Revenir en haut Aller en bas


Forum de RP basé sur l'univers de l'oeuvre de George R.R. Martin A song of ice and fire et de sa série télévisée Game of Thrones.
 

[Event] Funérailles de Leith Velaryon - Le Bal

 :: Westeros :: Crownlands :: King's Landing Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Lun 11 Juin - 22:23

Funerailles - Le Bal


Leith Velaryon



Après la longue marche funèbre sous le ciel couchant, vous voilà invité, si vous le souhaitez à la Salle de Bal soigneusement aménagé pour la soirée en l’honneur du défunt. Pour l’évènement, la majorité de la décoration est sombre et quelques toiles son exposé en l’honneur de Leith Velaryon, de l’Académie, etc. Diverses alcôves ont été installée, entourée de voiles noires pour un peu plus d’intimité à ceux qui désirent discuter tranquillement, sans être à la vue directe de tous. Les balcons son aussi bien entendu accessible. Des petits canapés son offert par des domestiques qui se trimbalent ici et là ainsi que l’alcool pouvant couler à flots à qui le veux bien. Au fond, se trouve une grande table où trône plusieurs plats y contenant victuailles diverses et pour tous les goûts. Il y a bien entendu de la musique joué par des ménestrels de grande renommée, non loin du Trône de fer. Si quelqu’un connaissait suffisamment le Lord de Dragonstone, il y reconnaîtrait plusieurs de ses morceaux favoris, la majorité étant plus ou moins macabres, mais Ô si beau.



À NOTER:

-Vous ne pouvez pas intégrer la Salle de Bal si vous n’étiez pas dans le post précédent ICI. Si tel est votre désir, veuillez en faire la demande à l’administration. Si celle-ci est accepté, vous devrez trouver une raison valable qui expliquerait l’absence remarqué (ou non) de votre personnage plus tôt.

-Une partie du Red Keep est ouverte aux invités, mais prenez garde à ne pas trop vous éloigner. Dans tous les cas, vous remarquerez bien vite que plusieurs Soldats rôdent dans les couloirs et que certain sont en poste, bloquant l’accès à certains couloirs. En gros, mise à part les couloirs pouvant mener aux Jardins, aux appartements destinés aux invités ou à l’entrée/sortie principale du Red Keep. Vous ne pouvez pas aller bien loin si vous n’êtes pas un habitué des lieux.

-Lors de la rédaction de vos RP, mettez en gras les noms des personnages avec lesquels vous interagissez, afin de permettre une meilleure visibilité et aider les joueurs à se retrouver dans le RP.

-Pour faire un post privé, vous devez obligatoirement avoir posté dans le sujet précédent, puis mentionné [Funérailles] devant le titre de votre PV afin de situer les lecteurs.

-Vous avez jusqu'au Lundi 30 Juillet 21h (Heure québec) pour participé à cet Évent. Par la suite, le post sera verrouillé et il ne sera plus possible d'y participer.

Voir le profil de l'utilisateur
avatar
♔ Maître du Jeu


Quand on joue au jeu des trônes... soit on RP, soit on meurs!
Revenir en haut Aller en bas
Mer 13 Juin - 23:26


«La fin de celui qui partageait la folie... »


La dernière fois qu’il avait bu comme ça, c’était durant le mariage de Valery… Ou sans doute déjà quelques bonnes heures avant. Là au moins, il avait eu la décence d’attendre un peu. C’était tout à fait personnel et cela n’avait rien à voir avec personne, puisqu’il ne devait rien à personne si ce n’était que rendre un dernier hommage à celui qui portait avec lui la folie.

Il resta sur les balcons un long moment, à observer les volatiles, prenant une nouvelle coupe à chaque fois qu’un domestique se rendait à lui, terminant en une rasade le verre précédent s’il le fallait. Juste pour le principe. Il avait hâte de changer d’endroit, pour la simple et bonne raison que les rapaces rôdant autour de Leith l’énervait au plus haut point et que ses chères sœurs devaient en avoir bien assez, de tout ça. Il enfouit sa main libre dans l’une de ses poches et roulait la clé de la crypte entre ses doigts. C’était comme si la famille s’agrandissait. Avant, Annabeth et Jhuaerys n’avaient aucune raison valable pour traîner dans ces catacombes, mais maintenant que le Velaryon y reposait, leur restreindre cet accès serait… Cruel? Il devrait songer à quelque chose. Sommes toutes, maintenant qu’il était partie, il devait bien s’occuper d’elles… À sa façon. Si leur espèce de pacte silencieux avait perduré de son vivant, maintenant qu’il était mort, il ne servait plus à rien. Il aurait fait pareil, c’était tout naturel de s’occuper de la famille de l’autre.

Ayant choisi de se déplacer, Aegon se contenta de faire quelques pas vers la salle, pour appuyer son épaule sur le cadre de porte et observer à l’intérieur toutes les convives. Son regard s’arrêta un moment sur tous et chacun, bien que certains avaient été honoré de plus d’attention que d’autres. Le regard un peu embrumé, il était surtout satisfait que ceux qui ne c’étaient pas encore adressé à lui jugent bon de ne pas venir l’importuner sur l’heure, bien qu’en même temps, cela restait mal perçus. C’était un peu à double-tranchant. Sommes toutes, celles qui méritaient le plus de sympathies restaient la famille et ne partageant pas le même sang que Leith –même s’il était presque convaincu que c’était le cas, à force de combat côtes à côtes, de folies…- il leur laissait pour ce soir volontiers toutes l’attention qu’elles méritaient. D’ailleurs, il observait la cadette, bien curieux de voir le visage qui se cachait sous ce voile obscur. Il n’avait pas vue Jhuaerys depuis… Depuis déjà plusieurs années. Ce n’était pas comme s’il avait eu la chance d’aller en Driftmark en tant que tel et elle, elle était trop occuper à devenir une femme digne de ce nom. Du moins, il l’espérait bien.

Quoi qu’il en soit, le temps avait coulé et il était maintenant l’heure de se rendre au Red Keep. Aegon ne se fit pas prier, comme la majorité de tout ceux qui se trouvaient probablement ici. Durant le cortège, il gardait un œil sur Valery et sa petite prisonnière/accompagnatrice, comme s’il espérait pouvoir la coincé seule à un moment ou un autre durant la soirée. C’est qu’il comptait bien se défouler d’une manière ou d’une autre et l’alcool ne l’aiderait probablement pas à la bonne prise de décision, encore moins à la retenue. Au moins, devant tous, il ne comptait pas le laissé paraître. Une telle chose lui permettrait de harceler et d’abuser de la belle sans vergogne. Il songeait même à laisser Annabeth s’amuser un peu avec elle, elle le méritait bien, n’est-ce pas?

Ils arrivèrent au Red Keep et les Nobliaux furent invité à se rendre à la salle de Bal, tandis qu’il suivait Leith et ses sœurs, presque machinalement jusqu’à la crypte. Valery ne les suivit pas. Helzebeth n’était pas convié pour ce moment et de toute façon, son beau noir semblait déranger par les agissements de son Héritier, comportement qui ne manqua pas malgré tout de tomber dans l’œil du Souverain d’ailleurs, il n’y à étrangement pas grand-chose qui lui échappait. Peut-être des tensions étaient trop forte pour les masqué, mais il avait l’impression qu’on sous-estimait son regard, puisqu’il était moins perçant qu’à son habitude, faisant place à des prunelles vides et embrumés où pourtant trônait une certaine obscurité que sincèrement, personne ne devait avoir envie de rencontrer ce soir.

Une fois son frère de cœur finalement disparue sous la pierre de sa sépulture, Aegon tourna les talons, devenant émotif à son tour et n’étant pas réellement en mesure de cacher sou visage sous un voile de jais.

-Refermez derrière vous.

Avait-il tout simplement balancé aux Gardes présent, la serrure se barrant automatiquement à la fermeture de la porte. Cela lui rappelait qu’il c’était déjà enfermé là, plus jeune par mégarde peu après le décès de sa mère… Il finit par remonter, toujours accompagné d’une Garde qui bien entendu, le suivait comme son ombre, surtout dans l’état où il était. Une fois arrivé à l’étage du Bal, il se contenta d’y entrer et d’aller s’écraser –littéralement- sur son Trône, appuyant sa tête contre son index. Il sentait ce vide immense sur sa droite, là où Leith serait venu lui murmurer quelques paroles afin de le distraire…

-Ouais… Je sais ce que tu dirais...

Fit-il. Ses Gardes au bas des escaliers ne tiquèrent même pas en entendant le Roi. Après tout, ce n’était pas la première fois et surtout pas la dernière qu’il parlait ‘’seul’’…

Voir le profil de l'utilisateur
avatar
♔ Administrateur ♔ Souverain des Sept Couronnes  ♔ Dragonnier
Administrateur
♔ Souverain des Sept Couronnes
♔ Dragonnier


«Heavy lies the head that wears a crown.»
«Madness is like gravity: All you need is a little push.»
Revenir en haut Aller en bas
Ven 15 Juin - 2:08


«La fin de celui qui partage la folie…»



Évidemment qu’il était satisfait de la réponse positive de son apprentie, bien que le contraire l’aurait forcément surpris. Au moins, elle se concentrait effectivement sur la petite mission qu’il lui avait offert et elle ne se laissait pas distraire par les petits Nobliaux qui rôdaient ici et là. Sommes toutes, ce n’était pas le plus gros, tout ne faisait que commencer. Lorsque la soirée avancerait et que cette clé risquait un peu trop de se trimballer, voire de disparaitre de leur vue –ou plutôt des sens d’Estelle-.

-La Main du Roi… Mmhh?

Il jeta un coup d’œil oblique en direction du Lord Tyrell, croisant de nouveau les prunelles lunaire de sa cavalière. Il lui semblait bien que cette jeune femme l’observait plus que de convenance. Sentait-elle quelque chose de particulier, en lui? En Estelle? Possible. Cela ne serait pas très surprenant. Elle bougea ses lèvres, comme si elle était désireuse de lui murmurer quelque chose et l’envie de communiquer avec elle par télépathie se fit sentir, mais il en était bel et bien hors de question, il avait, hélas… Pour l’heure plus important à faire. Il avait un objectif et il n’en démordrait pas.

Alors il laissa échapper un bref gloussement. Déjà, c’était rare en soit, mais le commentaire de son apprentie l’amusa, surtout en voyant le regard des plus outré du vieux couple qui s’éloignait. Au moins, elle avait un sens de l’humour un peu noir. Encore heureux, elle avait sans doute un peu appris à le cerner du moins, il imaginait bien. Sommes toutes, il entama de reprendre leur déplacements lent, laissant l’apprentie Sorcière faire son petit travail. Après tout, c’était en bougeant qu’elle trouverait au mieux avec assurance la clé. Il songea à s’approcher, comme si rien un peu vers le Lord Tyrell, mais tandis qu’ils longeaient l’endroit constitué d’autant de fenêtres, Estelle ralentie la cadence, affichant un air un peu… Blême. Elle détourna le regard vers l’extérieur, avisant le Roi qui se trouvait sur l’un des balcons. Il était de dos, mais ce que son apprentie lui mentionna lui suffisait amplement. Voilà qui était intéressant. Elle avait un bon flair, la petite. Elle pouvait bien avoir du mal si sa cible se trimballait, mais voilà que n’ayant rien ni personne entre eux, mise à part une fenêtre…

-Tu crois que tu seras entièrement seule?... Il lui jeta un coup d’œil pétillant. Un sourire en coin. Mais vous êtes ma cavalière, très chère…

Fit-il, laissant la deuxième portion de son commentaire se faire plus de convenance sont on pouvait le dire ainsi. Il lui pris ensuite la main, la déposant sur son avant-bras et l’entraînait plus loin, telle la cavalière qu’elle était pour lui.

**[Estelle] Je ne te demande pas de le détrousser, seule de surcroît, mais assure-toi de savoir où est la clé en tout temps. Nous agirons si nous voyons une ouverture autrement, nous devrons attendre à ce soir… Voir demain. Il faut apprendre à guetter une proie, ne pas se précipiter ainsi, tu évites de faire des erreurs. C’est le temps-là, de réfléchir, pas en plein combat ou avec une dague sous la gorge…**

Il lui offrit un clin d’œil. Évidemment qu’il faisait référence à sa manière de trop réfléchir, dans le feu de l’action! Et si elle croyait qu’elle s’en sortirait aussi facilement… Chaque chose, chaque question, tout quoi, était pour elle un entraînement, constant avec le Lord Blackmont. Il ne désirait pas qu’elle soit bonne, mais bien qu’elle soit la meilleure. Elle était son apprentie et il n’exigeait rien de moins.

Quoi qu’il en soit, ce fut enfin la fin de l’exposition du corps et, tout le monde fut invité à suivre la marche funèbre jusqu’au Red Keep. Astaroth marchait lentement, profitant de ce moment. Il fallait dire qu’il aimait un peu cela, c’était peut-être un peu glauque, mais voilà! Puis, ils arrivèrent enfin dans la salle du Bal, la décoration ne rivalisait pas du tout avec sa propre demeure, mais il laissa échapper un bref «Ahhh…» de contemplation, peut-être un peu sarcastique, en voyant tout les petits efforts fait pour le défunt. D’un regard intéressé, il avisa le Roi qui allait s’installer loin de leurs griffes, mais il ne payait rien pour attendre… D’un bref mouvement de la tête, Astaroth fit signe à son apprentie de le suivre. Oh non, il ne voulait absolument pas qu’elle le quitte ne serait-ce qu’un peu. Les tensions ressentit au Septuaire n’étaient pas mieux ici. Il y avait plusieurs Maison, visiblement qui subissaient quelques pressions entre elles. Amusant, certes.

-Encore heureux que l’allégresse des lieux compense magnifiquement celles des Maisons nous entourant…

Laissa-t-il glisser en un murmure, en prenant une coupe de vin et affichant un sourire forcé et exagéré vers une dame qui les fixaient depuis tout à l’heure. Il fallait bien l’avouer, sa réputation n’était pas à faire et beaucoup ne devaient pas nécessairement apprécier sa présence en ces lieux. Vautour, lui? Oh, il fallait être stupide cependant pour croire une telle chose puisque lui, ce qui l’intéressait –bon, outre les mort certes- c’était les Dragon d’ors que pouvaient lui offrir les vivant et ça, cela ne se savait que trop bien. C’était sommes toute un bel endroit pour dénicher quelques contrats, même s’il n’était pas venu pour ça. Ah… Qu’ils étaient loin, au fond de réellement savoir à qui ils avaient à faire, mais cela le divertissait. Et puis, sans doute certains s’amusaient-ils à croire qu’Estelle serait peut-être la future Lady de Blackmont. S’ils pouvaient continuer à se vautré dans leur ignorance…

Astaroth observait un moment Elinor Tarly. Cela l’étonnait un peu de la voir ici, celle-là. Elle ne ressemblait pas à la typique rapace, mais voilà. C’était une des rares femmes pour qui il avait étrangement un grand respect –oh, pas qu’il ne respectait pas les femmes, mais il ne respectait pas grand monde tout court alors voilà-. Être à la tête d’une Maison, lorsqu’on était du sexe dit faible ce n’était absolument pas une chose aisé en soit. Il inclina poliment la tête, croisant le regard de la belle dame ce qui lui arracha un sourire en coin. Bah, il n’était pas de ceux qui étaient désireux de lui mettre la bague au doigt… Ou une main à la fesse! -Pas comme ce petit héritier de Highgarden, à ce qu’il semblait- Bon, la seconde option peut-être un peu intéressante, mais voilà! Astaroth savait tout de même se tenir, dans un endroit pareil, ne serait-ce… Puis, le jeune Tyrell, n’était pas son problème et Blackmont n’avait jamais été un preux chevalier. Pas vrai? Il se tourna, tombant presque nez à nez avec Valery et Helzebeth. Évidemment, il afficha un faux air surpris, ne pouvant s’empêcher de détailler le Lord du regard, puis sa cavalière.

-Lord Tyrell, enfin nous, nous croisons. J’ai beaucoup entendu parler de vous… Félicitation d’ailleurs, pour votre nouveau poste. Main du Roi… Certains tueraient pour cela.

Il se contenta après ses mots d’afficher un bref sourire en coin de son obscurité naturelle, terminant d’une traite sa coupe qu’il déposa sur le plateau d’un domestique qui passait pour profiter de sa main libre afin de désigner sa précieuse apprentie.

-Et voici ma très chère cavalière, Estelle.

Il pourrait bien croire qu’elle était une catin, cela serait même mieux. Elle pourrait très bien aussi avoir été sa pupille, qu’elle importance dans ce monde de toute manière. Il détourna enfin le regard vers Helzebeth.

-Et la belle Helzebeth Blackfyre à votre bras? Vous êtes bien loin des Antlers, Milady. Il me semble que la dernière fois où je vous ai vue c’était au Festival en l’honneur de l’anniversaire de la Princesse Daeyna.

Certaines têtes se tournèrent, comme outrée. Comme si parler de cet évènement était une horrible chose. C’était amusant certes, mais il ne songeait pas d’emblée à l’empoisonnement des deux figure Royales concernée. Le Maître de la Tour se contenta d’observé les quelques visages, un sourire provocateurs, un peu menaçant les forçant à regarder ailleurs. Puis, sont sourire se radoucis -juste un peu il ne fallait pas exagéré- faisant un pas vers la Lady, comme s’il voulait lui dire un secret, mais que tous pouvaient entendre du moins, Le Lord et son apprentie.

-Dites-moi, êtes-vous seulement retournée sur vos terres, ou êtes-vous tombé sous le charme du Red Keep? La Couronne ne semble pas vous avoir fait trop d’ennuis, ainsi donc...

Et le plus ironique dans tout cela, c’était qu’il n’avait pas la moindre idée qu’elle fut enfermé avec son frère aussi longtemps certes et encore moins qu’elle eut subit tout ce qu’elle avait traversé, il savait très bien que les Blackfyres avaient été accusé, viser –comme bien d’autres-. De toute façon, Astaroth se plaisait à dire tout haut ce que sans le moindre doute beaucoup pensaient tout bas: Pourquoi diable était-elle accrocher au bras de Valery Tyrell, alors que son frère, le Lord Blackfyre qui venait d’entré dans la pièce semblait faire la gueule, ne venant même pas directement vers la Sorcière tandis que pourtant son regard ne la quittait que très peu, alors qu’ils étaient réputé pour être inséparable… Pour lui, très honnêtement, sa puait tout de même. Il lui restait simplement à savoir qu'elle était cette odeur putride. Il n'était pas investigateur et ne pousserait pas outre mesure, mais... Mais démontrer qu'il n'était pas dupe l'amusait toujours. Si ont pouvait payer pour qu'il tienne sa langue, aussi, c'était encore mieux! Alors il tendait quelques perches, à savoir ce qui répondrait le mieux. Si ce n'était pas le Lord devant lui, ni la Lady, ce serait assurément quelqu'un d'autre et là, il ne faisait pas référence à Leith.

Et pourquoi faisait-il ça? Ah… Blackmont et son sombre esprit. Se reculant de nouveau, il reprit position aux côtés d’Estelle sans pour autant l'avoir relâcher plus tôt. Il attendait visiblement une réponse, comme s’il était désireux d’engager la conversation –certes, de manière particulière, sans doute-, plongeant son regard doré dans celui émeraude de la Main du Roi, gardant une certaine attention vers l’errante. Estelle comprendrait-elle ce qu’il faisait? Quoi qu'il en soit, il se demandait si au fond, la jeune lady n'était pas en mauvaise posture, d'où ce murmure à son égard. Et s'il répondait présent à sa manière, cela ne voulait certes rien dire.


Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Administrateur
♔ Lord Blackmont
♔ Grand Maître de la Tour des Sorciers


«Life and Death are one thread. The same line viewed from different sides.»
«I'm not a monster, i'm just ahead of the curve.»
Revenir en haut Aller en bas
Sam 16 Juin - 16:02
L’adolescent regardait partout autour de lui, alors qu’il déambulait dans le septuaire en suivant son père adoptif. Jamais, au grand jamais il n’avait vu autant de nobles rassemblés au même endroit. C’était dans des moments comme ça où il se rendait compte à quel point son horizon avait été , et était toujours d’ailleurs, limité. Il ne voyait pas tant de monde que cela à Accalmie. Beaucoup de domesticité, Messire Storm..mais en matière de noblesse, au final, pas tant que ça. Et certainement pas un attroupement pareil. Même pour l’enterrement de Père ils n’avaient pas été si nombreux.  Logique d’un côté, mais..Mais il ne se sentait pas à l’aise au milieu de tous ces gens, Lords et Ladies venus d’endroits si différents. Il ne se préoccupait pas d’être jugé intéressant ou non cependant, ni des froncements de sourcils et des expressions perplexes qu’il suscitait - un héritier mâle pour les Stormlands, encore inconnu au bataillon il y avait quelques lunes, cela allait certainement susciter des questionnements, voire des ragots. Tout comme il avait suscité des regards incrédules en arrivant à Accalmie. Mais tant pis - il devait le supporter. Et puis, ce n’était pas comme si son apparition allait être le principal événement de la journée - et encore heureux…

Néanmoins, Alexander se sentit légèrement sourire en voyant Kalil. Au moins il y avait quelqu’un d’autre qu’il connaissait parmi cette cohue de nobles, et cela le rassurait. Il n’était pas seul ceci dit, une demoiselle l’accompagnait, dont le costume tranchait assez avec les robes des autres ladies.  Sa sœur peut-être ? Ce n’était pas impossible. C’était du travail, de retenir le nom des membres des Maisons les plus importantes de Westeros - et pas seulement les neuf les plus importantes. Il faisait preuve de bonne volonté (la preuve en était qu’il s’attachait à essayer d’ apprendre la généalogie Baratheon depuis Orys), mais voilà, une erreur était toujours possible.  Il serait bien allé voir le Prince suzerain de Dorne, mais il avait une petite mine, semblant extrêmement fatigué. Le mieux serait certainement d’attendre qu’il soit un peu plus reposé.

Lui par contre commençait à se sentir un peu mal à l’aise. Les funérailles, vraiment, ce n’était pas sa tasse de thé. Surtout avec l’odeur d’encens qui se faisait plus forte maintenant qu’ils étaient à proximité du défunt. Alexander laissa son père adoptif prendre la parole en premier face aux ladies Velaryon ; après tout, c’était lui le dirigeant de la Maison. Néanmoins, il ajouta à sa suite  :

“Je suis désolé pour votre perte, mes Ladies.” Sa sincérité s’entendait dans sa voix, qui était un peu hésitante. Il ne savait pas comment il avait réussi à tenir, aussi faiblement que ce soit, à la mort successive de ses deux parents, alors..Il ne pouvait que comprendre leur douleur et leur souhaiter tout le courage du monde pour la suite.  Et pourtant, ses mots ne lui apparaissaient pas comme suffisants. Qu’est-ce qu’étaient les mots par rapport au gouffre que l’on ressentait à la mort d’un être cher ? Rien, du vent.

Mais déjà son père adoptif repérait le Lord Tyrell, vers qui il se dirigea. Ils étaient liés à présent ; et l’adolescent se demandait si sa présence ne voulait pas dire que ses enfants étaient là aussi. Bon bien sûr, il aurait voulu rencontrer Kataeryn, sa fiancée (et l’idée lui faisait encore bizarre) dans d’autres circonstances, mais bon..On faisait ce qu’on pouvait, supposait-il. Le Lord non plus n’était pas seul, il était accompagné d’une jeune lady blonde aux yeux gris.  Inconnue au bataillon pour lui, là aussi, même si son apparence suggérait un lien avec l’ancienne Valyria.Cela ne l’aidait pas cependant. Heureusement, comme là aussi le Lord parlait avant lui, il n’avait qu’à l’imiter.

“C’est un plaisir de vous revoir, Lord Tyrell.” Il était un peu nerveux, il devait l’avouer. Il avait toujours peur de faire une erreur fatale qui pourrait l’inciter à rompre les fiançailles avec sa fille, et c’était quelque chose dont il avait compris qu’il ne fallait surtout pas qu’il arrive. Il savait qu’il ne ferait jamais volontairement une bourde pareille, mais les erreurs involontaires, cela arrivait.  Savait-on jamais. “Lady Blackfyre.” ajouta-t-il ensuite en se tournant vers la Lady.Elle était très belle, il fallait l’admettre, et sa tenue lui allait à merveille ; mais trop laisser traîner son regard était hors de question. Il était fiancé, donc fidèle, en paroles et en actes, même un simple regard.

Après quoi, la marche funéraire commença. Longue, lente. Épuisante aussi sous la chaleur. Il en profitait néanmoins pour admirer un peu la ville..enfin, ce qu’ils pouvaient voir de la ville. PAs grand-chose il le craignait ; il fallait surtout regarder où il mettait les pieds pour éviter de se tordre une cheville ou de mettre le pied, justement. Et puis il avait l’impression de marcher à une vitesse d’escargot. Trop de monde dans des ruelles étroites, cela ralentissait la cadence, fatalement..

Mais enfin ils arrivèrent dans la salle de Bal du Red Keep. La décoration de celle-ci était sombre, naturellement...fastueuse aussi, comme si c’était un roi qui était mort.  Il supposait que si le roi et sa Main étaient très liés, cela expliquait des choses. La musique aussi était d’un sinistre pas vraiment au goût du jeune cerf, qui commençait à se sentir vraiment mal à l’aise. Surtout....surtout quand il repéra un visage qu’il aurait préféré oublier. Son...grand-père. Le père de son père, plutôt, il n’avait jamais pu le voir comme un grand-père. Le rythme de son coeur s'accélèra, sa respiration aussi, ses mains se mettant à trembler tellement fort qu’il aurait probablement lâché ce qu’il aurait pu tenir. Il essaya de regarder ailleurs, mais toujours son regard revenait vers lui, terrifié à l’idée qu’il vienne le tourmenter, l’humilier, le rabaisser, tout ça devant l’entière assemblée et surtout devant le Lord Myrrdin. Alors il se concentrait sur l’homme à son côté : son père adoptif. Celui qui l’avait remis debout, qui continuait à le guider pour qu’il marche. Il le protégerait, il avait promis de faire d’Accalmie son foyer, il pouvait compter sur lui, il l’avait déjà soutenu une fois, il pourrait le faire une seconde fois non ?

Mais fort heureusement le Lord originaire du Val ne ne sembla pas le voir. Encore pâle, un peu tremblant, Alexander se contentait de suivre son père adoptif. Jetant parfois quelques regards, jusqu’à perdre de vue celui qui hantait encore certains de ses cauchemars. C’était fini… Fini..Fini. Il devait se contrôler, il devait être fort, il devait être digne, il devait être un Baratheon. Et penser à autre chose. Comme...Kataeryn. Sa présence était pour lui des plus probables, alors il essayait de la chercher discrètement du regard. Le Lord Tyrell ayant les cheveux noirs, il était possible que ceux de la jeune femme le soient aussi. Par conséquent, il essayait de regarder parmi les demoiselles aux cheveux noirs qui paraissaient à peu près son âge. Il ne devait pas tant se tromper que cela, non ?
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
♔ Héritier des Stormlands
Revenir en haut Aller en bas
Dim 17 Juin - 17:32
C’est à grandes enjambées, en bouillonnant de colère et en maudissant cette fichue robe qu’Elinor effectua la marche funèbre, incapable de trouver le calme et le recueillement nécessaires. Ce n’était pas souvent qu’elle se laissait ainsi aller à ses émotions. D’ordinaire, la Lady assumait son rôle jusqu’au bout, calme, composée, digne, polie. Mais pas là. Elle pouvait rester calme -ou presque- face à une attaque personnelle.  Mais qu’on  s’attaque à sa famille, et là, elle se transformait en mère ourse. Une vraie lionne, prête à tout pour défendre ses petits.. Olyvar, sachant mieux que d’essayer de parler à la jeune femme dans ces moments-là, restait silencieux - et lui-même avait un air crispé sur son visage habituellement amical. La famille Oakheart avait été offensée, et gravement. Il semblait en effet aux dires du Lord des chauves-souris..que sa petite Elyane avait été enlevée! Et pire encore - par un Prince de Dorne - ni plus ni moins que le Prince Suzerain ! Elle était outrée, humiliée, et folle d’inquiétude pour Elyane. Elle l’aurait été quel que soit le coupable - mais là, un Dornien !  Comme si les Oakheart n’avaient déjà pas assez de contentieux face aux Dorniens - il fallait maintenant rajouter un enlèvement ! Oh qu’elle le voie, ce Prince, et il allait avoir droit au pire moment de sa vie ! Oh elle n’allait pas s’en prendre à sa famille car elle n’était pas bête à ce point mais...mais.. Lui, il allait regretter son geste.Fallait-il que le Prince ait perdu sa cervelle !

L’arrivée dans la salle de Bal n’apaisa pas son humeur déjà massacrante. La salle était décorée fastueusement c’était vrai, il y avait des musiciens dont la musique n’apaisait cette fois pas les moeurs.. Au contraire, cela la mettait dans une humeur encore plus vindicative.  Est-ce qu’Olyvar allait provoquer ce Prince en duel ? Allez savoir.  Déjà voir l’homme, graver son image dans sa mémoire, et ensuite aviser. Et sa pauvre Elyane innocente. ELle, elle ne pouvait pas vraiment lui en vouloir si elle était partie de son plein gré ; il fallait voir qui elle devait supporter comme géniteur ! Et cette vie qu’elle avait eue à Harrenhal..c’était bien pour ça que chaque année elle l’invitait pour un séjour à Horn Hill, pour qu’elle voit autre chose que ce château sinistre.  C’était une des très rares choses qu’elle avait imposée à son mari, et les Sept en soient remerciés, il lui avait passé cette lubie. Si lubie c’était vraiment, après tout il s’agit de sa famille, et de celle de Corwyn du coup. Et puis ce n’était pas comme si la jeune fille était si désagréable à supporter, au contraire, modèle de gentillesse et de calme.

Enfin ce n’était pas la question. Elle prit congé d’Olyvar pour aller faire un tour au buffet.  Elle avait bien besoin d’un verre, ne serait-ce que pour se calmer. Oublier un instant sa colère. Elle y arriverait - peut-être. Tant qu’elle ne voyait pas ce fichu Dornien, elle pourrait se calmer.  Bon en tout cas on ne pouvait nier la qualité du breuvage - après tout, ils étaient à King’s Landing.  Cependant, la journée n’était pas terminée, et la suite des événements le confirma. Elle se retrouva nez à nez avec Moryn Tyrell, dont le visage rougeaud ne laissait pas planer le moindre doute sur son état d’ébriété. Elle l’avait vu faire des siennes dans le septuaire ; et il continuait ! Déjà qu'il avait la réputation la plus exécrable du Reach !

“Enchanté d’vous connaître Lady...?”
-Tarly”  répondit-elle rapidement, cherchant un échappatoire.Son haleine empestait la vinasse. “ Je suis la belle-soeur de votre mère, Lord Moryn.”
-Ah voui ! Lady Tarly ! La Dame à qui on envoie Willas !”
“-..Exactement. Maintenant si vous permettez, j’ai à faire  et -”
-Ca peut attendre”, sussura-t-il en lui aggrippant la hanche et en lorgnant ignoblement sur ses formes. “Willas,c’est un mou. Moi en revanche, j’suis un homme, un vrai !”

Et il laissa glisser sa main plus bas - sur son postérieur.
La réaction de la jeune femme fut immédiate. La gifle partit presque sans prévenir. Pendant dix ans de mariage elle avait  dû supporter Corwyn, sa possessivité, son hypocrisie, ses fausses attitudes attentionnées en public, son indifférence dans le privé, ses mains baladeuses, sa déception en voyant ses filles, la pression qu’il lui imposait,  ses exigences impossibles concernant son seul fils -c’était le point de non-retour. Elle faisait l’amalgame entre Moryn  et son oncle, humiliée, choquée.  Plus jamais elle ne se laisserait faire - par quiconque !

“Espèce d’âne bâté !” siffla-t-elle. Elle ne savait pas par quoi elle était le plus choquée : la main aux fesses, comportement des plus honteux, ou la main aux fesses alors qu’il savait pertinemment qu’elle était sa tante par alliance.  “Vous n’avez pas honte !”
-Comment osez-vous ! Je suis l’héritier de Highgarden, femme !"
-Le vrai héritier de Highgarden ne se comporterait pas ainsi”, fit une voix. Olyvar. Olyvar qui maintenait fermement un des bras de l’adolescent pour le maîtriser et dont la simple vue  lui procura un immense soulagement, alors qu’elle se libérait de la main baladeuse du coupable. “ Vous déshonorez votre Maison. Vous êtes une honte - pour votre famille, et pour le Reach tout entier. ”

La salle de Bal lui parut soudainement très silencieuse, en même temps qu'elle avait l'impression de devenir le nouveau centre de l'attention de la soirée. Rouge de colère et de honte, elle n’arrivait plus à parler, ni à s’empêcher de trembler de rage. Humiliée en public. Par son neveu. Si elle arrivait  à quitter Horn Hill dans les dix prochaines années sans qu’on lui fasse une remarque à ce sujet…Elle n’avait plus qu’une envie : partir. Quitter cette fichue capitale, et ne jamais y revenir pour quelque raison que ce soit.
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
♔ Lady de Horn Hill
Revenir en haut Aller en bas
Dim 17 Juin - 22:23
La Marche funèbre fut bien plus pénible que je ne le pensais. Déjà parce que... et bien je suis aveugle, donc pour se déplacer, ce n'était guère évident, quand bien même Aerys était là pour me guider, elle ne pouvait pas sauter de bâtisse en bâtisse et voler en cercle tout en me retransmettant ce qu'elle voyait me donnait des vertiges à la longue. Et ensuite parce que je ne voulais pas quitter le bras de Kalil, c'était ma corde, mon filet, le baton qui m'empêche de tomber à l'instant. En vérité, n'importe qui aurait pu faire l'affaire, mais il a fallu que ce soit ce grand nigaud qui présente ainsi son bras à moi. Pour éviter le scandale durant la marche jusqu'au Red Keep, je dus jouer la comédie en faisant comme si j'avais les jambes en coton -ce qui n'était pas entièrement faux tant je me sentais fragile, seule, effroyablement vide...-, mais si cela avait convaincu les autres, cela ne m'avait pas convaincu moi. Plusieurs fois je me surpris à penser que tout le monde allait découvrir que nous avions été jadis amant... toujours amants? Non, ça n'avait jamais été le cas, arrête de t'embrouiller Shanon! Qu'est ce qu'ils pourraient penser à part que tu as un formidable ancien apprenti? Un apprenti attentif et compatissant qui plus est, et très grand, une vraie armoire...

Je n'étais tout de même pas très à l'aise et plusieurs fois mes chaussures tapèrent dans des pavés mal enfoncés, manquant plusieurs fois de tomber. Allez, ressaisis toi! Bon sang, Leith doit bien rire en te voyant aussi maladroite!

Arrivée à l'entrée du Red Keep, je me forçai néanmoins à briser mon contact avec le Prince dornien. On ne me laisserait jamais entrer dans les catacombes, pas tout de suite, pas encore, pas durant sa mise en terre, mais je voulais au moins accompagner mon frère jusque devant les marches qui le mèneraient à son niveau lit, un lit en pierre et éternel. Je n'eus pas besoin qu'on me tienne la main pour suivre les gardes, Leith et Aegon, leurs pas me guidaient aussi bien que ma mémoire des lieux. Cela ne dura pas aussi longtemps que je l'aurais voulu mais au final, ce n'était pas plus mal et je finis par enfin me retrouver seule, seule avec ma conscience, seule avec ce Vide, définitivement seule. Mes jambes cédèrent sous mon poids et je me retrouvais les fesses par terre sans en avoir vraiment conscience. Ce fut un domestique qui passait par là qui vint à mon secours, la voix teintée de surprise. Visiblement, c'était la première fois qu'il voyait une dame s'effondrer ainsi.

"C'est la première fois qu'on te voit aussi faible surtout, même lors de ta tentative de suicide, tu étais restée digne. Vois ce que tu es devenue!"

- Vous avez besoin de quelque chose, Milady?

- Il y a des alcôves voilées dans la Grande Salle si mes souvenirs sont bons. Pourrais-tu m'y emmener?

- B-bien sûr!


En fait, Aerys venait de m'envoyer des images de la salle de Bal, posée sur un des balcons où elle pouvait se placer sans problème grâce à sa petite taille. Avant que quiconque ne me voit dans une telle posture fort peu convenant pour une Lady, le domestique m'aida à me relever et, comme Kalil quelques instants avant, il me prit le bras et me guida. Bien vite, le jeune homme m'abandonna devant une des petites entrées et repartit s'occuper de ses tâches, me laissant pénétrer seule dans un de ces petits coins privés où les invités pouvaient s'isoler. Je pus alors faire ce que n'importe qui ferait pour un membre de la famille disparu, ce que je m'étais refusée de faire, même lors de son vivant, ce que je considérais comme de la faiblesse car c'était montrer aux autres que quelque chose nous avait touché: pleurer. Portant un masque à longueur de journée, je ne mettais jamais de poudre à paupières, et heureusement, c'est une cochonnerie à rattraper quand on a les larmes aux yeux... Un petit couinement qui se voulait être un rire s'échappa non sans mal de ma gorge nouée. Depuis plusieurs jours, je n'avais fait que casser des objets, des vases, déchirer des feuilles, jeter des livres contre les murs, défaire mes draps -avec un petit plaisir coupable à l'idée que les domestiques allaient devoir tout ranger, encore-, mais à présent, une profonde culpabilité m'accablait. Si seulement j'avais été là, si j'étais restée à son chevet au lieu de me concentrer sur cette petite sotte d'Helzebeth. "J'aurais sans doute bu le poison avec lui et je n'aurais pas eu à souffrir de son absence, on aurait rejoint les Sept ensemble..."

"Et cela t'aurait mené à quoi à part mourir? Ce n'est pas ce qu'il aurait voulu."

Une fois de plus, je chassais mes pensées indésirables. Ne pouvait pas me foutre la paix pour une fois? Dans un mouvement de rage, je retirais mon casque et enfonçais ma tête dans mes bras contre le mur, laissant mes manches s'imprégner de larmes. Les gens risquent de voir les traces de leur passage sur mes joues mais tant pis, je m'en fiche de ce qu'ils pensent, je m'en fiche de tout, de Kalil, d'Aegon, des Lords et des Ladies, même de Lord Moryn! "Lord Moryn?" Ce nom ne m'était pas inconnu évidemment, Moryn Tyrell était le fils du Lord Valery, membre du Conseil restreint, et même à moi, ses antécédents étaient venus à mes oreilles. Et il osait faire encore des siennes à l'enterrement de Leith? La colère prit le dessus sur ma peine, refusant qu'on transforme ce jour qui m'était important en scandale. Après avoir passé ma manche sur les dernières traces de larmes sur mon visage, je remis mon masque et ouvris d'un geste brusque le voile de velours qui me séparait de la foule. Une voix m'empêcha cependant de m'approcher, une voix que je ne voulais pas m'entendre et qui pourtant était le bienvenue, tout comme son propriétaire...
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
♔ Lady
♔Maître des chuchoteurs
♔Dragonnière
Revenir en haut Aller en bas
Lun 18 Juin - 0:15
Annabeth tenait mon bras et elle était presque collée contre moi, durant la Marche funèbre de son frère. Ah, Leith, prends ça dans les dents! Non, je ne devrais pas avoir de telles pensées... Mais il est vrai que ce genre de contact, même si ce n'était pas dans ce sens, m'avait grandement manqué. Non, ça non plus je ne devrais pas le penser, je suis... fiancé? Maintenant? Je suis quoi au juste? Je devrais penser à arrêter de visiter les bordels? Arrête de réfléchir Kalil, quand tu es fatigué, tu raisonnes étrangement, cela ne te va pas. Peut-être était-ce parce que je tenais le bras de Shanon mais j'étais particulièrement bien éveillé durant le trajet jusqu'au Red Keep, n'ayant aucune pensées pour l'avis des autres sur ma promiscuité avec la Lady Velaryon alors son frère se faisait transporter juste à coté de nous. De potentielles langues de vipère diront que je convoite la jeune femme et que je profitais de l'occasion, mais au final, n'est-il pas normal que son ancien apprenti, le plus brillant qui plus est, soit protecteur avec elle? Et puis tant pis pour eux s'ils ont de mauvaises pensées, je suis un gentleman moi. Si, vraiment...

La Marche dura moins longtemps que je l'espérais mais c'était tant mieux. Le ventre vide et les idées pas clair, j'avais grandement besoin de quelque chose pour tenir au moins la soirée! Annabeth ne tarda pas à me lâcher, à l'entrée du Donjon Rouge en fait, suivant d'un pas lent son frère et le roi. Je me demande bien à quoi ressemble la Crypte Royale... Peut-être que la Lady de Dragonstone pourra me la décrire? Quand elle en aura envie bien entendu, à vrai dire, je devrais moi-même penser à me recueillir de temps en temps sur la tombe de nos parents. Est-ce qu'on avait une Crypte d'ailleurs? Il faut dire qu'avec Père, nous n'avions guère eu de conversations à ce sujet, et je ne m'étais pas vraiment posé la question non plus... Ashana saura probablement me le dire elle. Justement, où était-elle? Sortant de mes pensées morbides -c'est la première fois que je vois un mort et que j'assiste à un enterrement aussi, qui m'en blâmerait?-, je pénétrais dans la salle de Bal, bercée par des mélodies aussi sombres les unes que les autres. Dignes d'un détraqué.

Le buffet fut ma foi bien plus intéressant à explorer que le reste et alors que je m'en approchais, une silhouette aussi familière qu'inattendue se posa dans un des balcons. Aerys, toujours aussi belle bien que ses crêtes étaient plaquées contre son corps - même les dragons sont sensibles à la mort des compagnons des autres-, elle semblait surveiller la salle, sa queue ramassée contre son coeur. Bien que mon estomac criait famine, je me permis de faire une petite pause pour aller la voir. Annabeth n'était pas là cependant, je préférais donc resté à bonne distance, hochant la tête pour la saluer. Je ne savais pas si Aerys était agressive mais généralement, quand elle avait ses appendices bas, elle pouvait se montrer imprévisible. Je finis par reprendre ma route, envoyant une image de ma rencontre à Shaaïra qui dormait toujours à poings fermés.

"Chanceuse va! Moi je dois encore me coltiner plusieurs heures debout et il n'y a même pas de café..."

Un soupir s'échappa de mes lèvres tandis que j'arpentais le buffet en quête d'une quelconque boisson qui saurait me réveiller.

"Et même pas de vin dornien! Bordel mais ils se sont tous donnés le mot pour me faire chier ou quoi aujourd'hui?"

L'estomac vide, le cerveau vide et aucun vin digne de ce nom à portée de main, c'était bien assez pour m'énerver et me rendre bougon, mais la fatigue faisait que j'étais profondément blasé. Nouveau soupir et je me rabattis sur un jus de groseilles, acide comme il faut pour réveiller ma carcasse, et avec ça quelques pâtisseries ne feront pas de mal! Alors que j'avalais le contenu de mon verre avec une gratitude pour son producteur à peine dissimulée -Bon sang mais que c'est pas mauvais en plus!-, un début de scène commença à se faire à coté de moi. Il s'agissait de Lady Tarly, la... soeur de la mère d'Elyane si je me souviens bien des liens de parentés, et de... Qui est ce au juste? Dans tout les cas, ce pauvre bougre n'était pas en état pour assister à un deuil. Même si je ne le voyais que de dos, je pouvais voir ses oreilles rougies par l'alcool et sa démarche était tout bonnement bancale. "Et on dit de moi après... " Guère d'humeur à assister à ce genre de scandale, je pris le pichet de jus de groseille, un plateau et partit sans attendre mon reste.

C'est bon, j'ai passé une semaine à voler, fait plusieurs nuits blanches et pas mangé. On va pas me tenir rigueur pour ne rêver actuellement que d'un bon et moelleux lit, une courtisane ou deux pour me délier les épaules et pourquoi pas Annabeth qui me réconforte de ce mauvais karma qui ne cesse de me suivre depuis mon arrivée. Oui, je rêvais debout. M'éloignant autant que je pouvais du buffet sans faire tomber mon futur dîner -des cuisses de poulet et des apéritifs, hmmmmm-, je me retournai cependant en entendant la baffe claquer. Ouh, ça doit faire mal! Il faut croire que la conversation avait pris un faux départ, malheureusement, trop de monde se trouvait devant moi alors je ne pouvais pas savoir ce qu'il se passait, aussi tournais-je les talons... Et manquais de bousculer Annabeth!

- Oh, Shanon!

Oh la gaffe! Heureusement que je ne parlais pas fort mais avec ce silence... Ouais, autant croiser les doigts pour que cette erreur passe inaperçue. C'est ça d'avoir été l'apprenti durant des années d'une Lady. Entre maitre et apprenti, on peut se permettre certains écarts de protocole pour que l'apprentissage ne soit pas pénible pour les deux, mais quand on revenait à la réalité... C'était autre chose! Avisant le scandale du coté du buffet puis Annabeth, je ne tardai pas à choisir.

- Et si nous laissions les autres s'occuper de ça? Je crois que j'ai ce qu'il vous faut pour apaiser vos tourments..., dis-je à voix assez basse pour que seule elle puisse m'entendre.

Une proposition en apparence, mais je l'avais bien forcé à retourner dans l'alcôve sans qu'elle ne lutte. Ses joues étaient un peu maigres, elle avait probablement pas mangé de la journée et elle avait pleuré, émotionnellement, ça n'allait pas mais physiquement non plus. Il fallait qu'elle mange et moi que je me repose. Alors oui, ce n'était clairement pas acceptable, mais tout le monde avait ses yeux de merlan rivé sur Lady Tarly, donc pas de témoins de mon écart!

Faute de table, je dus poser la cruche par terre, prenant un morceau de poulet d'une main en gardant le plateau en équilibre sur mon bras, que je croquais à pleine dent, espérant qu'Annabeth me suivrait et prendrais elle aussi une aile ou une cuisse.
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
♔ Prince Suzerain   ♔ Membre du Conseil de Sunspear (Stratège) ♔ Dragonnier
♔ Prince Suzerain
♔ Membre du Conseil de Sunspear (Stratège)
♔ Dragonnier
Revenir en haut Aller en bas
Lun 18 Juin - 23:05
Un pas devant l’autre. Encore et encore, jusqu’à la fin du chemin. Elle n’était pas encore au bout de ses peines. Après la marche de l’enfer vers le Red Keep, où elle a failli s’effondrer des milliers de fois et où elle eut toutes les misères du monde à respirer convenablement au travers de ses sanglots, il fallait maintenant descendre à la crypte. Descendre dans cet abîme, renfermant les Rois du passé, là où reposerait pour l’éternité Leith.

Les invités se massaient dans la salle de bal et eux, la famille, devaient conduire son frère à sa dernière demeure. Chaque pas qui la rapprochait du lit de pierre, elle sentait son cœur se faire mutiler. Elle revoyait Leith lui raconter une histoire effrayante, lui offrir sa toute première lame, elle le revoyait filant dans le vent un sourire aux lèvres… Elle pouvait presque sentir l’odeur caractéristique qu’il dégageait, lorsqu’elle venait se blottir contre lui. Elle voyait l’éclat dur, mais fier, de ses yeux alors qu’il l’entrainait toujours plus fort. Elle pouvait quasiment entendre le timbre de sa voix lui prodiguant de précieux conseils. Comme il allait lui manquer.

Annabeth figea en haut des escaliers. Ce long et terrifiant escalier, qui allait engloutir le sang de leur sang à jamais. Jhuaerys s’arrêta à son tour et contempla la scène. Leith était déjà en train d’être descendu. Aegon suivait, droit et imposant. La douleur et l’alcool l’accablaient et pourtant, il était toujours aussi digne. Elle admirait cet homme, bâti du même granit solide que l’était son frère. Leith, qui a ses yeux aurait dû être éternel, immortel. Ses yeux de petite fille, qui se fermaient sur les actions horribles de son héros, préférant les ignorer et se concentrer sur tout le reste. Action qui avait précipité la chute de sa glorieuse vie. La petite Blackfyre s’était défendue… Elle n’en était pas moins une véritable garce d’avoir brûlé son cher Leith ainsi… mais Jhuaerys avait assez de jugeote pour comprendre que son frère n’était pas blanc comme neige.

C’était d’ailleurs probablement la seule raison pour laquelle la deuxième ombre de son frère n’était pas devant elle au côté d’Aegon. Helzebeth n’était certainement pas la bienvenue ici et Valery se la coltinait depuis le début de la cérémonie. Que faisait-il donc avec elle ? Une prisonnière peut-être ? Enfin, pour l’instant elle s’en fichait comme de son premier ruban. Elle serait probablement restée auprès d’Annabeth ou du moins la soutenir et s’informer de son état… mais elle avait encore en travers de la gorge son départ au bras de Kalil. Elle l’avait laissée ! Seule, perdue et démolie. Pour partir avec un bellâtre Dornien, juste bon à picoler et foutre le bordel ! C’est pour ça qu’elle passa au côté de son ainée et entama la descente sans un regard.  

Jhuaerys réussit à rester digne le temps qu’il fallut. Droite… plutôt raide comme un piquet, au côté d’Aegon et silencieuse. Cette fois, il était vraiment hors de question d’ouvrir la bouche ! Déjà parce que ça aurait été très impoli pour son frère et deuxièmement parce qu’il était certain qu’elle vomirait. Elle sentait la bile amère lui bruler la gorge alors qu’elle remontait lentement les marches. Le Roi avait disparu rapidement, mais elle n’avait pas la force de monter à toute vitesse les pierres qui la séparait d’en haut… et qui mettait invariablement une distance infranchissable avec Leith. Il n’était désormais plus et elle devra passer à autre chose. Vivre, avancer et vieillir. Et un jour, elle serait plus vieille que lui.

Sur le seuil, Annabeth n’était plus là. Comme un état second, elle déambula dans les couloirs. Puis dans la salle de bal. C’était bruyant, grouillant. Une foule compacte. Elle remarqua tout de suite Aegon sur son trône. Puis elle remarqua Valery qui s’éloignait justement vers le Roi après avoir salué Blackmount. Tournant la tête dans l'autre sens elle avisa les Baratheon. Sans trop savoir ce qu’elle faisait, elle avança lentement vers l’adolescent. Sa petite taille, presque celle d’une enfant, lui permit de se faufiler entre les convives sans trop de mal.

Arriver devant lui, mue par une étrange impulsion, elle lui attrapa les deux mains et les serra doucement. Elle regarda le jeune homme au travers de son voile noir et réussi à grincé un mot. Oui, grincer. Parce qu’elle n’avait pas parlé depuis presque deux semaines. « Mer-ci. » Ses condoléances l’avaient vraiment touchée et elle s’en était voulu de ne pas avoir pu lui répondre. Maintenant que c’était chose faite, elle le lâcha avant de repartir comme elle était venue. Une âme en peine, esseulée et vêtue de noir vaporeux. Pratiquement un spectre. Jhuaerys arpenta la salle un moment avant de se trouver un siège un peu éloigné du brouhaha. Une coupe à la main, elle hésitait. Lever le voile pour boire et montrer son visage ravagé ou garder le voile et ne pas pouvoir étouffer la douleur dans l’alcool…
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
♔ Modératrice
♔ Lady de Driftmark
♔ Dragonnière


Revenir en haut Aller en bas
Aujourd'hui à 0:12
Cette cérémonie n’en finissait pas ! Valery avait l’impression d’être pris au piège, qu’une chose allait arriver. Oui bon, c’était toujours cette impression qu’il avait quand il était réduit à être dans la même pièce qu’une centaine d’autres gens… dont certain avait des envies de meurtre à peine cachées. Au moins, avait-il quelques amis dans cette foule de rapaces. Il avait rapidement salué sa sœur d’alliance et le frère de celle-ci, alors qu’il était écoutait d’une oreille distraite les jérémiades d’une vielle plaie de la famille Hightower. Comme si c’était le moment, à l’enterrement de Leith, de lui parler d’une mauvaise récolte de raisins ! Franchement. Dès qu’il avait pu, il avait filé dans une autre direction avec sa cavalière… pour se retrouver face à face avec Myrddin et Alexander Baratheon. C’est avec une véritable joie qu’il les salua à son tour.

« Lord Baratheon. ” Il inclina la tête respectueusement. « C’est également un plaisir de vous revoir, Alexander… et il se pourrait bien qu’une autre personne prenne plaisir à vous voir… ” Et vu comment, ladite personne regardait partout, s’en était même certain !  Malheureusement, il avait dû prendre congé rapidement… non sans tapoter l’épaule du jeune homme, qui semblait un peu plus assurer que la dernière fois. Il avait du potentiel ce gamin, Valery l’aimait bien.

Et c’était à ce moment que Sebastian Blackfyre leur était tomber dessus. Et Valery étant qui il était, il n’avait pas pu s’empêcher d’aller le titiller salement. Oh que ça allait tourner en pugilat ça s’il ne faisait pas attention ! Helzebeth lui demanda un temps seul avec son frère. Mais oui… bien sûr. Ici, où il n’y avait pas de garde et une tonne de manières possible pour s’esquiver en douce… elle était bien drôle celle-là ! Vite, une parade ! Il ne pouvait pas lui dire directement non… ce qui amènerait à perdre les quelques points qu’il aurait pu gagner avec elle… mais lui dire oui revenait à lui donner la clé de sa liberté ! Un signal lui vint en aide d’une manière inespérée ! Les sept devaient être de son côté !

« Je crains, ma chère, qu’il ne faille quitter pour le Red Keep. Une fois là-bas, vous pourrez bien sûr passer un moment avec cet ingrat qui ne vous as même pas rendu visite depuis tout ce temps ! ”

Doux, calme et même compréhensif. Il était parfait… Pivotant avec sa jeune Lady, il envoya un sourire vainqueur par-dessus la tête blonde de la fille, directement à son frère. Il venait de faire passer le Lord Blackfyre pour un sale faux cul, qui était libre de ses mouvements… sans penser à sa sœur. Ce qui bien sûr n’était pas le cas, mais ça, Helzebeth ne pouvait pas le savoir… Et puis, comment pourrait-elle croire sans aucun doute que celui qui l’avait sortie des geôles, soignée et protégée, avait affirmé lui trancher la gorge si Sebastian se repointait au Red Keep ?

« Vraiment, j’aurais cru qu’il tenait à vous plus que cela… il a été libéré en même temps que vous. Et il n’a même pas demandé pour vous avant de prendre la route ! Vous savoir hors des geôles lui a suffi. ” Affirma-t-il avec un petit air désolé. Maintenant, peu importe ce que dirait Sebastian dans la salle de bal surgardée, Valery avait semé le doute. Après tout, Sebastian avait effectivement été libéré la même journée qu’elle. Et il était effectivement parti sans demander son reste après qu’il fut annoncé qu’elle était dans ses appartements. Il n’avait juste pas précisé, ce qui lui avait été chuchoté à l’oreille, loin de celles des curieux.

La marche qui suivit se fit longue. Maintenant que Sebastian était loin derrière eux, tout son esprit revenait à Leith, qu’il avait assassiné et qu’aujourd’hui il pleurait. Avait-il seulement le droit ? Il ne savait pas… mais il savait qu’il lui était incapable de ne pas souffrir. La mort de Leith le touchait plus que tout, malgré la teneur de son geste. D’un sens, il était puni, puisqu’il ne put accompagner Aegon à la dernière demeure de leur amour. Helzebeth n’était vraiment pas conviée !

Valery s’efforça donc de garder bonne figure, malgré l’envie croissante de démolir quelque chose. Il déambulait avec sa cavalière dans la salle, regardant les derniers arrivant faire leurs entrées lorsqu’ils se firent accoster. Lord Blackmont lui était connu de nom seulement. Étrangement, ils n’avaient jamais eu l’occasion de se croiser. Et quel dommage, vraiment ! L’homme était très attrayant physiquement et ne laissait certainement pas l’appétit malmener de Valery de marbre. Du moins, jusqu’à ce qu’il ouvre la bouche ! Bel homme, celte, mais avec une langue aussi acérée que les crochets d’un serpent !  Les paroles lui firent l’effet d’un coup de poignard en plein cœur et malgré les années de jeu à la cour, la douleur parue sur son visage. Une douleur profonde, marquant ses traits d’habitude légère. Il tressaillit même un peu, s’accrochant sans le vouloir un peu plus au bras d’Helzebeth.

« Que vaut un titre, face au désespoir d’un frère et à la perte d’un autre ? ” Désespoir, perte, douleur… son titre ne valait rien. Et ce n’était certainement pas pour ce rang qu’il avait fait ce qu’il avait fait ! Enfin, il se devait d’être tout de même convenable… « Il m’est agréable de vous rencontrer, Lord Blackmont, Dame Estelle, mais je crains de ne pas être d’humeur badine. Vous m’en excuserez. “

Par chance Astaroth semblait bien plus intéressée par sa prisonnière qu’autre chose… Probablement pas une bonne affaire en fait. Mais que pouvait-il dire de plus ? Il ne pouvait empêcher les gens de parler ! Au moins, le sorcier finit par prendre congé et les laisser en paix. Honnêtement, il n’en pouvait plus et tout ce qu’il voulait là maintenant, c’était Aegon. Aussi, dès qu’il vit Sebastian revenir à la charge, il vit là le parfait moyen de s’échapper quelques instants.  Dès que le Lord fut à leur hauteur, il fit un grand sourire.

« Vous vouliez quelques instants avec votre frère, je vous laisse donc en sa compagnie. Mais n’ayez crainte, en plus de lui, vous êtes bien gardée. ” Il lui fit un signe à deux de ses gardes personnels, qui n’était jamais bien loin, de veiller sur la Lady. Il avait tout, de l’homme attentionné qui s’inquiétait de sa sécurité… alors qu’en fait, il ne voulait pas risquer une autre tentative d’évasion. Ici, il n’y avait pas de crainte, l’endroit était terriblement surveillé. Il se pencha donc pour faire un baisemain à Helzebeth avec un sourire charmeur.  « Il me tarde de revenir en votre compagnie, ma Lady. Mais puisque ma présence vous indispose, je ne vous importune pas plus. ” Sur ce, il tourna les talons et fila directement vers le trône de fer.

Personne ne pensa à l’arrêter, ce qui était une bonne chose sinon il aurait probablement coupé une main ou un bras. Il avait besoin d’Aegon à ce moment. Il arriva juste à temps pour entendre son Roi marmonner une phrase probablement adressée à Leith. Quoi de plus normal en ce moment. Valery se pencha à l’oreille d’Aegon et murmura sur un ton un peu mélancolique. « Il se serait plaint du manque de fille digne de ce nom, que l’alcool n’est pas à son gout et qu’il n’y a pas assez d’action. ”

Il se releva avec un sourire triste « Il me manque… et tu me manques ”. Les deux dernières semaines avaient été une horreur. Entre la culpabilité et la douleur, son rôle de protecteur pour Helzebeth et sa dignité à garder un visage neutre, il était épuisé. Il soupira doucement, son regard se perdant sur la foule. « Est-ce… est-ce que je pourrais allez le voir ? ” Il avait besoin de lui demander une fois de plus pardon. Mais pour ça, il lui faudrait la clé de la crypte ou la présence d’Aegon.

Au moins, tout ceci était bientôt terminé. Il allait pouvoir se reposer, faire son deuil. Loin des vautours et de l’agitation. Il ne sait combien de temps, il resta là… mais son oreille fut attirée par un esclandre près du buffet. Oh non. Par les sept enfers ! Moryn… Sérieusement ??

Alors que le silence se faisait de plus en plus rapidement, il s’avançait à grands pas vers la scène. Le visage crispé et blanc de craie, il finit par jeter son ombre derrière Elinor et Olyvar. Raide comme un mort, les poings si crispés qu’ils en étaient tremblants, il siffla entre ses dents trop serrer par la honte pour s’ouvrir.

« Comment. COMMENT osez-vous, vous comporter de la sorte ? Ceci est inadmissible ! Highgarden ne souffrira pas une telle honte ! Vous ferez mieux d’implorer votre tante à genoux. MAINTEANT ! ” Valery n’était pas un homme de nature violente. Du moins, il ne le montrait pas. Mais il était un homme dangereux. Et à l’instant, cela se sentait pour tous… tous, sauf Moryn qui trop aviner voyait là le moment parfait pour contester l’autorité de son père.

« Vous ? Me parler de honte ? Je suis persuadé, que vous êtes du genre à vous foutre à quatre pattes plus qu’autre chose. Dites-moi père ? Vous écartiez les fesses pour Valryon ? Ah mais non. C’est le dragon ça non ? Quoique. Le maitre, le dragon. Le roi aussi ? Vous, vous faites aussi baiser par notre abruti de Roi ? »

Cet enfant était probablement le plus imbécile de tout Westeros. Ledit abruti de roi se mit à rire, de son trône, preuve qu’il savait que le gamin ne resterait pas impuni. Le reste, Valery s’en ficha. Il ne remarqua pas la populace qui retenait son souffle, ni même Kataeryn qui cria le nom de son frère avec un air effrayé. Tout ce que voyait Valery, c’était ce petit con à qui il avait donné le jour. Son bras se décocha tout seul et le bruit de la claque résonna fortement dans la salle. Une gifle du revers de la main, imprimant le sceau d’Highgarden dans la joue de Moryn. Puis, vif comme l’éclair, il attrapa la gorge de son propre enfant et la serra entre ses doigts. Alors que son héritier s’étouffait en le regardant avec de grands yeux apeurer, conscient que ses paroles étaient parties trop loin, Valery s’exprima de manière polaire. Un jugement sans appel.

« Puisque notre famille te fait si honte, je t’en libère. Que tous en soient témoin, à compter de ce jour, tu n’es plus qu’un Flowers parmi d’autre. ” Sur ses mots, Valy arracha la broche-fleur d’or qui ornait le pourpoint de Moryn et la jeta au sol. « Pour tes crimes envers Lady Tarly et notre Roi, tu seras envoyé au mur. Toi qui rêvais justement de le voir… tu pourras le contempler tout ton soul ! ” D’un geste vif, il jeta le garçon par terre. « Maintenant, embrasse les pieds de celle que tu as traitée avec irrespect. ”

« Mai… mais ! Père ! »

Les paroles commençaient à arriver à la conscience de l’ex-héritier… trop tard. « Tais-toi. Je n’ai pas de fils. ” Il poussa de sa botte le corps, pour qu’il soit penché le plus possible. Pensant que ça allait l’aider, Moryn s’empressa d’embrasser les chaussures d’Elinor et de répéter des excuses en litanie. Pour ce que sa changea. Dès qu’il eut fait ce qu’on lui demandait, Valery fit signe à deux gardes de venir récupérer l’adolescent. « Qu’on le conduise en bas. La garde de nuit viendra le récupérer avec les autres. ”

Valery fit la sourde oreille au cri de son enfant, raide et intransigeant. Il était humilié. Profondément et publiquement. Il n’avait même pas la force de présenter des excuses formelles à Elinor et Olyvar. Il ne put que leur lancer un regard, ou sa détresse pu se faire voir un instant avant de tourner les talons et de littéralement fuir à grande enjamber rageuse l’endroit. Humilié pendant les funérailles de Leith… Il sortit par la première porte qu’il trouva, donnant sur un balcon où il serait loin des regards avides de la foule.
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Modérateur
♔ Lord de Highgarden
♔ Lord Suzerain du Reach
♔ Main du Roi
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
Revenir en haut Aller en bas
Page 1 sur 1

Sauter vers :
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Dragons of Westeros : A Game of Thrones - Forum de RP :: Westeros :: Crownlands :: King's Landing-