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Forum de RP basé sur l'univers de l'oeuvre de George R.R. Martin A song of ice and fire et de sa série télévisée Game of Thrones.
 

[Donjons] Les contes de fée, ça n'existe pas... [Libre 1]

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Lun 23 Avr - 0:59


«Les contes de fée, ça n'éxiste pas… »



-Un orage s'approchait dans le ciel, comme un juge en robe noire apportant le verdict de la foudre…

Elle gloussa à ses propos. Elle parlait toute seule, observant, la tête appuyer contre la pierre une partie du ciel orageux. Même si elle était restée debout longtemps, très longtemps même, elle avait fini par pendouiller mollement au bout des chaines qui la retenaient. Elle ne sentait plus vraiment ses mains, pas même que ses bras tant le sang semblait ne pas arriver à s’y rendre comme il se devait. Elle était fatiguée aussi, n’arrivant pas vraiment à fermer totalement l’œil depuis qu’elle était ici.

Elle se trouvait pathétique. Cela faisait près de deux semaines qu’elle était ici et elle craignait de voir son reflet dans la future flaque d’eau qui risquait de se crée non loin de ses pieds. Sa robe, ou du moins ce qu’il en restait gardait les preuves de ses actes réprobateurs, tout comme ceux de Velaryon, peut-être. Qu’est-ce qu’elle en savait, qu’est-ce que ça leur ferait... Une loque, qui tenait à peine, qui couvrait à peine son corps frêle. De quoi avoir émoustillé les gardes envers qui elle avait eu la force, la première semaine de leur faire regretter leur intérêt malgré les mises en gardes de la garde royale. Oui, elle avait droit à un garde personnel de sa Couronne, pour veiller à ce qu’on ne l’embête pas du moins, tant que c’est quelqu’un d’autre que le Souverain lui-même. Bien entendu.

Il ne semblait pas très de bonne humeur d’apprendre ce qu’elle avait réservé à son très cher Leith et tant qu’à être croupissante dans un tel endroit, elle c’était contenté de lui cracher à la figure toute sa colère. Comme s’il allait relâcher son frère rien que parce-qu’elle le lui hurlait par la tête. Cela avait semblé l’amusé. Il avait ris et cela l’avait mise d’avantage en colère. Elle avait été tellement déçue, d’apprendre la survie du Lord. Elle aurait tellement aimé qu’il ne meurt. Cela aurait au moins valu la peine. Maintenant ici, elle ne pouvait plus rien faire, rien pour son frère et encore moins pour elle. Chaque hurlement qui résonnait à travers la pierre la faisait frissonner. Étais-ce lui, qui souffrait? Était-il toujours au moins en vie?

Et elle, elle mourrait sans doute ici, de soif, de faim. Peut-être même des deux, ou bien de froid, au bout de son sang? Peut-être pas à ce point, même si son jolie visage trahissait quelques coups. On voulait savoir comment elle avait fait, tout en lui faisant regretter. Des rumeurs courraient déjà à son sujet à l'interne et aller savoir si cela c'était ébruité ailleurs même si ce n'était sans doute pas dans l’intérêt de Leith. Son père serait sans doute loin d’être fière. Elle, qu’il avait gardé dans une prison doré si longtemps pour la préservé, la marié, faire comme si elle était tout à fait normale, voilà qu’aujourd’hui elle était dans une autre sorte de prison, ses pouvoirs déclarer au grand jour… Et devant ces deux hommes immondes, elle était le monstre.

Et la seule façon de sortir d’ici, lui avait-on dit comme si elle avait le choix, était d’accepté de devenir l'épouse du Lord de Dragonstone. Cette idée la dégoûtait. D’autant plus qu’il n’était sans doute plus le même homme, mais pire. Elle ne l’avait pas vue, mais elle savait comment il avait pu brûler, non seulement à la vision qu’il lui avait offert, mais aussi et surtout à l’odeur qui avait plané dans la pièce… Et pour la nargué, les seuls repas auquel elle avait eu droit n’étaient que des restes complètement calciner. D’ailleurs, un rat non loin grignotait ce repas. En tout cas, il y en avait un qui ne levait pas le nez sur de la nourriture. Elle avait choisi de l’appeler Roberto. Elle n’avait aucun idée pourquoi. Il avait une gueule pour ça il fallait croire. Elle baissa d’ailleurs son regard sur la vermine, souhaitant bien être aussi petite pour se glisser entre les fissures de ces murs et disparaître loin d’ici.

Elle se demandait bien jusqu’à quand allait-elle être en mesure de résister. Que voudrait Sebastian? L’entêtement des Blackfyre coulait bel et bien sans son sang à elle aussi. Céder n’était pas une option, non? Qui accepterait tel affront, de toute façon? Surtout en vue de leur innocence… Elle en était sûre. Et puis, Sans doute valait-il mieux de mourir ici que de vivre enfermé sur une île avec cet homme. Demandé pardon, jouer le jeu. Elle ne s’en croyait pas capable, elle n’était pas si forte. Si le feu pouvait couler dans ses veines, cet endroit l’étouffait et il était sans doute là pour lui embrouillé la tête d’avantage.

Elle cessa de murmurer quelques paroles, se redressant mollement et difficilement, appuyant son dos contre le mur, les jambes tremblantes. Un soulagement douloureux pour ses bras, transportant la souffrance ailleurs. Elle pouvait entendre quelqu’un approcher et comme à chaque fois, elle craignait bien le pire.

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«Le feu qui semble éteint dort souvent sous la cendre.»
«Be who you were created to be and you will set the world on Fire.»
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Jeu 10 Mai - 22:29
"La foudre détruit ce qu'elle frappe; un poids énorme écrase ce qu'il presse, mais la puissance capricieuse d'un tyran est plus terrible que la foudre."

Un soupir s'échappa de mes lèvres, chassant le proverbe que j'avais lu il y a bien longtemps alors que mes yeux fixaient le donjon du roi. Pourquoi est-ce que ces mots étaient venus à mon esprit en observant cette immense bâtisse, les oreilles bourdonnantes à cause du grondement sourd de l'orage venant? L'air était déjà lourd d'humidité, annonciateur de grandes pluies. Leith n'était pas au courant de ma présence au King's Landing, sa Majesté non plus, en fait, personne ne le savait. Pour le moment du moins, les soldats qui avaient reconnu Aerys étaient probablement partis annoncer ma venue au roi, bientôt, il me faudra venir à lui, mais j'avais autre chose à faire. Je devais la voir...

La nouvelle, je ne l'avais appris qu'en rentrant à l'académie. D'abord, il y avait eu l'odeur, cette épouvantable odeur de chair brulé qui empestait dans chaque couloir, chaque pièce que je traversais d'un pas qui me semblait horriblement lent alors que je courais à en perdre haleine. Puis il y eut la scène de crime, tapis et draps brulés, pas une trace de bougies ou de cire mais du tissu bien trop doux pour venir d'une quelconque décoration. Je me souviens que j'avais hurlé, à vrai dire, je n'étais plus moi-même à ce moment-là. Dans ma tête, les morceaux du puzzle s'étaient encastrés sans problème, l'événement était facile à imaginer, mon frère n'était pas un ange et je ne le niais pas. Dans notre famille comme dans celle du roi, la gangrène qu'est la Folie se nourrit de notre chair et de nos âmes avec un plaisir malsain que nous avions accepté sans regret ni remord. Nous sommes des Dragons, et les Dragons ne reculent devant rien, Folie ou non. On avait bien entendu chercher à me bloquer le passage jusqu'à sa chambre, m'expliquant qu'il dormait, que la douleur était telle qu'il n'était pas certain qu'il me réponde, que la sorcière était partie pour Red Keep. Je m'en fichais, leurs mots ne signifiaient rien à mes yeux, seule sa présence, son souffle discret et régulier, m'importaient. Par crainte d'un saut d'humeur de sa part, Mestre et gardes sont restés dehors, la porte fermée derrière moi, pourtant, ils avaient raison. Même assise à ses cotés, mes mains sur celle qui avait le moins souffert, Leith ne s'était pas réveillé, le front bandé et baigné de sueur, les yeux roulants sous ses paupières et les dents serrés. D'autres femmes se seraient réjouies, je n'étais pas de ce bord. J'étais... perdue? Oui, perdue, abandonnée, seule. Et s'il mourrait? Qu'est-ce que j'allais devenir? La Lady de Dragonstone? La cheffe de l'Académie? Jamais tout ceci ne tournerait aussi bien sans lui, alors je t'en prie Leith, ne me laisse pas tomber...

Comprenant que ma présence à ses cotés ne servait à rien, j'ai quitté notre demeure et suis partie pour King's Landing. J'avais besoin de réfléchir, de songer à ma prochaine action. Bruler vive Lady Blackfyre? Non. Elle ne méritait pas ça, mais comment la punir alors? Passé le choc, la flamme en moi ne désirait qu'une chose, la destruction et la discorde, le chaos chez les Blackfyre, un véritable Enfer dans leur Maison! Mais je savais que le roi ne souhaiterait pas cela, et encore moins Leith. Une Velaryon n'agissait pas ainsi, elle était telle la vague cachant le raz-de-marée, imprévisible et brutale, faisant un simple échec et mat. Pour justifier ma présence au donjon, j'avais dit à sa Majesté que Leith avait besoin de calme et de repos, et qu'il ne voulait voir personne. Ce qui était vrai, même s'il n'était pas conscient. Je le connaissais bien assez pour savoir que, son honneur bafoué, il allait avoir un caractère de chien enragé avec ceux qui oseraient entrer dans sa chambre, même moi, surtout moi. Ah, pauvre Leith, s'il savait qu'il n'était pas le seul à être diminué dans la famille...

Sa Majesté n'avait pas cherché à savoir ce que je comptais faire, il ne m'avait même pas demandé quelle sanction j'exigeais, lui aussi, sans doute, était-il occupé par cette affaire. Lui aussi, son sang devait bouillir à l'idée qu'il aurait pu perdre son préféré...

Red Keep regorge de passages secrets jadis employés par nos ancêtres pour se poignarder ou fuir les combats, les cachots ne font pas exception et certains pans de murs disposaient d'ouvertures discrètes entre les pierres pour voir ce qu'il se passait. Hélas, ma vue baissante ne put m'être utile, ce ne fut donc qu'avec mes oreilles que je pus suivre les longues journées de calvaire de Helzebeth Blackfyre, entrecoupé parfois de cris indéfinissables, de commentaires et provocations du roi. Mon séjour au donjon se résumait à cela, écouter le souffle irrégulier de la Lady et ses propos parfois incompréhensibles. Plus le temps passait et plus ma colère s'apaisait, comme nourrie par la souffrance de cette petite idiote qui avait osé s'en prendre à Leith. Même Kalil n'avait levé la main sur lui de la sorte, et c'est pourquoi je préférais ne pas me préoccuper de lui, même si en tant que Maitre des Chuchoteurs, mon devoir était de repérer les mauvaises herbes dans le jardin du Roi. Et puis un jour, un déclic se produisit dans ma tête en écoutant Aegon parler avec elle. Leith voulait se marier avec elle... Se marier. Tsss, quelle idée? Parfois, mon frère était idiot, mais cela était compréhensible, il souffrait tellement... S'il s'unissait à elle, il serait obligé d'avoir une descendance avec elle, le meurtre n'étant pas un motif pour annuler une union. Un enfant de son sang... De ce sang qui a attenté à sa vie... Et s'il naissait comme elle? Non, c'est impensable! Je refuse cela, je dois le protéger. Mais d'un coté, cette proposition n'était pas mauvaise... Oui, il y avait un moyen pour la briser, pour la voir s'écrouler. Son frère? Ce n'était pas assez, non, il fallait jouer avec, telle une poupée, puis la jeter selon notre envie...

Sans avertir le roi, j'étais retournée à Dragonstone afin de revoir mon frère qui, somme toute, avait quitté son inconscience. Pourtant à mon arrivée, il dormait comme un bébé, bien que la douleur se lisait encore sur son visage, ce que, moi-même, je pouvais voir malgré ma vue brouillonne. J'ai passé le reste de la nuit à son chevet, la tête posée sur le bord de matelas, ma main dans la sienne, attendant l'aurore pour reprendre ma route avec lui -sa santé n'étant plus en danger, le roi avait demandé à ce qu'on l'amène à Red Keep-. La brutalité du roi avait fait son effet, maintenant, il ne manquait plus qu'un peu de douceur... De mensonge.

Il était temps pour moi d'entrer en scène et de faire chuter l'Ennemi de la Couronne. Marchant d'un pas lent sous un ciel couvert et chargé, prêt à faire éclater ses éclairs, je pénétrais dans le batiment de la garnison au lieu de passer par la grande porte comme Leith que les domestiques avaient déjà pris en charge. Avec un ton calme mais autoritaire, je demandai à l'un des soldats se trouvant encore dans la bâtisse de m'accompagner à Lady Blackfyre, ce qu'il fit sans demander la raison. J'étais membre du Conseil Restreint et sous-cheffe de l'Académie, en plus d'être la soeur de Lord Velaryon, on ne se posait pas de question sur mes agissements, surtout si cela venait peut-être d'en haut. En fait, la raison était qu'Aerys ne pouvait pénétrer dans les cachots, j'étais donc tout simplement aveugle dans ces lieux!

Le pas moins assuré dans les escaliers menant aux geôles, je fus bien plus à l'aise dans le couloir humide où les bruits se répercutaient en écho contre les murs. De plus, j'avais compté le nombre de pas d'Aegon quand il venait la voir, je savais donc à peu près où se trouvait la cellule sans éveiller de soupçons. Un déclic retentit et la porte du cachot de Helzebeth me fut ouvert, m'aidant de la porte pour me guider, j'entrais dans la cellule avant de me tourner vers les gardes.

- Bien. Partez à présent.

La surprise fut facile à entendre dans leur sursaut et leurs mouvements tandis que l'un d'eux tentait de me rappeler que le roi leur avait dit de surveiller la prison. Je le coupai dans son élan avec un ton si brutal que moi-même je crus entendre Leith en personne rugir.

- PARTEZ! C'EST UN ORDRE!

J'avais prévu d'être plus autoritaire, pas d'imiter mon frère! Il faut croire que le calvaire de la jeune femme n'avait pas suffit à calmer ma colère... Alors que les gardes s'en allaient, je reportais mon attention sur la demoiselle, attendant que les échos des pas militaires cessent de résonner. Je défis sans hésiter ma ceinture qui portait mes deux épées et la jetai dans un coin avant de m'approcher lentement. Le but n'était pas de la brusquer, ni de l'effrayer, il me fallait sympathiser, et maintenant qu'Aegon avait fait ce qu'il avait à faire, la brutalité n'était pas une option. Doucement, je m'agenouillais devant elle et retirais mon masque, acte que je n'avais fait devant personne jusqu'alors, pas même Leith, dévoilant mes yeux dont les pupilles étaient laiteuses, grisâtres, selon le Mestre de l'Académie.

-Vous savez probablement qui je suis, je suis la soeur du Lord de Dragonstone. J'aurais aimé venir plus tôt mais sa Majesté m'empêchait de le faire, et avec tout ses gardes... Je crains d'avoir peu de temps pour vous parler.

Le timbre était doux, presque faible, presque par peur d'être entendue. Ce que je faisais, si le roi le surprenait et ne comprenait pas le stratagème, je finirais moi aussi dans une cellule en l'attente de mon frère... La situation était donc plus que délicate. Constatant en plissant les yeux que sa robe déchirée dévoilait certaines parties de son corps, j'en refermais les pans en nouant le tissu du mieux que je pouvais, comme pour préserver sa pudeur, bien que cela ne devait pas être très efficace...

- Je... Je tenais à vous remercier, pour ce que vous avez fait, même si cela ne l'a pas tué, malheureusement. Mais j'ai appris qu'il voulait se marier avec vous... Le roi ment, vous avez une autre solution. Peut-être plus dur à prendre, mais au moins, vous serez en vie et libre!

Avant de continuer et pour la laisser assimiler ce que je venais de dire, je me retournais, en quête d'un bruit qui pourrait m'annoncer que nous ne sommes pas seuls, ce qui était vrai. Je ne voulais pas qu'on surprenne ma conversation qui pouvait être jugé pour de la haute trahison, quand bien même ma fidélité pour la Couronne était acquise par sa Majesté. La Cour ne savait pas qui j'étais pour lui, ni ma relation avec Leith, à part que j'étais effacée en sa présence. Rassurée, je reportais mon attention sur Helzebeth.

- Votre haine pour la Couronne n'est pas un secret, mais cela vous met dans une position désavantageuse et vous avez blessé la Main du Roi. Si vous refusez le mariage, vous passerez à la potence pour trahison ou atteinte à la Couronne. Mais vous pouvez aussi abdiquer et assurer fidélité au roi! Ce n'est pas une solution enviable, j'en conviens... De mon coté, j'essaierais de faire oublier à mon frère cette proposition de mariage, qu'en dites-vous? Faites vite! Je saurais raisonner sa Majesté pour accepter votre serment...

D'une main, je ramenais quelques mèches blondes et sales de la femme derrière son oreille afin de dégager son visage dont les vagues contours et les yeux étaient visibles aux miens. Si je n'y arrivais pas avec la fille, je pouvais toujours aller voir le frère dont, de ce que j'avais entendu, le traitement était peu enviable. Qu'elle cédait ou pas, je m'en fichais un peu, son frère était bien plus facile à manipuler, et si elle acceptait, son frère suivrait par dépit et fatalité, ou mourrait. Qu'importe, celle que je voulais briser était cette insolente qui avait osé lever la main sur mon frère et le défigurer à jamais... Toi aussi, je dénaturerais ton corps, ton visage d'ange... Mais patience, oui, patience...
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Jeu 17 Mai - 1:06


«Les contes de fée, ça n'éxiste pas… »



Elle n’avait cependant jamais entendu ces pas particuliers s’approcher de sa cellule. Cela laissait sous-entendre qu’elle avait un nouveau visiteur? Devait-elle s'inquièter, ou non? La silhouette approcha. Elle pouvait voir l’ombre se refléter sur le mur, grandir tandis qu’elle la rejoignait lentement. Elle put alors deviner suffisamment aisément qu’il s’agissait d’une femme. La porte de sa cellule fut déverrouillé et son nouvel interlocuteur entra. Helzebeth n’eut aucun mal à reconnaître la femme devant elle. C’était la sœur de Leith. Et elle n’avait pas la moindre idée si c’était une bonne ou une mauvaise chose. C’était d’autant plus angoissant, que de ne pas savoir à quoi elle pouvait s’attendre, mais de ce qu’elle en savait, elle était du côté de Leith.

L’ordre qu’elle hurla la fit sursauter, glaçant momentanément le sang dans ses veines. Elle ne pouvait pas bien voir ses yeux puisqu’elle portait un masque. Il fallait avouer que les lieux étaient plutôt sombre, étant donné cette… Relation que la prisonnière avait avec le feu. La jeune Blackfyre remarqua bien cependant que les militaires quittaient sans refermé la cellule. Elle n’avait pas vue celle-ci ouverte de la sorte depuis le tout début et… Si ce n’était pas de ses chaînes, sans doute aurait-elle tenté une échappée. Elle ne manqua pas non plus de noté cette colère qu’elle avait ressentie dans la voix de la Dragonnière. Cela rendait le fait plus évident encore qu’elle lui en voulait pour les blessures qu’elle avait infligé à son cher frère. Au fond, pouvait-elle lui en tenir rigueur? La jeune Sorcière bouillait de colère et de désespoir de ne pas savoir dans l’état même où son propre frère se trouvait…

Elle l’observa retirer sa ceinture, jetant son équipement plus loin. Elle ne savait pas trop si elle faisait cela pour la rassuré, ou par mesure de précaution la concernant… Une fois à sa hauteur, Annabeth s’agenouilla, retirant son masque afin de lui offrir la vue de ses prunelles… Inquiétante. Pourquoi retirait-elle son masque, si elle ne pouvait rien y voir? À travers ses mèches blondes presque crasseuses, Helzebeth fronçait les sourcils. Était-elle si détraquée que son frère aîné?

Quoi qu’il en soit, son introduction la gardait perplexe. Avait-elle le droit, ou pas d’être là? Dans tous les cas, si elle venait en croyant se faire incognito, elle se foutait le doigt dans l’œil et c’était à parié qu’un garde était déjà allé l’annoncer à Aegon. Encore une autre surprise en soit, la femme devant elle fronça les sourcils et approcha ses mains d’elle, ce qui la força en un certain mouvement –du moins réflexe- de recul. Premièrement, elle semblait donc voir? Deuxièmement… Elle replaçait doucement la loque sur son corps. Sans doute question de la rendre plus présentable. Cela lui arracha un frisson malgré tout. Là où le tissus revint sur sa peau, elle y sentie aussitôt une petite chaleur. Ne réalisant même plus à quel point son corps pouvait être froid, contrairement à d’habitude. Elle était fatiguée et elle avait mal, alors elle se contentait d’avoir une température normale, ce qui ne lui faisait pas du tout.

Elle se renfrogna malgré tout à la suite de ses propos. Elle ne comprenait pas où elle voulait en venir ou bien étais-ce si clair et si précipité, qu’elle n’y croyait tout simplement pas. Étais-ce possible que sa sœur le déteste? Pourquoi alors voudrait-elle sa mort? Elle avait bien compris, non? Pourquoi donc, cette colère dans sa voix, plus tôt? Elle doutait fort qu’elle soit si différente du Lord de Dragonstone. Elle se surprit donc à entendre résonner son propre rire, léger, peut-être un peu sombre à mesure que Lady Velaryon parlait puis, elle offrit un vif coup de tête sur le côté, lorsqu’elle sentie ses doigts, glisser contre ses cheveux afin de lui dégagé le visage.

-Notre haine pour la Couronne? Abdiquer? Jurer fidélité? Bon sang, où étiez-vous lors des derniers évènements en King’s Landing, où j’ai fait ma révérence au Souverain? Mes ennuis, très chères ils ont commencé parce-que votre salaud de frère est trop gourmand. Est-ce qu’il vous à toucher vous aussi? Mmhhh, vous étiez amoureux, peut-être? Il a dit que vous étiez plutôt facile, contrairement à moi. Il aimait ma fureur, mais je crois qu’il ne croyait pas à quel point je pouvais être dangereuse pour lui… Si vous l’aviez entendu hurler tandis qu’il courait comme un imbécile dans la pièce, en cramant!...

Elle releva finalement la tête, fière, malgré la douleur que cela lui provoquait, que ce soit au crâne, à son cou ou son échine toute entière. Ils croyaient être si spéciaux, ces Targaryen, ces Velaryon, qu’ils en oubliaient l’origine des Blackfyre. Helzebeth pouvait bien avoir l’air d’une petite créature fragile, mais maintenant que le voile était tombé, elle savait très bien

-Trahison et atteinte à la Couronne? Depuis quand Leith fait partie de la Couronne? Être la main du Roi ne fait pas de lui un Roi. Je crois qu’il avait oublié la différence et visiblement, vous aussi… Et vous savez très bien, vous et moi que cette histoire d’empoisonnement ne nous concerne guère nous, les Blackfyre. Ce n’était qu’un prétexte. À la limite, je ne serais même pas étonnée que ce soit un coup monté à l’interne. Aegon n’est pas mort. Expliquez-moi comment cela peut être possible? Faire croire à son empoisonnement pour faire tomber quelques têtes, c’est digne de leur esprit tordu, à tous les deux. Il m’a enlevé, littéralement et ensuite il à tenter de me violé. Je n’ai fait que me défendre.

Elle n’avait pas envie de pleurer, ni de supplier. Elle savait que cela ne servait à rien. Un mariage avec Leith? Il était hors de question qu’elle se marie à ce monstre même si sommes toutes, ce n’était pas sa décision à elle… À moins que son frère ne soit mort… Ce qui lui serra la gorge. Elle ne comprenait même pas pourquoi elles avaient cette discussion!


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Lun 21 Mai - 20:07
Son rire léger durant que je parlait me fit comprendre que mon angoisse et ma colère avait rendu mes paroles bien trop factices pour la Lady Blackfyre. Elle n'en croyait pas un mot et je me traitais mentalement d'idiote pour cette erreur de débutante. Je n'avais que peu de temps pour rattraper les choses. Ah, si seulement le Roi avait fait correctement son travail, même une enfant aurait été trompé! Cette femme est décidément très forte mentalement, contrairement à ce qu'elle donne comme impression, mais il me restait encore des cartes en main pour la faire tomber dans ma coupe, et à partir de là... Je la briserais. Evidemment.

-Notre haine pour la Couronne? Abdiquer? Jurer fidélité? Bon sang, où étiez-vous lors des derniers évènements en King’s Landing, où j’ai fait ma révérence au Souverain? Mes ennuis, très chères ils ont commencé parce-que votre salaud de frère est trop gourmand. Est-ce qu’il vous à toucher vous aussi? Mmhhh, vous étiez amoureux, peut-être? Il a dit que vous étiez plutôt facile, contrairement à moi. Il aimait ma fureur, mais je crois qu’il ne croyait pas à quel point je pouvais être dangereuse pour lui… Si vous l’aviez entendu hurler tandis qu’il courait comme un imbécile dans la pièce, en cramant!...

Je restais de marbre face à l'insolente, mais ses révélations me firent l'effet d'une claque. Plutot facile... Alors là c'était le pompon, je restais néanmoins sa favorite, contrairement à elle qui n'était qu'un amuse-gueule au final. Une bouchée de trop qui a appris à ses dépens à Leith que même si nous étions des valyriens de par notre sang, la magie, elle, l'avait quitté depuis longtemps. Nous ne sommes que des mortels dont même le feu peut devenir un ennemi si on n'y prête pas attention. Je ne pouvais guère la voir, encore moins son visage, mais sa réflexion sur l'incident et le ton me firent serrer les machoires pour garder le controle de moi-même. Elle était contente de ce qu'elle lui avait fait et osait l'insulter comme si j'allais la laisser faire... C'est le cas. On disait bien des choses de moi, mais les on-dit ont-ils seulement une grande valeur? On peut insinuer bien des choses sur les autres sans avoir de preuves de la véracité de nos propos.

-Trahison et atteinte à la Couronne? Depuis quand Leith fait partie de la Couronne? Être la main du Roi ne fait pas de lui un Roi. Je crois qu’il avait oublié la différence et visiblement, vous aussi… Et vous savez très bien, vous et moi que cette histoire d’empoisonnement ne nous concerne guère nous, les Blackfyre. Ce n’était qu’un prétexte. À la limite, je ne serais même pas étonnée que ce soit un coup monté à l’interne. Aegon n’est pas mort. Expliquez-moi comment cela peut être possible? Faire croire à son empoisonnement pour faire tomber quelques têtes, c’est digne de leur esprit tordu, à tous les deux. Il m’a enlevé, littéralement et ensuite il à tenter de me violé. Je n’ai fait que me défendre.

Elle crachait aussi bien qu'un chat en furie, récitant une vérité qui ne pouvait être contestée... Ou plutot si, par le Roi. Il avait bien fait exécuter les soldats du Lord Lannister juste par amusement et raffermir son autorité sur les plus indisciplinés. Ce qui n'avait pas totalement marché vu que certains n'ont pas encore ployé le genou. Quant à l'affaire d'empoisonnement, il était évident que les Blackfyre n'étaient pas impliqués, bien qu'il avait fallu le "demander" au Lord Blackfyre, comme sa soeur, il clamait son innocence. A vrai dire, bien que je n'avais pas encore de suspects, je n'avais jamais considéré cette Maison comme responsable de cet attentat. Le poison était une arme utilisé par peu de gens, c'était l'arme de prédilection des femmes ou encore des assassins qualifiés et voulant jouer sur leur propre sécurité. La femme qui avait servi les collations du Roi et de la Princesse n'était toujours pas passé aux aveux cependant, et c'était terriblement frustrant.

Doucement, je me relevais, il était inutile avec elle de jouer avec la compassion donc. La Raison sera mon atout. Quand je repris la parole, celle-ci était calme, posée, au fond, je n'étais que rouages grinçant encore et encore, attentifs au moindre bruit venant de l'extérieur.

- Une révérence? Même une Lady "facile" a pu la faire sans montrer se véritables sentiments. Une révérence, ce n'est qu'un geste, un serment, des mots. Sincèrement, Lady Blackfyre, pensez-vous que le Roi croit au bien fondé des révérences que lui ont accordé les Maisons alors qu'il est évident qu'elles attendent que sa tête roule au sol? J'ai beaucoup de respect envers votre famille, Helzebeth, et pas uniquement parce que vous avez échappé aux assauts de mon frère.

Nonchalamment, je récupérais mon épée, la gardant en main tout en fixant la jeune femme.

- Née d'un batard de la Maison Targaryenne, batard qui revendiqua sa place sur le trône suite à sa légitimation par son propre père, Aegon IV Targaryen, ainsi que ses descendants, encore et encore, même quand ils furent presque décimés par les forces armées de l'ancien Roi. Oui, vous n'êtes pas la seule à connaitre l'histoire de vos ancêtres très chère. Je sais aussi que les parents de Daemon Feunoyr étaient tout les deux des Targaryen, mais là n'est pas la question, bien que vous semblez oublier d'où viennent vos origines par moment. Savez-vous pourquoi votre Maison n'a pas fini dans le feu et le sang? Votre père vous l'a sûrement raconté et moi-même j'ai pu y assister mais je vais vous le dire: un genou sur le sol, un front si bas qu'il en frôlait le sol et un serment qui fit de votre Maison en sursis une Maison vassale à celle du Roi légitime par le sang et le mariage.

Je me souvenais de ce jour avec moult détails car j'avais pu y être, dans la salle du trône. Je ne saurais dire s'il s'agissait d'un cousin ou d'un frère du père de la Lady, je me rappelle cependant de ses cheveux d'argent et de ses yeux si clairs que je crus qu'il s'agissait d'un Targaryen avant que la séance ne commence. Que lui était-il arrivé après... Un véritable mystère, mais s'il n'était pas venu de lui-même, ce n'était pas à son arrivée que j'aurais assisté mais à l'envol du dragon du Roi ainsi qu'aux têtes tombant des survivants.

- Là où je veux en venir c'est que ce ne sont pas vos bonnes actions qui vous ont éviter la mort mais uniquement l'envie du Roi. L'ancien Roi voulait voir un Feunoyr ramper à ses pieds et il en fut satisfait. Vous avez gravement blessé la Main du Roi et ça l'a déplu. Vous pensez réellement que la Justice existe? Le Roi a toujours le dernier mot, ne l'oubliez pas. Des témoins de cette tentative de viol? Combien de gardes parleront d'après vous? Votre frère vous défendra? A l'heure actuelle, sa vie dépend de vos choix. Vous êtes seule, Lady Blackfyre, personne ne viendra vous sauver comme personne n'est allé empêcher votre ascendant de s'incliner devant l'ex-souverain des Sept Couronnes. Vous comprenez ce que je vous dis ou vous préférez continuer à croire à ces contes de fées encore longtemps?

Je la regardais sans vraiment la voir. Au fond, j'avais pitié d'elle. Pauvre folle, à s'énerver inutilement alors qu'elle était enchainée là et moi, une épée à la main... Ce serait si facile, même à cette distance. Un geste ample? Non, une gorge tranchée serait une mort bien trop douce pour elle. Un estoc dans le bas-ventre alors? Stérile à jamais, peut-être même infirme... Non, je devais la garder intact, encore.

- Si cela peut vous rassurer, vous êtes innocentés pour l'empoisonnement du Roi, rien ne vous incrimine.

C'était un peu de réconfort pour cette petite, ou peut-être qu'elle s'en fichait, mais autant lui faire comprendre alors que si son frère était torturé, ce n'était pas à cause de l'empoisonnement mais uniquement par sa faute, à elle. Je trouverais bien un moyen de faire changer d'avis mon frère et mon Roi, il y avait bien des façons de procéder et même si le Roi était puissant, il restait un homme. Un homme puissant, certes, mais un homme quand même.
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♔ Lady
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♔Dragonnière
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Mer 23 Mai - 1:09


«Les contes de fée, ça n'éxiste pas… »


La Dragonnière reprit la parole de manière calme et posée, mais Helzebeth ne comptait pas se laisser manipuler aussi facilement. On  avait déjà essayé la douceur, tout comme la brutalité à son égard. Annabeth ne faisait rien qui changeait de son étrange quotidien des dernières semaines. Elle l’écouta cependant, sans l’interrompre, ayant très certainement envie d’éclater de rire. Elle ne savait pas trop si c’était drôle, pathétique ou tout simplement exaspérant.

-Qu’il y croit ou non ne m’importe guère. Si je me fie aux propos qui rôdent ici et là, le Souverain ne crois en rien ni personne. Si ce n’était cependant pas si important, alors personne ne le ferait. Je sais très bien en quoi consiste l’image que d’être un membre de la Royauté. J’y ai été préparé depuis la tendre enfance, «Milady».

Pourquoi cela ne lui aurait-il pas glissé. Légitime ou non, elle était une Princesse et qu’elle ose lui arracher ses mots... L’image. C’était presque tout ce qui comptait, cette satanée image que tout le monde se donnait, même elle sous son voile de Lady Blackfyre. Même si son petit mirage c’était hélas dissipé, dévoilant une partie de sa vrai nature et la mettant donc sommes toutes en danger, qu’aurait-elle dû faire? Se laissé violé par la main du Roi, au nom des idéaux de son défunt père? Pour prouver qu’elle n’était rien de plus qu’une Noble, ni même Princesse? Rang qu’elle méritait tout autant que les Targaryen. La patience et les plans de l’ancien Lord Blackfyre ne les avaient mené à rien et c’était peut-être même ceux-ci qui amenait aujourd’hui ses enfants à pourrir dans des cachots crasses. Sebastian n’avait même pas eu la chance de lever le moindre petit doigt oh, s’ils savaient ce qui les attendaient, ils la traiteraient de meilleurs façon, c’était assuré.

Pour la suite, elle fronça les sourcils. Pourquoi lui racontait-elle tout ça, au juste? Que ce soit exactement vrai, ou erroné en partie ne la fit même pas sourciller. Cherchait-elle à avoir confirmation sur certains mystères entourant toute cette histoire? Elle n’aurait rien là non plus. Elle eut envie de la couper net dans sa lancé, mais préféra économiser sa salive et son énergie, en la laissant déblatéré toute seule. Et elle était là? Avait-elle bien compris? Quand exactement? Parce-que si elle se fiait à l’âge de la Lady et aux dates de certains évènements, elle se chiait probablement encore dessus. N’empêche, elle se mordit légèrement la lèvre. Elle ne devait pas devenir aussi sauvage que ces êtres immondes… Et encore moins grossière.

Qu’importe pour l’heure, puisque son interlocutrice laissait couler des mots bien douloureux. Envie du Roi? Et elle croyait que c’était qui, qui lui avait fait subir tout ça? Ce n’était très certainement pas les gardes qui avaient osé la toucher. Elle frissonna de dégoût et sentie ses jambes faiblir alors ses mains se refermèrent fermement sur les chaînes qui retenaient ses poignets, pour ne pas s’écrouler tout bonnement. Elle avait raison sur les points avancés. Personne ne parlerait pour elle, personne. Que ce soit à Dragonstone ou ici. Elle était seule, c’était bien vrai. Personne n’avait cherché à la libéré. Pas même que son frère. Cette alliance avec les Connington et les autres Maisons pouvait bien aller pourrir de l’autre côté du mur. Si cela n’était que d’elle… À quoi servait tous ses hommes, toutes ces paroles si le moment venu, il n’y avait personne…

-Innocenté. Quel soulagement…

Souffla-t-elle, le sarcasme se laisserait sentir même pour un pauvre imbécile dépourvu de cervelle. Ses poignets lui faisait mal et ses mains d’avantage tandis que ses doigts n’en pouvaient plus de resté agripper aux maillons métalliques. Telle une vague qui la prenait d’assaut, elle se sentait de plus en plus fatiguée. Il était bien vrai qu’elle avait de plus en plus de mal à tenir longtemps quelconque conversation, avant de malgré elle laissé entrevoir cette épuisement qui la tenaillait. Son frère serait-il tout de même fière de la savoir subir tous ces assauts, tandis qu’elle s’efforçait malgré tout de garder la tête haute, de rester digne?

-Ce n’est pas la vie de mon frère qui dépend de mon choix, mais bien l’inverse. Cela fut toujours ainsi, peu importe la famille, ou la Maison. Vous devriez aller lui servir votre petit plaidoyer à lui, au lieu de perdre votre temps avec moi.

Elle lui demandait simplement de prêter serment au Roi, c’était bête, bien bête. Tout ça avait déjà été fait. Au Bal, aux Festivités. Que voulait-elle de plus? Elle ne pouvait rien faire de plus… Cette petite guerre ne les concernait pas. Elles n’étaient rien dans ce monde d’hommes, c’était bien connu… La raison de sa torture, le fait qu’Aegon lui avait fait subir tout ça… C’était pour avoir touché à son chien-chien de Leith. Le regrettait-elle? Elle avait pleuré, hurler sa douleur malgré qu’elle avait tenté de serrer les dents, mais… Sa peau c’était ecchymosée et sa chair c’était déchirée. Tout ça, lui promettant qu’elle resterait intacte pour son frère de cœur, mais non… Elle ne regrettait étrangement pas. Elle n’aimerait cependant pas avoir à refaire tout ça, revivre tout ça… Elle ne savait même pas si elle s’en sortirait vivante alors répondre à cette folle complètement déconnectée ne lui disait plus…

Elle eut un haut le cœur, mais sa bouche était sèche et son estomac bien vide. Elle passa doucement sa langue sur ses lèvres fendues que ce soit par les coups ou la soif. Elle releva doucement le regard, avisant ce membre du Conseil Restreint, cherchant quelque part dans ses traits l’indice, avant quelconque réponse à savoir si son frère était toujours vivant ou non. Personne ne lui avait permis d’obtenir cette information, allait-elle l’avoir?

-J’imagine que cela met un terme à notre petite… Réunion. J’espère que nous nous reverrons dans de meilleures circonstances, à savoir que vous ne m’en tiendrez pas trop rigueur pour mes propos un peu maladroit à l’égard de votre très cher frère... Je ne suis pas dans le meilleurs de mes jours, vous en conviendrez…

Elle lui offrit un sourire charmeur, digne de ce petit code bidon des grandes Maisons. Elle savait qu’elle n’allait pas la leurrer. Peut-être était-ce surtout par provocation, aller savoir. Helzebeth n’avait jamais apprécié de jouer les factice du moins jusqu’à un certain point, mais… Sommes toutes, elle apprendrait, visiblement de gré ou de force. Après tout, n’était-elle pas entourée des meilleurs…


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♔ Lady de Black Castle
♔ Sorcière errante


«Le feu qui semble éteint dort souvent sous la cendre.»
«Be who you were created to be and you will set the world on Fire.»
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Mer 23 Mai - 9:47
-Qu’il y croit ou non ne m’importe guère. Si je me fie aux propos qui rôdent ici et là, le Souverain ne crois en rien ni personne. Si ce n’était cependant pas si important, alors personne ne le ferait. Je sais très bien en quoi consiste l’image que d’être un membre de la Royauté. J’y ai été préparé depuis la tendre enfance, «Milady».

Elle voyait juste, si je pouvais me permettre une telle expression. Le Roi était un individu dont la confiance était difficile à avoir, surtout lorsque sa famille s'est montrée assez agressive envers la Couronne, surtout quand la concurrence est là. Seul le Conseil restreint et quelques Maisons comme les Barathéon avaient droit à ce privilège, et j'étais plutot fière d'être inclue dans ce cercle de fidèles. Les propos de la Lady pouvaient cependant être retournés contre elle. L'image d'un membre de la Royauté... Les Blackfyre étaient membre d'une branche cadette, une branche batarde, de sang pur, certes, mais batarde selon les lois. Et un batard n'accède pas au Trône, c'est comme ça. La tentative serait belle pour donner une raison d'éradiquer cette famille pour complot, mais ce serait bien trop facile, elle n'en souffrirait guère. Et le Roi n'en croirait pas un mot, là était le principal obstacle, déjà que le convaincre de soumettre la Lady à un serment digne de celui imposé à Aenys Blackfyre serait compliqué alors lui dire que cette Maison conspirait... Ah... Qu'aurait fait Leith pour parvenir à mes fins? Il lui aurait fait payer son affront et aurait essayé le feu grégeois sur elle après l'avoir brisé, à n'en pas douter. Bien que l'idée de la voir finir comme Le Flamboyant, je préférais la garder encore en vie et lucide...

Le tissu sur sa peau fit un petit bruit de frottement sur le mur, un frémissement chez l'enfant probablement, tandis que ses chaines tintaient. Dommage que je n'étais plus capable de voir aussi bien qu'avant, j'aurais aimé savoir ce qu'elle ressentait. De la peur? Non, elle était bien trop fière pour se montrer ainsi, même à une infirme. De la colère alors? Fureur face à l'injustice dont elle était victime et à la lacheté de ses alliés qui ne venaient pas la défendre. Même son frère, mais à vrai dire, vu dans quel état il est, je ne pense pas qu'il soit en mesure de négocier... Du dégout quand j'ai parlé du Roi? Il faut dire que la dernière fois qu'il était venu la voir était la veille au soir, son corps et son esprit doivent se sentir souillés, sales, même le gros sel ne saurait arracher la présence d'Aegon sur sa peau, ses chairs. Je me surpris à apprécier cette idée, savoir qu'elle se sentait sale était plaisant, mais cela le serait bien plus si elle se sentait misérable... Non, je n’appellerais pas les gardes, sa Majesté ne serait pas contente.

-Innocenté. Quel soulagement…

Le sarcasme était là et même moi je pouvais voir à quel point ma réplique avait été dérisoire face à la situation de la Lady. Mais c'est ce qu'elle était, dérisoire, un grain de sable parmi tant d'autres. Au final, on ne lui accordait de l'importance seulement parce qu'elle avait blessé Leith, mais si elle s'était laissée faire comme toutes les autres, rien ne serait arrivé. Elle aurait eu du mal à marcher pendant quelques temps et peut-être même un enfant à abandonner ou à garder, mais sinon, elle aurait été oublié de tous. Mon frère m'aurait sans doute parler de cette petite aventure, cela m'aurait piqué au vif et notre relation aurait été plus passionnée, peut-être. Mais non, elle avait tout foutu en l'air, et maintenant, même le Mestre se sentait obligé de dire qu'il récupérait au mieux... Si Leith mourrait, ce ne sera pas le courroux du Roi qu'il devra craindre.

-Ce n’est pas la vie de mon frère qui dépend de mon choix, mais bien l’inverse. Cela fut toujours ainsi, peu importe la famille, ou la Maison. Vous devriez aller lui servir votre petit plaidoyer à lui, au lieu de perdre votre temps avec moi.

A vrai dire, tout dépendait du choix du Roi, c'était là le plus amusant dans cette affaire. Et c'était justement le Roi que je voulais convaincre d'arrêter cette folie de mariage avec la Lady. La vie de son frère? On s'en fichait. Son honneur de pucelle? On s'en fichait, et puis, selon la Foi des Sept, elle était déjà déshonorée, une pécheresse de la Luxure, elle n'était pas une fille recommandable. Est-ce qu'elle se rendait compte au moins que même si elle suppliait le Roi de la pardonner, il n'en ferait rien? Pauvre petite chose.

-J’imagine que cela met un terme à notre petite… Réunion. J’espère que nous nous reverrons dans de meilleures circonstances, à savoir que vous ne m’en tiendrez pas trop rigueur pour mes propos un peu maladroit à l’égard de votre très cher frère... Je ne suis pas dans le meilleurs de mes jours, vous en conviendrez…

Je ne vis pas son sourire, ni la sincérité tout bonnement inexistante dans ses propos. Une simple formule de politesse, en fait, elle devait bien savoir que la prochaine fois que je la verrais, ce serait quand mon frère, parfaitement rétabli, viendrait prendre son dû par la force, une joie perverse communicative que je ne parviendrais pas à cacher. Ou alors à ce foutu mariage si je ne parvenais pas à lui remettre un peu de plomb dans la cervelle à lui et au Roi. Ou alors un jour comme celui-ci, seule, pour lui faire regretter ses actes si mon Leith ne survivait pas au feu qui le rongeait malgré les bandages et les bon soins du Mestre. Peut-être que le Roi m'en empêchera, peut-être participera t-il à ma vengeance. A vrai dire, je pense que je m'en ficherais ce jour-là, tout ce qui m'importera est d'arracher ce sarcasme et ce rire de cette petite insolente. Je haussais un sourcil avant de lui répondre, gardant mon calme malgré mon esprit en ébullition.

- Votre frère... Lord Blackfyre est si amoindri qu'il est incapable de parler, et pourtant, il a toujours sa langue.

Ma couverture de Lady ravie du mal de son frère était vraisemblablement foutue de toute façon, aussi, je m'en fichais comme de mon premier lange de comment elle prendrait mon ton au vu de ces paroles. Je n'étais pas venue à elle à cause du mariage uniquement, mais aussi parce que des deux, elle était la seule à savoir encore manier ce bout de chair. Dans ce monde d'hommes, c'était un pari risqué et je me plantais toute seule un poignard dans le pied, mais j'étais le Maitre des Chuchoteurs. Ce n'était peut-être pas grand chose, mais de là à dire que les femmes n'ont aucune importance dans cette société... Tant de défaitisme.

- De plus, il semblerait que votre mémoire soit devenue courte à force de croupir ici. Qu'importe que vous promettiez mille et une choses, seule l'envie du Roi compte. Une batarde quelconque, je ne m'en serais guère préoccupée, mais ce n'est pas le cas.

Oui, c'était par pur principe que j'étais face à une fort lointaine cousine ou nièce que je perdais autant de temps. Mais ne lui faisais-je pas une faveur en lui offrant un court répit entre deux assauts du Roi? Au final, ne devrait-elle pas me remercier? A moins qu'elle avait fini par aimer et partageait-elle les mêmes désirs, les mêmes pulsions, d'Aegon? Cela ne faisait que raviver ma colère. Si elle ne souffrait plus, à quoi bon continuer! Je croisais les mains sur ma poitrine pour cacher du mieux que je pouvais mes mains crispées sur mon masque et mon épée. Comme elle l'avait dit, notre discussion était terminée, à elle le retour de la Luxure du Dragon, à moi le retour de la contemplation sonore de cette Luxure. Je remis mon masque après avoir ramené mes cheveux en arrière d'un geste de la tête.

- Je comptais rester un peu mais vous avez raison, il est grand temps que je parte, sa Majesté doit sûrement être en chemin de toute façon... Si cela peut vous rassurer, la prochaine fois que nous nous reverrons, ce sera soit pour vous annoncer la mort de votre frère, soit la venue de mon frère, soit sa mort à lui aussi. A vous de voir laquelle de ces nouvelles vous est préférable.

Je ne m'attendais pas à la voir pleurer ou trembler de peurs face à mes propos, elle était somme toute bien trop fière pour le montrer, mais contrairement à ce qu'elle pensait, ses actes et leurs conséquences allaient bien influencer sur son avenir et celui de sa Maison. Je n'avais plus qu'à héler les gardes et faire fermer cette cellule puis disparaître à présent, comme si cet échange n'avait jamais eu lieu. Alors que je me détournais d'elle, je m'arrêtais dans mes pas, reportant une fois de plus mon attention sur la Lady.

- Finalement, ce mariage n'est pas si gênant que cela, vous êtes une "Princesse" après tout. Une Princesse de sang pour un Prince de sang et Main du Roi, c'est la situation rêvée pour une Maison qui a toujours voulu s'élever à l'égale des Targaryen.

Est-ce que je souriais? Oui. Car je venais de réaliser l'ironie de l'avenir de cette jeune femme dont les ancêtres ne cessaient de proclamer la pureté de leur lignage. Au final, je devrais peut-être laisser les choses se faire et ne pas embêter le Roi avec ces idioties. De toute façon, Leith ne risquerait pas de la garder en vie bien longtemps, il n'était pas du genre à rester plusieurs semaines avec la même courtisane.
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