur lançant un regard trop irrité à cause des événements de l’auberge, plus affecté par les insultes qu’il acceptait de le montrer, Hill soupira bruyamment.

-Y a pas à craindre que je fiche le camp hein, je vous ai dis que je vous aiderai demain à vous faire entendre devant mon père. Vous pouvez monter, je fais juste me réchauffer un peu et je ferai pareil.

Reportant son attention sur les flammes qui dansaient devant lui, Phoebe se rendit vite compte qu’il avait plus froid à l’intérieur qu’à l’extérieur… L’altercation avec les lourdauds lui avait honnêtement fichu la frousse, était c’était seulement en regardant ses mains légèrement tremblantes qu’il s’en rendait enfin compte. Trop fier pour se laisser gagner par la peur, il avait gardé son air supérieur tout au long, de toute façon il savait se battre, mais il se sentait tout d’un coup incapable de garder son masque. Non, ce n’était pas la pluie froide qui le recouvrait qui le faisait frissonner ainsi. Après quelques chuchotements derrière lui, Hill entendit enfin des bruits de pas monter les escaliers vers les chambres, et il soupira bruyamment en se détendant devant le feu. Ce calme ne dura toutefois pas longtemps, sa nuque le démangeait, il se sentait observé, et il tourna tout en se grattant avec malaise, pour constater que seul Marcus était monté.

-Merci pour tout à l’heure, Sullivan. C’est cela que tu voulais entendre? Va dormir maintenant, votre journée ne sera pas plus facile demain.

*Va dormir maintenant, j’ai besoin d’être seul* aurait été plus honnête. Mais beaucoup trop faiblard pour l’avouer. Pour masquer l’absence de son air hautain qui ne le quittait jamais normalement, Phoebe se retourna à nouveau vers les flammes.


Sullivan Snow

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Patrouilleur / Bâtard Targaryen / Zoman
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Lun 5 Juin - 11:59
La tête penchée vers l’arrière, la mâchoire serrée et tendant la main vers sa botte, le membre de la Night’s Watch espéra pouvoir se défaire de cette poigne acerbe contre sa chevelure blonde, presque blanche. Pas que sa tignasse immaculée était une fierté en soi (pour ne pas dire qu’il s’en foutait royalement), mais la pression effectuée contre son cuir chevelu était franchement douloureuse. Sans compter qu’ainsi positionné, sa gorge était exposée un peu trop ouvertement à son goût. Alors que le bout de ses doigts frôla le manche de la lame de poing, un cri strident résonna jusque dans ses oreilles, ultime plainte de douleur en provenance du chauve qui le retenait toujours captif. Sous l’impact non identifié, le balourd relâcha enfin sa poigne, permettant à Sulli de mettre un genou en terre, massant son pauvre crâne d’une main furtive et tentant de retrouver son souffle perdu. Derrière le gaillard bedonnant (et plié en deux vers l’avant, visiblement aux prises avec une douleur génitale non négligeable) se tenait un Hill à l’expression à la fois moqueuse et chargée de fierté.

Avant que les colosses ne puissent retrouver pleinement leur faible esprit, le bâtard des Lannister agrippa l’avant-bras de l’albinos et l’aida à se relever prestement. Dès qu’il fut debout, Snow leva les yeux en l’air afin de témoigner de son exaspération devant l’attitude évidente de « je l’avais prédit » de Hill qui ne se fit pas prier pour le gratifier de quelques remontrances. Évidemment, au lieu de simplement dire merci, ce dernier préférait nettement se moquer de lui! Bon… Mieux valait ne pas relever, de toute façon, il n’en avait pas réellement le temps. Marcus sortit de l’auberge en trombe, prêt à assister son jeune frère d’armes, puis s’arrêta, réalisant que ce n’était plus réellement nécessaire. Toutefois, mieux valait foutre le camp avant de recevoir de nouvelles remontrances inutiles! De toute façon, revenir à l’intérieur leur était impossible, à voir la porte fermée ET verrouillée qui trônait derrière l’aîné des deux corbeaux…

Sans prononcer le moindre mot supplémentaire, Phoebe poussa Sullivan à s’aventurer au milieu de la foule, faisant signe à Marcus de se joindre à eux sans tarder. Pour sa part, Snow porta une main à ses lèvres et émit un sifflement strident, rappelant ainsi sa chouette harfang des neiges qui, pour sa part, reprit de la hauteur pour aller se percher sur le pignon de l’établissement voisin. Le Northmen jeta un dernier regard en direction de sa compagne ailée, mais fut rapidement ramené à l’ordre par la voix du jeune lion noir, ce dernier prétextant que de rester dans cette foutue auberge n’était pas réellement une bonne idée, vu les risques de récidives de la part du trio d’imbéciles.

- Ne vous méprenez pas, ils ne me font absolument pas peur, j’ai vu pire…

Mais visiblement, sa réplique se perdit dans les méandres de la foule, puisque Phoebe se contenta simplement de lui sommer de presser le pas, vu l’orage imminent qui menaçait d’éclater au-dessus de leur tête. Obéissant malgré tout aux recommandations du bâtard des Lannister, le sang mêlé des Starks augmenta la cadence, agrippant au passage sa lourde cape noire que lui lança Marcus (ayant visiblement songé à la récupérer avant de sortir). D’instinct, Snow releva le nez vers le ciel et nota – en effet – la masse de nuages chargés d’humidité et lourds d’orage qui menaçaient d’éclater d’un moment à l’autre. Il ne manquait plus que ça pour rendre cette journée encore un peu plus merdique. Évidemment, c’est à ce moment précis que quelques gouttelettes décidèrent de faire leur apparition, perlant sur le blouson de Phoebe et humectant lentement la chevelure nacrée de Sulli.

Le trio pressa le pas, zigzaguant à travers la foule qui s’empressait de trouver refuge contre la pluie, qui elle, gagnait toujours en intensité. Au bout d’un moment, les trois protagonistes poussèrent enfin la porte de l’Auberge de l’Ouest, s’engouffrant sans préambule dans la chaleur ambiante des lieux plutôt déserts. Hill s’empressa de payer les frais des trois chambres qu’il désirait réserver (pourquoi faisait-il tout ça, au fait?), puis s’éloigna – sans un mot – en direction de l’âtre du foyer. À l’instar d’un gamin qui préférait s’installer au sol, le jeune lion noir tendit les mains dans le but évident de se réchauffer. Les deux corbeaux se consultèrent du regard, puis Marcus agrippa la manche de son cadet afin de le tirer vers l’escalier. Une résistance se fit sentir, signe que Snow n’avait pas encore l’intention d’aller se coucher.

- Tu ne trouves pas que tu en as assez fait, Snow? Marmonna l’aîné, un air réprobateur au visage. T’attirer des ennuis n’était absolument pas nécessaire. Crois-moi, ce bâtard possède toute une réputation et cette dernière est fondée…

- Je sais… Répondit-il à voix basse. Mais tu voulais le recruter, pas vrai? Quelque chose me dit que ce serait le bon moment d’essayer de l’atteindre réellement… Et puis, tu sais que je ne peux pas garder les yeux fermés sur ce genre d’injustice, alors… Je suis un bâtard moi-même, ne l’oublie pas. Je sais, en quelque sorte, ce qu’il vit…

Bon… Ils avaient un peu l’air de comploter tous les deux… Ou alors de se demander quelle était la suite logique des choses. Le fait est que Phoebe se sentit obligé de préciser qu’il n’avait pas l’intention de leur fausser compagnie. Il leur avait dit qu’il leur prêterait main-forte face aux négociations avec son père et semblait ne posséder qu’une seule parole. Il leur donna alors congé et c’est non sans un regard indécis que Marcus commença à s’éloigner, sous l’air encourageant de Sulli. « Vas-y, je vais gérer… » Se contenta-t-il de répliquer en un chuchotement à la volée. Se détournant de son compagnon, le zomane tourna les yeux en direction de Hill qui, visiblement, était aux prises avec des tremblements au niveau de ses mains toujours tendues vers le feu. Certes, cet infime moment de faiblesse aurait pu être attribué à un frisson frigorifié, mais vu la proximité du jeune homme avec les flammes (et l’air ambiant qui, somme toute, était plutôt chaud), il était peu probable que cette option soit réellement la bonne. Était-il affecté, malgré tout, par toute cette véhémence à son égard? Enfin… qui ne le serait pas? Ce n’était pas humain, vivre dans un milieu comme celui-là en sachant pertinemment que tout le monde était contre lui. Poussant un soupir, Snow observa Hill, les bras croisés sur la poitrine, et se demandant clairement de quelle façon il allait aborder le sujet.

Le principal intéressé jeta un bref regard par-dessus son épaule et détailla, ne serait-ce qu’un instant, le jeune corbeau avant de prendre lui-même la parole. Il le remercia plus explicitement pour son intervention, puis lui somma presque d’aller se coucher, prétextant que la suite de son séjour n’allait assurément pas être de tout repos. Le Northmen hocha lentement de la tête, un air songeur sur ses traits réguliers pendant que son interlocuteur se retournait prestement pour faire face aux flammes. C’était bien ce qu’il pensait : son humeur était maintenant maussade. Toute cette attitude à la con n’était probablement rien d’autre qu’une façade (quoique… il ne doutait pas réellement que Phoebe PUISSE être un enfoiré à ses heures…), illusion qui s’effritait lentement sous ses yeux, à l’heure actuelle.

Snow se détourna et jeta sa cape détrempée sur l’une des chaises vides. Toutefois, au lieu de grimper l’escalier comme recommandé par le lion noir, il s’approcha du comptoir et sortit quelques piécettes qu’il déposa sur la surface de bois polie. Il commanda prestement deux verres de whisky, songeant que la situation actuelle demandait un truc plus fort qu’une simple bière. Dès qu’il eut ses consommations en main, il se détourna, puis revint près de Phoebe qui n’avait pas quitté son poste devant l’âtre du foyer.

- Tiens, prends ça. Fit-il doucement, tendant l’un des deux verres en direction de Hill. Ça te réchauffera. Quelque chose me dit que tu en as grandement besoin.

Visiblement, il avait décidé de laisser tomber la barrière typiquement (trop) respectueuse des inconnus en optant finalement pour le tutoiement en direction de Hill. Sulli lui servit un regard insistant, puis ce dernier accepta enfin la consommation qui lui était tendue. Non sans un soupir, le bâtard des Starks décida de s’installer à même le sol, aux côtés de son guide improvisé, appuyant son bras droit sur son genou replié. Il porta le verre à ses lèvres, avalant une gorgée et ramena son attention sur les flammes qui dansaient devant lui.

- J’aurais pu leur faire regretter leurs paroles, se contenta-t-il de dire, doucement. Personne ne devrait subir ce genre de manque de respect. Jamais. Mais merci d’être intervenu en ma faveur.

Un petit silence trôna, l’espace de quelques instants. Snow jeta un regard en coin à son comparse, remarquant bien, en un sens, que sa présence l’importunait. Bon. Il n’allait pas rester longtemps, mais préférait au moins lui parler un peu avant de le laisser cogiter dans les méandres de son esprit noirci par les mauvais traitements verbaux.

- T’inquiète, je vais pas tenter de te convertir à nouveau, répliqua-t-il en ramenant ses prunelles glaciales sur le liquide ambré qu’il fit tournoyer dans son verre. Tu sais… Peut-être as-tu trouvé ma réaction un peu extrême tout à l’heure, je le consens. Mais je comprends ta situation plus que tu ne le crois, à quelques différences près. Ma mère, à son époque, était la plus jeune fille de la fratrie Stark. Elle a été disgraciée par sa famille alors qu’elle n’avait que 17 ans, pour cause de cuisse légère alors qu’elle était loin de la surveillance de ses frères et sœurs. Au vu du caractère austère de sa famille, il est inutile de mentionner qu’elle avait été perçue comme une catin, pendant un bon moment. Puis ils ont appris qu’elle était engrossée. Ils lui ont donné un choix : soit elle m’abandonnait dès ma naissance pour faire disparaître toute trace de disgrâce, soit elle me gardait avec elle et se voyait bannie des siens. Elle prétend que sa décision a été rapidement prise, mais je sais qu’elle aimait éperdument sa famille. Elle a donc prit le titre des bâtards, soit Snow, et s’en est allée vivre dans la misère, comme la vulgaire pècheresse qu’elle était. Le jeune homme releva son verre et prit une gorge avant de continuer son récit. Dès ma naissance, j’ai été détesté. Pas par ma mère, mais par la populace de Winter Town. Tu l’as dit toi-même : j’ai l’air d’un Targaryen. Même si ma mère a toujours nié ne serait-ce que l’ombre d’une liaison avec eux, ça n’empêche pas les gens de parler. Puis, alors que je revenais de bosser à l’écurie – je devais avoir quoi… 15 ans, tout au plus – j’ai vu ma mère assise à table avec une femme. L’une de ses sœurs, de ce que j’ai compris. Dès que j’ai mis les pieds dans la maison, l’ambiance est devenue glaciale. Ma tante m’a servi le même regard que ce que les convives de l’autre auberge t’ont servi. Chargé de mépris et de dégoût. Comme si j’étais une nuisance, un parasite qui empoisonnait la vie de ma mère. Dès qu’elle a remarqué cette expression, ma mère a foutu sa sœur à la porte, lui sommant de ne jamais revenir. Elle a fait comme si rien n’était, puis s’en est allée dans sa chambre. Je me rappellerai toujours sa silhouette assise sur son lit, secouée de sanglots de désespoir alors qu’elle venait de foutre en l’air son unique chance de renouer avec les siens. Il se passa une main dans les cheveux, éclaircissant ses idées au passage et chassant cette image dure de sa génitrice de son esprit. Je n’ai peut-être pas commis les mêmes actes que toi, mais au final, le résultat revient au même. On nous fait sentir coupable d’être venu au monde alors qu’au fond, qu’est-ce qu’on peut y faire? À qui la faute, sérieusement? Malgré tout, j’ai toujours cru que j’étais responsable du malheur de ma mère, de par ma simple différence. Elle m’en a voulu lorsque je me suis enrôlé. Et pourtant, c’était de loin la meilleure façon de lui faire honneur. Alors je ne crois pas avoir été trop loin avec ces trois imbéciles qui t’ont cherché des noises. Ils doivent apprendre le foutu respect, autrement, ils n’arrêteront jamais…

Puis, il gloussa malgré lui, esquissant un sourire en coin tout en ramenant son attention sur Phoebe qui, malgré tout, était bien silencieux.

- Mais lui latter les couilles, c’est une autre bonne façon de s’y prendre. Plus drastique, si tu veux mon avis, mais il s’en rappellera assurément.

Ah tiens, était-ce une ombre de sourire qu’il venait de voir poindre sur son visage. Visiblement, le heurter – aussi bas le coup fut-il – était, somme toute, gratifiant pour le jeune Hill. Levant son avant-bras gauche, le jeune Snow poussa amicalement son compagnon, pour tenter de le sortir un peu de son mutisme, se demandant par le même fait s’il ne préférait pas son guide en couillon arrogant plutôt qu’en dépressif. Le corbeau porta son verre à ses lèvres et le termina en une rasade, bientôt imité par son comparse du moment.

- Un autre? Après, je te promets que je te laisse tranquille. Notant le hochement de tête du bâtard des Lannister (peut-être à contrecœur, justement dans l’espoir de se débarrasser de lui), Snow héla la serveuse pour lui demander deux autres whiskys. Cette dernière obtempéra, récupérant par le fait même les verres vides. Alors, comme ça, tu prévoyais t’exiler vers le sud? C’est un bon plan. La chaleur tropicale doit assurément avoir son lot de bénéfices, outre le soleil plombant et la mer turquoise. Mais je crois t’avoir entendu dire que ton père était une réelle menace, dans l’immédiat. Tu comptais préparer ton voyage rapidement? À l’intonation de ta voix, j’ai cru comprendre que ta situation était pressante. Enfin… ne te méprends pas sur mes intentions, je tente seulement de faire la conversation. Ça fait foutrement changement des sempiternelles mêmes discussions que certains types entretiennent au Mur.

Phoebe avait l’air incertain. Pouvait-il réellement lui en vouloir? Après tout, les gens devaient généralement être chiants avec lui, alors forcément, il devait devenir méfiant avec le temps. Au bout de quelques instants, Snow comprit un peu le message. Il avala son whisky en un trait, puis se releva. Il agrippa sa cape qui trônait toujours sur le dossier de chaise et déposa son verre sur la table la plus près.

- C’est bon, je te laisse tranquille. Bonne soirée. Fit-il sans l’ombre d’une pointe de susceptibilité dans la voix. Il était compréhensif, voilà tout.

Il se détourna et marcha vers l’escalier quand il entendit la voix de Hill prononcer son nom. Le corbeau se figea, notant mentalement à quel point son cœur s’était emballé. Il… était heureux que Phoebe l’arrête? Mais qu’est-ce qui lui prenait, bon sang?!

Phoebe Hill

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Recrue / Bâtard Lannister
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Mer 7 Juin - 13:04
Phoebe cru pendant un instant que Sullivan lui fichait enfin la paix, il avait besoin de solitude pour respire un peu avant d’aller se coucher. Sûrement que le corbeau était juste frustré de ne pas s’être fait remercier d’avoir sauvé son honneur (pour ce qu’il en restait!) et que maintenant que c’était fait, bien qu’avec fort peu de bonne volonté, il le laisserait tranquille. Toutefois, il semblait bien que Hill se fût trompé, puisque Snow revint quelques secondes plus tard avec deux verres de whisky, lui assurant que ça le réchaufferait. Le bâtard Lannister pris le verre, non sans un sourcil levé d’incompréhension et grommela un «Merci» fort peu convaincu devant l’insistance de son vis-à-vis. Même si une petite partie de son esprit, profondément cachée dans son âme, essayait de le convaincre que Sullivan voulait le saouler pour pouvoir lui sauter dessus, le mouton noir se devait de rester réaliste. Il y avait peu de chances que ça arrive, le wannabe albinos n’avait pas l’air d’un gars comme ça. Un fantasme qui n’avait aucune chance de se produire et que Phoebe s’empressa de rejeter en plongeant les lèvres dans l’alcool. Il fallait quand même avouer que c’était plutôt difficile, considérant la nouvelle proximité et familiarité du blondinet.

-Ça ne me dérange plus depuis le temps, le manque de respect… soupira Phoebe en haussant les épaules, se voulant désinvolte comme à son habitude, seul moyen de défense contre l’adversité.

Oui, ces connards le méritaient, mais le mouton noir avait depuis longtemps compris que cela ne servait à rien de chercher vengeance, il ne faisait pas le poids, et n’aurait pas le support de sa famille pour se faire. Si son problème n’avait été que son titre de bâtard, peut-être que son père serait intervenu en sa faveur… S’il n’avait pas été déviant et défiant envers l’autorité du Lion d’Or. Il avait ruiné ses chances que les Lannister le protègent dès le début de son adolescence, et s’acharnait chaque jour à empirer sa situation plutôt qu’à chercher à l’améliorer, décidant qu’on ne ferait pas changer Phoebe Hill pour tout l’or du monde…

Un court silence s’était installé, pendant lequel Hill tentait d’ignorer son compagnon, résistant à l’envie de le regarder et se concentrant sur le feu dans l’âtre et celui que le whisky laissait dans son corps. Sullivan vint toutefois bientôt remplir à nouveau le silence assurant qu’il ne voulait pas essayer de le convertir, ce qui tira un léger sourire à Phoebe malgré ses efforts pour s’en foutre. Il lui expliqua bientôt pourquoi il avait eu une réaction aussi extrême en lui racontant son histoire, ou plutôt celle de la jeune sœur des Stark qui avait renié sa famille pour pouvoir garder son fils dont elle avait toujours refusé de dévoiler le père. Marrant comme les femmes qui commettent le pécher sont châtiées alors que les hommes… comme son père… reste à leur poste comme si de rien était. Nul n’oserait s’en prendre à leur autorité, non? Outre Aaeron, Phoebe doutait que quiconque n’ait jamais reproché au Lord de Casterly Rock sa reproduction hors de la couche de son épouse.

Pourquoi est-ce qu’il lui racontait tout cela au juste? Certes, être le bâtard d’une noble était plus difficile à vivre que celui d’un noble, mais qu’est-ce qui donnait envie à Sullivan de raconter à Phoebe les détails de l’histoire de sa mère? Des histoires comme la sienne, il y en avait des tas dans Westeros, certaines bien pires, mais cela relevait quand même du domaine du privé. Demain, Hill initierait les deux corbeaux à son père, puis il ne les reverrait plus jamais. Peut-être que c’était ça, au fond? L’idée de ne plus jamais le revoir lui donnait l’impression qu’il pouvait se vider le cœur, sans peur d’être jugé par Phoebe puisqu’il n’était guère mieux, et sans avoir à craindre qu’il s’en souvienne. Le mouton noir soupira lorsqu’il comprit que c’était «la meilleure façon de lui faire honneur» de s’enrôler dans la Garde de Nuit. Il n’avait pas la moindre envie de faire honneur à son père, lui, il préférait de loin salir le plus possible le nom Lannister pendant qu’il en avait la chance, avant de prendre la poudre d’escampette et disparaître pour toujours.

Phoebe manqua de s’étouffer avec sa gorgée de whisky lorsqu’il rit malgré lui de la vulgarité soudaine de Sullivan… pas que ça le choquait (il était capable de bien pire), mais le corbeau lui avait donné une impression d’être plutôt coincé depuis qu’il l’avait rencontré. Il doutait que de buter les bourses de ces couillons risquait de leur apprendre le respect, mais cela l’avait au moins défoulé! Snow aussi avait ri, une chose assez rare qu’il prenait donc le temps d’apprécier lorsqu’il l’entendait. D’ailleurs, le corbeau essaya d’attirer son attention en le bousculant un peu, alors que le mouton noir s’était efforcé de ne pas le regarder, il s’obligea à tourner la tête vers le patrouilleur. Ça aurait été moins difficile si ce satané Targaryen… n’avait pas une belle gueule. Comment est-ce qu’il pouvait essayer de se convaincre lui-même qu’il lui tapait sur les nerfs et voulait le voir disparaître alors que ses entrailles se réchauffèrent en croisant son regard pourtant glacial… et ce n’était pas à cause de l’alcool. Les deux jeunes hommes vidèrent leur verre, et Sullivan en proposa un autre ce que Hill accepta d’un hochement sec de la tête, se mordant la langue pour s’empêcher de lui dire qu’il pouvait bien rester avec lui toute la nuit s’il le voulait.

Snow fit alors mine de s’intéresser aux plans de Phoebe, puisqu’il n’avait clairement pas l’impression que son discours sur le garde de nuit et «l’honneur» semblait l’avoir affecté. Hill aurait bien voulu lui répondre, mais il semblait que plutôt que de lui délier la langue, le whisky l’avait rendu avare de mots. Peut-être qu’il ne voulait pas vraiment lui raconter tout cela, les difficultés avec son frère et son père. Peut-être qu’il décidait égoïstement de ne pas lui rendre les confidences que Sullivan lui avait faites, puisque de toute façon il ne les lui avait pas demandées… Mais non, la vérité c’était qu’il n’aimait pas passer pour la victime de sa triste vie, il était trop arrogant pour cela. Pourtant, le corbeau insistait, comme s’il avait vraiment envie de le connaître. *Vraiment Sullivan? Je t’en prie, ne commence pas ce jeu-là… Ne me donne pas envie de t’apprécier en sachant très bien que ce ne sera pas réciproque et que je ne te verrai plus jamais,* songea-t-il amèrement en serrant les dents, ses yeux ayant retrouvé le réconfort du feu pour ne pas se briser sur le regard bleu glacé de Snow, lequel ne lui rendrait certainement pas ce qu’il aurait aimé voir.

Visiblement, Phoebe avait pris trop de temps pour réfléchir, puisque Sullivan vida son verre rapidement et l’informa qu’il le laissait tranquille, avant de se diriger vers les escaliers. Hill soupira en l’entendant partir, détestant l’impression de vide que ça lui laissait, détestant sentir que le feu ne le réchauffait plus autant depuis qu’il était le seul assis devant. C’était franchement pathétique, il n’avait pas le droit de ressentir cela pour quelqu’un aucun de ses amants ne lui avait laissé cette impression et Snow ne l’était pas et ne le serait probablement jamais. Il allait disparaître demain et ils ne se reverraient plus jamais par la suite, alors interdiction de se créer un sentiment de dépendance alors que…

-Sullivan… lâcha-t-il sans le vouloir.

*Imbécile!* se sermonna-t-il mentalement en serrant les dents. *Pourquoi t’as fait ça, hein? Arrête de te torturer inutilement et va te coucher toi aussi. Qu’est-ce que tu vas lui dire maintenant? Qu’est-ce que tu as d’assez intelligent à lui dire pour justifier de l’avoir interrompu?* Phoebe regarda derrière lui avec inquiétude, espérant à moitié que le corbeau c’était décidé à partir finalement, puisqu’il n’avait rien ajouté depuis de nombreuses secondes, mais ce n’était pas le cas.

- Ramène tes belles fesses de corbeau à côté de moi, marmonna-t-il en reprenant son air arrogant pour se donner un peu de contenance, souriant de toutes ses dents en voyant que Snow n’était plus trop certain de vouloir lui tenir compagnie. T’inquiètes, ce n’est pas parce que j’aime les hommes que je leur cours après, je ne vais pas te manger, tu sais? Du moins pas si ce n’est pas toi qui me le demandes se moqua-t-il à moitié sincère.

Phoebe attendit que le blondinet revienne devant le feu avant de continuer, parce que s’il voulait réussir à ne pas perdre le contrôle de sa volonté, il devait rester un sal couillon, et que s’il poursuivait sa boutade comme elle lui était venue, Snow partirait instantanément. Une fois assis à ses côtés, ça allait être plus difficile. Ce qui était étrange, c’est que Hill avait autant envie de le voir disparaître, pour son propre équilibre mental, que de le voir rester. Il lui semblait moins hautain, moins frigide, moins détestable à la lueur du feu.

-Quoique… commença-t-il avec un sourire en coin dès que Sullivan ce fut rassis, tournant machinalement le restant de whisky dans son verre. Je t’avoue que je ne me souviens plus exactement si c’est après deux ou trois verres de ce truc que je perds le contrôle, la dernière fois que j’en ai pris mes amis ont décidé de ne plus me laisser boire d’alcool fort et m’ont mis au vin et à la bière.

Puis il haussa les épaules, l’air de s’en foutre, et calla son second verre. Son regard, lorsqu’il croisa celui (un peu inquiet franchement) de Snow, semblait dire «On verra bien, non?». Il essaya ensuite de ramener la conversation là où Sullivan l’avait laissée, parce que s’aventurer plus loin dans sa connerie risquait d’être dangereux pour lui.

- Mon père a toléré mes «écarts de conduite», comme il se plaît à les appeler, aussi longtemps qu’il a cru qu’il pourrait me changer, que c’était juste une phase et que j’allais finir par m’enticher d’une de mes potentielles prétendantes et que le problème serait réglé. Mais ce qu’il ne sait pas, c’est que j’ai déjà essayé, il n’y a aucune chance que ça arrive, ça ne m’intéresse tout simplement pas. Alors, maintenant qu’il a compris qu’il n’obtiendra rien de moi, il m’a laissé entendre que pour vivre, j’avais le choix entre le mariage ou le Mur. Dans les deux cas, je finirai ma vie dans un lit froid, seul, et bien que je ne sois pas dépendant affectif, j’aurais du mal à considérer ma vie sans quelqu’un pour la partager. Alors je vais décamper, parce que malgré tout, j’aime trop la vie pour laisser mon père me l’enlever.

Le bâtard Lannister tendit la main vers la serveuse pour lui rendre son verre vide lorsqu’elle passa près d’eux, et se faisant, elle en mit un autre plein dans sa main. Ah, oups, ce n’était pas vraiment le signe qu’il voulait lui faire… Mais il ne se sentait pas la force (ou plutôt l’envie) de protester, et de toute façon il détestait le gaspillage. Alors, avec un haussement d’épaules négligé, il trempa ses lèvres dans le liquide ambré si délicieux.

-Il m’a eu, m’a gardé et m’a élevé par mesure de précaution, son épouse n’a eu qu’un fils légitime et il voulait assurer sa descendance avec un autre, s’il devait arriver quelque chose à mon exécrable aîné. Mais malgré leurs efforts à tous les deux, je ne serai jamais comme Aaron, et ses projets d’une grande et forte famille… il peut se les mettre bien profondément dans le derrière. À sec, précisa-t-il en riant. La gloire Lannister! … au plus creux de son anus seigneurial! scanda-t-il en levant son verre dans une parodie de toast, avant de vider son troisième verre d’un trait. Oups, déjà trois? Je n’ai pas de plan, Sullivan. Je vais juste foutre le camp là où j’aurai des chances, aussi infimes soient-elles, d’avoir la paix.

Inconfortable de sentir le regard inquisiteur de Snow dans son cou, Phoebe se refusa à le regarder, déposa son verre par terre et s’allongea directement sur le sol. Ses fesses commençaient à trouver le plancher de pierre un peu trop dur pour y rester, mais son jeune dos toujours en santé ne se plaignit pas. En s’étendant, ses bottes atteignaient presque les flammes, réchauffant ses pieds qu’il avait négligé de sécher de la pluie contrairement au reste de son corps. Les bras croisés sous sa tête, Hill fixait obstinément le plafond, mais la silhouette de Sullivan se dessinait encore dans son angle mort.

-De la sainte paix… Et peut-être de l’amour aussi? Hum… non, ce serait trop demander à la vie. De la tendresse, à la limite, ça j’aurais des chances.


Sullivan Snow

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Patrouilleur / Bâtard Targaryen / Zoman
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Jeu 8 Juin - 11:41
Pourquoi son cœur battait la chamade, tout à coup? C’était quoi son problème, sérieusement?! C’était… peut-être simplement l’excitation à l’idée de pouvoir PEUT-ÊTRE recruter Phoebe? C’était assurément ça. Après tout, ils ne se connaissaient pas tous les deux, ça ne pouvait pas être plus que ça. C’était totalement absurde. La main nue sur la rampe de bois massif de l’escalier, figé sur place l’espace d’un bref instant, le corbeau tourna finalement la tête, croisant le regard de Hill où trônait – lui semblait-il – un soupçon de… de quoi? D’inquiétude? D’incertitude? Il ne saurait le dire, mais c’était assurément différent du regard suffisant qu’il lui servait régulièrement depuis tout à l’heure. Les deux hommes s’observèrent un moment, jusqu’à ce que Hill lui somme de ramener ses belles fesses près de lui. Que… quoi?! Cette arrogance typique au bâtard refit instantanément surface alors que ce dernier lui souriait à pleines dents, réalisant le malaise qu’il venait de créer en toute connaissance de cause. Hum… Devait-il mettre les choses au clair immédiatement? Ou ce dernier lui parlait de la sorte justement pour le déstabiliser? Rapidement, Hill enchaîna, déclarant que son attirance pour les hommes n’allait pas le pousser à le manger automatiquement. Sulli se rapprocha, visiblement plus détendu… jusqu’au prochain commentaire émis par le lion noir. Bon sang, il avait ce don de le mettre dans tous ses états! Pourquoi d’ailleurs? Ne devait-il pas s’en foutre royalement? Meh… Il prenait toujours tout trop à cœur, c’était assurément ça.

Poussant un soupir, le membre de la Night’s Watch s’installa à nouveau au sol, aux côtés de son interlocuteur, pendant que ce dernier faisait tournoyer son whisky dans sa main. Une lueur malicieuse brillait au fond des prunelles verdoyantes du jeune Hill et ce dernier laissa échapper un commentaire qui contribua au malaise général de Snow qui lui jeta un regard en coin ponctué d’un brin d’inquiétude. Peut-être… devait-il arrêter de boire dans ce cas? Évidemment, le lion noir s’en foutait complètement, haussant les épaules avant de terminer son verre en une rasade. L’œillade qu’il adressa au bâtard des Starks démontrait une note de défi, déclarant ouvertement un bref « on verra? » quant à la véracité de ses propos.

- T’es toujours comme ça? Laissa échapper le corbeau, malgré lui. Toujours prêt à créer des malaises, à vouloir tester les gens de par tes propos? Tu peux arrêter, s’il te plaît?

Visiblement, le bâtard des Lannister ignora ses paroles, préférant enchaîner sur des propos destinés à répondre à sa question préalable. Se détendant à nouveau, Sulli écouta patiemment le récit de son comparse alors que ce dernier relatait une partie de sa vie et faisait mention des conflits importants qui les divisaient, lui et son géniteur. Hmmm… Il fallait dire que l’attirance vers le même sexe n’était pas tellement bien vue au sein de la société en général, alors aux yeux d’un seigneur, ce devait n’être rien d’autre qu’une abomination. Le mariage ou le Mur… Si ces deux fatalités pouvaient sembler aussi pire l’une que l’autre (pour Phoebe), Sulli devait admettre espérer que le deuxième choix serait celui privilégié, au final. Enfin, outre le fait qu’il avait cette soudaine envie d’en savoir davantage sur ce fameux bâtard des Lannister, le voir arriver en sa compagnie au Mur serait une belle opportunité pour une première mission de recrutement aux côtés de Marcus. Mouais… peut-être qu’il y avait un peu d’égoïsme de sa part dans toute cette histoire, désirant impressionner ses supérieurs en leur ramenant un type possédant du sang royal (bien que mêlé). Déjà, juste ramener des non-criminels était un défi en soi…

Hochant de la tête, Sullivan fit comprendre à son interlocuteur qu’il comprenait bien sa situation. Si lui-même ne possédait pas d’attirance pour les hommes [*TOUSSE*], les choix qui s’étaient étalés devant lui, jadis, étaient similaires. Bien que, dans son cas, les chances d’un mariage étaient très minces, de base; après tout, sa tête – contrairement à celle de Hill – ne valait pas grand-chose auprès d’un potentiel parti! Une fois son récit terminé, le bâtard aux cheveux noirs leva la main pour signaler à la serveuse qu’il avait terminé, mais quelle ne fut pas la surprise générale de constater que cette dernière lui remit un autre whisky. Elle essayait de le saouler ou quoi? Ou alors il était un régulier de la place et se faisait toujours servir de la sorte? Après tout, il avait totalement l’air du type à abuser des bonnes choses de la vie lorsque bon lui semblait. Phoebe effectua un mouvement d’épaules négligé, puis entama sa consommation, visiblement désireux d’engourdir quelques émotions qu’il avait préalablement ressenties.

Préférant s’abstenir de consommer davantage, Sullivan étendit les jambes droites devant lui et vint prendre appui sur ses mains, derrière lui, pendant que son comparse continuait son récit. Hmmm, ainsi son père l’avait engendré avec une autre femme uniquement dans le but d’avoir une « assurance » à sa descendance? Bien que ce genre de pratique devait être assurément monnaie courante au sein de la noblesse de Westeros, Sulli ne pouvait s’empêcher de trouver le tout… inapproprié, voir même égoïste dans la mesure où le père désirait assurément se débarrasser de son fils bâtard, maintenant qu’il réalisait que ce dernier n’était visiblement pas à la hauteur de ses attentes. Merde, le jeune lion noir n’était pas un chien qu’on pouvait abattre impunément après avoir tenté infructueusement de le dresser. Mais bon, pour certains, il n’y avait visiblement aucune différence. Et puis… qui était-il, sérieusement pour juger des individus qui lui étaient sans conteste supérieurs? N’était-il pas un « chien » lui-même? Après tout, il ne savait même pas qui était son père! Seule sa mère s’était réellement souciée de lui au point d’abandonner tout ce qui lui tenait réellement à cœur simplement pour assurer sa survie.

Snow tourna la tête vers le Westerman, puis éclata de rire alors que ce dernier laissa échapper une autre de ces fameuses répliques surprenantes dont lui seul avait le secret. « La gloire Lannister! … au plus creux de son anus seigneurial! » Quel slogan, tout de même! Oh, puisqu’il était techniquement en mission diplomatique de recrutement, il se devait de rester discret sur ce genre de positionnement plutôt radical. Mais il lui était impossible de ne pas rigoler sous la surprise évoquée par cette réplique bien placée! Visiblement, Hill ne se fit pas prier, dans son cas, pour démontrer son hilarité! Il vida son verre en une autre rasade, puis déclara qu’il n’y avait aucun plan pour le futur, devant lui. L’improvisation serait donc sa clé? C’était risqué, à son humble avis. Snow porta son regard glacial sur le jeune dévergondé, ce dernier se faisant un point d’honneur à fixer le feu devant lui. Sous ses airs suffisants, Hill était en fait plutôt ébranlé par tout ce qu’il vivait, Sulli en était certain. Qui ne le serait pas, au fond?

Phoebe déposa son verre vide au sol, puis se laissa basculer sur le dos, les mains derrière la nuque et les bottes drôlement près des flammes. Il fixa le plafond un petit moment avant de déclarer qu’il désirait simplement paix et un peu de tendresse… C’était donc ses seules ambitions? Il devait en avoir manqué cruellement tout au long de sa vie, le cas échéant. Toujours assis au sol, Snow eut un air songeur, réalisant qu’au final, sa situation n’était pas si merdique que ça. Certes, il avait toujours été – à sa façon – le mouton noir de Winter Town, mais il avait toujours pu compter sur sa mère. Il avait eu quelques potes aussi, tout au long de son existence. Qu’aurait-il fait sans eux? Il aurait probablement été rempli de haine, à l’instar de Hill qui semblait en vouloir au monde entier. Un besoin accru d’amour et de tendresse ne témoignait-il pas d’un manque profond déjà vécu?

Un grondement sourd soutira le corbeau du fil de ses pensées. Ce n’est qu’à ce moment qu’il réalisa qu’il n’avait presque rien avalé de la journée. Après tout, son bœuf bourguignon avait lamentablement terminé sa course au visage d’un certain rouquin obèse… Levant la main, il héla la serveuse qui en profita pour ramener un verre de whisky au bâtard des Lannister, puis commanda un plateau de pains et de fromages qu’il pourrait grignoter. Phoebe devait être affamé également, puisqu’il n’avait pas pu toucher réellement son propre repas avant que l’altercation ne survienne auprès des balourds de plus tôt. Du coin de l’œil, Sulli vit son comparse boire machinalement le liquide ambré, d’un œil absent. Il tentait réellement de se saouler, pas vrai? Les deux hommes restèrent en silence moment, bercés entre leurs propres réflexions et le besoin de présence indéniable. Au bout d’un moment – après que Hill ait terminé sa quatrième consommation – la jolie serveuse revint auprès d’eux, déposant au sol le plateau préalablement commandé par le zomane immaculé. Un nouveau verre apparut au creux de la main du lion noir, comme par magie, et Sulli en profita pour pousser un peu le cabaret vers lui.

- Tu devrais manger un peu. Au vu du peu que tu as pu ingurgiter, l’alcool te frappera comme un mur de pierres très bientôt si tu as l’estomac trop vide. Suggéra-t-il en coupant un morceau de fromage qu’il déposa sur un croûton de pain. Enfin, j’imagine que je ne t’apprends rien sur le sujet…

Un bref coup d’œil en sa direction lui indiqua que Hill était au courant de tout ça. Ce dernier pigea machinalement dans le casse-croûte improvisé, mais sans plus. C’était à croire qu’il VOULAIT perdre la tête. Ce qui n’était pas surprenant, vu toute la merde qu’il vivait en permanence. Bon, mieux valait changer de sujet avant que le tout devienne trop maussade. Tendant la main, Sulli agrippa un nouveau morceau de fromage qu’il porta à ses lèvres, puis ramena son attention sur Phoebe qui fixait le plafond en mâchant machinalement un morceau de pain.

- Tu dis pouvoir nous aider à plaider notre cause auprès de ton père. C’est sympa de ta part, vraiment. Mais ça ne sera pas trop pénible pour toi? Si je comprends bien, plus tu évites Lord Lannister, mieux tu te portes… Enfin, après, je doute qu’il soit si récalcitrant à se débarrasser d’une poignée de prisonniers qui croupissent en geôle de toute façon. Enfin, ne te méprends pas : toute aide serait assurément la bienvenue. Seulement, tu n’es pas obligé si ça ne te dit pas réellement. Si je me fie à ce que tu me dis, soyons honnêtes, il risque de te pousser à vouloir t’enrôler parmi nos rangs…

Bon, il fallait croire que les propos du paternel n’avaient que très peu d’impact sur le lionceau au sang mêlé. Du moins, c’est ce qu’il s’affairait à laisser croire. Les deux hommes discutèrent un petit moment de l’approche qu’ils désiraient emprunter pour convaincre Lord Lannister de laisser certains de ses prisonniers rejoindre les rangs de la Night’s Watch et les verres de Hill s’enfilèrent lentement au fil du temps. Le plateau de repas se vida, puis vint le moment plus qu’évident où il était temps pour eux d’aller fermer l’œil un brin. Après tout, il faisait nuit noire à l’extérieur et la salle principale de l’auberge était complètement vide, outre le personnel qui semblait attendre leur départ pour tout ranger. Si le Westerman ne semblait pas ivre au point de ne pas pouvoir mettre un pied devant l’autre et de se pisser dessus, il semblait toutefois assez avancé pour avoir un équilibre plutôt précaire. Visiblement, sa langue était totalement déliée vu les âneries qu’il balançait joyeusement et qui, somme toute, amusaient Snow plus qu’il n’aurait voulu initialement l’admettre.

Le guerrier nordique se releva agilement à la suite de Hill, puis marcha vers l’escalier, remerciant d’un hochement de tête la serveuse qui avait fait un excellent travail en cette soirée tranquille. Le corbeau grimpa quelques marches quand il réalisa que le lion noir mettait un temps à vouloir le suivre. Un air incertain semblait trôner sur son visage pendant qu’il évaluait la pente escarpée composée de cet escalier qui allait les mener au deuxième étage. Bon… peut-être allait devoir intervenir sous peine de voir son guide risquer une chute abrupte dans sa tentative vaine d’escalader ces marches laborieuses. Ainsi, le Northman revint à la hauteur de son comparse et s’arrêta à ses côtés, plantant son regard glacial dans le sien.

- Besoin d’aide, pas vrai? Se contenta-t-il de dire, un sourire en coin au visage. Allez, agrippe-toi et on y va, une marche à la fois.

Il prit le bras droit de Phoebe et l’enroula autour de ses épaules dans le but évident de lui servir de support. Pour sa part, Sullivan glissa son bras gauche autour de la taille du bougre et l’aida à grimper l’escalier, ignorant ses rires évidents influencés par l’alcool fort grandement ingéré. L’ascension fut… un brin compliquée. Mais au bout d’un petit moment, les deux hommes atteignirent l’étage supérieur et Snow s’apprêta à relâcher sa poigne lorsqu’il réalisa que le jeune bâtard était toujours pendu à lui.

- C’est bon, nous y sommes, tu peux me lâcher maintenant, tu ne tomberas pas dans l’escalier, se contenta-t-il de dire, une expression amusée au fond de ses prunelles. Ça va? Tu t’en sors? Tu vas pouvoir te rendre jusqu’à ta chambre sans t’écrouler dans le passage? Autrement, je ne peux pas jurer que je ne me foutrai pas de ta tronche… Non en fait, je peux t’assurer que je vais rire ouvertement.

Phoebe Hill

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Recrue / Bâtard Lannister
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Ven 9 Juin - 20:27
*Non je ne peux pas arrêter. Parce que c’est le seul moyen que j’ai de faire croire que je vais bien.* pensa Phoebe en se retenant de l’énoncer à voix haute grâce à une gorgée de whisky. Une carapace d’air hautain, de blagues de mauvais goût, de rire moqueurs, pour cacher les choses sales à l’intérieur de lui. Sommes toute, Sullivan était quand même revenu à ses côtés, bien que mal à l’aise au début, il s’était à nouveau détendu en écoutant respectueusement l’histoire du bâtard Lannister, évitant de l’interrompre par ses commentaires ou lui faire part de son opinion, exactement comme l’avait fait Hill, et celui-ci lui en était reconnaissant. Il ne savait même pas pourquoi il lui racontait tout ça, surement pas parce que Snow avait fait pareil, juste parce qu’il avait un trop plein à raconter de toute façon? Le corbeau sut même rire au moment opportun, confortant le mouton noir qu’il s’était trompé en le catégorisant trop tôt dans les «pince-sans-rire», il prenait juste son travail très au sérieux, mais était visiblement capable d’accepter l’humour… surtout avec deux verres dans le nez… et quand ça ne concernait pas ses fesses.

Les pieds au chaud, allongé à même le sol qui n’était, sommes toute, pas si inconfortable avec trois verres dans le nez, Phoebe aurait presque pu s’y endormir puisque le silence était tombé dans la salle. D’ailleurs, il se rendit compte qu’il y était presque puisqu’il sursauta un peu en entendant Sullivan appeler la serveuse parce qu’il avait faim. Avec l’alcool qu’il avait ingurgité, le mouton noir avait étouffé le grondement de son estomac, puisqu’il avait à peine eut le temps de prendre quelques bouchées de son repas tristement abandonné à l’autre auberge. La serveuse revint bientôt avec des trucs à grignoter qui lui faisait envier son bœuf bourguignon, si bien que Hill décida qu’il n’avait pas faim et se remit simplement le nez dans son quatrième verre de whisky qu’elle lui avait apporté sans qu’il ait à le demander. S’étant relevé pour se faire, bien que toujours les jambes allongées et les pieds au bord du feu, le bâtard Lannister lui refila toute sa bourse, lui confiant la tâche de se payer elle-même, n’ayant pas envie de compter en ce moment. Son père aurait désapprouvé, et cela lui plaisait.

-Non effectivement, tu ne m’apprends rien… répliqua Phoebe en entamant son cinquième verre alors que Sullivan lui suggérait de manger. Mais il n’y a rien qui est plus dur que mon père, j’en aurai besoin pour demain, crois-moi. D’ailleurs, le meilleur plan était peut-être de ne pas dormir et de boire toute la nuit pour être encore en mode fête en rencontrant le Lord de Casterly Rock, c’était toujours mieux que d’être conscient de sa présence.

Enfin, pour que Snow ne se mette pas à se prendre pour une maman et le sermonne, Phoebe s’efforça d’enfiler quelques morceaux de fromage, qu’il arrosa bien évidement de whisky pour les aider à passer. Il ramassa aussi un petit pain question de se garder la bouche occupée pendant qu’il regardait le plafond. Maintenant qu’il s’était confié, il aurait préféré être seul, puisqu’il s’était imaginé qu’il pouvait lui raconter ces détails en sachant qu’il ne le reverrait jamais, il lui semblait maintenant que le silence s’étirait éternellement. D’ailleurs, Sullivan relança la conversation sur son père, ce qui fit grogner le jeune mouton noir.

-Qu’il essaie pour voir… marmonna le bâtard en repoussant les inquiétudes de Snow d’un geste vague de la main. Ça fait dix-sept ans qu’il essaie de me dompter, c’est pas demain qu’il va y arriver. Plus je le fait chier, mieux je me porte.

Ressentant peut-être l’animosité de Phoebe, Sullivan ne s’étendit pas sur le sujet et préféra parler de la rencontre qui aurait lieu, pendant que le premier buvait et que le second mangeait. La salle avait terminé de se vidé et le mouton noir finit par sentir la fatigue l’envahir, ce qui était visiblement aussi le cas du corbeau puisqu’il s’était levé rapidement pour monter. Hill, lui, restait bien confortablement au sol, s’étant senti tanguer en essayant de se relever il avait décidé de ne pas bouger, continuant d’expliquer, de plus en plus hilare, à quel point il haïssait son père et comment il s’y prenait, depuis des années, pour le faire tourner en bourriques. Il ne s’adressait plus vraiment à Snow, parlant plutôt tout seul, parlant au feu, riant pour lui-même, et probablement que certaines de ses phrases n’avaient plus de sens. Il se tut toutefois en remarquant que son acolyte partait sans lui dire au revoir, et l’observa un instant en pesant le pour et le contre de son projet d’escalader ces interminables escaliers. Malhabile, le jeune homme parvint à se mettre debout de peine et de misère, et se mit à fixer le canapé en songeant qu’il était préférable d’en rester là plutôt que d’entreprendre la montée infernale vers sa chambre. C’est ce moment que Sullivan choisit pour se foutre un peu de sa gueule et lui demander s’il avait besoin d’aide. Un peu orgueilleux, Phoebe allait refuser, mais le garde de nuit le prenait déjà par la taille, et franchement… il n’avait plus la volonté de résister à cet incroyable regard glacé…

-T’sais que j’t’aime b’en toi, hein? T’es un vrai copain, Sulli… marmonna Phoebe de façon plus ou moins compréhensive en peinant pour suivre Snow dans les escaliers.

Hill continua sur sa lancé en gloussant stupidement qu’ils pourraient botter les fesses seigneuriales de son père à deux, lui la gauche et Sullivan la droite, lorsqu’ils atteignirent le pallier. Phoebe ne se détacha par pour autant de sa béquille humaine, même lorsqu’il lui dit qu’il pouvait le lâcher s’il était capable de marcher seul jusqu’à sa chambre sans s’écrouler (auquel cas, il lui assura qu’il se foutrait de sa gueule).

-Nnnooon… On lâche pas ses copains, Sulli, t’es mon copain pour t’jours maint’nant, t’es marrant et en plus tu fais pas chier. T’sais quoi? J’trouvais que t’avais l’air d’un connard quand j’t’ai vu tantôôôt… Mais c’était méchant, t’es super chouette. HAHAHA CHOUETTE! Comme Pandore, rourouuuu! se mit-il à roucouler en reprenant maladroitement pied pour faire face au pauvre Snow. T’es comme mon meilleur copain, Sulli, mais avec des ch’veux blancs, hahaha, je t’adore tu sais, on s’fait la bise? lâcha-t-il en lui prenant le visage à deux mains pour l’embrasser fougueusement.

Outre le fromage et le pain, les lèvres de Sullivan avaient un goût bien particulier à lui, qui rappelait drôlement à Phoebe l’air frais du North, pour la seule fois qu’il y était allé. Le bâtard c’était stupidement imaginé que tout les habitants des contrées froides auraient les lèvres gercées et sèches, mais ce n’était visiblement pas le cas, celles de Snow étaient douces et… C’est fou tout ce qu’on a le temps d’observer en deux secondes, quand même! C’est le temps qu’il fallu au corbeau pour se ressaisir et repousser violement Hill, qui failli en tomber sur le derrière et se rattraper in extremis au mur. Oh… Ce qu’il pouvait être stupide! Mais pourquoi est-ce qu’il avait fait ça? Le blondinet ne lui avait jamais démontré la moindre once qu’il puisse s’intéresser aux hommes. Et en plus il n’était même pas saoul! Quand bien même il aurait vidé tout le whisky de la place, ce n’était pas son genre, de toute façon, de sauter sur les gens comme ça, c’était un dragueur oui, mais il n’était pas cinglé non plus. Phoebe était tellement ébranlé par sa propre débilité qu’il n’était pas trop sur de ce qui se passait, de ce que Sullivan était en train de faire. Était-il parti? Sur le point de le frapper? Lui gueulait-il dessus à plein poumons au risque de réveiller toute l’auberge ou avait-il ne serait-ce que chuchoté une injure à son égard? Cela ne changeait pas grand-chose pour Hill, de toute façon, qui semblait complètement s’être déconnecté de son univers immédiat, se maudissant intérieurement, s’insultant mentalement de toutes les cochonneries qui lui passaient par la tête, se punissant tout seul bien plus efficacement que n’aurait pu le faire le corbeau de toute façon.

-Merde Sullivan… j’suis désolé, grogna-t-il en se frottant vigoureusement les yeux à deux main pour essayer de se ressaisir. J’vraiment con j’m’excu… J’sais pas pourq… J’comprend pas c’qui m’a… Merde.

Le mouton noir trébucha un peu, reculant tranquillement en direction de sa chambre, comme on le fait devant un animal sauvage qu’on ne veut pas exciter de peur qu’il nous saute dessus… Heu, excité dans le sens «en colère» et sauter dessus dans le sens «attaquer», évidemment, dans le cas contraire il n’aurait pas fuit. Mais qu’est-ce qui lui prenait de penser à DE TELS TRUCS? D’accord il était mignon, mais Phoebe choisissait normalement mieux ses amants, des gens avec qui il avait des atomes crochus, des vrais amis, pas des conquêtes d’un soir.

-J’pas… J’pas un gars comme ça Snow j’te jure, grogna-t-il encore en poussant d’un coup d’épaule la porte de sa chambre, incertain si le corbeau était resté assez longtemps pour l’entendre.

Le Westermen s’écrasa sur sa porte pour la refermée, finissant assis à même le sol, le dos contre celle-ci, la tête entre les mains, à s’injurier à voix haute, à se maudire de sa stupidité, à se… Bref, autant dire qu’il ne dormit pas beaucoup. Toutes ces émotions l’avait presque dessaoulé, son esprit était redevenu limpide alors qu’il était occupé à s’insulter et repasser la scène dans sa tête… Re-goûter les lèvres du corbeau, ressentir leur texture sur les siennes, s’insulter encore une autre centaine de fois et essayer de chasser l’image, l’odeur, tout ce qui pouvait lui rappeler qu’il n’était qu’un idiot sans cervelle. Maintenant il allait passé pour un espèce de dépendant affectif particulièrement envahissant et irrespectueux, ce qu’il n’était absolument pas.

Les quelques moments où il ferma l’œil, ce fut pour rêver au baiser, qui s’interrompit brusquement les premières fois, violement même, alors que Sullivan, Marcus et les trois balourds du début de la soirée se mettaient à cinq pour l’amocher. Alors, il se réveilla en sueur, le cœur battant la chamade, et rampa jusqu’à son lit puisqu’il s’était endormi à même le sol, devant la porte. La seconde fois qu’il sombra dans l’inconscience, plusieurs heures plus tard, le baiser se prolongea pour se développer en caresses charnelles, le corps nu (comme se l’imaginait Phoebe dans ses fantasmes dingues) de Snow se languissant contre le sien et… Ouais, là aussi, il s’était réveillé en sueur et le cœur battant la chamade, mais avec d’autres symptômes moins avouables au bas de la ceinture.

Cette fois-là, il n’arriva pas à se rendormir, le soleil était toujours couché, mais il descendit tout de même en bas, où quelques voyageurs se préparaient déjà à partir, et commanda vite à manger, il avait le ventre creux. Étonnement, il ne se sentait pas si malade, à peine un mal de tête qui pointait, sûrement parce qu’il avait dessaoulé en embrassant Sullivan comme le porc imbécile qu’il était. Il demanda à la nouvelle serveuse de monter à ses deux amis de la veilles des repas dans leur chambre, soit disant pour le faire plaisir, mais surtout parce qu’il n’avait pas envie de soutenir une conversation avec aucun des deux… Principalement parce qu’il craignait que Snow raconte l’histoire à Marcus et que son premier rêve se concrétise dans le fond de la ruelle derrière l’auberge. Il avait une mission à accomplir, et il avait hâte de s’en débarrasser, si bien que lorsque les deux Gardes de Nuit descendirent près de deux heures plus tard, il leur grogna sèchement de le suivre, sans jamais regarder le blondinet, plus froid que la glace de leur putain de mur, et refusa de leur adresser un moindre mot tout le long du chemin vers sa résidence, se tenant d’ailleurs assez loin pour que l’envie ne leur prenne pas de lui faire la conversation. Avec un peu de chance, ils penseraient qu’il avait un mal de tête épouvantable.

Les gardes de Casterly Rock laissèrent passé le bâtard Lannister sans un mot, bien qu’avec leur sempiternelles regards dédaigneux. Phoebe alla demander au garde qui était planté devant le bureau de son père s’il pouvait lui parler, justifiant banalement qu’il avait deux invités de la Garde de Nuit venus recruter dans ses tôles. Le Lord les fit attendre longtemps comme de vulgaires paysans, temps que passa Hill à regarder la poussière tomber du plafond, et ils furent accueillis d’abord par un sec «Où étais-tu? Bon, en parlera plus tard…» avant les salutations d’usages envers les corbeaux.

Le mouton noir resta à l’écart pendant les discussions, ne voulant pas se sentir concerné, de toute façon en restant en dehors du bureau de son père, celui-ci n’était pas tenté de lui demander s’il comptait en profiter pour aller se geler les couilles au North en même temps, tant qu’à avoir des copains de voyage. C’était plus sage comme ça, parce que Phoebe était encore très irrité contre lui-même et il aurait déversé son venin sur le Lord Lannister, ce qui n’aurait pas été un choix judicieux pour son avenir. En fait, il aurait même pu simplement déguerpir, ayant accompli ce qu’il voulait faire, mais quelque chose le retenait. Stupidement, il voulait encore s’assurer que Sullivan ne le prenait pas pour un détraqué. Le dirigeant des Westerlands sorti de son bureau sans un regard pour son bâtard, en pleine discussion avec Marcus, et Snow suivait non loin derrière. Hill tendit un instant la main pour l’arrêter, mais se ravisa in extremis.

-Est-ce que je te l’ai dis que j’étais désolé, Sullivan? chuchota-t-il encore lorsqu’il fut certain que personne d’autre n’entendrait. Je ne voulais juste pas que tu repartes au North avec une image dégueulasse de moi, je ne suis pas un gars comme ça, je ne comprends pas ce qui ma pris… Je ne sais même pas non plus pourquoi je te dis ça maintenant, qu’est-ce que tu t’en fiches puisqu’on ne se reverra plus jamais.


Sullivan Snow

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Patrouilleur / Bâtard Targaryen / Zoman
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Mar 13 Juin - 16:32
Hahahaha! Franchement, il était réellement bourré, le pauvre! Peut-être aurait-il dû l’arrêter avant qu’il ne se rende jusqu’à cette étape? En même temps… Hill était un grand garçon et puis, il n’avait pas envie de se taper le rôle du « protecteur des bâtards » non plus. Enfin, il avait suffisamment endossé ce rôle pour la soirée, plutôt. Au pire des cas, il tirerait une tronche abominable demain matin, lorsque les effets de l’alcool se seront dissipés de son corps, laissant derrière une bouche terriblement pâteuse et une migraine pas croyable. Vu l’état d’ébriété important du lion noir des Lannister, il n’était pas si surprenant de le voir s’accrocher au corbeau et de l’entendre déblatérer des propos affectueux typiques aux hommes éméchés. Agrippant le bras de Hill pour lui éviter de s’étaler dans le couloir, Snow lui fit signe de baisser un peu le ton, ne pouvant malgré tout s’empêcher d’esquisser un sourire amusé. Ouais… décidément, il allait avoir toute une gueule, le lendemain matin! Comment il avait déblatéré sur sa chouette, pendant un bref instant! Ça en était presque hilarant! Et voilà que Sulli venait de se faire baptiser du titre de « meilleur ami » d’un pur inconnu simplement parce qu’il avait passé la soirée avec lui! Hahah! Typique! Bien sûr, bien sûr! Il était adoré, il comprenait le message. Toutefois, la suite des événements prit le jeune Northman totalement par surprise! Alors que Phoebe déclarait vouloir lui faire la bise, il glissa ses mains de chaque côté de son visage diaphane et porta ses lèvres sur les siennes dans un baiser étonnement passionné.

Son cœur ne fit qu’un bond dans sa poitrine et se mit à battre à tout rompre. Figé par la surprise, Snow n’eut – dans l’immédiat – aucune réaction, trop stupéfait pour bouger le moindre muscle. Ce qui détonnait plus dans la situation actuelle était la nuée de papillons inappropriés qui lui vrillait l’estomac, l’effrayant et le bouleversant au plus haut point, à la fois. Une seconde. Deux secondes. Il retrouva l’usage de son corps, enfin! Complètement chamboulé par ses propres sensations et par l’absurdité de la situation actuelle, Sulli laissa son corps réagir de la seule façon qu’il crut sensé : il agrippa les bras de Hill et le repoussa violemment contre le mur opposé, ne jugeant pas immédiatement que sa réaction fut un brin excessive vu la faute commise par un ivrogne. Figé sur place et les yeux écarquillés de stupéfaction et d’horreur, Sulli dévisagea le pauvre rejeton involontaire des Lannister adossé contre le mur face à lui, visiblement secoué d’un regain de conscience soudain.

- Tu peux m’expliquer ce que tu fous?! Éclata le corbeau malgré lui. Pas parce que j’ai été sympa avec toi que, forcément, je veux m’adonner aux mêmes déviances que toi! J’aurais dû me douter que tu tenterais un truc! Je suis pas aussi bizarre que toi, moi! Merde!

Les mains sur les hanches et baissant le regard vers le sol, Sulli fit les cent pas devant un Phoebe qui se confondait déjà en excuses, une voix rauque et le regard complètement déconnecté. Lui-même comprenait à peine ce qui venait de se passer et toutes les paroles du monde ne pourraient visiblement pas exprimer tout le regret qu’il ressentait visiblement. Mais dans l’immédiat, Snow s’en foutait royalement. Il était dégoûté! OUI, dégoûté! Et les battements frénétiques de son pauvre cœur ne faisaient que témoigner davantage de son malaise! De son horreur! Vraiment? Tentait-il de s’en convaincre? Merde, il aimait la proximité des NANAS, pas des MECS. Pourquoi se sentait-il si chamboulé, si retourné, si outré? Au pire, un bon coup de poing sur la gueule pour remettre les points sur i et on en parlait plus. Non, tout ça l’affectait jusqu’au plus creux de lui-même. Comme une peur viscérale de découvrir un truc sur lui-même qu’il n’avait jusqu’alors aucunement suspecté. Non, il devait penser à autre chose! Ne plus revoir la tronche de Hill contre son visage, ni ses lèvres sur les siennes. Ça n’avait PAS EU LIEU. La voix étranglée de Phoebe se fit entendre à nouveau, prétextant qu’il n’était pas « un gars comme ça » et ce dernier recula lentement, titubant un brin au passage. Snow resta mutin, se contentant de le toiser de son regard glacial (dans tous les sens du terme cette fois) pendant que son guide Westerman poussait la porte de sa chambre pour finalement disparaître de la vue assassine du Frère Juré.

Au bout de quelques instants, un bruit de frottement se fit entendre suivit d’un son sourd, signe que l’ivrogne s’était probablement laissé glisser le long de sa porte avant de s’asseoir au sol. Sulli était resté figé comme une statue avant de finalement porter une main à son visage où il frotta ses yeux dans un mouvement machinal. Quel merdier!! Il était maintenant à la fois dégoûté, mais aussi terriblement mal. Avait-il réagi trop durement? Sa conscience lui répondait silencieusement par l’affirmative, mais il n’y pouvait rien! Et il était hors de question qu’il relance Hill pour mettre les choses au clair, de peur que ce dernier puisse y voir quelconque signe d’encouragement de sa part. Finalement, le représentant de la Night’s Watch retrouva l’usage de ses muscles et s’éloigna prestement jusque dans chambre, calquant la porte derrière lui. Au lieu de s’étendre sur son lit comme prévu, il se contenta de faire les cent pas, maugréant intérieurement contre le fou des Lannister qui avait osé le mettre dans tous ses états. Merde, mais pour qui se prenait-il?! Il se croyait tout permis? Sa pauvre conscience – recalée au deuxième rang – tenta de le raisonner, déclarant ouvertement qu’il ne s’agissait « que d’un baiser », pas d’un viol tout de même! Pas de quoi en faire tout un plat!

Au bout d’un moment, le guerrier nordique se laissa tomber sur sa couche louée tout habillé, les bras derrière la tête, et fixa le plafond, tentant de calmer son cœur qui était toujours en débandade. Un malaise profond trônait toujours tout au fond de lui-même et il tenta d’en déterminer la cause, en vain. C’est dans cet état d’esprit que Sullivan passa la nuit, vacillant entre le sommeil et l’insomnie de façon sporadique.

************

Ses paupières papillonnèrent bien malgré lui alors qu’il se réveillait d’un autre court songe. Le soleil commençait à se pointer à l’horizon, signe qu’il allait devoir se lever. Vu l’état des couvertures et de ses fringues, c’était évident qu’il avait eu une nuit agitée. Il allait devoir remédier à ça, autrement, il aurait une drôle de tête pour rencontrer Lord Lannister… le père de… Phoebe. Les événements de la veille lui revinrent brutalement en tête, comme un mur de briques arrivant à vitesse grand V. Non seulement ressentit-il une forme d’angoisse à l’idée de se retrouver à nouveau face à son guide, mais un profond malaise se fit à nouveau ressentir. Il… il y avait été trop fort, assurément. Pourquoi avait-il été secoué par un vif besoin de lui faire ravaler son impertinence alors que la faute commise n’était, somme toute, pas si grave? À peine eut-il le temps de se relever dans son lit qu’on toqua à sa porte, le faisant sursauter bien malgré lui. S’il y eut un bref moment d’hésitation, la voix claironnante d’une dame s’écriant « Service aux chambres! » le tira brusquement de sa désagréable rêverie. Ainsi, Sulli se redressa, puis vint ouvrir à l’employée qui lui tendit un joli plateau-repas, déclarant que le tout venait de « Monsieur Hill »… ce qui contribua à faire grimper son sentiment de culpabilité d’un pas de géant. Le jeune homme immaculé esquissa un bref sourire en coin, prit le plateau et alla s’installer sur son lit pour manger d’un air absent. Était-ce une façon pour le lion noir de se faire pardonner? Livrer le petit déjeuner au lit était d’un cliché incroyable… Mais bon. Ça se prenait bien.

Dès que le repas fut terminé, Sullivan s’approcha d’une bassine d’eau claire située sur un bureau, puis se nettoya le visage avant de jeter un regard dans la glace devant lui. Bon, il n’avait pas trop mauvaise mine, ce n’était pas si mal. Il replaça ses vêtements convenablement, puis glissa sa cape sur ses épaules avant de s’assurer que ses armes étaient bel et bien en place. Dès que son inspection sommaire fut terminée, le corbeau sortit de sa chambre et croisa Marcus dans le couloir. Ce dernier l’interrogea sur le recrutement et automatiquement, l’air malaisé de Snow lui revint au visage. Il se passa une main dans les cheveux et se contenta de répliquer : « C’est peine perdue, crois-moi. » Le duo discuta du déjeuner servi aux chambres, puis descendit à l’étage inférieur où le jeune Hill les attendait déjà. Outre le fait que l’ambiance était glaciale entre eux, un certain malaise pouvait également être perçu. Si Marcus jeta un bref regard interrogateur en direction de Sulli, ce dernier se contenta de chasser la situation du revers de la main, n’ayant absolument pas envie d’étaler le sujet au grand public. Phoebe fit donc son travail de guide à merveille sans outrepasser ce titre qu’il s’était lui-même affublé. Ce fut donc dans un silence de mort dans une ambiance de plomb que le trio se dirigea vers la résidence familiale des Lannister.

À leur approche, les gardes jetèrent des regards dédaigneux à Phoebe, puis les laissèrent entrer sans la moindre interrogation. Sérieusement? Tout le monde le détestait à ce point? Toutefois, contrairement à la veille, cette fois, Snow garda son intervention pour lui, de crainte d’attirer l’attention sur lui. Dès qu’ils furent devant le bureau du paternel, le bâtard demanda au soldat surveillant la porte s’il pouvait discuter avec son géniteur. Il justifia rapidement sa requête grâce à la présence des deux représentants de la Night’s Watch, puis, le trio dut attendre longtemps avant d’avoir une entrevue avec le Lord de l’endroit. Dès que ce dernier fut prêt à les gratifier de son illustre présence, il ouvrit son immense porte de bois massif et accueillit son fils cadet par une réplique bien cinglante. Il se tourna finalement devant ses deux invités et les deux corbeaux le gratifièrent d’un sourire aimable. Les négociations allèrent de bon train, bien que Phoebe jugea plus opportun de rester à l’écart, probablement peu enclin à passer du temps avec son géniteur.

Vers la fin de l’échange, le grand Lion d’Or se releva et sortit de son bureau en discutant avec Marcus pendant que Sullivan suivait derrière. Bon, ils avaient hérité de dix hommes supplémentaires, tous destinés à la potence ou à la mutilation dans les prochains mois pour des crimes divers. Alors qu’il s’apprêtait à sortir à son tour, Snow vit du mouvement sur sa gauche et tourna naturellement la tête vers Hill, croisant son regard au même moment où son cœur fit un énorme bond dans sa poitrine. Ce dernier avait esquissé un mouvement vers lui, mais s’était ravisé à la dernière minute. À voix basse, le sang mêlé lui demanda s’il lui avait déjà dit à quel point il était désolé pour son comportement de la veille. Tel un torrent intense, les souvenirs lui revinrent en tête comme s’ils venaient de se reproduire : leur proximité, ses lèvres sur les siennes… et merde.

- Arrête, l’interrompit soudainement Snow sur le même ton. Jetant un regard tout autour, le guerrier du Nord agrippa le bras de son interlocuteur et l’attira à l’écart, dans un couloir adjacent où ne se trouvait aucun soldat. C’était assurément une allée utilisée par les serviteurs. Ça va, tu étais ivre, arrête de te prendre la tête avec ça… Continua-t-il enfin d’une voix plus claire, relâchant le bras de son comparse pour ramener ses mains dans ses poches. En fait, je te dois aussi des excuses… J’ai réagi trop fortement. Ça m’a complètement déboussolé et puisque tu étais saoul… Bref, il faut croire que j’ai eu peur que tout ça dégénère. Tu méritais pas autant de violence à ton égard… Limite, un simple coup sur la tronche et ça aurait été réglé… Bref. T’en fais pas sérieusement, c’est pas la mer à boire, c’est juste moi qui réagis trop. Y a pas mort d’hommes, pas vrai?

Était-ce de la stupéfaction qu’il lisait sur les traits du lion noir? Visiblement, il ne s’attendait pas à ce genre de réplique de sa part ET il ne devait pas être habitué de se voir servir des excuses de la sorte. Un peu gêné tout de même de par son attitude de la veille, le bâtard des Starks alla s’adosser au mur derrière lui et passa une main embarrassée dans sa chevelure nacrée avant de jeter un regard incertain vers son interlocuteur.

- Je ne veux pas faire partie de la même espèce d’individus qui te font chier pour ta différence, Phoebe. Crois-moi. J’ai réagis sous l’impulsion et je le regrette à présent. Merde, ça m’énerve de voir les gens te traiter comme un clébard alors que je n’ai franchement pas été mieux… Si tu n’es pas du genre à tenter de te taper tous les types que tu croises, et bien moi, je ne suis pas de ceux qui ridiculisent les autres et qui font preuve de fermeture d’esprit. Alors, ça ne t’étonnera pas de m’entendre te dire que…

Sullivan s’interrompit. Des soldats passaient par là, probablement en changement de ronde. Ils étaient quatre et passèrent près d’eux, plus précisément derrière Phoebe. L’un d’eux – dans un langage trop poli pour être réellement courtois – demanda à la volée au bâtard des Lannister s’il comptait s’enrôler au Mur pour batifoler auprès des hommes esseulés alors qu’un autre se contenta de le pousser avec force directement sur Sullivan, le « Targaryen de service ». Par réflexe, Snow attrapa Hill contre lui, puis tourna un regard mauvais vers les soldats, prêt à les affronter pour leur faire regretter leur insolence. Toutefois, la poigne solide de Phoebe sur son bras (toujours contre lui), le ramena rapidement à la réalité. Le zomane, la mâchoire crispée, relâcha le martyr du clan Lannister, puis tourna son regard sérieux vers lui.

- D’accord, je t’avais laissé entendre que j’arrêterais de tenter de te convertir, mais je vais répéter la question une dernière fois : tu es sûr de ne pas vouloir nous raccompagner au Mur? Parce que franchement, je ne vois pas en quoi ça peut être pire qu’ici. Et puis, pour tes préférences, il y a le Gift. Il y a un bordel là-bas. Si je sais qu’il y a des femmes à la disposition des Frères Jurés, je suis prêt à mettre ma main au feu que tu pourras y trouver ton compte également…

Snow scruta les prunelles de Hill, tentant d’y trouver ne serait-ce qu’une parcelle d’approbation de sa part. La réalité fut toute autre : il ne décela que l’incertitude et la réticence, voir même de la lassitude devant son insistance, signe qu’il n’était absolument pas prêt à prendre ce genre de décision. Devant l’expression mutine du lion noir, le bâtard des Stark hocha de la tête, signe qu’il jetait définitivement l’éponge. Le Frère Juré leva donc sa main et la posa sur l’épaule du Westerman, lui jeta un regard navré. Il espérait honnêtement qu’il puisse trouver ce qu’il cherchait, quelque part, au-delà des limites des Westerlands.

- D’accord, je saisis le message, t’inquiète, dit-il finalement, visiblement résigné. Si tu décidais de passer au North pour n’importe quelle raison, n’hésite pas à visiter le Gift. Peut-être pourrons-nous partager d’autres whiskys, si mes rondes me le permettent. Puis, il retira sa main et fit mine de s’éloigner avant de s’arrêter soudainement, pour lui faire face à nouveau. Mais… essaies de ne pas te montrer trop démonstratif à mon égard la prochaine fois, d’accord?

Il esquissa un nouveau sourire en coin, réalisant alors qu’il ressentait une pointe d’amertume alors qu’il prononçait lui-même ces propos qui, au fin fond de son esprit, faisaient un peu ni queue ni tête. C’était à croire que, avec le recul, il avait PRESQUE apprécié ce bref contact entre eux d’eux… RIDICULE. Non, mais! Il n’était pas désespéré à ce point! Tsss! Il devait être en manque de filles pour ne serait-ce qu’effleurer cette idée! Il allait devoir remédier le tout une fois revenu dans sa patrie d’origine. Se détournant à nouveau, il balança un dernier « Au revoir, Phoebe Hill, lion noir des Lannister! » avant de s’engouffrer dans le couloir pour partir à la suite de Marcus qui, visiblement, se dirigeait vers la prison en compagnie du Lord des Westerlands.

Malgré tout, le jeune homme avait comme regret de ne pas avoir pu convaincre son comparse de sang mêlé à accepter sa requête. Après tout, ça aurait été un magnifique ajout à son tableau, pas vrai? Enfin… si seulement ce sentiment découlait uniquement de son envie de briller parmi ses pairs…

Phoebe Hill

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Recrue / Bâtard Lannister
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Mar 13 Juin - 20:12
Attends, comment est-ce que les rôles étaient en train de s’inverser là? C’était lui qui avait à s’excuser à Sullivan, pas l’inverse! Phoebe avait été con, il avait mérité les mots méchants (de toute façon il ne s’en rappelait même plus, il n’y avait qu’à moitié prêté attention, trop sonné par sa propre stupidité) et aurait bien cherché de se faire tabasser bien davantage. À la place du corbeau, le mouton noir n’aurait certainement pas lâché prise, aurait sonné son adversaire, l’aurait foutu à terre et l’aurait roué de coups de pieds! On n’agresse pas les gens comme ça! Mais maintenant, Snow disait qu’il avait réagit excessivement et s’en excusait! Trop hébété, Hill ne savait pas quoi répondre à son interlocuteur. Non, il n’y avait pas eut mort d’homme, mais son honneur et son orgueil avaient été salement amochés! Et pour être bien honnête, il n’avait même pas appris de son erreur : quand le Frère Juré l’avait attiré à l’écart par le bras, une petite partie du mouton noir avait espéré que, tout compte fait, il avait envie de remettre ça, avant de se rabrouer intérieurement et songer qu’il voulait surement plutôt finir ce qu’il avait commencé : lui péter la gueule.

Ben, ni l’un ni l’autre, finalement, et Phoebe resta un moment en silence, jusqu’à ce que Sullivan continue, profitant de son mutisme pour lui expliquer qu’il ne voulait pas faire partie du groupe de salauds qui lui rendait la vie difficile, qu’il savait ce que c’était d’être traité comme un chien et ne le ferait pas avec lui. Hill chassa furieusement la pensé que Snow était très séduisant lorsqu’il s’adossait nonchalament au mur et se passait une main dans les cheveux, essayant de se concentrer sur ce que son vis-à-vis lui disait. Ah ouais, qu’il n’était pas le genre de gars à sauter sur tous les beaux gosses qu’il croise… oups. Le mouton noir avala de travers, essaya de cesser de regarder ses yeux de glace qui le captivaient, lorsque le corbeau fut interrompu dans sa tirade par deux soldats qui s’intéressèrent (avec un sarcasme qui frôlait l’insulte) au départ du bâtard Lannister pour le mur et avant de le pousser contre le Northman.

Le cœur du mouton noir s’emballa au contact du corbeau, lequel l’avait rattrapé afin qu’il ne se casse pas la gueule. La position ressemblait vaguement à une étreinte qui troubla Phoebe plus qu’il n’acceptait que ce soit possible. Il ne connaissait pas Sullivan, il n’avait pas le droit à ce genre d’émotions, il ne le reverrait jamais et n’aurait, de toute façon, aucune chance avec lui. Lorsqu’ils se lâchèrent, Hill avait encore la gorge nouée, incapable de répondre à la dernière invitation de Snow de rejoindre le Mur. Après sa connerie d’hier, il voulait toujours risquer de l’avoir dans les parages? Le bâtard de l’ouest hésita à lui demander pourquoi il y tenait tant, mais il avait trop peur de recevoir une réponse qui le décevrait. De toute façon, il n’avait rien compris, le Frère Juré. Ce n’était pas ça qu’il cherchait et le regard qu’il lui lança en guise de réponse était clair. Il ne voulait pas quelqu’un pour réchauffer son lit à l’occasion, mais régulièrement… voire toujours.

Heureusement, Sullivan sembla comprendre assez vite, et maintenant il devait partir, retrouver Marcus et offrir à la dizaine de criminels qui croupissaient dans les cachots d’échanger leur sentence pour une vie au mur. Ce n’était jamais obligatoire, mais entre la potence et le célibat, le choix était évident. Snow remit une main sur l’épaule de Phoebe en le saluant, lequel s’efforça de sourire, de reprendre son air hautain et moqueur pour ne pas loucher vers ce contact chaud qui éveillait en lui le désir de l’embrasser à nouveau. D’ailleurs, le Northmen l’invita à passer un jour au Gift si l’envie lui prenait de boire un autre coup avec lui, ce qui fit sourire Hill.

-La prochaine fois, je compterai scrupuleusement mes verres pour pas faire le con. lâcha-t-il finalement, d’un ton moqueur, se moquant de lui-même. Merci, si je m’emmerde trop au paradis du Sud, j’y songerai.

Ne pas montrer que ça l’intéresse, ne pas laisser d’attache, ne pas faire de promesses qu’il ne tiendra pas. Parce que le North, c’est pas pour lui, nécessairement. Il aurait quand même bien apprécié un véritable ami. Bien malgré lui, Phoebe ne put s’empêcher de regretter que la poigne de Sullivan le lâche, il aurait pu prolonger ce semblant d’étreinte encore longtemps, et il chassa sauvagement cette pensé de sa tête, se contentant de reprendre son attitude habituelle, son armure contre l’adversité, lorsque Snow lui fit ses aux revoirs.

-Même pas un dernier baiser d’adieu? maugréa-t-il juste assez fort pour que Sullivan l’entende et se fige, l’espace d’une seconde, sans que Phoebe puisse voir s’il riait ou se fâchait puisqu’il lui tournait le dos. Mais non Snow! J’rigole.

Ou pas. Hill s’empressa de tourner les talons, préférant ne pas connaître la réaction de son… son ami?

[RP TERMINÉ]


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