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L'or du Lion rencontre la Tigresse de la Banque

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Sam 16 Sep - 21:05
Près de trois mois. C’est le délai que la Banque de Fer de Braavos imposa à la maison dirigeant Casterly Rock avant que Sheireen n’en franchisse enfin la porte. D’abord, après la réception de la missive, il avait fallu attendre la prochaine réunion du Conseil, délibérer sur la pertinence de cette escapade en Westeros (surtout en des temps si difficiles pour Essos…) et choisir un volontaire. Si la première décision avait été particulièrement ardue à prendre (parce que oui, cela représentait un voyage d’environ deux mois, bien que ce fut pour conclure une entente avec la plus riche des maisons de l’ouest, il fallait évaluer les coûts engendrés par ces déplacements!) la seconde avait été encore pire. La jeune lady Nestoris s’était immédiatement proposée, beaucoup trop enthousiaste d’aller explorer le monde, elle qui était toujours restée cloîtrée dans sa ville natale, «pour sa protection», disait son père. Seulement, Ézekiel lui sortait justement le même argument… «Pour sa protection», il refusait qu’elle y aille.

Et pourtant, ne la décrivait-on pas comme étant l’une des plus féroces en affaires, même si tendre du cœur? C’était d’ailleurs Sekhivar lui-même qui l’avait qualifiée de «tigresse» lorsque venait le temps de prendre en main la fortune familiale et les décisions du Conseil de la Banque. La jeune femme argumenta longuement, toujours confrontée à un non catégorique, et la séance se leva dans un dossier non-clos, chose plutôt rare pour les habitudes des porteurs de clés. Particulièrement froissée qu’il lui eut refusé l’honneur de représenter leur organisation, Sheireen avait quitté les lieux sans un regard à Ézekiel. Elle s’en était rapidement voulu, considérant son attitude inacceptable envers l’homme pour lequel elle éprouvait de si tendres sentiments, et s’était reprise à la réunion suivante, plus de deux semaines plus tard, à laquelle ils devaient officiellement conclure l’affaire. Cette fois-là, elle joua plutôt sur sa tendresse plutôt que sur l’argumentation, déclenchant quelques œillades entendues entre les autres porteurs de clés présents, qui devaient certainement commencer à se questionner de quel genre d’affaires unissaient les deux protagonistes. Malheureusement, quel que fut les supplications («J’ai toujours rêvé de voyager, ne m’enlevez pas ce plaisir!»), les promesses («Je serai prudente, et puis vous laisserai choisir ma garde!») ou les regards mouillés accompagnés de sourires charmeurs, la ballerine n’arriva pas à gagner.

Ainsi, lorsqu’elle fut rentrée chez elle, la jeune femme écrivit elle-même la réponse à adresser à Ser Lannister, jetant maints brouillons au travers son bureau personnel, avant d’être enfin satisfaite. Déjà un mois que le conseil avait reçu la «convocation» de l’héritier de Casterly Rock, et même si elle-même trouvait qu’il aurait pu se montrer moins dur (après tout, il fallait quand même au minimum trois longues semaines de route, si le temps et les vents étaient de leur côté, pour atteindre les westerlands!) elle considérait que c’était folie d’éterniser son attente. Elle envoya donc sa missive sans la permission de son Sealord, et entama les préparatifs de son voyage, choisissant elle-même les gardes, qu’elle allait payer de sa propre fortune, certaine qu’elle sortirait enrichie de cette rencontre avec Aaron de toute façon. Bien sûr, parce qu’il est le maître de Braavos et a des yeux et des oreilles partout dans la cité, Sekhivar découvrit les cachoteries bien avant qu’elle ait pu partir, et tenta à nouveau de l’en empêcher. Seulement, elle était déterminée, à lui prouver qu’il avait tord, comme elle se plaisait à le faire depuis cette fameuse soirée qu’il avait daigné passer en sa compagnie. En véritable «tigresse», elle lui fit comprendre qu’elle partirait, avec ou sans son gré, bien qu’elle aurait préféré avoir sa bénédiction, qu’elle en avait trop envie et n’avait plus le cœur de rester cloîtrée dans leur cité alors que le monde l’appelait. Que cela était nécessaire à sa «quête de bonheur». Quelques jours plus tard, elle quittait le port, non sans remarquer de nombreux changements et ajouts à sa garde, et avec un petit sourire victorieux aux lèvres, laissa son regard traîner vers l’arrière jusqu’à ce que Braavos ne soit plus visible à l’horizon…




Plus d’un mois de délibérations, près d’un mois de préparation et presque autant pour s’y rendre, lorsque Sheireen traversa les portes de la cité des Lannister, elle espéra que les affaires n’étaient pas déjà ruinés par les délais non respectés, bien que la demande d’Aaron frôlait l’irréalisme. Après avoir traversé à bateau la Narrow Sea, entré dans les Crownlands par la Bay of Crabs et vogué sur le Trident et la Red Fork jusqu’à sa toute fin, la jeune femme et sa garde n’avaient eu plus que quelques jours de cheval (notez ici carrosse pour la noble dame) avant d’atteindre leur objectif. Richement vêtue de ses soies les plus colorées et parée de bijoux d’une beauté et d’une délicatesse qui n’ont d’égale que sa propre splendeur, Lady Nestoris se fit annoncer au Maître des lieux avec les usages de la noblesse de Westeros. Ce fut Aaron lui-même, et non son père et dirigeant de la cité, qui vint à la rencontre de la belle ballerine. Celle-ci lui adressa une courbette élégante, dont la grâce lui venait de ses leçons de danse, son éternelle longue tresse enroulée autour de son bras fin pour ne point l’encombrer.

-Milord… le salua-t-elle de sa voix d’ange. Quel plaisir d’être enfin à bon port. Je dois avouer que c’est pour moi une joie immense de découvrir enfin votre beau royaume !
♔ Porteuse de clé
♔ Danseuse de ballet
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Dim 17 Sep - 12:48
Cela faisait trois lunes que le message destiné à la Iron Bank de Braavos avait été envoyé. Bien que la réponse fut positive, le ton de celle-ci ne lui avait guère plu. La sienne n’était pas des plus agréable, voire autoritaire, mais à situation exceptionnelle, moyens exceptionnels. Les délais imposés par le Lion n’avait point était honorés ce qui avait eu l’effet de le contrarier fortement. Et il ne fait pas bon de contrarier un Lion, surtout Aaron Lannister. C’était donc de pied ferme que Lady Nestoris se faisait désirer. Le Lion d’Or rongeait son frein inlassablement jusqu’au jour ou la représentante arriva enfin aux portes de Casterly Rock. Il la fit escorter jusqu’à la Grande Salle ou il l’attendait. La jeune femme dûment annoncée, pénétra dans la Grande Salle de la forteresse. Le Lion la toisa longuement. C’était une femme tout ce qu’il y avait de plus ravissante, tout à fait aux goûts du Chevalier. Si les circonstances demeuraient différentes et que son cœur n’était pas prisonnier de l’océan, il lui aurait été difficile de ne pas refermer ses crocs sur elle. Mais l’heure n’était point aux pensées luxurieuses. Le jeune Lion se leva de sa chaise et alla à la rencontre de son alléchante invitée. Cependant, ni cela, ni les courbettes et la jovialité de cette dernière, atténua son irascibilité. L’Iron Bank aussi importante soit-elle, l’avait fait trop attendre.


Lady Nestoris, quel plaisir d’enfin vous recevoir... Exprima-t-il de son ton naturellement acerbe, non sans une pointe d’ironie en hochant poliment, bien que très brièvement la tête. Merci de vous être déplacée et bienvenue à Casterly Rock. Prenez place et débutons voulez-vous ? Je ne serais pas contre parlementer sur la « beauté » des Westerlands mais, nous ne sommes pas ici pour perdre d’avantage de temps, vous avez bien mieux à faire et moi aussi. Il retourna s’installer à sa place et lui fit signe de la main de faire de même avant de poursuivre. Je vais aller droit au but Lady Nestoris. Le motif de ma missive n’était qu’un prétexte pour faire venir un représentant de l’Iron Bank de Braavos à Casterly Rock. Nous n’avons aucunement l’intention de placer ne serait-ce qu’un Dragon d’or dans vos coffres. Pour l’instant du moins. Peut être que nous reconsidérons cette éventualité dans le futur. Si nous parvenions bien sur à nous entendre.

Une servante rentra alors avec deux coupes et du vin. Elle posa les calices à chacun d’eux et s’apprêta à leur servir le liquide vermeil lorsqu’Aaron l’interrompit brutalement. Pas de vin, de l’eau, nous en avons pour un moment. La concerné s’exécuta immédiatement en s’excusant avant de repartir comme elle était venue. Le jeune Lion plongea à nouveau son regard dur dans celui de la Lady. Si j’ai demandé à voir un représentant de votre institution. C’est parce que j’ai un message à véhiculer auprès de l’Iron Bank. Un message ou plutôt une demande. Demande trop importante pour un corbeau et qui nécessite une entrevue physique. Demande qui est également devenue … urgente, vous en conviendrez. Dit-il sans dissimuler le sous-entendu sur les délais non respectés. Et comme je vous l’ai stipulé, ni le Seigneur mon père, ni moi, n’étions disposés à nous rendre à Braavos.

Aaron prit une gorgée d’eau fraîche et combla donc les interrogations multiples qui devaient sans aucun doute se bousculer dans l’esprit de Lady Nestoris. Vous représentez la plus puissante institution financière de notre monde. Vous financez bon nombre de Maisons et de Nobles. Vous financez des mercenaires … des guerres. Westeros est à l’aube d’un conflit qui n’est pas sans rappeler celui d’Aegon le Conquérant, tant il sera conséquent. Les Guerres sont dispendieuses, ce n’est pas à vous que je vais apprendre ces notions élémentaires. La Maison Lannister n’a nullement besoin d’argent. Mais mes ennemis et potentiels futurs ennemis si. Et de plus en plus à mesure que le confit s’éternisera. Vous les financez peut-être déjà d’ailleurs. Ma demande est donc la suivante. N’honorez aucune demande de financement de la part des Maisons de Westeros, en particulier la Couronne. Et ce, jusqu’à la fin de la Guerre. Si des prêts ont été accordés, rompez-les et exigez le remboursement des dettes en prétextant l’instabilité naissante dans le Royaume. Soutenez ma cause, ne financez pas ou plus mes ennemis et vous gagnerez un richissime ami.

Aaron marqua un temps d’arrêt avant de poursuivre. Vous vous demandez surement ce qui vous pousserez à accepter une telle requête. Ce que vous aurez en échange. La Maison Lannister aura une dette envers vous. Le Lion se leva et se mit à déambuler lentement dans la pièce, autour de la table. Rôdant comme un fauve autour de sa proie. J’ignore si la Couronne à une dette auprès de votre institution, mais si tel est le cas, preuve à l’appui, la Maison Lannister s’engage à la régler rubis sur ongle. Dés lors que la Guerre sera terminée et que les engagements seront tenus naturellement. En plus de cela, nous nous engagerons à devenir client de votre établissement, en y plaçant trois millions de Dragons d’or, dont un qui … n’existera pas. Le Cinglant savait pertinemment qu’elle comprenait fort bien son insinuation de dessous de table. Et vous savez que notre parole sera honorée. Nous ne sommes pas du même continent et sommes à des milliers de lieues l’un de l’autre mais vous devez connaître notre dicton. Un Lannister paie toujours ses dettes.
♔ Lord héritier de Casterly Rock
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Mar 26 Sep - 11:06
Sheireen ne tarda pas à remarquer l’agacement d’Aaron, qui ne faisait même pas d’effort pour le cacher. Assez rapidement, la porteuse de clé perdit de son sourire mielleux, considérant comme un grave manque de respect à sa personne, et à ses efforts pour venir à sa rencontre, ce manque de courtoisie flagrant. Point de révérence, que d’ironie et d’impatience. Visiblement, il n’avait pas compris la teneur de sa lettre, qu’elle avait elle-même rédigée à son intention. S’il n’avait pas pour elle les mêmes égards que se devait un Lord envers n’importe quelle Lady de haut rang, ils allaient avoir des problèmes à s’accorder. Alors qu’il l’invitait à prendre place, le Lannister fit à nouveau référence au temps perdu qu’ils devaient rattraper, ne pouvant donc se permettre de discuter de voyage. Sans masquer son propre agacement, puisque le lion ne se gênait pas de l’afficher, Nestoris claqua de la langue avec une attitude particulièrement irritée, roulant même un peu des yeux vers le plafond de la grande salle avant de le suivre, tête haute comme il le fallait, visiblement, pour lui rappeler à qui il avait à faire, deux gardes sur ses talons. C’était la condition, elle devait être suivie en tout temps, peu importe que cela plût ou non à l’héritier de Casterly Rock.

Alors que la jeune dame s’installait avec grâce dans son fauteuil, prenant soin de bien placer sa tresse sur le devant de son épaule pour ne pas s’asseoir dessus, Aaron prit la parole à nouveau, et refroidit bien vite les ardeurs de Sheireen. Voilà qui commençait bien mal… Ce lion n’avait pas la moindre idée à qui il avait à faire. La tigresse de la banque soutint son regard sans dire un mot, le laissant parler, mais son regard gris, d’ordinaire froid, brûlait d’un avertissement à peine dissimulé. Il avait bien intérêt à ne pas l’avoir, dans tous les sens du terme, menée en bateau… Autre insulte à son rang, comme s’il n’en avait pas fait assez pour salir sa réputation, Lannister refusa qu’on lui serve du vin, prétendant qu’ils en auraient pour trop longtemps et qu’il était plus convenable de se contenter d’eau, ce qui fit à nouveau claquer la langue de Nestoris avec agacement. Sans être particulièrement amateur d’alcool (elle était bien plus penchée vers les thés), un verre d’eau ne satisfaisait pas son épuisement d’un si long voyage pour rencontrer un client qui… au final n’en était pas un, apparemment. Il commençait déjà à lui taper sur les nerfs, et elle dut se faire violence pour ne pas l’interrompre et prendre quand même la cruche de vin, comptant toujours sur son naturel diplomatique pour retourner la situation à son avantage.

Tout cela juste pour un foutu message qu’il jugeait impossible à envoyer par corbeau. Sheireen soupira à sa troisième allusion aux délais imposés par la banque, cet homme ne comprenait définitivement pas comment fonctionnait le conseil de l’organisation, et la dame ouvrit la bouche pour lui répliquer que ses délais étaient non seulement impossibles à combler, mais aussi ridicules, seulement elle se mordit rapidement la langue pour retenir son fiel, elle voulait encore savoir ce qu’il lui voulait avant, pour décider s’il valait ce déplacement qu’elle commençait à regretter.

La porteuse de clé ignora superbement le verre devant elle, même si elle avait soif, écoutant simplement les louanges (si c’en était?) qu’Aaron faisait de la Banque, comme si cela eu pu l’attendrir à sa cause, alors qu’elle se considérait déjà au-dessus de tout cela. Pour finalement en venir au conflit qui risquait bientôt de retentit en Westeros et qu’il désirait que la Banque de Fer ne finance pas, quelle que soit la maison, même la couronne. Sheireen haussa un sourcil interrogateur. Pourquoi diable l’institution passerait-elle à côté de la chance d’endetter les nobles familles du continent ouest? Les guerres, bien que désastreuses, faisaient toujours le bonheur des riches, l’intérêt engendré est immense, un gagne-pain facile et rapide. Comme si la banque avait besoin d’un richissime ami. Pour la seconde fois, Nestoris ouvrit la bouche pour lui répondre, mais la ferma aussitôt puisqu’il répondait à sa question non formulée, en assurant que le lion d’or réglerait la dette de la couronne, si elle en avait une… après la guerre. La jeune femme eut du mal à retenir un gloussement. Il la prenait pour une imbécile?

-Et la Banque de Fer aura son dû, répliqua malicieusement Sheireen au dicton des Lannister par le leur. Cela aussi, est entendu au travers tout le monde connu, n’est-ce pas?

En soupirant, Sheireen pris entre ses doigts sa longue tresse, y portant exagérément attention comme si sa chevelure soyeuse lui importait plus que l’offre d’Aaron, ce qui était à peu près vrai, mais c’était surtout qu’elle s’étourdissait à essayer de soutenir son regard, puisqu’il ne cessait de tourner en rond autour de la table et que c’était particulièrement agaçant. Presque autant que tout le reste, à vrai dire. La jeune femme croisa délicatement ses longues jambes, tout à son aise sur son fauteuil, avant de commencer sa réponse, sans lui donner la chance de l'interrompre, puisqu'il avait fait pareil avec elle.

-Une parole ne vaut rien pour la Banque, elle ne s’engage qu’avec des garanties, et une réputation, si forte soit-elle, n’en fait pas partie. Si je rentrais à Braavos en répétant votre proposition au mot près pour le Conseil des Porteurs de Clés, non seulement me tournerais-je au ridicule, mais personne ne considérerais votre offre comme sérieuse. Vous nous avez roulés, vous avez prétendu vouloir investir pour nous faire venir à vous, pour ensuite avouer n'en avoir point l'intention. Présentement, à mes yeux, vous ne respectez donc pas la dette «officieuse» déjà contractée par l’envoi de votre simple lettre. Lettre qui, dois-je le rappeler, souffrait d’un manque flagrant de diplomatie, ce qui a bien failli vous coûter que personne ne daigne venir. En fait, c’est la cause principale des délais qui semblent tant vous embêter, puisque vous me les avez si impoliment rappelés trois fois depuis mon arrivée. Si votre lettre avait été plus courtoise et attrayantepour la Banque, il ne nous aurait pas fallu deux rencontres du Conseil pour se décider à dépêcher quelqu’un, et nous nous serions empressés d’envoyer quelqu’un sur-le-champ, mais voilà, fort peu de mes semblables étaient convaincus de l’intérêt d’envoyer un représentant dans l’ouest, à la seule lecture de votre convocation. Voilà ce que coûte l’absence de considérations humaines, milord, répliqua-t-elle en s’efforçant de garder un ton mielleux et délicat comme les ailes d’un papillon, presque attendrie comme si elle se désolait de l'attente, bien qu’il lui démangeait d’utiliser la même ironie qu’il avait employée à son égard.

Parce qu’elle aimait regarder ses clients dans les yeux lorsqu’elle leur parlait, Sheireen se leva aussi en parlant. De toute façon, la situation l’irritait tant qu’elle avait des fourmis dans les jambes et avait besoin de bouger un peu. Si Aaron avait l’attitude d’un fauve tournant autour d’une proie, la porteuse de clé, elle, adoptait une tout autre forme de posture féline, s’adossant nonchalamment à la table en accrochant ses iris métalliques de tigresse au regard perçant du lion.

-Cela sans compter, bien sûr, que les délais exigés frôlaient l’impossible. Vous n’êtes pas sans savoir, j'en suis certaine, qu’un tel voyage ne s’organise pas en claquant des doigts, une lady comme moi a besoin de préparation et d’une garde. En espérant qu'il se souviendrait qu'il n'avait pas une banale marchande devant lui, mais une noble qu'il ne traitait pas comme elle le méritait et l'avait exigé dans sa missive. Enfin, je suis certaine, malgré les impressions que vous en laissez, que vous ne nous tenez pas réellement rigueur… Après tout, de mémoire d’homme, cela ne s’est jamais vu qu’un porteur de clé se déplace à la demande d’un westerosi, c’est dire combien votre famille compte à nos yeux. Ne me le faites pas regretter, en revanche, précisa-t-elle sous un ton qui ne laissait pas suggérer une menace, puisqu'elle le lança sur un ton banal et délicat, comme toujours. Non seulement un tel voyage est long à préparer, milord, mais il est aussi coûteux, vous en conviendrez, des frais exorbitants ont été déployés pour vous plaire, frais qui devraient être normalement assumés par le demandeur, lança-t-elle candidement, tout sourire, sachant qu’il comprendrait l’allusion.

Une semi-vérité, mais il n’avait pas besoin de le savoir. En fait, toutes les dépenses avaient été assumées uniquement par le coffre de sa maison à elle, puisque seule Sheireen avait cru bon de répondre à la demande du Lannister, et qu’elle n’était donc pas supportée dans son initiative par les siens. Mais elle n’en avait cure, ne sachant plus quoi faire, de toute façon, avec sa fortune qui ne lui achetait même pas le bonheur. Voilà pourquoi, également, son offre de lui passer un million de dragons d’or sur la table ne lui faisait ni chaud ni froid.

-Ce n’est pas moi que vous devez convaincre avec un pot de vin précisa-t-elle avec un sourire de circonstance, n’ayant pas peur d’appeler les choses par ce qu’elles sont, mais la Banque. Je ne vois vraiment pas pourquoi mes semblables ne feraient que considérer votre demande si vous ne faites pas preuve d’un peu plus de bonne volonté, en investissant, comme vous l’avez suggéré dans votre lettre, immédiatement dans nos coffres. Déjà qu’ils n’étaient pas chauds à l’idée de considérer se déplacer ici au départ, si je retourne à Braavos avec mes cales vides, vous serez immédiatement considéré comme un menteur, qui ne… paie pas ses dettes. D’ailleurs, je ne sais même pas pourquoi j’aurais envie de leur relater votre demande, puisque c’est moi qui aurai l’air ridicule, ayant fait partie de ceux croyant à votre cause, à tort, visiblement. Et je n’accepte pas d’avoir l’air ridicule. Alors voilà ma contre-offre, et sachez, si vous connaissez mal les Nestoris, que je n’en fais jamais deux : investissez dans la Banque de Fer un million, celui que vous désiriez ne pas laisser exister et dont je ne veux pas… En échange, je déposerai votre demande et la défendrai, au mieux de mes capacités, et on ne m’appelle pas la Tigresse de la Banque pour rien.

Cela ne lui garantissait en rien, bien sûr, qu'il obtiendrait une réponse positive, cela elle ne pouvait le promettre, le conseil ne dépend pas d'une seule personne. Mais si il la laissait sans rien offrir à la Banque, Aaron pouvait avoir la garantie qu’en plus de ne pas répondre à sa requête, Sheireen ferait tout pour faire approuver les demandes de financement de ses adversaires…

-Une guerre, c’est payant pour nous, on serait fou de s’en passer… ajouta-t-elle en tendant distraitement la main vers son verre d’eau, parce qu’elle avait soif d’avoir trop parlé, mais afficha rapidement une grimace ennuyée en portant le liquide transparent à ses lèvres, puis le reposa sans y avoir touché. Il faut se montrer plus conciliant si vous tenez vraiment à ce qu'on ne saute pas sur cette offre en or de nous enrichir sur le dos de votre Roi.
♔ Porteuse de clé
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Dim 1 Oct - 11:40
Comme il s’y attendait, sa proposition fut rejetée. Il écouta son interlocutrice geindre de son manque de tact à son égard et celle de son institution. Aaron ne pouvait cependant que saluer son cran qui n’était pas sans lui rappeler celui de sa sœur. Si elle savait à quel point la Maison Lannister n’a que faire d’une bande de bureaucrate d’Essos, aussi riche soit-ils. Néanmoins, ce n’était pas le cas des autres Maisons moins fortunées, qui voyaient en eux, un allié indispensable. Il se devait de court circuiter cette alternative, coute que coute. Et si cela impliquait de répondre aux caprices d’une femme qui s’estimait lésée d’un manque de bienséance, et bien soit. Après tout, la jeune femme n’avait pas réellement tort dans ces paroles concernant son attitude qui demeurait presque hostile et inapproprié pour une négociation. Visiblement, la Banque de fer ne semblait pas très encline à daigner envoyer un représentant à Casterly Rock. La jeune femme ne manquait pas de le faire remarquer ainsi que de qualifier sa présence ici comme une faveur inespérée de la part de la Banque. Suffisait-il de faire des courbettes à ces étrangers pour obtenir une audience ? Les Tyrells pourraient donc obtenir monts et merveilles à n’en pas douter. Cela l’amusait de constater qu’une telle institution s’attachait à ces détails là. Après être retourné à sa place, le félin reprit la main sur l’échange en arborant un ton moins sévère.

Croyez vous sincèrement que ce que les gens pensent de moi m’importe ? Nous sommes à l’aube du chaos le plus total et le temps presse. A situation extrême, mesures extrêmes. Concevez que nos esprits en sont inévitablement imprégnés. J’admets donc avoir été un peu … rustre avec vous, je compte sur votre intégrité pour ne point m’en tenir rigueur. Lança le Lion sur un fond de demi-excuses. Vous êtes trop maligne pour votre plus grand bien, vous l’a-t-on déjà dit ? Je m’attendais à ce que vous décliniez mon offre, le contraire m’aurait déçu. La banque de Fer ne serait pas ce qu’elle est si elle acceptait servilement les conditions de ses clients. Votre proposition est mesurée et de circonstance, vous avez du métier malgré votre jeune âge c’est indéniable. Il se leva et alla servir du vin dans deux coupes avant de revenir vers elle. Je sais, dans une crise, il y a maintes occasions à saisir pour votre institution, comme vous vous plaisez à me le rappeler. Notre monde est fait ainsi, le malheur des uns fait le bonheur des autres. Même si une telle stratégie demeure extrêmement risquée, même pour vous. Aaron posa un calice devant son invitée, puis retourna s’assoir, lui faisant à nouveau face.

Après avoir pris une gorgée du liquide vermeil, il poursuivit. Plus le risque est grand, plus le bénéfice est important me direz-vous. Néanmoins, difficile de percevoir le remboursement d’un prêt lorsque les caisses du concerné son vide n’est ce pas ? Tout l’or de tous les seigneurs de Westeros sera immédiatement et irrémédiablement englouti dans l’effort de guerre. Les impôts ne seront plus perçus car le commerce sera paralysé et que les paysans … Inutile de vous dire ce qu’il advient des paysans en temps de guerre. En somme, vous ne pouvez espérer au mieux qu’à récupérer vos intérêts dans combien de temps ? Une décennie ? Si vos potentiels clients sont encore de ce monde naturellement… Je vous propose une alternative moins risqué avec autant de bénéfice en un minimum de temps vous en conviendrez. Le Cinglant se leva une nouvelle fois et alla se positionner près d’une des innombrables fenêtres de la salle, observant un court instant l’immensité bleuté à l’horizon. Vous avez fait un pas vers moi, je le reconnais, à moi d’en faire un vers vous. La Maison Lannister accepte vos conditions. Un million de dragon d’or dans vos coffres, un million de dragon d’or dans vos poches, voilà ce que vous ramènerez à vos compères. De quoi largement éviter une situation inconfortable pour vous il me semble. Après tout, qu’est ce que l’or pour un Lannister ? Et puis loin de moi l’idée de négocier des heures durant, votre offre est honnête, cela me suffit. Martela-t-il.

Le Chevalier porta son regard d’acier dans celui de la jeune femme. La simple présumé talent de la jeune femme ne lui suffisait pas pour s’assurer l’acceptation de sa demande. Ainsi, il décida de lui donner un ultime argument qui pourrait bien définitivement faire pencher la balance en sa faveur. Je suis convaincu que vous ferez tout ce qui est en votre pouvoir Lady Nestoris, vous avez une réputation à tenir après tout. Notez que je n’ai pas l’impudence de remettre en cause votre parole. Mais laissez moi vous donner un dernier argument pour tentez de les convaincre. Il s’approcha nonchalamment et se positionna derrière elle. J’ai ouï-dire que votre continent allait lui aussi au devant de temps obscurs. Que certaines forces mystiques débute une irrésistible conquête. Que les Dieux protègent votre cité de ce mal naissant Lady Nestoris, mais lorsqu’il arrivera à vos portes, ce ne sont pas les Dieux que vous verrez. Les Dieux n’ont aucune miséricorde, c’est pour cela qu’ils sont des Dieux. En revanche, l’armée d’un ami pourrait vous porter assistance.
♔ Lord héritier de Casterly Rock
♔ Chevalier
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Ven 10 Nov - 19:04
Plus que le fait d’être irritée du mauvais traitement infligé par ce supposé noble, Sheireen était surtout frustrée d’avoir eu tort et n’accepterait pas de rentrer à Braavos pour se faire radoter qu’on «le lui avait bien dit». Son intuition ne l’avait jamais trompée à ce point! Ne pas être traitée avec tous les égards dû à son rang et à son état d’invitée dignitaire, cela était déjà un problème, mais se faire prendre pour une idiote… ça non, le lion ne savait vraiment pas à quelle tigresse il avait à faire ! Lorsqu’elle eut fini de lui expliquer à quel point sa demande était ridicule (enfin, en des termes plus adéquats pour sa cause…) Lord Lannister daigna enfin se rassoir, coupant court à cette impression de supériorité qu’il avait voulu lui imposer en ne lui faisant pas face. On n’impose pas à Nestoris… Ravie, la jeune femme s’assied à son tour, croisant élégamment les jambes devant elle en silence, attendant qu’il réagisse, ce qui ne tarda heureusement pas et qui se fit sur un ton plus acceptable pour ce qu’il demandait.

Et il parla… si bien et si longtemps que, si Sheireen n’avait pas été aussi bien éduquée, elle aurait très certainement baillée. Bon, d’accord, elle était assez fière d’avoir réussi à le faire changer d’attitude et de vision, mais elle ne croyait qu’à moitié aux excuses du lion. Plus tôt il grondait et montrait les dents pour asseoir son autorité, et maintenant il tentait de l’amadouer en ronronnant. Dans les deux cas, il la sous-estimait, mais cette fois au moins Nestoris avait l’impression qu’ils jouaient au même jeu et avec les mêmes cartes. Évidemment qu’elle était trop maligne pour son propre bien, ça elle le savait, mais elle l’était surtout trop pour ceux avec qui elle marchandait, et ce commentaire la fit grandement sourire, haussant des sourcils d’un air affirmé. Bref, elle se donnait l’air assuré de celle qui c’est ce qu’elle vaut et ce qu’elle va obtenir. Toute son expérience, elle la tenait de son père. Jamais celui-ci n’aurait accepté qu’elle commette une bévue aussi maladroite que de tout bonnement accepter l’offre d’Aaron Lannister… Quoi que, tout bien réfléchi, s’il avait encore été vivant, il aurait certainement aussi été de ceux qui auraient refusé que la jeune porteuse de clé se déplace… Comme quoi, elle avait aussi appris des erreurs de son tuteur.

Du bout des lèvres, elle remercia son hôte pour la coupe de vin qu’il lui apporta, assez bas pour ne pas l’interrompre dans son interminable tirade. Le pire, c’était qu’elle n’était pas particulièrement adepte d’alcool, encore moins fière connaisseuse, mais elle fit mine que c’était le cas, humant son parfum (qui la laissait indifférent) et observant sa couleur (comme toutes les autres) en faisant tournoyer le liquide vermeille dans son verre. Sheireen n’était pas vraiment tolérante à l’alcool, sa petite constitution n’aidant pas, et avec donc rapidement appris à s’en passer pour son propre bien, mais pour rappeler à Lannister qu’elle méritait tous les égards de son rang, rien de mieux qu’exiger les arômes fruités d’un bon cépage au détriment d’un verre d’eau.

Bon est-ce qu’il essayait de lui faire peur en lui disant que la Banque prendrait des risques avec les autres alors que sa situation à lui était parfaitement sécuritaire? Comme si le Conseil était incapable de réfléchir tout seul. La Lady Nestoris fit mine d’écouter attentivement, bien que la moitié de ces propos passaient par une oreille pour sortir par l’autre, ne montrant rien de son ennui. Franchement, elle doutait que le Lion soit une assurance plus sûre que le Dragon, mais elle n’allait certainement pas le lui dire maintenant, puisque bien qu’il essayait de la convaincre qu’il serait difficile pour leur honorable institution de récupérer leurs prêts après la Guerre si elle faisait affaire avec d’autres maisons, Sheireen compris assez vite qu’en fait, il acceptait ses conditions, après l’avoir bien enrobée de son discours, dont le but évident était qu’elle prenne sa cause devant le Conseil de la Banque. Ne l’avait-elle pas déjà assuré qu’elle le ferait, de toute façon? Ce n’était pas la peine de gaspiller autant de salive rien que pour ça!

Elle repartait donc avec un petit million de dragons d’or, un peu moins que ses espoirs avant de quitter Braavos, mais quand même plus que ce qu’Aaron voulait lui donner au début, soit rien. En tous les cas, au moins elle ne se tournerait pas au ridicule, voilà qui était rassurant. Le délicat visage de la porteuse de clé se fendit d’un doux sourire enchanté, comme elle portait sa coupe de vin à ses lèvres pour en goûter le nectar, sommes toute assez bon, mais elle ne pouvait pas vraiment le distinguer d’un autre. Le Lord s’était à nouveau levé, à croire qu’il avait un sacré mal au derrière pour ne pouvoir resté assis, et il observait l’extérieur en lui annonçant que son offre lui suffisait, juste avant de se tourner à nouveau vers elle. Ses propres iris gris sombre répondaient parfaitement à l’acier du regard du Lion, auquel elle souriait toujours pourtant, aussi franchement que possible.

-Je suis ravie que nous nous comprenions si facilement milord, roucoula-t-elle d’un ton à la fois professionnel et enjôleur. Il est certain que je ferai de mon mieux pour convaincre mes collègues de l’intérêt de votre offre. Bien sûr, les amitiés ne sont pas à négliger, pas plus en Essos qu’en Westeros. Je suis fort peu informée sur les fameuses forces mystiques qui menacent les cités libres, puisque ma participation à ces égards serait totalement nulle, il faut en convenir, je n’ai pas l’âme d’une stratège. Mais je suis ravie de savoir que Braavos peut compter sur de puissants alliés de l’ouest… susurra-t-elle en flattant dans le sens du poil. Enfin, en espérant que vous ne soyez pas vous-même dans la guerre jusqu’au cou lorsque le mal sera à mes portes.

Après tout, que lui assurait vraiment que les Lannister pourraient réellement prêter main forte à Essos? Avec ce qui semblait s’annoncer en Westeros… ils pouvaient tout aussi bien être morts avant que les problèmes des cités libres ne les atteignent. Des promesses pour un avenir incertain, auxquelles Sheireen n’accordait que peu de foi, bien qu’elle les répéterait certainement au Conseil des Porteurs de Clés, juste parce qu’elle avait quand même son honneur. Enfin, la jeune femme se plaignit de la fatigue de son long voyage et pris congé de son hôte. De toute façon, elle avait obtenu ce qu’elle voulait, il ne servait à rien de tarder éternellement en la présence d’Aaron qui, de toute façon, avait probablement mieux à faire. La lady passa quelques jours à visiter les Westerlands, s’enrichir de la culture si différente de la sienne, avant de retourner à bord de son navire, un peu plus lourd qu’à son départ…

[TERMINÉ]
♔ Porteuse de clé
♔ Danseuse de ballet
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