Revenir en haut Aller en bas


Forum de RP basé sur l'univers de l'oeuvre de George R.R. Martin A song of ice and fire et de sa série télévisée Game of Thrones.
 

D'une cage de fer... à une cage dorée

 :: Westeros :: Crownlands :: King's Landing Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Ven 8 Juin - 16:18


«D’une cage de fer… à une dorée »


Aegon était repartie vers les appartements de Leith aussi vite qu’il en était sorti… et Valery restait là, dans le couloir, comme figé. D’une main tremblante, il empoigna l’épingle qui trônait désormais sur son cœur. À l’exact endroit où elle avait trôné… sur Leith. Il était main du Roi. Il venait d’assassiner la Main… et prenait sa place. On aurait pu croire que c’était voulu. Mais ce n’était pas du tout pour avoir ce titre prestigieux… après tout, Aegon écoutait déjà ses conseils. Il n’aurait pas dû être surpris de la voir épingler là ! Qui d’autre que lui pourrait prendre la place de Leith après tout ? Mais voir cette épingle, sur son pourpoint brodé à lui, sonnait comme une fin de non-recevoir. Une réalité qu’il ne pouvait en aucun cas fuir. Il avait tué Leith et devait maintenant vivre avec.

Dos aux gardes, il s’accorda une unique larme, ultime témoin de son désarroi. Il n’avait pas le temps de pleurer sur son crime odieux, il devait éviter à tout prix que son geste ait des conséquences funestes imprévues. Il prit donc une grande inspiration et se mit en marche d’un pas rapide et puissant. Il avait faire dans les donjons et personne ne devait l’arrêter ou le ralentir… il jouait littéralement contre la montre. Combien de temps, avant qu’Annabeth ne se précipite vers la cellule de la petite Blackfyre ? Les pans de sa tunique de brocart vert et doré frappaient ses mollets à chaque pas alors qu’il descendait toujours plus bas dans les couloirs de RedKeep. Derrière lui, le cliquetis d’un garde, celui-là même qu’il avait mandaté pour le suivre jusqu’en bas.

Il lui fallait sortir la prisonnière de sa cage et l’emmener vers ses appartements. Mais qu’en ferait-il ? Valy n’en avait aucune foutue idée ! Il avait lancé ça sur un coup de tête, ne pensant qu’à la vie de la gamine qui était menacée… il n’aurait supporté en cette heure sombre d’être le responsable d’une mort de plus. Surtout, sachant qu’au fond, elle n’était coupable que d’avoir attiré l’œil de son amant. Lord Tyrell pouvait être cruel, violent et dangereux… mais il était aussi quelqu’un de raffiné et doux quand il le fallait. Et c’était certainement ce qu’il allait devoir être dans les prochaines heures, voir jours. Il allait devoir s’occuper d’Helzebeth et s’assurer qu’elle soit assez en forme pour subir ce qu’Aegon ne manquera pas de lui faire. Tout en la gardant assez sous son joug pour qu’elle ne lui fasse pas subir le même sort qu’à Leith. Misère, dans quoi c’était-il embarqué encore !

Depuis combien de temps pourrissait-elle dans sa cellule d’ailleurs ? Depuis un long moment… elle allait avoir besoin de quelques soins de base ! Il apostropha une servante qui venait en sens inverse dans un couloir. « Monte préparer un bain chaud dans mes appartements. Et trouve une tenue descente pour une dame aussi, elle en aura besoin. » Il ne prit aucunement la peine de s’expliquer plus avant, ce n’était pas nécessaire. La domestique se pressa vers les étages après un « Oui, M’lord » et c’est satisfait d’avoir pensé au bain qu’il finit par arriver au cachot.    

L’endroit était lugubre et humide, comme pratiquement toutes les prisons. Ce n’était pas un endroit où il faisait bon vivre. Deux gardes le regardèrent arriver d’un air morne. Ils étaient probablement du genre à demander au Roi lui-même ce qu’il viendrait faire dans les cachots tellement ils avaient l’air bêtes et agressifs. Des voisins charmants, il n’en fait aucun doute !

« Qu’on me mène à Helzebeth Blackfyre et qu’on me la remette sur l’heure. »

Un ton beaucoup moins doux qu’avec la servante et beaucoup plus impétueux. Il devait s’imposer, puisqu’ici, il était bien loin de sa sphère habituelle d’autorité. Mais il était la Main à présent. Et c’est probablement le bijou, qui lui évita d’avoir à s’expliquer. Les gardes regardèrent vaguement le symbole et un s’exécuta en gromnolant. Visiblement, le changement ne lui faisait ni chaud, ni froid. Après tout, tant qu’ils étaient payés… Valery suivit le geôlier jusqu’à la cellule d’Helzebeth, suivit du silencieux qui était descendu avec lui.

La pauvre fille était dans un de ces états ! Sale, frigorifiée, amaigrie… comme un oiseau à qui on avait coupé les ailes, elle lui faisait pitié. Il la savait magnifique… elle ne l’était pas vraiment à cet instant. D’un geste de la main, il intima au porteur de la clé de s’activer un peu… c’est qu’il n’avait pas toute la journée ! L’impatience transpirait de ses pores de peau… et ce n’était jamais bon, quand il finissait par s’énerver pour vrai. Sentant probablement le danger flotter autour du Lord, le soldat ouvrit en grand et rapidement la porte, puis d’un signe de la Main, fut renvoyé à son poste.

« Mlle Blackfyre. Vous allez venir avec moi. »

Peut-être aurait-il dû être plus doux dans son ton de voix… mais il ne devait pas se montrer conciliant surtout pas quand il pourrait y avoir des oreilles et des yeux qui traine. Cette fille était encore aux yeux d’Aegon la coupable parfaite. Il devait se montrer dur et ferme devant tous. C’est pourquoi il s’avança dans la cage puante et agrippa la fille par le bras pour la tirer à lui… il profita de cet instant, le garde dans son dos, pour chuchoter à l’oreille de la fille. Si bas qu’elle seule pourrait l’entendre. « Un malheur à frapper… rester ici signifie votre mort. Suivez-moi pour vivre. Ayez confiance. » Et comme si de rien n’était, il la poussa vers la sortie où le garde la réceptionna pour l’encadrer.

C’est comme ça qu’il remonta vers le couloir qu’il avait quitté plus tôt. Le couloir dans lequel, Leith reposait, mort. Il pressa le pas dans les corridors, allant vite malgré la faiblesse apparente de sa prisonnière… mais ils n’avaient pas de temps à perdre. Elle devait être enfermée dans ses appartements avant que le chaos n’éclate. Déjà, les chuchotements s’élevaient. Certains remarquaient son insigne. D’autres commentaient l’agitation. D’autre encore, le cri déchirant du Dragon. La vérité commençait à faire son chemin.  

Une fois arrivé à ses appartements, il ordonna au garde de reprendre son poste dans le couloir et ferma la porte. Un baquet chaud, évaporait dans un coin. Un paravent judicieusement placé devant et sur un banc, une robe. La domestique avait travaillé, vite et bien. Comme il les adorait. Valy s’avança dans la pièce et alla servir deux verres de vin.

« Veillez m’excuser pour la brusquerie, mais le temps pressait. Leith Velaryon… » Il grimaça doucement et soupira avant de reprendre. « Leith est mort. Et vous comprendrez que peu d’endroits seront à même de protéger votre vie d’Annabeth Velaryon… et même du Roi. »

Lord Tyrell s’avança vers sa toute nouvelle prisonnière et lui tendit un des verres. Du vin de chez lui, évidemment. « Je nous ne vous promet pas la fin de la douleur… Le Roi étant quelqu’un de particulièrement rancunier, mais, vous aurez plus de chance de rester en vie, si vous rester ici, tranquille. » Le message était fort clair : soit sage, obéit-moi… et tu pourras voir ton prochain anniversaire… enfuit-toi et tu mourras. C’était un ultimatum, un choix à faire… et à faire vite. Il prit une gorgée de son verre, lui prouvant ainsi l’absence de poison tout en la fixant de ses yeux verts. Dans l’attente d’un mouvement ou d’une parole…  

Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Admin
♔ Lord de Highgarden
♔ Lord Suzerain du Reach
♔ Main du Roi
Revenir en haut Aller en bas
Sam 9 Juin - 1:39


«D’une cage de fer… À une dorée. »


Elle dormait, presque paisiblement en fait, c’était surtout une perte de conscience qui l’avait attiré dans ce repos forcé, mais Ô combien le bienvenu. Même si elle voulait résister, le temps, surtout, avait bien eu raison d’elle. Elle en avait même perdu le fil, tout comme espoir. Ses réveils étaient toujours brusques. Soit ont la tapotait d’un pied, de la pointe d’une lame pour voir si elle était toujours en vie, soit c’était pour lui faire du mal.

Lorsqu’elle trouvait la force d’ouvrir ses yeux rougis, c’était pour laisser des larmes qui venait d’elle ne savait où nettoyer ses joues souillés. Les seules pensées qui arrivaient désormais à traverser sont esprit étaient bien sombres pour une jeune femme en si jeune âge. Elle n’aurait jamais cru finir ses jours dans un endroit pareil, mais c’était ce qu’elle c’était résolu à penser, le souhaitant. Espérant secrètement que la prochaine fois, Aegon la frappe si fort qu’elle ne s’endorme à jamais. C’était après tout, tout ce qu’elle pouvait faire dans l’état où elle se trouvait, incapable de sortir de cette cage crasseuse.

C’est l’ouverture de la porte de sa cellule qui la força à ouvrir les yeux péniblement, non sans que son corps ne sursaute et se crispe. Des pas se dirigeaient vers elle, rapidement et déjà Helzebeth s’attendait à recevoir un coup. Un autre. Que tout déboule encore. Ils étaient deux. Cela ne pouvait qu’être le Souverain et l’un de ses gardes, sauf que la voix qui résonna fut tout autre et les mots que l’homme prononça, auquel elle ne chercha pas sur le champ à reconnaître l’identité n’arrivèrent pas totalement à faire leurs chemins jusqu’à elle. Comme si, elle n’avait réussis qu’à entendre qu’un étrange bourdonnement dans ses oreilles. Elle ne réalisa même pas que le poids des chaines à ses poignets avait disparu. Elle comprit seulement qu’elle fut invité à se lever par un bras, puis, chancelante, ont la retint un moment. Cette fois, les mots que l’homme prononça lui firent relever doucement la tête, jetant un regard lunaire vers ce sauveur impromptu. Qui était-il donc? Fronçant les sourcils, elle chercha à le détailler, mais sa vision floue et l’obscurité de la pièce ne l’aidait en rien. Étais-ce peut-être l’un des alliés de son frère aîné? Elle le souhaitait tant…

Peu importe la rudesse avec laquelle on l’avait poussé vers une direction inconnu, elle s’écroula littéralement dans d’autres bras étrangers qui la réceptionnèrent bien heureusement. Lui laissant peut-être encore une once de dignité, bien qu’elle n’y croie plus vraiment. Sans même lui laissé la chance de dire ou faire quoi que ce soit, les jambes de l’homme qui la soutenait s’activèrent tandis qu’on l’enlaçait, la soutenait fermement ayant glissé une poigne solide contre l’une de ses hanches, glissant le bras de la Blackfyre par-dessus son épaule. Il fut un temps où ce genre de proximité l’aurait fait rougir jusqu’aux oreilles, mais plus maintenant, en tout cas, pas maintenant très certainement. Elle était concentré à tenté de faire quelques pas, mais la vérité était que le garde qui la soutenait, la traînait littéralement, ses pieds dénudés traînaient mollement, même si elle semblait habité d’une certaine volonté à se mouvoir, cela n’avait rien de bien concluant. Alors elle ne remarqua ni l’endroit où ils allaient, encore moins les quelques regards intrigués de peu importe qui dans les couloirs. La luminosité des fenêtres l’aveuglait ainsi donc, seul son avant-bras s’activa suffisamment efficacement, pour lui couvrir légèrement les yeux.

Quoi qu’il en soit, ils arrivèrent devant des portes et, alors qu’elle aurait espéré y voir un tunnel ou l’extérieur pour sortir de cet endroit pourrit, c’est un appartement qui s’offrit à sa vue. Elle tenta bien de freiner la cadence, mais le garde qui l’amenait ne sentie sans doute même pas son hésitation. Non sans un regard qu’elle ne remarqua même pas, il l’abandonna là, à son sort pour aller de l’autre côté de la porte tandis que le… Lord prenait les devants dans la pièce. Tremblant comme une feuille sous la fatigue et le froid, son regard parcourait l’endroit, un peu craintive bien malgré elle tandis qu’elle ramenait ses mains contre ses bras où la chair de poule lui faisait presque mal, tentant au passage, de replacer ce qui lui restait de vêtements.

Les mots que l’homme prononça la glacèrent d’avantage. Leith… Était mort? Son dos heurta bien malgré elle la porte de bois derrière elle. Encore heureux qu’il y ait quelque chose… C’était elle, qui avait réellement fait ça? Elle était morte… Assurément. Son regard nerveux se dirigea vers les rideaux dansant de la grande porte menant sans doute à un balcon… Et l’envie de s’y élancer lui broya les entrailles. Il était hors de question qu’elle ne meurt sous la pain du Roi ou d’Annabeth. Sauf que voilà que son sauveur se retourna, deux coupes en main. Elle le reconnu cette fois, maintenant que sa vue c’était un peu plus accoutumé à la lumière, maintenant qu’elle le voyait de face. Valery Tyrell et… La broche qui trônait sur son cœur. Alors… C’était bien vrai et… Et voilà qu’elle tombait d’une Main du roi… À une autre. Elle n’était pas rassurée, comment diable pouvait-elle bien l’être…

Il lui tendit une coupe, après avoir pris une gorgée de la sienne et plus machinalement qu’autre chose, la jeune Blackfyre agrippa d’une main tremblante son verre, si tremblante, qu’elle en renversa une partie de son contenu et si elle avait bien voulu la frapper de toute ses force ou la balancer à l’autre bout de la pièce en insultant le Lord, son corps avait tout fait de travers. La coupe lui glissa tout simplement des doigts tandis que ses jambes ne la supportèrent plus et qu’elle s’écroula tout bonnement aux pieds de Valery.

Comment voulait-il qu’elle lui réponde. Que voulait-il qu’elle lui dise? Tout ce qui lui passait à l’esprit était Sebastian. Elle s’inquiétait pour lui. Pourquoi est-ce qu’on était venu à sa rescousse ainsi, pourquoi est-ce que cela importait-il au Lord de Highgarden lui, qui était-il lui semblait presque tout aussi proche d’Aegon que l’avait été Leith… L’avait été… Il… Il était mort et elle se retrouvait là… Quel tournure inattendue, sans queue ni tête. Elle était aspirée dans un tourbillon, une espèce de folie qui n’était même pas sienne. Elle n’était résumé qu’à une simple victime, rien que parce-qu’elle était tombé dans l’œil du Lord de Dragonstone, tout ça, parce-que… Parce-qu’elle avait quitté cette prison doré dans laquelle son père c’était entêté de la garder. Pour la préserver, éviter que son pouvoir ne fasse quelconque drame… Et bien… C’était raté.

Elle se mit à rire, tout simplement. Un rire fatigué, peut-être un tantinet à bout de souffle, à bout de tout. Des larmes coulaient bien malgré elle sur ses joues, incontrôlée qu’elle s’empressa de chasser du revers de sa main. Bien sûr qu’elle était en état de choc! Qui ne le serait pas! Elle n’avait rien d’un guerrier, elle avait été préparée à toutes sortes de chose, mais jamais, jamais ne serait-ce qu’à l’ombre de ce qui lui tombait dessus, à ce qu’elle avait subi, dans cet endroit! Et maintenant ça?

-Et vous aller… Vous allez réellement tenter de me faire croire que mon sort vous importe d’une quelconque façon… Chère Lord? Fit-elle, en relevant la tête. Leith lui avait fait le même coup et elle avait visiblement bien fait de ne pas y croire, en quoi toute cette mise en scène serait-elle différente, cette fois? Qu’attendez-vous de moi, au juste?

C’était bien là une question légitime. Était-elle encore un objet que l’ont comptait utiliser contre son frère adoré? Était-il au moins encore en vie? Tandis que son esprit embrouillé tentait de réfléchir correctement, elle tenait fermement les tissus de ce qui restait de sa robe contre elle.

Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Admin
♔ Lady de Black Castle
♔ Sorcière errante


«Le feu qui semble éteint dort souvent sous la cendre.»
«Be who you were created to be and you will set the world on Fire.»
Revenir en haut Aller en bas
Jeu 14 Juin - 21:22


«D’une cage de fer… à une dorée »


Valery était nerveux. Affreusement nerveux. Dans sa tête, c’était le chaos total… n’allez pas croire qu’il avait assassiné Leith d’un sang complètement froid ! Oui, il avait un façade plutôt calme et digne… mais il était bien au bord de la rupture émotionnelle et de la panique la plus totale. Il était libre ! Libre d’enfin vivre sans l’ombre écrasante de Leith sur son épaule. Sans crainte les humiliations ou les critiques que son amant dispensait à tout va. Il était libre d’aimer Aegon sans contrepartie et compétition puérile.  Mais sa liberté, il ne savait qu’en faire ! Le monde tel qu’il le connaissait s’effondrait et il tentait d’en maintenir les éclats en place. Il essayait de faire bonne figure, d’être posé et réfléchi. Il voulait montrer qu’il avait les facultés pour occuper la place de Leith.

Mais il n’était qu’un homme perdu. Un homme, qui venait d’éteindre la vie dans les prunelles de celui avec qui il partageait tout… même l’amour inconditionnel pour Aegon. Il était là, à fomenter des plans, jouer le sauveteur et le bon seigneur… et il ne remarquait même pas à quel point la jeune femme qui lui faisait face était mal en point. Mal en point, désemparée, choquée et démolie. Ce n’était même pas une femme ! Ce n’était qu’une pauvre gamine, blessée, torturée et violentée.

Helzebeth c’était effondrée contre la porte tout d’abord. Il n’avait rien vu, trop accaparer par la tâche de servir le vin sans trembler et en renverser. Il parlait, parlait, parlait. Il parlait pour expliquer en apparence, mais en fait, il parlait surtout pour combler le vite atroce du silence. Un silence de mort… comme Leith. Plus le temps avançait, plus il avait l’impression que le monde tournait trop rapidement. Il lui avait pourtant semblé en contrôle depuis qu’il était sorti… de l’autre chambre. La chambre qui abritait maintenant le cadavre refroidissant d’un amant, veiller par un autre.

Le bruit métallique de la coupe contre le sol de pierre le fit brusquement sursauter. Le son avait résonné dans la pièce, comme un coup de tonnerre dans les champs du Reach. Il regarda bêtement la jeune fille, maintenant effondrée à ses pieds. Sur le sol. Elle riait. D’un rire triste, désabusé. Ses pieds nus et sale, sa robe pratiquement en lambeaux, ses longs cheveux mêlés et dégoutants… le visage marqué par les larmes. Elle avait tout de la mendiante affamée et rien de la Lady au sang de haute noblesse.

Sa voix avait l’intonation de celles qui n’ont été utilisées que pour crier depuis un moment. Mais ses yeux avaient encore une fierté, une lueur farouche. Elle n’était pas faible, elle était certes plus bas que terre, mais elle n’était pas encore vaincue. Mais ce qui figeait Valy, c’était ses traits juvéniles derrière son ironie. Derrière ses derniers moyens de défense. Quel âge avait-elle déjà ? 18 ans ? Non. Elle avait 16 ans… plus jeune que sa petite Kat. Pratiquement une enfant, qui avait déjà bien trop vécue.

Valery s’empressa de déposer son propre verre et de s’accroupir près d’Helzebeth. Elle semblait craindre qu’il agisse comme Leith. Et Aegon. Et c’était probablement la plus grande des logiques pour qui ne le connaissait pas réellement. Et bien peu pouvait prétendre le connaitre réellement. À Port Réal, il n’y avait plus qu’Aegon désormais. Doucement, il dégagea les mèches de cheveux qui couvraient le visage de la jeune femme. « Je vais être honnête, votre sort personnel ne m’importe pas vraiment. Nous, nous ne connaissons pas. Par contre, je connais votre valeur et votre perte aurait des conséquences désastreuses. » Valy n’était pas un homme méchant. Il ne prenait pas de plaisirs à torturer sans raison. Il ne commanditait pas non plus l’assassinat de bébé et ne se glorifiait pas de la violence gratuite. Il était un manipulateur hors pair, une langue acérée et un stratège de renom. Il avait bien des points en commun avec la précédente Main et le Roi, mais torturer des adolescentes n’en faisait pas partie.  

Profitant qu’elle était certainement trop faible pour se débattre, il se releva et la prit dans ses bras. Elle était légère comme une plume, ou plutôt comme un petit oiseau. Il ne la garda pas contre lui indéfiniment. Premièrement parce qu’elle sentait plutôt mauvais… et surtout parce qu’il voulait éviter de finir éborgné. Il la déposa sur la chaise rembourrée qui était face au bureau et donc à quelques pas. Il s’accroupit au côté d’elle, se mettant ainsi plus bas… il avait remarqué que ça semblait mettre en confiance. « J’aime le Roi, plus que tout au monde. Il est mon ami, mon frère. Je ferais tout, pour Aegon. Même vous protéger de la mort, si ça peut lui éviter une guerre.   J’ai aimé tout autant Leith… mais je ne suis pas aveugle non plus. Il est certain… chose, que je ne ferais jamais. Et forcer une femme en est une. » C’est sûr qu’il ne risquerait pas de forcer une femme celui-là ! Un homme… qui sait, mais certainement jamais une femme.

La toute nouvelle main du roi regarda ses propres mains, d’un air pensif et triste puis soupira en se relevant. Il tourna volontairement le dos à la prisonnière et alla se placer à la fenêtre pour regarder dehors. « Ce que j’attends de vous… Rien. Si ce n’est de vivre ici quelque temps. Le temps que la poussière retombe. Je ne puis vous promettre qu’Aegon ne vous blessera plus… mais je peux m’assurer qu’il ne vous tue pas. »  Il se retourna et la regarda, pâle et blessé, dans cet appartement empestant le luxe. « Mais je crois qu’un bain et un repas devraient être la priorité… Je vais appeler quelqu’un pour vous aider.» Il actionna une petite cordelette, qui était reliée à une autre pièce. Là ou une servante serait. « Prenez un bain, prenez tout le temps qu’il vous faudra… »

Le temps qu’il faut, pour voir qu’elle n’avait probablement pas le choix… mais il espérait qu’elle comprenne qu’il ne lui voulait pas de mal. Qu’il n’était pas un bourreau dans l’histoire. Après tout, il aurait pu la laisser croupir en bas… Laisser Annabeth la tuer, laisser Aegon occire Sebastian. Faire en sorte que tous les croient coupables de la mort de Leith, évitant ainsi une guerre et se débarrassant de la tâche de trouver un coupable, qui le regardait dans le reflet de la fenêtre…

Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Admin
♔ Lord de Highgarden
♔ Lord Suzerain du Reach
♔ Main du Roi
Revenir en haut Aller en bas
Sam 16 Juin - 21:02


«D’une cage de fer… À une dorée. »


Il apporta son regard sur elle un moment. Il semblait songeur, réfléchir? À quoi donc… Tout n’était-il pas déjà tracer dans son esprit? Ou cherchait-il quelque chose à dire pour la distraire de la vérité? Il s’accroupie alors devant elle après avoir déposé sa coupe puis, il dégagea avec douceur une mèche de cheveux qui lui couvrait une partie du visage, ne faisant que dévoilée d’autres ecchymoses.

-Ma valeur…

Répéta-t-elle, comme si c’était la chose la plus épuisante et décevante qui soit. En même temps, pouvait-elle espérer autre chose, mieux? Non. Elle avait toujours eut une certaine valeur, même si on se plaisait à dire qu’elle n’était pas une Princesse. Alors, ils avaient tous intérêt à ce décidé et non seulement l’avouer dans une situation pareille. Il fallait dire que sa première apparition au Bal n’avait pas passé inaperçue, c’était bien vrai, tout comme celle aux Festivités. Si cela n’était pas que de son statut, simplement ce qu’elle pouvait représenté en avait une bien lourde aux yeux de la Couronne, elle n’était pas stupide. Elle avait vu le regard de Leith. La marié, aurait eu l’effet d’un raz de marée à travers les Maisons d’Essos. Blackfyre et Velaryon… Cela aurait été horrible, horrible pour son frère, pour les Blackfyre oui. Quoi qu’il en soit, elle se raidit sous le contact du Lord qui l’agrippa et battit des jambes dans le vide tandis que ses mains cherchaient à le frapper.

-Lachez-moi!

Hurla-t-elle, la voix cassée. La panique la gagnait déjà et son regard s’embrouillait par les larmes qui menaçaient encore une fois de couler, sous l’appréhension de ce qui l’attendait pourtant, son corps atterrit sur une chaise et sincèrement, il lui fallut un petit moment pour le réaliser. Essoufflée par cet effort ridicule, elle repoussa vivement ses cheveux de son visage, puis garda une main contre les tissus pour que son autre main tienne l’accoudoir comme s’il était sa seule bouée dans une mer déchainée. Les jointures blanches sous l’effort, elle avisa le Lord qui s’accroupie de nouveau à ses côtés, cette fois, il était plus bas qu’elle et elle l’observa emplie de méfiance, les sourcils froncer.

Ses paroles, elle avait du mal à les avaler. Elle les trouvaient contradictoire. Comment pouvait-il tout vouloir faire pour le Souverain, mais faire en sorte que celui-ci lui épargne la vie? Et sincèrement, à quoi cela servirait-il? Empêcher une guerre? Pourquoi… Parce-que les rebelles comme son frère se soulèverait? Pour sa mort à elle? Elle aimerait bien y croire, mais jamais Sebastian ne l'aurait approcher du Red Keep, si tel était réellement le cas, qu’elle meurt maintenant ne ferait peut-être que donner un peu de couille à une poignée d'homme… Après tout, si elle fut si importante, on aurait dès lors cherché à la sortir de sa fâcheuse position. La majorité ne l'avaient jamais vue encore. À croire qu'elle se promenait de prisons en prison depuis son enfance et pour quoi? Tout lui explosait à la figure en à peine quelques mois de liberté.Et son frère lui? Il n'aurait jamais dû la tendre comme un appât, à ce Bal. Il c'était servis d'elle et... Cette pensée lui fit terriblement mal. Elle refusait d'y croire. Les choses avaient mal tournée, si cela n'avait été que de l'empoisonnement...

Elle observa Valery qui se levait, observant ses mains pour se diriger vers une fenêtre, observant à l’extérieur. Qu’il se soit éloigné d’elle lui donnait l’impression de mieux respirer de nouveau, la tension dans son corps se relâcha aussi légèrement. Elle s’en rendit compte en sentent ses frêles épaules s’affaisser. Quant aux paroles qui suivirent, celles-ci ne l’enchantaient pas. Alors, elle était prisonnière, toujours et encore et elle subirait, encore. Elle devait trouver un moyen de ce sortir de ce merdier… Elle ne savait pas si elle réussirait à supporter tout ça encore bien longtemps. Son ventre se tordit. La seule chose qui changeait, c’était la pièce dans laquelle elle se trouverait et le fait que des chaînes en fer ne la retiendraient plus durement. Elle baissa le regard sur sa personne et relâcha finalement l’accoudoir et massa doucement, douloureusement l’un de ses poignets où la peau était creuser, lacérée qui tenait toujours son vêtement contre elle. Cela laisserait probablement des marques pendant longtemps…

-Où est mon frère? Comment va-t-il… Je veux le voir, je vous en prie…

Répondit-elle d’une petite voix suppliante. Elle doutait fort qu’il soit possible de voir Sebastian, mais elle ne pouvait s’empêcher de le demandé. Était-il encore vivant? Avait-il quitté le Red Keep ou croupissait-il encore dans les Donjons? Elle n’osait s’imaginer sa mort, encore moins qu’on l’ai libéré et qu’il n’ai rien tenté pour elle… Et les Connington? Et les Lannisters ou ces autres Maisons ou clan qui supportaient la cause? Et personne, aucun homme ne serais-ce qu’aux services de son frère n’avait tenté quoi que ce soit? C'était trop louche pour être vrai et cela l’inquiétait affreusement. Quelque chose clochait, c'était évident. Elle se sentait seule et démunie. Abandonnée à son triste sort. Ont l'avait menacer, c'était évident... Ou bien il était mort.

Ont toqua à la porte et suite à la réponse de Valery, une domestique entra la tête bien basse. Celle-ci se dirigea vers le Lord qui lui mentionna ce qu’il désirait qu’elle fasse soit, s’occuper d’Helzebeth. La femme à l’aube de l’âge mur se retourna vers elle et afficha une moue presque horrifiés. Avait-elle si mauvaise mine? Un peu honteuse, la jeune Blackfyre détourna le regard, tout en s’aidant des accoudoirs de la chaise pour se redressé. La domestique s’empressa de la rejoindre, puis de la soutenir et l’aider à se diriger jusqu’aux bains.

«Venez, Milady. Je vais m’occuper de vous… Un bon bain chaud vous fera le plus grand bien.»

Helzebeth jeta un coup d’œil oblique vers le Lord se trouvant toujours près de la fenêtre et, avant de disparaitre derrière le paravent lui offrant au moins cette intimité dont-elle avait affreusement besoin, il lui sembla qu’il disparut dans l’une des pièces juste à côté. La domestique entreprit de la dévêtir délicatement, cherchant visiblement à ce faire discrète sur la vue de son corps ecchymosée et écorchée, mais bien entendu que son regard s’attardait sur ses blessures et le sang sécher sur son corps. Celle-ci avait les lèvres pincée, visiblement dans l’optique de ne laisser sortir aucun commentaire, mais c’était évident que la Lady lui faisait pitié. Encore heureux, Helzebeth n’était pas plus en état d’entendre quelconque commentaire compatissant.

La femme l’aida à entrer dans le bain, puis lui nettoya avec la douceur d’une éponge épaisse le dos, les bras, le visage et les cheveux tout en fredonnant une mélodie douce. Laissant au moins le reste à Helzebeth qui faisait le tout machinalement, le regard ailleurs. En fait, l’angoisse ne faisait que grandir dans le creux de sa poitrine au point où elle en devenait douloureuse. Elle ne pouvait pas rester ici. Elle devrait trouver un moyen, qu’importe lequel de sortir d’ici. C’était comme si, à mesure que le temps avançait, que la pièce dans laquelle elle se trouvait se refermait sur elle. Sommes toutes, au bout d’un moment, la domestique laissa échapper un rire doux, en rien moqueur.

«Milady, si vous continuer de frotter ainsi votre cuisse, vous en ferez disparaitre même votre peau… Aller, vous êtes bien propre maintenant sortez avant d’attraper froid, l’eau est glacée.»

Cela la sortie de ses pensées et elle réalisa qu’en effet, elle avait bien terminé. Elle baissa le regard sur sa cuisse rougie à force d’y avoir glissé l’éponge, l’esprit bien trop ailleurs pour même réalisé qu’on l’avait même rincé. Avec l’aide de la dame, Helzebeth se leva et fut bien heureuse de sentir la chaleur et la douceur d’une serviette contre son corps glacé. Grelottant comme une gamine qui aurait nagé trop longtemps dans les lacs, elle se laissa vêtir d’une robe à sa taille… Et plutôt sobre, mais digne de son rang tout de même. La domestique l’escorta gentiment jusqu’à un fauteuil, où juste devant se trouvait une petite table où trônait diverses victuailles dans le but évident de la nourrir. Helzebeth s’y installa volontiers, fatiguée par le simple fait de s’être habillé et observa le plateau, le cœur à la gorge.

«Je reviens, je vais avisé le Lord que vous êtes prête.»

La jeune blonde releva un regard sans émotion vers la domestique qui tourna les talons et se dirigea vers l’autre pièce. Celle-ci ayant profité d’un moment loin de la Lady pour lui faire part du fait qu’il vaudrait sans doute mieux qu’elle voie au plus tôt un Mestre, en vue de certaines blessures menaçant l’infection, voir certaines c’étant ravivé au simple passage de l’éponge. Il n’y avait qu’à voir les chaudières près du bain, de toute façon, pour réaliser que l’eau était brunâtre, mais aussi rougeâtre.

Helzebeth s’avança péniblement, pour étirer une main vers le plateau et y agripper un raisin. Ainsi, elle jeta un coup d’œil subtile vers l’autre pièce où elle croisa le regard du Lord, dépassant du dos de la domestique. Elle porta le raisin à ses lèvres et en pris quelques autres, qu’elle déposa dans le creux de son autre main. Disparaissant de sa vue de nouveau, elle se leva rapidement –du moins, le plus possible- et se dirigea vers les grandes portes qu’elle ouvrit doucement, craignant un grincement. Tombant nez à nez avec deux gardes qui se tournèrent vers elle, interloqué. Helzebeth se contenta d’afficher un mince sourire et de passé entre eux, comme si rien.

-Messieurs…

Évidemment, les garde n’osèrent intervenir tout de suite, mais l’un d’eux pénétra dans les appartements rapidement, sans le moindre doute afin de s’assurer que c’était bien normal, si la Lady quittait ainsi après tout, ils n’avaient pas encore eu l’ordre de ne pas la laissé sortir alors peut-être… Et accosté ainsi une Lady, pourrait leur attirer de sales ennuis, si ce n’était pas convenu. Helzebeth accéléra le pas comme elle le pouvait. Son cœur battait violemment dans ses tempes tandis qu’elle sentait le regard du second chien de garde dans son dos, près à l’attaque… Sa main glissant sur l’un des murs pour mieux la soutenir, elle entendit une exclamation derrière elle, qui résonna dans son esprit tel un coup de tonnerre… Alors elle s’élança, ramassant les pans de sa robe et commençant à courir à travers le couloir.

Le bruit d’épée des gardes cognant sur leur plastron métallique, simultanémment au sons de leurs bottes contre la pierre qui s’agrandissait trop rapidement la faisait paniquer. Ratant de tomber, elle se rattrapa contre le mur et risqua un coup d’œil derrière elle. Valery l’attendait, les bras croisé dans le cadre de porte et les gardes, trop près!... Elle tourna le couloir et avisa les fenêtres qui menaient directement au jardin extérieur, entrevoyant le jour, les arbres… Lorsqu’une poigne solide l’agrippa à la taille. Étirant les bras devant elle, elle s’agrippa à la pierre désespérément.

-Au seco…!!

À peine sa voix avait tenté de résonner en écho jusqu’à l’extérieur, que déjà ont posait une main solidement sur ses lèvres fendue et qu’on offrit un retrait vers l’arrière plus brutal, la forçant à lâcher prise. Quelques têtes se tournèrent, mais personne ne vis rien. De toute façon à cette heure, très peu se promenaient dans les jardins, si ce n’était que les employés et peut-être un ou deux Nobles dans les bonnes grâces de sa Majesté. Se débattant comme une furie tandis que le garde qui la tenait la leva de terre comme si rien, immobilisant ses bras contre sa propre poitrine et la serrant contre lui, elle balança ses raisins à la gueule du second garde voulant lui agripper les jambes, pour mieux la maîtriser. C'était celui d'ailleurs qui l'avait gentiment traîner jusqu'aux appartements de Valery. Si ceux-ci avaient une teinte verte, ce fut cinq petites boules enflammées qu’il évita de justesse, s’écrasant sur le mur opposé. Celui-ci jeta un regard interloqué vers la jeune femme qui déjà s’épuisait toute seule et voyait bien, qu’elle avait perdu cette round épuisé par son effort physique, encore plus en drainant ses minces réserves magique. Ce fut le noir total.
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Admin
♔ Lady de Black Castle
♔ Sorcière errante


«Le feu qui semble éteint dort souvent sous la cendre.»
«Be who you were created to be and you will set the world on Fire.»
Revenir en haut Aller en bas
Jeu 21 Juin - 21:52


«D’une cage de fer… à une dorée »


Bien sûr, que la jeune femme allait se débattre dans ses bras. C’était même prévisible… Au moins, il avait prévu la réaction et ne l’avait donc ne pas laisser choir sur le sol dur. Ce qui n’aurait en rien aidé sa cause ! Toujours est-il, que sa petite protégée était des plus méfiante. Il allait falloir jouer serrer, pour réussir à la convaincre qu’il était l’homme de la situation. Qu’elle serait mieux ici que partout ailleurs. Oh ! Ce n’était certainement pas vrai, elle serait mieux à Antlers, dans son propre foyer… mais pour combien de temps ? Combien de semaines, de jours, avant qu’Aegon ou Annabeth brûle le château et la fasse trépasser dans de longue, terriblement longue, souffrance ? Déclenchant ainsi un soulèvement et une foutue guerre qui pourrait mettre en péril l’équilibre précaire dans lequel ils évoluaient tous.

Il ne fallait pas se leurrer. Quelque chose se tramait au-delà des frontières de King’s landing. Nul besoin d’être maître des chuchoteurs pour s’en rendre compte. Il n’y avait qu’à voir les tensions des différents nobles pour comprendre qu’une toute petite étincelle pourrait mettre le feu à la poudrière. Et là, ça ne serait pas beau à voir. Alors si les Blackfyre étaient exécutés, comme ça, sans raison apparente ou procès concret, révolte il y aurait certainement. Les Lords commenceraient à se sentir en danger, se disant qu’Aegon devenait trop dangereuse pour gouverner et le bordel se mette en branle. Non, vraiment, il valait mieux pour tout le monde qu’Helzebeth Blackfyre reste ici, dans ses appartements. Il fallait aussi qu’elle soit vue en public, qu’on pense qu’elle est libre. Tout ceci serait un magnifique jeu, où les apparences et les rumeurs seraient le terrain. Un jeu de noble, un jeu de cours. Et pour cela, il devait commencer par faire comprendre à la jeune femme où son intérêt était. Mais encore, avant cela, il lui fallait la soigner.

À peine la petite corde tirée pour appeler une domestique, une petite voix suppliante se fit entendre. À cet instant, Valery remarqua à quel point elle n’était quasiment encore qu’une enfant. Une enfant perdue, seule et désemparée. Cela ne servait à rien de jouer au jeu avec elle. Aussi fragile qu’elle fût, il n’avait quasiment qu’à la cueillir. Oh bien sûr, elle n’allait pas se laisser berner facilement ! C’était tout de même une jeune femme avec un fort caractère… rien qu’à voir ce qu’elle avait fait à Leith ! Mais… n’avait-il pas faire pire à Leith ? Encore une fois, la culpabilité manqua l’étouffer et une boule d’émotion se forma dans sa gorge. Avec l’habitude des Lords, il la fit passer subtilement dans une gorgée de vin.

« Je crains, Lady, que votre frère n’ait déjà quitté les lieux. »

Ce qui n’était bien sûr pas du tout le cas. Il s’était occupé d’Helzebeth en priorité. Sebastian pouvait attendre un peu, il serait probablement libéré dans la journée ou le lendemain. Mais comme il ne comptait pas le laisser voir sa sœur dans les semaines qui suivent, il pouvait bien dire ce qu’il voulait. Si en plus, cela pouvait l’aider à manipuler un peu la tête de mule qui lui faisait face…

« Dès qu’il a su qu’on venait vous chercher pour vous mener en sécurité ici, il a pris son chemin. Si vous voulez, après votre bain, vous pourrez lui écrire un corbeau. »

Et comme l’oiseau prendrait un moment avant d’arriver à Antlers, puis revenir, elle aurait le temps de murir un peu ici… et en plus, il y aurait prochainement des funérailles auquel la noblesse allait probablement être invitée. Il voulait bien être pendu, si Blackfyre ne s’y pointait pas… de toute façon, entre temps, il aura pu voir le Lord et le faire chanter un petit brin. Le truc là-dedans, c’était d’avancer ses pièces avec parcimonie et délicatesse. Une à la fois. Soigner la petite, la consolée. Lui offrir de quoi s’habiller, se nourrir et un bon lit. Réfréner autant que faire se pouvait les ardeurs d’Aegon. Lui permettre d’écrire à son frère… peu à peu, son jeune esprit allait finir par le voir comme un protecteur, un ami. Puis le doute pourra s’installer dans son esprit au propos de son frère.

La domestique entra et comme il l’avait prévu, fit un air d’horreur devant la pauvre jeune fille. Et comme il l’escomptait, Helzebeth réagissait avec une certaine honte. Il n’avait pas de hasard à ce que ce soit cette femme en particulier qui monte. Il avait actionné la deuxième clochette. Celle qui interpelait Leona, une femme qui avait été dans ses premières années la femme de chambre de sa mère… puis celle qui l’avait couvert et dorloté quand il était lui-même enfant. Elle était vieille, mais semblait encore jeune de visage et ne manquait surtout pas d’énergie. Cette femme était une douceur et une force de la nature. C’était ce qu’il fallait à sa jeune prisonnière. Son ton de voix était doux et respectueux… mais Valery savait y reconnaitre la fermeté qui l’avait si souvent calmé alors qu’il provoquait des inondations de bain !

« Prend bien soin d’elle Leona. Elle en a vraiment besoin… Dorloté là, comme vous le faisiez si bien avec moi. Pendant ce temps, je vais allez lire un peu… »

« Vous et les livres… mon petit, vous devriez sortir un peu de vos pages. Ce n’est pas bon, à votre âge d’être aussi solitaire ! »

La vieille femme claqua sa langue contre son palais tout en entrainant Helzebeth vers le paravent et Valery laissa échapper un petit rire doux. Malgré les émotions de la journée, l’inquiétude constante de cette femme lui réchauffait le cœur. Quoi qu’il en soit, il prit son livre –une merveille, tout droit arrivé d’Essos ! – et alla s’installer dans une bergère située dans la pièce voisine pour laisser de l’intimité à la jeune femme. Rapidement, la lecture le prit.

Il fut sorti de son livre par Leona qui vint lui demander de faire voir la petite par un mestre. Et rapidement si possible. C’était en effet prévu au programme, il n’allait certainement pas la laisser mourir d’infection dans ses appartements ! Ça reviendrait au même que de laisser quelqu’un l’exécuter ! Après avoir assuré au moins deux fois qu’il allait lui faire mander le mestre après le repas, Valery fut de nouveau seul. La jeune femme étant installée à la petite table près de la fenêtre face à quelques victuailles, il se dit qu’il pouvait au moins terminer son chapitre avant d’aller la rejoindre. Cela lui laisserait en plus un peu de temps pour reprendre ses esprits…

… ou pas. Du coin de l’œil, il vit passer Helzebeth. Elle essayait d’être subtile. C’était… hm. Pratiquement une réussite. Pour une enfant de quatre ans, aveugle et sourde ! Ne s’en faisant pas plus que ça, il ne broncha même pas, se contentant de terminer les quelques lignes de sa page. Elle sortit et lui se leva sans se presser. Un de ses gardes entra dans la pièce au même moment. Ils étaient très bien entrainés… d’un seul coup de tête de Valery, il s’élança au-dehors.

Lui-même alla s’installer nonchalamment contre le cadre de la porte et croisa les bras. Rapidement, elle fut maîtrisée et ramenée.

« Doucement ! Ce n’est pas une crapule, c’est une Lady ! Franchement… »

La suite se passa rapidement, boule de feu et évanouissement. Eh bah, en voilà une matinée chargée. Il fit signe à ses gardes de reprendre leurs postes, et lui, prit délicatement la belle au bois dormant pour la mener à une des petites chambres attenantes, là où elle dormirait à présent. Il déchargea son précieux paquet sur le lit. Il revint dans la pièce principale chercher le plateau-repas, la pauvre fille allait vraiment en avoir besoin là ! Au moins, savait-il à présent qu’elle était trop faible pour le faire rôtir comme Leith ! Il installa le tout sur une petite console puis versa de l’eau dans la carafe et avec un linge, il tapota le front d’Helzebeth.

Il se souvenait vaguement avoir fait cela pour Kataeryn, quand elle était toute jeune et qu’elle était tombée bien malade. Le souvenir lui attira un air attendri et doux, alors que son regard se faisait flou de celui qui ne voit plus réellement la pièce dans lequel il se trouve, mais une autre. Assis au chevet de la demoiselle, il attendait qu’elle se réveille de sa faiblesse.


Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Admin
♔ Lord de Highgarden
♔ Lord Suzerain du Reach
♔ Main du Roi
Revenir en haut Aller en bas
Mer 27 Juin - 23:56


«D’une cage de fer… À une dorée. »


C’était trop, tout ça pour elle. Ce n’était pas uniquement cette course folle dans les couloirs, c’était tout, tout ensemble. Ce n’était pas sa première perte de conscience depuis les dernières semaines en fait, elles les accumulaient! Elle en était rendue là. Pathétiquement molle, telle une petite poupée qu’on transfère de bras comme si de rien était. Si déjà elle fut légère, elle l’était d’autant plus. Elle avait presque la peau sur les os et son propre reflet dans le miroir, si ce n’était que de ces blessures qui disparaîtraient doucement, sa maigreur lui fit presque peur à voir. Il fallait dire qu’elle n’avait pas avalé un repas digne de ce nom depuis les Festivités.

Quoi qu’il en soit, dans les méandres de l’inconscience, elle n’eut conscience de strictement rien de ce qui s’suivis tout autour d’elle. Rien ne l’affectait, comme si le temps en entier, tout, sans la moindre exception c’était figé. Il n’y avait plus d’inquiétudes, plus de peur ni de souffrance. Si la mort ressemblait à ça, alors cela ne lui dérangeait pas trop, de ne plus revenir. Elle l’avait d’ailleurs si souvent et ardemment souhaiter, ces dernières semaines. Une honte pour sa famille, son nom. C’était un désir secret, qui ne troublerait, ni offenserait personne.

Elle n’avait donc eut aucune conscience à savoir combien de temps elle était restée là, étendue dans ce lit confortable, moelleux. Même si cette couche n’était pas de la plus grande qualité qui soit, ses muscles, eux, en étaient très satisfaits. Helzebeth n’avait jamais été du genre à se plaindre dans son propre confort, n’avait jamais espérer avoir mieux si ce n’était que de pouvoir sortir de cette cage dorée –grave erreur, visiblement-. Elle avait toujours été une enfant facile et obéissante, qui remerciait à chaque jour la chance qu’elle avait d’être une Blackfyre. Elle aimait son père, malgré son changement d’attitude envers elle, à mesure qu’elle grandissait et adorait bien entendu son frère. Elle ne les aurait échangés pour rien au monde. Elle c’était toujours considéré chanceuse, malgré les quelques rêveries qui semblaient impossible à réaliser, où son Mestre lui remettait les pieds sur terre, mais… Sommes toutes…

Elle tressailli durant son inconscience, ses sourcils se fronçant malgré elle. Malgré le repos qu’elle réussissait difficilement à accumuler. Son esprit lui, vacillait entre Dragonstone, les Donjons ainsi que des scénarios n’ayant jamais existé. Il ne fallait pas être un érudit pour comprendre que son jeune esprit était troublé. Le contact de l’eau contre son front glacer la faisait frissonner. Comme si son corps n’était pas en mesure de se réchauffer par lui-même malgré la température plutôt chaleureuse de la pièce. D’ailleurs, le Mestre vint l’ausculter durant ce petit intermède, faisant la liste des choses les plus urgentes à prendre en main. D’ont certaines blessures qui en effet, avaient commencé à s’infecter. Ce fut donc surprenant d’apprendre que la Lady souffrait d’hypothermie par-dessus le marché. Ouvrir un foyer à cette époque de l’année dans les Corwnlands était presque de la folie, mais cela semblait nécessaire à sa survie. Le pauvre Mestre ne semblait pas comprendre quel mal semblait l’avoir pris d’assaut et dû se rendre à l’évidence que le meilleur moyen d’en savoir plus sur sa condition était de demandé au Mestre des Blackfyre. Peut-être que la jeune femme souffrait d’une maladie quelconque, mais il semblait voir cela d’un mauvais œil. Peut-être avait-elle été une pècheresse et que les Sept la punissait pourtant… Même s’il voulut vérifier, le Lord l’en empêcha. Ce n’était pas à ce Mestre de confirmé quoi que ce soit à ce sujet, la concernant du moins, sans l’accord de la jeune Blackfyre et profiter de son inconscience pour lever le voile sur ces questionnements n’étaient visiblement pas dans les cordes du Tyrell. Peut-être connaissait-il déjà la réponse, ou préférait sincèrement ne pas le savoir.

Dans tous les cas, le Mestre termina sa besogne, offrant ses conseils à Valery, quant au rétablissement d’Helzebeth. C’est des questionnements plein la tête, qu’il finit par quitté et les laisser seuls. Le temps, passant sans doute trop doucement, mais pour elle, impossible de le savoir sommes toutes, ses paupières finirent par papillonner légèrement, puis elle se redressa vivement, ce qui lui causa un haut le cœur, puis un mal de crâne qui la força à porter l’une de ses mains sur sa tempe tout en s’adossant contre le dossier du lit en bois, doucement. Elle tourna la tête vers sa droite et y repéra un fauteuil vide, mais quelqu’un semblait s’y être installé en vue du verre qui y trônait sur la petite table juste à côté. Ce n’était assurément pas à elle, ce vin. Valery?

Elle était surtout surprise d’être encore visiblement dans ses appartements, dans une chambre adjacente plutôt que d’être retourné dans les Donjons, avec la petite scène qu’elle avait faite plus tôt… Certaines parties de son corps lui faisaient étrangement plus mal que dans ses souvenirs, sans compter ces courbatures dues au simple fait d’avoir eu un bon lit… Elle en grimaça un bref instant et s’étira prudemment, afin de glisser une main sur l’une de ses blessures, celle la brûlant particulièrement au niveau du flanc… Tiens, elle était cousue… Elle allait entreprendre de vérifié, lorsqu’elle aperçue la silhouette du Lord apparaître devant sa porte. Il avait déjà vue un peu trop de peau à son goût lorsqu’il était allé la chercher dans sa cellule, pas la peine d’en ajouter… Elle se repositionna un peu mieux, question de prendre un meilleur appui contre la tête de lit et observa un moment le Lord Tyrell.

-Je vois que vous n’avez pas changer d’avis, me concernant…

Fit-elle, détaillant le Lord plus en profondeur que la première fois, cette fois. Il fallait dire qu’elle était moins sous le choc, mais pas pour autant moins chamboulée. Elle aimerait tellement savoir ce qui l’attendait, même si ce n’était pas glorieux. Elle avait eu si peur, ces dernières semaines. Elle c’était senti si seule et avait eu si mal, qu’elle ne se sentait pas d’avoir la force mentale de supporté un autre geôlier. Pourtant… Il n’en avait pas l’air, mais est-ce que cela voulait dire qu’il n’en était pas un? Elle avait du mal à le croire innocent. Être dans l’entourage d’Aegon comme il l’était le tâchais déjà, de toute manière et elle, si elle restait sous son toit…

-J’ai des revendications. Fit-elle, le fixant toujours. Vous m’avez dit plus tôt que vous aimez le Roi, plus que tout. Pensez-vous deux secondes que je vais me gêner, pour me servir de cela alors que vous vous amuser de la même manière avec mon frère et moi?

Elle prit une pause. Sa voix était basse, un peu faible certes, mais la présence du feu ne l’avait pas simplement réchauffé, elle s’en était nourrit. Elle jeta un coup d’œil dans les flammes du foyer et il ne fut pas bien difficile de réaliser que, celles-ci avaient augmenté en volume durant ce laps de temps. La jeune sorcière afficha un sourire en coin, puis rapporta son regard vers le Lord.

-Vous aller devoir trouver un moyen de me garantir qu’il ne me fera plus de mal. Autrement, je lui réserverais le même sort que Leith. Vous ne voulez pas cela, n’est-ce pas? Alors, à vous de le convaincre.

Après tout, rester ici, enfermé… Elle pouvait supporter, elle l’avait fait toute sa vie, enfermé dans le Black Castle, puis dans sa chambre, s’ils recevaient d’autres Maisons… Mais rester ici en craignant chaque seconde que le Souverain n’apparaisse dans le cadre de porte… Non. Et qu’il lui fasse de nouveau du mal, comme il avait fait, non plus. Elle ne le supporterait pas. Ce serait dommage que tous les efforts de la Main du Roi se résument à une Blackfyre écrasé sur le précieux carrelage du Red Keep… Et bien entendu que la menace le concernait lui-même, bien qu'il avait mentionner ne pas être de ceux qui prenaient les femmes de force, elle avait du mal à le croire dans l'état d'esprit dans lequel elle se trouvait. Ce n'était pas comme si elle avait la capacité -hélas- de passé par dessus ce qu'elle avait vécue en un claquement de doigt. Les blessures, dans son esprit y resteraient bien longtemps...


Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Admin
♔ Lady de Black Castle
♔ Sorcière errante


«Le feu qui semble éteint dort souvent sous la cendre.»
«Be who you were created to be and you will set the world on Fire.»
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
Revenir en haut Aller en bas
Page 1 sur 1

Sauter vers :
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Dragons of Westeros : A Game of Thrones - Forum de RP :: Westeros :: Crownlands :: King's Landing-