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L'or du Lion rencontre la Tigresse de la Banque
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Sheireen Nestoris

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Porteuse de clé / Danseuse de ballet
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Sam 16 Sep - 21:05
Près de trois mois. C’est le délai que la Banque de Fer de Braavos imposa à la maison dirigeant Casterly Rock avant que Sheireen n’en franchisse enfin la porte. D’abord, après la réception de la missive, il avait fallu attendre la prochaine réunion du Conseil, délibérer sur la pertinence de cette escapade en Westeros (surtout en des temps si difficiles pour Essos…) et choisir un volontaire. Si la première décision avait été particulièrement ardue à prendre (parce que oui, cela représentait un voyage d’environ deux mois, bien que ce fut pour conclure une entente avec la plus riche des maisons de l’ouest, il fallait évaluer les coûts engendrés par ces déplacements!) la seconde avait été encore pire. La jeune lady Nestoris s’était immédiatement proposée, beaucoup trop enthousiaste d’aller explorer le monde, elle qui était toujours restée cloîtrée dans sa ville natale, «pour sa protection», disait son père. Seulement, Ézekiel lui sortait justement le même argument… «Pour sa protection», il refusait qu’elle y aille.

Et pourtant, ne la décrivait-on pas comme étant l’une des plus féroces en affaires, même si tendre du cœur? C’était d’ailleurs Sekhivar lui-même qui l’avait qualifiée de «tigresse» lorsque venait le temps de prendre en main la fortune familiale et les décisions du Conseil de la Banque. La jeune femme argumenta longuement, toujours confrontée à un non catégorique, et la séance se leva dans un dossier non-clos, chose plutôt rare pour les habitudes des porteurs de clés. Particulièrement froissée qu’il lui eut refusé l’honneur de représenter leur organisation, Sheireen avait quitté les lieux sans un regard à Ézekiel. Elle s’en était rapidement voulu, considérant son attitude inacceptable envers l’homme pour lequel elle éprouvait de si tendres sentiments, et s’était reprise à la réunion suivante, plus de deux semaines plus tard, à laquelle ils devaient officiellement conclure l’affaire. Cette fois-là, elle joua plutôt sur sa tendresse plutôt que sur l’argumentation, déclenchant quelques œillades entendues entre les autres porteurs de clés présents, qui devaient certainement commencer à se questionner de quel genre d’affaires unissaient les deux protagonistes. Malheureusement, quel que fut les supplications («J’ai toujours rêvé de voyager, ne m’enlevez pas ce plaisir!»), les promesses («Je serai prudente, et puis vous laisserai choisir ma garde!») ou les regards mouillés accompagnés de sourires charmeurs, la ballerine n’arriva pas à gagner.

Ainsi, lorsqu’elle fut rentrée chez elle, la jeune femme écrivit elle-même la réponse à adresser à Ser Lannister, jetant maints brouillons au travers son bureau personnel, avant d’être enfin satisfaite. Déjà un mois que le conseil avait reçu la «convocation» de l’héritier de Casterly Rock, et même si elle-même trouvait qu’il aurait pu se montrer moins dur (après tout, il fallait quand même au minimum trois longues semaines de route, si le temps et les vents étaient de leur côté, pour atteindre les westerlands!) elle considérait que c’était folie d’éterniser son attente. Elle envoya donc sa missive sans la permission de son Sealord, et entama les préparatifs de son voyage, choisissant elle-même les gardes, qu’elle allait payer de sa propre fortune, certaine qu’elle sortirait enrichie de cette rencontre avec Aaron de toute façon. Bien sûr, parce qu’il est le maître de Braavos et a des yeux et des oreilles partout dans la cité, Sekhivar découvrit les cachoteries bien avant qu’elle ait pu partir, et tenta à nouveau de l’en empêcher. Seulement, elle était déterminée, à lui prouver qu’il avait tord, comme elle se plaisait à le faire depuis cette fameuse soirée qu’il avait daigné passer en sa compagnie. En véritable «tigresse», elle lui fit comprendre qu’elle partirait, avec ou sans son gré, bien qu’elle aurait préféré avoir sa bénédiction, qu’elle en avait trop envie et n’avait plus le cœur de rester cloîtrée dans leur cité alors que le monde l’appelait. Que cela était nécessaire à sa «quête de bonheur». Quelques jours plus tard, elle quittait le port, non sans remarquer de nombreux changements et ajouts à sa garde, et avec un petit sourire victorieux aux lèvres, laissa son regard traîner vers l’arrière jusqu’à ce que Braavos ne soit plus visible à l’horizon…




Plus d’un mois de délibérations, près d’un mois de préparation et presque autant pour s’y rendre, lorsque Sheireen traversa les portes de la cité des Lannister, elle espéra que les affaires n’étaient pas déjà ruinés par les délais non respectés, bien que la demande d’Aaron frôlait l’irréalisme. Après avoir traversé à bateau la Narrow Sea, entré dans les Crownlands par la Bay of Crabs et vogué sur le Trident et la Red Fork jusqu’à sa toute fin, la jeune femme et sa garde n’avaient eu plus que quelques jours de cheval (notez ici carrosse pour la noble dame) avant d’atteindre leur objectif. Richement vêtue de ses soies les plus colorées et parée de bijoux d’une beauté et d’une délicatesse qui n’ont d’égale que sa propre splendeur, Lady Nestoris se fit annoncer au Maître des lieux avec les usages de la noblesse de Westeros. Ce fut Aaron lui-même, et non son père et dirigeant de la cité, qui vint à la rencontre de la belle ballerine. Celle-ci lui adressa une courbette élégante, dont la grâce lui venait de ses leçons de danse, son éternelle longue tresse enroulée autour de son bras fin pour ne point l’encombrer.

-Milord… le salua-t-elle de sa voix d’ange. Quel plaisir d’être enfin à bon port. Je dois avouer que c’est pour moi une joie immense de découvrir enfin votre beau royaume !


Aaron Lannister

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Lord héritier de Casterly Rock / Ser
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Dim 17 Sep - 12:48
Cela faisait trois lunes que le message destiné à la Iron Bank de Braavos avait été envoyé. Bien que la réponse fut positive, le ton de celle-ci ne lui avait guère plu. La sienne n’était pas des plus agréable, voire autoritaire, mais à situation exceptionnelle, moyens exceptionnels. Les délais imposés par le Lion n’avait point était honorés ce qui avait eu l’effet de le contrarier fortement. Et il ne fait pas bon de contrarier un Lion, surtout Aaron Lannister. C’était donc de pied ferme que Lady Nestoris se faisait désirer. Le Lion d’Or rongeait son frein inlassablement jusqu’au jour ou la représentante arriva enfin aux portes de Casterly Rock. Il la fit escorter jusqu’à la Grande Salle ou il l’attendait. La jeune femme dûment annoncée, pénétra dans la Grande Salle de la forteresse. Le Lion la toisa longuement. C’était une femme tout ce qu’il y avait de plus ravissante, tout à fait aux goûts du Chevalier. Si les circonstances demeuraient différentes et que son cœur n’était pas prisonnier de l’océan, il lui aurait été difficile de ne pas refermer ses crocs sur elle. Mais l’heure n’était point aux pensées luxurieuses. Le jeune Lion se leva de sa chaise et alla à la rencontre de son alléchante invitée. Cependant, ni cela, ni les courbettes et la jovialité de cette dernière, atténua son irascibilité. L’Iron Bank aussi importante soit-elle, l’avait fait trop attendre.


Lady Nestoris, quel plaisir d’enfin vous recevoir... Exprima-t-il de son ton naturellement acerbe, non sans une pointe d’ironie en hochant poliment, bien que très brièvement la tête. Merci de vous être déplacée et bienvenue à Casterly Rock. Prenez place et débutons voulez-vous ? Je ne serais pas contre parlementer sur la « beauté » des Westerlands mais, nous ne sommes pas ici pour perdre d’avantage de temps, vous avez bien mieux à faire et moi aussi. Il retourna s’installer à sa place et lui fit signe de la main de faire de même avant de poursuivre. Je vais aller droit au but Lady Nestoris. Le motif de ma missive n’était qu’un prétexte pour faire venir un représentant de l’Iron Bank de Braavos à Casterly Rock. Nous n’avons aucunement l’intention de placer ne serait-ce qu’un Dragon d’or dans vos coffres. Pour l’instant du moins. Peut être que nous reconsidérons cette éventualité dans le futur. Si nous parvenions bien sur à nous entendre.

Une servante rentra alors avec deux coupes et du vin. Elle posa les calices à chacun d’eux et s’apprêta à leur servir le liquide vermeil lorsqu’Aaron l’interrompit brutalement. Pas de vin, de l’eau, nous en avons pour un moment. La concerné s’exécuta immédiatement en s’excusant avant de repartir comme elle était venue. Le jeune Lion plongea à nouveau son regard dur dans celui de la Lady. Si j’ai demandé à voir un représentant de votre institution. C’est parce que j’ai un message à véhiculer auprès de l’Iron Bank. Un message ou plutôt une demande. Demande trop importante pour un corbeau et qui nécessite une entrevue physique. Demande qui est également devenue … urgente, vous en conviendrez. Dit-il sans dissimuler le sous-entendu sur les délais non respectés. Et comme je vous l’ai stipulé, ni le Seigneur mon père, ni moi, n’étions disposés à nous rendre à Braavos.

Aaron prit une gorgée d’eau fraîche et combla donc les interrogations multiples qui devaient sans aucun doute se bousculer dans l’esprit de Lady Nestoris. Vous représentez la plus puissante institution financière de notre monde. Vous financez bon nombre de Maisons et de Nobles. Vous financez des mercenaires … des guerres. Westeros est à l’aube d’un conflit qui n’est pas sans rappeler celui d’Aegon le Conquérant, tant il sera conséquent. Les Guerres sont dispendieuses, ce n’est pas à vous que je vais apprendre ces notions élémentaires. La Maison Lannister n’a nullement besoin d’argent. Mais mes ennemis et potentiels futurs ennemis si. Et de plus en plus à mesure que le confit s’éternisera. Vous les financez peut-être déjà d’ailleurs. Ma demande est donc la suivante. N’honorez aucune demande de financement de la part des Maisons de Westeros, en particulier la Couronne. Et ce, jusqu’à la fin de la Guerre. Si des prêts ont été accordés, rompez-les et exigez le remboursement des dettes en prétextant l’instabilité naissante dans le Royaume. Soutenez ma cause, ne financez pas ou plus mes ennemis et vous gagnerez un richissime ami.

Aaron marqua un temps d’arrêt avant de poursuivre. Vous vous demandez surement ce qui vous pousserez à accepter une telle requête. Ce que vous aurez en échange. La Maison Lannister aura une dette envers vous. Le Lion se leva et se mit à déambuler lentement dans la pièce, autour de la table. Rôdant comme un fauve autour de sa proie. J’ignore si la Couronne à une dette auprès de votre institution, mais si tel est le cas, preuve à l’appui, la Maison Lannister s’engage à la régler rubis sur ongle. Dés lors que la Guerre sera terminée et que les engagements seront tenus naturellement. En plus de cela, nous nous engagerons à devenir client de votre établissement, en y plaçant trois millions de Dragons d’or, dont un qui … n’existera pas. Le Cinglant savait pertinemment qu’elle comprenait fort bien son insinuation de dessous de table. Et vous savez que notre parole sera honorée. Nous ne sommes pas du même continent et sommes à des milliers de lieues l’un de l’autre mais vous devez connaître notre dicton. Un Lannister paie toujours ses dettes.
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