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Forum de RP basé sur l'univers de l'oeuvre de George R.R. Martin A song of ice and fire et de sa série télévisée Game of Thrones.
 

Sam 12 Mai - 10:18
Ils étaient partis avant l'aube, l'horizon était gris et le vent soufflait avec sa vigueur habituelle. C'était les Stormlands après tout, mais tous les hommes qui quittèrent Accalmie ce matin là étaient habitués, plus encore le vent et l'orage coulaient dans leurs veines. Il ne pleuvait pas encore, mais le ciel était bien couvert à l'Est, vers la Baie des Naufrageurs. D'ici ce soir il y aurait un orage. Mairon volait en cercle autour d'Accalmie, planant sur les courant ascendants. Le dragon aurait été capable de franchir la distance qui séparait la forteresse des frontières du domaine Baratheon avec celui des Connington en quelques battements d'ailes, bien plus vite que n'importe quel cheval. Myrddin tenait à rester avec ses hommes, alors il chevauchait avec eux, à terre. Mairon était dans les airs, lui au sol sur un cheval, et son frère d'âme était quelque peu vexé qu'un canasson lui soit préféré alors qu'il était là. Comment sa moitiée humaine pouvait-elle monter une de ces ridicules bestioles poilues et peureuses alors qu'il se ferait un plaisir de le prendre sur son dos ? C'était vexant quand même de le voir faire ainsi des infidélités. Oui, enfin ce n'était pas aussi construit et limpide dans les pensées même du dragon, mais l'idée était là.
Myrddin avait dû se répandre en caresses mentales pour le dérider un peu, mais Mairon restait bougon et il faudrait attendre la fin de l'inspection pour qu'ils recollent efficacement les morceaux. Et ça passerait par des cajoleries, des caresses et des gratouilles à la pelle. Et certainement la promesse d'une demie-vache et d'un long vol couplé à une séance de pêche. Normalement cela devrait remettre le dragon de bonne humeur et le faire ronronner de plaisir. Le dragonnier aimait quand son beau Mairon ronronnait lorsqu'il caressait ses belles écailles cuivrées. Et il risquait d'en passer du temps à le cajoler pour se faire pardonner de cette infidélité.
Myrddin chevauchait donc aux côtés de ses hommes, à sa droite Orphée. Il savait qu'il pouvait compter sur lui les yeux fermés, il était son plus fidèle soutien et allié, un ami loyal et cher. Myrddin confierait sa vie entre les mains du bâtard Swann sans hésitation et les yeux fermés. Plus encore qu'avec tous les hommes, pourtant tous de très loyaux et fidèles alliés, qui chevauchaient à leurs côtés. Mais Orphée avait une place spéciale pour le Lord, à ses yeux, et dans son coeur. Et ça, il ne pouvait le montrer, juste le garder au fond de lui alors que cela ne faisait que gonfler et enfler, encore et encore, comme si cela allait finir par le dévorer ou exploser.
Le groupe de guerriers chevaucha dans l'aube grise, dans le bruit du vent qui soufflait dans les arbres et des sabots qui cognaient en rythme contre le sol. Les champs étaient encore déserts, mais l'on voyait quelques lumières vacillantes aux fenêtres des chaumières des paysans, le travail au champ n'attend pas. Et entre les arbres on pouvait apercevoir une biche, un cerf ou un renard, voir l'ombre d'un braconnier qui rentrait chez lui avec un lièvre ou un faisan à la ceinture. Les herbages ployaient sous le poids de la rosée qui brillaient doucement d'un éclat argenté sous les premiers rayons du soleil qui pointait à l'Est. Les oiseaux commençaient à piailler dans les branches des arbres. Mairon n'était pas loin au dessus d'eux. L'atmosphère était sereine, bucolique presque et elle détonnait avec l'attitude martiale des cavaliers. Ils longeait depuis un moment la frontière, l'aube était bien installée désormais.
Tout était calme, trop calme songea Myrddin. Ce ne pouvait être que le calme avec la tempête, et la tempête tous la connaissait sur le bout des doigts. Elle était dans leur sang. Le chaos n'allait pas tarder à s'abattre sur eux. Et ils le savaient, et restaient en conséquence sur leurs gardes. Ainsi, ils remarquèrent le silence qu'il se fit chez les oiseaux, les enveloppant comme une chape de plomb. L'atmosphère se fit lourde et poisseuse, quelque chose allait arriver, et bientôt.
Et d'un coup ils leur tombèrent dessus, c'était assez prévisible au fond, les armes des deux côtés furent rapidement dégainées et le chaos commença.
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Mar 15 Mai - 9:02
Ils avaient pris le départ avant que l’aube ne paraisse, et s’étaient avancé à travers le vent sifflant et gémissant dans les champs. C’était la symphonie habituelle des Stormlands et Orphée ne s’en lassait pas. A l’Est, le soleil perçait timidement les épais nuages noirs annonciateurs d’orage. L’on n’entendait que la cacophonie des sabots sur la terre et les battements d’ailes nerveux du dragon qui volait au-dessous des troupes, parfois accompagné d’un grognement rauque ou d’un hennissement aigue.

A gauche d’Orphée, se tenant droit et noble sur sa monture, se trouvait Myrddin. L’intendant était toujours fier de se tenir au côté du Lord suzerain, c’était un honneur pour le bâtard qu’il était. Il donnerait volontiers sa vie pour protéger celle de Myrddin. Pas uniquement par devoir mais aussi parce qu’il était bien plus que son Lord suzerain. Il était comme son frère et son ami le plus précieux. Il ne vivait que pour le servir, même si cœur se consumait d’amour pour lui et désespérait d’être un jour pour Myrddin plus que son intendant. Mais Orphée savait que cela n’arriverait jamais. Il était né homme et bâtard et n’avait donc aucune chance de voir Myrddin répondre à ses sentiments.

Cela faisait déjà longtemps qu’ils bordaient la frontière dans le calme absolu. Même les oiseaux s’étaient tus en sentant l’atmosphère pesante s’abattre sur la plaine. Le cheval d’Orphée commençait à s’agiter, nerveux. Le jeune homme le calma en lui flattant l’encolure et en lui parlant tout bas. La bête s’apaisa un peu. La bataille était pour bientôt, cela ne faisait aucun doute. Orphée était aux aguets, sillonnant l’horizon de ses yeux dorés plein de méfiance. Alors les ennemis surgirent dans de grands cris et l’on brandit les épées dans les deux camps avant de se jeter contre les opposants. Ainsi commença la bataille.

Dans les clameurs de rage résonnaient le tintement métallique des épées qui se fracassaient les unes contre les autres, le déchirement de la chair que les lames tranchaient impitoyablement et les cris d’agonie étouffés par le sang qui emplissait les gorges et les bouches mourantes. Des corps sans vies gisaient dans la boue et le sang, au milieu des soldats qui s’entretuaient sauvagement. Le chaos régnait sur le champ de bataille et Orphée se tenait là, près de Myrddin, enfonçant sa lame de fer dans le corps de ses ennemis, leur tranchant les membres, faisant voler leur tête, répandant leurs tripes sur le sol. Il gardait toujours un œil sur son Lord suzerain et faisait en sorte de toujours se tenir le plus près possible de lui. Il ne devait rien lui arriver.
Son adversaire à terre, Orphée jeta un coup d’œil vers Myrddin. Comme il s’en doutait, il s’en sortait très bien, éclatant la tête de ses assaillants à grand coup de marteau. Ah, qu’il était beau au milieu de ce chaos sanglant ! Ses longs cheveux noirs ondulaient à chacun de ses mouvements, ses yeux de jais étaient plein de fureur et son visage était éclaboussé du sang de ses ennemis. Orphée sourit et reporta son attention sur la bataille. Mais cet instant de bévue suffit pour qu’un opposant se jette sur lui et lui plante la pointe de son épée dans le ventre. Le jeune homme laissa échapper un grand cri de douleur qui se noya dans le boucan de la bataille. Il ploya le genou un instant avant de se relever et de trancher net la tête de son agresseur. Il vacilla avant de tomber à terre. Il ne pouvait pas rester ainsi, il devait se relever et se battre. Pour Myrddin. Il fit un effort considérable pour se remettre debout mais il avait bien du mal à tenir ses jambes. Quelle merde, c’était bien le moment d’être blessé ! Le sang ne cessait de jaillir de la plaie et la tête commençait à lui tourner. Il sentait ses forces l’abandonner. Non, non… il n’allait pas mourir. Pas ici. Pas maintenant. Il souffla, il n’en pouvait plus. Il fit un pas en avant mais une vive douleur le plia en deux et de nouveau il s’écroula, inconscient.
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♔ Main droite & Intendant de Myrddin Baratheon


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Jeu 17 Mai - 15:13
L'escarmouche vira vite en un chaos sans nom, bienheureusement les assaillants n'étaient pas des paysans, mais des chevaliers et des guerriers. Enfin "heureusement", c'était un peu plus compliqué que ça, parce que ces hommes savaient se battre au contraires des paysans qu'ils envoyaient parfois se battre dans des révoltes sanglantes et enfumées. Ils étaient donc moins faciles à abattre que ces derniers, même si une foule de pécores en colère à qui on avait bien rempli le crâne de conneries n'était pas non plus une sinécure à gérer. Mais Myrddin préférait tuer des personnes ayant les moyens de se défendre avec une formation martiale, que des types armés de vieux outils agricoles sans vraiment savoir qu'en faire outre de leur fonction première. En fait, s'il le pouvait il préférait ne tuer personne, mais le pacifisme n'était pas une voie qu'il pouvait suivre ou qui se montrerait efficace dans une telle situation, ce serait plus son arrêt de mort et celui de ses proches. Son devoir l'exigeait, alors il se pliait à sa besogne, aussi déplaisante soit-elle il l'effectuait avec sérieux et rigueur.
Mais aussi avec un certain feu, une férocité. Celle du loup ou de l'ours qui protège ses petits, celle de celui qui se sait dans son bon droit et se défend bec et ongles contre son agresseur. Et c'est avec ce feu qu'il faisait face à ses assaillants, marteau de guerre en main, à corps perdu dans le massacre. Le silence était mort, tué par le fracas des armes, les hurlements de douleurs et les râles. Le craquement des os, la chair se déchirant sous le fil des lames, les gargouillis sanglants, tout se perdait dans un vacarme infernal. Un vacarme auquel Myrddin ne pouvait prêter véritablement attention, focalisé comme il l'était sur ses adversaires. Alors s'il entendit le cris que poussa Orphée, ce dernier dû se retrouver perdu au milieu du reste. Les hommes de Myrddin avaient clairement l'avantage, et leurs adversaires s'en rendaient compte, ils tombaient comme des mouches. C'est qu'il ne fallait pas cherhcher le Cerf ainsi sur son territoire. Alors, bien vite ils sonnèrent la retraite, se retirant prestement la queue entre les jambes.
Un des hommes de Myrddin lui fit un signe pour savoir s'il fallait les poursuivre pour finir le travail. Le Lors répondit d'un mouvement de tête, non, c'était inutile. Ils partaient en direction des terres des Connington, les suivre pourraient se révéler du suicide, transformer une réussite en amère débacle. Ses yeux se mirent à chercher spontanément Orphée au milieu des têtes brunes de ses hommes, pas de pertes à déplorer pour le moment, juste des blessés légers, mais il ne voyait la chevelure blond-vénitien nul part au milieu du jais des Stormlands. L'angoisse se mit à étreindre le ventre du dragonnier alors qu'il cherchait frénétiquement son Intendant. Et il ne mit pas longtemps à le trouver, il était bien plus proche qu'il ne le pensait, son coeur manqua un battement en le voyant si pâle au sol. Sa main posée sur son ventre recouverte d'un rouge poisseux. Soudain, sans ne plus penser à rien d'autre Myrddin de précipita sur le jeune homme. Une supplique muette et désespérée dans son coeur. Pourvu que… Par pitié, pourvu que… Il mit un genoux à terre, posa sa main dans le cou d'Orphée. Pourvu que… Pourvu que… L'Etranger devait avoir eu son compte de morts pour le moment, car après un instant de flottement qui parut abyssal au Lord il sentit sous ses doigts le pouls du bâtard Swann. Faible, mais bien là. Le soulagement s'abattit avec force sur le Lord Baratheon, Dieux merci… Il était vivant, peut-être plus pour longtemps, mais vivant. Myrddin ne voyait que trop bien la plaie poisseuse et le tissus presque noir à force de s'imbiber de sang, la pâleur presque grise de la peau de son ami. Il fallait qu'il voit un mestre, en urgence. Tout en soulevant un peu Orphée et en déchirant un bout de sa propre tunique pour en faire un bandage, Myrddin leva les yeux vers ses hommes.

-Pas d'autres blessés graves ?

-Non, my Lord, bienheureusement.

Myrddin enroulait le morceau d'étoffe autours de la plaie, le compressait contre la peau meurtrie pour ralentir le saignement. Orphée ne supporterait pas un voyage à cheval et le temps d'arriver, l'Etranger aurait déjà accompli sa besogne.

-Rentrez à Accalmie au plus vite, je prend Orphée sur Mairon, il a besoin de soins en urgence.

-Bien, my Lord.

-Prenez garde sur la route.

Le Lord appella son dragon tandis que ses hommes se préparaient au départ et que lui tenait fermement Orphée dans ses bras, le câlant bien contre lui avant de le soulever avec prudence. Mairon ne mit pas longtemps à arriver après avoir entendu l'appel de son frère d'âme, il avait sentit sa panique concernant Orphée et s'inquiétait. Le dragon d'or roussis se posa tout près de Myrddin qui porta Orphée dans ses bras, en grimpant dans son dos.
Il le serra contre lui tout le temps du vol, chuchotant doucement à son oreille, comme s'il pouvait l'entendre de là où il était.

-Ne me quitte pas… Pas maintenant… Je te l'interdis…

Il l'aimait, il ne voulait pas le perdre… Pas comme ça, pas maintenant…
Myrddin fit se poser Mairon sur la tour principale d'Accalmie, le mestre se trouvait juste deux étages en dessous, il glissa avec son précieux paquet dans les bras, le serrant toujours contre lui, contre son coeur. Lui chuchotant encore.

-Tiens bon… On y est presque… Encore un effort…

Bienheureusement le mestre était seul, Myrddin s'en serait voulu d'imposer une vision pareil à un de ses enfants, ou à un pauvre hère qui passait par là. Le mestre comprit immédiatement le problème. Le reste fut assez flou pour le Lord, il ne pouvait pas rester devant la porte du mestre à attendre comme un porte-manteau, vu qu'on lui avait fait comprendre qu'il gênait plus qu'autre chose. Mairon vient dans son esprit pour le rassurer et le réconforter, Myrddin s'enivra de la présence chaude et rassurante de son dragon. Son indéfectible et inconditionnel soutien, sa moitié, son alter-ego. Après un moment de fusion mentale, le Lors récupéra un peu de contenance et envoya Mairon vérifier que le trajet de ses hommes qui rentraient à cheval se passait bien. Puis il remarqua le sang qui maculait ses vêtements, l'état de sa tunique déchirée… Il devait avoir l'air fin…

Un bon bain et des vêtements propres plus tard, Myrddin attendait en serrant Marian dans ses bras, la petite était venue le trouver de son propre chef dans son bureau. Cette petite devait avoir un sacré instinct pour sentir quand son père avait le plus besoin de soutien et d'affection. Il serait la fillette contre lui, qui l'enlaçait de ses petits bras du mieux qu'elle le pouvait, caressant ses boucles noires tendrement. Comme il aimait cette enfant… Il ne parvenait toujours pas à réaliser à quel point elle illuminait ses jours, toute la joie et l'amour qu'elle lui apportait à chaque seconde. Tout l'amour qui débordait de son coeur pour elle.
Puis, au bout d'un moment, on frappa à la porte et les nouvelles tombèrent. Myrddin embrassa le front de sa fille.

-Je pourrais aller voir Orphée ?

-Oui, ma puce, promis mais plus tard. Là il faut le laisser un peu se reposer.

Le mestre l'avait laissé seul avec Orphée, ses jours n'étaient pas en danger, les organes internes n'avaient pas été touchés mais la blessure était profonde et il lui faudrait du temps pour s'en remettre. Un peu plus tard, et il été trop tard. Un peu plus tard et il été trop tard...
Il dormait encore… En le voyant si pâle quelque chose, comme une barrière se brisa chez Myrddin, il s'approcha du lit dans lequel reposait son bel Orphée et caressa tendrement sa joue. Et les mots qui suivirent il ne les controla pas, c'était un cris du coeur depuis trop longtemps enfoui.

-Tu m'as fais peur, si peur… Je ne sais pas ce que j'aurais fait si je t'avais perdu… Je t'aime, Orphée. Je t'aime si fort…

Et une larme roula sur sa joue à ces mots. Oh par les Sept, oui il l'aimait… Il l'aimait et il ne pouvait plus le taire.
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Lun 21 Mai - 12:30
Dans son coma, Orphée ne vit pas les assaillants abandonner le champ de bataille, offrant ainsi la victoire aux hommes de son Lord suzerain. Il ne vit pas non plus Myrddin venir à lui dans un élan de panique ni ne le sentit chercher son pouls avant de le serrer contre lui en bandant sa blessure. Il ne remarqua pas non plus que son beau Lord Baratheon le portait pour le ramener au château à dos de dragon et ne vit rien du trajet dans les airs. Pourtant, au fond de lui, Orphée rêvait de chevaucher un dragon pour prendre la voie des cieux, ça devait être tellement incroyable de voir le monde d’en haut, de sentir l’air glacé fouetter son visage, de se sentir libre et vivant, simplement. Mais la peur qu’il avait de ses formidables créatures le condamnait à rester clouer au sol. Quoi qu’il en soit, il n’entendit pas non plus les suppliques que lui chuchotait désespérément son aimé au creux de son oreille sourde et il resta inconscient un long moment, même lorsque le mestre se démenait pour lui sauver la vie, nettoyant, désinfectant et suturant la profonde entaille qui déchirait son ventre avant de le laisser se reposer une fois son œuvre achevée  et sa vie hors de danger.

Dans les ténèbres qui recouvraient l’esprit d’Orphée, de vieux et lointains souvenirs défilaient, s’imposant à lui comme des rêves. Puis les souvenirs furent remplacés par mille et une pensées floues et abstraites. Mais lentement, elles devenaient plus précises, plus concrètes. Où était-il ? Que s’était-il passé ? Pourquoi avait-il l’impression de flotter dans les abysses ? Puis la mémoire lui revint. L’annonce des révoltes aux frontières des Connington, le départ par un gris matin, l’embuscade si prévisible, la bataille, sa blessure. Et Myrddin ? Myrddin ! Ce nom fut comme un électrochoc dans sa conscience et il revint à lui, lentement. Très lentement.
Très doucement, les sensations revenaient à Orphée. D’abord son corps, puis ses membres. Ensuite, il se sentit respirer silencieusement, calmement. Et enfin cette douleur vive dans son ventre. Sa blessure. Ca le brûlait, mais c’était supportable. Lorsque le jeune homme eut pris conscience de son corps, alors il s’imprégna de l’environnement qui l’entourait. Peu à peu, des voix lui parvinrent. Elles lui semblaient tellement lointaines que leurs échos se mêlaient au fil de ses pensées qui assaillaient son esprit encore embrumé. Les voix s’étaient tues. Puis après un moment, il sentit un poids près de lui et une caresse, douce, tendre parcourir délicieusement sa joue. De nouveau une voix s’éleva. Il la reconnu aussitôt. Il l’aurait reconnue entre mille, la voix suave de Myrddin. Il entendait ses paroles et commençait à en comprendre le sens. Orphée commençait à s’éveiller quand les derniers mots de son Lord suzerain furent prononcés. Mais dans son demi-sommeil, il ne sut pas s’ils avaient été réellement dit ou s’il s’agissait d’une illusion de son esprit brumeux engendré par son désir ardent de les entendre un jour sortir de la bouche de son aimé. Quoi qu’il en soit, c’est à ce moment-là que le jeune homme sortit définitivement de l’obscurité dans laquelle se trouvait sa conscience et il ouvrit les yeux.

Ses pupilles papillonnèrent quelques instants pour s’habituer à la luminosité pourtant faible de la pièce dans laquelle il se trouvait. Il mit un court moment à comprendre où il était. On l’avait installé dans sa chambre, Orphée la reconnaissait. Puis son regard se posa sur l’homme assit près de lui. Myrddin. Une vague de soulagement et de joie le submergea. Il n’avait rien, il s’était sorti indemne de la bataille. Mais quelque chose le chiffonnait. Son bel ami pleurait et il n’aimait pas ça. Il ouvrit la bouche.

Myrddin, ne pleures plus. Je suis là, je suis en vie. Ça va aller maintenant.

Il aurait aimé lui dire cela mais les mots ne vinrent pas. Sa gorge et sa bouche étaient trop sèchent et sa mâchoire était encore engourdie, aussi resta-t-il silencieux. Il voulut lever sa main et la poser sur la joue de Myrddin pour essuyer ses larmes mais il n’y parvint pas, il était si faible. Alors il se contenta de sourire avec toute l’affection et tout l’amour qu’il avait pour son Lord suzerain, seule chose qu’il était capable de faire à cet instant.

Après un moment, quand il fut entièrement réveillé et que ses forces lui étaient un peu revenues, il posa ses yeux dorés sur son tendre Myrddin.

« J-je suis soulagé que tu n’es rien, Myrddin. Je ne me le serais pas pardonné s’il t’était arrivé quelque chose. » Réussi-t-il à articuler faiblement avant d’essayer de se redresser. Mais la vive douleur qui se répandit dans son corps, non sans lui arracher un amère gémissement plaintif, l’en dissuada.
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♔ Main droite & Intendant de Myrddin Baratheon


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Mar 22 Mai - 9:38
Voir Orphée se réveiller procura un soulagement intense au Lord Baratheon. Il était soulagé, si soulagé, qu'il ne pouvait retenir ses larmes qui roulaient sur ses joues. Des années qu'il n'avait pas pleuré, pas depuis sa rencontre avec Mairon, ce jour là c'était des larmes de joie qui mouillaient son visage, une joie immense partagée avec le dragonneau turbulent et cuivré qu'était son beau Mairon. Aujourd'hui, il était bien moins facile de définir la cause de cette pluie sur sa peau, c'était un imbroglio complexe de sentiments qui le submergeait. Mais une chose était claire comme de l'eau de roche: il aimait Orphée Storm.
Ses yeux noirs éperdus d'amour rencontrèrent ceux dorés et tendre de son bel intendant, et son sourire. Oh ! son sourire… Comme il réchauffait et comblait le coeur de Myrddin, c'était un si beau sourire… Si magnifique. Myrddin laissait sa main sur la joue du bel homme roux, continuant de la caresser tendrement, et il resta comme cela un petit moment, perdu dans l'étendue dorée des iris du jeune homme. Lorsque ce dernier eut assez de force pour parvenir à articuler en essayant de se relever. Ce n'était pas encore l'heure, il était encore bien trop faible.

-Shhh… Ne bouge pas, il est encore bien trop tôt, le mestre vient tout juste de te recoudre… Repose toi… Je suis si heureux… Je ne sais pas ce que j'aurais fait si…

Les mots suivants refusèrent de sortir de la bouche du Lord, ils étaient bien trop durs à prononcer, ce serait bien trop éprouvant. Pas si tôt, pas alors qu'il avait manqué de si peu de le perdre. Myrddin continuait de regarder les yeux embués d'amour Orphée, les larmes commençaient à doucement se tarir, rassurés comme il était de le voir vivant et conscient. Son bel amour, son tendre amour, sa déchirure…

-Tu dois te reposer, interdiction de bouger jusqu'à ce que le mestre te donne le feu vert. Il faut que tu récupères. Alexander et Marian vont vouloir venir te voir, ils sont inquiets eux aussi, si tu es d'accord bien entendu.

Marian serait certainement survoltée, Alexander bien plus calme pourrait équilibrer un peu l'ambiance pour qu'elle soit plus supportable pour un blessé en rémission. Même si la joie de vivre de la fillette et sa gentillesse pouvait être de délicieux et d'efficaces médicaments, comme tous les remèdes tout était une question de dosage. En tous cas la présence des enfants pourraient faire du bien à Orphée, et rassurer les petits Baratheon qui étaient tous les deux très attachés à l'intendant.
Il fallait qu'Orphée se repose, et Myrddin y veillerait, il serait aux petits soins pour lui, jusqu'à ce qu'il ait récupéré de sa blessure. Il veillerait sur la convalescence de son tendre, de son cher ami. Il aimerait avoir le courage de répéter ces simples mots, ces mots si doux, qu'il crevait d'envie d'hurler, de susurer, de chuchoter, de déclamer librement mais il n'osait le faire maintenant que le bel objet de son amour était pleinement éveillé. Ils avaient pourtant été si doux, si merveilleux à dire ces mots.
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