Revenir en haut Aller en bas


Forum de RP basé sur l'univers de l'oeuvre de George R.R. Martin A song of ice and fire et de sa série télévisée Game of Thrones.
 

“La mer est aussi profonde dans le calme que dans la tempête.” [PV Uthor]

 :: Westeros :: Iron Islands :: Pyke Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Mar 29 Mai - 19:50
Cela faisait quelques jours que Nyssa n’avait pas visité la grande forteresse de Pyke. En effet, rien de considérablement majeur ne s’était déroulé sur l’île depuis le départ des Lannister, venus pour former une quelconque alliance avec le suzerain des Iron Islands, Uthor Greyjoy. Quelques jours auparavant, sont seigneur s’était présenté devant elle pour obtenir les conseils du Dieu Noyé concernant un sujet plutôt épineux. Lord Greyjoy avait d’ailleurs été particulièrement mystérieux dans sa demande, si bien qu’il avait été difficile pour la prêtresse de donner une réponse claire à son maître temporel. Ce faisant, sans être bien certaine de l’exacte signification des mots d’Uthor, la jeune femme s’était concentrée, avait fait ses offrandes comme à l’habitude et, tout en versant de l’eau de la mer dans son récipient sacré, elle demandé à son père une réponse à la question que posait son seigneur. Interpréter la réponse du Dieu Noyé lui donna du fil à retordre et beaucoup plus de temps qu’à l’habitude, si bien qu’elle sentait Uthor soupirer d’impatience derrière elle. « Un moment, Lord Greyjoy, les propos du Dieu Noyé sont plutôt énigmatiques. Je m’efforce de faire mon travail de mon mieux, pour servir le suzerain des Iron Islands. » Cette réponse avait paru le calmer quelque peu. Nyssa se doutait bien que la réponse qu’il attendait du Dieu Noyé allait l’aider à prendre une décision capitale concernant l’avenir du royaume. Bien qu’elle ne fréquentait pas souvent le seigneur Greyjoy, il venait souvent à elle lors de prises de décisions importantes et elle avait entreprit de décoder son non-verbal de façon à anticiper ses questions, ses besoins et ses réactions. Après tout, elle était « fille d’un dieu », prévoir les choses avant qu’elles n’arrivent consistait en ce qu’on attendait généralement d’elle. Après avoir donné à son seigneur la réponse la plus claire qu’elle avait pu considérant la réponse cryptée qu’elle avait interprétée, ce dernier avait quitté son humble demeure et quelques temps plus tard, sa fille, Ashara, accostait à l’un des ports naturels de l’île, accompagnée de Lannister. Du haut de la falaise, le vent marin balayait le visage de la prêtresse et la mer s’abattait doucement contre la falaise. Son suzerain avait pris une bonne décision et le Dieu Noyé montrait son consentement.

La jeune femme n’avait pas assisté aux événements – qui devaient consister, en toute logique, en des négociations – et n’avait pas non plus chercher à y participer. Oh bien sûr, elle aurait probablement pu s’y immiscer et clamer que toute décision concernant l’avenir de Pyke devait se prendre avec un représentant du Dieu Noyé, et encore mieux sa fille, mais, même si elle prenait un plaisir à s’imposer comme supérieure en raison de son ascendance, c’était une attitude qu’elle n’avait jamais prise et imposée à son suzerain. De plus, la vie sur les Iron Islands ne ressemblait en rien à celle que l’on pouvait vivre sur le continent. Les hommes de religion et les représentants de la divinité sur terre ne pouvaient pas être corrompus par des biens matériels. Ceux qui rejoignaient les rangs de la prêtrise avaient nécessairement et obligatoirement les meilleurs intérêts des Fers-nés en tête et surtout en priorité. Nyssa n’était pas différente. En outre, ayant été élevée depuis pratiquement sa naissance par l’un des plus pratiquants prêtres du Dieu Noyé, la jeune femme partageait ces idéaux. Ainsi, bien qu’elle aurait sans doute été dans son droit « divin » de vouloir participer aux décisions, elle préférait laisser l’avenir du royaume entre les mains d’Uthor. Après tout, ce dernier était venu demander conseil à son Dieu, accordant ainsi la place qu’il devait à la religion dans l’avenir et le bien-être du royaume. Le reste, résidait dans les aptitudes qu’il possédait. Au fil des années, le suzerain de Pyke avait su gagner l’admiration de la prêtresse par ses décisions avisées, la froideur qu’il démontrait en toute circonstance – ce qui lui rappelait sa propre froideur – et surtout sa loyauté aux Îles de Fer et à sa famille. Ainsi, alors qu’elle regardait les bateaux quitter le port, entourée de l’esprit de son père dans toute son immensité, elle savait qu’elle avait bien communiqué son désir et qu’Uthor avait pris la bonne décision pour l’avenir et la prospérité du royaume.

***
C’est Talia, une jeune fille orpheline qu’elle avait pris sous son aile pour l’aider et la servir, qui vint la réveiller un matin où il faisait terriblement sombre. Un orage n’allait définitivement pas tarder et la mer serait indomptable. Instantanément, Nyssa ferma les yeux et demanda à son père d’être indulgent et d’épargner les Fer-nés qui se trouvaient en mer. Talia l’informa qu’un messager était arrivé quelques minutes auparavant l’informant que Lord Greyjoy l’avait conviée à la forteresse de Pyke. En quelques instants seulement, elle descendit de son lit, fila dans la bassine chaude que la jeune fille lui avait déjà préparée et commença à se frotter à l’aide d’un savon à base d’algues que certaines femmes de pêcheurs fabriquaient. Talia arriva juste au bon moment pour s’occuper de ses cheveux, qu’elle lava et rinça rapidement. Après son bain, la prêtresse entreprit de se vêtir de sa traditionnelle tenue noire et s’assied sur un petit tabouret pendant que la jeune servante s’affairait à installer les différentes perles et breloques typiquement originaires des Iron Islands. Elle les recevait généralement en cadeau, un peu comme une offrande à ses origines et cela lui plaisait beaucoup plus que n’importe quel sac d’or. Nyssa était une jeune femme fière de ses origines, certes supposément divines, mais elle était encore plus fière de provenir du royaume des Îles de Fer.

Après avoir peint ses lèvres de leur traditionnelle couleur noire et enfilé ses gants, la prêtresse enfila la cape que lui tendait Talia et se mit en direction de la forteresse. Toujours à son habitude, elle décida de marcher jusqu’à la demeure de Lord Greyjoy puisque cela lui permettait de prendre le pouls de l’île. Elle s’arrêterait d’abord au port, afin de s’enquérir des dernières nouvelles, qu’elle se chargerait de transmettre à Uthor. Elle aimait bien être celle qui lui apprenait les nouvelles du continent, cela montrait son désir d’être prise au sérieux, non seulement comme prêtresse, mais comme conseillère, s’il venait un moment où le souverain se décidait à lui demander son opinion sur un sujet quelconque. La marche jusqu’à la forteresse lui prit un peu plus d’une heure. Elle se doutait que la rencontre n’était pas d’une importance de vie ou de mort, sans quoi le messager l’aurait attendue, ce qui n’était pas le cas. Lorsqu’elle arriva finalement à sa destination, on lui ouvrit tout de suite la porte et une servante la conduisit à la salle du trône. Nyssa lui tendit sa cape et elle entra dans la pièce où Lord Greyjoy était déjà assis. La jeune femme inclina légèrement la tête. « Lord Greyjoy. » Il lui fit signe de s’approcher et elle prit place sur la chaise où elle s’installait généralement. Aussitôt, la femme qui avait pris sa cape lui apporta un gobelet de vin chaud. Elle prit une gorgée en fermant les yeux. Elle se tourna vers son suzerain. « Que puis-je faire pour vous Lord Greyjoy? »
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
♔ Prêtresse du Dieu Noyé


Below the thunders of the upper deep,
Far, far beneath in the abysmal sea,
His ancient, dreamless, uninvaded sleep
The Kraken sleepeth: faintest sunlights flee
About his shadowy sides; above him swell
Huge sponges of millennial growth and height;
And far away into the sickly light,
From many a wondrous grot and secret cell
Unnumbered and enormous polypi
Winnow with giant arms the slumbering green.
- The Kraken, Alfred Tennyson
Revenir en haut Aller en bas
Lun 18 Juin - 17:28
Sa décision récente d’unir sa fille avec un Lannister l’avait longuement taraudé, bien qu’il s’était convaincu du bienfondé de celle-ci. Après tout, il avait fait un choix judicieux qui allait permettre aux îles de s’élever et de s’épanouir. Mais parfois, son cœur de père entrait en conflit avec son cœur de Lord. D’une certaine façon, chaque fer-né était l’un de ses enfants qu’il se devait de protéger et d’aider à progresser. Cela ne l’empêchait pas que la chair de sa chair demeurait ses favoris d’entre tous, et son esprit entrait alors en conflit intérieur. Qui devait-il prioriser ? Les réactions de son adorable puiné lors de leur conversation le jour des fins des négociations lui revenaient en mémoire. Elle craignait un peu le choix sur lequel son regard allait s’arrêter. Il ne pensait pas que cela puisse être un manque de confiance, après tout, elle savait très bien qu’il ne voulait que son bien. Mais il se demandait si ce qui pouvait représenter une bonne décision pour lui, en était tout autant une pour ses filles. La nouvelle avait enchantée Lysa, comme il s’y attendait. Alors pourquoi se sentait-il ainsi?

Comme chaque fois que son esprit le tourmentait, il avait décidé de faire appel à la prêtresse Nyssa, qui se démarquait des autres par son audace et ses tendances tout à fait marginales. Son histoire rocambolesque laissait une aura de mystère autour d’elle qui lui conférait une sorte de pouvoir sur le peuple des Irons Islands. Elle était cultivée et ambitieuse, il savait ainsi qu’il avait toujours un avis pertinent auprès d’elle qui saurait soit l’éclairer, soit l’amener plus profondément dans ses réflexions. Le jour se levait alors qu’il dépêchait un messager pour la faire venir vers lui. Il aurait certes pu se déplacer et aller retrouver la prêtresse dans son lieu de culte, mais actuellement, ce n’était pas un avis divin qu’il recherchait. S’il avait voulu consulter le Dieu Noyé, il se serait déplacé. Non, il voulait l’avis de l’être de chair qu’elle était, il voulait discuter avec elle. Certes, n’ayant pas d’enfant, elle ne saurait sans doute pas comprendre ce qui l’avait perturbé ses nuits dernièrement. Par contre, le regard extérieur qu’elle pouvait poser sur ses doutes serait bénéfique. Il avait confiance en son silence et n’était pas particulièrement mal à l’aise de lui manifester ses questionnements.

Le messager revint, lui apportant l’annonce de l’arrivée prochaine de la prêtresse et Lord Greyjoy entreprit de préparé une salle pour l’accueillir. Cela ne mit pas bien longtemps et il s’appuya au mur alors que les domestiques s’affairaient. Évidemment, comme à son habitude, la dame prenait son temps. Il fronça les sourcils et soupira. La patience n’était pas l’une de ses vertus. Comme bien d’autre en fait qui lui faisait cruellement défaut. Elle allait probablement venir à pied, lentement mais sûrement. Il avait tout son temps pour passer à autre chose en attendant son arrivée. Il grogna après une servante qui avait fait vacillée l’une des rares décorations de la pièce, affectionnée par sa défunte épouse, et se retourna vers la porte, se demandant s’il entreprenait de faire les cent pas ou s’il cherchait plutôt à s’occuper l’esprit. La venue subite de sa cadette fut donc un cadeau du ciel pour le faire patienter.

Obnubilée par son prochain mariage, Lysa s’empressa de lui faire la liste de toutes les babioles inutiles dont elle avait absolument « besoin » pour l’événement. Il ne cacha pas son exaspération en soupirant, ce dont elle ne se formalisa pas, et ne se formalisait jamais, se contentant de l’embrasser sur la joue en le remerciant. Il secoua la tête. Tout cela était superflu. Il n’avait pas envie de ternir l’humeur de la jeune femme, ni de lui accorder sa requête. Il entreprit donc de lui demander de soumettre la liste de ces si précieux biens à son intendant avec qui il allait discuter des dispositions à prendre. Cela sembla la satisfaire, et elle entreprit de lui décrire en fort grands mouvements et en de nombreux mots la robe qu’elle voulait qui soit créer pour l’heureux jour. En quel honneur se retrouvait-il dans une discussion froufrou? L’excitation de la jeune lady le fit tout de même sourire. Comment pouvait-il douter de ses choix lorsqu’il la voyait ainsi heureuse? Pourquoi ni Alys, ni Ashara ne pouvait afficher cet air satisfait ? Ne pouvaient-elles pas être heureuses pour leur sœur? Quoi qu’en même temps, il y avait un bail qu’il n’avait ni vu, ni parlé à son aînée. Il se doutait que son mécontentement devait principalement être dû à l’interdiction de piller les côtes des Lannister. Ce serait plutôt déplacé en effet au vu des circonstances !

On vint lui annoncer que Nyssa était sur le point d’arrivée, ce qui lui donna une bonne occasion de congédier sa fille qui le quitta avec un dernier baiser sur la joue et dans une virevolte de tissus. Elle avait un petit quelque chose de sa mère, dans son goût pour les belles choses. Bien qu’elle ait l’esprit nettement moins vif et une apparence moins tape-à-l’œil, elle avait des traits qui mariait à merveille les gènes de ses deux parents, contrairement à Ashara qui retenait plus de sa grand-mère et Alys qui tenait plus de sa mère. Il aimait leur visage plus que tout au monde et appréciait de voir un brin de son reflet dans celle-ci, quoiqu’il aurait préféré le voir dans un garçon, ou dans une demoiselle à l’esprit plus aiguisé… quoiqu’il en soit, il alla prendre place sur son siège afin d’y attendre la prêtresse, qui ne tarda pas.

Le saluant d’un mouvement de tête, il fit de même, inclinant légèrement la tête, suite à quoi il lui indiqua de venir prendre place près de lui. Aux faits des demandes de la jeune dame, une servante apporta rapidement un verre de vin chaud, quant à lui, il déclina d’un geste impatient. Il l’avait fait venir dans un petit salon où ils seraient tranquilles pour discuter, [HRP : Je me suis permis une petite modif!] contrairement à leur rencontre habituelle. Il faut dire qu’il savait comment les murs avaient des oreilles parfois et comme il s’agissait d’un sujet plus ou moins délicat… Il n’avait pas pour habitude de s’ouvrir au premier venu, alors encore moins dans la salle du trône avec ses échos retentissants ! Il prit un moment pour l’observer après qu’elle lui eut posé sa question. Ses cheveux décolorés contrastaient terriblement sur les couleurs sombres dont elle aimait s’affubler. De ce qu’il connaissait des femmes, rien n’était laissé au hasard dans leur allure extérieure, même lorsque « l’effet négligé » était placé. Après avoir élevé trois filles, il avait fini par le découvrir !

Le regard inquisiteur posé sur son interlocutrice, le visage neutre, il provoquait habituellement une déstabilisation chez les autres, ce qui ne créait pas réellement d’impact sur elle. Elle soutenait son regard, patiemment. Après un court silence, il prit enfin la parole. « En fait, vous devez vous en douter, je vous ai convié pour vous parler d’un sujet qui m’occupe l’esprit dernièrement, et où votre regard extérieur saurait peut-être m’éclairer. » Il désigna la pièce d’un mouvement large de la main. « Loin des oreilles indiscrètes. » Il fit une pause, son regard soudain pensif se posant sur une statuette du Dieu Noyé posé sur une étagère non loin. Ce petit salon était fait pour accueillir les invités de marque. Il était chic, mais sobre, typique de Pyke. De toute façon, cela allait tout à fait dans les sens des goûts du Lord qui préférait la simplicité et l'authenticité. « Voyez-vous, le rôle de Lord n'était pas tout à fait dans mes objectifs il y a quelques années et j'en ai payé le prix malgré tout... » commença-t-il, faisant référence à la mort subite de son frère, rapidement suivi par son épouse adorée, le laissant soudainement Lord et veuf. « J'ai décidé d'élever mes filles sans distinction de mon peuple, cherchant le meilleur pour chacun, dans un ensemble indistinct. » Il secoua la tête en soupirant. « Malgré tout, il m'est impossible de jeter un regard neutre sur la chair de ma chair, comme je le fais sur les Irons Islands. » Il avait beau vouloir le meilleur pour les deux, parfois le meilleur de l'un ne l'était pas nécessairement pour l'autre.

« Je ne fais pas particulièrement référence aux fiançailles à venir, comme vous avez dû en attendre parler, mais disons que cet événement me fait réfléchir. Je n'ai plus revu Ashara et Alys m'a parut... inquiète, vis-à-vis de son propre avenir. » Et ce fait, son propre mariage, cela va de soi. Il se cala dans son siège et posa son regard sombre sur Nyssa. On pouvait y entrevoir le doute. « Où se situe la limite entre le bien des îles et celui de mes filles ? » Il n'attendait pas particulièrement de réponse précise, mais des pistes qui pourraient l'aider à réfléchir... Il ne comptait pas brimer les Irons Islands pour un caprice de ses filles, ça jamais. Mais devait-il brimer ses filles, pour les îles ?
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
♔ Lord de Pyke
♔ Lord Suzerain des Iron Islands


   

 Don't you dare mess with the Kraken. Beware of the sea.

 
Revenir en haut Aller en bas
Mer 27 Juin - 20:30
Assise dans le petit salon privé de la forteresse de Pyke, Nyssa attendait patiemment qu’Uthor Greyjoy lui dévoile le fond de sa pensée. Si elle savait que cet homme était extrêmement pieux, elle se doutait que l’entrevue de la journée n’allait pas être principalement concentrée sur la religion, sur la ferveur de la foi, tout comme elle savait que son suzerain ne voulait pas poser une question au Dieu Noyé. Lorsque c’était le cas, il se déplaçait lui-même dans son sanctuaire, où elle conservait normalement tous les éléments importants pour interpréter la volonté de son père spirituel. La rencontre d’aujourd’hui porterait certainement sur des préoccupations plus personnelles, ce dont la prêtresse se réjouit intérieurement, puisque cela laissait présager que son seigneur lui faisait de plus en plus confiance relativement à des questions et des sujets qui ne concernaient plus exclusivement le domaine religieux. Le lord des Iron Islands lui plaisait bien. Non pas qu’elle entretenait de tendres sentiments à son égard, mais elle appréciait énormément son caractère austère, mais surtout le fait qu’il ne prenait pas la parole inutilement. Lorsqu’il le faisait, ces propos s’avéraient souvent directs et il allait droit au but. Il ne perdait pas de temps à agrémenter ses mots de fioritures et de formules toutes faites. Sa franchise avait toujours été la bienvenue pour la jeune femme. Pourtant, ce qu’elle appréciait le plus de son seigneur était sans doute une caractéristique qui rendait d’autres interlocuteurs inconfortables. En effet, lord Greyjoy s’entourait souvent d’un silence lorsqu’il était en tête à tête avec d’autres personnes, s’enfermant parfois dans ses pensées lorsqu’il réfléchissait ou simplement pour jauger les réactions de la personne avec qui il s’entretenait. Bien que cela en rendait beaucoup mal à l’aise, la jeune femme à la chevelure immaculée préférait s’y fondre, s’y réfugier même, tellement elle appréciait la compagnie du silence, qui lui procurait paix et réconfort.

C’est pourquoi Nyssa ne montra aucun signe d’embarras lorsqu’Uthor ne répondit pas tout de suite à sa question. Elle avait même soutenu son regard, plongeant ses yeux couleur tempête dans les iris presque noires de son suzerain. Puis, au bout d’un moment il prit la parole, soutenant qu’il l’avait fait venir jusqu’à la forteresse pour discuter d’un sujet qui occupait ses pensées dernièrement. La prêtresse retint un sourire lorsqu’il lui avoua vouloir son opinion, un regard extérieur. Sa loyauté envers le souverain des Iron Islands commençait enfin à être reconnue et cela lui faisait plus que plaisir. Elle donnerait volontiers sa vie si cela pouvait lui prouver la sincérité de sa foi envers le dirigeant. Le commentaire qui suivit l’introduction à la conversation la surprit un peu. Il voulait discuter loin des oreilles indiscrètes. Ses oreilles indiscrètes étaient-elles les serviteurs, ses propres filles ou craignait-il la présence de quelques espions au cœur même des Iron Islands. La jeune femme sentit tout de même le besoin de rassurer son seigneur qu’il pouvait compter sur elle. « Vous pouvez compter sur ma discrétion, Lord Greyjoy. Ce qui sera dit ici restera entre ces quatre murs, je peux vous l’assurer. » Il ne répondit pas tout de suite, son regard voguant dans la pièce. Une fois de plus, elle attendit qu’il reprenne la parole. Elle n’avait aucune intention de le presser, même si elle devait s’avouer curieuse du contenu de la discussion à venir.

Lorsqu’il prit la parole, ce fut pour lui dire que d’obtenir le titre de Lord des Iron Islands n’était pas ce qu’il avait prévu initialement. L’allusion à sa femme attrista Nyssa qui fit une prière silencieuse au Dieu Noyé pour l’âme de l’épouse de son suzerain. Elle avait toujours été très appréciée et il était visible qu’elle manquait encore terriblement à son époux devenu veuf. La suite de la discussion s’orienta sur la façon dont il avait élevé ses filles, cherchant le meilleur pour elles, mais également le meilleur pour le développement de son peuple. La suite de son monologue ne la surprit pas, puisqu’elle savait à quel point Uthor adorait ses filles. La prêtresse prit une gorgée de vin chaud avant d’entamer sa réponse. « Je pense qu’il est difficile, voire impossible, pour un père aussi aimant que vous l’êtes, d’être neutre concernant vos filles. Si vous l’étiez, cela témoignerait de la dureté de votre cœur et je peux vous assurez que vous n’auriez pas la même relation avec vos enfants que vous avez en ce moment. Si vous êtes satisfait de l’état de cette relation, cela veut forcément dire que vous avez fait les meilleurs choix dans l’éducation de votre descendance. » Cette réponse sembla le rassurer un peu, mais il n’avait décidément pas atteint le fond du problème puisqu’il enchaîna avec ses inquiétudes par rapport à ses filles, mais également les inquiétudes de celles-ci. Puis il se décida finalement à poser la question qui lui brûlait les lèvres. C’était une question difficile pour un homme tel que lui, qui aimait profondément sa progéniture, mais qui était aussi énormément dévoué au développement des îles.

Nyssa prit un moment pour réfléchir à la question et soupira avant de répondre. « Je ne crois pas qu’il y ait de réponse parfaite à cette question, mon seigneur. Vous êtes un père aimant pour vos filles et vous voyez les Fer-nés comme vos propres enfants. » Elle prit une gorgée de vin. « Cependant, vos enfants sont filles du suzerain des Iron Islands et, même si vous voulez leur bonheur de tout votre cœur, nous vivons également dans une société où les mariages servent à consolider des alliances et où les mariages par amour ne sont pas en majorité. » La prêtresse resta silencieuse un moment avant de prodiguer la suite de sa réponse. La question que lui posait son seigneur était particulièrement difficile et elle ne savait même pas si elle pouvait elle-même y répondre. « Je pense que la limite, comme vous l’appelez, n’existe pas forcément. Toutefois, vous êtes la tête dirigeante des îles et je pense qu’il vous faudra, à quelques reprises, prendre des décisions concernant les îles qui ne plairont pas forcément à votre famille ou qui exigeront d’elle quelques sacrifices. Mais vous avez aussi appris à vos enfants à chérir les Iron Islands et à tout faire pour assurer leur développement et leur prospérité. » La jeune femme prit sa respiration et enchaîna. « Je pense que la ligne, comme vous l’avez appelée dépendra de chaque situation et je présume que vous devrez vous posez cette question à chaque fois que vous aurez à prendre une décision. Toutefois j’ai l’audace de penser que chaque décision que vous avez à prendre n’est pas forcément un choix entre vos filles et le bien-être des îles? »

Il ne répondit pas tout de suite, ce qui permit à la prêtresse d’enchaîner. « Je suis consciente que je ne suis probablement pas d’une grande aide. Pourtant, peut-être pourrons-nous nous livrer à un certain exercice. Avez-vous une plume et du parchemin ainsi qu’un écritoire? » Il se leva et se rendit jusqu’à un bureau où tout le matériel était posé. [Je te fais bouger un peu, si ça ne va pas, dis-le moi] Il revint et lui tendit tout ce qu’elle avait demandé. « Afin de ne pas trépasser une ligne que vous ne voulez pas traverser, nommez-moi ce que vous ne pourriez jamais faire à vos filles pour le bien des îles. Ensuite nous ferons de même pour les îles, c’est-à-dire, ce que vous ne pourriez jamais faire aux îles pour le bien de vos filles. Lorsque vous aurez une décision à prendre qui nécessite de déplaire à l’un pour le bien de l’autre, vous saurez au moins les actes impardonnables. »

Nyssa ignorait si Uthor allait se prêter à l’exercice. Toutefois, de mettre sur papier ce genre de choses aidait parfois à réaliser les priorités. Elle espérait seulement que son idée allait aider son suzerain et non le contraire. Sans quoi il ne lui demanderait plus jamais son avis.
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
♔ Prêtresse du Dieu Noyé


Below the thunders of the upper deep,
Far, far beneath in the abysmal sea,
His ancient, dreamless, uninvaded sleep
The Kraken sleepeth: faintest sunlights flee
About his shadowy sides; above him swell
Huge sponges of millennial growth and height;
And far away into the sickly light,
From many a wondrous grot and secret cell
Unnumbered and enormous polypi
Winnow with giant arms the slumbering green.
- The Kraken, Alfred Tennyson
Revenir en haut Aller en bas
Jeu 28 Juin - 13:28
Uthor n’aimait pas particulièrement la réponse de Nyssa. S’il était un père aimant, il n’était pas un tendre non plus. Son cœur n’avait peut-être pas la consistance d’une pierre, mais il n’en était pas loin et cela le satisfaisait pleinement. Par contre il se détendit rapidement avec la suite. Certes elle n’avait pas tort, s’il était satisfait de sa relation actuelle avec ses filles, c’est qu’il avait fait son possible pour les aider à s’épanouir. Il ne sentait pas de tensions inutiles entre eux et elles venaient vers lui, la cadette surtout, lorsque le besoin se faisait sentir. Ashara était certes plutôt orgueilleuse, mais elle savait qu’elle pouvait compter sur lui. Il avait confiance en son lien avec ses filles, mais il était parfaitement conscient que cela pouvait basculer rapidement, s’il faisait de quoi qu’elles jugeaient impardonnables.

Ainsi, la réponse qui lui donna la prêtresse après avoir soupirer le fit froncer les sourcils. Elle ne lui apprenait rien et cette réponse toute faite était loin d’être ce qu’il voulait, même s’il ne s’attendait pas à grand-chose de concret, c’était irritant. Il ne l’interrompit pas pour autant et la laissa préciser sa pensée. Il n’avait certes pas demandé ses conseils pour se montrer peu réceptif à ceux-ci. La question était difficile et elle prit une pause pour y réfléchir davantage, il attendit patiemment. Elle en vint finalement à une conclusion qui était près de ce qu’il s’était lui-même dit. Il n’y avait pas vraiment de limite, le sacrifice allait toujours être de mise d’une part ou de l’autre s’il devait balancer entre les deux. Elle avançait tout de même un point intéressant ; ses filles étaient prêtes à faire des sacrifices pour les Iron Islands que le peuple ne ferait pas forcément pour elles.

Lord Greyjoy soupira. L’idée d’avoir à se poser cette question existentielle régulièrement ne lui plaisait guère. Il fut un temps où ses petites chéries acceptaient tout de lui, même leur adolescence avait été charmante. C’était le luxe d’avoir eu trois filles. Il n’avait pas eu droit à des rébellions majeures, rien qui ne sortait du cadre d’une croissance typique. Jadis, il savait que peu importe si elles aimaient ou non sa décision, elles allaient s’y plier. Mais désormais, elles étaient en âge de prendre des décisions et mener le chemin qu’elles voulaient, et il sentait son influence s’amenuiser. S’il tenait à maintenir un lien privilégié avec les trois ladies Greyjoy, il allait devoir jauger ses décisions et savoir les imposer de façon à ce qu’elles acceptent, et ne se résignent pas de mauvais gré. Il se renfrogna, certes, ses décisions ne tenaient pas toutes de ce dilemme, c’était évident. Mais la question se posait, là, maintenant. Et c’était une question importante, qu’elle soit récurrente ou non. Il savait sa décision envers Lysa ferme et indiscutable. Mais il savait aussi que s’il avait décidé que ce serait Alys, cela aurait été tout autre, car celle-ci n’en aurait pas été aussi ravie que sa cadette.

Il soupira à nouveau. Au moins, elle en était consciente. Ses propos n’éclaircissaient pas grand-chose, et lorsqu’ils le faisaient, ils jetaient une nouvelle interrogation dans son esprit. Il fronça les sourcils, un exercice ? Curieux, il se leva en haussant les épaules. « Il devrait y en avoir par ici… » Il récupéra les items et les tendit à la femme aux cheveux décolorés, suite à quoi il reprit place où il était précédemment, bien calé dans son siège, ses mains se joignant devant lui, son regard cherchant sur le visage de la prêtresse une quelconque traces d’où elle voulait en venir. Il écouta donc ses instructions avec une sorte d’ahurissement, de sourcil froncé et d’irritation. Elle lui demandait quoi, là ? Ce qu’il ne pourrait jamais faire à ses filles ? Allons dont, pourquoi irait-il écrire cela sur un papier ? Elle cherchait des informations ? Tout cela était ridicule. Il n’était pas une femme de salon qui avait besoin d’un support visuel pour décider si l’achat de sa robe était approprié ou pas. On parlait de l’avenir de sa famille et de son peuple, et de leur place commune dans ses décisions. Il sentit une vague de mécontentement lui soulever la poitrine.

Cela allait de soi, il savait bien ce qui était impardonnable… du moins grosso modo. Il secoua la tête, découragé. « Il n’est pas question de ce qui est impardonnable pour moi, mais de ce qui l’est pour eux. » répondit-il froidement. « Vous avez raison sur un point ; Mes filles sont prêtes à faire des sacrifices pour les îles que le peuple ne ferait pas pour elles. Cela ne veut pas pour autant dire qu’elles sont prêtes à tout, et que je doive tout exiger d’elles… Je veux dire, Lysa est fortement enchantée que je lui impose un époux richissime et cela convient à tout le monde. Mais lorsque viendra le tour d’Alys, les choses seront différentes. » Il n’avança pas davantage sur le sujet, sachant pertinemment que sa puinée se plaisait à s’afficher aussi nunuche que sa sœur aux yeux des autres. Il était peut-être la seule personne sur cette terre qui sache qui elle était vraiment, et ce n’est pas parce qu’elle le lui avait montré, mais bien parce qu’il la connaissait mieux que quiconque. Du moins se plaisait-il à le croire.

Il fit un mouvement dédaigneux de la main. « Je ne m’abaisserai pas à vos exercices de bonne femme, gardez ça pour d’autres. » lâcha-t-il pour lui signifier de laisser tomber son idée. Comme toujours, il se montrait terriblement direct et abrupt dans ses paroles. Il avisa une réaction chez elle et soupira, il ne tenait pas non plus à se la mettre à dos, mais cela n’allait pas du tout dans son style. Il se leva et entama de faire quelques pas, usant la trame du tapis. « Je ne sais pas comment engager le sujet avec elles, ce n’est pas mon rôle de père, mais le départ d’Alienor a compliqué les choses… » Il secoua la tête. « Je ne tiens pas non plus à leur faire entrevoir qu’elles peuvent me contredire, mais, comment dire… » Il passa la main dans sa tignasse d’ébène. Il ne voulait pas les perdre, pas une seule. Il avait pris l’habitude d’avoir ses filles, du moins les deux plus jeunes, près de lui, et il se plaisait à les croiser ou à les voir débarquer à l’improviste. Le jour où il allait se retrouver seul… il préférait ne pas y penser, cela lui jetait un froid au fond de sa poitrine. Était-ce ainsi qu’Alys se sentait à l’idée de partir ? Ou peut-être que justement, c’était l’idée de rester ? « Il y a des sujets qui ne se prêtent pas beaucoup à discussion entre un Lord et ses filles, vous comprenez. Sauf que si un jour je prenais une décision qui les menait dans une mauvaise situation, une décision pour les Irons Islands… je ne pourrai pas revenir en arrière. Je ne souhaite pas en arriver là. » Il s’arrêta de marcher et se pinça l’arête du nez en soupirant profondément. Au fond, peut-être avait-il seulement besoin d'en parler, sans nécessairement qu'elle lui trouve une quelconque solution miracle.
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
♔ Lord de Pyke
♔ Lord Suzerain des Iron Islands


   

 Don't you dare mess with the Kraken. Beware of the sea.

 
Revenir en haut Aller en bas
Lun 30 Juil - 20:34
La pièce où se trouvaient le lord et sa prêtresse était emplie d’une douce chaleur qui était rarement possible d’obtenir sur les Iron Islands. En effet, la proximité de l’océan faisant en sorte qu’une humidité constante régnait sur l’île, accompagnée d’un vent qui ne cessait jamais de souffler. Pourtant, dans la forteresse de Pyke, là où les ressources étaient les plus abondante, un feu ronflait dans la cheminée, chassant toute l’humidité en trop. Nyssa aimait bien rencontrer le suzerain dans sa demeure, puisqu’elle pouvait profiter de ce luxe qu’elle ne pouvait pas toujours s’offrir. Bien que prêtresse réputée et adorée du peuple, la jeune femme ne vivait que par donations du peuple. Ainsi, elle n’avait pas souvent l’occasion de faire des feux dans son repaire, d’autant plus que les rites du Dieu Noyé n’exigeaient aucun sacrifice, aucune flamme, mais plutôt de l’eau de mer. Par conséquent, les visites à Pyke lui faisaient toujours plaisir. Elle pouvait prouver sa loyauté au dirigeant des Iron Islands, mais également s’offrit une atmosphère dénuée d’humidité. Bien sûr, elle n’avouait jamais cela à voix haute. Étant fille présumée du Dieu Noyé, tous s’attendaient d’elle qu’elle possède les caractéristiques de son père : un amour de l’océan, et aussi, de la température que cela implique. Pourtant, ce n’était pas particulièrement le cas. Mais la prêtresse ne pouvait avouer cela à voix haute, puisque des doutes commenceraient à s’installer et cela pourrait entacher la foi des Fer-nés envers leur dieu suprême.

La voix de Lord Greyjoy la tira de ses pensées et la ramena dans la pièce, oubliant de ce fait l’humidité de son antre pour se concentrer sur les paroles de son suzerain. Il n’appréciait pas particulièrement son idée de mettre par écrit ce qu’il considérait comme un acte impardonnable envers ses filles. L’explication, donnée un peu de temps avant qu’il tue son exercice dans l’œuf était logique. Il avait raison. Il pouvait tout à fait considérer quelque chose comme étant pardonnable, mais l’une de ses filles pourraient le percevoir et le ressentir différemment. Même s’il avait qualifié sa proposition « d’exercice de bonne femme » et que cela avait offusqué la prêtresse, elle ne le laissa pas paraître, fière et surtout habituée à porter un masque. Elle savait qu’il pouvait être direct et même abrupt dans sa façon d’exprimer ses pensées, mais cela la saisissait toujours lorsque c’était à elle qui s’exprimait. En ce qui concernait son amour pour ses filles et la difficulté d’effectuer des choix en fonction de leur bonheur ou de celui des Iron Islands, elle pouvait difficilement comprendre et se mettre à sa place. Pour sa part, elle mettait toujours le bien-être de sa patrie en premier, mais c’était aussi parce qu’elle était la seule chose qu’elle ait vraiment aimé. Orpheline, Nyssa avait parfois du mal à comprendre l’amour d’un parent pour ses enfants, n’en n’ayant jamais bénéficié. Le vieux prêtre qui l’avait recueillie ne lui avait pas témoigné de tendres sentiments, s’en étant plutôt servi pour agrandir l’emprise de la religion sur un peuple déjà fervent. Bien que de nombreuses personnes lui avaient dit de se compter chanceuse – l’amour de son père, le Dieu Noyé, l’accompagnait partout où elle allait, en tout temps – cela n’égalait en rien l’amour paternel que seul un père de chair pouvait donner. La jeune femme chassa cette pensée au moment où son interlocuteur se leva et se mit à marcher dans la pièce. Suivant ses mouvements des yeux, elle déposa lentement l’écritoire sur la table qui était près d’elle. Toujours en silence, Nyssa écouta les préoccupations de son suzerain, ne sachant pas vraiment quoi répondre. Après tout, y avait-il vraiment une réponse? Les inquiétudes d’Uthor étaient celles à la fois d’un père et d’un gouvernant, et elles s’avéraient, d’une part et d’autre, fondées. « Je ne me considère pas du tout une experte dans les relations familiales – vous connaissez mon récit – et je dois avouer que je me sentirais imposteur de vous donner une réponse exacte. Je ne peux que vous écouter et réfléchir tout haut, en espérant que cela vous aide ou que cela vous rassure. » Elle termina son verre de vin.

Nyssa regarda le dirigeant se promener encore un peu avant d’enchaîner. « Lorsque Lady Alienor nous a quitté, vous avez hérité, non seulement de la charge de vos trois filles pour vous seul, mais également du rôle de votre femme auprès de vos filles. Je ne dis pas que vous devez adopter son comportement, mais je pense qu’il vous faut trouver un moyen qui vous soit propre de discuter des sujets qui revenaient à Alienor avec vos filles. » La prêtresse entrecroisa ses doigts. « Toutefois, vos filles ne sont plus des adolescentes non plus, elles sont maintenant des adultes, ou bien en voie de le devenir, et peut-être que certains sujets sensibles lorsqu’elles étaient plus jeunes le seront moins maintenant. » Elle prit un moment pour prendre une inspiration et plongea son regard dans les flammes ardentes. « Peut-être devriez-vous dialoguer davantage avec elles. Leur faire comprendre les enjeux d’une décision à venir, demander leur opinion tout en restant ferme que la décision vous revient et qu’en aucun cas elles doivent questionner votre autorité. Après tout, vos filles seront mariées à des lords, elles doivent apprendre à réfléchir politiquement dans le but de supporter leur futur époux. C’est ce que la société dans laquelle nous vivons exige. » La prêtresse croisa ses jambes sur sa chaise. Elle n’avait plus vraiment de chose à ajouter sur la question. Elle ne pouvait certainement pas dire à son suzerain comment éduquer ses filles et gouverner les Iron Islands. Il était celui que le Dieu Noyé avait choisi et il était beaucoup plus qualifié qu’elle pour prendre ce genre de décisions. De son côté, la jeune femme ne pouvait que demander conseil à son père et espérer qu’il lui réponde clairement. Bien sûr, elle était enchantée qu’Uthor l’ait convoquée pour lui parler de cet épineux dilemme. Pourtant, elle se sentait bien peu utile, d’autant plus qu’elle ne connaissait aux relations familiales que ce qu’elle avait pu observer au fil des années. De plus, les Fer-nés n’étaient pas les plus tendre et ne montraient que rarement leur amour en public, ce qui rendait encore plus difficile à se représenter pour la prêtresse.

Voyant que son interlocuteur ne répondait toujours pas – il semblait perdu dans ses pensées – Nyssa se permit de le ramener à la réalité. « Les conventions entre un lord et ses filles sont bien difficiles, mais je n’ai aucun doute que vous parviendrez à trouver le juste milieu. Vous êtes réfléchi, intransigeant et ne prenez aucune décision sur un coup de tête. À mon humble avis, et du point de vue des Iron Isands, vous faites un excellent travail. En ce qui concerne la relation avec vos filles, je ne peux malheureusement pas me prononcer. » Elle se tut à ce moment, estimant qu’elle avait assez donné son opinion sur les questionnements de Lord Greyjoy. Maintenant, les actions qu’il allait entreprendre reposaient entre ses mains. Elle ne pensait pas pouvoir en dire plus. Cependant, il arrivait que le suzerain la surprenne avec des réflexions ou des actions qu’elle n’avait pas anticipées.
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
♔ Prêtresse du Dieu Noyé


Below the thunders of the upper deep,
Far, far beneath in the abysmal sea,
His ancient, dreamless, uninvaded sleep
The Kraken sleepeth: faintest sunlights flee
About his shadowy sides; above him swell
Huge sponges of millennial growth and height;
And far away into the sickly light,
From many a wondrous grot and secret cell
Unnumbered and enormous polypi
Winnow with giant arms the slumbering green.
- The Kraken, Alfred Tennyson
Revenir en haut Aller en bas
Mar 14 Aoû - 15:47
Uthor hocha la tête. En effet, il savait qu’elle n’était pas une référence en matière de relations familiales, n’en ayant pas. Mais elle se trompait si elle pensait être inutile. Parfois, il s’agissait de parler avec quelqu’un pour cheminer dans sa pensée, et la simple écoute ou d’innocents commentaires peuvent faire glisser la réflexion vers un chemin inexpérimenté. C’est souvent dans ces moments là qu’on réalise à quel point l’être humain est de nature grégaire et ne peut se passer de la présence d’autrui. Avec le rôle qu’il occupait et ses responsabilités, il lui était difficile de trouver quelqu’un avec qui s’exprimer en toute quiétude. Même avec ses filles, il ne pouvait laisser couler tout ce qu’il avait sur le cœur. Il ne désirait pas s’ouvrir à elles, leur montrer qu’il pouvait se questionner et s’interroger. Il aimait être cette figure immuable qui ne flanche sous aucun prétexte. S’il avait hérité du rôle de leur mère, comme Nyssa le disait, il ne l’avait jamais endossé pour autant.

Il secoua la tête négativement. Même s’il le voudrait, il lui était impossible de parler des choses de femme avec ses filles, tout simplement parce qu’il n’en était pas une. Le cycle menstruel? La gestion de ses hormones et ses humeurs? Les premières relations sexuelles d’une jeune fille? Il en connaissait bien peu sur le sujet. Ou même pas du tout. Elle n’avait pas tort, ses filles étaient désormais suffisamment âgées pour comprendre qu’ils veulent entreprendre certains sujets auprès d’elles. Aussi forte soit sa volonté, il se voyait mal entamé les sujets délicats et féminins avec elles, quant à leurs espoirs et leurs sentiments envers tout cela. Peut-être pouvait-il tenter le coup… Entamer la discussion en les questionnant sur leurs ambitions personnelles. Peut-être pourrait-il utiliser cela pour influencer ses décisions, sans pour autant leur garantir de leur obtenir ce qu’elles désiraient. Il devait rester le dernier décideur et il fallait qu’elles respectent cela. Il n’aimait pas qu’on aille à l’encontre de ses décisions ou qu’on le contredise.

Il s’arrêta de marcher et se tourna vers la prêtresse. Réfléchir politiquement? Il haussa un sourcil perplexe. Les femmes dans cette société n’étaient que de beaux bijoux à faire briller pendant que les hommes s’occupent de choses importantes. Du moins, cela était-il en Kinds Landing. Ici la région était plus rude, alors hommes ou femmes il fallait avoir du caractère. De toute façon, c’était voué à l’échec. Ashara était trop impulsive, Alys et Lysa n’avait pas les compétences mentales pour être tel quel. Quoiqu’Alys cachait bien son jeu, mais il doutait qu’elle veuille démontrer à son futur époux ses réelles capacités. Elle préférait, du moins de ce qu’il croyait avoir compris d’elle, jouer ses cartes sous la table et orienter la partie avec ce qu’elle avait d’accessible. Devrait-il se prévoir une discussion privée avec chacune des ladies Greyjoy ? Cette perspective était intéressante. Il pourrait les interroger sur ce qui les intéressait, où elles se voyaient dans quelques années, et comment elles aimeraient vivre d’ici là…

Il ne doutait pas vraiment de la qualité de ce qu’il effectuait au nom des Irons Islands, c’était toujours agréable de l’entendre dire, mais il n’en laissa rien paraître. Il comprenait qu’il était difficile pour Nyssa de se prononcer d’une façon ou d’une autre au sujet de ses filles. Il hocha la tête. « Je vous remercie de votre honnêteté, Prêtresse. » Il passa une main dans sa lourde tignasse. « Je ne crois pas que les choses se simplifieront avec le temps, mais vos paroles m’ont éclairé sur certains points. » Son regard décidé plongea dans celui de son interlocutrice. « Une discussion avec chacune de mes filles s’impose. » Même si ses conseils ou ses paroles n’avaient pas, en tant quel, dicter la suite, il y avait puisé une objectivité et une franchise qui l’avait poussé dans son raisonnement. « Votre écoute est précieuse, Nyssa, le Dieu Noyé vous a très certainement donné une aura de sagesse très bénéfique. » C’était… un compliment? Ou du moins cela s’en approchait, le plus qu’il ne ferait sans doute jamais. « Tant qu’à vous avoir près de moi, avez-vous des nouvelles intéressantes ? » ajouta-t-il, satisfait du tournant de la précédente discussion et détendu. Il prit place à nouveau dans son siège, son air était toujours aussi dur et son regard aussi, mais quelque part au fond brillait la lueur du soulagement.

Voir le profil de l'utilisateur
avatar
♔ Lord de Pyke
♔ Lord Suzerain des Iron Islands


   

 Don't you dare mess with the Kraken. Beware of the sea.

 
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
Revenir en haut Aller en bas
Page 1 sur 1

Sauter vers :
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Dragons of Westeros : A Game of Thrones - Forum de RP :: Westeros :: Iron Islands :: Pyke-