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Follow the northern lights [PV PHOEBE]
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Sullivan Snow

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Patrouilleur / Bâtard Targaryen / Zoman
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Mar 3 Oct - 14:25
Son souffle était court. Ses bottes s’enfonçaient dans la neige dense de cette région reculée du monde. Il louvoyait entre les quelques conifères encore présents, profitant de son élan pour bondir au-dessus d’un arbuste dégarni aux embouts encore givrés par la glace. Sa cape noir corbeau virevoltait derrière lui et le guerrier bifurqua au détour d’un tronc d’arbre déraciné, plaquant son dos contre le bois mort dès qu’il fut de l’autre côté. Ses joues étaient rosies par l’effort et le froid et son cœur battait la chamade. Ses sens étaient en alertes et son poing se resserrait sur le manchon de son épée. Son bouclier rond, où trônait l’insigne de la Night’s Watch, ceignait son bras gauche, protection efficace contre les projectiles qu’il utilisait en permanence. Une buée se formait à l’orée de sa bouche alors qu’il tentait de reprendre son souffle. Où étaient les autres? Son escouade s’était fait prendre de revers par une bande impressionnante de sauvageons alors qu’ils patrouillaient les terres au-delà du Mur. C’était la première sortie de certaines recrues et voilà que les choses s’envenimaient déjà.

Snow déglutissait avec difficulté lorsqu’il songea à Phoebe, qui faisait partie du groupuscule. Ce dernier n’en était pas à sa toute première sortie, toutefois, l’expérience du terrain ne faisait pas encore partie de ses compétences, puisque sa formation n’était pas encore achevée. Où était-il? Il n’était pas tombé, pas vrai? L’inquiétude le taraudait, mais que pouvait-il faire de plus? Sullivan s’était retrouvé séparé du reste du groupe alors qu’il avait tenté de venir en aide à l’un de ses compagnons qui avait été pris de revers, avant de se faire traîner à travers les bois. Malheureusement, lorsqu’il était arrivé à sa hauteur, quelle ne fut pas son horreur la plus totale lorsqu’il remarqua que ce dernier avait été éventré de long en large. Il n’avait rien pu faire… puis avait réalisé rapidement – grâce à l’intervention magique de Pandore – qu’il était pris en chasse par ces foutus sauvageons! La bataille avait fait rage derrière lui, lorsqu’il avait entendu ses compagnons prendre les armes, mais malheureusement, ses propres poursuivants refusaient de le laisser revenir auprès des siens, le prenant pour cible grâce à leurs flèches rustiques.

Si le bâtard du North avait pu éviter les projectiles qui avaient filé en sa direction, il s’était vu dans l’obligation de s’éloigner davantage, sous peine de se faire complètement encerclés par ses ennemis. Et voilà qu’il était maintenant complètement à l’écart des autres. Heureusement, les patrouilleurs expérimentés qui se trouvaient avec les recrues étaient de très bons éléments. Ainsi, ses compatriotes avaient une chance de s’en sortir sans trop de dommages collatéraux. Mais Phoebe… il s’en était sorti, non? Merde! Être dans l’incertitude la plus totale l’éreintait presque autant que cette foutue neige dans laquelle il s’enfonçait à chaque mouvement! Fermant les yeux un instant, le zomane laissa son esprit voguer au-delà de son corps, fusionnant cette dernière avec l’âme de la créature ailée qu’il aimait tant.

Le vent soufflait dans ses plumes et un cri strident jaillit de sa gorge. Il voguait au-dessus des arbres, surplombant une scène de combat qui se déroulait sous lui. Les Frères Jurés se débattaient comme des forcenés contre des sauvageons au caractère intempestifs. La chouette harfang des neiges perdit un peu d’altitude, pressentant le besoin urgent de son maître de voir de plus près ce qui se passait. Avec un brin de réconfort, Snow vit ses compatriotes prendre le dessus sur la mêlée, signe qu’ils n’avaient pas donné leur dernier mot! Toutefois, un doute subsistait : où était Phoebe?! Pandore scrutait le groupe de combattants à la recherche de la tête noire aux reflets bleutés tant désiré par le zomane. Rien. S’était-il enfoncé dans les terres à sa recherche? Comprenant instinctivement le désir de Snow, le rapace blanc quitta la zone de combat et glissa, dans les airs, entre les conifères...

Sulli secoua la tête alors que sa conscience regagnait son corps à la vitesse de la lumière. Sa vision s’éclaira sur la neige qui s’étalait devant lui et ce n’est qu’à ce moment précis qu’il réalisa que des bruits se faisaient entendre, tout près. Quelqu’un approchait. Le bâtard des Stark se campa alors solidement sur ses jambes, puis se tendit comme un arc. Une silhouette contourna l’immense tronc renversé où il s’était planqué et en un clin d’œil, le guerrier du Mur comprit qu’il s’agissait d’un sauvageon.

Ni une, ni deux, il leva son bouclier et fracassa le visage de son ennemi qui tomba à la renverse dans une plainte sourde. Sans plus attendre, Sulli leva son épée et enfonça la lame directement dans la gorge de son poursuivant, puis jura tout bas en entendant trois autres éclats de voix qui fusaient en sa direction. Dans un mouvement sec, il retira sa lame des chairs sanguinolentes de sa victime, puis para le premier coup qui fusait vers sa tête avec son épée. Pendant un bref instant, le jeune homme immaculé écarquilla des yeux lorsqu’il vit l’autre main de son nouvel adversaire foncer vers son flanc, poignard en main, mais eut suffisamment des réflexes pour reculer d’un bond, laissant sa tunique se faire entailler au lieu de son épiderme diaphane. La mâchoire serrée, Snow fracassa le crâne du sauvage avec la tranche son bouclier puis pivota sur lui-même juste attend pour bloquer une flèche qui fonçait directement vers lui. Le projectile s’était fiché directement dans le bois de l’écu qui lui servait de protection. Ouf! Il s’en était fallu de peu!

Sans demander son reste, le patrouilleur détala le long du tronc renversé, puis grimpa une colline tant bien que mal, évitant de justesse d’autres flèches qui fusaient vers lui. Merde, où était ce putain d’archer!? Contournant un conifère de bonne taille, le jeune homme de 20 ans hoqueta de stupeur lorsqu’un autre ennemi atterrit devant lui, ce dernier s’étant jeté en bas d’une branche de l’imposant sapin où il s’était préalablement perché. Un poing fracassa la mâchoire du bâtard du nord, le déstabilisant au point de le faire tituber. Putain, ce connard avait une poigne d’acier! Sullivan se secoua la tête pour reprendre contenance, puis para un coup de hache grâce à son bouclier. Son épée plongea vers le flanc de son adversaire et ce dernier évita au dernier moment, tentant une nouvelle attaque de revers. Le patrouilleur vit venir le coup et pivota sur lui-même, mais ne fut pas suffisamment rapide pour s’éviter une belle entaille dans le bas du dos! La mâchoire serrée, Snow grogna de mécontentement en sentant sa peau se fendre sous l’assaut de son ennemi, mais il savait que cette blessure était, somme toute, bénigne (douloureuse, mais pas dangereuse).

Le gardien de la Night’s Watch enfonça la lame de son épée dans la cuisse de son adversaire, puis, dans un mouvement sec, retira cette dernière pour finalement la plonger directement dans le poitrail du sauvageon. Son ennemi gargouilla sous l’assaut, puis tomba à la renverse, colorant la neige d’une teinte ensanglantée. Sullivan avait le souffle court. La peau de son dos suintait de son essence vitale poisseuse et sa mâchoire élançait. Il devait trouver une façon de revenir auprès des siens!

Lorsqu’il voulut sortir à découvert du conifère où il avait trouvé refuge, le guerrier immaculé dut suspendre son geste, car une flèche vint se ficher directement dans le tronc qui lui servait de protection momentanée. Bon… il ne lui restait qu’à abattre ce connard d’archer, ensuite, il pourrait essayer de rejoindre sa patrouille. Étirant le cou, le jeune homme eu tout juste le temps de voir son ennemi grimper sur le tronc d’arbre renversé de plus tôt avant de voir une nouvelle flèche fuser vers lui. Et merde! Comment allait-il le terrasser sans se faire atteindre? Il ne possédait aucune arme de jet, lui. Son cerveau fonctionna à cent milles à l’heure, cherchant une solution à sa situation désavantageuse, quand il entendit un hurlement provenant de l’archer ennemi. Sa voix, d’abord souffrante, se teinta d’un immonde gargouillis, puis d’un bruit sourd, signe qu’il venait de tomber de son perchoir improvisé. Uh? Que s’était-il passé?

Sullivan prit une grande inspiration, puis jeta un nouveau coup d’œil en direction de l’endroit où gisait le cadavre ensanglanté de l’archer. Une silhouette sombre était penchée sur le bougre, surmontée d’une cape typique aux membres de la Nigth’s Watch. Malgré la luminosité déclinante à l’horizon, le patrouilleur ne put s’empêcher d’esquisser un sourire lorsqu’il comprit enfin de qui il s’agissait : cette chevelure d’obsidienne sertie de reflets de saphirs ne pouvait appartenir à personne d’autre. Phoebe Hill. Le bougre l’avait retrouvé. Peut-être en suivant sa trace dans la neige? Ou alors c’était l’œuvre de Pandore qui l’avait guidé jusqu’à lui? La chouette devait assurément être perchée quelque part, non loin… Le fait est que Snow put enfin se détendre, appuyant le derrière de son crâne contre le tronc du conifère derrière lui. Assurément, d’autres sauvageons viendraient, mais pour le moment, il n’était plus seul contre tous.

- Le grand héro des Westerlands arrive au bon moment pour sauver la donzelle en détresse, pas vrai? Laissa-t-il échapper – depuis sa cachette – à voix haute avec un soupçon d’ironie sans toutefois se montrer aux yeux de son amant. Je vous serai assurément redevable, Sir Hill, fils de Lannister!

Un sourire incontrôlable ceignait ses lèvres fines alors qu’il reprenait son souffle. Levant son regard irisé vers le ciel, Snow remarqua que le soleil était presque totalement couché. Déjà, l’on pouvait voir des reflets verdoyants et violacés virevolter dans les cieux, comme un spectacle magique offert par les anciens dieux de la forêt. Les aurores boréales étaient de toute beauté et il aurait assurément apprécié leur magnificence si leur situation n’avait pas été aussi précaire. Il se sentait si las! Et lentement, le froid s’insinuait dans ses vêtements épais…

- La petite recrue sauve les fesses du guerrier aguerri, c’est presque ironique comme situation, tu ne trouves pas? Ne le dis à personne, car je t’assure que je nierai toute l’affaire en bloc!

Le patrouilleur se redressa, se sentant lourd de fatigue, puis sortit de sa cachette, scrutant les traits du bâtard de l’ouest qui se tenait en bas de la colline qui les séparait. Pho avait l’air éreinté et un peu mal en point, mais somme toute, ce n’était pas si mal… pour une recrue.
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