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Les Fleurs de King's Landing
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Tullia L. Martell

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Princesse de Dorne / Diplomate
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Sam 19 Aoû - 9:55
Je ne regrettais en rien d'être venu plusieurs jours avant le bal à King's Landing. Son air empestant le pécore voulant se faire une place, le manque d'élégance flagrant et la promiscuité... Que de charme pour une ville qui se veut rayonnante et le centre du monde ~ ! Une grotesquerie qui ne me faisait que sourire, montrant à mes yeux son infériorité par rapport à Dorne et à Sunspear. Je marchais dans les rues, en ce bon début d'après-midi, faisant ma petite tounrée des popottes. Après tout, je n'étais pas ici pour n'importe quoi. On a beau me railler pour ma luxure, elle était bien utile pour rassembler des informations ou bien mettre de l'argent dans les caisses. Qui pourrait croire, en voyant déambuler avec aise et grâce une jeune femme aux yeux perçants, aux courbes avantageuses et aux habits riches et sensuels, qu'ils avaient devant les yeux la martriache en personne de la Maison du Croissant Rouge ? La maison de courtisans et de bordels la plus fructueuse et réputée de Dorne. Et les dieux seuls savent à quel point nous excellons dans le raffinement des plaisirs de la chair. Je ne parle pas de ces exclaves sexuels qui ne font pas cela par choix, mais de vrais professionnels, bien loin des catins et prostitués qui se targuent du titre de "courtisan" sans même en comprendre le véritable sens. Une injure bien commune à la profession.

Je marchais dans les rues, ne faisant pas attention aux regards insistants. J'attirais les regards, je le savais et j'aimais ça. Mes habits riches et exotiques montraient mon statut élevé ainsi que le fait que je n'étais pas de la région. Les deux gardes qui me suivaient portaient les armoiries de ma maison, le soleil flamboyant des Martell. Je marchais en regardant les devantures des différentes maisons de bordel. J'en cherchais une en particulier, dont on m'avait parlé. Celle appartenant à un ancien commerçant de drogue selon les ragots, un jeune rouquin du nom de Suavgoth. Je visitais les différents bordels, car je voulais voir les attentes des différents clients, les méthodes utilisées et les standards de qualité qu'il y avait à King's Landing. Si je voulais un jour pouvoir étendre l'influence de la Maison du Croissant Rouge, il fallait bien que je me renseigne sur la concurrence et les habitudes du marché, non ? Et pour cela, rien de tel que la pratique ~... Mes frères et soeurs seraient fous de me voir ainsi déambuler dans le quartier des lanternes rouges. Enfin fous... je les vois plutôt lever les yeux au ciel de désespoir de me savoir aussi irrécupérable. Mais je suis Luxuria, ils n'y peuvent rien.

Je finis par trouver mon bonheur, souriant et fixant un regard malicieux sur le petit portique annonçant le bordel des Suavgoths. Les gardes rentrèrent avec moi dans le lieu, mais restèrent au niveau de l'entrée. Je m'avançais un peu plus, espérant trouver une personne en charge. Je ne m'étais pas annoncée à l'avance, car je préfère la spontanéité du service habituel des maisons de ce genre. Cette maison se disait maison de "Courtisans", mais à voir les jeunes femmes défroqués plutôt vulgairement et l'odeur de sexe très présente, je doutais du réel niveau auquel prétendait cette maison. Cependant, je n'enlevais en rien le charme du pittoresque de la décoration. De plus, je n'étais pas vraimen en droit de juger. C'était une autre ville avec ses autres habitudes. Il serait bien inconvenant de vouloir les tourner en ridicule gratuitement, juste parce que mes standards ne conviennent pas à ce genre de maison. Mais il est toujours intéressant de s'aventurer un peu en dehors de nos habitudes. J'attendais sagement qu'une personne daigne venir vers moi, et c'est une jeune courtisane à la robe bien échancrée et aux seins lourds apparants qui fit son apparition. Elle me souriait, s'approchant de moi avec une déhanché qui se voulait langoureux et m'adressant la parole d'une voix enjoleuse maitrisée. Mais son regard qui trainait sur les habits montrait bien qu'elle savait qu'elle avait affaire avec une cliente riche. Peu importe qu'elle reconnaisse le blason ou non.


"Bonjour, puis-je vous aider ? De quoi avez-vous envie chère Dame ~ ? "

Je lui souriais avec grâce, la regardant avec intérêt et avec une pudeur tout à fait absente. Ma voix se fit charmante et mes paroles douces.

" Non merci, mon cher Ange ~... Je suis à la recherche du tenancier de votre agréable maison, Maitre Suavgoth. "

Elle me regarda avec une certaine surprise, surtout que j'enlevais la main qu'elle avait posé sur mes hanches, pour rapprocher les siennes. Elle se fit un peu moins caressante, se disant peut être qu'elle avait fait une bourde.

" Ho... Vous aviez rendez-vous ? "

Je lui répondis toujours avec politesse, mon regard se faisant plus amusé et malicieux alors qu'il glissait sur ses courbes.

"Non, mais j'aurais souhaité le rencontrer par chance, en venant ici à l'impromptu."

Mais la jeune femme ne semblait pas apprécier une telle annonce. Je remarquais que son regard changeait, qu'elle était soudainement plus méfiante et avec un léger dédain. Me prenait elle pour une de ces dames soupirantes qui demandent à se rapprocher des tenanciers pour plus de faveurs ? Je crus voir un soupçon de jalousie, mais bien caché par son sourire et son air qui se voulait aimable et serviable. Elle s'était détachée de moi

"Et qui dois je donc annoncer ? "

Je souriais encore plus, la malice de savoir qu'on ne reconnaissait pas mon blason me rendant encore plus excitée par ce qui pourrait arriver. Je ne pouvais m'empêcher de la railler légèrement sur son ignorance, et de jouer là dessus.

" Ho, qui donc ? Je me le demande bien ~ .... Dites lui simplement qu'une grande amatrice des plaisirs et une collègue de Dorne est venue pour s'entretenir avec lui. S'il est disponible, bien entendu ~..."

Sur ce je me détournais, la laissant effectuer la course du message. Comme si c'était chez moi, je rentrais dans le salon principal ou différents jeux prenaient place. Et par "jeux", je ne parle pas de ceux qui se font entre enfants... Mon message devrait être assez explicite pour qui connait le monde des courtisans, surtout si l'on mentionne mon blason. A voir si ce petit Suavgoth était bien renseigné ou non. Je prenais place sur un canapé libre, regardant librement et sans la moindre pudeur ou gêne les différents spectacles se déroulant sous mes yeux. J'analysais ainsi la qualité des personnes à leur service, le type de clien... Tout était source d'information et de divertissement pour moi. Installée comme une panthère lascive sur le canapé, je vis arriver à mi une jeune femme nubile, très légèrement vêtue et à la peau délicieusement ambrée. Elle s'approcha, se glissant comme une agile anguille contre moi, voulant montrer ses meilleurs atours. Pas mauvaise pour une gamine.

" Voulez-vous un peu de divertissement, en attendant ? Avez-vous envie d'une chose en particulier... d'un désir à assouvir ? "

Son regard montrait qu'il n'y avait plus de jeunesse innocente depuis bien longtemps. Mais je lui souriais, caressant la peau douce de jeune gazelle de ses hanches. Mon regard était peut être attiré par ses belles courbes, mais je n'aimais pas avoir pour compagnie charnelle de si jeune enfants. Je la remerciais donc, cherchant un autre service en attendant la venue du maitre des lieux.

" Charmante Colombe... je ne suis guère d'humeur à cela pour le moment. Mais si vous pouviez me distraire par une belle coupe de vin et de la musique agréablement jouée, j'en serais contentée pour le moment."

Ce n'était en effet pas encore le temps de s'amuser. Cela, je le verrais après avoir un peu discuté avec la personne en charge. Les affaires avant tout, le plaisir ensuite et pour tout mon loisir. Car il était certain que je n'allais pas me restreindre sur l'assouvissement de mes désirs pour cette maison. A voir s'ils seront capables d'être à la hauteur. Ou non...

Trisha

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Courtisane
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Sam 19 Aoû - 20:43
Le bal était encore dans plusieurs jours, et pourtant Trisha avait l’impression que c’était déjà commencé pour eux! Les visiteurs affluaient, de toutes les régions déjà, et cela ne faisait que grossir la clientèle de la Maison de Poupées, au plus grand bonheur de son propriétaire, qui voyait enfin ses efforts payés. Enfin, efforts était un bien grand mot pour le travaille accompli par le frère de la rouquine, puisque c’était, au final, son assistante qui faisait la plus grande part, Kalina. Enfin, celui-ci s’enorgueillit quand même des mérites de la maison, et sommes toute, il était vrai que celle-ci avait bien cru depuis que Suavgoth en était le maître, on ne pouvait le nier. C’est qu’il fréquentait, bien tristement, certaines sphères obscures de la capitale que sa sœur aurait préféré qu’il évite, mais où il faisait de la bonne publicité pour son établissement… recommandant évidemment plus souvent sa jumelle que les autres! Le pervers.

La rouquine «finissait» à peine un client et l’escortait gentiment vers la porte pour le faire partir (il n’avait pas les moyens de la payer pour toute la nuit et de toute façon… elle n’avait vraiment pas envie de lui faire un prix d’amis!) et commençait à penser à se coucher plutôt que d’aller prêter main forte à ses collègues, lorsqu’arriva, presque en courant, Chlomidea, lui racontant qu’une très belle dame demandait à voir le Maître des lieux et qu’il n’était pas sur place, mais que ladite cliente semblait fort aisée et voulait «discuter» avec lui. Trisha soupira en roulant ses étincelants yeux dorés vers le ciel en se demandant où pouvait encore être passé son satané jumeau.

-Et pourquoi me racontes-tu cela à moi, Chlo? C’est Kalina qui s’occupe des affaires de la Maison quand il n’est pas là, pas moi.

Une ancienne courtisane, une des plus âgées de la maison (la quarantaine passée) qui ne recevait presque jamais de client, servant plutôt d’assistante à Suavgoth et était assez rémunérée pour cela. Enfin, l’importance dans cette description étant le «presque», et justement, Kalina était en train de «faire son revoir de courtisane» plutôt que celui de remplaçante du Maître des lieux… visiblement, elle ignorait que le rouquin était absent, sinon elle n’aurait jamais osé quitter le salon. Et, enfin… ce ne serait pas très poli envers son client de les déranger pour cela. Trisha soupira, comprenant enfin où tout cela menait. Elle, vraiment? Mais elle n’y connaissait strictement rien en affaires et puis… franchement elle n’avait pas vraiment d’autres talents que plaire au lit. «Sois belle et tais-toi», elle avait grandit avec ce moto, bien avant d’être prostituée.

-Bon… je descends dans une minute, soupira-t-elle en fermant la porte de sa chambre, habituée de ne jamais rien refuser. Dire non ne lui avait jamais servi à rien dans la vie, elle avait appris à dire oui, obéir sans réfléchir. Une femme ne doit pas réfléchir, c’est mal vu, les hommes lui sont supérieurs et elle doit se plier à eux, n’est-ce pas?

Des bêtises que jamais Trisha n’a voulu croire, qu’elle combattait férocement dans sa jeunesse, avant d’abandonner car cela ne donnait rien… Alors maintenant elle obéissait sagement à son frère, faute de père ou d’époux, en bonne jeune dame. Et à ses clients, évidemment. Sois belle et tais-toi. Justement, pour elle belle, ça n’y était pas tout à fait, sa dernière escapade langoureuse l’avait laissé partiellement démaquillée et totalement décoiffée (monsieur n’avait rien fait du tout et lui avait laissé tout le travail, à moitié saoul mort, rien que du plaisir…), ce qu’elle s’empressa de corriger. En véritable experte, elle avait de nouveau l’air fraîche comme une rose en moins de temps qu’il ne le faut pour le dire, vérifiait rapidement que sa légère robe rouge était impeccablement défroissée, et sortait de sa chambre pour descendre l’escalier qui menait au salon.

Ladite dame ne fut pas bien difficile à repérer, même si Chlomidea n’avait pas pris la peine de la décrire : toute sa stature obligeait à ce qu’on porte attention à elle. La jeune rouquine avait rarement vu une femme avec autant d’assurance, de noblesse et de sensualité, et pourtant elle en côtoyait tous les jours des magnifiques! Enfin, on ne peut pas dire qu’elle côtoyait la crème de King’s Landing non plus. À quelques pas de celle-ci, Trisha se figea, papillonnant de ses grands cils roux, tout à coup nerveuse. Elle venait d’apercevoir l’emblème qu’arboraient la lady… non, la princesse. Contrairement à la plupart de ses collègues, Suavgoth avait reçu une très bonne éducation et connaissait les couleurs de toutes les grandes maisons de Westeros. D’un geste de la main, essayant de se donner contenance, la rouquine chassa sa collègue venue tenir compagnie à la majestueuse femme, laquelle sirotait tranquillement un verre de vin. Naya s’empressa de s’en aller, emportant avec elle le violon qu’elle avait probablement sorti à la demande de la princesse.

-Votre Altesse… salua la rouquine avec un sourire charmeur qui masquait bien sa nervosité, fléchissant juste un peu les genoux de peur de trébucher si elle s’adonnait à une véritable révérence. Quel honneur vous faites à notre humble maison de votre présence. Je m’appelle Trisha Suavgoth, déclara-t-elle en s’étonnant elle-même de la sonorité de son nom, peu habituée à le déclarer en entier (les clients se fichent de son nom, elle a l’habitude d’être seulement «Trisha»). Malheureusement, mon frère n’est pas ici ce soir, sinon, j’en suis certaine, il se serait fait un plaisir de venir discuter en votre compagnie. J’ignore où il est et quand il rentrera, j’en suis terriblement navrée, au nom de toute la Maison de Poupées, j’espère que vous ne serez pas trop désappointée. Si je puis être d'une quelconque utilité pour plaire à votre Altesse…

Son regard doré roula malgré elle vers le corps sublime de la princesse dornienne, beaucoup plus classe et belle que la plupart des employées de l’endroit. Malgré elle, Trisha fut incapable de s’empêcher d’admirer sa robe, terriblement sensuelle et pourtant distinguée, tout le contraire de ce que portait les catins ordinaires, elle incluse. Il lui en faudrait une… Oui, si la période du bal était aussi payante qu’elle se l’annonçait, la rouquine s’offrirait le luxe de renouveler sa garde-robe de tailleurs dornish. Elle en était même presque inconfortable dans sa tenue actuelle, son décolleté trop plongeant et sa jupe s'arrêtant à la mi cuisse pour exposer ses extraordinaires longues jambes, et cela ne lui était pourtant jamais arrivé avant! Décidément, celle-là la faisait sentir inférieur rien qu'en la regardant, qu'est-ce que ça devait être lorsqu'elle parlait?

-Je crains de ne pas être aussi bien callée dans l’art de la conversation et du commerce que mon frère, mais j’ai d’autre talents vous savez? Il ne sera pas dit que la Maison de Poupées aura laissé une princesse de Dorne s’ennuyer en ces lieux.


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