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Forum de RP basé sur l'univers de l'oeuvre de George R.R. Martin A song of ice and fire et de sa série télévisée Game of Thrones.
 

Et les dragons burent le feu du Soleil (feat Ashana Martell)

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Dim 13 Mai - 4:06
Cela faisait plusieurs jours déjà que je "vivais" à Red Keep au lieu de retourner à Dragonstone, plus par jugeote que crainte que mon impulsif de frère ne m'envoie un oreiller dans la figure. Au vu de sa situation, il était préférable que je reste distante avec lui le temps que le Dragon cesse de cracher ses flammes. Même Valryon se montrait agressif avec les autres dragons qui osaient se rapprocher de trop près. Comme il est intéressant de voir que dragonnier et dragon pouvaient réagir de façon similaire lorsqu'un événement les frappe. Est-ce qu'Aerys serait en proie au désespoir elle aussi si on attentait à ma vie? Quelle question. Elle n'était pas la dragonne de la lady de Dragonstone. Elle était l'orage caché par le petit nuage que je suis.

Et elle me le montra encore une fois ce matin à mon réveil, réveil fort doux par une domestique à qui j'avais demandé de me lever à une heure assez matinale afin de pouvoir me préparer et rejoindre Helzebeth qui sera bientôt rejointe par le roi, c'était certain. Mais en ce matin tiède au soleil paresseux -ses rayons passaient à peine par ma fenêtre encore ouverte depuis la veille-, ce n'était pas le châtiment de la Lady Blackfyre qui me préoccupa mais un changement radical dans mon corps qui me fit me lever d'un bond de sous ma couette, arrachant un cri de la part de la servante. Elle ne vit rien, heureusement pour elle, à cause de ma tignasse qui m'enveloppait tel un voile blond platine, mais de mon coté, j'avais bien compris la chose. Les rayons du soleil n'étaient pas paresseux, c'était moi qui ne voyait plus rien. Pourtant, le Mestre avait dit que cela prendrait plus de temps! Etait-ce le stress qui avait aggravé ma santé? Sans me préoccuper de la domestique qui cherchait à comprendre ce qui m'arrivait, je fis voler les draps et quittai mon matelas pour me diriger vers la fenêtre. Je n'avais pas eu besoin de congédier la jeune fille, à peine entendit-elle les battements d'ailes qu'elle se précipita vers la porte de la chambre. Elle n'ira pas parler de mon comportement à d'autres, j'en étais certaine. Velaryon comme Targaryen avions une réputation d'étrangeté de toute façon. Au vu des sons qui venaient à mes oreilles, Aerys avait dormi juste au dessus de mes quartiers, sur le toit, bien vite, elle m'envoya des images avec une telle vitesse que je voyais ce qu'elle observait en même temps. Etant handicapée depuis un long moment, on avait travaillé cette technique ensemble, renforçant en même temps notre lien. Après une chandelle, ma douce s'accrocha aux pierres de ses griffes et passa sa tête par la fenêtre, me soufflant dessus un air chaud à l'odeur de fumé de bois et de chair grillé, son dernier repas. Je n'hésitai pas à m'approcher au point que mon visage n'était qu'à quelques centimètres des dents acérés du reptile. Les couleurs étaient faibles mais je reconnaissais les teintes nacrées d'Aerys. Cela n'était cependant pas assez pour moi qui comprenait bien que mon mal ne se comptait plus en mois mais en semaines, voir jours. Tant que cela n'empirait pas, je ne m'en préoccupais pas, je pouvais toujours me déplacer sans Aerys sans trop de mal, mais à présent? Je déglutis à l'idée que le Conseil restreint apprenne que celle qui était leurs yeux et oreilles ne pouvaient plus se servir des premiers... Quelle ironie! Mais surtout, la réaction de Leith était celle qui m'inquiétait le plus, encore plus maintenant que son honneur bafouée le rendait exécrable... J'étais sa soeur, mais avec mon infirmité, que serais-je pour lui? Je chassais mes peurs d'un geste de la tête tandis qu'Aerys m'observait, attentive et silencieuse à mes gestes, m'aidant par la même occasion pour que je puisse me vêtir, et remettre mon masque en argent, avec ses yeux.

Chaque chose en son temps, je devais d'abord m'occuper de cette petite idiote de Helzebeth, ensuite... J'aviserais.

En ouvrant ma porte, j'entendis Aerys quitter son poste, me plongeant dans le noir effrayant auquel je n'arrivais toujours pas à m'habituer après des mois de côtoiement. J'avais l'impression d'être une enfant qui apprenait à marcher, découvrant la stabilité du sol et l'équilibre physique! Sous les yeux, que je sentais dans mon dos, des soldats qui gardaient ma porte, je fis un premier pas hésitant puis un autre, essayant de me rappeler de ce que contenait le couloir et sa largeur. Finalement, ce n'était pas compliqué, du moins... tant que j'avais une main un peu en avant pour entrer en contact avec des obstacles sans me blesser. Peut-être qu'avec une canne, je me débrouillerais mieux... Mais cela serait suspect. Autant continuer ainsi...

Alors que je descendais les escaliers et traversais un nouvel étage, des bruits de pas me firent ralentir mon rythme. Ce n'était pas une armure qui se déplaçait, ni sa Majesté, le son était faible... Qui cela pouvait-il bien être? M'assurant de me tenir droite et de ne pas me déplacer tel un poltron en sortie d'une taverne, je continuais d'avancer, espérant intérieurement que ce n'était pas quelqu'un parmi mes connaissances...
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Dim 13 Mai - 21:46
Le chant piépitant d'une alouette réveilla Ashana. Celle-ci grogna un peu, se tournant dans son lit et tentant de cacher sa tête dans son oreiller. Mais le chant de l'alouette perchée sur le rebord de la fenêtre était toujours là, la lumière du jour passait aussi par les rideaux pour inonder la chambre d'une lumière tamisée mais encore assez forte. Il avait beau être assez tôt le soleil matinal et estival irradiait déjà, couplé au chant de l'alouette il enterrait tous les espoirs de la princesse de paresser un peu au lit ce matin.  En grommelant la jeune Martell repoussa l'oreiller qui recouvrait sa tête brune, avant de se redresser un peu dans le lit. Ses yeux encore bouffis de sommeil, et pas très bien réveillée, ses longs cheveux de jais emmêlés et un peu en pétards. Elle fixa un moment l'oiseau brun et blanc qui gazouillait tranquillement sur le rebord de la fenêtre la plus proche de son lit. Parfois il faisait un rapide petit saut sur la pierre lisse, avant de reprendre son chant, la petite huppe tricolore sur son front bien droite et fière. Elle l'écouta un petit moment, tout en lissant des mèches de cheveux entre ses doigts, après s'en être servi comme d'un peigne sommaire démêlant grossièrement sa crinière, le temps de bien être réveillée et les pieds sur terre plutôt que dans le pays des rêves. Le matin était encore frais, une légère brise faisait bouger doucement les tentures aux fenêtres. Bienheureusement, le souffle éolien ne portait aucune odeur de la ville de Port Réal, on se passait volontiers des relents des reflux des égouts, des cuirs et produits des tanneurs, du sang séchant et caillant avec la viande qui pourrissait lentement sous la chaleur aux étals des bouchers, et celle pire encore du poissons, des crustacés et des coquillages se corrompant encore plus vite et dans une puanteur plus marquée encore. Surtout de bon matin, c'était appréciable bien qu'il fasse en conséquence un peu frisquet selon les appréciations de la dornienne, oh rien d'insupportable, même assez agréable pour le moment malgré la finesse et la légèreté de la chemise de nuit que portait la dernière née Martell. Un petit sourire se forma sur les lèvres de la demoiselle toujours en regardant le ballet de l'alouette qui l'avait tiré de son sommeil.

-Tu te cherches une compagne, ou tu défend juste ton perchoir ?


L'oiseau se retourna d'un bond, peut-être un peu effrayée de cette voix soudaine qui sortait dans son dos, alors qu'il ne devait avoir aucune idée que quelqu'un ou quelque chose s'y trouvait. L'alouette regarda Ashana de ses petits yeux noirs, toujours dans le lit, le drap recouvrant le bas de son ventre et ses jambes, il la fixa longuement avant de se remettre à chanter et à sautiller pour se tourner vers l'extérieur. Ce dédain aviaire pour sa personne arracha un petit gloussement à la princesse.

-Tu me réveilles et ensuite tu me dédaignes ? Tu es bien un mâle, toi !

L'alouette ne sembla pas faire cas de la remarque de la princesse, et se mit à se lisser les plumes de son bec, ignorant complètement la dornienne. Cela amusa un peu plus la Martell.

-Oui, vraiment un mâle.


Elle rit un peu avant de retirer le draps de ses jambes pour se lever. Elle marcha jusqu'à sa table de toilette, remplissant la vasque de porcelaine peinte, d'abord avec deux gouttes d'huile essentielle à la lavande et d'eau fraîche. Elle retira ensuite sa chemise de nuit avant de la plier et de la poser sur la table, à côté des serviettes de lin. Ashana trempa son gant de toilette dans l'eau parfumée avant de le passer sur sa figure, puis sur le reste de son corps nu. Son cou, ses épaules, ses bras, sa poitrine, son ventre, ses mollets, ses cuisses et termina avec sa toilette intime. Une fois cela fait, elle posa le gain de toilette dans la vasque avant de commencer à se sécher avec une des serviettes en lin. Une fois entièrement sèche, elle alla enfiler une de ses robes, en ayant sangler une dague à sa cuisse, question d'habitude. Une des plus simples et discrète, enfin pour une dornienne, pour une westeri c'était encore particulièrement osé.
Et enfin elle brossa et peigna ses cheveux, disciplinant leur soie d'ébène avant de soigneusement la rassembler en une natte serrée. Puis enfila ses sandales, elle était fin prête. Elle jetta un coup d'oeil à l'alouette toujours sur le rebord de la fenêtre, et qui cette fois l'observait en penchant un peu la tête sur le côté, comme piqué de curiosité.

-Eh bien, ce que tu vois te plaît ? Il ne manque pas un peu de plumes à ton goût ?

Elle était assez amusée, l'oiseau garda la tête penchée sur le côté, comme pensif, avant de pousser un petit gazouillis mélodieux et de s'envoler.

-Hum, je ne sais pas comment je dois le prendre, mais si tu t'enfuis je suppose qu'il y a une raison… Tu devais avoir peur que je te transforme en tourte ou en grillade. Donc, il me manque des plumes.


En parlant de nourriture, elle n'avait pas petit-déjeuné, et Dorea dormait encore. Eh bien pour une fois elle allait lui faire une surprise ! Cela ferait sans aucun doute plaisir à la dornienne d'avoir un petit-déjeuner au lit, et Ashana était ravie de faire ce petit plaisir à son ami. Elle quitta donc les appartements qu'elles occupaient depuis quelques temps pour se rendre aux cuisines et faire une razzia, surtout sur les fruits frais, Dodo adorait les fruits frais le matin. Avec un peu de chance elle parviendrait à obtenir des raisins et des oranges. Elle marcha tranquillement dans les couloirs de son pas léger, à part quelques serviteurs ils étaient déserts. C'était assez tranquille, puis elle entendit des pas qui provenait d'un escalier devant lequel elle devait passer pour se rendre aux cuisines. Un groupe, dont plusieurs  en armure au vu du bruit, sans doute un groupe de gardes. Et elle avait raison, en partie. En plus du groupe de gardes, il y avait la Lady Annabeth Velaryon, si reconnaissable avec son masque en argent et son long cheveux si blonds. Celle qui avait été l'enseignante de Kalil à l'Académie, et la soeur de Leith Velaryon, que Kalil détestait ouvertement. Leith qui avait actuellement le visage dans un état proche d'un tas de viande hachée pourrissant. Bon, il allait falloir saluer convenablement la dame, mieux valait éviter de s'attirer des ennuis supplémentaires avec les proches du roi. Déjà que Leith devait être d'excellente humeur… En plus si Annabeth était ii, c'était sans doute pour régler ses compte avec la jeune Blackflyre, et pour avoir réussi à supporter et à maîtriser un peu Kalil sans être leur mère, Ashana ne doutait pas que la jumelle de Leith était plus terrible que l'on pouvait le soupçonner à première vue.

-Lady Velaryon, quel hasard de vous croiser ici.

Elle accompagna ses mots d'un petit sourire et d'un signe de tête. Avant de laisser ses traits un air plus grave.

-Tous mes voeux d'un prompt et bon rétablissement accompagnent votre frère.

C'était faux, si ce taré pouvait crever la bouche ouverte ce serait une bonne nouvelle. La liste des choses qui justifierait une fin atroce et douloureuse pour le blond devait être plus longue que le bras. Le monde ne se porterait pas plus mal si Leith Velaryon mourrait comme un chien, cela pourrait même donner une certaine satisfaction et joie à bon nombre de personnes.
Mais elle n'en laissa rien transparaitre dans sa voix ou sur son visage.
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Lun 14 Mai - 2:03
Le pas léger, presque dansant, aurait dû me mettre la puce à l'oreille, mais à cause des soldats qui faisaient leur ronde en prenant le même chemin que moi, en partie, ce ne fut pas le son mais le parfum qui m'interpella avant que sa voix ne m'aide à l'identifier totalement. Je m'arrêtai sur le coup, clairement surprise qu'elle soit là.

-Lady Velaryon, quel hasard de vous croiser ici.

Un hasard que j'hésitais à maudire. Les Martell avaient de cette manie à identifier ce qui n'allait pas chez les gens que c'en était presque regrettable qu'ils nous soient particulièrement hostiles. Pas que j'en voulais à Kalil d'avoir su lire ma détresse à l'époque où je m'occupais de sa formation, il m'a été d'une grande aide, mais parfois, cela était agaçant... Et actuellement, je ne voulais pas qu'on lise en moi comme dans un livre ouvert. Bien que je ne la regardais pas, grâce à sa voix, j'avais su où elle se trouvait exactement. Il faut dire que le couloir n'était pas si large que cela...

-Tous mes voeux d'un prompt et bon rétablissement accompagnent votre frère.

Le ton était grave, presque sincère. Je manquais de rire amèrement à ses propos. Ce n'était pas le moment de se faire des ennemis, surtout du coté de la famille de Kalil. Mais il était étrange de recevoir de leur part de tels souhaits alors que chacun devait souhaiter mille fois sa mort, hormis peut-être le Prince suzerain. Non, lui souhaite donner la mort à Leith de ses propres mains, son état actuel ne peut que l'énerver donc. Je n'eus aucun mal à savoir à qui je m'adressais, Ashana Ira Martell, la benjamine, l' "enquiquineuse" d'après son frère. Je savais assez de choses sur elle pour ne pas me fier à sa voix. Comme tout les Martell, elle cachait certains atouts indéniables et à ne surtout pas sous-estimer. Je ne gardai pas mon visage impassible cependant, et le sourire qui étira mes lèvres se voulait moqueur, balayant ses propos comme si cela n'était que du vent.

- Inutile de jouer avec les mots avec moi, Princesse. Ce serait bien plus blessant que vous ne le croyez.

J'en avais assez de tout ces mots mielleux et cette compassion faussée. Ne voyaient-ils donc pas que je savais ce qu'ils pensent? Oui, mon frère est un monstre. Oui, il a fait du mal à certaines personnes et, encore oui, il était très proche du Roi. Tout le monde le sait alors pourquoi est-ce qu'on continue encore de se cacher derrière la pitié? Elle devait sûrement prier à l'instant pour que la mort de Leith soit horrible et violente. Je n'en pris pas ombrage cependant, me détournant d'elle pour m'approcher des grandes fenêtres dont ma dragonne, toujours fidèle à sa charge de guide pour aveugle, m'avait envoyé une image par la pensée, me donnant une idée de ma position par rapport à Ashana, quelques mètres seulement. Elle qui avait pourtant une fratrie, elle devait bien comprendre ma situation non? Pourtant, on m'avait dit que les Martell accordaient beaucoup d'attention à la famille. Je croisai les bras sur ma poitrine.

- Si Kalil était entre la vie et la mort, est-ce que vous accepteriez les voeux de rétablissement de sa Majesté, même s'il semblait sincère?

Ce n'était pas une menace, mais il ne s'agissait là que d'une enfant, une jouvencelle, elle ne connaissait rien de la Vie. Autant lui ouvrir les yeux avec une comparaison, bien que comparer le Dragon de Dorne et le Dragon de Dragonstone était tout bonnement impossible. Finalement, je me retournais, refaisant face à Ashana, puis lui présentai mon bras, une invitation pour qu'elle le prenne et m'accompagne.

- Il est encore tôt et les domestiques doivent avoir à peine sorti le pain du four. Je présume que vous allez vous aussi aux cuisines?

C'était plus pour qu'elle me guide jusque là-bas que pour continuer la conversation avec elle. Il était impossible de défendre mon frère face à cette enfant qui ne cherchait pas à comprendre Leith. C'était même infaisable tout court, seul le Conseil restreint acceptait le Lord Velaryon. Heureusement que mon masque cachait une partie de mon visage, cela empêchait les autres de voir à quel point j'étais lasse ces derniers temps, abattue par la santé de mon frère et le léchage de bottes de la plupart de nos sujets, en plus de l'angoisse à l'idée que Leith succombe... Je chassais cette pensée. Non! Leith est un battant! Il ne pourra jamais mourir aussi facilement, pas sans une arme à la main! Et pas sans moi.
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♔ Lady
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Lun 14 Mai - 19:37
- Inutile de jouer avec les mots avec moi, Princesse. Ce serait bien plus blessant que vous ne le croyez.

Bien plus terrible qu'on ne pouvait le croire au premier coup d'oeil, la Lady Velaryon. Ashana était confortée dans son premier jugement, et il allait falloir être extrêmement prudente en la présence de la Lady, même si elle ne mâchait pas ses mots et envoyait balader les petites conventions des jeux de Cour comme d'un geste de la main. La franchise dans ce genre de lieux, voilà qui forçait le respect. La princesse concéda de bonne grâce un point à la dragonnière. Elle se doutait aussi que la situation ne devait absolument pas être facile à vivre pour la Lady, la famille était une chose sacrée pour les Martell. La princesse avait de la compassion pour Annabeth, mais pas pour Leith.

- Si Kalil était entre la vie et la mort, est-ce que vous accepteriez les voeux de rétablissement de sa Majesté, même s'il semblait sincère?

Elle aurait voulu être franche, mais ce n'était pas un luxe qu'elle était sûre de pouvoir se permettre. Il y avait des chances qu'elle envoie le roi sur les roses, avec plus ou moins de délicatesse selon l'état de Kalil. En particuliers si elle soupçonnait qu'Aegon avait quoique ce soit à voir avec. Mais en même temps, elle serait sans aucun doute prompte à envoyer chier n'importe qui si un de ses frères ou si une de ses soeurs étaient entre la vie et la mort. Elle tenait trop à eux pour ne pas être folle d'inquiétude et en conséquence avoir les nerfs à fleur de peau. Et Ashana avec les nerfs à fleur de peau… C'était pas marrant à vivre, pour personne. Elle montait dans les créneaux au quart de tour et crachait feu et poison, comme un volcan qui crachait sa lave. Oui, en fait sur ce point la sincérité ne coûtait rien, surtout si Kalil avait parlé d'elle à sa formatrice. Connaissant Kalil, ce ne serait pas bien surprenant.

-Je pense que je ne les accepterais de personne, ou presque.

Il y avait de quoi devenir totalement dingue quand un être cher était au plus mal. Et bien comme il faut en plus. Et si Annabeth Shannon Velaryon était aussi féroce que la petite Martell le soupçonnait, elle devait être au bord de l'implosion. Une petite poussée pouvait tout faire basculer, et là ce serait un putain de feu d'artifice. Du genre Armageddon. Avec effets sons et lumières. Le genre de truc qui vous tue ou qui vous scotche dans le fauteil, et qui vous font ne pas regretter d'être loin quand ça pête.
La dragonnière se retourna, quittant contemplation du paysage à l'extérieur où volait sa dragonne, et offrit son bras à la petite danseuse.

- Il est encore tôt et les domestiques doivent avoir à peine sorti le pain du four. Je présume que vous allez vous aussi aux cuisines?

-Excellente déduction, my Lady.

Elle prit volontiers le bras que lui offrait la Lady et commença à marcher avec elle. Bon, parler politique pour meubler le silence était sans doute la pire idée à avoir. Parler de Leith ou de n'importe quel membre du Conseil restreint, aussi, ne serait-ce que pour des commérages. Parler du temps était d'une platitude à laquelle Ashana se refusait catégoriquement, restait un sujet qu'elles avaient en commun: Kalil. Hum, c'était sans doute l'occasion d'en apprendre des belles sur son frère. Oh, comme elle adorerait voir sa tête quand elle les lui resorteraient…

-Lady Velaryon, j'ai crû comprendre que vous avez été la formatrice de Kalil à l'Académie. Auriez-vous quelques anecdotes sur sa période formation ?
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Lun 21 Mai - 20:07
Bien que je m'attendais à ce qu'elle réponde comme les autres, avec réserve et compassion, je fus bien surprise de voir qu'elle avait préféré la voie de la sincérité sans que je ne l'y pousse. A vrai dire, je n'en avais pas envie, tout me semblait si loin comme trop proches, étouffants, agressifs, j'avais envie de tout foutre en l'air. De repousser tout ce qui m'était inconnu et familier, m'isoler et raser pour de bon cette existence fade et monotone. Mais non, je n'y parvenais pas, uniquement pour un homme qui m'avait tout pris et que j'aimais pourtant comme n'importe quelle soeur aimerait son frère, voir plus. Au final, la benjamine des Martell et moi n'étions pas si différentes, nous avions un point en commun autour du quel tourner, et si on le brisait, alors tout s'effondrait et de ce chaos naîtrait sans doute quelque chose de pire encore. Peut-être une farouche guerrière pour la Princesse? Qui sait.

Elle avait accepté ma proposition et posé son bras sur le mien, je pouvais en sentir la chaleur mais aussi les muscles, phénomène étrange et assez déroutant. Plus les jours passaient et plus j'avais l'impression d'être à fleur de peau. A cause du stress ou de ma santé? Seuls les Sept doivent le savoir malheureusement. Alors qu'on avançait dans le couloir, mon lien visuel avec Aerys ne tarda pas à se rompre, me plongeant dans ces sinistres ténèbres auxquelles je devais m'habituer à présent. J'étais totalement dépendante d'Ashana et j'espérais ne pas trahir ma condition face à la Princesse. Elle était très intelligente pour son jeune âge, et bien que je n'accorde plus spécialement d'importance à mon image -tout ce qui m'importait était la santé de mon frère-, je préférais qu'elle reste ignorante de certains secrets.

-Lady Velaryon, j'ai crû comprendre que vous avez été la formatrice de Kalil à l'Académie. Auriez-vous quelques anecdotes sur sa période de formation ?

Je relevais la tête que j'avais baissé dans ma réflexion. Oh, Kalil, il y avait tant de choses à dire sur ce cas désespéré en respect envers ses ainés! Avec Leith, il était bien assez difficile d'en parler dans une conversation construite, il l'insupportait à un point tel qu'il ne l'avait jamais accepté comme un vrai Dragonnier de sa Majesté. Mais quand cela était possible avec quelqu'un d'autre, j'avais l'impression à chaque fois que cela datait d'hier! Et qu'importe le moment où j'en entends parler, c'est systématiquement pour ses idioties légendaires... A croire qu'il aime attiser le feu... L'ombre d'un sourire ne put s'empêcher de s'afficher sur mes lèvres alors que je peinais à garder mon sérieux. Kalil était un incorrigible, mais il restait un excellent soldat qui avait su s'adapter à son environnement. Plusieurs fois j'avais tenté de le faire partir mais à chaque fois, il répondait avec le sourire et une insolence que je n'aurais su tolérer de la part d'un autre apprenti. Ah, tant d'anecdotes que je ne pourrais même pas dire à cette petite Lady... L'accident d'un dragonnier dont la responsabilité avait été attribué à Kalil? Non, Dorne risquerait de s'indigner, et au vu de l'humeur général du roi et de sa Main, c'était une très mauvaise idée... La fois où il a manqué de tomber du toit à cause de ses pitreries? J'ai eu bien assez peur pour ne pas avoir envie de m'en rappeler! Quel imbécile aussi, vouloir s'entrainer dans de telles conditions alors qu'il pleuvait...

Plongée dans mes vieux souvenirs, j'évitai de justesse de tomber dans les escaliers menant aux cuisines, mon talon claqua sèchement sur la première marche alors que d'ordinaire, j'étais discrète dans mes déplacements. Croisant les doigts pour qu'elle n'y voit qu'une petite étourderie matinale, je réfléchissais à ce que je pourrais dire mais ma langue avait été plus rapide que ma pensée:

-Oh, je pense qu'il vous en a dit beaucoup déjà, comme le fait que nous avons couché ensemble.

J'avais envie de disparaitre, partir loin, devenir une petite souris et me faufiler dans un mur, heureusement, je ne pouvais pas voir la réaction de la Princesse mais ses joues devaient être aussi rouges que les miennes. Elles me chauffaient à tel point que je me mordis violemment la langue pour ne plus ouvrir la bouche. Un mélange de honte et de fierté coupable se bataillait dans mon esprit en repensant à cette "séance d'entrainement" qui avait pris une tournure fort différente de ce à quoi je m'imaginais. Pour la première fois, j'avais aimé un autre homme que mon frère et j'avais délibérément outrepassé une des nombreuses règles de Leith, ce qui me rendait presque euphorique, heureuse à l'idée de l'avoir défié. Mais c'est la honte qui l'emporta, dans ma colère contre l'univers entier, j'avais choisi comme responsable ce Prince qui pourtant m'avait promis sur son honneur qu'il ne révélerait jamais ce que je lui ai confié et ce que nous avions fait, il avait même juré de me délivrer de ce fardeau qu'était mon frère pour que, je le cite, le Dragon que je suis puisse enfin s'envoler et prendre la place qui lui revient de droit. Non, je n'avais pas à m'en prendre à lui, je sais à quel point pour lui les promesses sont importantes et qu'il les tient toujours. Murée dans un mutisme misérable, un gout métallique et sucré dans la bouche, j'inspirais profondément l'odeur de pain qui venait à mes narines. Au vu de l'absence de bruits de pas et de "Lady Velaryon, Princesse Martell", je pris conscience que nous étions seules, le pain était encore au four mais la première fournée avait été servi si je me fiais à mon odorat. En tant que dragonnière, mes repas pouvaient ne pas suivre les heures habituelles, aussi me servir dans une cuisine vide de personnel n'était pas un problème, surtout celle du Donjon Rouge. Ne voulant pas non plus restée accroché plus que de raison à cette Princesse qui, en fin de compte, ne devait vraiment pas savoir pour moi et son frère, je lachais son bras et me dirigeais d'un pas rapide vers les placards dont je me rappelais l'emplacement, malgré l'habitude, ma hanche tapa dans la longue table en bois qui se trouvait au centre de la salle, j'avais pris mon virage bien trop tôt, aussi ralentissais-je un peu dans ma précipitation.

- Les fruits se trouvent au pied des escaliers menant à l'extérieur, ils sont cueillis à l'aube donc ne vous inquiétez pas pour leur fraicheur. Les meilleurs mets pour les sujets du Roi, comme dit si bien le Chef Cuisinier., dis-je d'une voix douce, en espérant qu'elle n'allait pas revenir sur mes propos au sujet de Kalil. J'étais bien assez embarrassée comme ça!
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