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Forum de RP basé sur l'univers de l'oeuvre de George R.R. Martin A song of ice and fire et de sa série télévisée Game of Thrones.
 

Et malgré ça il m'aime encore , et moi je t'aime un peu plus fort

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Lun 30 Juil - 17:35

Fébrile, il n’y avait pas d’autres mots pour décrire son émotion actuelle, et encore, il lui semblait bien que c’était insuffisant. Elle se sentait comme une jeune vierge le soir de son mariage (et elle était bien placée pour utiliser cette comparaison même si elle avait commis le geste loin des liens sacrés), mais avec un petit quelque chose en plus. Elle avait toujours été la bonne fille, moulée dans son rôle, qui ne pouvait faire autrement que de rêver à un monde inaccessible, mais maintenant, l’immensité de l’univers s’ouvrait à elle. Aujourd’hui, elle quitterait sa ville natale, le seul décor qu’elle n’eut jamais le droit de voir, pour traverser l’océan et fouler les terres de Westeros. C’était un petit pas pour l’homme, mais un grand pas pour Sheireen Nestoris.

Suivie de ses domestiques, la jeune noble se pointa au petit matin au port où l’attendait son navire personnel, celui qui appartenait à son père pour ses voyages de courtoisie où elle n’était jamais invitée. Ayant juré qu’aucune pièce d’or de la banque de serait investi dans ce voyage dont elle  semblait être la seule à voir l’intérêt, s’était l’embarcation Nestoris qui se préparait à larguer les amarres, ne détonant pas du tout dans ses allures majestueuses au milieu des autres mastodontes de l’eau, tous propriété de la Banque de Fer. Elle n’eut que le temps de mettre un pied sur la passerelle menant au pont qu’une main se tendait pour l’aider à enjamber la balustrade. Délicats, ses doigts se posèrent dans ceux, ébènes, qui lui étaient tendus, ses lèvres s’étirant au même moment d’un sourire poli de circonstances, puisqu’elle avait reconnu l’homme avant qu’il se présente. Garde du corps personnel du Sealord de Braavos, toute personne bien placée dans la société de la plus grande cité libre d’Essos avait déjà vu, de près ou de loin, Sveinn.

-Bien sûr, je suis enchantée de faire votre connaissance officielle, Sveinn, répondit la jeune lady en s’inclinant poliment, réponse au baisemain de connivence offert par son nouveau garde du corps.

L’homme lui libéra alors la main et fit signe aux compagnes de Sheireen qu’elles pouvaient quitter, puisque les autres gardes attitrés par Ézekiel, qui avaient rejoint l’équipage ce matin, prenaient ses bagages et les portaient sur le bateau. Seule une de ses domestiques suivi la dame et son protecteur jusqu’à sa cabine, puisqu’elle lui tenait lieu de demoiselle de compagnie ( bien qu’elle ennuyait Nestoris profondément de ses conversations de boudoirs sans intérêts, il fallait bien que quelqu’un s’occupe de coiffer son interminable chevelure pendant le voyage). En marchant, Sveinn l’informa que le départ était imminent, ce qui soulageait la porteuse de clé.

-C’est parfait, en effet, plus vite nous serons partis, plus vite nous reviendrons, n’est-ce pas? Lâcha-t-elle d’un ton rêveur, déjà empressée de retrouver Sekhivar alors qu’ils se quittaient à peine, et bien qu’il ne lui avait jamais rien promis.

Tout leur amour serait le fruit de son imagination? Absolument pas! Telles que lui confirmaient les fleurs laissées à son attention dans sa cabine. Sheireen marqua un temps d’arrêt dans l’embrasure de la porte, son cœur manquant un battement, avant qu’elle décide finalement de s’en approcher, humant d’abord le parfum si particulier de leurs pétales d’azur, avant d’oser porter son regard nerveux sur les mots tracés à la hâte sur la note à son attention. Égaux aux propos habituels d’Ézekiel, ils laissaient à la fois deviner un certain intérêt à son égard, tout en restant d’un détachement officieux un peu attristant, si bien que Nestoris dû se convaincre qu’elle y lisait bien la même tendresse qu’elle voyait dans ses yeux pour ne pas tourner immédiatement les talons et rejoindre la demeure de Sekhivar et chercher sa tendresse.

-Merci Sveinn, lâcha-t-elle dans un murmure, avant de fermer sa porte derrière elle, passant les heures suivantes à humer ses fleurs à la signification si particulière et relire le mot de celui qui était devenu, bien malgré lui, l’homme de ses rêves.

*********

Petite chose délicate qu’elle était, parfaite qu’elle devait être, retenue qu’elle avait toujours été, et pourtant, rien ne tentait davantage Sheireen que de casser quelque chose, de hurler, de piquer une crise de colère monumentale. Non seulement son entretient avec le jeune lion ne s’était vraiment pas passé comme elle le voulait, mais en plus, elle devait admettre qu’elle avait eut tord de venir, ce qui l’insultait au plus au point. Oui, le Lannister avait voulu la manipuler, sa déclaration écrite ayant été mensongère, et même si elle avait réussi à tourner la situation pour ne pas partir de Westeros la calle vide, son gain était loin d’atteindre ses attentes et l’investissement du voyage, à moins qu’elle ne réussisse, en arrivant au Conseil de la Banque de Fer, à lui obtenir ce qu’il demandait. Ce dont elle doutait fortement, bien sûr, elle ne se faisait pas d’illusions, personne n’aimerait le récit de son aventure et jugerait que l’homme ne méritait pas l’intérêt qu’il exigeait. Enfin, elle ferait tout de même son devoir, sans trop d’attentes, et l’histoire tomberait vite aux oubliettes.

Enfin, sauf pour elle! Comment oublier un tel échec, comment, surtout, ne pas voir dans les yeux d’Ézekiel «qu’il le lui avait bien dit» dès qu’elle lui relaterait son aventure? Il se doutait déjà avant que la tentative était une perte de temps, mais elle avait insisté, lui avait demandé de lui faire confiance, puis elle avait échoué lamentablement!

-Je ne serai jamais plus capable de le regarder dans les yeux… se plaignit-elle ridiculement en s’appuyant sur la balustrade, portant son regard par-dessus bord alors que son embarcation filait à toute vitesse vers Braavos, ramenant Nestoris et son maigre magot à bon port. Quelle ratée! Tout ça pour rien, il ne me fera plus jamais confiance… radotait-elle encore à l’attention de l’immensité aqueuse, ne réalisant qu’une seconde plus tard qu’elle était aussi écoutée par Sveinn.

La jeune femme sursauta en constatant qu’elle n’était pas seule, se demandant ce qu’il avait entendu. Au moins, elle n’avait pas prononcé le nom d’Ézekiel, bien qu’elle se mit à rougir violement. Que savait le garde du corps sur sa liaison avec le Sealord? La considérait-il uniquement comme l’une des centaines de conquêtes qui ne cessaient de se multiplier autour de l’homme le plus influent de Braavos, où Sekhivar lui en avait-il dit plus? S’il y avait bel et bien plus à dire, évidement… C’était, d’ailleurs, la première fois qu’elle se questionnait à ce sujet depuis le début de leur voyage, la conviction qu’elle était aimée véritablement l’ayant tout simplement portée sur un nuage plus sûrement que son bateau. Nestoris pinça les lèvres, gênée, et osa essayer de savoir ce que savait Sveinn, ne serait-ce que pour se rassurer sur les sentiments de son protégé à son égard.

-Pardon, je ne vous avais pas entendu, vous n’aviez certainement pas envie d’entendre mes pleurnicheries, n’est-ce pas? Je suis seulement déçue de rentrer sur un échec… Je voulais l’impressionner… vous voyez?
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Dim 5 Aoû - 16:32


«Et malgré ça…»


Évidemment qu’il n’avait pas apprécié la tournure des évènements et c’était, entre autre, exactement pour cette raison qu’il avait refusé que la belle Nestoris se rendent sur Westeros pour complaire à ce Ser Lannister qui visiblement, semblait se méprendre pour le Souverain des Sept Couronnes. Bien sûr qu’il fut présent lors de l’échange! Il était le garde du corps personnel de la protéger du Sealord pour cette mission. Et évidemment, rien de tout l’échange ne lui avait échappé, ne serait-ce qu’avec qu’elle main le Chevalier prenait sa coupe. Ses prunelles noires et calculatrice observait chaque geste tandis que ses oreilles écoutaient chaque mot avec un intérêt qu’aucun des deux personnages présent et participant à cette jetée ne pouvaient avoir conscience.

S’il savait que c’était une pure perte de temps, il eut tout de même ne serait-ce que confirmation à ses dires, mais à quel prix? Visiblement, la tigresse n’appréciait pas qu’on se soit jouer d’elle et elle se sortie adroitement de la situation qui aurait rapidement pu tourner au vinaigre. Après tout, ce qu’elle venait de faire n’était pas du tout aisé. Elle avait réussie à garder la tête haute, à respecter les profits de la Banque de Fer tout en maintenant un certain intérêt pour celle-ci au… Client. Si l’ont peu dire ainsi. Ses petites menaces l’irritèrent sans doute plus qu’elles ne purent toucher la porteuse de clé, mais Sveinn ne pouvait s’empêcher d’entendre le tout avec les oreilles du Sealord et Président de la Banque de Fer. Son visage lui, restait de marbre.

Sommes toutes, la rencontre n’avait pas duré bien longtemps, pas plus que le séjour en Westeros, comme promis. Sveinn n’était absolument pas pour s’en plaindre, surtout avec les tensions qui régnaient sur ce continent. Il n’était pas très heureux que cet imbécile ait mêlé la belle à tout ça, qu’elle soit ici présentement, pour sa petite personne qui, visiblement, il surestimait grandement. Il en avait déjà suffisamment à gérer sur Essos, sans en plus devoir se mettre trop à songer à Westeros, mais visiblement, il n’avait plus le choix. Il devrait alors devancer quelques actions prévues sur le continent chaud. Prendre le plus de capitale possible. Trouver des alliés. Être le Maître des Sans-visages ne suffisait pas pour paré à toute les éventualités qui pouvaient se pointé le bout du nez. Entre chacune de ses personnalités, il ne devait pas non plus oublié les essentiels. C’était beaucoup. En même temps, il ne pouvait faire autrement. Celui qui l’avait précédé y était arrivé. Il y arriverait aussi et saurait s’adapter et prendre le meilleur de chacune des situations qui se présenterait à lui.

C’est en mijotant tout ceci qu’il était assis sur le pont, non loin de barils d’alcool tandis qu’il sirotait un verre tout en découpant une petite sculpture de bois à l’aide de son couteau. Il avait remarqué l’arrivée de la belle sur le pont et elle avait plutôt mauvaise mine. L’envie de se lever et de l’enlacer était bien présente, mais évidemment, il n’en fit rien –cela aurait aussi été plus que bizarre-. Malgré tout, ses traits sérieux affichèrent un fin sourire l’espace d’un instant, tandis qu’il choisit de baisser de nouveau le regard sur son travail. Les propos qu’elle murmurait pour elle-même, cependant, se rendaient jusqu’à lui et Nestoris réalisa sans doute bien tard qu’elle était écoutée.

Bien entendu, elle s’excusa, comme si c’était une horreur d’entendre le doux son cristallin de sa voix… Il se contenta de lui décocher un sourire en coin, puis d’incliner légèrement la tête. Si cela pouvait lui faire comprendre qu’il n’y avait là aucun mal. Il pouvait comprendre qu’elle s’en voulait. En même temps, de là à croire qu’il ne lui ferait plus jamais confiance, c’était plutôt exagéré. Elle était encore jeune et elle ne faisait qu’apprendre, encore. L’expérience finirait pas rentrer et elle finirait par être un peu plus comme lui du moins, concernant la Banque de Fer… Avoir une certaine naïveté n’était pas toujours mal non plus. Voir les choses sous un autre angle pouvait avoir un potentiel tout de même intéressant. Il ne pouvait pas se baser sur ses propres jugements tous le temps. Ce n’était pas pour rien qu’il avait des conseillé. Elle avait tenu fermement son point. Il se demandait surtout si cela n’était pas non plus dû à une certaine frustration… Le concernant.

Quant au fait de l’impressionner… Elle n’avait pas besoin de chercher à le faire, ni de chercher à prouver quoi que ce soit. Si elle était toujours dans la Banque, c’était parce-qu’il considérait qu’elle en avait les qualités nécessaire parce-que porteuse de clé ou non, désir de son père, tradition et peu importe quoi. S’il avait voulu qu’elle se retire, il en aurait trouvé le moyen. Évidemment, il devait lui répondre, alors il fit ce que Sveinn ferait. Il laissa échapper un bref rire et haussa les épaules.

-Si vous êtes ici sur ce bateau, que vous reveniez avec les cales pleines ou vides de Dragon d’Or, je ne crois pas que ça change grand-chose pour Ézekiel. S’il n’avait pas cru en vos compétences, il ne vous aurait pas laissé partir ou vous ne seriez tout simplement plus à la Banque de Fer, croyez moi. Il prend les bénéfices de la Banque très au sérieux et votre sécurité aussi, à ce que je vois. Après tout, il était là. Je crois qu’il sera surtout soulagé de vous voir poser pied en Braavos saine et sauve. Quant au reste, impressionner Ézekiel c’est comme attraper une anguille à main nue.

Il affichait toujours un sourire en coin. Il n’allait surtout pas s’empêcher de la taquiner après tout, c’était bien trop aisé… Et puis sommes toutes, Sveinn restait assurément le mieux placer pour le faire en vue de son passé avec le Sealord. Il était Ézekiel et Ézekiel était lui, mais il n’y avait pas que ça. Ils avaient «grandit» pour ainsi dire ensemble.

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Mar 7 Aoû - 11:13
Comme d’habitude, Sheireen sentit distinctement le rouge lui monter aux joues, et s’en sentait d’autant plus gênée, prise dans ce cercle vicieux d’embarras. Depuis quand montrait-elle ses émotions à de parfaits étrangers? La réponse se faisait évidente dans l’esprit de la porteuse de clé, bien qu’elle se refusait à l’énoncer à haute voix. C’était depuis qu’elle était amoureuse. Et cet amour, elle l’éprouvait pour l’homme dont le confident se trouvait juste en face d’elle. Qu’elle meilleure occasion, pour s’assurer que les sentiments d’Ézekiel étaient vrais, et non feints comme le voulait la rumeur, que de profiter de la présence de Sveinn pour le questionner sur son protégé et ami? Elle savait bien sûr que c’était risqué, qu’il était possible qu’elle n’aime pas ce qu’elle entendrait de la bouche de celui qui connaissait le Sealord mieux que quiconque, mais elle était incapable de s’en empêcher, il fallait qu’elle sache, du-t-elle en souffrir, du-t-elle encore devoir se convaincre qu’il avait tord si elle n’appréciait pas ses propos. Aveugle et sourde jusqu’au bout.

La jeune femme pinça légèrement les lèvres, un peu embêtée du rire, bien que bref, de son protecteur du moment, ce sentait légèrement moquée, bien que les propos qui en suivirent ne tardèrent pas à la rassurer, du moins un petit peu. En effet, Sekhivar aurait très bien pu l’empêcher de partir, il n’avait pas essayé à sa pleine capacité, et ce n’était clairement pas l’obstination de la Nestoris qui lui avait permis de faire ce voyage, mais simplement le bon vouloir de son Lord, ce qui prouvait qu’il croyait en elle. Mais c’était justement pour cela qu’elle était si abattue : il avait cru en ses compétences, et elle revenait à peu près bredouille, loin d’obtenir les résultats escomptés. Le dernier commentaire de Sveinn eut le dont de lui tirer un léger sourire, et la porteuse de clé tourna le regard vers lui à nouveau, ses iris aussi grises que le ciel terne de cette matinée, abandonnant la vue du large qui lui avait permis de masquer sa gêne subite et la rougeur de ses joues.

-Je n’ai jamais tenté d’en pêcher je l’avoue, mais je n’ai pas peur d’essayer… répliqua-t-elle sur le même ton, avant de reporter son regard au large, un sourire mystérieux aux lèvres, qui s’évanouit toutefois beaucoup trop vite. C’est justement ce qui m’inquiète, qu’il y ait cru et que les résultats ne soient pas ce que j’envisageais, me ferait-il jamais à nouveau confiance? Je me suis battue toute ma vie pour qu’on me prenne autant au sérieux que l’était mon père, et mon tout premier grand geste en tant que sa successeur est un réel fiasco. Soupira-t-elle en levant les yeux vers un ciel aussi triste que ses prunelles. Sera-t-il encore capable de me considérer avec la même importance ? Je peux presque déjà l’entendre me dire qu’il «me l’avait bien dit»…

Ce n’était plus juste une histoire de cœur, car Sheireen avait toujours refusé de croire qu’il puisse cesser de l’aimer, niait les histoires volages d’Ézekiel et croyait que ses sentiments pour elle ne changeraient jamais. C’était vraiment sa réputation qui était en jeu maintenant, et si elle s’obstinait à croire qu’il l’aimerait toujours, l’aimerait-il autant comme femme que comme porteuse de clé?

-Est-ce qu’il… vous a parlé de moi? Enfin, autrement que pour le but de notre quête en Westeros bien sûr?

Bon, elle ne se bernait pas au point de croire qu’il lui raconterait les confidences les plus profondes qu’Ézekiel avait faites à son garde du corps, mais elle avait bien besoin de se faire flatter, là maintenant, et elle ne connaissait personne, même Sekhivar lui-même, trop retenu sur ses propos, qui pouvait le faire. Sveinn, elle ne le connaissait que de vue et de nom, elle n’avait aucune idée s’il était du genre à pouvoir la consoler et la rassurer, ou s’il garderait la distance énigmatique de son protégé.

La Nestoris abandonna la vue rassurante du large, qui lui masquait toujours avec obstination la berge de son chez elle, qu’elle savait pourtant de plus en plus proche. Il lui tardait de revoir son chez elle, mais surtout de retrouver celui qu’elle avait laissé au port. L’y attendrait-il à bras ouverts? Que verrait-elle dans son regard lorsqu’il aurait la réponse aux questions de la Banque? Que lisait-elle présentement dans ceux de son garde du corps, maintenant qu’elle l’observait franchement? Il était si difficile à cerner, lui aussi, juste comme Ézekiel.
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Mer 8 Aoû - 1:28


«Et malgré ça…»


Ah, que le rouge lui allait bien! Évidemment, il ne comptait pas le laisser paraître à travers Sveinn, autant qu’il n’avait pas voulu laissé transparaître ses sentiments sous le Sealord envers la belle Nestoris alors… L’espace d’un instant il craignit pour ses propres capacités à masquer les choses. Encore heureux, il se reprit rapidement et réalisa qu’il n’y avait rien dans ses gestes ou même son expression qui pouvait laissé sous-entendre une telle chose.

La belle se tourna pour l’aviser, ses prunelles grises le scrutant un instant avant de prendre la parole. Ne quittant pas son sourire en coin, il se contenta d’hocher un bref coup la tête à ses propos.

-Jurez-moi de m’inviter si jamais vous le faites, je ne veux pas rater un tel spectacle!

En vérité, il espérait bien qu’elle ne le prenne pas au sérieux bien qu’il en doutait. Il n’avait pas envie de la voir se faire griller par l’une de ces créatures marine. N’empêche, l’idée en tant que tel, si l’on mettait le «danger» potentiel de côté était plutôt marrant, il fallait bien l’avouer. Quoi qu’il en soit, son sourire s’estompa quelque peu à la suite des propos de la porteuse de clé. Visiblement, cette petite escapade l’avait plus atteinte qu’il ne le croyait. Il pouvait comprendre sa déception ainsi que ses craintes, mais elle semblait croire que tout s’arrêtait avec cette seule et unique expérience. Il laissa échapper un long soupir, abandonnant son bout de bois ainsi que son couteau qu’il planta dans le bois solide du bateau –oups?-, puis s’avança dans sa position, posant ses coudes contre ses cuisses et joignant ses mains ensembles tandis que ses dreads coulaient pour certains devant ses épaules.

-Écoutez. Personne n’est né avec le savoir absolu et l’expérience ultime. Tout le monde évolue et apprend. Je n’ai pas vraiment connu votre père, mais il n’est surement pas né avec une clé dans le cul… Oui, Sveinn parlait de manière plus crue lorsqu’il parlait parfois. Tout ça faisait partie du personnage... Pas plus qu’il n’est né avec la connaissance qu’il avait acquise à sa mort. Que ce soit lui, le matelot là-bas, Sekhivar… Nous avons tous dû travailler fort pour être où nous sommes, nous avons connu l’échec –et croyez-le ou non, Ézekiel en a connu beaucoup lui aussi-. C’est grâce à ces expériences que nous grandissons d’avantage.

Des échecs, il en avait connu énormément pour être ce qu’il était aujourd’hui. Il avait souffert, peu importe dans qu’elle apparence il se trouvait. On finissait toujours par souffrir, par vivre des échecs, accumuler des regrets. Il renifla un bref coup.

-Ce qu’il regardera, ce qu’on remarquera, madame, c’est de la manière d’on vous aller prendre la chose, la manière avec laquelle vous aller vous relever de ce que vous considérez aujourd’hui comme un échec. C’est ce qui fera la vrai différence.

Sincèrement, qu’en avait-il à faire, du peu de gain concernant les Lannister? La Banque de Fer était loin, très loin de manquer de ressources.

-Vous avez bien le droit de vous sentir abattue, mais ne gardez pas trop le focus là-dessus car si vous le faite, les autres le feront aussi et cela ne fera que vous nuire, un de ces jours.

Bien sûr, il ne lui conseillait pas de s’en foutre totalement. Il fallait savoir avouer et reconnaître ses fautes, mais une fois chose faite, il fallait apprendre à passer à autre chose. Elle avait bien le droit de se sentir aussi mal et c’était naturel en soit, en même temps. Il lui laisserait le temps, mais il espérait surtout que cela n’affecte pas son entrain habituel, ni ses futurs jugements. En tant que Président de la Banque, il devait aussi y veiller…

-Concernant son «je te l’avais bien dit», ce n’est vraiment pas son genre.

Il pouvait bien se permettre ce commentaire. Il était bien placer pour connaître les attitudes du Sealord en vue de son lien avec lui… Puis sommes toutes, il n’avait jamais frappé quelqu’un déjà au sol et elle se sentait bien suffisamment mal pour qu’il ose ne serait-ce qu’en ajouter.

Il eut ensuite une question qu’il ne pensait pas attendre aussi rapidement et de toute façon, même s’il se serait préparé à y répondre, il n’aurait sans doute pas été en mesure d’y répondre spontanément. En même temps, en vue de l’état dans lequel elle se trouvait, il avait envie de lui offrir un certain espoir, mais son dilemme ici était le même que sous l’apparence d’Ézekiel. Allait-elle réellement chercher à le cuisiner pour savoir s’il avait des sentiments pour elle? Elle ne lâchait visiblement pas prise et évidemment, il n’avait jamais douté de la véracité de ses sentiments le concernant. C’était d’ailleurs ce qui l’inquiétait le plus. Le futur était empli de danger et il ne se sentait pas près du tout à mêler à tout ça la vie de la belle. D’un autre côté, il était désireux de gagné sa confiance sous Sveinn, ne serait-ce que pour lui permettre de mieux la protéger.

-Ézekiel n’est pas vraiment le genre d’homme qui se confie...

Il releva son regard foncé sur elle. Il ne voulait pas en ajouter, prétendre qu’elle n’était qu’une autre conquête d’un soir, même s’il aurait bien pu jouer cette carte. Ce n’était pas plus Sveinn, tout ça.

Je ne sais pas ce que vous espérez, ni ce qui se passe exactement entre vous deux. Il ne pourrait si bien dire, il n’en avait réellement pas la moindre idée lui-même… Mais il ne m’a jamais demandé de veiller sur la sécurité d’une autre personne que lui.

Ce qui était tout à fait vrai en soit… Il étira le bras et fit tomber un baril sur le sol, lequel il redressa pour ensuite tapoter le couvercle de celui-ci, invitant par-là la belle à prendre place. Chose faite, il remplit doucement son verre et le tendit à celle-ci. Que pouvait-il faire d’autre? Ils avaient encore quelques bonnes heures avant d’espérer voir le port de Braavos.
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Ven 10 Aoû - 15:46
Inconsciemment, Sheireen s’était mise à jouer avec les bijoux dorés sertis d’émeraude qui ornaient sa longue chevelure d’ébène à moitié relevée par les soins délicat de sa domestique le matin même. Par habitude, elle n’avait jamais cessé de paraître comme l’avait toujours exigé son père, bien qu’elle n’accordait aucun réel intérêt à toutes les richesses qu’elle possédait, elles faisaient tant parti de son quotidien qu’elle ne les remarquait plus. De plus, elle en était venue à croire son paternel lorsqu’il affirmait que le seul moyen d’être considérée dans la société était de montrer ces possessions. Ça ne lui plaisait pas vraiment de le penser et elle avait toujours espéré qu’il ait tort, mais elle craignait trop qu’il ait raison et que paraître un peu plus négligée lui ferait perdre du crédit auprès du Conseil des Porteurs de Clés. Pourtant tous ces métaux et pierreries lui pesaient de plus en plus sur le corps et sur l’âme, et c’est sans réellement le réaliser elle-même qu’elle défaisait les agrafes retenant les chaînes d’or de ses mèches, telles des cages enfermant sa liberté. Ces gestes mécaniques, elle les accomplissant en écoutant Sveinn, qui venait de s’assoir près d’elle, abandonnant la sculpture sur laquelle il s’afférait depuis le début de leur conversation.

Parfois, quand elle y repensait, Nestoris avait pourtant bel et bien l’impression que son père avait toujours été parfait et n’avait jamais fait d’erreurs, tant il avait toujours attendu le maximum de sa fille. La vulgarité de son garde du corps la fit toutefois tressaillir, elle n’avait pas l’habitude d’entendre les gens de la haute société parler ainsi, n’ayant entendu de tels propos que dans les rues moins réputées de Braavos, où elle n’était pas censé se retrouver, mais s’y aventurait parfois pour rejoindre les scènes sur lesquelles elle était invitée à danser. Un certain malaise s’empara d’elle, car bien qu’elle n’eut jamais su comment aimer avec son père, il restait pour elle une figure honorable et importante, dont l’image «clé dans le cul» ne skiait pas vraiment. Sheireen se retrouva donc avec les lèvres un peu pincée, montrant à la fois son désaccord et son inconfort, sauf qu’elle ne pouvait s’empêcher d’espérer qu’il avait un peu raison aussi, que tout le monde faisaient des erreurs et que la sienne n’était pas plus grave que n’importe quelle autre, bien qu’elle avait du mal à imaginer Ézekiel faire quoi que ce soit d’erroné, parfait sur le piédestal qu’il occupait dans son imaginaire.

La façon dont elle se relèverait de ses erreurs? Évidemment, si elle arrivait au Conseil avec la mine abattue, tout le monde saurait qu’elle s’en voulait, et en profiterait pour la rabaisser davantage. Mais si elle prenait son échec comme un apprentissage et prouvait qu’elle n’avait pas tout perdu malgré les circonstances, ne pointant que ses succès en cette quête plutôt que la grosseur de sa bourde, alors peut-être qu’on ne lui dirait pas encore qu’elle était trop jeune, trop impressionnable, pour tenir le rôle de son père et qu’elle ferait mieux d’écouter en silence pour apprendre. Oh qu’elle ne laisserait personne se complaire à la rabaisser, personne ne saurait comment elle se sentait, comme elle avait toujours sus cacher ses sentiments… avant Sekhivar, évidement. La danseuse releva le menton, le regard un peu plus vif, bien que toujours absent de la brillance qu’on n’y retrouvait qu’en présence de son bien-aimé, rivant ses iris à celles de son protecteur et, pour cette heure, confident.

-Merci Sveinn, j’y veillerai…

Son commentaire suivant eut le dont de faire naître une rapide étincelle dans les prunelles de Sheireen, lesquelles passèrent, l’espace de cet instant, de gris ciel orageux à lune argentée, cette vigueur qui était si difficile à rallumer ne brilla qu’avec la certitude qu’Ézekiel ne lui ferait pas de reproches aisés. Pour cela, elle voulait croire Sveinn, espérant réellement que le Sealord n’était pas du genre à rappeler qu’il avait eu raison sur les torts d’autrui, ce qui ajoutait à sa perfection.

-Vous ne pouvez pas imaginer le bien que cela me fait de vous l’entendre dire, lâcha-t-elle avec un sourire un peu plus franc cette fois-ci.

Ce n’était toutefois rien comparé au plaisir qu’elle ressenti à la suite, car même si elle eut une pointe de déception en apprenant que son homme de rêve ne confiait pas ses pensées profondes à son protecteur (ou alors, que Sveinn préférait les garder pour lui) celui-ci laissa tout de même sous entendre qu’il n’avait jamais été responsable de la sécurité d’une autre femme de l’entourage d’Ézekiel, ce qui valait déjà beaucoup aux yeux de Sheireen, qui s’illuminèrent à nouveau. Un sourire rêveur trôna longtemps sur ses lèvres.

-Je n’espère pas grands choses, soupira-t-elle en s’asseyant à son invitation, ses prunelles toujours dans le vague, songeuse. Je ne suis pas à la recherche d’un prince, non plus d’un héro, seulement quelqu’un vers qui me retourner lorsque j’en ai besoin, à embrasser et à aimer au quotidien…

La porteuse de clé avait parlé sans réfléchir, et en constatant se fait, s’empourpra à nouveau et détourna le regard, y trouvant heureusement une distraction suffisante puisque sa domestique venait s’enquérir de ses besoins. Sheireen lui remit simplement ses bijoux capilaires et lui demanda de lui ramener les fleurs laissées par Ézekiel au début du voyage. Voir Sveinn sculpter un peu plus tôt lui avait donné une idée inspirante à faire de ses vieilles fleurs séchées dont elle n’acceptait pas de se départir. Un peu remise de ses émotions, elle trouva le courage de river à nouveau ses prunelles, moins ternes qu’auparavant, dans celles très sombre de son garde du corps.

-Assez parlé de moi, non? Racontez-moi un peu sur vous, je m’ennuie dans ce voyage qui n’en fini plus. Comment avez-vous donc rencontré Ézekiel, par exemple?

Encore et toujours revenir au Sealord, elle ne pouvait s’en empêcher. Heureusement, sa domestique revenait déjà, et Sheireen pu commencer à nouer les tiges de ses magnifiques fleurs, toujours d’un bleu vif malgré la sécheresse qui s’en était emparée, de sortes qu’elle occupait maintenant ses doigts, tentés de tortiller inlassablement ses cheveux, et ses yeux pouvaient être baissés sans montrer son embarras lorsqu’il était question de Sekhivar…
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Mar 14 Aoû - 1:07


«Et malgré ça…»


Il absorbait le moindre de ses mouvements, tant chacun d’eux, aussi futiles soient-ils l’émerveillait toujours encore un peu. Elle avait quelque chose d’envoutant, la belle danseuse de ballet et le vent qui soufflait doucement contre les tissus la recouvrant, lui rappelait cette soirée au bord de la plage. Remontant son regard sur le visage de Nestoris, il y capta là juste à temps ses prunelles grisâtres, tandis que ses lèvres soufflaient des mots déterminés. Sveinn se contenta d’hocher un bref coup la tête et de rapporter son regard sur sa sculpture qu’il avait délaissé pour déplacer un baril afin de faire place à celle-ci. Il sentie le soulagement dans sa voix, tandis qu’elle continuait.

-Et bien tant mieux alors…

Souffla-t-il, le regard toujours sur le bois. Il y avait quelque chose de particulier à être un être sensible. Il n’y avait pas la sensibilité émotionnelle, mais plutôt à celle de ressentir celle des autres jusqu’à un certain point. C’était quelque chose d’important à maîtriser pour les Sans-Visages. Il n’y avait pas que savoir se battre les yeux fermé. Cela permettait d’imprégner un personnage, pour les plus optimistes, frôlant la perfection. Tout cela menait au fait que Sveinn, ou Ézekiel peu importe, réalisait qu’il avait vraiment Nestoris dans la peau…

Elle vint finalement prendre place à ses côtés, lui mentionnant qu’elle n’espérait pas grande chose. Puisqu’il ne pouvait le faire physiquement, son esprit se raidit. Il était vrai que ses aspirations n’étaient pas exigeantes et qu’il les sentait plus que sincère seulement, là était tout le problème. Et si à un moment elle avait besoin de lui et qu’il était absent? Et si de ces gens qu’il défendait ou combattaient, il n’était pas présent pour la défendre, elle? La seule pouvant être là pour elle, n’était nulle autre que lui-même… Et il faisait visiblement plus confiance à la discrétion des membres de sa Guilde que de ses Soldats…

Son regard se posa sur la servante de la Porteuse de Clé qui approchait, sachant qu’il avait là droit à un temps de pause, avant même que la belle ne remarque la femme. Elle lui offrit donc les bijoux qu’elle retirait doucement depuis un moment et lui demanda de lui apporter les fleurs que lui avaient laissées Sekhivar. Son regard glissa bien malgré lui vers la jeune femme, un peu curieux. Ces fleurs étaient flétrie et il ne comprenait pas trop pourquoi elle les avait gardé, d’ailleurs. Il y en avait une tonne qui brilleraient pour elle, à Braavos si elle le souhaitait. Sommes toutes, il ne releva pas et observa la servante quitté le pont. Il réalisa bien rapidement qu’elle n’en avait visiblement pas terminé avec lui et il devait avouer qu’il ne savait pas comment se défaire d’elle tandis qu’il voulait être en sa présence aussi. Elle lui arracha un sourire en le questionnant sur sa vie, il secoua légèrement la tête, négativement.

-Il m’avait prévenu que vous alliez sans doute tenté de me cuisiner… Il attendit que la jeune femme ne le regarde avant de rigoler. Il n'allait quand même pas trop lui facilité la tâche. Ouais et bien il ne m’a pas demandé de me taire non plus.

Qu’est-ce qu’il pouvait faire d’autre? Devenir odieux? Pas plus sur Sveinn qu’Ézekiel. En même temps, il n’y avait pas à mal qu’elle lui demande ce genre de chose. Ce n’était pas vraiment un secret en soit, bien qu’il ne comptait pas s’éterniser sur chaque détail non plus…

-Il m’a sauvé la peau. Fit-il tout simplement, relevant le regard vers la jeune femme, pour le porter ensuite vers l’étendue aquatique. Il y avait une de ces magnifiques pommes qui me faisait de l’œil dans un kiosque et comme tout gamin pauvre qui se respecte, esclave de surcroit, je fini par me laisser tenter par un fruit hors de mes moyens puisque de toute façon, mise à part en volant, je n’avais pas un rond, ni de quoi me mettre convenablement sous la dent. Il lui jeta un coup d’œil et haussa les épaules. Comme une tonne d’autres enfants quoi.

Après tout, ce n’était pas quelque chose de bien étonnant en soit dans les Cités et encore moins dans l’époque où il était gamin.

-Il à demander à ce qu’on me rachète, que je devienne «son» esclave personnel alors qu’en fait il cherchait simplement à me libérer du Grand Maître que je servais. Mise à part lui je n’avais personne, j’étais orphelin, le genre de gamin qu’on ne pleurait pas s’il disparaissait. Ézekiel m’a traité comme un frère, un égal ce qui n’était pas toujours bien vue, mais il s’en fichait. Il a toujours eut ses propres valeurs et dès qu’il fut en mesure de le faire, il racheta lui-même ma liberté et c’est là que j’ai juré de le servir jusqu’à ma mort –et je n’ai pas été le seul-. Lorsqu’on a été tous les deux en âge, j’ai pu rejoindre avec lui officiellement l’armé. Quand il a été nommé Sealord, il m’a sélectionné comme Garde du Corps officiel et je crois même qu’en cas de crise, mise à part ceux dédié à certaines branches spécifiques, je serais celui sur qui se tourner si Sekhivar n’était pas là.

Ou mort, ce qui compliquerait grandement les choses, mais la possibilité que le Sealord ne périsse et donc lui au passage n’était pas une théorie totalement écartée. Il était mortel et il n’était pas infaillible. Il pouvait tout aussi bien être tué sur l’apparence de Sveinn, de un ou une autre qui sait et c’était surtout là le problème. Si Ézekiel disparaissait ainsi, tout s’écroulerait tant les choses, fraiches, tenaient tel un château de carte. Quant à son histoire, évidemment qu’il n’était pas entré dans les détails, si cela pouvait la contenter, ce serait déjà le reste de moins de raconté oh, pas qu’il était en manque d’inspiration, il connaissait ses lignes par cœur après tout, il les avait vécue.

-Dites-moi, qu’est-ce que vous faite avec vos fleurs?

Demanda-t-il, toujours intrigué par ce qu’elle y travaillait. L’on pouvait enfin deviner, tout au loin, une silhouette, presque un mirage de la terre qu’ils approchaient. Oh, ils n’étaient pas arriver encore pour quelques heures, mais il avait bien hâte de rentrer chez lui et de tourner la page sur cette mission impromptue. En même temps, cela le pousserait à devoir penser à sa relation avec la Porteuse de Clé. Il y avait bien quelque chose entre eux et il ne pouvait le nié. Elle n’avait pas la moindre idée de tout ce que cela impliquait et il avait l’impression qu’elle ne l’écouterait pas, même s’il la mettait en garde enfin, il avait déjà essayé et cela n’avait pas fonctionné. En même temps, ce n’était pas trop à Sveinn de mettre les choses aux clairs.

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Mar 14 Aoû - 12:05
De le cuisiner? Mais Sheireen ne connaissait rien du tout à la cuisine, ayant toujours été servie par une armée de domestiques toutes plus déterminées les unes des autres de lui développer les papilles gustatives et essayer, par ce moyen, de lui faire plaisir. Il voulait dire le manipuler pour savoir ce qu’Ézekiel pensait d’elle? Il faudrait encore qu’elle soit capable d’une telle supercherie, son âme était bien trop pure pour cela, et ses intentions n’étaient absolument pas de tricherie, simplement de curiosité, d’honnêteté… La Porteuse de clé lui lança un regard un peu surpris, même interrogateur, et haussa les épaules en secouant la tête à la négative, un très mince sourire de circonstances aux lèvres.

-Non, pas du tout, je suis une très mauvaise cuisinière, affirma-t-elle avec une étincelle de malice dans le regard, ce qui sembla amuser Sveinn, lequel affirma ensuite que Sekhivar ne lui avait de toute façon pas demandé spécifiquement de se taire, et donc qu’elle aurait la réponse à ses questions.

En tous les cas, l’histoire de leur rencontre allait encore grandir l’image mentale que Sheireen se faisait d’Ézekiel, l’aimer un peu plus si la chose était possible, puisqu’il y avait en cet homme des valeurs grandioses qui emballèrent son cœur en écoutant Sveinn lui raconter comment il l’avait sauvé de l’esclavagisme, son regard porté sur les vagues. Nestoris profita qu’il ne l’observait plus pour rapporter son attention sur ses mains, qui nouaient toujours les tiges des fleurs les unes aux autres dans un geste mécanique, créant un long ruban végétal au bleu plus majestueux que l’océan. L’esprit rêveur de la jeune noble s’envola, emporté par la beauté de l’histoire, ne réalisant qu’à peine qu’elle était terminée et que son garde du corps c’était tut. Si son corps était toujours sur le bateau, son âme se trouvait déjà loin, à Braavos, dans ce petit salon de thé où elle avait découvert les plaisirs de… La jeune femme sursauta en réalisant qu’il venait de lui poser une question, et qu’elle était complètement ailleurs.

-Pardon? Oh, ça? S’étonna-t-elle en levant le ruban de fleurs devant ses yeux, qu’elle avait terminé sans y porter attention.

Aussitôt, elle le reposa sur ses genoux, vérifia que ses cheveux étaient toujours à moitié remonté en un petit chignon élégant, et entoura celui-ci des fleurs tressées, se décorant de façon un peu paysanne, ce qui n’aurait pas manqué de déplaire à son père et qui attirerait sûrement des commentaires de sa domestique. Parce qu’une noble, ça devrait porter des bijoux, des pierreries, de quoi se démarquer des petites gens, et non de banales vieilles fleurs séchées, mais pour Sheireen, ce bouquet n’avait rien de banal du tout.

-C’est Ézekiel qui me les a offertes… chuchota-t-elle comme s’il ne le savait pas déjà… il est génial non? Sekhivar, pas le bouquet. Cette façon qu’il a eu de vous libérer, je trouves ça incroyable. Cet homme est parfait.

Son regard se porta à nouveau vers le large, et elle sourit alors que la vigie s’écriait «Titan en vue», au moment où, effectivement, on commençait à percevoir la silhouette de Titan de Braavos, cette sculpture exemplaire qui faisait la fierté de la cité et veillait sur le port. Ils se rapprochaient de la terre, et contrairement à la culture populaire voulant qu’on s’écrie «terre en vue» à l’approche de la côte, à Braavos, on acclamait plutôt la vue du Titan. Enfin, plus que quelques heures, et elle retrouverait son chez elle, mais surtout, le Sealord, le cœur un peu plus léger, moins inquiète de ce qu’il pourrait penser de son voyage, grâce au réconfort de Sveinn, peut-être un peu à son insu. Il l’aimait, elle en était plus que jamais convaincue, et il lui tardait de le retrouver. Après quelques instants, les yeux dans le vague, Sheireen quitta la vue que lui offrait l’arrivée prochaine et se retourna à nouveau vers son protecteur, réalisant qu’ils étaient toujours techniquement en pleine conversation et qu’elle avait été complètement absente, tout en n’ayant pas vraiment répondu à sa question.

-Elles étaient seulement trop jolies pour que je les jette, et j’avais envie de m’occuper les mains après vous avoir vu sculpter, je me suis dis que ça m’aiderait à faire passer le temps, non pas que votre compagnie m’est ennuyante, ne vous inquiétez pas! Et vous, qu’est-ce donc que vous fabriquiez tout à l’heure? demanda-t-elle en pointant la sculpture abandonnée du menton.

Malgré toute sa bonne volonté d’entretenir la conversation avec Sveinn, Sheireen était incapable d’empêcher son esprit de s’envoler vers la destination, et se rendit vite compte qu’elle n’écoutait qu’à moitié la réponse de son garde du corps, plus obsédée par ses retrouvailles avec Ézekiel qu’autres choses.

-Vous croyez qu’il nous attendra au port?

Il était bien sûr inutile de préciser de qui elle parlait.
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«Et malgré ça…»


Il aimait la regarder. Il ne s’en laissait pas. Le pire, c’était qu’il avait dorénavant amplement conscience qu’il ne s’en lasserait jamais. Qu’importe qu’il soit sous l’apparence de Sveinn, cette jeune femme lui faisait éprouver les mêmes désirs… Les mêmes sentiments. À force de passé du temps avec elle, il ressentait l’envie d’en passer d’avantage. Il se contenta d’un sourire en coin concernant sa petite touche d’humour sur cette histoire de le cuisiner, mais ne releva pas.

Il l’observait, tout en sculptant son morceau de bois et se permettant quelques gorgées de vin au passage tandis qu’elle lui partageait à quel point elle le trouvait génial enfin, le Sealord. Il se contenta d’hocher de la tête, toujours un sourire en coin. Elle n’avait de yeux que pour lui et il fallait avouer qu’il trouvait cela de plus en plus charmant et attirant après tout, si le Sealord en venait à ce lier à une femme jusqu’à sa mort, autant que celle-ci lui soit fidèle… Dans toutes les sphères possibles. En même temps, il se demandait pourquoi il pensait à ce genre de chose.

-Oh vous exagérez, Sekhivar n’est pas parfait. La preuve, il n’aurait pas besoin de moi si tel était le cas, alors j’estime avoir le droit d’avoir un tantinet de louanges moi aussi.

Évidemment que son commentaire avait été lâché à la blague et il laissa échapper un bref rire suite à celui-ci. Il n’allait tout de même pas la laissé lui lancer des fleurs sans cesse et puis encore moins sous l’apparence de Sveinn. Il pouvait bien se le permettre. On savait bien que l’ancien esclave appréciait énormément son ami, mais approuver ses dires auraient été trop étrange, de toute manière. Il avait rapporté son regard vers l’horizon jusqu’à se que la jeune femme reprenne la parole, lui expliquant ce qu’elle faisait. Il aimait sa créativité, son esprit qui vagabondait. Si peu en était atteint et il trouvait cela fort dommage. Il baissa les yeux vers la petite sculpture qu’il tenait entre ses mains et la tendit à la jeune femme. C’était une ballerine, bien qu’incomplète aux traits du visage encore grossier.

-J’ai cru comprendre que vous aimiez le ballet. Je me suis dit que cela vous ferait plaisir et vous remonterait un peu le moral.

Il la laissa l’observer, puis tendit la main en sa direction, afin de récupérer l’objet de bois.

-Elle n’est pas terminé. Vous l’aurez lorsque ce sera fait.

Il restait encore quelque heure malgré la silhouette du Titan de Braavos qui se dessinait à l’horizon. Il aurait le temps de la terminé d’ici là. Cela lui ferait un petit souvenir de son voyage et cela avait sommes toutes le bénéfice de lui occuper tout autant ses propres mains durant le trajet, tout comme en présence de la belle.

Elle lui posa ensuite une question, à savoir s’il pensait qu’Ézekhiel les attendait au port pour leur retour. Il était évident qu’elle parlait de lui-même si elle n’avait pas prononcé son nom, tout comme il était tout aussi évident qu’il n’y serait pas, puisqu’il était ici, en ce moment précis. Peut-être pourrait-il jongler un peu, à leur arrivée afin de lui permettre cette surprise qu’elle semblait silencieusement attendre. Il n’avait pas envie de la voir déçue cependant... Il ne pourrait non plus toujours être présent et cela serait bien une preuve de ce qu’il avait avancé plus tôt, concernant le Sealord. Dans tous les cas, il savait qu’il avait encore le temps de réfléchir devant lui.

-Je ne sais pas. Pas la peine de lui répéter qu’Ézekiel était un homme occuper. Elle le savait. J’ai pour mandat de vous escorter à votre demeure ou à la Forteresse une fois arrivé selon votre bon vouloir... Il lui jeta un coup d’œil, curieux de savoir le fond de ses pensées. Que désirez-vous?

Demanda-t-il dans la foulée, cela lui permettra de se préparer à toute éventualité même si l’improvisation n’avait jamais été un problème en soit pour lui. Il baissa de nouveau les yeux sur sa sculpture que la belle Porteuse de Clé lui avait redonnée. Il comptait bien la finir d’ici leur arrivée.


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