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Forum de RP basé sur l'univers de l'oeuvre de George R.R. Martin A song of ice and fire et de sa série télévisée Game of Thrones.
 

Des cerfs pris dans l'orage [PV Myrrdin, Orphée] [TERMINE]

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Sam 14 Avr - 8:04
Déjà des semaines qu’ils étaient sur la route, songea vaguement Alexander en se réajustant sur sa selle. Des semaines qu’ils avaient quitté le Val. Des semaines qu’il vivait avec la boule au ventre ; et loin de disparaître, sa peur ne faisait qu’augmenter au fur et à mesure qu’il se rapprochait de Storm’s End.  Il n’avait qu’une hâte, celle que tout ceci finisse ; et pourtant il ne voulait pas que le voyage se termine, d’un autre côté. Il aimait bien, au fond, passer sa journée à cheval. Progresser à son rythme, selon les intempéries et la fatigue de la veille. Sentir le vent dans ses cheveux, le soleil sur son visage. Pour la première fois depuis longtemps, il avait l’impression d’être presque libre, et c’était enivrant. C’était grisant.  Et pourtant son humeur s’assombrissait quand il savait ce qui l’attendait à la fin de ce voyage. Il savait que c’était ridicule de s’inquiéter ainsi pourtant, qu’il n’y avait en théorie pas de raison pour que les choses se passent mal. Surtout que c’était lui qui avait accepté de partir - de commencer une nouvelle vie. De devenir le fils héritier de Myrrdin Baratheon.

Et pourtant il avait peur de rencontrer celui-ci. Peur que le lord regrette sa décision en le voyant, pour une raison ou pour une autre. Trop crevette. Trop bête. Mal élevé. Mauvais avec une épée - ou trop faible à son goût. Savait-on jamais. Tellement de choses pouvaient se passer mal, et de son expérience avec sa famille paternelle, tout ce qui pouvait se passer mal irait mal ; voilà bien pourquoi il cherchait à se faire oublier. Sauf qu’en étant désormais l’héritier des Stormlands, se cacher dans un trou de souris ne serait pas possible . Il serait constamment sur le devant de la scène. Sans compter les nombreux bals et festivités auxquels il allait devoir assister, prendre part, diriger peut-être. Mais héritier des Stormlands. Le simple concept appliqué à sa personne lui paraissait étrange. Tout comme son nouveau nom, sa nouvelle identité. Penser à lui en tant qu’Alexander Baratheon était..déconcertant. S’il avait pensé que sa vie prendrait ce tour-là…

Zéphyr tira brutalement sur son mors, le faisant revenir à la réalité. Il reprit ses rênes, et pressant ses talons contre les flancs de son cheval gris, il l’incita à accélérer l’allure  pour rattraper le reste de la colonne. Sa monture lui obéit immédiatement en prenant un petit galop, et une vague de soulagement envahit le jeune homme en même temps qu’il se morigénait mentalement. Il s’était trop plongé dans ses pensées, ne faisant plus attention à la route, et voilà le travail ; il avait failli se laisser distancer. Conséquence, son grand cheval gris au tempérament de gagneur avait manqué de prendre le contrôle, et accessoirement le mors aux dents. Autant pour donner bonne impression de lui ; maintenant il passait juste, certainement, pour un gosse un peu trop dans la lune et incapable de maîtriser sa monture par-dessus le marché. A coup sûr, cela allait être beau quand il serait à la tête des Stormlands, tiens,  et les Sept fassent que ce jour soit le plus tardif possible. Son regard se posa sur l’Intendant Storm. Pourvu qu’il n’ait rien vu, surtout pas. Il avait essayé de se bâtir un début de crédibilité, ce n’était pas pour tout fiche en l’air maintenant.  Lui aussi, il voulait gagner son respect ; prouver qu’il n’était pas un imbécile complet, et qu’il était digne (ou pas, et c’était ce ou pas qui faisait toute la différence) d’être le Lord de Storm’s End.

Et pourtant, au loin, on commençait à apercevoir la silhouette d’un château bien plus grand que la plupart des demeures que le jeune homme connaissait.  Plus qu'un château même, cela lui apparaissait comme une véritable forteresse, impressionnante et inexpugnable. Cela ne pouvait dire qu'une chose.

Storm’s End.
Et le début de sa nouvelle vie.
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♔ Héritier des Stormlands
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Sam 14 Avr - 8:08
Un petit comité s'était rassemblé dans la cour du château d'Accalmie. Le lord suzerain, sa petite fille ainsi que la nourrice de cette dernière et le mestre des Baratheon. Myrddin Baratheon se tenait droit, dans toute sa hauteur et sa carrure d'armoire à glace, le visage impassible. Alors qu'intérieurement il se sentait comme lors de la nuit de la naissance de Marian: nerveux avec ses nerfs qui s'usaient à vue d'oeil. Au fond, la comparaison était assez bien trouvée. Il allait accueillir son fils adoptif, son héritier après tout. Mais contrairement à la naissance de son enfant Myrddin  réussissait à conserver un semblant de calme.
Il avait envoyé Orphée chercher le garçon dans le Val quelques semaines auparavant. Il avait une confiance totale et aveugle en le bâtard Swann pour assurer la sécurité de son cousin, entre autres.  S'il devait y avoir un quelconque danger en route Myrddin savait que son bras droit défendrait bec et ongles le futur Lord des Stormlands. Comme il protégerait Marian en d'autres circonstances. Et le seigneur d'Accalmie n'avait souhaité envoyer personne d'autre s'assurer de la sécurité du fils d'Amarei Baratheon.
Sa tante Amarei… Cela n'aidait pas Myrddin à envisager sereinement la suite des évènements. Durant les six premières années de sa vie, avant qu'il ne parte à l'Académie avec Mairon, Myrddin n'avait eu que peu de contacts avec la demie-soeur de son père. Déjà à l'époque il y avait un froid entre eux. Puis elle s'était enfuie avec un fils puîné de nobliau et l'avait épousé. Altan Baratheon avait alors coupé les ponts et plus jamais il n'avait parlé de sa soeur en publique ou devant son fils, comme si elle n'avait jamais existé. Et pourtant… Myrddin avait reçu un corbeau de la part de la belle-famille d'Amarei, annonçant que cette dernière était partie avec l'Étranger et qu'elle laissait derrière un fils de quatorze ans: Alexander.
Il n'avait pas besoin de lire beaucoup entre les lignes pour se rendre compte que cet enfant encombrait plus qu'autre ces nobliaux. Myrddin lui avait besoin d'un héritier et n'était guère emballé à l'idée de se remarier. Et il ne voulait pas laisser un membre de sa famille dans le besoin, l'adolescent n'était pas responsable des fautes de sa mère. Cet enfant de son sang lui apparaissait comme une bénédiction des Sept. Ce qui ne voulait pas dire qu'il n'avait aucune crainte sur le déroulement de sa première rencontre avec le garçon. Par les dieux… Qu'allait-il pouvoir dire à ce gamin ? Alors qu'il ne savait rien de lui et qu'il portait le deuil de ses deux parents…
Mairon, soucieux de l'état de son frère d'âme lui envoya des vagues d'affection et de sensations de vol. Une ivresse qui apparaissait le Lord, comme de savoir sa fille chérie à ses côtés et de sentir la présence de son dragon cuivré qu'il cajolait mentalement, et aussi… la perspective de revoir Orphée. Mais cela il se taisait. Enfin l'escorte menée par Orphée entra dans la cour. Myrddin était soulagé et heureux de son retour de son intendant et ami, sa présence lui avait manqué. Mais aussi angoissé, il avait quasi instantanément repéré son cousin, et fils adoptif, quand son regard s'était détaché de l'éclat de la chevelure blond vénitien du fils de Tybalt Swann…
Le garçon montait un cheval gris , et c'était indéniablement un Baratheon. Grand pour son âge, sec aussi il faudrait penser à le remplumer un peu, une tignasse noire comme la nuit et à l'image de celles de Myrddin et Marian. Et le Lord suzerain reconnaissant dans ses traits  ceux d'Amarei, mais aussi ceux d'Altan, son propre père. Oui. C'était bien un jeune cerf que Myrddin avait devant lui. Tout comme sa fille était un petit faon.
De son pas noble et assuré il alla d'abord saluer Orphée d'une rapide accolade, comme l'ami qu'il était.

-Bon retour au bercail. Je savais que tu y arriverais.

Puis il se dirigea vers le jeune cerf, ses yeux noirs se posant sur lui aussi impassibles que son visage. L'appréhension nouant ses entrailles, le grand moment était venu. Posant sa main sur l'épaule de l'adolescent dans un geste sympathique, Myrddin parla.

-Bienvenu à Accalmie, Alexander. Te voici chez toi.

Le lord se tourna vers le mestre et sa fille leur faisant signe d'avancer.

-Voici notre Mestre, c'est lui qui assurera tes cours.

Le vieil s'inclina, un sourire bienveillant sur son visage ridé.

-Bienvenu jeune lord.

Marian s'était approchée, timidement sans se défaire de la main de sa nourrice. Ses yeux noisette allant d'Orphée à son père, tout en regardant de temps à autre, craintivement Alexander. Myrddin fit signe à la fillette de venir le rejoindre, un sourire tendre sur son visage jusque là impassible. La nourrice lâcha la main de la petite pour la laisser aller vers son père. Marian s'accrocha au pantalon de son père, se cachant à moitié derrière ses jambes. Toujours aussi intimidée par Alexander. Son père posa une main tendre et protectrice sur les boucles noires de son enfant.

-Et voici ma fille, Marian. Eh bien, tu ne dis pas bonjour à Alexander, mon petit faon ?

La fillette se trémoussa un peu puis se détacha un peu des jambes du dragonnier pour effectuer une révérence enfantine et quelque peu maladroite. Mais qui avait un charme et une innocence indéniables.

-Soyez le bienvenu à la maison, lord Aleckander…


Et elle repartit en vitesse se réfugier contre les jambes de son père.
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♔ Lord Suzerain des Stormlands ♔ Lord de Storm's End  ♔ Dragonnier
♔ Lord Suzerain des Stormlands
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Sam 14 Avr - 18:28
Il semblait à Orphée que cela faisait une éternité qu’il avait quitté le château de Storm’s End pour aller chercher le cousin et héritier de Myrddin dans le Val. Mais il ne s’en plaignait pas, au contraire. C’était un honneur pour lui que d’avoir été choisi par son Lord suzerain en personne pour accomplir cette mission de grande importance.
Il avait d’abord été surpris d’apprendre que Myrddin avait une tante. Lord Altan n’en avait jamais parlé et Myrddin non plus. Mais il se doutait bien qu’il y avait une raison quant à se silence. Peut-être l’apprendrait-il un jour. Quoi qu’il en soit, Orphée s’était attelé à la préparation de son voyage rapidement et efficacement, comme le lui avait demandé son Lord suzerain.

La première chose que s’était dit l’intendant en voyant l’adolescent, c’est qu’il était incontestablement un Baratheon. Il était grand, quoiqu’un peu maigrelet, les cheveux noirs typique des Baratheon et Orphée retrouvait dans les expressions du garçon certains traits de Lord Altan. C’est peut-être pour cela qu’il se prit aussitôt d’affection pour Alexander. Ou peut-être parce qu’il le comprenait, qu’il devinait ce que pouvait ressentir l’adolescent, car lui aussi connaissait la solitude et la tristesse qui vous serrent le cœur quand tout le monde autour de vous rejette et vous fait comprendre que vous n’êtes qu’une gêne. Mais aussi parce qu’il était un Baratheon et l’héritier de Myrddin et que de ce fait, il évitait au Lord suzerain actuel un nouveau mariage désastreux. Pour cela, Orphée lui en était secrètement reconnaissant.
Si Orphée s’était montré dur et glacial envers la famille de l’adolescent, il avait au contraire été agréable et chaleureux avec ce dernier. L’intendant était resté au Val le temps de régler les derniers détails et de permettre au jeune Lord de préparer toutes ses affaires avant d’enfin reprendre la route en compagnie du futur Lord suzerain des Stormlands.

Cela faisait maintenant de longues semaines qu’ils avançaient en direction de Storm’s End. Un long voyage durant lequel Orphée avait tenté plusieurs fois de discuter avec cet adolescent timide, réservé et silencieux pour essayer de percer cette coquille solide comme le roc et d’en apprendre un peu plus sur lui. Mais Alexander ne s’ouvrait pas facilement. Alors Orphée ne forçait pas, cela était inutile.
Le voyage touchait enfin à son terme. Cela faisait un moment maintenant que la petite troupe marchait sur les terres des Stormlands. Orphée avait hâte d’arriver et de pouvoir se reposer un peu. Hâte, aussi, de retrouver Myrddin. L’intendant ne lâchait pas Alexander des yeux. Au vu de la situation actuelle, les Stormlands n’étaient pas sûrs et qui sait ce qui pouvait arriver. Aussi se tenait-il sur ses gardes, restant attentif au moindre détail qui lui paraissait suspect.
Il ne put s’empêcher de remarquer l’air sombre et inquiet qu’arborait Alexander, visiblement perdu dans ses pensées, et laissa échapper un petit rire amusé lorsqu’il vit la monture du garçon faire des siennes, le tirant ainsi de ses réflexions. Orphée alla à la hauteur d’Alexander.

« Détendez-vous, ça va bien se passer. Lord Baratheon est impatient de vous rencontrer. »

Il lui dit ces quelques mots sur un ton calme pour le rassurer mais cela semblait sans effet. Le jeune intendant sourit et resta près du garçon.

Le soulagement d’abord, puis l’impatience le gagna lorsqu’enfin, il vit au loin le château des Baratheon. Un sourire, presque imperceptible, se dessina sur ses lèvres. Il était finalement de retour chez lui. Son sourire s’élargit lorsqu’il vit Myrddin dans la cour. Il lui avait manqué. Il descendit de son cheval et alla à la rencontre de son Lord suzerain, qui le salua d’une rapide étreinte amicale.

« Bon retour au bercail. Je savais que tu y arriverais. »
« Merci, Lord Myrddin. Le voyage s’est déroulé sans encombre. »

Répondit Orphée en se poussant pour que Myrddin aille saluer son cousin et héritier. Le jeune homme salua rapidement le mestre et la petite Marian et observa la rencontre en silence. Le Lord suzerain présenta le mestre puis sa fille. Orphée fit un clin d’œil à la petite en souriant avant que son père ne l’appelle pour qu’elle salue Alexander. L’intendant ne put réprimer le sourire d’amusement qui étirait ses lèvres face à la timidité de la petite Marian, qui salua brièvement son cousin avant de retourner se cacher derrière les jambes de son père. Puis Myrddin ordonna qu’on emmène les affaires du jeune Lord dans ses appartements et que l’on prépare à manger avant d’inviter Alexander et son intendant à le suivre à l’intérieur. Sans un mot, Orphée suivit les deux Lords Baratheon, marchant à quelques pas derrière eux.
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♔ Main droite & Intendant de Myrddin Baratheon
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Dim 15 Avr - 15:46
Evidemment. Evidemment, évidemment ; il suffisait qu’il souhaite qu’une chose n’arrive pas et elle arrivait. Ses mésaventures équestres n’étaient pas passées inaperçues, bien sûr ; l’Intendant Storm vint se porter à sa hauteur pour échanger quelques mots. Il voulait le rassurer, puisque comme d’habitude, son désarroi devait se lire sur son visage. Alexander lui en était secrètement reconnaissant, mais comment lui expliquer que cette peur était si profondément ancrée en lui qu’aucun mot ne pourrait l’apaiser  -ou du moins, pas tant qu’il ne serait pas face au Lord Myrrdin ? C’aurait été beaucoup trop difficile, et irrationnel sûrement.  Inintéressant, sûrement ; parce que les états d’âme d’un adolescent n’étaient pas ce qu’il y avait de plus fascinant. On le trouverait risible, sans aucun doute ; et cela il ne le voulait pas. Trop de poids pesait déjà sur ses épaules pour qu’il supporte en plus qu’on se moque de lui. Alors il se contenta d’esquisser un vague sourire qui devait ressembler plutôt à une grimace, et s’obstina à regarder la route qui serpentait jusqu’à Storm’s End. En tout cas, il appréciait que l’Intendant ne le force pas à essayer de parler ; il respectait son silence, ses humeurs, et c’était plutôt agréable. Cela lui avait laissé, et lui laissait toujours d’ailleurs, l’opportunité d’observer le paysage qui défilait devant ses yeux.  Il savait pourtant que l’image ne le quitterait pas, que même des semaines après, il se rappellerait avec force de cette peur et de cet émerveillement qu’il ressentait en voyant le siège des Baratheon à cet instant…La forteresse était des plus impressionnantes. Peut-être un peu austère mais au vu du sourire discret qu’arborait son guide improvisé, cela devait être un endroit tout de même chaleureux où il faisait bon vivre. Peut-être qu’il arriverait à considérer Storm’s End comme son foyer ? Il l’espérait. Il l’espérait de tout son coeur même.

Alors il restait droit sur sa selle, regardant partout autour de lui. Il voulait tout graver dans son esprit ; les remparts, les rues, les donjons. Même jusqu’à la façon dont les citadins le regardaient avec ce qui lui semblait de la curiosité. C’était..normal, il supposait ? Ceci dit une annonce officielle serait peut-être faite..il supposait. Ce n’était pas de son ressort, cela ne le regardait pas ; le Lord ferait ce qu’il voulait.  Cependant, il sentait les battements de son coeur s’accélérer avec force au fur et à mesure qu’ils approchaient de la demeure seigneuriale. Son futur chez lui, sur le coup.  Il voyait passer des gardes tout aussi curieux que les citadins, et sa gorge se serrait..Jusqu’au moment fatidique où ils arrivèrent dans la cour du Château où..tout un comité d’accueil l’attendait.  L’adolescent déglutit avec peine. C’était le moment fatidique. Il n’allait plus pouvoir se dérober - il allait devoir prendre le taureau (ou le cerf ?) par les cornes et affronter ses peurs.

Après avoir mis pied à terre, il flatta l’encolure de son cheval gris, confia les rênes au palefrenier, tout en lui glissant un  “Grattez-lui derrière les oreilles et vous serez son meilleur ami” - et vit le Lord serrer brièvement l’Intendant Storm contre lui. AInsi donc ils étaient amis. Logique d’un côté, il n’aurait pas envoyé un homme en qui il n’aurait pas confiance aller le chercher aussi loin.  Et puis le Lord se tourna vers lui ;  Alexander croisa le regard de l’homme qui l’avait sauvé. Qui lui offrait une nouvelle vie - qui pour cela l’avait fait chercher dans le Val. Le Lord Baratheon était immense, il le toisait sans effort. Et pourtant on ne pouvait nier leur parenté. Il voyait un peu de Mère dans ses traits, ses longs cheveux noirs, ses yeux sombres. Tout cela le réconfortait - oui, ils étaient bien du même sang, et alors que Myrrdin Baratheon posait une main sur l’épaule du jeune homme comme Père le faisait souvent, l’adolescent se sentait ému.

“Je vous remercie, my Lord. Je ne vous décevrais pas.” déclara-t-il en s’inclinant. Il ne pourrait l’appeler Père pour le moment ; c’était encore trop récent et trop douloureux pour lui. L’appeler Cousin alors qu’ils ne se connaissaient pas  -et surtout, alors que le Lord l’avait adopté- était trop familier. Alors my Lord, cela lui convenait.

“Enchanté de vous connaître, Mestre.” Il l’était ; et il avait hâte de lui prouver qu’il serait un élève studieux et travailleur. Que lui non plus il ne le décevrait pas. Qu’il ne serait jamais un lord brutal et illettré.

Enfin, enfin, le Lord fit signe à sa fille de venir - et Alexander comprit le souci en un instant. Il n’avait visiblement qu’une fille, visiblement il était veuf, ce qui impliquait qu’il ne voulait pas se remarier de sitôt ; à croire que la mort de Mère était bien tombée (même si c’était horrible de se le dire) car cela lui avait permis de dénicher un descendant mâle des Baratheon. C’était intéressé ? Tant pis. Cela valait mieux que son ancienne situation. Sa fille, justement, était prénommée Marian. Elle aussi était une Baratheon jusqu’à la pointe des cheveux ; elle aussi lui ressemblait un peu. Il l’observa lui faire une révérence enfantine, un peu maladroite, mais touchante ; il l’entendit lui souhaiter la bienvenue et son coeur fondit. Il s’accroupit pour essayer de se mettre à sa hauteur, et déclara :

“Merci beaucoup Lady Marian. Mais vous pouvez m’appeler Alex, c’est plus simple.” Ses parents l’avaient surnommé ainsi ; quand il était enfant, c’était beaucoup plus simple pour lui que de déclamer son prénom en entier.

Se redressant, il fit signe au palefrenier d’amener Zéphyr ; il fouilla un instant dans ses sacoches de selle, en tira un paquet bien serré qu’il défit, dévoilant une figurine de bois. Un petit cheval aux lignes simples, mais très bien exécuté. “Un cadeau pour vous, Lady Marian” , réussit-il à dire sans bégayer, les joues un peu rouges de gêne d’être au centre de la scène, alors qu’il lui tendait le précieux objet. Précieux car chargé de souvenirs, pour lui ; c’était un cadeau de Père lorsqu’il avait vu à quel point Alexander semblait aimer les chevaux.

Maintenant, restait à voir comment l’enfant réagirait, et pire encore, son père. En tout cas il estimait n’avoir rien à se reprocher. Il avait fait de son mieux...il pensait. Pas de regrets à avoir ; et pourtant son regard venait chercher celui de l’Intendant Storm, comme s’il cherchait son approbation.
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♔ Héritier des Stormlands
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Dim 15 Avr - 19:22
L'adolescent était bien élevé, Amarei et son époux avaient fait du bon travail. Mais il semblait aussi prendre avec beaucoup de sérieux son tout nouveau rôle. Ce qui était une assez bonne nouvelle, enfin si le petit avait quand même un minimum de confiance en lui. Il faudrait que Myrddin aille se renseigner auprès d'Orphée. Après tout, suite à ces longues semaines de voyage sur les routes c'était le bel intendant qui connaissait le mieux le jeune garçon. Le Lord Baratheon allait lui poser quelques questions, il faisait confiance dans le jugement d'Orphée pour cerner le garçon. Et en beaucoup d'autres choses à vrai dire. De toutes façons les deux hommes devaient s'entretenirent en privés pour des affaires administratives, et aussi comme des amis se retrouvant après une séparation assez longue, et qui avaient beaucoup de choses à discuter.
Myrddin approuva intérieurement en voyant Alexander s'accroupir pour parler à sa fille. Il semblait savoir s'y faire avec les enfants, ou en tous cas les aimer. Bon point pour le jeune cerf. Marian était toujours aussi intimidée, s'accrochant encore aux jambes de son père. Elle leva ses jolis yeux noisette vers son père, tandis que l'adolescent fouillait dans les sacoches de son cheval, Myrddin lui caressa tendrement les cheveux pour la rassurer gentiment, un sourire plein de tendresse sur les lèvres. Par les Sept comme il aimait cette enfant, plus qu'il ne l'aurait jamais cru possible. Alexander revient avec une figurine de cheval. Un petit cheval en bois, tout simple, rien de fastueux dans l'équidé. Mais c'était indéniablement du travail bien fait, très bien fait même, et l'oeil de Myrddin reconnaissait la patine du temps et de l'affection. Le jouet avait été utilisé de nombreuses fois et grandement chéri, le geste n'en devenait que plus touchant et marquant encore. Le Lord Baratheon ne pouvait rester insensible face à ce geste, il était clair que le jouet avait une grande, une immense, valeur sentimentale pour le jeune garçon. Il nota aussi le rouge sur les joues de l'adolescent, il n'aimait visiblement pas être au centre de l'attention. Il allait pourtant devoir s'y faire. Aussi, lorsque sa fille leva les yeux vers son père pour voir si elle pouvait accepter, il la poussa doucement dans le dos. La fillette s'approcha un peu timidement, encouragée par son père prenant doucement entre ses petites menottes la figurine et la regardant avec un grand sourire sur son mignon petit visage. Elle trouvait le cheval très beau, alors elle offrit à Alexander le plus beau de ses sourires, sa crainte envolée avec cette vélocité qu'ont les jeunes enfants à la faire fuir.

-Merci, Lord Aleck. C'est un très noli neval ! Je l'aime beaucoup !

-C'est un très beau geste, Alexander. Tu en prendras soin, Marian.

-Oui, promis papa. Il a un nom le neval, Lord Aleck ?

Myrddin eu un petit sourire et il attendit que les deux enfants aient fini leur échange autours de la figurine avant de parler. Il trouvait le fait qu'ils s'appellent par leurs titres à la fois adorable et comique. Néanmoins assez étrange au vu de la situation, soupçonnant que le jeune Alexander ne prendrait sans doute pas l'initiative avant un moment, et certainement pas devant lui, Myrddin décida de donner ouvertement son accord.

-Mes enfants, vous pouvez vous appeler par vos prénoms.

Ensuite Myrddin ordonna qu'on aille porter les affaires de son cousin dans ses appartements, qu'ils avaient fait préparer quelques jours auparavant. Et que l'on prépare un repas chaud, Orphée et le jeune garçon devaient être épuisés et affamés après une si longue chevauchée. Et il se rappelait que les jeunes garçons de l'âge d'Alexander pouvaient avoir des appétits d'ogre.
Myrddin prit sa fille dans ses bras pour poser un baiser sur son front, la petite allait rester avec sa nourrice jusqu'au repas. La fillette offrit un grand sourire à son père, Alexander et Orphée en agitant sa menotte droite, gauche serrant le cadeau du jeune garçon contre sa poitrine tandis que sa nourrice l'emmenait.

-Allons nous installer à l'intérieur, vous devez être affamés tous les deux.

Le Lord Baratheon guida l'adolescent à travers les couloirs de la forteresse jusqu'à la grande salle d'Accalmie. Tout aussi imposante que le reste de la demeure, avec ses grande et longues tables prévues pour accueillir toute la maisonnée du château, les tappiseries aux murs et les étendars des Baratheons suspendus au plafond. Il y avait quelques personnes, en petit groupes qui profitaient d'un moment de répit pour manger un peu, jouer aux dés, discuter, voir tout celà à la fois. Quelques enfants jouaient à chat, courant de bancs en bancs en riant. Quelques uns des convives tournèrent leurs regards vers leur seigneur, son jeune héritier et l'intendant qui entrèrent dans la pièce. Mais ils s'en détournèrent vite, bien que quelques curieux continuent de jeter des regards en coin sur l'adolescent, s'efforçant néanmoins d'être discrets.
Le Lord s'asseyat devant l'immense âtre de la salle.

-Je suis content que votre voyage se soit passé sans encombre. Je dois avouer que j'ai craint que les Connington ne tentent quelque chose. Même si le fait tu faisses partie de l'escorte, Orphée, m'a bien rassuré quant au fait qu'ils s'en mordraient les doigts…

Myrddin offrit un bref sourire complice au bel intendant, avant que les serviteurs n'apportent le repas pour lui et Alexander avec un pichet de bière coupée à l'eau et trois hanaps. Une fois, les écuelles posées devant les deux voyageurs et les serviteurs partis Myrddin se tourna vers le jeune adolescent, un air grave sur le visage.

-Alexander, je suis désolé pour tes parents. Je n'ai guère connu Amarei, et encore moins ton père, mais je peux comprendre ta douleur. J'espère que tu pourras faire d'Accalmie ton nouveau foyer.
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Lun 16 Avr - 17:19
Orphée observait la rencontre entre Marian et Alexander sans mot dire, mais un sourire tendre et amusé dessinait sur le visage. La gamine était tellement amusante, collait ainsi dans les jambes de son père et toute intimidée par le grand gaillard qui lui faisait face. C’était attendrissant. L’adolescent eut la bonne idée de se baisser pour être à la hauteur de sa cousine et lui parla calmement. Il avait l’air de savoir comment faire avec les enfants, ça lui faisait un bon point. Puis il fouilla dans les sacoches de sa selle pour en sortir une jolie petite figurine de cheval sculptée dans le bois pour l’offrir à la petite fille, qui changea radicalement de comportement. Cela rappela à l’intendant qu’il avait lui aussi un cadeau pour la fillette, mais cela attendrait. Orphée remarqua le regard de l’adolescent, qui semblait chercher son approbation, et lui fit un clin d’œil en souriant gentiment pour lui signifier qu’il avait bien agi. L’intendant s’amusa de cette réaction de la part d’Alexander. Cela dit, c’était une preuve flagrante de manque de confiance en lui. Le gamin devrait apprendre à gagner en assurance rapidement et Orphée y veillerait.

Myrddin mit fin à la touchante scène qui se déroulait entre ses deux enfants en ordonnant qu’on emmène les affaires d’Alexander dans ses quartiers et qu’on prépare à manger pour les voyageurs. Orphée mentirait s’il disait qu’il ne mourait pas de faim. Le Lord suzerain confia sa fille à la nourrice. La petite Lady salua tout le monde de sa petite main tout en souriant joyeusement à son père, à Alexander et à l’intendant, qui lui répondit d’un petit signe de main et d’un sourire. Puis Myrddin convia son héritier et son ami à l’intérieur. Orphée laissa son Lord suzerain faire la visite des lieux à son cousin, marchant à quelques pas derrière eux. Il était content d’être rentré. L’ambiance chaleureuse qui régnait ici, la présence des gens du château, tout cela lui avait manqué. Il lui avait manqué. Mais ça, le bâtard Swann n’en dirait jamais rien à qui que ce soit. Ils arrivèrent à la grande salle où étaient installés quelques personnes, occupés à manger, discuter ou jouer aux dés. Tous les regards se braquèrent sur les nouveaux arrivants et le silence se fit quelques instants avant que le doux brouhaha ne reprenne. Le trio alla s’installer au fond de la salle, près de la cheminée. Orphée s’assit sur le banc, tentant de cacher sa lassitude au mieux.

« Je suis content que votre voyage se soit passé sans encombre. Je dois avouer que j'ai craint que les Connington ne tentent quelque chose. Même si le fait tu fasses partie de l'escorte, Orphée, m'a bien rassuré quant au fait qu'ils s'en mordraient les doigts… »

Orphée lui rendit un sourire tout aussi complice.

« Je craignais aussi qu’ils ne tentent quelque chose contre le jeune Lord. Je t’avoue d’ailleurs que je suis surpris qu’ils n’aient rien essayé. Cela dit, je le leur aurait fait regretter de la pire façon qui soit… »

Le regard d’Orphée s’assombrit un instant et un petit sourire sadique étira ses lèvres. Son air sombre disparu à l’instant où les serviteurs amenèrent les plats et servirent les deux nouveaux arrivants. L’intendant commença à manger, affamé qu’il était, et Myrddin présenta ses condoléances à Alexander et lui souhaita de se sentir comme chez lui à Storm’s End. Orphée se servit de la bière et en proposa à l’adolescent, un petit sourire en coin.
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♔ Main droite & Intendant de Myrddin Baratheon
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Jeu 19 Avr - 13:37
Alexander se détendit imperceptiblement quand l'Intendant Storm lui fit un clin d'oeil en souriant.Non il n'avait pas commis d'erreur, quelqu'elle soit ; au contraire, même. Voilà qui lui rassurait beaucoup. Il avait eu peur l'espace d'un instant , mais au fond..Un cadeau ne pouvait pas être trop mal pris, non ? Enfin sauf s'il était vraiment médiocre, ce que n'était pas cette figurine. C'était un simple jouet pour un enfant, pour un jeune enfant même ; mais c'était un bon artisan du Val qui l'avait réalisé et cela se voyait. Le bois était de qualité, les lignes de l'équidé précises et bien réalisées malgré leur simplicité. Cela avait été un geste très spontané. Il n'avait pas ramené son ancien jouet avec l'intention de lui donner, mais cela lui était venu en voyant Marian - et c'était un bon geste. Le sourire de la petite fille le lui prouvait largement, et il se sentit lui sourire gentiment en réponse.  Qu'il était heureux que cela lui plaise ! Qu'il était soulagé, même ! Lui qui ne sentait pourtant pas toujours forcément à l'aise avec les enfants - il avait réussi à faire sourire Marian, à lui faire oublier à quel point il l'impressionnait! Il ne se sentait pas peu fier sur le coup. Et mieux encore, Lord Myrrdin lui aussi approuvait son geste et lui faisait clairement comprendre ; il le reconnaissait à haute voix même. Alors il osa lui sourire aussi, mais pas le même genre de sourire. Plus discret. Plus réservé, mais bien là, et plein de reconnaissance. Avant de s'intéresser de nouveau à la petite fille qui lui adressait de nouveau la parole - et de sa propre initiative s'il vous plaît !

 "Non, il n'a pas encore de nom..."  (Il prit ensuite un faux air de conspirateur, se penchant à nouveau vers l'adorable tête brune.)  "Par contre, je crois qu'il a très hâte qu'on joue avec lui !"

Il lui fit un petit clin d'oeil malicieux., un nouveau sourire lui montant au visage.  Il en faisait sans doute un peu trop mais au moins il s'amusait. Pour la première fois depuis que Père et Mère étaient morts, il arrivait à oublier l'espace d'un instant sa peine., à être de nouveau presque lui-même. Un peu réservé, cela ne risquait pas de changer, mais souriant, droit dans ses bottes, et spontané.  Juste pendant un instant, il se prit à penser que peut-être sa vie à Accalmie allait agréable. Et pourtant il se sentit se figer pendant quelques secondes lorsque le Lord Myrrdin prononça les simples mots " mes enfants". Cela n'avait l'air de rien et pourtant il sentit comme un pincement au coeur. C'était encore récent, trop récent, il ne pouvait pas oublier ce qu'il s'était passé ; il avait en plus presque oublié qu'il était désormais son fils. Une pensée étrange, presque étrangère ("Je ne suis le fils que d'un seul homme", hurlait une voix en lui ), qu'il s'efforça de repousser. Il ne devait pas songer ainsi, il ne devait pas se comporter comme un petit ingrat, sinon c'était bien la preuve qu'il ne valait rien, comme on le lui avait sous-entendu assez souvent ; alors il se reprit. Il devait essayer d'avancer ; garder ses parents dans son coeur mais pas dans son jeune esprit. Aussi difficile que cela soit. Lord Myrrdin avait été déjà été bien bon de l'accueillir ici alors que rien ne l'y obligeait.

Comme il le prouva à nouveau en ordonnant qu'on amène ses affaires dans les appartements qu'on avait fait préparer à son intention. Nouvelle bonté à son égard qu'il n'était pas sûr d'avoir mérité de quelque manière que cela soit... Mais il se secoua ; les pensées maussades, c'était quand il était seul, pas alors qu'il rencontrait son cousin, bon sang ! Surtout alors que Marian s'en allait avec sa nourrice, non sans leur adresser des au revoir de sa main libre, auxquels il répondit. Cette petite avait le don de lui remonter le moral, c'était incroyable. Elle arrivait même à faire sourire le Lord qui pourtant semblait si imperturbable, et ce n'était pas peu dire. Il lui paraissait tellement plus..accessible. Peut-être qu'un jour, lui aussi il le regarderait avec affection, mais pourtant Alexander savait qu'il n'avait le droit de rien espérer. Du respect oui. De l'affection..C'était beaucoup demander de la part de l'homme qui ne l'avait pas engendré, ni élevé.

Il le suivit docilement à travers les couloirs du château, admirant l'architecture de l'endroit, jusqu'à ce qu'ils arrivent à la grande salle. Celle-ci était tout aussi majestueuse que le reste de l'endroit, décorée par de nombreuses bannières au cerf.  Ses armoiries désormais, devait-il se rappeler. Et pourtant la salle n'était pas vide, alors qu'il aurait tellement préféré. Lord Myrrdin était devant lui, ouvrant le chemin, le recouvrant de son ombre protectrice, et pourtant il sentait le poids de milliers de questions à son sujet, le poids de milliers de regard. Qui était-il, cet adolescent dégingandé, qui ressemblait de façon suspicieuse à un Baratheon? Que faisait-il là ?  Il baissa à nouveau le regard, les joies cramoisies, trouvant brutalement un grand intérêt à l'observation du bout de ses bottes - qui auraient bien besoin d'un cirage d'ailleurs. Finalement ils s'assirent au calme - devant l'âtre, et le lord exprima son soulagement quant au fait qu'ils soient arrivés sans encombre - et l'Intendant Storm répondit d'une manière..étrange. A croire qu'il s'agissait d'un tout autre homme que celui qui lui avait adressé la parole dans le Val.

 "Les Connington ?" ne put-il s'empêcher de demander.  Cette maison pose problème ? Au point que je doive m'inquiéter pour ma vie ?" Une pause, avant qu'il ne réagisse l'énormité de ce qu'il venait de faire : interrompre une discussion entre adultes. C'était irrespectueux, c'était mal.  "Si je puis poser la question, bien entendu."  ajouta-t-il à nouveau, le regard de nouveau fixé sur ses bottes.

Histoire de parachever son malaise, le Lord lui présenta ses condoléances. On  y venait,il s'y était attendu ; et pourtant cela lui faisait toujours aussi mal.

 "Merci, my Lord,"  ne put-il que répondre d'une voix mal assurée.  "Je vous remercie déjà de votre bonté à mon égard..."

Alors qu'il aurait probablement dû en dire plus et plus joliment, il se trouvait incapable de parler davantage, la gorge serrée, le coeur douloureux et son estomac qui commençait à se réveiller à son bon souvenir, mais il espérait que le lord comprendrait son intention.
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Jeu 19 Avr - 18:29
Myrddin eut un sourire entendu à la réponse de son intendant, il n'en attendait pas moins de lui. Le Lord savait que le beau blond pouvait se montrer cruel contre les ennemis de sa Maison, et au vu de la situation actuelle il s'agissait plus d'une qualité fort appréciable plutôt qu'un défaut.  Orphée était un soutien de choix, le jeune homme faisait un travail efficace et soigné, son intelligence et son esprit vif étaient aiguisés et redoutables, sans parler de ses talents martiaux. Et surtout, c'était un ami proche pour le Lord suzerain, il appréciait la compagnie du bâtard Swan. Sa conversation, ses beaux yeux dorés, l'éclat de ses cheveux dorés et de leurs reflets roux, le sourire qui s'étirait sur ses lèvres en entendant une bonne plaisanterie, sa fossette quand il riait, le plis entre ses sourcils quand il réfléchissait à un sujet qui le tracassait.  S'il le pouvait il lui prendrait la main, et il caressait chacun de ses délicats doigts, comme il mourrait d'envie de tracer le dessin de la machoir d'Orphée de sa main. De goûter ses lèvres, mais il ne pouvait pas. Alors il refoulait ses élans loin en lui, n'en laissait rien paraître de son mieux. Jamais il n'avait ressenti cela pour quelqu'un, les émois qu'avait  éveillé en lui Destan des années plus tôt lui semblaient bien fades en comparaison avec le brasier grandissant en lui.
Il nota qu'Alexander semblait intimidé par la présence de la domesticité dans la Grande Salle, il se demanda si le jeune garçon était timide de nature ou s'il n'avait pas vécu quelque événement traumatisant dans la famille de son père. Si tel était le cas Myrddin aurait des comptes à régler un jour ou l'autre avec ceux-ci… En comptant les intérêts. Alexander était désormais un membre de sa famille, son fils, et le Lord ne tolérait pas qu'on maltraite ses proches. Dans tous les cas il allait falloir donner un peu de confiance en soi à cet enfant, cela serait certainement long, il faudrait de la patience et donner au fils d'Amarei un environnement propice. Et justement Myrddin comptait sur les années à venir pour faire du garçon un futur Lord digne de son rang, il avait aussi une grande patience (en général) et surtout il comptait l'élever comme s'il s'agissait de son propre fils. Enfin, autant que faire se peut.

"Les Connington ? Cette maison pose problème ? Au point que je doive m'inquiéter pour ma vie ? Si je puis poser la question, bien entendu."


Le dragonnier ne put retenir un léger haussement de son sourcil droit lorsque l'adolescent laissa sortir sa remarque étonnée. Ainsi donc il n'était pas au courant de la situation de guerre ouverte des Connigton contre la Couronne et les Baratheon, cela faisait pourtant deux ans que la situation s'embourbait dans un marasme putride. Et puis, même si le gamin n'avait rien su de la situation des Stormalnds avant de quitter son ancien foyer, Myrddin aurait cru qu'Orphée aurait prit la peine d'exposer la situation à Alexander. Sauf si ce dernier n'avait pas posé de questions et que l'intendant n'ait pas voulu lui ajouter un sujet de tracas supplémentaire. Voilà qui semblait plus que plausible, dans tous les cas il ne pouvait pas cacher plus longtemps au garçon toutes les implications de sa situation. On peut dire que ça risquait d'être une sacrément belle surprise, et pas vraiment dans le bon sens du terme. Et il allait vraiment falloir donner à ce garçon un peu d'assurance, Myrddin doutait grandement de l'attrait objectif du bout des bottes en cuir de son fils adoptif.

-Alexander, tu es parfaitement en droit de poser des questions sur la situation. Tu dois savoir dans quel état se trouve ton foyer.

Le Lord parlait calmement, un air toujours impassible sur le visage.

-On dirait que les nouvelles circulent moins bien qu'on ne le croyait, Orphée.

Il lança rapidement à son intendant un bref petit sourire sur le visage, le sourire de celui qui ne sait s'il rit jaune ou s'il doit trouver une raison de réjouissance. Il verrait plus tard.

-Pour répondre à ta question, Alexander, nous sommes en guerre contre les Connington depuis bientôt deux ans. Les Griffons ont décidés que la Couronne n'était pas assez bien pour eux et que les Cerfs sont des usurpateurs. Je suppose que tu sais qu'avant la Conquête la famille royale des Stormlands était les Durrandon. Et qu'ils ont disparus à la même période, je ne rentrerais pas dans les détails notre mestre serait bien plus exact et exhaustif que moi sur la question, et ravis de t'offrir des éclaircissements si tu le désire. Enfin, même si une alliance a été conclue par un mariage entre Baratheon et Durrandon, pour ces oiseaux butés nous n'avons aucune légitimité. Pas plus que les Targaryens, sur ces terres. Et je peux t'assurer que leur plus cher désir serait de raser Accalmie et de placer sur une pique toutes les têtes des Baratheon et de leurs proches, même celle d'une enfant innocente et sans défense comme Marian.


Les yeux noirs du Lord s'étaient durcis au fur et à mesure qu'il parlait, et lorsqu'il parla du sort que réservait les Griffons à sa fille chérie et à une grande partie des habitants du château, ses iris brûlaient d'une rage froide et d'une douleur contenue. Imaginer les suplices que l'on pourrait infliger à Marian et à Orphée le mettait toujours dans un état déchirant. Et maintenant il devait ajouter Alexander à la liste, c'était son héritier, son fils adoptif, son cousin après tout. Mairon vient apaiser et rassurer son frère d'âme, qui ferma les yeux pour mieux profiter et ressentir les sensations que le dragon lui offrait. Le Lord cajola mentalement le dragon, lui rendant son affection avant d'ouvrir de nouveau les yeux, calmé.

-Oui Alexander, tu peux t'inquiéter pour ta vie. Ils ne sauraient que trop heureux d'égorger un jeune cerf comme toi. Orphée peut te le confirmer, tout comme il peut te confirmer qu'entre ces murs et en sa présence, tout comme en la mienne, tu n'as rien à craindre.

C'était évidemment tout relatif, mais s'il devait la franchise au fils d'Amarei, Myrddin ne trouvait ni excessif, ni fantasque d'offrir un peu de réconfort à l'adolescent. Comme il le faisait pour Marian; après tout l'adolescent était encore jeune.
Et le Lord suzerain des Stormlands savait ce qu'était le deuil, il l'avait déjà expérimenté. Il connaissait la douleur, le vide qui l'accompagnait. Alors il posa une main rassurante, protectrice sur l'épaule d'Alexander. Un geste qui se voulait réconfortant, un geste de soutien.

-Mange, mon garçon le voyage a du t'affamer et t'épuiser. Quand vous aurez fini, Orphée est-ce que tu pourrais lui faire faire un rapide tour du château avant de lui montrer sa chambre, c'est celle qui est juste en face de celle de Marian ? Au moins qu'il puisse trouver le chemin de la Grande Salle à son lit. Ensuite vous pourrez vous reposer jusqu'au souper. Vous en avez besoin.
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Ven 27 Avr - 11:40
Orphée posa un regard tout aussi surpris que Myrddin sur l’adolescent. Il est vrai qu’il ne lui avait pas parlé de la situation actuelle des Stormlands pour ne pas lui faire davantage peur, mais il pensait que le garçon était un peu au courant de ce qui se passait en dehors du Val. Myrddin rassura Alexander sur la légitimité de sa question et Orphée opina du chef pour appuyer les dires de son Lord.

« On dirait que les nouvelles circulent moins bien qu'on ne le croyait, Orphée. »

Le concerné avala sa bière de travers et s’efforça de ne pas tout recracher dans sa choppe, ce n’était pas convenable ni très poli. Quand il eut calmé la toux qui avait suivi son presque étouffement il regarda Myrddin. Celui-ci souriait un peu étrangement et le jeune intendant ne savait pas comment l’interpréter.

« En effet, c’est étonnant. Je suis peut-être un peu fautif aussi, je n’ai pas abordé le sujet avec lui, je ne voulais pas l’inquiéter plus qu’il ne l’était déjà. »

Orphée ne doutait pas que Myrddin comprendrait son intention. Cela dit, maintenant qu’Alexander était là, il devait savoir. Il laissa donc son Lord expliquer la situation à son héritier, acquiesçant de temps à autres pour appuyer ses propos et fronça les sourcils quand il évoqua le sort que les Connington comptaient réserver aux Baratheon. Mais lui vivant, il ne laisserait personne s’en prendre à Myrddin, Marian ou Alexander, dusse-t-il y laisser la vie.
Orphée observa son lord, un peu inquiet. Il savait à quel point la simple pensée des horreurs que l’on pourrait faire subir à sa fille chérie pouvait faire mal à Myrddin. Il aurait voulu se lever et le prendre dans ses bras, pour le calmer et le rassurer, et glisser sa main dans la sienne pour lui signifier qu’il était là, mais il n’en fit rien. Il n’en avait pas le droit. Alors il baissa la tête sur sa choppe et bu une gorgée de bière.
Myrddin se calma et reprit la parole. Orphée l’écoutait sans dire un mot. Il était à peu près certain qu’il venait de traumatiser l’adolescent. Certes, il devait être au courant des risques qu’il encourait en devenant l’héritier des Stormlands, mais son Lord aurait pu choisir d’autres mots, comme il le faisait avec Marian pour ne pas l’effrayer.

« En effet jeune Lord, vous n’avez rien à craindre dans ce château, il est bien gardé. Et je me ferais un plaisir d’assurer votre sécurité si vous deviez vous rendre à l’extérieure de celui-ci. »

L’intendant fit un clin d’œil à l’adolescent qu’il accompagna d’un sourire qui se voulait rassurant. Il acquiesça positivement à la demande son Lord et patienta tranquillement le temps que le garçon finisse son assiette, buvant tranquillement sa choppe.

Quand le jeune Lord fut prêt, Orphée l’emmena avec lui pour le guider à travers le château. Il lui fit visiter les pièces principales du donjon, lui racontant rapidement l’histoire du château ou lui contant quelques anecdotes de son enfance. Puis il mena Alexander à sa chambre.

« Nous ferons une plus ample visite quand vous vous serez reposé, jeune Lord. Pour l’heure, prenez le temps de vous installer et de vous détendre un peu, ça vous fera du bien. J’espère que vous allez vous plaire ici, en tout cas Lord Myrddin et moi-même y veillerons. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, mes appartements sont au bout du couloir, à gauche. N’hésitez pas à venir me chercher, je suis à votre disposition. Et une dernière chose, vous êtes en sécurité ici, croyez-moi. Comme je vous l’ai dit, le château est bien gardé. Et puis nous avons un atout de taille, Lord Myrddin est dragonnier. Avec Mairon parmi nous, les Connington n’ont aucune chance. Bien, je vais vous laisser. On se revoit pour le diner. »

Le jeune intendant s’inclina poliment puis laissa Alexander pour regagner ses propres appartements. Il n’en laissait rien paraître, mais il était épuisé. Aussi, à peine avait-il refermé la porte de sa chambre derrière lui qu’il se débarrassa de sa ceinture, ôta ses bottes et son haut et se laissa tomber sur le matelas moelleux en soupirant de soulagement.
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♔ Main droite & Intendant de Myrddin Baratheon


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Ven 27 Avr - 15:01
Est-ce que sa question était stupide ? s’inquiéta-t-il sitôt l’avoir posée. Possiblement, et le haussement de sourcils du lord n’était pas là pour le rassurer. Il avait l’impression d’être un paysan au courant de peu de choses en dehors de son hameau, complètement ignorant qu’il existait un monde en dehors de ce qu’il connaissait. Par tous les dieux, il devait passer pour un sombre imbécile aux yeux du lord. En moins de deux heures, il avait réussi à se ridiculiser...Ou pas. Car le Lord, justement, le rassura sur la légitimité de sa question. Mais alors que l’intendant semblait manquer de s’étouffer, il prit la parole - spontanément.

 “Ne  vous blâmez pas, messire Storm. Je n’ai pas forcément été très..réceptif, récemment.”dit-il gentiment, en se tournant vers l’Intendant. En l’espace d’un an, il avait perdu père puis mère ; son monde, limité à la demeure paternelle certes, venait de s’écrouler, alors ce qui se passait dans le reste de Westeros lui était passé un peu au-dessus de la tête. Il connaissait la situation dans le Val, mais c’était bien tout.  “D’autres..sujets..occupaient mon esprit.” Il préférait faire des sous-entendus plutôt que d’avouer sa faiblesse. Il n’allait pas leur avouer clairement qu’il avait été détruit à la mort de Père, se laissant aller à son chagrin lorsqu’il était seul.  Il aurait du agir comme un adulte à son âge, pas pleurer comme un enfant.  Sans parler de toutes ces questions qui commençaient à se poser au sujet de son avenir.

En revanche, il se sentit s’assombrir au fur et à mesure que le Lord lui exposait la situation politique des Stormlands. Avoir une maison qui se rebellait était déjà suffisamment pénible ; il se fit la promesse de ne rien faire qui puisse ajouter à ses tracas. Mais la suite de l’exposé le fit changer de couleur ; avant qu’il ne soit envahi par un sentiment tout à fait à l’opposé.. Qu’on en veuille à sa vie, c’était une chose, Alexander pouvait le supporter seul. Mais que  l’on s’en prenne à Myrrdin, Marian et Orphée en était une autre. Surtout Marian. C’était une enfant innocente, par les Sept ! Cette simple idée réveillait un instinct protecteur, de grand frère protecteur même, qu’il n’avait guère connu avant. Et de la colère.  Beaucoup de colère. Finalement il ressemblait plus à sa mère qu’il ne le croyait, tendre mais obstinée et forte, et irascible. Les mots des Baratheon lui revenaient en tête. Notre est la fureur. Oui, c’était tout à fait ça. Une fureur qui lui faisait serrer les poings et froncer méchamment les sourcils, les mâchoires crispées. Qu’ils essayent seulement de s’en prendre à ses proches, ces Connington, et il leur apprendrait deux-trois choses.

Cependant le dirigeant des Stormlands posa une main rassurante sur son épaule, et il se sentit se calmer, son côté plus rationnel reprenant le dessus.

 “Je comprends bien.” Une légère pause.  “Mais j’imagine qu’il serait préférable que je ne quitte pas le château. Je ne veux pas vous causer de soucis.”

Il adorait monter à cheval, il adorait aussi la fauconnerie  - et la chasse au faucon, par ricochet-, mais il était suffisamment lucide pour se rendre compte qu’en ce moment, ce n’était pas le genre d’activités à pratiquer. Il suffisait d’une fois. S’ils se faisaient attaquer et qu’ils s’en sortaient, il était bon pour ne plus sortir du château. S’ils se faisaient attaquer et que l’issue était moins..joyeuse, Alexander ne donnait pas cher de sa peau. Alors autant être prudent et ne pas quitter la forteresse jusqu’à ce que cette rébellion infantile soit écrasée. Jusque là, il maintiendrait profil bas - ça, c’était quelque chose qu’il savait faire.  Mais se rendant compte à quel point il était affamé, il mangea avec appétit, avant de faire descendre le tout avec l’alcool coupé.  Il allait devoir prendre des forces, et vite. Une fois son repas terminé, il se leva et salua le Lord comme il convenait, avant de suivre docilement l’Intendant, hochant la tête à ses explications, écoutant avec attention ce qu’il lui disait. Il ne put néanmoins s’empêcher de se figer, les yeux ronds comme des soucoupes,  en apprenant que Lord Myrrdin était dragonnier. Evidemment! Cela changeait beaucoup de choses !

 “A plus tard, messire Storm.”, acquiesca-t-il avant d’entrer dans sa chambre. Celle-ci devait faire au moins deux fois celle qu’il avait dans le Val, et sa décoration était deux..voire trois..fois plus recherchée. C’était une vraie chambre de jeune Lord. La sienne, désormais. C’était presque trop pour lui, habitué à plus de simplicité.. Et pourtant le lit l’attirait désespérément,  aussi ôta-t-il ses bottes  et s’écroula sur le matelas moelleux.

Il fut réveillé quelques heures plus tard, par une servante, qui lui annonça qu’il était temps de se préparer pour le dîner. Il se leva prestement (après l’avoir remerciée, bien entendu, il n’était pas un rustre), et après avoir accepté avec enthousiasme le bain qu’elle lui proposait, il se mit à fouiner dans ses coffres à la recherche de quelque chose de plus mettable que ses vêtements salis par le voyage. Il vit la servante faire la moue..et lui annoncer qu’elle préviendrait le Lord Myrrdin dès que possible pour que lui soit faite une nouvelle garde-robe. Et il confirma, une fois propre comme un sou neuf et habillé plus élégamment, que cela serait une excellente idée. Il pouvait constater que ses vêtements n’étaient pas adaptés au climat. Mais tant pis ; il supporterait jusqu’à ce que ce souci vestimentaire soit réglé.

Il se dirigea ensuite vers la grande salle, craignant d’avoir déjà un peu de retard ; les dieux en soient remerciés, il avait bien mémorisé le trajet. Il n’aurait plus manqué qu’il se perde et se retrouve mettons dans les chenils. Sur le coup, sa crédibilité aurait réduite à néant. Et une fois qu’il eut poussé la porte de la salle, il traversa la pièce peut-être un peu précipitamment jusqu’à la table du Lord, en saluant les convives déjà présents. Il valait mieux cela, en effet, qu’il ne baisse la tête comme tout à l’heure. Il était désormais l’héritier, et en tant que tel une certaine attitude était exigée de lui.
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♔ Héritier des Stormlands
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Ven 27 Avr - 19:47
Myrddin acquiesça aux mots d'Orphée, il comprenait les intentions de son ami. Il aurait aimé protéger l'adolescent comme il protégeait sa fille pour les Connington. Mais la situation était différente pour lui. Alexander était à un âge où il valait mieux être franc sur les réalités du monde. Marian, elle n'était qu'une enfant, une fillette, presque un bébé encore, son petit bébé. L'adolescent devait savoir tout ce qu'impliquait sa position, ce ne serait pas un cadeau que de lui minimiser les dangers qui l'attendaient. Lui et eux, sa famille. C'était un peu cruel que de lui imposer l'éventualité de perdre ce qui désormais s'apparentait le plus à une famille, dans des circonstances terribles. Surtout alors qu'il vivait encore le deuil de ses deux parents. Myrddin savait combien perdre son père pouvait blesser à l'âge adulte, alors lorsque l'enfance ne nous a pas encore quittée… Il préférait ne pas y songer. Il éprouvait de la compassion face au chagrin d'Alexander. Et il admirait le fait que le garçon se tienne droit et parvienne à le contenir. C'était une attitude noble et digne, celle que pourrait avoir un Lord.
Et puis il vit la rage brûler dans les yeux sombres de l'adolescent, une rage protectrice. C'était comme si ce n'était plus Alexander qu'il avait devant les yeux, l'adolescent pâle et peu assuré, mais un être nouveau. Qui ressemblait à Alexander, mais en étant une partie différente de lui, une partie enfouie et encore inexploitée. Et Myrddin sut, dans les veines du garçon coulait bien le sang des Baratheon. Qu'il était fait du même bois que sa mère, que son cousin, que son oncle et que son grand-père, et l'on pouvait remonter jusqu'à la Conquête ainsi. Alexander était un diamant brut, délaissé par des ignares qui n'avaient sut voir la qualité et la pureté de la pierre qu'ils avaient entre les mains. Des abrutis qui ne voyait pas ce qui pourtant sautait aux yeux. Le gamin était une force vive, un jeune cerf fougueux. Et les mots qu'il prononça suite à ceux de son cher Orphée lui confirmèrent une autre chose: c'était un garçon intelligent et raisonnable. Myrddin Baratheon venait par un incroyable coup de chance, une conjonction hautement improbable des astres, de trouver la perle rare. Et maintenant il allait falloir donner toute sa splendeur et son éclat à celle-ci.

-Pas sans une solide escorte, je le crains. Mais tu pourras toujours visiter la ville, nous verrons cela dans quelques jours.


Il faudrait bien qu'à un moment le jeune Lord fasse la découverte de la capitale des Stormlands. Après tout il allait être appelé à la diriger, et puisqu'il ne pouvait actuellement pas faire le tour des Stormlands, eh bien autant commencer par là. Il laissa l'adolescent manger avec bon appétit, tout comme Orphée avant de les laisser partir pour une petite visite des lieux. Pour sa part il avait le temps de faire un vol avec Mairon, qui appréciait toujours de se dégourdir les ailes. Il sentit son cher frère d'âme manifester sa joie lorsqu'il lui envoya des images du projet qu'il comptait réaliser bientôt.
Ils volèrent au dessus de l'Océan durant deux bonnes heures, le dragon cuivré ronronnait d'allégresse. Et Myrddin se laissait porter par la joie de Mairon, les séances de vol leur faisaient toujours un bien fou. Surtout après une aussi bonne nouvelle qu'avait été Alexander.
En rentrant de cette séance de vol, et après avoir caresser abondamment son frère d'âme, Myrddin régla quelques petites choses. Puis, l'heure du repas étant maintenant très proche il alla chercher Marian afin de passer un peu de temps avec elle, en attendant que le repas soit servi. Ainsi il jouait dans la grande salle, à sa table, avec Marian sur ses genoux. La fillette riait tout en faisant galoper la figurine de cheval qu'Alexander lui avait offert sur le bois de la table. Son père faisait bouger un petit bonhomme de bois, se prêtant volontier à l'histoire qu'elle babillait doucement. Avec un sourire et des yeux débordants de tendresse. Et Alexander entra dans la salle, avec plus d'assurance que la première fois, ses bottes ne semblant plus capter son attention. Dans des vêtements plus élégants aussi, mais qui ne devaient pas être très adaptés au climat des Stormlands, et qui malgré leur qualité ne correspondaient pas vraiment au rang d'Alexander. Eh bien, les couturières et les tailleurs d'Accalmie allaient avoir du travail.
Il nota de nouveau que l'adolescent était vraiment bien élevé, il le salua d'un signe de tête et Marian d'un adorable sourire, alors qu'il les rejoignait à leur table.

-J'espère que tu as pu te reposer, Alexander. Ta chambre te convient-elle ?
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Sam 28 Avr - 11:07
Orphée avait eu bien du mal à ouvrir les yeux lorsque la servante chargé de le prévenir pour le dîner était venue frapper à sa porte. Alors celle-ci s’était permise d’entrée et était venue le secouer. Heureusement, il avait fini par se réveiller, non sans lancer un regard assassin à la pauvre servante qui avait eu vite de sortir en s’excusant, et avait bondi hors de son lit en comprenant qu’il risquait d’être en retard pour le souper s’il ne se dépêchait pas. Aussi s’était-il hâté de prendre un bon bain bien chaud amplement mérité – et nécessaire – après un si long voyage. L’eau chaude lui avait fait un bien fou mais il n’avait pas pu en profiter bien longtemps. Une fois nettoyé, il avait enfilé des vêtements propres et adaptés à l’occasion. Il avait noué simplement ses cheveux humides avec un ruban et une fois prêt, il s’était saisi du cadeau pour Marian et s’était dépêché de gagner la grande salle.

Lorsqu’il arriva, Myrddin, Marian et Alexander étaient déjà là, installés à la table qui était la leur. Il traversa la salle à grandes foulées, s’inclina poliment devant les Lords et la petite Lady pour les saluer et s’excusa pour son retard, tout ça le souffle court. Il se tourna ensuite vers la petite fille et lui tendit le paquet qu’il avait ramené pour elle avec un large sourire.

« Tiens, petite Lady, un cadeau pour toi. »

Il lui fit un petit clin d’œil, toujours souriant. Il espérait que cela plaise à la fillette. C’était une petite poupée de porcelaine qu’il avait commandé à un fabriquant de jouer à son arrivée dans le Val. Il avait demandé à ce qu’elle soit à l’effigie de Marian. Le fabriquant avait fait un très bon travail et la poupée était une vraie merveille. Elle avait de jolis cheveux noirs et bouclés très soyeux, de magnifiques yeux marron, peint à la main, et elle portait une jolie petite robe rouge taillée dans un tissu de qualité, ainsi qu’un ruban de la même couleur noué dans ses bouclettes brunes. Orphée en était très satisfait et avait largement remercié l’artisan pour son excellente œuvre en le payant amplement.
Il observa la petite déballer la poupée avec un regard affectueux. Il adorait Marian et chacun de ses sourires innocents et plein de joie lui faisait fondre le cœur. L’intendant jeta ensuite un rapide coup d’œil à Myrddin et lui offrit un large sourire amical. Il aurait pu le contempler plus longuement tant il le trouver beau et aller se perdre dans ses magnifiques yeux noir de jais, mais cela aurait été étrange et aurait pu éveiller des soupçons. Alors il détourna vite le regard et se tourna vers Alexander.

« Vous êtes bien installé, jeune Lord ? Votre chambre vous plait-elle ? J’espère que vous avez pu vous reposer convenablement. » Lui demanda-t-il gentiment, réellement soucieux du bien-être de l’adolescent.

Quand on apporta le dîner, Orphée salua poliment la petite famille Baratheon et alla s’asseoir à une autre table. N’étant pas un Lord, il n’avait pas sa place à celle des Baratheon.
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Sam 28 Avr - 12:42
Alexander respira à fond, tentant de maîtriser sa nervosité. Il sentait encore des regards sur lui, forcément - mais il lui fallait les ignorer.  C’était bien pour cela qu’il gardait les yeux fixés sur la Grande Table. Parce qu’il savait que s’il regardait ailleurs, il finirait par fixer de nouveau ses bottes, et il avait bien senti que cela contrariait le Lord Baratheon. Alors il essayait de garder la tête haute ; si ce n’était pas pour passer pour un idiot aux yeux des autres convives, au moins pour ne pas décevoir le Lord Myrrdin, alors qu’il avait vu qu’il commençait à le respecter lorsqu’il avait senti la rage l’envahir, puis lorsqu’il avait montré qu’il était aussi quelqu’un de raisonnable.  Le Lord, justement, le salua, imité par Marian qui lui offrit un magnifique sourire auquel il répondit, et qui s’élargit lorsqu’il vit que la petite fille - sa petite soeur désormais -jouait avec la figurine qu’il lui avait offerte. Ainsi elle l’aimait vraiment, ce petit cheval, et cela lui faisait chaud au coeur de le voir. Il ne pouvait que repenser aux bons moments qu’il avait passés à jouer avec, et espérait qu’elle s’amuse autant.  Au moins cela avait l’air bien parti - et d’autant plus que le lord jouait avec son enfant. Cela lui faisait plaisir de le voir ; au moins, il n’était pas un de ses lords qui ne s’intéressent qu’à peine à leur progéniture.

Il s’assit à la place qu’on lui désigna - à droite du lord, juste à côté de lui. La place à laquelle l’héritier devait s’assoir, puisque c’était là que son cousin le plus âgé s’asseyait.  Cela lui faisait étrange. Lui qui était habitué à être assis plutôt en bout de table, loin des  Lord et Lady de la maison. Au moins, Alexander pouvait sentir qu’on lui témoignait de la considération ici. C’était presque..pertubant. Comme tout ceci en réalité. Se faire appeler jeune Lord, cela, c’était vraiment, vraiment étrange. Si sa famille paternelle le voyait en cet instant..Oh, qu’’est-ce que cela serait intéressant de les voir. Voir qu’on pouvait lui trouver un intérêt, voilà qui les secouerait au moins un peu…

Mais il devait essayer de ne pas s’attarder sur le passé, surtout maintenant que le Lord lui adressait la parole.

 “J’ai dormi comme une souche”, avoua-t-il, gêné.  “Je ne pensais pas être aussi fatigué par le voyage…” Epuisé en réalité. Ou peut-être était-ce de la fatigue nerveuse, le soulagement d’être enfin à Accalmie et de voir qu’il n’avait pas fait trop mauvaise impression au dirigeant des Stormlands.  “Mais ma chambre est parfaite, je puis vous l’assurer.” Il avait eu une semi-hésitation entre “est” et “parfaite”. Lui qui avait des goûts simples, il avait failli  dire “presque trop grande pour moi”, ou “trop bien pour moi”.  Mais il ne voulait pas inquiéter le lord, surtout pas en public - alors il s’arrêta là. Pas question de faire part de ses questionnements existentiels aussi tôt..voire pas question du tout. Personne n’avait besoin de savoir à quel point il manquait de confiance en lui, ni la façon dont il avait été traité dans le Val. Tout ce qu’Accalmie devait savoir, c’était qu’il voulait être le meilleur Lord possible pour les Stormlands. Rien de plus, rien de moins.

Mais voilà que l’Intendant Storm arrivait. Lui qui avait craint d’être en retard, il se sentait rassuré.. Et un sourire vint illuminer une fois de plus son visage lorsqu’il vit le cadeau destiné à Marian. Cette poupée était splendide, un vrai travail de maître.

 “Tout va très bien messire Storm, ne vous inquiétez pas”, réussit-il à débiter d’une traite. Et c’était vrai. Tout allait bien. Tout allait très bien. Son côté pessimiste le poussait à croire que cela cachait quelque chose, que forcément, un événement plus négatif allait tout gâcher ; alors pour le moment, il profitait. Il profitait largement ; tout cela lui tournait un peu la tête, même.

Cependant, Alexander fronça les sourcils lorsqu’il vit l’intendant commencer à s’éloigner. Et, après avoir attiré l’attention du lord, il murmura :

 “Messire Storm ne mange pas avec nous ?”

Il était un peu surpris qu’il se soit éloigné aussi rapidement, comme s’il semblait penser que ce n’était pas sa place. Sottises, décida-t-il. Et pas seulement parce qu’il aurait voulu avoir une autre figure familière à ses côtés pour cette épreuve que constituerait le premier dîner “officiel” auquel il assisterait.
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♔ Héritier des Stormlands
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Sam 28 Avr - 17:31
-C'est un long voyage que celui que vous avait fait. Dit calmement le Lord. Mais tu vas pouvoir récupérer dans les jours qui viennent, si la fatigue ne passe pas n'hésite pas à consulter le mestre.

Il nota la toute petite hésitation, à peine perceptible, du jeune homme lorsqu'il parla de sa chambre. Il creuserait la question plus tard.

-Bien, si tu as besoin de quoi que ce soit n'hésite pas à en faire part aux domestiques. Ou à Orphée.

Puis ce dernier entra dans la salle, la traversant en grandes foulées. Myrddin remarquant que les cheveux d'or et de feu de ce dernier étaient plus sombre que d'habitude. Encore humides de la toilette qu'il avait due effectuer. Le Lord eut un pincement au coeur en le voyant ainsi, toujours aussi beau… Il s'efforça cependant de ne rien en laisser paraître, il ne pouvait pas se le permettre même si cela lui brisait le coeur. Dans un autre monde, dans une autre vie il aurait embrassé Orphée jusqu'à perdre son souffle. Il aurait passé sa main dans la soie de sa chevelure, il lui aurait déclaré sa flamme sans hésiter, même s'il n'avait aucune certitude que ce soit réciproque. Mais il ne vivait pas cette vie; ni dans un monde qui l'aurait permis.

-Ne t'inquiète pas,nous n'avons pas encore commencé.


Puis l'intendant se pencha vers Marian qui lui offrit un de ses désarmants sourires, elle aimait beaucoup l'intendant. C'était comme un oncle pour elle.
Myrddin observa sa fille défaire le paquet de ses petites mains pour en sortir une magnifique poupée brune. La fillette s'extasia devant elle un moment, et il y avait de quoi c'était vraiment du superbe travail. Elle ressemblait beaucoup à la petite Lady, qui offrit un splendide et lumineux à l'intendant.

-Merci ! Elle est vraiment belle ! Je l'adore !

Myrddin caressa les cheveux noirs et bouclés de sa fille en adressant un sourire amusé et bienveillant à son ami. Il appréciait le geste et comprenait qu'il ait eu envie de faire plaisir à la fillette, qui décidément était gâtée aujourd'hui.

-Si ça continue comme ça mon petit faon va finir pourri gâté.

C'était une simple plaisanterie, il en riait doucement. Ce n'était pas un reproche sérieux. Orphée s'enquit de l'état d'Alexander auprès de celui-ci, puis commença à s'éloigner, au regret de Myrddin. Alors le fils d'Amarei réussi à capter son attention et il se pencha un peu pour écouter ce que l'adolescent murmurait.
En cet instant rien n'empêchait qu'Orphée ne partage sa table, il n'y avait aucun autre Lords que lui, Alexander et Marian ce soir là. Myrddin faisait peu de cas de la naissance de son ami, Marian adorait l'intendant et était à un âge où ce genre de considérations sociales passent au dessus de la tête, quant à Alexander c'est lui qui faisait la demande de partager sa table avec le bâtard Swan. Et puis ce ne serait pas la première fois qu'Orphée et Myrddin rompraient le pain ensembles. Et surtout, il n'avait aucune envie de se priver de la présence du bel, surtout après ces longues semaines de séparation… Personne dans le château ne ferait de commentaire sur le fait que le Lord invite son intendant et bras droit, son ami, son presque frère à sa table. Myrddin hocha brièvement la tête avant de se redresser et d'interpeller le jeune intendant.

-Orphée, viens donc te joindre à nous ce soir.
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Dim 29 Avr - 9:36
A son arrivée à la grande salle, Myrddin rassura Orphée sur le fait qu’il n’avait pas encore commencé à dîner. Il en était soulagé. Il offrit ensuite la poupée à Marian et l’expression qu’elle afficha en découvrant son jouet n’avait pas de prix, pas plus que le sourire adorable qu’elle donna à l’intendant. Cela lui fit fondre le cœur et lui suffisait amplement comme remerciement, même si celle-ci le remercia de vive voix.

« J’en suis heureux Lady Marian. Tu en prendras soin, promis ? »

Orphée ne doutait pas que la petite en prendrait soin. Elle était déjà très soigneuse avec ses affaires, malgré son jeune âge. Il lui fit un petit clin d’œil puis se tourna vers Myrddin et senti son cœur s’embraser face au sourire qu’il lui faisait. Par les Sept… qu’est-ce qu’il aurait aimé attraper son visage entre ses mains et l’embrasser furieusement. Mais cela n’était pas possible pour des milliers de raisons toutes plus absurdes les unes que les autres aux yeux du jeune homme. Alors il se contenta de lui rendre son sourire et tourna toute son attention vers Alexander pour s’enquérir de son bien-être et s’assurer qu’il était bien installé. L’adolescent le rassura et il semblait sincère.

« Très bien, me voilà rassurer alors. Comme je vous l’ai déjà dit jeune Lord, n’hésitez pas à m’appeler si vous avez besoin de quoi que ce soit, ma porte vous est ouverte à présent et je me ferais une joie de vous rendre service. » Lui répondit-il tout sourire.

Il aurait voulu rester discuter plus longuement avec eux mais le repas fut servi et Orphée préféra laisser la famille en paix. D’autant plus qu’il n’était qu’un bâtard, alors il estimait ne pas avoir sa place à la table des Baratheon, même s’il avait déjà mangé à leurs côtés. Mais alors qu’il s’éloignait pour aller s’installer à une autre table, Myrddin l’invita à les rejoindre. Bon, si c’était là la volonté de son Lord, il ne pouvait s’y soustraire. Il revint donc sur ses pas, remercia Myrddin d’un geste de la tête et d’un large sourire. Au fond de lui, Orphée lui était reconnaissant de tenir si peu compte de sa basse naissance et c’était toujours un réel plaisir pour lui de partager ses repas avec son Lord suzerain et ami. Alors il s’installa aux côtés de Myrddin, le cœur léger.

On fit le service et on commença à manger. Orphée voulait prendre connaissance des éventuels évènements qui s’étaient déroulés en son absence mais il craignait qu’Alexander ne se sente mis à l’écart. Il irait s’enquérir des nouvelles des Stormlands plus tard, lors d’une conversation en privé avec Myrddin. Aussi préféra-t-il tenter d’entamer la conversation avec le jeune Lord. En présence de son cousin et de sa petite cousine, peut-être serait-il plus enclin à s’ouvrir.

« Le voyage ne vous a pas paru trop long, jeune Lord ? Est-ce la première fois que vous quittez le Val ? Si cela n’est pas trop indiscret de ma part. » Demanda-t-il à l’adolescent en se tournant vers lui.
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♔ Main droite & Intendant de Myrddin Baratheon


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Dim 29 Avr - 13:51
Décidément, il avait du mal à s’habituer à une telle sollicitude - venant de tout le monde. Cela lui faisait tellement étrange, qu’on s’intéresse à lui, à son bien-être. Tout le monde était presque trop gentil avec lui. Messire Storm pour commencer. Il ne savait presque pas comment réagir ; mais au moins, il ne rougissait pas bêtement comme cela lui était arrivé parfois dans le Val..

 “Je n’hésiterai pas, ne vous en faites pas”, répondit-il gentiment à l’intendant. La preuve, une fois de plus, qu’il s’agissait d’un excellent homme dévoué à son travail. C’était encore un peu difficile pour lui de faire coïncider cet homme chaleureux et le sourire étrange qu’il avait eu tout à l’heure...Il semblait très attaché à la sécurité et au bien-être de la Maison, ceci expliquait peut-être cela.

Mais un instant, il craignit d’avoir outrepassé son rang, d’avoir commis une erreur. Ou pis encore, de passer pour un enfant capricieux - quand bien même le caprice n’était pas bien gros. Mais non. Le Lord Myrrdin décida d’inviter messire Storm à manger avec eux, et il se sentit sourire. Il appréciait l’intendant, même s’il ne le connaissait pas encore très bien. Il faisait tout pour qu’il se sente à l’aise,et pour cela il lui en était reconnaissant. Plus tard, décida-t-il, quand il se serait un peu plus habitué à Accalmie, il lui demanderait régulièrement de manger à leur table. Après tout il était l’héritier, il en avait le droit non ? Surtout qu’il doutait que lord Myrrdin soit réellement contre l’idée de manger en compagnie de son ami. Il aurait très bien pu dire non à sa demande comme il était le Lord des Stormlands, mais il avait accepté. Il doutait que cela soit uniquement pour lui faire plaisir…

Une fois l’Intendant installé, il engagea spontanément la conversation avec lui - ce qui surprit à nouveau l’adolescent. Il voulait probablement essayer de le mettre un peu à l’aise, faire en sorte qu’il ne se sente pas oublié. Nouvelle attention qu’il appréciait beaucoup.

 “Absolument pas, au contraire ! J’étais un peu inquiet dans le Val à cause des clans des montagnes qui ont tendance à attaquer les voyageurs, mais autrement, non, j’ai trouvé le voyage plutôt agréable. C’était..un vrai plaisir, même. J’ai la chance d’avoir un bon cheval, donc naturellement, cela aide à apprécier le voyage...  Même s’il a tendance à faire un peu des siennes quand je ne fais pas assez attention..” Et voilà qu’il commençait à jacasser. C’était systématique. Dès qu’il évoquait Zéphyr, il se montrait intarissable. Il adorait ce cheval, voilà tout. Il eut un sourire gêné.  “C’était la première fois que je quittais le Val. Père avait promis de m’emmener voir un peu le reste des Sept Couronnes quand je serai plus vieux, mais..” Une inspiration. Il ne pouvait pas pleurer en public. “...Mais finalement cela n’a pas pu se faire. J’ai quand même eu la chance de pouvoir visiter le Val ..et je trouve que c’est une très belle région.” Même s’il n’y avait pas ses meilleurs souvenirs, on ne pouvait nier la majesté des montagnes.  “Et vous, messire Storm, my Lord, vous connaissiez cette partie de Westeros ?”

Il avait osé poser une question. Mais c’était un sujet qui ne risquait pas de porter trop à polémique, donc cela devrait aller..théoriquement. Dans le doute, il entama son repas, savourant la viande. Tout était délicieux.Un vrai régal.  Une servante s’approchant pour servir le vin, il la remercia et lui adressa un sourire. Il n’était pas un rustre non plus, et être poli envers les personnes qui permettaient à la Maison de bien fonctionner lui semblait le minimum.

A ce sujet...
Il eut un instant d’hésitation, puis finalement se lança.

 “Y a-t-il des coutumes, règles ou habitudes de la maison que je doive connaître ? Je ne voudrais pas commettre un impair ou mettre qui que ce soit dans l’embarras.” Il s’adressait aussi bien à l’intendant qu’au Lord. Après tout, c’était les meilleures personnes pour répondre à ce genre de question.

Après quoi, il prit une gorgée de vin pour garder sa contenance - ou du moins, faire semblant. Il n’avait pas l’habitude de tant parler à la suite après tout...
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♔ Héritier des Stormlands
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Dim 29 Avr - 18:46
La fillette hocha vigoureusement la tête, un air solennel sur son petit minois enfantin. Son père lui avait déjà inculqué la valeur de l'honneur, et du haut de ses trois ans-bientôt quatre- la petite Marian ne donnait pas sa parole à la légère. Surtout pas en présence de son père. Elle le savait très strict sur la question, et elle n'aimait pas le voir déçu ou triste, surtout par sa faute.

-Promis !

Elle sera la poupée et le petit cheval contre son torse, comme deux précieux trésors se demandant comment elle allait pouvoir les baptiser.
Myrddin était heureux d'avoir Orphée à sa gauche, la présence du jeune jeune homme l'enchantait toujours. Comme il l'aimait… Il aurait tant voulu prendre sa main dans la sienne, le serrer dans ses bras, enfouir son visage dans le flot doré et rougeoyant de sa chevelure pour en respirer le parfum, pour en savourer la douceur soyeuse.
Puisque tout le monde était à table le service allait pouvoir commencer; le Lord envoya sa fille prendre sa fille à la droite d'Alexander et Orphée entama la conversation avec Alexander. Il crut à un moment que le jeune garçon n'allait pas pouvoir juguler son chagrin, mais non. Pas une larme ne coula sur les joues du fils d'Amarei. Marian, qui même si elle ne comprenait pas vraiment tout, saisissait la tristesse de celui qui était désormais son grand-frère et dans un geste spontané posa sa petite mimine sur celle d'Alexander, et la serra doucement. Pendant ce temps on servait la tablée.
Myrddin était cependant content de voir que le garçon parvenait à s'étendre un peu oralement. Il était important qu'il puisse, et sache s'exprimer.

-A mon regret je dois avouer que je ne connais pas bien cette région, mes missions en tant que Dragonnier m'ont poussées ailleurs. Mais de ce que j'en ai vu, c'est effectivement une très belle région.

Il ne précisa pas que s'il ne s'y était pas attardé c'est aussi parcequ'il craignait d'entendre parler de sa tante Amarei. Il était jeune à l'époque, son père était encore en vie et n'avait jamais pardonné à sa demie-soeur sa fuite et sa mésalliance. Avoir des nouvelles aurait été une source de gêne entre Altan et son fils. Aujourd'hui, il le regrettait un peu. Mais ce qui est fait est fait, et Alexander était là désormais. Et c'était ce qui comptait, il était juste dommage qu'il ait fallu la mort d'Amarei pour que l'adolescent trouve sa place dans sa famille maternelle.
Une jolie et une jeune servante vient remplir la coupe d'Alexander, ainsi que celles du Lord et son intendant. Myrddin remarqua le sourire qu'adressa le garçon à la demoiselle, et celui que cette dernière lui offrit en retour, les joues rosissantes légèrement. S'il n'avait aucun attrait pour les charmes féminins Myrddin n'était pas idiot ou ignorant pour autant, il savait très bien ce qui pouvait se passer entre deux jeunes gens aux hormones bouillonnantes. Et s'il acceptait que cela fasse parti de l'ordre des choses; il préférait que cela ne concerne pas les servantes et les paysannes. Et surtout, pas de bâtard. Mais, il était vrai qu'Alexander n'était plus tout à fait un enfant, et qu'il était probable qu'il commence à avoir des… envies nouvelles. Mieux valait l'initier à tout cela dans un cadre… approprié, et de préférence avant son mariage. Et aussi le prévenir que les jupes des paysannes et des servantes n'étaient pas faites pour être retroussées, dès que l'occasion de présenterait.
Ah ben, justement la voilà. Ce n'était pas la peine de tourner autours du pot.

-Rien en particuliers, si ce n'est: de ne pas retrousser les jupes des servantes et ne pas se rouler avec les paysannes dans la paille. Je ne veux pas de bâtard, sans vouloir t'offenser, Orphée.

Myrddin avait parlé d'une voix posée et calme, juste assez fort pour qu'Alexander, impassible avant de boire une gorgée de vin. Il avait fait attention à ne pas parler trop fort, soucieux de s'épargner certaines questions de la part de sa fille.
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Lun 30 Avr - 5:46
Orphée écoutait attentivement le garçon. C’était la première fois qu’il parlait autant depuis son départ du Val. Il semblait avoir pris un peu d’assurance et cela faisait plaisir à l’intendant. Cela dit, il y avait encore du boulot. Il sourit, amusé, en se rappelant le caprice du cheval sur la route, plus tôt dans la journée. Alexander semblait beaucoup tenir à l’animal, peut-être un cadeau de son père ou de sa mère. Il eut un pincement au cœur quand il vit la tristesse du garçon quand il évoqua le fait que son père n’avait pas pu l’emmener à travers le continent. Orphée se souvenait de la douleur et de la tristesse qui lui avaient serré le cœur à la mort de Lord Altan, qu’il considérait comme un père bien plus que Lord Tybalt. Et enfin, Alexander osa poser une question, ce qui fit sourire l’intendant.

« Pour ma part, je ne connais que les Stormlands. Mais ma venue dans le Val m’a permis de découvrir un peu d’autres régions. »

Orphée nota l’adorable échange de sourires entre le jeune Lord et la jolie petite servante qui leur servit le vin et il ne put s’empêcher de sourire d’amusement. Il est vrai qu’Alexander était en âge de découvrir les petits plaisirs coquins de la vie et il était difficile de nier que la demoiselle était des plus charmantes et désirables. Son amusement s’accentua face à la réponse de son Lord à la question posée par l’adolescent. Myrddin désapprouvait totalement ce genre de badinage et Orphée le comprenait parfaitement.

« Tu ne m’offenses pas, Myrddin, ne t’inquiète pas. C'est légitime de ta part de ne pas accepter qu’un bâtard naisse au sein de ta famille. Je ne sais que trop bien quel genre d’embarras cela peut représenter. »

Orphée disait cela en souriant gentiment à son ami. Oui, c’est vrai, il savait qu’un bâtard était une source d’embarras et une gêne pour tout le monde. Il se souvenait encore des sévices que lui avaient infligés Lady Alessa et ses rejetons simplement pour être venu au monde. Il n’avait pas oublié les regards ennuyés que lui lançait Lord Tybalt à chaque fois qu’il le croisait, ni les soupires las qu’il lâchait quand il voyait son fils bâtard venir en pleurant vers lui après avoir été battu et encore moins la rapidité avec laquelle il se débarrassait de lui en le confiant à la nourrice. Non, il n’avait rien oublié de ses six années de calvaire et de solitude passaient à Stonehelm. Tous ces mauvais souvenirs étaient profondément gravés dans sa peau et dans sa mémoire. Il n’oublierait jamais.

Il chassa ces mauvaises pensées en buvant son vin d’une traite et en mordant de bon cœur dans la viande juteuse et tendre, juste comme il l’aimait. Il reprit la conversation avec le jeune garçon et son Lord.

« Lord Alexander, avez-vous déjà vu un dragon en vrai ?– il se tourne ensuite vers Myrddin – Tu pourras lui présenter Mairon à l’occasion, je suis sûr qu’il sera fou de joie de rencontrer ton cousin. »

Il dit cela sur un ton calme et posé. Il avait beau avoir un peu peur du dragon, il devait tout de même admettre que la bête était incroyable et impressionnante et il ne doutait pas que cela plairait au jeune Lord de voir un dragon en chair et en os.
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♔ Main droite & Intendant de Myrddin Baratheon


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Lun 30 Avr - 7:47
Il commençait à se sentir bien. Presque détendu. Il arrivait à répondre aux questions de messire Storm sans bégayer, il arrivait à retourner des questions - tout allait bien. Même si parler de Père était toujours douloureux, il réussit à contrôler son chagrin et les larmes qu’il avait cru senti monter. Il devait être digne. Être noble. Et pourtant Marian posa sa toute petite main sur la sienne, et il lui adressa un gentil sourire pour la remercier, avant de lui coller un baiser sur la joue. Tant pis si ce n’était pas “ digne d’un lord”, Marian était sa petite soeur désormais et il voulait la remercier de sa gentillesse toute enfantine.

Ainsi, ni l’un ni l’autre n’avait vu le Val auparavant ; il hocha la tête, compréhensif. Un peu dommage mais cela se comprenait. Leurs affaires des Stormlands devaient les accaparer, c’est normal. Mais après tout, combien de Lords pouvaient se targuer d’avoir vu l’entièreté des Sept Couronnes ? Bien peu.  Mais lui en ferait partie, décida-t-il. Il avait aimé le Val et ses montagnes majestueuses, mais cela ne l’empêchait pas de vouloir découvrir maintenant le reste du monde. Il avait commencé à voir les Stormlands, donc il était déjà assez content, mais il voulait voir..plus. Il voulait voir la Citadelle, le Mur peut-être ; tant d’autres choses qu’il ne pourrait pas commencer à lister maintenant. Il aurait bien aimé voir la capitale aussi..Enfin, les monuments de la capitale surtout. Il savait que cela ne serait pas un endroit pour lui. C’était sans doute un lieu où beaucoup d’intrigues politiques se jouaient. Très peu pour lui, merci. Il n’avait pas envie de se retrouver les pieds là-dedans, et les dieux savaient dans quel état il en ressortirait. Il ne voulait rien de plus qu’une vie tranquille ; enfin, aussi tranquille qu’elle puisse être dans sa situation.

Mais il manqua s’étouffer avec son vin lorsque le lord répondit à sa question sur les habitudes de la maison. Pris par une quinte de toux qui dura une éternité à ses yeux, il en ressortit les joues rouges et les larmes aux yeux. Le souffle encore court et inégal, il ne put que dire   “Ce...n’était..pas..mon...intention...” Il était écarlate, on ne peut pas plus gêné. C’était la première fois qu’on lui parlait de ce genre de choses aussi crûment. Evidemment qu’il était au courant que des choses pareilles se faisaient mais pas lui. S’il avait souri à la servante, c’était juste pour être poli! Rien de plus ! Il ne parvenait même pas à comprendre pourquoi elle avait rougi !

Du moins au début. Ce rougissement, associé à la remarque du Lord, lui permirent d’avoir une illumination qui lui fit piquer un fard de plus belle. Est-ce qu’il plaisait à la servante ? Invraisemblable. Impossible. Mais si c’était le cas, mieux valait ne pas la duper. Il ne ferait rien. Parce qu’on ne fait pas de bâtards si on a un minimum de cervelle !

 “Je..ne ferai jamais de bâtard.” réussit-il à articuler presque normalement.  Et pas seulement parce que cela signifierait déshonorer sa future Dame. Cela condamnerait un enfant à une enfance encore plus pénible que celle qu’il avait vécu. Et cela, il ne le souhaitait à personne. A personne.Messire Storm devait avoir connu une vie affreuse.. Mais quand même ! Parler de galipettes à cet instant  ; il n’y avait bien qu’un lord pour se le permettre !  “Pas question de déshonorer ma Maison.”

Façon de signaler plus ou moins subtilement que sa loyauté leur était définitivement acquise. Qu’il ait du mal à le réaliser ou non, il était désormais un Baratheon, avec tout ce que cela impliquait. Un code d’honneur, une conduite irréprochable. Un nom important à protéger. Mais voilà que l’intendant lui posait une question qui sur le coup lui détournait bien l’esprit de ces sujets..légers. Voire grivois. Qui gênaient terriblement le jeune homme. PUdique ?Oui, très certainement.

 “Non, je n’en ai jamais vu..” Il osa sourire légèrement, impatient de rencontrer l’une de ces créatures fabuleuses.  “ J’ai hâte de rencontrer Mairon..Enfin si vous acceptez, my Lord.”

Peut-être qu’il en faisait trop, mais voilà quelle était sa ligne de conduite : ne rien faire que le Lord puisse désapprouver.
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♔ Héritier des Stormlands
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Lun 30 Avr - 12:54
Marian eut un adorable rire sous le baiser fraternel d'Alexander, et Myrddin était heureux de voir les deux enfants s'entendre aussi bien aussi vite. C'était au delà de ses espérances. Quoiqu'il n'avait aucun doute sur les capacités de sa fille chérie à se faire aimer, mais il faut dire qu'il n'était pas très objectif de ce point de vue là. C'était sa petite merveille après tout.
La réaction du jeune garçon à la réponse du Lord fut… franchement marrante. Il manqua de s'étrangler avec son vin, partant dans une quinte de toux dantesque, et ses joues virèrent au rouge. Myrddin échangea un regard amusé avec Orphée, même s'il avait assez de retenue pour ne rien laisser paraître d'autre de son amusement sur son visage. Marian elle, un peu inquiète regardait son grand-frère en train de chercher à respirer sans vraiment y arriver, avec une petite moue inquiète sur sa bouille enfantine.

-A va, Aleck ?


Myrddin était content d'entendre le jeune garçon parler ainsi, confirmant qu'il était raisonnable et intelligent, plus que bon nombre de jeunes fils de Lords de son âge sans doute. Il aurait aussi voulu prendre Orphée dans ses bras pour le réconforter, il savait que sa vie chez les Swan n'avait pas été un long fleuve tranquille. Bien au contraire. Ce n'était pas pour l'honneur qu'il voulait éviter une telle naissance, mais aussi pour le bien être de ce potentiel enfant. La vie d'un enfant illégitime était souvent un véritable enfer, il n'y avait qu'en Dorne où ils étaient presque aussi chanceux que les enfants légitimes.
Il nota qu'Alexander parlait de "sa Maison" et l'importance qu'il semblait accorder à l'honneur, et cela lui plut énormément. Déjà parce qu'il tenait à ce que le garçon se sente chez lui et comme faisant partie à part entière de la famille, et aussi car lui même plaçait l'honneur comme une valeur cardinale. L'honneur et la fidélité à la Couronne. Que l'adolescent ait déjà intégré ces valeurs était une merveilleuse nouvelle. Décidément ce garçon était une perle rare.
Orphée lança ensuite la conversation sur un autre sujet, sans doute au grand soulagement d'Alexander, embrayant sur les dragons. Effectivement, Mairon serait ravi de rencontrer en chair et en os le garçon. Peut-être même un peu trop; Mairon était un dragon joueur et espiègle, bien que très affectueux. Et il adorait ceux qu'aimait son frère d'âme. Et dans ces cas là il fallait bien le tenir en laisse et se montrer intransigeant au moindre écart. Mais c'était jouable pour autant, et puis celà ferait tellement plaisir au dragon comme au garçon. De plus ce serait une bonne chose que d'habituer Mairon à la présence toute nouvelle d'Alexander, comme il l'avait habitué à la présence de Marian et d'Orphée.

-Hum, effectivement. C'est une bonne idée, et puis Mairon aussi serait ravi de te rencontrer, Alexander. Tu voudras nous accompagner, Orphée ?

Il se tourna vers le jeune intendant avec un petit sourire en lui posant la question. Il tentait de grappiller un peu de temps à passer avec lui, c'était toujours un plaisir dont il ne se lassait pas. Jamais.
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