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Follow the northern lights [PV PHOEBE]

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Mar 3 Oct - 14:25
Son souffle était court. Ses bottes s’enfonçaient dans la neige dense de cette région reculée du monde. Il louvoyait entre les quelques conifères encore présents, profitant de son élan pour bondir au-dessus d’un arbuste dégarni aux embouts encore givrés par la glace. Sa cape noir corbeau virevoltait derrière lui et le guerrier bifurqua au détour d’un tronc d’arbre déraciné, plaquant son dos contre le bois mort dès qu’il fut de l’autre côté. Ses joues étaient rosies par l’effort et le froid et son cœur battait la chamade. Ses sens étaient en alertes et son poing se resserrait sur le manchon de son épée. Son bouclier rond, où trônait l’insigne de la Night’s Watch, ceignait son bras gauche, protection efficace contre les projectiles qu’il utilisait en permanence. Une buée se formait à l’orée de sa bouche alors qu’il tentait de reprendre son souffle. Où étaient les autres? Son escouade s’était fait prendre de revers par une bande impressionnante de sauvageons alors qu’ils patrouillaient les terres au-delà du Mur. C’était la première sortie de certaines recrues et voilà que les choses s’envenimaient déjà.

Snow déglutissait avec difficulté lorsqu’il songea à Phoebe, qui faisait partie du groupuscule. Ce dernier n’en était pas à sa toute première sortie, toutefois, l’expérience du terrain ne faisait pas encore partie de ses compétences, puisque sa formation n’était pas encore achevée. Où était-il? Il n’était pas tombé, pas vrai? L’inquiétude le taraudait, mais que pouvait-il faire de plus? Sullivan s’était retrouvé séparé du reste du groupe alors qu’il avait tenté de venir en aide à l’un de ses compagnons qui avait été pris de revers, avant de se faire traîner à travers les bois. Malheureusement, lorsqu’il était arrivé à sa hauteur, quelle ne fut pas son horreur la plus totale lorsqu’il remarqua que ce dernier avait été éventré de long en large. Il n’avait rien pu faire… puis avait réalisé rapidement – grâce à l’intervention magique de Pandore – qu’il était pris en chasse par ces foutus sauvageons! La bataille avait fait rage derrière lui, lorsqu’il avait entendu ses compagnons prendre les armes, mais malheureusement, ses propres poursuivants refusaient de le laisser revenir auprès des siens, le prenant pour cible grâce à leurs flèches rustiques.

Si le bâtard du North avait pu éviter les projectiles qui avaient filé en sa direction, il s’était vu dans l’obligation de s’éloigner davantage, sous peine de se faire complètement encerclés par ses ennemis. Et voilà qu’il était maintenant complètement à l’écart des autres. Heureusement, les patrouilleurs expérimentés qui se trouvaient avec les recrues étaient de très bons éléments. Ainsi, ses compatriotes avaient une chance de s’en sortir sans trop de dommages collatéraux. Mais Phoebe… il s’en était sorti, non? Merde! Être dans l’incertitude la plus totale l’éreintait presque autant que cette foutue neige dans laquelle il s’enfonçait à chaque mouvement! Fermant les yeux un instant, le zomane laissa son esprit voguer au-delà de son corps, fusionnant cette dernière avec l’âme de la créature ailée qu’il aimait tant.

Le vent soufflait dans ses plumes et un cri strident jaillit de sa gorge. Il voguait au-dessus des arbres, surplombant une scène de combat qui se déroulait sous lui. Les Frères Jurés se débattaient comme des forcenés contre des sauvageons au caractère intempestifs. La chouette harfang des neiges perdit un peu d’altitude, pressentant le besoin urgent de son maître de voir de plus près ce qui se passait. Avec un brin de réconfort, Snow vit ses compatriotes prendre le dessus sur la mêlée, signe qu’ils n’avaient pas donné leur dernier mot! Toutefois, un doute subsistait : où était Phoebe?! Pandore scrutait le groupe de combattants à la recherche de la tête noire aux reflets bleutés tant désiré par le zomane. Rien. S’était-il enfoncé dans les terres à sa recherche? Comprenant instinctivement le désir de Snow, le rapace blanc quitta la zone de combat et glissa, dans les airs, entre les conifères...

Sulli secoua la tête alors que sa conscience regagnait son corps à la vitesse de la lumière. Sa vision s’éclaira sur la neige qui s’étalait devant lui et ce n’est qu’à ce moment précis qu’il réalisa que des bruits se faisaient entendre, tout près. Quelqu’un approchait. Le bâtard des Stark se campa alors solidement sur ses jambes, puis se tendit comme un arc. Une silhouette contourna l’immense tronc renversé où il s’était planqué et en un clin d’œil, le guerrier du Mur comprit qu’il s’agissait d’un sauvageon.

Ni une, ni deux, il leva son bouclier et fracassa le visage de son ennemi qui tomba à la renverse dans une plainte sourde. Sans plus attendre, Sulli leva son épée et enfonça la lame directement dans la gorge de son poursuivant, puis jura tout bas en entendant trois autres éclats de voix qui fusaient en sa direction. Dans un mouvement sec, il retira sa lame des chairs sanguinolentes de sa victime, puis para le premier coup qui fusait vers sa tête avec son épée. Pendant un bref instant, le jeune homme immaculé écarquilla des yeux lorsqu’il vit l’autre main de son nouvel adversaire foncer vers son flanc, poignard en main, mais eut suffisamment des réflexes pour reculer d’un bond, laissant sa tunique se faire entailler au lieu de son épiderme diaphane. La mâchoire serrée, Snow fracassa le crâne du sauvage avec la tranche son bouclier puis pivota sur lui-même juste attend pour bloquer une flèche qui fonçait directement vers lui. Le projectile s’était fiché directement dans le bois de l’écu qui lui servait de protection. Ouf! Il s’en était fallu de peu!

Sans demander son reste, le patrouilleur détala le long du tronc renversé, puis grimpa une colline tant bien que mal, évitant de justesse d’autres flèches qui fusaient vers lui. Merde, où était ce putain d’archer!? Contournant un conifère de bonne taille, le jeune homme de 20 ans hoqueta de stupeur lorsqu’un autre ennemi atterrit devant lui, ce dernier s’étant jeté en bas d’une branche de l’imposant sapin où il s’était préalablement perché. Un poing fracassa la mâchoire du bâtard du nord, le déstabilisant au point de le faire tituber. Putain, ce connard avait une poigne d’acier! Sullivan se secoua la tête pour reprendre contenance, puis para un coup de hache grâce à son bouclier. Son épée plongea vers le flanc de son adversaire et ce dernier évita au dernier moment, tentant une nouvelle attaque de revers. Le patrouilleur vit venir le coup et pivota sur lui-même, mais ne fut pas suffisamment rapide pour s’éviter une belle entaille dans le bas du dos! La mâchoire serrée, Snow grogna de mécontentement en sentant sa peau se fendre sous l’assaut de son ennemi, mais il savait que cette blessure était, somme toute, bénigne (douloureuse, mais pas dangereuse).

Le gardien de la Night’s Watch enfonça la lame de son épée dans la cuisse de son adversaire, puis, dans un mouvement sec, retira cette dernière pour finalement la plonger directement dans le poitrail du sauvageon. Son ennemi gargouilla sous l’assaut, puis tomba à la renverse, colorant la neige d’une teinte ensanglantée. Sullivan avait le souffle court. La peau de son dos suintait de son essence vitale poisseuse et sa mâchoire élançait. Il devait trouver une façon de revenir auprès des siens!

Lorsqu’il voulut sortir à découvert du conifère où il avait trouvé refuge, le guerrier immaculé dut suspendre son geste, car une flèche vint se ficher directement dans le tronc qui lui servait de protection momentanée. Bon… il ne lui restait qu’à abattre ce connard d’archer, ensuite, il pourrait essayer de rejoindre sa patrouille. Étirant le cou, le jeune homme eu tout juste le temps de voir son ennemi grimper sur le tronc d’arbre renversé de plus tôt avant de voir une nouvelle flèche fuser vers lui. Et merde! Comment allait-il le terrasser sans se faire atteindre? Il ne possédait aucune arme de jet, lui. Son cerveau fonctionna à cent milles à l’heure, cherchant une solution à sa situation désavantageuse, quand il entendit un hurlement provenant de l’archer ennemi. Sa voix, d’abord souffrante, se teinta d’un immonde gargouillis, puis d’un bruit sourd, signe qu’il venait de tomber de son perchoir improvisé. Uh? Que s’était-il passé?

Sullivan prit une grande inspiration, puis jeta un nouveau coup d’œil en direction de l’endroit où gisait le cadavre ensanglanté de l’archer. Une silhouette sombre était penchée sur le bougre, surmontée d’une cape typique aux membres de la Nigth’s Watch. Malgré la luminosité déclinante à l’horizon, le patrouilleur ne put s’empêcher d’esquisser un sourire lorsqu’il comprit enfin de qui il s’agissait : cette chevelure d’obsidienne sertie de reflets de saphirs ne pouvait appartenir à personne d’autre. Phoebe Hill. Le bougre l’avait retrouvé. Peut-être en suivant sa trace dans la neige? Ou alors c’était l’œuvre de Pandore qui l’avait guidé jusqu’à lui? La chouette devait assurément être perchée quelque part, non loin… Le fait est que Snow put enfin se détendre, appuyant le derrière de son crâne contre le tronc du conifère derrière lui. Assurément, d’autres sauvageons viendraient, mais pour le moment, il n’était plus seul contre tous.

- Le grand héro des Westerlands arrive au bon moment pour sauver la donzelle en détresse, pas vrai? Laissa-t-il échapper – depuis sa cachette – à voix haute avec un soupçon d’ironie sans toutefois se montrer aux yeux de son amant. Je vous serai assurément redevable, Sir Hill, fils de Lannister!

Un sourire incontrôlable ceignait ses lèvres fines alors qu’il reprenait son souffle. Levant son regard irisé vers le ciel, Snow remarqua que le soleil était presque totalement couché. Déjà, l’on pouvait voir des reflets verdoyants et violacés virevolter dans les cieux, comme un spectacle magique offert par les anciens dieux de la forêt. Les aurores boréales étaient de toute beauté et il aurait assurément apprécié leur magnificence si leur situation n’avait pas été aussi précaire. Il se sentait si las! Et lentement, le froid s’insinuait dans ses vêtements épais…

- La petite recrue sauve les fesses du guerrier aguerri, c’est presque ironique comme situation, tu ne trouves pas? Ne le dis à personne, car je t’assure que je nierai toute l’affaire en bloc!

Le patrouilleur se redressa, se sentant lourd de fatigue, puis sortit de sa cachette, scrutant les traits du bâtard de l’ouest qui se tenait en bas de la colline qui les séparait. Pho avait l’air éreinté et un peu mal en point, mais somme toute, ce n’était pas si mal… pour une recrue.
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Jeu 2 Nov - 17:15
Dites, c’est normal de traiter comme ça les petits débutants fragiles? En les balançant en pleine baston dans le froid mordant des terres au-delà du mur? Et dire que c’était encore l’été… Bon, pour être bien honnête, Phoebe n’était pas particulièrement nouveau… sa formation s’achevait, après plusieurs mois en compagnie de la Garde de Nuit, et bientôt il prêterait son serment. Quant à être fragile, c’était aussi un honteux mensonge, puisqu’il faisait parti des plus doués de sa cohorte (pas pour se venter mais… il avait quand même été éduqué en noble!) Et, tant qu’à jouer vraiment d’honnêteté, on ne l’avait pas vraiment balancé en pleine baston non plus, il aurait dû s’agir d’une simple patrouille, mais ils s’étaient fait prendre dans une embuscade de sauvageons. Mais voilà, Hill aimait bien se plaindre dans la vie. Et puis… c’est vrai qu’il faisait froid!

Ah! Pendant qu’on se plaint, là, aussi bien régler tous les petits détails embêtants tout de suite : en plus de tout le reste, Sullivan avait disparu depuis un bon moment déjà. Rien pour aider Phoebe à se concentrer quoi! Bon, c’est vrai que parfois, la présence du blondinet avait plutôt tendance à le déconcentrer, mais c’était seulement lors des entraînements, quand même, dans une vraie situation de danger, le bâtard de l’ouest savait garder la tête (et sa masculinité) froide! Il faut dire qu’il le devait s’il voulait garder sa tête sur ses épaules… non mais littéralement, car bien que plutôt mal armés, les sauvageons étaient plus nombreux qu’eux et compensaient leur équipement merdique par une volonté de fer et une férocité qui ne faisait pas partie de l’expérience de combat du jeune westerman! Il lui fallait donc évidemment toute son énergie à survivre, mal assisté par ses frères d’armes, tous autant aux prises avec des adversaires coriaces que lui. Entre les quelques secondes d’accalmie dont il disposait entre deux ennemis, Hill ne constatait qu’avec désespoir que Snow n’était nulle part à vue, avant de reprendre ses parades et ses coups pour se défaire du sauvage suivant.

Dos à dos avec d’autres recrues et patrouilleurs expérimentés, chacun surveillait les arrières des autres, mais ils étaient tous cernés, dans un piège qu’ils n’avaient pas vus venir. Par moment, Phoebe désespérait qu’ils arriveraient à éliminer tous les sauvageons qui les encerclaient, même si leur troupe était visiblement plus expérimentée et efficace que l’ennemi. Après tout, le noiraud avait vu quelques uns de ses compagnons tomber, du coin de l’œil, sans savoir si c’était la gorge tranchée ou seulement bien amoché… mort ou vif? Difficile de le savoir, mais leur groupe rétrécissait… heureusement moins rapidement que celui du «peuple libre». Après un temps qui lui paru une éternité, Hill constata enfin que les ennemis au devant de lui n’arrivaient plus… certes, ses compagnons d’armes étaient toujours aux prises avec les leurs, mais droit devant, la voie était libre. Un moment, le jeune homme tergiversa entre aller assister ses frères à se débarrasser des derniers sauvages, ou courir à la recherche de Sullivan. Bien sûr, parce qu’il est un imbécile fini sans la moindre once de jugeote, il fini par choisir la seconde option. Prenant la direction dans laquelle il avait vu Snow disparaître pour la dernière fois, la recrue fila en courant difficilement dans la neige, cherchant les traces laissées par son amant.

C’aurait été simple hein? De juste suivre une piste? Sauf que des traces de pas menaient dans tous les sens, et aucun indice ne lui permettait de distinguer celles de Sullivan par rapport aux autres. Sauvage ou allié? Ce serait brillant s’il tombait dans un autre piège, mais seul cette fois? Qu’est-ce que ça fait exactement de crever, seul et isolé, dans le froid et la neige? Nécessairement qu’Aaron se tordrait de rire en recevant la nouvelle! Pourquoi c’était seulement maintenant qu’il songeait qu’il vaudrait mieux préciser à la Garde de Nuit qu’il ne souhaitait pas que sa famille soit avisée de son décès, le cas échéant? Late Phoebe…Ce n’était pas le moment, pas maintenant, alors qu’il courrait au hasard dans l’immensité immaculée, de se soucier de son testament, il y avait une autre vie en jeu! Et toute sa libido également…

Non mais… il faut penser à ça aussi… Sans Sullivan dans la Garde, qu’est-ce qu’il foutrait là, lui? Ou qu’est-ce qu’il fourrerait là?

Bon franchement il se sentait un peu idiot dans son plan merdique, qui risquait fort bien de se transformer en catastrophe. Soit il se perdait pour de bon, à errer au hasard à la recherche de Sullivan, et mourrait de froid et de fatigue, une perceptive particulièrement réjouissante, ou alors il se ferrait repérer par des ennemis en fuite et mourrait en défendant sa vie. La seconde option, bien que plus héroïque, ne l’enchantait guère… on lui avait raconté que les sauvageons aimaient manger les entrailles de leur victime encore chaude… Bon, c’était peut-être des contes pour effrayer les enfants, mais un doute persistait (il n’y a pas beaucoup de nourriture au-delà du mur!) et il ne tenait franchement pas à vérifier les faits.

Heureusement, comme une réponse des Dieux, anciens et nouveaux, à sa folle détresse (ou parce qu’elle est plus brillante que lui, au choix) Pandore lui apparut entre deux nuages aussi cotonneux que la neige, qui rendait l’horizon difficile à distinguer du ciel. D’ailleurs, la chouette était tout aussi difficilement repérable, outre ses petites taches noires, mais son cri attira l’attention de Phoebe, qui soupira de soulagement en songeant qu’elle au moins avait sût le retrouver. Puis, Pandore fila en direction du nord (enfin de ce que pouvait deviner le westerman qui commençait à être un peu perdu), tournant régulièrement en rond pour signaler au noiraud de le suivre. Sullivan était-il dans le pétrin et avait envoyé son oiseau quérir des renforts? Ragaillardit par l’espoir que son amant était vivant et qu’il avait besoin de son aide (et avouons le, par le velours que ça lui ferait d’être un héro), Hill puisa dans ses restes d’énergie pour courir dans l’épaisse et lourde neige, à la suite de la chouette.

Après un moment de course effrénée, des sons de bagarre commencèrent à lui parvenir. Prudent, bien qu’inquiet, Phoebe prit la peine de ralentir un peu pour rendre son souffle inaudible, et commença à chercher à masquer sa présence en passant d’un conifère à l’autre. Ce foutu uniforme de la Garde de Nuit, ce n’est pas particulièrement brillant… noir sur blanc, quel meilleur moyen pour se faire une cible évidente! Heureusement, les sauvages du coin semblaient déjà avoir leur cible (ou malheureusement, puisque c’était certainement Sullivan), et le noiraud ne se fit pas embêter jusqu’à ce qu’il puisse voir la raclée que mettait Snow à ses adversaires. Bon, c’aurait été plus flatteur de préciser que son amant s’en sortit indemne, mais on ne pouvait pas négliger la bonne droite qu’il se prit dans la gueule et l’entaille dans le bas de son dos. Hill du se faire violence pour rester discret, même si l’envie ne lui manquait pas de hurler à ce lourdaud de laisser son copain tranquille… Il allait le lui briser s’il continuait comme ça!

De l’angle où il était, Phoebe voyait à la fois l’archer, perché sur le tronc d’un arbre tombé, et Sullivan qui abattait enfin son ennemi derrière un autre arbre. Comme le sauvageon à l’arc tenait en en joue l’abri de Snow, il était facile de savoir que celui-ci ne pourrait en sortir sans se faire tirer. Malheureusement, Hill ne pouvait donc pas signaler sa présence à son amant sans se faire repérer par l’autre, alors il entreprit de contourner, bien caché derrière les arbres, pour arriver par derrière l’archer. Pas assez vite à son goût, toutefois, avant qu’il n’eut atteint sa cible, le westermen entendait déjà fuser une flèche. Son cœur manqua un battement alors qu’il levait vivement la tête pour vérifier qu’il n’avait pas touché sa cible, mais coup de chance, son blondinet préféré avait eu la présence d’esprit de se recacher immédiatement. Quelques secondes plus tard, le noiraud levait son épée, qu’il n’avait jamais rengainé pour éviter le bruit qu’occasionnerait de la ressortir, et visa pile à la hauteur de ses yeux…

Il faut savoir que se situant dans une faible pente et le sauvageon étant monté sur un tronc de plus de deux pieds de circonférence, la lame du garde de nuit s’enfonça profondément dans err… ses intestins, disons, mais par le mauvais sens. Ouais… il l’avait enculé avec sa lame. Ça l’aurait presque fait rire si la situation n’avait pas été si stressante et si Phoebe avait été moins inquiets de l’état de Snow… Justement, parlant de celui-là, s’il avait l’audace de raconter cette histoire à leurs frères d’armes, son agréable surnom «d’enculeur de l’ouest», qui courrait déjà beaucoup trop dans les rangs, allait prendre un tout autre sens… Le tortionnaire de Sullivan s’effondra comme une pierre dans la neige, et Hill se pencha rapidement sur lui pour l’achever convenablement, sa lame en pleine gorge. Sauvage ou pas, le bougre devait être en train de souffrir le martyr et personne ne mérite une chose pareille. Lorsqu’il se redressa pour regarder vers l’arbre derrière lequel se cachait son amant, il remarqua que celui-ci, intrigué par le bruit, avait momentanément sorti le bout du nez de son refuge et, malgré la pénombre, un sourire assez évident trônait sur ses lèvres. D’accord, finalement, peut-être que la situation était amusante à dire vrai. Il aimait l’image de son compagnon en tant que demoiselle en détresse, même si ça faisait bizarre à avouer, même dans sa tête.

-Arrête, tu aimes ça être la donzelle j’en suis certain, se moqua Phoebe en s’approchant du conifère où c’était à nouveau caché son ami.

Puis, Hill feignit un malaise et prétendit bruyamment être en train de vomir toutes ses entrailles dans la neige pour montrer son mécontentement d’être appelé fils de Lannister. Avait-il vraiment besoin de se faire appeler fils de Targaryen pour comprendre? En revanche, il n’était pas contre quelques redevances à son égard… Vivement qu’ils rentrent à Castle Black pour recevoir le fameux remerciement! Mais pour l’instant, son propre état le dégoûtait, son manteau, bien que noir, laissait paraître des taches encore plus sombre… et gluantes. Phoebe ne voulait même pas penser à ce qui couvrait ses vêtements. Le sang, ce n’est pas si mal, ce sont les autres immondices qui sortent des tripes des morts qui le répugnaient. Il en avait éventré plus d’un, là-bas, dans le guet-apens.

-Encore faudrait-il que quelqu’un me croit de toute façon! Et puis la façon dont j’y suis arrivé n’était pas franchement glorieuse, je préférerais ne pas avoir à raconter ça à personne, ça va juste aggraver ma réputation… marmonna Hill tout en comblant la distance qui le séparait de Snow, qui sortait de sa cachette à cet instant. Alors la tienne devrait encore rester intact un moment… sauf si on se fait prendre ici. Hey, tu réalises que ça pourrait presque être un scénario vraiment romantique, si on n’empestait pas tous les deux la mort et que t’étais pas blessé? se moqua-t-il, pour ne pas montrer son inquiétude, en remarquant le sang qui coulait du dos de son amant dans la neige.

Ça aurait pu être simplement celui de ses ennemis, mais Phoebe avait vu le combat et, sans pouvoir deviner la gravité de la blessure, se doutait que ce n’était pas une petite écorchure. Sans demander son avis à Sullivan, Hill agrippa le manteau de son amant pour regarder en dessous, le retournant de force de sorte de bien voir la plaie à la lumière faiblarde des aurores boréales et du coucher du soleil. Bon, ce n’était pas si terrible, il n’aurait même pas besoin d’être recousu juste bien bandé… euuuh bien pansé, et ça guérirait facilement.

-T’as une chance de cocu, et pourtant tu l’es pas, c’est à n’y rien comprendre! Y a presque rien, elle était de bois son arme ou quoi? essaya de blaguer nerveusement le westerman pour se détendre. Bon, bouge pas je vais te couvrir ça temporairement, on regardera mieux une fois en sécurité.

Déchirant un morceau de la tunique de Sullivan, qui était déjà passablement en lambeaux de toute façon, Phoebe essaya de ne pas penser à la situation plus agréable au cours de laquelle il aurait préféré lui arracher son linge, tout en lui faisant un bandage de fortune. Puis, d’une claque dans le dos qui se voulait virile, il lui signala qu’il avait terminé.

-Nos comparses étaient encore en train de se battre quand je suis parti à ta recherche, on devrait aller vérifier que tous vont bien, même si on était clairement en train de prendre le dessus avant mon départ. Et puis on a pas tellement le temps de poireauté, sinon ta réputation aura du mal quand même, donzelle en détresse ou pas… roucoula-t-il en lui adressant un clin d’œil entendu avant de prendre les devants. Si t’as besoin d’aide pour marcher tu me préviens hein? Je veux bien me reconvertir en béquille si cela m’octroi des droits de redevance, n’importe quand mon cher!

À peine eurent-ils fait quelques pas que Phoebe sentit un poids s’abattre sur lui. Rien qu’à l’odeur (pas son parfum personnel, mais les effluves répugnants du combat qu’il dégageait) il savait reconnaître Sullivan. Vraiment, c’était le moment pour une petite vite dans la neige? Même si, en d’autres circonstances, Hill n’aurait jamais dit non, outre qu’ils sentaient tous les deux le charognard, il y avait aussi le facteur «froid glacial» à prendre en compte. Seulement, avant qu’il ait le temps de protester, le westerman entendit siffler une flèche au-dessus d’eux, puis se ficher mollement dans le sol. Oh…

-C’est qui la donzelle maintenant? gloussa Phoebe en se sentant quand même un peu stupide… Il avait probablement parlé trop fort et avait attiré l’attention sur eux. Merde y en a combien des comme ça? Je commence à en avoir plein le cul.

Tsts… papa n’aurait pas été fier de l’entendre parler comme ça. Err… si papa avait déjà été fier dans sa vie ! Hill se releva péniblement, empoignant son arme alors que trois autres sauvages, un peu trop suicidaires, courraient vers eux. Bon, ils étaient tous les deux épuisés et en mauvais état, et ce surplus de confiance n’était généralement pas bon signe, mais Phoebe était incapable de ne pas les trouver idiots. Ils avaient eu l’avantage en gardant leur distance et leurs arcs, mais avaient choisi de dégainer leurs armes de corps à corps pour une baston bien sanglante. Tant mieux pour les corbeaux.

-T’es encore en état, mon frère? demanda-t-il en se dégainant avec un soupir, sans avouer que lui-même se sentait au bout du rouleau. On va finir par s’en sortir un jour ou l’autre, bon sang? Et les autres qui en ont peut-être même pas encore fini… hey, si on peut étirer ce combat le plus longtemps possible, ça me fera plaisir, question de pas être trop pressés de rejoindre les autres. maugréa-t-il, toujours aussi peu volontaire. Bon, prêts pas prêts on y va, y semblerait!
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