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Forum de RP basé sur l'univers de l'oeuvre de George R.R. Martin A song of ice and fire et de sa série télévisée Game of Thrones.
 

Des cerfs pris dans l'orage [PV Myrrdin, Orphée]

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Sam 14 Avr - 8:04
Déjà des semaines qu’ils étaient sur la route, songea vaguement Alexander en se réajustant sur sa selle. Des semaines qu’ils avaient quitté le Val. Des semaines qu’il vivait avec la boule au ventre ; et loin de disparaître, sa peur ne faisait qu’augmenter au fur et à mesure qu’il se rapprochait de Storm’s End.  Il n’avait qu’une hâte, celle que tout ceci finisse ; et pourtant il ne voulait pas que le voyage se termine, d’un autre côté. Il aimait bien, au fond, passer sa journée à cheval. Progresser à son rythme, selon les intempéries et la fatigue de la veille. Sentir le vent dans ses cheveux, le soleil sur son visage. Pour la première fois depuis longtemps, il avait l’impression d’être presque libre, et c’était enivrant. C’était grisant.  Et pourtant son humeur s’assombrissait quand il savait ce qui l’attendait à la fin de ce voyage. Il savait que c’était ridicule de s’inquiéter ainsi pourtant, qu’il n’y avait en théorie pas de raison pour que les choses se passent mal. Surtout que c’était lui qui avait accepté de partir - de commencer une nouvelle vie. De devenir le fils héritier de Myrrdin Baratheon.

Et pourtant il avait peur de rencontrer celui-ci. Peur que le lord regrette sa décision en le voyant, pour une raison ou pour une autre. Trop crevette. Trop bête. Mal élevé. Mauvais avec une épée - ou trop faible à son goût. Savait-on jamais. Tellement de choses pouvaient se passer mal, et de son expérience avec sa famille paternelle, tout ce qui pouvait se passer mal irait mal ; voilà bien pourquoi il cherchait à se faire oublier. Sauf qu’en étant désormais l’héritier des Stormlands, se cacher dans un trou de souris ne serait pas possible . Il serait constamment sur le devant de la scène. Sans compter les nombreux bals et festivités auxquels il allait devoir assister, prendre part, diriger peut-être. Mais héritier des Stormlands. Le simple concept appliqué à sa personne lui paraissait étrange. Tout comme son nouveau nom, sa nouvelle identité. Penser à lui en tant qu’Alexander Baratheon était..déconcertant. S’il avait pensé que sa vie prendrait ce tour-là…

Zéphyr tira brutalement sur son mors, le faisant revenir à la réalité. Il reprit ses rênes, et pressant ses talons contre les flancs de son cheval gris, il l’incita à accélérer l’allure  pour rattraper le reste de la colonne. Sa monture lui obéit immédiatement en prenant un petit galop, et une vague de soulagement envahit le jeune homme en même temps qu’il se morigénait mentalement. Il s’était trop plongé dans ses pensées, ne faisant plus attention à la route, et voilà le travail ; il avait failli se laisser distancer. Conséquence, son grand cheval gris au tempérament de gagneur avait manqué de prendre le contrôle, et accessoirement le mors aux dents. Autant pour donner bonne impression de lui ; maintenant il passait juste, certainement, pour un gosse un peu trop dans la lune et incapable de maîtriser sa monture par-dessus le marché. A coup sûr, cela allait être beau quand il serait à la tête des Stormlands, tiens,  et les Sept fassent que ce jour soit le plus tardif possible. Son regard se posa sur l’Intendant Storm. Pourvu qu’il n’ait rien vu, surtout pas. Il avait essayé de se bâtir un début de crédibilité, ce n’était pas pour tout fiche en l’air maintenant.  Lui aussi, il voulait gagner son respect ; prouver qu’il n’était pas un imbécile complet, et qu’il était digne (ou pas, et c’était ce ou pas qui faisait toute la différence) d’être le Lord de Storm’s End.

Et pourtant, au loin, on commençait à apercevoir la silhouette d’un château bien plus grand que la plupart des demeures que le jeune homme connaissait. Plus qu'un château même, cela lui apparaissait comme une véritable forteresse, impressionnante et inexpugnable. Cela ne pouvait dire qu'une chose.

Storm’s End.
Et le début de sa nouvelle vie.
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♔ Héritier des Stormlands
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Sam 14 Avr - 8:08
Un petit comité s'était rassemblé dans la cour du château d'Accalmie. Le lord suzerain, sa petite fille ainsi que la nourrice de cette dernière et le mestre des Baratheon. Myrddin Baratheon se tenait droit, dans toute sa hauteur et sa carrure d'armoire à glace, le visage impassible. Alors qu'intérieurement il se sentait comme lors de la nuit de la naissance de Marian: nerveux avec ses nerfs qui s'usaient à vue d'oeil. Au fond, la comparaison était assez bien trouvée. Il allait accueillir son fils adoptif, son héritier après tout. Mais contrairement à la naissance de son enfant Myrddin  réussissait à conserver un semblant de calme.
Il avait envoyé Orphée chercher le garçon dans le Val quelques semaines auparavant. Il avait une confiance totale et aveugle en le bâtard Swann pour assurer la sécurité de son cousin, entre autres.  S'il devait y avoir un quelconque danger en route Myrddin savait que son bras droit défendrait bec et ongles le futur Lord des Stormlands. Comme il protégerait Marian en d'autres circonstances. Et le seigneur d'Accalmie n'avait souhaité envoyer personne d'autre s'assurer de la sécurité du fils d'Amarei Baratheon.
Sa tante Amarei… Cela n'aidait pas Myrddin à envisager sereinement la suite des évènements. Durant les six premières années de sa vie, avant qu'il ne parte à l'Académie avec Mairon, Myrddin n'avait eu que peu de contacts avec la demie-soeur de son père. Déjà à l'époque il y avait un froid entre eux. Puis elle s'était enfuie avec un fils puîné de nobliau et l'avait épousé. Altan Baratheon avait alors coupé les ponts et plus jamais il n'avait parlé de sa soeur en publique ou devant son fils, comme si elle n'avait jamais existé. Et pourtant… Myrddin avait reçu un corbeau de la part de la belle-famille d'Amarei, annonçant que cette dernière était partie avec l'Étranger et qu'elle laissait derrière un fils de quatorze ans: Alexander.
Il n'avait pas besoin de lire beaucoup entre les lignes pour se rendre compte que cet enfant encombrait plus qu'autre ces nobliaux. Myrddin lui avait besoin d'un héritier et n'était guère emballé à l'idée de se remarier. Et il ne voulait pas laisser un membre de sa famille dans le besoin, l'adolescent n'était pas responsable des fautes de sa mère. Cet enfant de son sang lui apparaissait comme une bénédiction des Sept. Ce qui ne voulait pas dire qu'il n'avait aucune crainte sur le déroulement de sa première rencontre avec le garçon. Par les dieux… Qu'allait-il pouvoir dire à ce gamin ? Alors qu'il ne savait rien de lui et qu'il portait le deuil de ses deux parents…
Mairon, soucieux de l'état de son frère d'âme lui envoya des vagues d'affection et de sensations de vol. Une ivresse qui apparaissait le Lord, comme de savoir sa fille chérie à ses côtés et de sentir la présence de son dragon cuivré qu'il cajolait mentalement, et aussi… la perspective de revoir Orphée. Mais cela il se taisait. Enfin l'escorte menée par Orphée entra dans la cour. Myrddin était soulagé et heureux de son retour de son intendant et ami, sa présence lui avait manqué. Mais aussi angoissé, il avait quasi instantanément repéré son cousin, et fils adoptif, quand son regard s'était détaché de l'éclat de la chevelure blond vénitien du fils de Tybalt Swann…
Le garçon montait un cheval gris , et c'était indéniablement un Baratheon. Grand pour son âge, sec aussi il faudrait penser à le remplumer un peu, une tignasse noire comme la nuit et à l'image de celles de Myrddin et Marian. Et le Lord suzerain reconnaissant dans ses traits  ceux d'Amarei, mais aussi ceux d'Altan, son propre père. Oui. C'était bien un jeune cerf que Myrddin avait devant lui. Tout comme sa fille était un petit faon.
De son pas noble et assuré il alla d'abord saluer Orphée d'une rapide accolade, comme l'ami qu'il était.

-Bon retour au bercail. Je savais que tu y arriverais.

Puis il se dirigea vers le jeune cerf, ses yeux noirs se posant sur lui aussi impassibles que son visage. L'appréhension nouant ses entrailles, le grand moment était venu. Posant sa main sur l'épaule de l'adolescent dans un geste sympathique, Myrddin parla.

-Bienvenu à Accalmie, Alexander. Te voici chez toi.

Le lord se tourna vers le mestre et sa fille leur faisant signe d'avancer.

-Voici notre Mestre, c'est lui qui assurera tes cours.

Le vieil s'inclina, un sourire bienveillant sur son visage ridé.

-Bienvenu jeune lord.

Marian s'était approchée, timidement sans se défaire de la main de sa nourrice. Ses yeux noisette allant d'Orphée à son père, tout en regardant de temps à autre, craintivement Alexander. Myrddin fit signe à la fillette de venir le rejoindre, un sourire tendre sur son visage jusque là impassible. La nourrice lâcha la main de la petite pour la laisser aller vers son père. Marian s'accrocha au pantalon de son père, se cachant à moitié derrière ses jambes. Toujours aussi intimidée par Alexander. Son père posa une main tendre et protectrice sur les boucles noires de son enfant.

-Et voici ma fille, Marian. Eh bien, tu ne dis pas bonjour à Alexander, mon petit faon ?

La fillette se trémoussa un peu puis se détacha un peu des jambes du dragonnier pour effectuer une révérence enfantine et quelque peu maladroite. Mais qui avait un charme et une innocence indéniables.

-Soyez le bienvenu à la maison, lord Aleckander…


Et elle repartit en vitesse se réfugier contre les jambes de son père.
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♔ Lord Suzerain des Stormlands ♔ Lord de Storm's End  ♔ Dragonnier
♔ Lord Suzerain des Stormlands
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Sam 14 Avr - 18:28
Il semblait à Orphée que cela faisait une éternité qu’il avait quitté le château de Storm’s End pour aller chercher le cousin et héritier de Myrddin dans le Val. Mais il ne s’en plaignait pas, au contraire. C’était un honneur pour lui que d’avoir été choisi par son Lord suzerain en personne pour accomplir cette mission de grande importance.
Il avait d’abord été surpris d’apprendre que Myrddin avait une tante. Lord Altan n’en avait jamais parlé et Myrddin non plus. Mais il se doutait bien qu’il y avait une raison quant à se silence. Peut-être l’apprendrait-il un jour. Quoi qu’il en soit, Orphée s’était attelé à la préparation de son voyage rapidement et efficacement, comme le lui avait demandé son Lord suzerain.

La première chose que s’était dit l’intendant en voyant l’adolescent, c’est qu’il était incontestablement un Baratheon. Il était grand, quoiqu’un peu maigrelet, les cheveux noirs typique des Baratheon et Orphée retrouvait dans les expressions du garçon certains traits de Lord Altan. C’est peut-être pour cela qu’il se prit aussitôt d’affection pour Alexander. Ou peut-être parce qu’il le comprenait, qu’il devinait ce que pouvait ressentir l’adolescent, car lui aussi connaissait la solitude et la tristesse qui vous serrent le cœur quand tout le monde autour de vous rejette et vous fait comprendre que vous n’êtes qu’une gêne. Mais aussi parce qu’il était un Baratheon et l’héritier de Myrddin et que de ce fait, il évitait au Lord suzerain actuel un nouveau mariage désastreux. Pour cela, Orphée lui en était secrètement reconnaissant.
Si Orphée s’était montré dur et glacial envers la famille de l’adolescent, il avait au contraire été agréable et chaleureux avec ce dernier. L’intendant était resté au Val le temps de régler les derniers détails et de permettre au jeune Lord de préparer toutes ses affaires avant d’enfin reprendre la route en compagnie du futur Lord suzerain des Stormlands.

Cela faisait maintenant de longues semaines qu’ils avançaient en direction de Storm’s End. Un long voyage durant lequel Orphée avait tenté plusieurs fois de discuter avec cet adolescent timide, réservé et silencieux pour essayer de percer cette coquille solide comme le roc et d’en apprendre un peu plus sur lui. Mais Alexander ne s’ouvrait pas facilement. Alors Orphée ne forçait pas, cela était inutile.
Le voyage touchait enfin à son terme. Cela faisait un moment maintenant que la petite troupe marchait sur les terres des Stormlands. Orphée avait hâte d’arriver et de pouvoir se reposer un peu. Hâte, aussi, de retrouver Myrddin. L’intendant ne lâchait pas Alexander des yeux. Au vu de la situation actuelle, les Stormlands n’étaient pas sûrs et qui sait ce qui pouvait arriver. Aussi se tenait-il sur ses gardes, restant attentif au moindre détail qui lui paraissait suspect.
Il ne put s’empêcher de remarquer l’air sombre et inquiet qu’arborait Alexander, visiblement perdu dans ses pensées, et laissa échapper un petit rire amusé lorsqu’il vit la monture du garçon faire des siennes, le tirant ainsi de ses réflexions. Orphée alla à la hauteur d’Alexander.

« Détendez-vous, ça va bien se passer. Lord Baratheon est impatient de vous rencontrer. »

Il lui dit ces quelques mots sur un ton calme pour le rassurer mais cela semblait sans effet. Le jeune intendant sourit et resta près du garçon.

Le soulagement d’abord, puis l’impatience le gagna lorsqu’enfin, il vit au loin le château des Baratheon. Un sourire, presque imperceptible, se dessina sur ses lèvres. Il était finalement de retour chez lui. Son sourire s’élargit lorsqu’il vit Myrddin dans la cour. Il lui avait manqué. Il descendit de son cheval et alla à la rencontre de son Lord suzerain, qui le salua d’une rapide étreinte amicale.

« Bon retour au bercail. Je savais que tu y arriverais. »
« Merci, Lord Myrddin. Le voyage s’est déroulé sans encombre. »

Répondit Orphée en se poussant pour que Myrddin aille saluer son cousin et héritier. Le jeune homme salua rapidement le mestre et la petite Marian et observa la rencontre en silence. Le Lord suzerain présenta le mestre puis sa fille. Orphée fit un clin d’œil à la petite en souriant avant que son père ne l’appelle pour qu’elle salue Alexander. L’intendant ne put réprimer le sourire d’amusement qui étirait ses lèvres face à la timidité de la petite Marian, qui salua brièvement son cousin avant de retourner se cacher derrière les jambes de son père. Puis Myrddin ordonna qu’on emmène les affaires du jeune Lord dans ses appartements et que l’on prépare à manger avant d’inviter Alexander et son intendant à le suivre à l’intérieur. Sans un mot, Orphée suivit les deux Lords Baratheon, marchant à quelques pas derrière eux.
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♔ Main droite & Intendant de Myrddin Baratheon
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Dim 15 Avr - 15:46
Evidemment. Evidemment, évidemment ; il suffisait qu’il souhaite qu’une chose n’arrive pas et elle arrivait. Ses mésaventures équestres n’étaient pas passées inaperçues, bien sûr ; l’Intendant Storm vint se porter à sa hauteur pour échanger quelques mots. Il voulait le rassurer, puisque comme d’habitude, son désarroi devait se lire sur son visage. Alexander lui en était secrètement reconnaissant, mais comment lui expliquer que cette peur était si profondément ancrée en lui qu’aucun mot ne pourrait l’apaiser  -ou du moins, pas tant qu’il ne serait pas face au Lord Myrrdin ? C’aurait été beaucoup trop difficile, et irrationnel sûrement.  Inintéressant, sûrement ; parce que les états d’âme d’un adolescent n’étaient pas ce qu’il y avait de plus fascinant. On le trouverait risible, sans aucun doute ; et cela il ne le voulait pas. Trop de poids pesait déjà sur ses épaules pour qu’il supporte en plus qu’on se moque de lui. Alors il se contenta d’esquisser un vague sourire qui devait ressembler plutôt à une grimace, et s’obstina à regarder la route qui serpentait jusqu’à Storm’s End. En tout cas, il appréciait que l’Intendant ne le force pas à essayer de parler ; il respectait son silence, ses humeurs, et c’était plutôt agréable. Cela lui avait laissé, et lui laissait toujours d’ailleurs, l’opportunité d’observer le paysage qui défilait devant ses yeux.  Il savait pourtant que l’image ne le quitterait pas, que même des semaines après, il se rappellerait avec force de cette peur et de cet émerveillement qu’il ressentait en voyant le siège des Baratheon à cet instant…La forteresse était des plus impressionnantes. Peut-être un peu austère mais au vu du sourire discret qu’arborait son guide improvisé, cela devait être un endroit tout de même chaleureux où il faisait bon vivre. Peut-être qu’il arriverait à considérer Storm’s End comme son foyer ? Il l’espérait. Il l’espérait de tout son coeur même.

Alors il restait droit sur sa selle, regardant partout autour de lui. Il voulait tout graver dans son esprit ; les remparts, les rues, les donjons. Même jusqu’à la façon dont les citadins le regardaient avec ce qui lui semblait de la curiosité. C’était..normal, il supposait ? Ceci dit une annonce officielle serait peut-être faite..il supposait. Ce n’était pas de son ressort, cela ne le regardait pas ; le Lord ferait ce qu’il voulait.  Cependant, il sentait les battements de son coeur s’accélérer avec force au fur et à mesure qu’ils approchaient de la demeure seigneuriale. Son futur chez lui, sur le coup.  Il voyait passer des gardes tout aussi curieux que les citadins, et sa gorge se serrait..Jusqu’au moment fatidique où ils arrivèrent dans la cour du Château où..tout un comité d’accueil l’attendait.  L’adolescent déglutit avec peine. C’était le moment fatidique. Il n’allait plus pouvoir se dérober - il allait devoir prendre le taureau (ou le cerf ?) par les cornes et affronter ses peurs.

Après avoir mis pied à terre, il flatta l’encolure de son cheval gris, confia les rênes au palefrenier, tout en lui glissant un  “Grattez-lui derrière les oreilles et vous serez son meilleur ami” - et vit le Lord serrer brièvement l’Intendant Storm contre lui. AInsi donc ils étaient amis. Logique d’un côté, il n’aurait pas envoyé un homme en qui il n’aurait pas confiance aller le chercher aussi loin.  Et puis le Lord se tourna vers lui ;  Alexander croisa le regard de l’homme qui l’avait sauvé. Qui lui offrait une nouvelle vie - qui pour cela l’avait fait chercher dans le Val. Le Lord Baratheon était immense, il le toisait sans effort. Et pourtant on ne pouvait nier leur parenté. Il voyait un peu de Mère dans ses traits, ses longs cheveux noirs, ses yeux sombres. Tout cela le réconfortait - oui, ils étaient bien du même sang, et alors que Myrrdin Baratheon posait une main sur l’épaule du jeune homme comme Père le faisait souvent, l’adolescent se sentait ému.

“Je vous remercie, my Lord. Je ne vous décevrais pas.” déclara-t-il en s’inclinant. Il ne pourrait l’appeler Père pour le moment ; c’était encore trop récent et trop douloureux pour lui. L’appeler Cousin alors qu’ils ne se connaissaient pas  -et surtout, alors que le Lord l’avait adopté- était trop familier. Alors my Lord, cela lui convenait.

“Enchanté de vous connaître, Mestre.” Il l’était ; et il avait hâte de lui prouver qu’il serait un élève studieux et travailleur. Que lui non plus il ne le décevrait pas. Qu’il ne serait jamais un lord brutal et illettré.

Enfin, enfin, le Lord fit signe à sa fille de venir - et Alexander comprit le souci en un instant. Il n’avait visiblement qu’une fille, visiblement il était veuf, ce qui impliquait qu’il ne voulait pas se remarier de sitôt ; à croire que la mort de Mère était bien tombée (même si c’était horrible de se le dire) car cela lui avait permis de dénicher un descendant mâle des Baratheon. C’était intéressé ? Tant pis. Cela valait mieux que son ancienne situation. Sa fille, justement, était prénommée Marian. Elle aussi était une Baratheon jusqu’à la pointe des cheveux ; elle aussi lui ressemblait un peu. Il l’observa lui faire une révérence enfantine, un peu maladroite, mais touchante ; il l’entendit lui souhaiter la bienvenue et son coeur fondit. Il s’accroupit pour essayer de se mettre à sa hauteur, et déclara :

“Merci beaucoup Lady Marian. Mais vous pouvez m’appeler Alex, c’est plus simple.” Ses parents l’avaient surnommé ainsi ; quand il était enfant, c’était beaucoup plus simple pour lui que de déclamer son prénom en entier.

Se redressant, il fit signe au palefrenier d’amener Zéphyr ; il fouilla un instant dans ses sacoches de selle, en tira un paquet bien serré qu’il défit, dévoilant une figurine de bois. Un petit cheval aux lignes simples, mais très bien exécuté. “Un cadeau pour vous, Lady Marian” , réussit-il à dire sans bégayer, les joues un peu rouges de gêne d’être au centre de la scène, alors qu’il lui tendait le précieux objet. Précieux car chargé de souvenirs, pour lui ; c’était un cadeau de Père lorsqu’il avait vu à quel point Alexander semblait aimer les chevaux.

Maintenant, restait à voir comment l’enfant réagirait, et pire encore, son père. En tout cas il estimait n’avoir rien à se reprocher. Il avait fait de son mieux...il pensait. Pas de regrets à avoir ; et pourtant son regard venait chercher celui de l’Intendant Storm, comme s’il cherchait son approbation.
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♔ Héritier des Stormlands
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Dim 15 Avr - 19:22
L'adolescent était bien élevé, Amarei et son époux avaient fait du bon travail. Mais il semblait aussi prendre avec beaucoup de sérieux son tout nouveau rôle. Ce qui était une assez bonne nouvelle, enfin si le petit avait quand même un minimum de confiance en lui. Il faudrait que Myrddin aille se renseigner auprès d'Orphée. Après tout, suite à ces longues semaines de voyage sur les routes c'était le bel intendant qui connaissait le mieux le jeune garçon. Le Lord Baratheon allait lui poser quelques questions, il faisait confiance dans le jugement d'Orphée pour cerner le garçon. Et en beaucoup d'autres choses à vrai dire. De toutes façons les deux hommes devaient s'entretenirent en privés pour des affaires administratives, et aussi comme des amis se retrouvant après une séparation assez longue, et qui avaient beaucoup de choses à discuter.
Myrddin approuva intérieurement en voyant Alexander s'accroupir pour parler à sa fille. Il semblait savoir s'y faire avec les enfants, ou en tous cas les aimer. Bon point pour le jeune cerf. Marian était toujours aussi intimidée, s'accrochant encore aux jambes de son père. Elle leva ses jolis yeux noisette vers son père, tandis que l'adolescent fouillait dans les sacoches de son cheval, Myrddin lui caressa tendrement les cheveux pour la rassurer gentiment, un sourire plein de tendresse sur les lèvres. Par les Sept comme il aimait cette enfant, plus qu'il ne l'aurait jamais cru possible. Alexander revient avec une figurine de cheval. Un petit cheval en bois, tout simple, rien de fastueux dans l'équidé. Mais c'était indéniablement du travail bien fait, très bien fait même, et l'oeil de Myrddin reconnaissait la patine du temps et de l'affection. Le jouet avait été utilisé de nombreuses fois et grandement chéri, le geste n'en devenait que plus touchant et marquant encore. Le Lord Baratheon ne pouvait rester insensible face à ce geste, il était clair que le jouet avait une grande, une immense, valeur sentimentale pour le jeune garçon. Il nota aussi le rouge sur les joues de l'adolescent, il n'aimait visiblement pas être au centre de l'attention. Il allait pourtant devoir s'y faire. Aussi, lorsque sa fille leva les yeux vers son père pour voir si elle pouvait accepter, il la poussa doucement dans le dos. La fillette s'approcha un peu timidement, encouragée par son père prenant doucement entre ses petites menottes la figurine et la regardant avec un grand sourire sur son mignon petit visage. Elle trouvait le cheval très beau, alors elle offrit à Alexander le plus beau de ses sourires, sa crainte envolée avec cette vélocité qu'ont les jeunes enfants à la faire fuir.

-Merci, Lord Aleck. C'est un très noli neval ! Je l'aime beaucoup !

-C'est un très beau geste, Alexander. Tu en prendras soin, Marian.

-Oui, promis papa. Il a un nom le neval, Lord Aleck ?

Myrddin eu un petit sourire et il attendit que les deux enfants aient fini leur échange autours de la figurine avant de parler. Il trouvait le fait qu'ils s'appellent par leurs titres à la fois adorable et comique. Néanmoins assez étrange au vu de la situation, soupçonnant que le jeune Alexander ne prendrait sans doute pas l'initiative avant un moment, et certainement pas devant lui, Myrddin décida de donner ouvertement son accord.

-Mes enfants, vous pouvez vous appeler par vos prénoms.

Ensuite Myrddin ordonna qu'on aille porter les affaires de son cousin dans ses appartements, qu'ils avaient fait préparer quelques jours auparavant. Et que l'on prépare un repas chaud, Orphée et le jeune garçon devaient être épuisés et affamés après une si longue chevauchée. Et il se rappelait que les jeunes garçons de l'âge d'Alexander pouvaient avoir des appétits d'ogre.
Myrddin prit sa fille dans ses bras pour poser un baiser sur son front, la petite allait rester avec sa nourrice jusqu'au repas. La fillette offrit un grand sourire à son père, Alexander et Orphée en agitant sa menotte droite, gauche serrant le cadeau du jeune garçon contre sa poitrine tandis que sa nourrice l'emmenait.

-Allons nous installer à l'intérieur, vous devez être affamés tous les deux.

Le Lord Baratheon guida l'adolescent à travers les couloirs de la forteresse jusqu'à la grande salle d'Accalmie. Tout aussi imposante que le reste de la demeure, avec ses grande et longues tables prévues pour accueillir toute la maisonnée du château, les tappiseries aux murs et les étendars des Baratheons suspendus au plafond. Il y avait quelques personnes, en petit groupes qui profitaient d'un moment de répit pour manger un peu, jouer aux dés, discuter, voir tout celà à la fois. Quelques enfants jouaient à chat, courant de bancs en bancs en riant. Quelques uns des convives tournèrent leurs regards vers leur seigneur, son jeune héritier et l'intendant qui entrèrent dans la pièce. Mais ils s'en détournèrent vite, bien que quelques curieux continuent de jeter des regards en coin sur l'adolescent, s'efforçant néanmoins d'être discrets.
Le Lord s'asseyat devant l'immense âtre de la salle.

-Je suis content que votre voyage se soit passé sans encombre. Je dois avouer que j'ai craint que les Connington ne tentent quelque chose. Même si le fait tu faisses partie de l'escorte, Orphée, m'a bien rassuré quant au fait qu'ils s'en mordraient les doigts…

Myrddin offrit un bref sourire complice au bel intendant, avant que les serviteurs n'apportent le repas pour lui et Alexander avec un pichet de bière coupée à l'eau et trois hanaps. Une fois, les écuelles posées devant les deux voyageurs et les serviteurs partis Myrddin se tourna vers le jeune adolescent, un air grave sur le visage.

-Alexander, je suis désolé pour tes parents. Je n'ai guère connu Amarei, et encore moins ton père, mais je peux comprendre ta douleur. J'espère que tu pourras faire d'Accalmie ton nouveau foyer.
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Lun 16 Avr - 17:19
Orphée observait la rencontre entre Marian et Alexander sans mot dire, mais un sourire tendre et amusé dessinait sur le visage. La gamine était tellement amusante, collait ainsi dans les jambes de son père et toute intimidée par le grand gaillard qui lui faisait face. C’était attendrissant. L’adolescent eut la bonne idée de se baisser pour être à la hauteur de sa cousine et lui parla calmement. Il avait l’air de savoir comment faire avec les enfants, ça lui faisait un bon point. Puis il fouilla dans les sacoches de sa selle pour en sortir une jolie petite figurine de cheval sculptée dans le bois pour l’offrir à la petite fille, qui changea radicalement de comportement. Cela rappela à l’intendant qu’il avait lui aussi un cadeau pour la fillette, mais cela attendrait. Orphée remarqua le regard de l’adolescent, qui semblait chercher son approbation, et lui fit un clin d’œil en souriant gentiment pour lui signifier qu’il avait bien agi. L’intendant s’amusa de cette réaction de la part d’Alexander. Cela dit, c’était une preuve flagrante de manque de confiance en lui. Le gamin devrait apprendre à gagner en assurance rapidement et Orphée y veillerait.

Myrddin mit fin à la touchante scène qui se déroulait entre ses deux enfants en ordonnant qu’on emmène les affaires d’Alexander dans ses quartiers et qu’on prépare à manger pour les voyageurs. Orphée mentirait s’il disait qu’il ne mourait pas de faim. Le Lord suzerain confia sa fille à la nourrice. La petite Lady salua tout le monde de sa petite main tout en souriant joyeusement à son père, à Alexander et à l’intendant, qui lui répondit d’un petit signe de main et d’un sourire. Puis Myrddin convia son héritier et son ami à l’intérieur. Orphée laissa son Lord suzerain faire la visite des lieux à son cousin, marchant à quelques pas derrière eux. Il était content d’être rentré. L’ambiance chaleureuse qui régnait ici, la présence des gens du château, tout cela lui avait manqué. Il lui avait manqué. Mais ça, le bâtard Swann n’en dirait jamais rien à qui que ce soit. Ils arrivèrent à la grande salle où étaient installés quelques personnes, occupés à manger, discuter ou jouer aux dés. Tous les regards se braquèrent sur les nouveaux arrivants et le silence se fit quelques instants avant que le doux brouhaha ne reprenne. Le trio alla s’installer au fond de la salle, près de la cheminée. Orphée s’assit sur le banc, tentant de cacher sa lassitude au mieux.

« Je suis content que votre voyage se soit passé sans encombre. Je dois avouer que j'ai craint que les Connington ne tentent quelque chose. Même si le fait tu fasses partie de l'escorte, Orphée, m'a bien rassuré quant au fait qu'ils s'en mordraient les doigts… »

Orphée lui rendit un sourire tout aussi complice.

« Je craignais aussi qu’ils ne tentent quelque chose contre le jeune Lord. Je t’avoue d’ailleurs que je suis surpris qu’ils n’aient rien essayé. Cela dit, je le leur aurait fait regretter de la pire façon qui soit… »

Le regard d’Orphée s’assombrit un instant et un petit sourire sadique étira ses lèvres. Son air sombre disparu à l’instant où les serviteurs amenèrent les plats et servirent les deux nouveaux arrivants. L’intendant commença à manger, affamé qu’il était, et Myrddin présenta ses condoléances à Alexander et lui souhaita de se sentir comme chez lui à Storm’s End. Orphée se servit de la bière et en proposa à l’adolescent, un petit sourire en coin.
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♔ Main droite & Intendant de Myrddin Baratheon
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Jeu 19 Avr - 13:37
Alexander se détendit imperceptiblement quand l'Intendant Storm lui fit un clin d'oeil en souriant.Non il n'avait pas commis d'erreur, quelqu'elle soit ; au contraire, même. Voilà qui lui rassurait beaucoup. Il avait eu peur l'espace d'un instant , mais au fond..Un cadeau ne pouvait pas être trop mal pris, non ? Enfin sauf s'il était vraiment médiocre, ce que n'était pas cette figurine. C'était un simple jouet pour un enfant, pour un jeune enfant même ; mais c'était un bon artisan du Val qui l'avait réalisé et cela se voyait. Le bois était de qualité, les lignes de l'équidé précises et bien réalisées malgré leur simplicité. Cela avait été un geste très spontané. Il n'avait pas ramené son ancien jouet avec l'intention de lui donner, mais cela lui était venu en voyant Marian - et c'était un bon geste. Le sourire de la petite fille le lui prouvait largement, et il se sentit lui sourire gentiment en réponse.  Qu'il était heureux que cela lui plaise ! Qu'il était soulagé, même ! Lui qui ne sentait pourtant pas toujours forcément à l'aise avec les enfants - il avait réussi à faire sourire Marian, à lui faire oublier à quel point il l'impressionnait! Il ne se sentait pas peu fier sur le coup. Et mieux encore, Lord Myrrdin lui aussi approuvait son geste et lui faisait clairement comprendre ; il le reconnaissait à haute voix même. Alors il osa lui sourire aussi, mais pas le même genre de sourire. Plus discret. Plus réservé, mais bien là, et plein de reconnaissance. Avant de s'intéresser de nouveau à la petite fille qui lui adressait de nouveau la parole - et de sa propre initiative s'il vous plaît !

 "Non, il n'a pas encore de nom..."  (Il prit ensuite un faux air de conspirateur, se penchant à nouveau vers l'adorable tête brune.)  "Par contre, je crois qu'il a très hâte qu'on joue avec lui !"

Il lui fit un petit clin d'oeil malicieux., un nouveau sourire lui montant au visage.  Il en faisait sans doute un peu trop mais au moins il s'amusait. Pour la première fois depuis que Père et Mère étaient morts, il arrivait à oublier l'espace d'un instant sa peine., à être de nouveau presque lui-même. Un peu réservé, cela ne risquait pas de changer, mais souriant, droit dans ses bottes, et spontané.  Juste pendant un instant, il se prit à penser que peut-être sa vie à Accalmie allait agréable. Et pourtant il se sentit se figer pendant quelques secondes lorsque le Lord Myrrdin prononça les simples mots " mes enfants". Cela n'avait l'air de rien et pourtant il sentit comme un pincement au coeur. C'était encore récent, trop récent, il ne pouvait pas oublier ce qu'il s'était passé ; il avait en plus presque oublié qu'il était désormais son fils. Une pensée étrange, presque étrangère ("Je ne suis le fils que d'un seul homme", hurlait une voix en lui ), qu'il s'efforça de repousser. Il ne devait pas songer ainsi, il ne devait pas se comporter comme un petit ingrat, sinon c'était bien la preuve qu'il ne valait rien, comme on le lui avait sous-entendu assez souvent ; alors il se reprit. Il devait essayer d'avancer ; garder ses parents dans son coeur mais pas dans son jeune esprit. Aussi difficile que cela soit. Lord Myrrdin avait été déjà été bien bon de l'accueillir ici alors que rien ne l'y obligeait.

Comme il le prouva à nouveau en ordonnant qu'on amène ses affaires dans les appartements qu'on avait fait préparer à son intention. Nouvelle bonté à son égard qu'il n'était pas sûr d'avoir mérité de quelque manière que cela soit... Mais il se secoua ; les pensées maussades, c'était quand il était seul, pas alors qu'il rencontrait son cousin, bon sang ! Surtout alors que Marian s'en allait avec sa nourrice, non sans leur adresser des au revoir de sa main libre, auxquels il répondit. Cette petite avait le don de lui remonter le moral, c'était incroyable. Elle arrivait même à faire sourire le Lord qui pourtant semblait si imperturbable, et ce n'était pas peu dire. Il lui paraissait tellement plus..accessible. Peut-être qu'un jour, lui aussi il le regarderait avec affection, mais pourtant Alexander savait qu'il n'avait le droit de rien espérer. Du respect oui. De l'affection..C'était beaucoup demander de la part de l'homme qui ne l'avait pas engendré, ni élevé.

Il le suivit docilement à travers les couloirs du château, admirant l'architecture de l'endroit, jusqu'à ce qu'ils arrivent à la grande salle. Celle-ci était tout aussi majestueuse que le reste de l'endroit, décorée par de nombreuses bannières au cerf.  Ses armoiries désormais, devait-il se rappeler. Et pourtant la salle n'était pas vide, alors qu'il aurait tellement préféré. Lord Myrrdin était devant lui, ouvrant le chemin, le recouvrant de son ombre protectrice, et pourtant il sentait le poids de milliers de questions à son sujet, le poids de milliers de regard. Qui était-il, cet adolescent dégingandé, qui ressemblait de façon suspicieuse à un Baratheon? Que faisait-il là ?  Il baissa à nouveau le regard, les joies cramoisies, trouvant brutalement un grand intérêt à l'observation du bout de ses bottes - qui auraient bien besoin d'un cirage d'ailleurs. Finalement ils s'assirent au calme - devant l'âtre, et le lord exprima son soulagement quant au fait qu'ils soient arrivés sans encombre - et l'Intendant Storm répondit d'une manière..étrange. A croire qu'il s'agissait d'un tout autre homme que celui qui lui avait adressé la parole dans le Val.

 "Les Connington ?" ne put-il s'empêcher de demander.  Cette maison pose problème ? Au point que je doive m'inquiéter pour ma vie ?" Une pause, avant qu'il ne réagisse l'énormité de ce qu'il venait de faire : interrompre une discussion entre adultes. C'était irrespectueux, c'était mal.  "Si je puis poser la question, bien entendu."  ajouta-t-il à nouveau, le regard de nouveau fixé sur ses bottes.

Histoire de parachever son malaise, le Lord lui présenta ses condoléances. On  y venait,il s'y était attendu ; et pourtant cela lui faisait toujours aussi mal.

 "Merci, my Lord,"  ne put-il que répondre d'une voix mal assurée.  "Je vous remercie déjà de votre bonté à mon égard..."

Alors qu'il aurait probablement dû en dire plus et plus joliment, il se trouvait incapable de parler davantage, la gorge serrée, le coeur douloureux et son estomac qui commençait à se réveiller à son bon souvenir, mais il espérait que le lord comprendrait son intention.
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Jeu 19 Avr - 18:29
Myrddin eut un sourire entendu à la réponse de son intendant, il n'en attendait pas moins de lui. Le Lord savait que le beau blond pouvait se montrer cruel contre les ennemis de sa Maison, et au vu de la situation actuelle il s'agissait plus d'une qualité fort appréciable plutôt qu'un défaut.  Orphée était un soutien de choix, le jeune homme faisait un travail efficace et soigné, son intelligence et son esprit vif étaient aiguisés et redoutables, sans parler de ses talents martiaux. Et surtout, c'était un ami proche pour le Lord suzerain, il appréciait la compagnie du bâtard Swan. Sa conversation, ses beaux yeux dorés, l'éclat de ses cheveux dorés et de leurs reflets roux, le sourire qui s'étirait sur ses lèvres en entendant une bonne plaisanterie, sa fossette quand il riait, le plis entre ses sourcils quand il réfléchissait à un sujet qui le tracassait.  S'il le pouvait il lui prendrait la main, et il caressait chacun de ses délicats doigts, comme il mourrait d'envie de tracer le dessin de la machoir d'Orphée de sa main. De goûter ses lèvres, mais il ne pouvait pas. Alors il refoulait ses élans loin en lui, n'en laissait rien paraître de son mieux. Jamais il n'avait ressenti cela pour quelqu'un, les émois qu'avait  éveillé en lui Destan des années plus tôt lui semblaient bien fades en comparaison avec le brasier grandissant en lui.
Il nota qu'Alexander semblait intimidé par la présence de la domesticité dans la Grande Salle, il se demanda si le jeune garçon était timide de nature ou s'il n'avait pas vécu quelque événement traumatisant dans la famille de son père. Si tel était le cas Myrddin aurait des comptes à régler un jour ou l'autre avec ceux-ci… En comptant les intérêts. Alexander était désormais un membre de sa famille, son fils, et le Lord ne tolérait pas qu'on maltraite ses proches. Dans tous les cas il allait falloir donner un peu de confiance en soi à cet enfant, cela serait certainement long, il faudrait de la patience et donner au fils d'Amarei un environnement propice. Et justement Myrddin comptait sur les années à venir pour faire du garçon un futur Lord digne de son rang, il avait aussi une grande patience (en général) et surtout il comptait l'élever comme s'il s'agissait de son propre fils. Enfin, autant que faire se peut.

"Les Connington ? Cette maison pose problème ? Au point que je doive m'inquiéter pour ma vie ? Si je puis poser la question, bien entendu."


Le dragonnier ne put retenir un léger haussement de son sourcil droit lorsque l'adolescent laissa sortir sa remarque étonnée. Ainsi donc il n'était pas au courant de la situation de guerre ouverte des Connigton contre la Couronne et les Baratheon, cela faisait pourtant deux ans que la situation s'embourbait dans un marasme putride. Et puis, même si le gamin n'avait rien su de la situation des Stormalnds avant de quitter son ancien foyer, Myrddin aurait cru qu'Orphée aurait prit la peine d'exposer la situation à Alexander. Sauf si ce dernier n'avait pas posé de questions et que l'intendant n'ait pas voulu lui ajouter un sujet de tracas supplémentaire. Voilà qui semblait plus que plausible, dans tous les cas il ne pouvait pas cacher plus longtemps au garçon toutes les implications de sa situation. On peut dire que ça risquait d'être une sacrément belle surprise, et pas vraiment dans le bon sens du terme. Et il allait vraiment falloir donner à ce garçon un peu d'assurance, Myrddin doutait grandement de l'attrait objectif du bout des bottes en cuir de son fils adoptif.

-Alexander, tu es parfaitement en droit de poser des questions sur la situation. Tu dois savoir dans quel état se trouve ton foyer.

Le Lord parlait calmement, un air toujours impassible sur le visage.

-On dirait que les nouvelles circulent moins bien qu'on ne le croyait, Orphée.

Il lança rapidement à son intendant un bref petit sourire sur le visage, le sourire de celui qui ne sait s'il rit jaune ou s'il doit trouver une raison de réjouissance. Il verrait plus tard.

-Pour répondre à ta question, Alexander, nous sommes en guerre contre les Connington depuis bientôt deux ans. Les Griffons ont décidés que la Couronne n'était pas assez bien pour eux et que les Cerfs sont des usurpateurs. Je suppose que tu sais qu'avant la Conquête la famille royale des Stormlands était les Durrandon. Et qu'ils ont disparus à la même période, je ne rentrerais pas dans les détails notre mestre serait bien plus exact et exhaustif que moi sur la question, et ravis de t'offrir des éclaircissements si tu le désire. Enfin, même si une alliance a été conclue par un mariage entre Baratheon et Durrandon, pour ces oiseaux butés nous n'avons aucune légitimité. Pas plus que les Targaryens, sur ces terres. Et je peux t'assurer que leur plus cher désir serait de raser Accalmie et de placer sur une pique toutes les têtes des Baratheon et de leurs proches, même celle d'une enfant innocente et sans défense comme Marian.


Les yeux noirs du Lord s'étaient durcis au fur et à mesure qu'il parlait, et lorsqu'il parla du sort que réservait les Griffons à sa fille chérie et à une grande partie des habitants du château, ses iris brûlaient d'une rage froide et d'une douleur contenue. Imaginer les suplices que l'on pourrait infliger à Marian et à Orphée le mettait toujours dans un état déchirant. Et maintenant il devait ajouter Alexander à la liste, c'était son héritier, son fils adoptif, son cousin après tout. Mairon vient apaiser et rassurer son frère d'âme, qui ferma les yeux pour mieux profiter et ressentir les sensations que le dragon lui offrait. Le Lord cajola mentalement le dragon, lui rendant son affection avant d'ouvrir de nouveau les yeux, calmé.

-Oui Alexander, tu peux t'inquiéter pour ta vie. Ils ne sauraient que trop heureux d'égorger un jeune cerf comme toi. Orphée peut te le confirmer, tout comme il peut te confirmer qu'entre ces murs et en sa présence, tout comme en la mienne, tu n'as rien à craindre.

C'était évidemment tout relatif, mais s'il devait la franchise au fils d'Amarei, Myrddin ne trouvait ni excessif, ni fantasque d'offrir un peu de réconfort à l'adolescent. Comme il le faisait pour Marian; après tout l'adolescent était encore jeune.
Et le Lord suzerain des Stormlands savait ce qu'était le deuil, il l'avait déjà expérimenté. Il connaissait la douleur, le vide qui l'accompagnait. Alors il posa une main rassurante, protectrice sur l'épaule d'Alexander. Un geste qui se voulait réconfortant, un geste de soutien.

-Mange, mon garçon le voyage a du t'affamer et t'épuiser. Quand vous aurez fini, Orphée est-ce que tu pourrais lui faire faire un rapide tour du château avant de lui montrer sa chambre, c'est celle qui est juste en face de celle de Marian ? Au moins qu'il puisse trouver le chemin de la Grande Salle à son lit. Ensuite vous pourrez vous reposer jusqu'au souper. Vous en avez besoin.
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