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Thrillfort? Fearfort? Ah non, Dreadfort...

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Lun 14 Aoû - 13:35
Khanrell avait fêté son seizième anniversaire seulement quelques jours après le fameux bal donné par son frère, une journée qu’elle avait passé dans une angoisse profonde. Plus elle vieillissait, plus elle s’inquiétait de son sort, de moins en moins rassurée par le choix que risquait de faire Aegon à son égard. Évidemment, elle n’était pas tenue au courant des potentiels prétendants, bien qu’elle avait quelques soupçons, et cela était sans doute pour le mieux : elle n’aurait pas aimé savoir, même si Daeyna suggérait qu’elle essaie de faire pencher la balance pour l’un ou l’autre de ses fiancés potentiels par la ruse. L’ignorance l’empêchait de visualiser, et c’était mieux ainsi. De toute façon, même pour utiliser la technique de son aînée, il lui aurait déjà fallu avoir envie d’un homme plus que des autres, et elle doutait que ce soit le cas!

C’est ainsi qu’elle apprit, plus de quatre mois après le bal, qu’elle devait préparer ses bagage en fonction d’un voyage au North pour ses noces. La première réaction de Khanrell fut de demander pourquoi la célébration ne se faisait pas à la capitale, son lieu de naissance à elle, ce qui était plus conventionnel, mais puisque son époux ne partageait pas la même religion qu’elle, ils devaient se marier sous un barral, dans un bois sacré, ce dont le Red Keep était dépourvu. Étonnement, il fallut un très long moment à l’adolescente pour oser demander le nom de son futur époux, et ce nom à lui seul arriva à faire palpiter son cœur et à lui donner des terribles frissons d’appréhension dans le dos. Impossible de s’en empêcher, les Bolton avaient cette réputation qui n’était pas volée, et le nom seul de leur château suffisait à faire naître les pires craintes dans la tête de la princesse. Pour ne pas céder à la panique, celle-ci se roulait nerveusement la météorite offerte par Rogar entre ses doigts, en essayant de se rappeler ses paroles encourageantes… Pourquoi lui avoir dit qu’il n’avait pas l’intention de demander sa main à son frère?

Heureusement, elle fut rapidement enveloppée dans la tornade des préparatifs, si bien qu’elle n’eut pas assez de temps pour se décider si elle était fâchée qu’il lui ait menti, effrayée qu’il ait changé d’avis ou alors soulagée que ce soit le cas, conservant toujours une opinion biaisée de Dreadfort et de cette maison, même si Lord Bolton avait tenté de lui prouver le contraire. En tous les cas, que ce soit parce qu’on voulait lui faire plaisir ou alors parce qu’on voulait l’occuper le temps des «vrais» préparatifs, Khanrell se vit confier la responsabilité de la confection de sa robe. Assistée de couturières et d’une styliste, la princesse avait tout de même le dernier mot sur tout et pouvait avoir, pour une fois, les vêtements qu’elle désirait vraiment, pour son plus grand soulagement. En fait, on le lui permettait surement pour éviter qu’elle meurt de froid avec un décolleté trop plongeant et une jupe à moitié ouverte, ce qui serait tout à faire suicidaire dans le North, même en été! La robe, de satins blancs et crèmes brodés et garnis de perles, la couvrait donc jusqu’au cou et aux poignets, et sa jupe dense ne laissait même pas entrevoir ses chevilles, traînant même un peu au sol. Un long manteau de fourrure presque immaculé et des gants assortis complèterait le tableau. Jamais la jeune Targaryen n’aurait cru prendre autant de plaisir à s’occuper de sa tenue de noces, à croire que le plan était de l’empêcher d’angoisser…

Mais cela ne dura que jusqu’au moment du départ, la peur lui revint alors au ventre, et ses nombreuses nausées n’étaient pas seulement causées par les remous de leur embarcation qui traversait la Narrow Sea plein nord. Il ne fallut, de cette façon, que trois semaines pour atteindre Dreadfort, ce qui aurait été impossible à cheval, mais ce voyage fut un calvaire pour la princesse, non autorisée à abandonner le navire pour voler avec Shenya, qui devait suivre à côté (avaient-ils peur, pour la première fois, qu’elle fuit ses obligations?). Elle remit donc pied sur terre tremblante et blême comme un fantôme. Trop concentrée à mettre un pas devant l’autre sans trébucher, Khanrell fut à peine consciente des conversations autour d’elle, de l’accueil de leur hôte envers sa famille, du départ de cette dernière à la suite du Maester (qui soit disant avait quelques spécifications de dernière minute à leur fournir), ni qu’elle se retrouva bientôt seule, entourée seulement de deux gardes et d’une seule de ses domestiques… Enfin, presque seule. Lorsqu’elle eut enfin le courage de lever le regard vers sa future résidence (qu’elle avait évité de regarder depuis qu’elle avait mis pied à terre) la première chose qui la frappa ne fut pas sa terrifiante apparence… mais son Lord qui attendait sagement qu’elle reprenne ses esprits.

-Milord… tenta-t-elle de saluer maladroitement, la gorge serrée, mais elle dût être retenue par sa domestique pour ne pas trébucher lorsqu’elle tenta une courbette polie.

Il y eu un moment de flottement au cours duquel Khanrell n’était pas certaine si Bolton était en train de lui parler, en tous les cas elle ne l’entendit pas, tournant nerveusement la tête autour d’elle pour constater que tous les visiteurs étaient partis, outre ses trois «chaperons», et qu’elle était véritablement seule avec le propriétaire des lieux. Pourquoi n’avait-il pas accompagné Aegon et les autres? Était-ce volontaire qu’il soit resté derrière pour se retrouver seul avec elle. Frissonnant malgré la lourde couverture dans laquelle la princesse c’était enroulée (elle ne voulait pas salir son seul manteau avant les noces), elle jeta un autre regard apeuré vers le fort terrifiant où elle était attendue. Bien à l’abri des regards, sa main tremblante vint cueillir la pierre qui était presque continuellement cachée dans son corsage, et la roula nerveusement du bout des doigts.

-P’pardon Milord… vous disiez quelque chose? souffla-t-elle d’une très petite voix en osant enfin se remettre à marcher vers le château et… son fiancé… Je crains d’a… d’avoir été distraite un moment. Je… ne me sens pas très bien, milles excuses, bredouilla-t-elle en gardant les yeux baissés, se souvenant de l’effet saisissant des yeux de Rogar sur elle, dans lesquels elle avait trop souvent l’impression de se perdre.

Bien que la suivant, les gardes et la domestique de Khanrell laissèrent une distance respectable à la princesse, de sorte qu’ils ne pouvaient entendre la conversation de celle-ci avec le maître de Dreadfort. Depuis quand se souciait-on de lui accorder de l’intimité? Cela faisait beaucoup trop de changements pour la princesse d’un seul coup! Lorsqu’elle fut assez près de Lord Bolton pour le toucher, la jeune Targaryen hésita, l’espace de quelques secondes. Les gentes dames respectables se tiennent au bras des gentilshommes qui les leur offre, et bien que l’adolescente déteste cela, elle s’était toujours soumise à ce contact rapproché qui la dégoûtait pour ne pas être réprimandé. Seulement, Rogar ne lui tendit pas son bras, tout comme il n’avait jamais essayé de la toucher lors de sa visite à King’s Landing, un luxe que c’était pourtant offert bon nombre d’autres nobles sans considération pour l’envie de la demoiselle. Malgré tout, Khanrell sortit timidement sa main gauche de sous sa couverture, laissant passer un courant frais sous celle-ci par la même occasion, lequel la fit frissonner jusqu’au bout des doigts, et posa finalement, non sans hésitation, celle-ci sur le bras droit de son fiancé.

-Milord, est-ce que je peux vous demander… chuchota-t-elle très bas en jetant un regard inquiet derrière elle pour s’assurer que les trois autres ne pouvaient pas les entendre. C’est seulement que je ne comprends pas… enfin je me demandais…

La jeune princesse soupira devant son incompétence à formuler une simple question en songeant que c’était maintenant à lui qu’elle allait faire honte et non plus à son frère, sans se décider ce qui était le pire… D’ailleurs, elle leva les yeux au ciel à ce moment-là, revoyant à nouveau la terrible silhouette du château qu’elle tentait d’éviter du regard depuis son arrivée et qui fit crisper nerveusement ses doigts sans qu’elle ne puisse le contrôler.

-Dans le jardin, le matin du bal… vous aviez dit… «n’être pas venu pour ça et n’attendre rien de lui… Alors… p’pourquoi? Pourquoi tout ceci? Vous m’aviez menti, ou vous avez changé d’avis? Dans un sens comme dans l’autre, je ne comprends pas, avoua-t-elle à mi-voix, ayant recommencé à regarder ses pieds en marchant, la vision de Dreadfort lui étant insupportable.
Fondatrice de DOW
♔ Lady de Dreadfort
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Dim 20 Aoû - 18:45
De nombreuses lunes s’étaient écoulées depuis le Bal du Roi. Une missive attendait le Seigneur de Dreadfort à son retour dans le Nord, frappée du sceau Royal. Sa requête retenue toute l’attention du Dragon, si bien qu’à son grand étonnement, il lui répondu par l’affirmative. En effet, Rogar avait demandé la main de Khanrell car il ne voyait pas un autre moyen pour la sortir de son tortueux quotidien. Mais en aucun cas, il pensait que sa requête soit retenue.  Il était certes un puissant Seigneur, mais n’était pas un Seigneur Suzerain et n’avait pas la plus grande armée. La situation politique du Nord extrêmement compliquée ne jouait pas non plus en sa faveur. Bien d’autres Seigneurs représentaient un bien meilleur parti que lui. Et pourtant, la Princesse allait devenir son épouse. Après réflexion et quelques échanges avec le Mestre, la situation semblait s’éclaircir. Le Roi voulait bien évidement en contrepartie, son soutien militaire mais aussi le soutien absolu du Nord. Chose que ne pouvait lui offrir Rogar … pour l’instant, d’autant plus que le Roi était bien au fait de l’opinion de la famille Bolton vis-à-vis la Couronne. C’était d’ailleurs surement l’une des raisons qui avait poussé le Roi à accepter. Sa cruauté à l’égard de Khanrell était telle, qu’il pensait surement que la marier avec un Bolton, dont la simple évocation du nom suffisait à vous glacer le sang, représenté la torture ultime. Que le jeune homme se ferait un malin plaisir à faire subir les pires sévices à une Targaryen fragile.

Mais ce dont il était encore plus au fait, demeurait le passif entre les Maisons Stark et Bolton. Avec un décret Royal, un simple morceau de papier, le Roi pouvait lui accorder la gouvernance du Nord, ce dont souhaitait tout Bolton qui se respecte. Obtenir le soutien indéfectible du Nord aurait pu se faire plus directement en donnant la main de Khanrell aux Starks. Néanmoins, cela aurait plongé la Région dans le chaos. En effet, il ne suffisait que d’une étincelle pour que le Nord s’embrase. Depuis la conquête, l’autorité des Starks s’est effritée. Bon nombres de Lords Nordiens reprochent à leurs Suzerains d’avoir ployer le genou face aux Dragons, en particulier les Karstarks, renonçant à l’indépendance de leurs territoires. Donner Khanrell aux Starks s’avérait la pire des inepties et serait vécu comme l’ultime affront pour les Nordiens. La Guerre éclaterait et durerait des années, ce qui n’arrangerait en rien le Roi qui avait besoin d’un Nord pacifié et uni. Par conséquent, accorder la main de sa sœur aux ennemis ancestraux des Starks et légitimer leur position sur le Nord, devenait une stratégie bien plus intéressante.

De plus, le Dragon n’avait plus affaire au belliqueux Rickard Bolton, mais à son fils, bien plus pragmatique comme ses espions ont du si bien lui susurrer à l’oreille. Il devait également savoir que les Boltons se muaient dans la neutralité concernant la rébellion des Karstarks. Ce qui permettait d’accomplir le projet dans la plus grande discrétion, jusqu’à son aboutissement. Une fois le mariage acté, le Seigneur de Dreadfort se devait de prendre le Nord au nom du Roi, qui deviendrait ainsi une région officiellement et absolument fidèle à la Couronne. Remplacer les Starks affaiblis par les Boltons, voilà le plan du Roi. Mais on pourrait aisément deviner que la situation ne s’améliorerait guère dans le Nord. En effet, il était reproché aux Starks d’avoir ployé le genou, conduisant à la situation actuelle. Rogar s’apprêtait à pactiser avec les Targaryens, exactement comme l’avaient fait les Starks, en épousant de surcroit, une des sœurs du Roi. Ce mariage ne serait clairement pas cautionné par le Nord. En quoi cela changerait la colère des Seigneurs Nordiens de remplacer une famille ayant prêté allégeance aux Dragons par une autre ? Strictement rien, du moins à première vue. Mais en y prêtant plus ample attention, la situation serait profondément différente.

Le Nord serait toujours soumis à la Couronne, mais avec un statut privilégié, équivalent à celui de Dorne, voire plus. De plus, la terrible réputation de la Maison Bolton conférait au Roi l’assurance que celle-ci dirige d’une main de fer la sauvage région du Nord. Autre effet bénéfique de ce choix, il brisait également la dangereuse alliance Dorne-Nord dont il avait du avoir vent. Les différents messages que s’échangèrent le Roi et Rogar dans les lunes qui suivirent concernant les termes des Noces, confirmaient toutes ses hypothèses. Il profitait du conflit entre les Starks et les Karstarks pour prendre le Nord, l’offrir au Roi, et en échange, Aegon Targaryen lui donnait la main de sa sœur et le nommait Gouverneur du Nord. Une fois les conditions établies, la date de l’heureux événement fut programmée. Mais était-il prêt à cela ? Etait-il prêt à trahir les Starks ? A trahir ses convictions ? A renoncer à ses rêves d’indépendances ? Rien n’était moins sur. D’autant plus qu’il doutait sincèrement sur le fait que les Seigneurs du Nord le reconnaissent comme leur Suzerain, même si cela est légitime. Les plus récalcitrants tels que les Karstarks et les Umbers ne se laisseraient pas aussi facilement convaincre par les avantages que leur apporterait un Bolton marié avec une Targaryen plutôt que les actuels Starks.

Certes, il pourrait maintenir son autorité par la terreur. Profitant du soutien de la Couronne pour évincer toutes les Maisons rebelles sans pitié, mais ce n’était pas ce qu’il voulait, comme renoncer à ses envies d’indépendances pour le Nord.  Il n’allait pas tenir sa promesse auprès du Roi, il n’en avait jamais eu l’intention, bien que l’opportunité d’obtenir la gouvernance du Nord demeurait fortement alléchante, comment pouvait-il soutenir le bourreau de Khanrell ? Mais il se devait de faire tout comme tant que Khanrell n’était pas sa femme et en sécurité à Dreadfort. Après tout, c’était son unique objectif pour l’instant, tout ce qu’il voulait c’était libérer Khanrell des griffes du Roi. Même s’il venait à faire valoir ses droits sur le Nord, conformément à la volonté du Roi, les Seigneurs accepteraient-ils un Bolton comme suzerain ? Difficile à dire. Quoi qu’il en soit, sa future trahison allait le déclarer ennemi de la Couronne et impliquera le Nord. Celui-ci devra alors être de nouveau uni pour faire face, à nouveau uni face aux Targaryens pour arracher son indépendance. Mais pour cela, le conflit entre les Starks et les Karstarks doit prendre fin, et son implication s’avère inévitable. D’ailleurs, cette trahison pourrait bien être l’élément déclencheur de la Grande guerre qui menace Westeros.

Mais l’heure n’était pas à la politique, il se devait de préparer l’accueil du Roi qui faisait le déplacement pour l’occasion. Et bien évidement, tout organisé pour accueillir sa future épouse, du moins, essayer de tout faire pour que ses premiers jours à Dreadfort et plus généralement dans le Nord, soient le moins pénible possible. Après tout, il ne restait à peine plus d’une lune à l’Ecorché avant son union avec Khanrell. Cette dernière lune de célibat fut l’une des plus éprouvantes de sa jeune vie. Peu habitué à tant de faste entre ses murs et dans le Nord en général, terre sauvage et austère, Rogar était légèrement à cran. Il voulait que tout soit parfait pour la Princesse, pour sa Princesse. D’un naturel extrêmement dur, il l’était encore plus avec tous les domestiques qui s’afféraient dans la froide Forteresse. Aucun détail ne lui échappait, frisant l’obsession. Jamais le fief de la Maison Bolton n’avait connu pareille effervescence, il s’agissait tout de même d’une visite Royale, suivie d’un mariage. Mais le jeune Seigneur avait à finaliser des travaux bien plus importants que la gestion des banquets, des chambres et de l’accueil des invités. En effet, une incroyable découverte fut débusquée aux abords du château pendant son séjour à la Capitale.

Coutume Nordienne oblige, les mariages dans le Nord sont célébrer  sous le Barral, cet arbre sacré symbole de la Religion des Anciens Dieux que vénéraient les Enfants de la forêt ainsi que les Premiers Hommes. Les Seigneurs de Westeros construisaient leur château à côté des Barrals, aménageant un Bois Sacré ou trôné l’arbre millénaire. L’arrivée des Andals et l’avènement des Nouveaux Dieux de la religion des Sept entrainèrent la disparition de la quasi-totalité des Barrals. Seul le Nord pratique encore la religion des Anciens Dieux et possèdent encore quelques Barrals, dont celui de Winterfell. Dreadfort possédait bien cet arbre ancestral, mais Rogar était persuadé que celui-ci avait été abattu comme le pensait également son père et son grand-père. Mais suite à des fouilles effectuée aux abords du château par le Mestre, en vu de déterminer la fertilité des sols. Le Bois Sacré de la Maison Bolton fut retrouvé. Selon l’érudit, une énorme crue de la Larmoyante datant de plusieurs siècles, probablement même antérieur à la Conquête, avait provoquée un glissement de terrain. Celui-ci avait fait s’effondrer une partie du château qui enseveli le Bois Sacré. Cela concordait parfaitement avec la construction bien plus récente, de plusieurs siècles tout de même de toute une partie du fief, la partie détruite fut rebâtie de l’autre côté.

Cette découverte inespérée, avait ravi le très pieux Rogar, qui ordonna le déblaiement total de la zone et de la restauration du Bois Sacré. Les travaux connurent un ralentissement significatif à cause des autres préparatifs. Chose impensable pour l’Ecorché qui du réquisitionner d’avantage d’ouvrier pour tenir les délais. Autre considérable chantier, le jeune homme fit construire une crypte dans le bois attenant à Dreadfort. Ce refuge rocailleux dont un passage souterrain amené directement dans la demeure des Boltons, était destiné à Sheyna, la dragonne de Khanrell. Il espérait que cela fasse plaisir à sa future femme et à Shenya bien évidement. Le jeune homme ne considérait pas vraiment cela comme un cadeau de Mariage mais plus comme une attention affectueuse. Shenya représentait beaucoup pour la jeune Targaryen et Rogar voulait que cela ne cesse pour rien au Monde. Ce petit lieu d’intimité non loin de Dreadfort et facile d’accès pour Khanrell semblait nécessaire à son épanouissement. Désirant absolument offrir quelque chose à sa future femme, il ne voulait lui offrir des bijoux ou autres objets précieux qu’avait coutume de côtoyer la Princesse, considérant cela comme bien trop impersonnel et conventionnel. Non il voulait la toucher, lui offrir quelque chose qui lui ferait vraiment plaisir, à laquelle elle ne s’attendait pas. C’est alors qu’il se rappelait les circonstances de leur rencontre, et décida de lui offrir des livres. Pas n’importe lesquels, des ouvrages romanesques très anciens, relatant les histoires du Nord, une culture que la jeune femme devait tout juste connaître. Puis il les fit également déposer dans ses appartements.

Heureusement tout fut terminé dans les temps et Rogar consacra les derniers jours à se préparer psychologiquement à revoir Khanrell, qui allait bientôt devenir bien plus que la jeune fille qui hantait ses pensées. La veille de l’arrivée du cortège Royal, il fit allumer toutes les cheminées de la forteresse. En effet, on pouvait facilement deviner que la différence climatique avec la Capitale allait incommoder la Princesse. Le château devait être le plus chaleureux possible, même si les salles et couloirs lugubres de pierres noires n’avaient rien d’accueillant. Lord Bolton accorda une attention particulière aux appartements de sa future épouse ou il fit venir et mettre de nombreuses magnifiques fleurs Dorniennes aux couleurs éclatantes, gorgées de soleil. Le lendemain, le jeune homme finalisa les derniers détails, puis se rendit sur les rives de la Larmoyante afin d’y accueillir ses royaux invités, qui avaient fait le déplacement par les voies maritimes et fluviales. Un léger brouillard flouait l’atmosphère, la rendant on ne peut plus inquiétante. En fond, la silhouette de la terrifiante forteresse se dessinait uniquement dans la texture laiteuse grâce à la noirceur de ses murs. Les voiles et la proue du navire Royal percèrent la brume puis accosta. Le Roi descendit en premier, accompagné de ses gardes. Ils s’échangèrent leurs politesses, discutèrent rapidement du voyage et du climat Nordien.

C’est alors qu’il la vit, mettre un pied sur la terre ferme, son cœur se serra brusquement. Son visage, ses yeux, le jeune homme les reconnaîtrait parmi des milliers. Sa beauté était encore plus foudroyante sous la blancheur environnante. L’espace d’un instant, il crut à un mirage mais tout ceci était bien réel. Khanrell Targaryen allait devenir sa femme et il allait pouvoir tenir sa promesse. Le Mestre arriva alors et Rogar lui demanda d’accompagner le Roi jusqu’à Dreadfort, avant de se diriger vers sa promise. Elle semblait déboussolée, son regard se perdait et ses pas demeuraient timides. Le jeune homme patienta quelques instants afin qu’elle le remarque et qu’elle reprenne ses esprits. La Princesse le salua difficilement, manquant même de trébucher lors de sa révérence, illustrant bien la tourmente psychologique dans laquelle elle se trouvait. Rogar se mit à ses côtés et entama leur ascension jusqu’au château. Il voyait bien et sentait qu’elle était apeurée, perdue. Il essaya de briser son inquiétude en lui demandant comment s’était déroulé son voyage et si elle n’avait pas trop froid. Mais elle ne répondit pas, bien trop angoissé pour cela, il doutait même qu’elle l’eut entendu. Un léger rictus se dessina sur son faciès lorsqu’il l’aperçut rouler ses doigts fins autour du météore qu’il lui avait offert lors de leur première rencontre.  

La jeune fille maintenant âgée de seize ans, lui confirma avec son incroyable douceur qui lui était propre, qu’elle ne l’écoutait guère et que la fragilité de son état, s’excusant au passage. Les gardes et la domestique qui les accompagnaient, se tenaient à une bonne distance afin de leur laisser suffisamment d’intimité. L’air froid et rugueux du Nord, enveloppait chacun de leurs pas. Quelle ne fut sa surprise lorsqu’il sentit la main de sa promise lui saisir délicatement le bras, non sans un brin d’hésitation. Tout en lui lançant un regard tendre qu’elle ne verra jamais, il tendit légèrement son bras contre elle, facilitant son emprise. Khanrell jeta un regard inquisiteur aux groupes de suiveurs en stipulant qu’elle désirait lui demander une chose. Bien que l’intonation de sa voix et la formulation de ses propos laissait paraître sa maladresse qui touchait tant Lord Bolton, elle ne bégayait point. Attendant patiemment la suite de ses dires, l’Ecorché lut la profonde angoisse qui jaillissait des prunelles mauves de la Targaryen, lorsque ceux-ci se posèrent sur la silhouette imposante de Dreadfort. Il sentit également le reflexe nerveux qui en avait découlé lorsque les doigts de Khanrell serrèrent son bras droit. Elle se demandait donc pourquoi ? Pourquoi être ici alors qu’il lui avait assuré ne pas être un prétendant. Mais elle avait raison, il lui devait des explications.

Ne vous inquiétez pas, ils ne nous entendent pas. En effet Princesse, je n’étais pas descendu à la Capitale pour demander votre main. Mais je vous avais aussi dit que je voulais vous aider. Vous sortir ce quotidien horrible dans lequel vous étiez enfermée depuis bien trop longtemps. Je me trouvais impuissant face à vous, face à votre âme si pure et si douce, qui était injustement souillée par la cruauté de votre frère. Et cela m’était insupportable, tout comme de savoir que vous pourriez être vendue comme une vulgaire jument. Je n’ai alors vu qu’un seul moyen de pouvoir vous aider, vous libérer des griffes du Roi. Il marqua un temps d’arrêt et hésita, avant de finalement poser sa main gauche sur celle de Khanrell, comme pour lui témoigner son affection et sa sincérité. Puis il plongea son regard perçant dans celui de sa belle. Demander votre main … Vous faire venir dans le Nord ou personne ne viendrait vous chercher, ou personne ne pourrez vous faire du mal, ou je pourrais vous protéger. Je reconnais que c’était un geste désespérée et complètement inconscient, mais je ne le regrette pas. Je regrette seulement de vous avoir menti, pardonnez moi, Milady. Nous allons devenir mari et femme. Je vais pouvoir ainsi tenir ma promesse, et vous donner un avenir plus agréable. Oh bien sur, vous ne vivrez pas la vie de luxe de la Capitale et le temps est beaucoup moins clément. Mais plus personne ne vous fera du mal, plus personne. Vous pourrez vivre, être libre, avec Shenya, personne ne vous brimera, ne vous battra, ne vous fera toute sorte de chose dont une jeune femme telle que vous ne mérite pas. Votre frère pense surement le contraire, en parti à cause de la réputation de ma Maison et de ses membres, grand bien lui fasse.

Rogar tourna ensuite son attention sur Dreadfort qui était désormais à quelques dizaines de mètres.

Oui … Cette forteresse n’est pas des plus accueillantes, je le concède. Mais c’est à vous à présent et je compte sur vous pour m’aider à la rendre plus chaleureuse. Je m’efforcerai de rendre votre vie ici, la moins pénible possible, je serai votre obligé. Je sais que … cela est très difficile pour vous, je n’ose même pas imaginer ce que vous ressentez en ce moment. Tout ce que je veux que vous sachiez Princesse, c’est que je ferai tout, absolument tout, pour que vous soyez heureuse. Car c’est ce que vous méritez. Et je vous également que vous sachiez, que je n’attends rien en retour, vous savoir heureuse sera ma seule récompense.
♔ Lord de Dreadfort
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Lun 21 Aoû - 21:28
Hors-jeu:
 

En fait, ce n’était probablement pas de ses affaires, n’est-ce pas? De quel droit exigeait-elle des explications à son fiancé, comme si elle avait le droit de savoir? Les méandres de la politique lui avaient toujours été cachées, pas parce que son rôle ne lui permettait pas d’être impliquée (bien au contraire) mais parce qu’on ne l’avait jamais considérée digne d’être consultée. En réalité, plus elle y songeait, et plus Khanrell regrettait d’avoir posé la question, s’attendant, de toute façon, à ne pas avoir de réponse, ou au mieux un mensonge. Quoi que lui réponde Rogar, elle n’avait nulle façon, même si elle l’avait voulu, d’en vérifier la véracité, et son expérience de vie lui avait appris à douter de tout ce qu’on lui racontait désormais. Pourtant, rien qu’au ton de sa voix (sans même analyser ses yeux, puisqu’elle était incapable de les soutenir et préférait regarder où elle mettait les pieds) la princesse eut un sérieux doute sur ses propres convictions. Quoi qu’il lui racontait, il y avait toujours une partie de son esprit qui avait envie de croire Lord Bolton, bien que celle-ci était rapidement étouffée par l’effrayée, l’hésitante, la tourmentée…

Si l’intention de départ de Rogar n’avait pas été de l’épouser, il lui avait toutefois offert de l’aider lorsqu’il avait vu sa détresse, cela, Khanrell s’en souvenait très bien. Elle se souvenait surtout de lui avoir demandé de prier pour elle, en tout les cas, puisqu’elle ne voyait pas ce qui pouvait l’aider d’autre. Mais cette explication, même si une petite partie de la princesse avait envie de croire en sa sincérité, ne satisfaisait pas tout à fait la question. Pourquoi avoir eu le sentiment qu’il devait la sortir de son horrible vie? En quoi cela le concernait-il, lui? Avec le sentiment qu’elle avait, de toute façon, déjà trop demandé qu’il n’était pas obligé de répondre, l’adolescente garda cette question dans sa tête, non sans rouler toujours nerveusement la météorite de sa main cachée sous la couverture qui la couvrait. Vouloir sauver son âme, même si elle ne doutait pas qu’il ait pu aisément la voir au travers ses yeux, aussi faciles à lire que des livres ouverts, lui semblait une explication bien incomplète. Mais elle se tut, comme elle l’avait trop souvent fait dans sa vie.

La jeune femme fut presque prise d’un sursaut lorsque la seconde main de Lord Bolton vint réchauffer la sienne, qui commençait à se crisper plus de froid que de peur sur son bras. Trop surprise pour réfléchir, elle leva les yeux, ce qui ne fit que la troubler encore plus. Sa tête avait envie de ne pas le croire, pour protéger son cœur, mais il était difficile de ne pas voir la sincérité dans le regard qui lui lançait… et une tendresse qu’une seule personne ne lui avait jamais accordée… Heureusement qu’il n’avait pas terminé d’expliquer, obligeant Khanrell à se concentrer sur ses propos pour ne pas penser à elle! Ne pas se laisser distraire maintenant, voire même jamais, cela ne servait à rien, de toute façon, de ressasser ce qu’elle n’aurait plus jamais. Ses doigts frêles se crispèrent, une seconde fois sans qu’elle ne s’en rende compte, sur le bras de Rogar, lorsqu’il s’excusa de son mensonge. Mais… ça n’en était pas un! C’était, comme il venait de le dire, un geste désespéré et inconscient, et si la princesse entrouvrit les lèvres pour lui spécifier qu’elle le croyait, elle les referma aussitôt, à moitié parce qu’il n’avait pas terminé son explication… et à moitié parce qu’une force invisible l’obligeait à ne pas se laisser charmer par les mots, trop souvent destructeurs.

Elle n’avait pourtant jamais exigé telle promesse de qui que ce soit! La fâcheuse impression de ne pas comprendre tout à fait l’emplit à nouveau, car même si elle était touchée par le geste, elle ne s’expliquait pas la raison de celui-ci. Il ne la connaissait même pas! Ce qu’elle se fichait du climat, honnêtement, c’était bien le dernier de ses soucis et la capitale n’allait certainement pas lui manquer, peu importe le luxe qui manquait à Dreadfort. La promesse de ne plus souffrir lui était bien plus réconfortante que n’importe quelle chaleur, n’importe quel soleil, et malgré tout, elle se refusait d’y croire. Sans avoir réussi à se détacher du regard de Rogar depuis qu’elle l’avait croisé, Khanrell se demanda s’il pouvait deviner ses doutes et s’en sentait terriblement mal à l’aise. Cela était plus impoli encore que de le traiter de menteur de vive voix, mais elle n’arrivait tout simplement pas à baisser les yeux, comme hypnotisée, par le gris bleu doux de ses iris tout comme par ses mots. Lord Bolton… c’était lui qui était en train de lui promettre qu’elle serait en sécurité? Que personne ne lui ferait de mal? L’écorcheur, l’héritier de la maison réputée la plus violente de l’histoire de Westeros?

Justement, sa réputation, il en venait, ne semblant pas la considérer comme réelle, et bien heureux que le Roi y croit, de sorte que cela avait surement pesé dans la balance de sa décision, qu’il devait juger bien cruelle et se moquer lorsqu’elle avait le dos tourné. Cela ne l’étonnerait même pas d’Aegon, qu’il ait choisi son mari autant pour des raisons politiques que pour s’assurer que son calvaire ne cesserait jamais. Lorsque Rogar porta enfin son attention ailleurs que sur elle, Khanrell se libéra avec soulagement de cette attraction inhumaine et leva les yeux vers le ciel, sur la silhouette très lointaine (à peine reconnaissable à un œil inexpérimenté) de Shenya, probablement toujours en quête d’un abri pour la nuit. Libre avec sa dragonne… Elle ne voulait pas y croire, c’était son rêve, mais elle refusait d’espérer, de peur d’être déçue.  Bientôt, ils furent si près de Dreadfort que l’adolescente ne pouvait plus repérer la majestueuse créature, disparue derrière la silhouette d’une tour qui n’était pas plus rassurante vue de près que de loin. Comme s’il lisait dans ses pensés (ce qui arrivait beaucoup trop souvent pour les pauvres nerfs de la princesse) Lord Bolton commenta l’allure de sa forteresse, semblant même s’en excuser, et la surprit en lui avouant qu’il comptait sur elle pour la rendre plus agréable. Les dents serrées de peur de dire une bêtise si elle osait répondre aux promesses de son fiancé, la jeune femme entra finalement dans sa nouvelle demeure, mieux réchauffée qu’elle ne l’avait d’abord craint, puis explora silencieusement le hall des yeux, surtout pour éviter de le regarder lui.

-Je ne sais pas quoi vous répondre… avoua-t-elle d’une voix si basse qu’il du se pencher sur elle pour l’entendre. Outre que j’aimerais vraiment vous croire, de tout mon cœur.

Sauf que sa tête lui hurlait de se méfier. Il n’attendrait rien en retour, vraiment? Ce n’était pas tout à fait vrai, ce ne pouvait pas être exacte, parce que pour l’égaliser leur alliance, il lui faudrait prendre quelque chose qu’elle ne voulait pas donner. Voilà ce qui la bloquait mentalement, savoir que même si Rogar était honnête, ce qui n’était pas nécessairement le cas, elle lui imposerait une limite qu’aucun homme ne pouvait respecter. Et comme il s’agissait de la seule chose qui la rendait malheureuse… son fiancé allait vite se décourager de lui faire plaisir.

-Je ne suis pas capable de vous faire de belles promesses que je sais que je ne tiendrai pas, souffla-t-elle avec un trémolo dans sa voix qu’elle n’arriva pas à masquer, tournant rapidement la tête pour qu’il n’ait pas le temps de voir ses yeux briller avant qu’elle ne soit capable de refouler rapidement ses larmes de peur. Mais je vais essayer. Je ne pense pas pouvoir jamais réussir à être une bonne épouse pour quiconque, Milord, mais je vais essayer. Ou, à tout le moins, essayer d’être une bonne Lady pour Dreadfort. Cela était déjà un peu plus envisageable, bien que terrifiant. J’ai passé ma vie à faire honte à mon nom et à ma famille, je ne suis pas triste de m’en départir. Je ferai tout ce que je peux pour ne pas vous faire honte à vous. Je ne peux le promettre, mais je promets que j’essaierai, tant que vous tiendrez votre parole, lâcha-t-elle finalement en relevant à nouveau la tête vers son futur époux.

Époux,comme ce mot lui semblait effrayant, totalement contradictoire avec les émotions qu’elle ressentait en croisant le regard de celui-ci, bien qu’elle était tout à fait incapable de mettre un mot sur cette sensation, ce n’était certainement pas la peur… Celle-là, elle la reconnaissait toujours. C’était quelque chose d’inconnu, et de «gris», car Khanrell n’arrivait même pas à savoir si c’était une émotion positive ou négative. Juste différente et troublante. La princesse s’efforça à ne pas faire flancher son regard, espérant mentalement que les larmes qu’elle avait ravalé n’y paraissaient plus, et redressa ses épaules et son cou pour arborer une posture plus princ… Plus Lady. Malgré cette résolution, sa main était toujours durement tendue sur le bras de Rogar, bien que non plus froide, agréablement réchauffée par la sienne, qui ne l’avait pas lâchée. C’était la première fois qu’il la touchait, le réalisait-elle en retard, un contact qui, même s’il l’avait surprise au premier abord, était loin de la dégoûter. Cette simple constatation étourdissait si bien son cœur qu’elle rapporta son attention sur les lieux pour ne plus penser.

-Et que devons-nous faire maintenant? Nous attendent-ils? demanda-t-elle alors que son ton et son expression faciale souhaitait clairement que non. Ou votre Maester est-il investi de l’épouvantable mission de divertir mon frère assez longtemps pour que j’aie… le temps de me familiariser avec ma nouvelle demeure? ajouta-t-elle en mettant une énergie considérable à ne pas faire trembler sa voix pour avoir l’air moins effrayée, même si sa main cachée sous la couverture roulait toujours son pendentif «magique».

Et qu’avait-elle envie de voir, au juste? La pierre noire et les allures de «donjons» de chaque pièce n’avait rien de bien accueillant, même si les serviteurs avaient clairement mis l’effort de réchauffer le Fort, pas seulement en y allumant tous les foyers, mais avec un brin d’humanité qui manquait certainement à l’endroit quelques semaines plus tôt. En réalité, elle aurait tout le loisir de visiter plus tard les lieux et n’y tenait pas tellement maintenant, outre que cela lui donnait une raison de ne pas rejoindre trop vite sa famille. En fait… oui, il y avait bien un endroit qu’elle voulait voir, parmi tous, mais elle était trop gênée pour le demander. C’est surtout qu’elle craignait de découvrir sa première déception, car après Sheena et Daeyna, il n’y avait qu’une seule chose que Khanrell allait manquer de King’s Landing : la bibliothèque du Red Keep. Mais elle ne savait même pas si Dreadfort en possédait une et le demander lui donnerait certainement l’air idiote! «Où est la bibliothèque?» ferait en sortes de rendre Rogar mal à l’aise s’il n’en avait pas. «Est-ce qu’il y a une bibliothèque?» lui donnerait à elle une attitude hautaine et un jugement sur le North qui pourrait insulter Lord Bolton (et elle avait encore beaucoup trop peur de lui, malgré elle, pour s’y risquer). Et soudain, elle su.

-J’apprécierais surtout connaître les bon repères pour le silence, des endroits chauds et confortables pour lire, cela fait parti de ce qui me rend heureuse, suggéra-t-elle en s’efforçant un sourire tendu avant de rapporter son regard vers Rogar.

Comme elle avait apporté quelques livres dans ses bagages (camouflés dans ses robes car elle n’en avait pas eu la permission) elle pourrait toujours prétendre que c’était à eux qu’elle faisait allusion ainsi, de sorte de ne pas froisser l’honneur du Fort. Pourtant, Lord Bolton ne sembla pas ennuyé par la question, bien au contraire, Khanrell avait plutôt l’impression d’avoir raconté une très bonne blague à son insu et fut si surprise qu’elle se laissa guider vers les étages sans comprendre ce qu’elle avait fait pour le faire sourire. Ce ne fut que lorsqu’ils atteignirent les couloirs, qui semblaient assez clairement être les appartements seigneuriaux, que l’adolescente redevint passablement nerveuse. La bibliothèque ne pouvait être à cet étage. La crainte monta à nouveau dans sa poitrine alors qu’elle faisait face à de grandes portes verrouillées. Sa main, redevenue moite, fut libérée de la chaleur de celle de Bolton, le temps qu’y apparaisse une lourde clé de fer. Non sans hésitations, la princesse tourna celle-ci dans la serrure, craignant malgré elle l’idée qu’il avait eu de l’emmener si loin. L’idée qu’il avait eu, depuis le début, à les séparer du reste du groupe.

Un déclic grave se fit avant que la porte ne s’entrouvre, portée par le poids de la chaleur qui souhaitait sortir de l’appartement. Avec celle-ci vint de délicieuses effluves qui n’arrivèrent pas tout à fait à rassurer Khanrell. Cela semblait trop bien préparée pour elle, justement. Hésitante, mais ne voyant que faire d’autre, la princesse entra dans ce qu’elle comprit bientôt être ses appartements. Ou les leurs? Difficile de le savoir, elle n’avait pas porté attention, dans le couloir, à savoir s’il y avait une autre porte aussi imposante. Les innombrables fleurs qui décoraient sa chambre, chaque tablette disponible, auraient dû l’attendrir, elle les aimait tant, les reconnaissait toutes (même si elle n’avait jamais vu certaines qu’en peintures), fascinée par la botanique elle aurait pu toutes les nommer sans se tromper. Il fallait quand même reconnaître qu’un impressionnant effort avait été mis ici, puisqu’elles venaient toutes de Dorne, soit l’autre bout du monde. Mais elle était toujours nerveuse. Pourquoi ici, maintenant? La future Lady Bolton voulu se tourner pour interroger Rogar derrière elle, mais s’arrêta à mi-chemin lorsqu’elle vit enfin le lourd et large meuble de bois pleins de divers livres tous aussi inconnus à ses yeux les uns des autres. Un très court et surprenant rire, presque un hoquet, s’échappa des lèvres de Khanrell lorsqu’elle comprit. Bien sûr, qu’il l’avait emmenée à la bibliothèque.

Ayant soudainement beaucoup trop chaud dans son appartement, où un agréable feu ronflait, la princesse laissa tomber la couverture qui l’avait recouvert pendant le voyage, ne laissant paraître que sa simple robe de promenade (elle était supposée se changer avant de descendre du navire mais ne l’avait pas fait…). Sa main droite avait cessé de jouer avec son pendentif pour aller, en chœur avec la gauche, se plaquer sur ses lèvres tremblantes. Ses yeux se remplirent à nouveau de larmes, une fois de trop qu’elle fut incapable de refouler, et qu’elle essaya de cacher au Lord, resté dans l’entrebâillement de la porte, en s’approchant de la bibliothèque et faisant mine d’étudier le lettrage sur les reliures qu’elle était pourtant incapable de lire avec sa vue si embrouillée. Elle attrapa donc un ouvrage au hasard qu’elle ouvrit à n’importe quelle page, entrevoyant quelques illustrations qui semblaient représenter une aventure s’étant déroulée dans le North, sans être capable de distinguer un seul des mots. In extremis, elle plaqua une main sur sa joue pour écraser la larme qui avait faillit tomber et mouiller le précieux objet, qu’elle referma rapidement de peur de l’abîmer et le serra contre son cœur.

-Merci… Merci beaucoup, murmura-t-elle d’une voix où transperçait un sanglot naissant, qu’elle étouffa en se raclant la gorge avant de s’empresser d’aller porter le livre sur la table à côté de son lit.

D’ici la fin de la journée, il embaumerait certainement des mêmes fleurs qui trônaient à côté, elle en était certaine. En attendant, Khanrell se sentait un peu plus d’attaque pour visiter le reste de Dreadfort, frotta rapidement ses yeux avec un mouchoir, brodé des couleurs de sa maison, qui traînait toujours dans une des poches de ses robes, et s’efforça de sourire à nouveau en se retournant vers Rogar. Mais cette fois-là, ce fut beaucoup moins difficile.

-Qu’y a-t-il d’autre à voir? Je suis prête à continuer. Soudain, elle avisa leur escorte qui, bien que plusieurs pas derrière Lord Bolton, avaient eu un bref aperçu de l’appartement de la princesse. Et vous trois, ne vous avisez surtout pas de raconter quoi que ce soit de ce que vous avez vu au Roi, lâcha-t-elle avec beaucoup plus d’assurance qu’elle n’en possédait réellement, puisque sa voix l’abandonna à la fin de sa phrase, toujours faible du voyage, mais surtout faible des émotions.
Fondatrice de DOW
♔ Lady de Dreadfort
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Mer 23 Aoû - 9:10
Elle avait raison de se méfier, c’était naturel et de circonstance. Le jeune homme lui étalait de bien belles promesses, bien trop belles pour y croire, surtout pour une femme si souvent dupée par le passé. Des paroles ne valaient rien sans des actes et l’écorché lui donnerait, il lui donnerait tout, même si elle ne le savait pas encore et n’en avait pas conscience. Lord Bolton remarqua les larmes que tenta de ravaler la Princesse précédemment lorsqu’elle évoquait son rôle d’épouse sur le chemin menant à ses appartements. Mais il ne releva pas, elle était suffisamment mal à l’aise comme cela. Restant dans l’entrebâillement de la porte, il la regardait, la contemplant même, se mouvoir dans la chaleureuse pièce et retirer sa couverture. Le petit rire surpris et touché qu’elle poussa en découvrant les livres lui donna un immense soulagement, il espérait vraiment que ses attentions lui plaise. Rogar affichait sa satisfaction par un léger rictus. Après qu’elle eut pris et ouvert un livre au hasard, le jeune homme l’aperçut porter rapidement sa main à sur sa joue. Elle s’apprêtait à pleurer mais se retint, preuve de sa surprise. Une telle bienveillance à son égard était tellement rare, que l’émotion était bien trop intense. Sa fragilité faisait littéralement chavirer le rigide Nordien qui reprit ses esprits en secouant légèrement la tête. Elle ravala maladroitement son sanglot en le remerciant et s’essuya vivement les yeux avant de revenir auprès de lui, en lui souriant. C’était la première fois qu’elle lui souriait, il voulait voir ce sourire pour le restant de ses jours se disait-il intérieurement.

C’est la première fois que je vois votre si joli sourire Princesse, j’espère avoir l’honneur de le voir encore. Je suis heureux que ces quelques livres vous plaisent, ce sont des romans Nordiens, ils sont à vous... Rassurez-vous, ils ne nous attendent pas. En effet, j’ai stipulé à votre frère que nous allions visiter le Château et que nous ne retrouverons lors du dîner. Nous avons donc toute l’après-midi pour nous, sans prérogatives désagréables. Et oui, le Mestre à l’ingrate tâche de divertir le Roi et de l’accompagner à ses appartements. Dit-il sur un ton amusé. Mais il s’en sortira très bien, c’est un homme loquace et intéressant. Il lui fera même visiter les geôles de Dreadfort ou nous pratiquons ce que vous savez … pour satisfaire sa curiosité et son appétit pour la cruauté …  

Khanrell lui stipula alors qu’elle était prête à pour poursuivre la visite des lieux, à son grand étonnement, pensant que celle-ci aurait préféré rester seule dans ses appartements.

Vous avez raison, parlons peu, parlons bien. J’ai effectivement un endroit tout particulier à vous montrer, mais avant. Il se dirigea vers la table de chevet et en sortit une clef. Cette clef vous donne l’accès à la bibliothèque de Dreadfort. J’ai demandé au Mestre de vous la faire visiter. C’est un homme bienveillant et jovial, il se fera un plaisir à vous faire une description complète des ouvrages. Mais préparez-vous à y passer votre journée si ce n’est plus, comme je vous l’ai dit, c’est un grand bavard. Il voue une grande passion à ce lieu et la quantité faramineuse de recueil ou autres parchemins s’y trouvant. Une fois lancé sur le sujet, il est inarrêtable, pire qu’un sang-coureur Dothrak. Dit-il avec amusement tout en reposant la clef. Vous pourrez y aller tant que voulez et n’importe quand, comme partout dans le château, vous êtes chez vous. Continua-t-il en lui adressant un sourire tendre. Rogar alla récupérer la couverture que la Princesse avait retirée, puis la lui remit sur ses fines épaules. Non pas que votre robe ne m’est pas agréable, mais vous allez en avoir besoin. Nous pouvons y aller Milady. Une fois dans le couloir, il fut agréablement surpris de l’aplomb avec lequel sa future épouse mis en garde leur petite escorte, même si l’intonation de sa voix s’effrita sur la fin.

En revanche, aucun des trois ne répondit à sa promise qui venait de leur demander de garder le silence, un manque de respect que nous pouvait laisser passer Rogar. Votre Princesse vous a parlé. Lança l’écorché d’un ton dur et sec. Le trio devint immédiatement très nerveux et s’empressa de répondre par l’affirmative à Khanrell. Avez-vous bien compris ce qu’elle vous a dit ? Poursuivit le Seigneur en les fixant de son regard dérangeant et insoutenable, si bien que la peur pouvait se lire sur leurs visages et dans leur communication non verbale. Ils répondirent encore par l’affirmative au Lord non sans difficulté comme le laissa paraître leur intonation fébrile. Bien. Suite à cela, les futurs mariés reprirent leur chemin. Quelques instants plus tard, Rogar jeta un coup d’œil furtif aux suiveurs qui semblaient encore ébranlés de la remontrance subie. Puis il se pencha légèrement vers la Targaryen pour lui murmurer à l’oreille d’un ton taquin. Je crois qu’ils ont compris.

Le groupe redescendit dans la cours de la forteresse. Rogar se stoppa puis s’adressa de nouveau aux gardes et à la domestique. Votre présence n’est plus nécessaire, nous allons continuer seuls, retournez dans la grande salle. Ils s’exécutèrent et l’Ecorché entraîna sa future épouse après avoir traversé la cour, dans la plus haute tour de Dreadfort. Partie du château ou seul Rogar et le Mestre avait un droit d’accès, celle-ci contenait notamment le passage menant à la crypte ou était inhumés les membres de la Maison Bolton. D’ailleurs c’était l’unique partie, excepté la grande porte, ou deux soldats gardés en permanence l’entrée. A l’unique étage, au sommet de la tour, se trouvait une grande pièce confortable avec une ouverture démesurément grande qui donnait une magnifique vue, sur l’ensemble du  fraichement restauré Bois Sacré ou trônait majestueusement le Barral retrouvé. On pouvait également admirer les landes grisâtres et mystiques du Nord à perte de vue, ainsi que la paisible Larmoyante.  

C’est magnifique n’est-ce pas ? Cela doit être encore plus saisissant lorsque l’hiver recouvre cela d’un manteau blanc. Voilà la pièce la plus calme et reposante de Dreadfort, j’y viens régulièrement me ressourcer. Elle est confortable et à l’abri des vents glacials du Nord, lorsque le feu de cheminée ronfle dans son foyer, cette pièce est la plus chaude du château. Vous pouvez venir librement ici, lire et vous reposer en toute quiétude. Rogar plongea son regard dans les prunelles mauves de Khanrell. J’espère que cela vous convient  Milady. Si vous désirez y apporter des changements, faîtes-le. J’ai un dernier endroit à vous montrer mais nous allons devoir marcher un peu. C’est un lieu secret dont seul vous, le Mestre et moi connaissons l’existence. En effet, les ouvriers qui avaient construit ce passage et aménageaient la crypte à son embouchure, étaient des condamnés à mort. Rogar leur avaient promis une exécution rapide sur le billot à la place de l’écorchement s’ils contribuaient à cette entreprise. Leur choix a été unanime. En revanche, seule vous y aurez désormais accès, avec cette unique clef.

Ils redescendirent en bas du long escalier en colimaçon. L’accès descendant à la crypte se trouvait à leur droite. L’écorché saisit une torche sur le mur et l’enflamma, puis le duo se glissa derrière l’escalier ou les attendait une porte secrète. Il y avait à peine la place pour eux deux la derrière et il y faisait extrêmement sombre, même avec la torche. Il remarqua l’inquiétude dans les yeux de sa promise, les ténèbres régnaient ici, dans cette espace exigu ou leurs deux corps étaient bien trop proches pour la rendre à l’aise. La respiration saccadée de Khanrell témoignait de son appréhension. Rogar tenta de la rassurer, arborant un ton suave tout en lui prenant la main. Ne vous inquiétez pas Milady, faites-moi confiance. Il ouvrit la porte et s’engouffra dans le passage souterrain, amenant la jeune femme avec lui.

Les futurs mariés avalèrent une dizaine de marches avant d’entamer une longue traversée dans ce corridor, étroit mais assez large pour que nos tourtereaux puissent se mouvoir l’un à côté de l’autre. Le couloir s’étendait sur une demi-lieue, nécessitant une vingtaine de minutes de marche. Progressant à la seule lueur de la torche, la température était nettement supérieure ici qu’en surface, rendant les secondes moins pénible. Une légère luminosité était perceptible au bout d’un moment, puis se faisait de plus en plus distincte. Nous y sommes presque, encore quelques mètres. En effet, à peine une minute plus tard, ils s’extirpèrent  du passage et se retrouvèrent dans une immense crypte. Celle-ci faisait plus de 60 pieds de hauteur et plus de 150 pieds de largeur. En face d’eux, se trouvait l’unique accès vers l’extérieur, une entrée imposante taillée dans la roche. La luminosité que donnait l’entrée de la grotte était parfaite, ni trop forte, ni trop faible.

Nous y voilà, toutes mes excuses pour cette longue marche. Il se rendit alors compte qu’il n’avait pas lâché la main de Khanrell de tout le trajet et n’en avait pas le moins du monde envie. Cette grotte existait déjà, je l’ai faite agrandir et relier à Dreadfort par le chemin que nous venons d’emprunter. Elle est pour Shenya. Je ne connais que peu de chose sur les Dragons mais … je me suis dit que … cela vous plairez que Shenya dispose d’un endroit où s’abriter et se reposer. Et que vous puissiez vous voir en toute intimité, loin de tout. Il lui adressa un regard tendre et la laissa prendre connaissance des lieues. Nous sommes à une demi-lieue à l’Est du château. Si vous allez à l’extérieur, vous ne verrez que de la lande à perte de vue. Il n’y a absolument rien à l’est de Dreadfort sur des dizaines de lieues jusqu’à la Mer Grelotte, mise à part de nombreuses proies pour Shenya. C’est un espace idéal pour Shenya et vous non ? Vous pourrez voler en toute liberté. Qu’en pensez-vous ?
♔ Lord de Dreadfort
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Jeu 24 Aoû - 21:25
Le sourire assuré de Khanrell devint bientôt malaise et le rouge lui monta aux joues au compliment de Bolton… quelle drôle de femme elle faisait, à supporter aussi difficilement qu’on fasse ses éloges. Son mal être devint encore plus évident lorsqu’il fut question de la salle où les écorcheurs faisaient «ce qu’elle sait» où avait été emmené le Roi pour le distraire. Oh oui elle savait. Voilà pourquoi, malgré tous les efforts de Rogar pour lui montrer sa bonne volonté, Khanrell peinait tant à ne pas le craindre. Déjà que c’était difficile en général avec les hommes, pour des raisons évidentes, la réputation de la maison de son fiancé lui rendait difficile d’essayer de lui faire confiance, et pourtant elle en avait tellement envie, elle aurait tant aimé être capable de faire fit de ses peurs et garder la tête haute. Elle devait être absente lorsque la fée du courage était passée à son berceau!

Avant de quitter l’appartement de la jeune femme pour poursuivre leur visite, Bolton mentionna avoir autre chose à lui montrer, et entra enfin dans la pièce, alors qu’il était sagement resté dans l’embrasure de la porte depuis le début, si bien que la pauvre Khanrell ne put s’empêcher de retenir sa respiration dans l’attente épouvantable que… rien du tout, en fait. Il sorti simplement une clé du tiroir de la table à côté de son lit et lui expliqua qu’il s’agissait de celle de la bibliothèque. Un brin de surprise se peignit d’abord sur le visage de la princesse, qui avait stupidement cru qu’il n’y en avait pas, puisque Rogar avait pris la peine de lui faire parvenir des livres sans sa chambre, elle avait craint un temps que ce ne soit les seuls… Bien qu’elle en ait pour plusieurs mois avant de passer au travers, elle aurait été bien triste de n’avoir rien d’autre à lire. Ceux-là étaient donc seulement à elle? Cette constatation lui fit apprécier encore davantage la surprise, et son sourire revint naturellement sur ses lèvres, accompagné d’un soupir soulagé.

Elle aurait bien été voir la bibliothèque immédiatement, mais son fiancé assurait que le Maester la lui ferait mieux visiter, bien que cela n’enchantait pas l’adolescente, elle se retint de relever… Bien sûr, elle aurait préférée être seule, mais elle ferait une bien piètre Lady de Dreadfort si elle n’était même pas capable d’accepter la compagnie de son Maester. Quelle que soit la description que lui faisait Lord Bolton de cet homme, Khanrell serait bien incapable d’être totalement à l’aise, c’était à prévoir… Enfin, au moins, elle n’aurait même pas à faire la conversation, avec un peu de chance sa peur ne paraîtrait pas trop ? Et puis, comment pourrait-elle ne pas apprécier la compagnie d’un savant?

Cette fois-ci, la princesse eu juste le temps de voir le sourire tendre de Rogar avant qu’il ne se détourne, une expression qui ne sied pas du tout au terrifiant lord de Dreadfort qu’il est censé représenter et qui chavira les certitudes de la jeune Targaryen. Avec un temps de retard, elle tenta d’y répondre un peu maladroitement lorsqu’il revint avec sa couverture, lui assurant qu’elle en aurait besoin où ils allaient. Surprise de retourner dehors, mais aussi curieuse, elle étouffa ses questions, le suivant plutôt dans le couloir.

Même Khanrell se tendit de frayeur lorsque Lord Bolton exigea à sa suite qu’ils répondent à «l’ordre» qu’elle leur avait donné, alors qu’elle n’avait pas particulièrement espéré une réaction (ni qu’ils se soumettent à elle, d’ailleurs elle ne comprenait pas vraiment pourquoi elle avait pris la peine de l’exiger). Difficile de savoir qui d’entre eux et la jeune Targaryen était le plus nerveux à ce moment, définitivement cette attitude-là de Rogar collait beaucoup plus à sa réputation, mais fichait sacrément la frousse à sa fiancée, qui garda la tête haute de peine et de misère. Les trois employés du Roi finirent par affirmer qu’ils avaient compris, non sans paraître complètement foudroyés de peur, et l’adolescente peina également à retrouver contenance en le suivant avec une certaine hésitation. Pourtant, lui semblait satisfait, se penchant vers elle pour lui chuchoter, non sans un certain plaisir, qu’il croyait leur avoir bien fait comprendre de se taire.

-Oui… je le crois aussi… chuchota-t-elle d’une voix qu’elle fut incapable d’empêcher de trembler, à son plus grand dam et malgré l’attitude assurée qu’elle essayait de s’imposer.

Et elle, avait-elle compris? Ce brusque changement d’attitude, entre le tendre futur fiancé et le dur Lord de Dreadfort la confondait plus qu’elle ne l’aurait imaginé et l’empêchait de se décider de ce qu’elle pensait de Rogar. En tous les cas, elle s’assura de noter mentalement de ne jamais le faire fâcher contre elle… il lui fichait beaucoup trop la frousse. Rien que d’y penser, Khanrell eut un frisson et serra sa couverture autour de ses épaules, faignant d’avoir froid alors qu’elle était simplement effrayée. Le duo sorti finalement dehors, et Lord Bolton chassa leur suite, à la grande surprise (et angoisse, elle avait beau ne pas les aimer, ils étaient là pour assurer sa sécurité et la chaperonner en présence de celui qui n’était pas encore son époux) avant de l’emmener à la plus haute tour, dont heureusement la princesse ignorait la fonction principale de crypte, sans quoi elle aurait été encore plus mal à l’aise. Que deux gardes aux couleurs de la maison gardent la porte ne l’a rassurait pas du tout !

Bientôt ils furent tout en haut, dans une grande pièce ouverte qui permettait de voir sur des lieux. Avec un plaisir non dissimulé, Khanrell découvrit le bois sacré, une magnifique pièce de jardin, bien plus sauvages que ce qu’on trouve à King’s Landing, mais d’une beauté sans pareil. En fait, c’était probablement cette sauvagerie qui lui donnait un aspect aussi agréable, naturel, sculpté par les doigts artistiques de la nature elle-même. Ébahie comme une enfant devant une friandise délectable, l’adolescente hocha simplement de la tête à la question de Rogar, écoutant d’une oreille distraite les propos qui suivirent, mais assez attentivement pour reporter son attention sur lui lorsqu’il expliqua qu’il avait un autre endroit à lui montrer, dont elle serait la seule détentrice de la clé permettant d’y accéder.

La princesse allait protester l’interroger, mais Lord Bolton avait encore un endroit à lui montrer et descendait déjà les escaliers, si bien que la jeune femme du se presser pour le suivre, arrivant au niveau du sol seulement alors qu’il allumait sa torche et ouvrait une porte dissimulée qu’elle n’avait pas remarqué en entrant. Inquiète par l’aspect des lieux derrière celle-ci, ténébreux et exigus, Khanrell oublia bien vite ses questions. Sa gorge serrée de peur ne lui aurait pas permis d’en poser une seule, de toute façon. Pour l’encourager, Rogar pris sa main moite, celle qui ne tenait pas fermement la clé du passage, dans la sienne et lui chuchota de lui faire confiance. Seulement… c’était ça, justement, qui lui manquait en ce moment. Ils étaient isolés des autres, personne ne savait où elle se trouvait, devait entrer dans un passage sombre en compagnie du seigneur réputé le plus violent de Westeros, et dont l’étroitesse des lieux l’obligerait à se tenir très près de lui. Évidemment, qu’elle n’avait pas confiance, mais comme il tenait sa main, et qu’elle avait appris très jeune à baisser la tête et obéir même lorsqu’elle a envie de fuir, la princesse se laissa entraîner dans une marche qui sembla lui durer des siècles. Dans le silence de plomb qui envahissait les lieux, la respiration saccadée de la jeune Targaryen semblait aussi cacophonique qu’un ouragan à ses oreilles. Malgré la chaleur de la main de son fiancé, ses doigts à elle restèrent tendus et frigorifiés, ne se réchauffant pas à son contact.

Lorsqu’ils arrivèrent enfin, un millénaire plus tard, la demoiselle ne respirait pas mieux, même libérée de l’espace étouffant, sa main était toujours prisonnière de celle de Rogar et elle ne comprenait pas d’avantage ce qu’il y avait d’intéressant dans une grotte perdu à l’autre bout du North. Il lui expliqua enfin, après s’être excusé pour le temps de marche, qu’il avait fait agrandir la grotte et creusé le tunnel afin qu’elle puisse rejoindre facilement Shenya quand bon lui semblerait, sans aide. Stupidement, Khanrell sentit sa bouche s’entrouvrir dans un «o» surpris, sans trouver rien à dire, et ne pu que constater, en examinant pour la première fois avec attention l’endroit où elle se trouvait, qu’une bonne partie de la grotte et tout le chemin ne semblaient effectivement pas naturels… la main de l’homme l’avait creusé, cela était évident, bien qu’elle ne l’avait pas remarqué en route, trop paniquée par sa proximité avec Bolton et leur isolement. À ne penser, encore une fois, qu’à ses peurs, elle ne s’était pas douté qu’il lui réservait tout simplement un autre plaisir. Tout ce mal… juste pour son bonheur?

-Je… ne… balbutia-t-elle stupidement, plus obnubilée par le second regard tendre que lui octroyait Rogar que par son environnement immédiat. M… Milord je… ne sais pas quoi vous dire. Quoi en penser. Je ne comprends pas encore… pourquoi vous faites tout cela pour moi? gémit-elle en s’en voulant, soudainement…

Oui elle s’en voulait, car elle craignait de lui avoir donné de faux espoirs, à King’s Landing, d’avoir dit un mot, posé un geste, eu un regard qui lui aurait fait croire qu’ils pouvaient être heureux ensemble, alors que la vérité était qu’elle ne serait heureuse nulle part. Elle ne le pouvait tout simplement pas, c’était trop rêver, trop espérer, surtout avec un homme. Toutes ses attentions qu’il avait soigneusement préparées pour elle, alors que la seule chose que la princesse pouvait lui offrir en retour était… rien. Ses peurs, ses angoisses, sa panique même, rien que du négatif. * C’est la première fois que je vois votre si joli sourire Princesse, j’espère avoir l’honneur de le voir encore. * se remémora-t-elle en frissonnant, serrant inconsciemment les doigts de Rogar dans les siens, un tic qui témoigna bien de sa nervosité. Il lui avait dit que tout ce qui comptait était qu’elle soit heureuse. Cela était pourtant une tâche que Khanrell considérait irréalisable, et elle s’en voulait parce qu’elle savait qu’elle le rendrait malheureux dans sa mission impensable de lui alléger le cœur.

La princesse sursauta en entendant le cri de Shenya… avait-elle sentit sa panique à distance? Son instinct incroyable pour la retrouver surpris autant qu’il ravit la jeune demoiselle, un instinct qu’elles avaient longuement travaillé et qui portait enfin ses fruits. La dragonne immaculée entra en trombes dans la grotte, une énorme bête poilue (difficile à identifier dans son état…) ensanglanté dans la gueule, lui donnant un air un peu inquiétant alors qu’elle s’approchait de Rogar sans lâcher sa proie. Khanrell s’empressa de lui apprendre mentalement qu’elle allait bien, même si ce n’était pas vrai, et que Bolton ne représentait pas un danger à éradiquer (du moins c’est ce dont elle essayait de se convaincre elle-même). Pour distraire le reptile volant de ses pulsions protectrices, la Targaryen lui appris, un peu difficilement avec les images mentales, que la grotte où ils se trouvaient tous les trois était la sienne, si elle en voulait, qu’il s’agissait d’un cadeau de celui-qu’il-ne-faut-pas-croquer et qu’elle-même y aurait accès facilement, quand elle le voudrait. Toute la plaine, en réalité, était maintenant la leur. Il y eu un temps de flottement, de longues secondes que Shenya passa à mâchouiller distraitement son cadavre (c’était peut-être un gros chien? Ou alors un loup?) en rivant ses yeux sur Rogar, puis sur Khanrell, puis alentour, pour revenir sur Rogar, et ainsi de suite de nombreuses fois, jusqu’à décider d’aller explorer «l’habitation», reniflant ici et là, grognant d’approbation, finalement, ce qui déclencha un soupir de soulagement de la princesse.

-Je crois qu’elle l’aime bien… chuchota-t-elle car sa voix était encore trop enrouée d’émotions pour parler. Moi aussi, je l’aime bien. Oui, c’est idéal. Merci pour… l’attention. Je suis navrée de ma réaction, j’ai encore du mal à me faire à l’idée que… Que vous ne soyez pas un monstre? Non, elle ne pouvait pas dire ça… Que c’est pour moi.

À sa façon bien particulière, Shenya vint aussi remercier Rogar, ayant heureusement la délicatesse de laisser tomber son repas dans un coin opposé à l’endroit où ils se trouvaient, elle revint vers les fiancés en grognant, mais Khanrell la connaissait assez bien pour savoir que c’était de la gentillesse, un grognement approbateur, et non de la colère. Elle allait l’expliquer à Lord Bolton lorsque, sans crier gare, la dragonne poussa celui-ci avec son museau, frottant un peu sa tête sur le ventre de l’homme, avant d’aller doucement effleurer la joue de la princesse avec ses naseaux. Bien que recouverte d’écailles, l’adolescente trouvait qu’il n’y avait rien de plus agréable dans l’univers qu’une caresse de son âme-sœur… Sauf peut-être celles de Shee… non. Ne pas penser à ça. Elle ne pouvait pas, elle ne pouvait plus.

-Je crois… que c’était sa façon maladroite de dire merci… réfléchit-elle à voix haute. Je suis désolée, elle a toujours eu une drôle de façon d’exprimer son affection, mais je ne l’avais jamais vu faire cela.

Se détendant enfin alors qu’un rire nerveux s’échappait de ses lèvres alors que la créature s’envolait vers le ciel, expliquant par image à son âme-sœur qu’elle allait chercher de quoi «aménager» son espace (la végétation environnante allait certainement en prendre cher, du coup)… Franchement, avec le sang dégoulinant de la bouche de Shenya, Khanrell avait quand même eu un peu peur que celle-ci décide de manger Rogar à la place du loup. Cette constatation ébranla profondément la jeune femme, puisqu’elle craignait toujours Lord Bolton… mais… pourtant elle ne voulait pas qu’il lui arrive malheur. Parce qu’elle avait conscience qu’il était sa bouée de sauvetage? Probablement, du moins c’est ce dont elle essayait de se convaincre, parce qu’une autre supposition aurait été trop difficile à accepter à cette étape. Néanmoins, elle avait presque oublié, pendant le passage de sa dragonne, qu’elle lui tenait la main, s’étant presque habitué à son contact, si bien qu’elle n’avait aucune envie de s’en défaire. Pour éviter de penser plus longtemps à ce que cela signifiait, la jeune Targaryen pointa du doigt le cadavre-repas, avec une moue amusée.

-Elle va revenir, sinon elle n’aurait pas laissé ça là, donc je crois qu’elle a adopté cet abris. Mais moi je… Milord, j’apprécie ce que vous faites, vraiment, je sais que je l’exprime très mal et que je n’ai pas l’air très redevable, mais je le suis, vraiment. Seulement…

Khanrell se pinça les lèvres en levant un regard hésitant vers Rogar. Décidément, elle n’était pas vraiment très douée pour exprimer sa reconnaissance… C’est que ce n’était pas exactement le genre de choses qu’elle était habituée de faire dans sa vie. En fait, outre avoir peur, elle ne maîtrisait pas vraiment d’autres émotions, faute de les connaître, voilà pourquoi elle paniquait, pleurait, riait au hasard sans vraiment contrôler quoi que ce soit. D’ailleurs, là, elle sentit ses yeux devenir humides, et détourna vivement le regard avant de les essuyer férocement avec sa couverture et être capable de soutenir à nouveau les yeux de son fiancé.

-Je suis désolée, je vais arrêter de pleurer, je vais devenir plus forte pour ne pas vous faire honte, ce n’est pas digne de la Lady de Dreadfort de pleurer pour rien et j’en suis consciente. Seulement… Toutes vos attentions, tous vos cadeaux… Milord, je dois avouer que je suis un peu embarrassée. Mo je n’ai rien pour vous. Rien du tout, et vous le savez, ou du moins vous vous en doutez, chuchota-t-elle dans un aveu honteux en baissant rapidement le regard sur sa taille avant de les relever immédiatement, elle ne se lassait plus des iris claires et tendres de Rogar. Pas même le minimum qu’une femme doit à son époux, et je ne saurais qu’en faire de toute façon, même si je l’avais encore. Je ne sais même pas comment aimer convenablement, en fait je crois que j’en suis incapable. Et je ne comprends même pas pourquoi vous faites tout cela pour moi, essayer de me rendre heureuse malgré tout, ou alors j’ai peur de comprendre ce qui est trop difficile à gérer pour moi. Pourquoi moi, plus que n’importe quelle autre? Je ne suis quand même pas la seule femme de Westeros à souffrir du joug d’un frère ou d’un père? Alors pourquoi moi? J’ai peur de vous rendre malheureux dans votre quête de me rendre heureuse, avoua-t-elle rapidement, presque dans un seul souffle, comme pour l’empêcher de l’interrompre ses doigts serrant convulsivement les siens comme s’il s’agissait du météore réconfortant qu’il lui avait offerte.

Comme en un éclair, Shenya fondit à nouveau dans l’abri de roc, déposa un lourd fardeau de branches garnies d’épines souples et odorantes, avant de disparaître aussi rapidement qu’elle était arrivée, les sortant tous les deux de leur contemplation mutuelle. Malgré le sérieux de ses propos, Khanrell eut un bref sourire attendrit, voyant pour la première fois sa dragonne «faire son nid», puisqu’elle ne l’avait jamais observé faire du le Driftmark où elle habitait auparavant.

-Est-ce qu’on peut rentrer…? Je commence à avoir froid, et puis, elle se débrouillera seule à partir de maintenant.
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Ven 25 Aoû - 8:21
Rogar était comblé de constater que la pièce de la grande tour et maintenant le refuge de Shenya, convenaient à sa future femme. Tout comme il était rassuré que Shenya appréciée sa nouvelle demeure ainsi que son nouvel espace de vie. La Dragonne semblait en effet prendre ses aises en ayant déjà chassée une proie et en commençant à s’approprier la crypte, sous le regard amusé du Seigneur. En effet, la proie chassée s'avérait être un loup, ce qui était une coïncidence des plus cocasse lorsque que l'on connaissait l'histoire des Maisons Bolton et Stark. Coïncidence ou prémonition ? ... Nul ne le savait encore. Après quelques grognements que Khanrell qualifiait d’approbateur et le long moment où elle toisa avec insistance Rogar, comme elle l’avait fait quelques mois auparavant, Shenya décida de le remercier à sa façon. Son museau vint le bousculer très délicate au niveau de l’abdomen puis elle frotta sa tête contre lui. Le Jeune homme ne tenta aucun geste et se laissa faire de crainte de l’effrayer. Sa future épouse lui confirma qu’elle lui exprimait sa gratitude et que c’était la première fois que la dragonne se comportait de la sorte, ce qui l’honorait. L’animal ressortit de l’endroit avec autant de vigueur que lors de son arrivée. Khanrell lui stipula qu’elle reviendrait rapidement et qu’elle aimait vraiment ce lieu. Le Nordien écouta alors le ressentit de la jeune femme sur la situation. Elle semblait encore relativement déboussolée comme en attestait ses doigts qui serraient nerveusement les siens. Alors qu’il s’apprêtait à lui répondre, Shenya réapparu brutalement en face d’eux et déposa sur le sol, divers branchages avant de répartir immédiatement, sans doute pour en chercher d’avantage. Elle était en train de faire son nid littéralement, ce lieu lui plaisait et le sourire attendrit de sa maîtresse confirmait ses pensées. Sa promise lui demanda ensuite s’ils pouvaient retourner à Dreadfort, lui indiquant que le froid l’incommodait et que Shenya se débrouillera bien mieux seule. Rogar l’invita donc à emprunter une nouvelle fois le long couloir rocheux. Après quelques minutes de marche, il s’adresse à elle.

Je comprends votre peur et vos réactions, vous n’avez pas à vous excuser, elles sont naturelles et ne me vexent en rien. Vous êtes brisée, ce n’est pas dans vos l’habitude que l’on s’occupe de vous, que l’on vous porte une preuve d’affection sincère et désintéressée. Vous avez une peur viscérale des hommes à juste titre. Vous vous retrouvez du jour au lendemain, dans le Nord, à devoir épouser un homme que vous n’aimez point, que vous n’avez pas choisi, dont vous ne connaissez rien. Comme si cela ne suffisait pas, qui appartient à la famille la plus monstrueuse des 7 Couronnes dont la simple évocation du nom provoque la terreur. N’importe qui aurait peur. Il vous faudra du temps pour vous remettre psychologiquement de votre ancienne vie remplie de souffrance et que vous puissiez accepter la nouvelle, strictement opposée. Je ferai tout pour vous y parveniez et j’espère que vous y parviendrez. Vous ne faîte honte à personne, ne laissez personne vous dire une chose pareille. C’est moi qui serais honteux de ne point vous rendre heureuse. Vous vous trompez lorsque vous dîtes que vous n’avez rien pour moi, votre simple présence ici loin du Roi, m’est plus précieuse à mes yeux que n’importe quelle offrande.

Il s’arrêta et fit face à la Princesse.  

Vous avez raison quand vous évoquez le fait que bien d’autres femmes souffrent également t du joug de leur père ou des hommes de leur famille dans Westeros. Et cela est bien regrettable, mais notre monde est ainsi, cruel et impitoyable. Nous ne pouvons hélas, pas y faire grand-chose. Il y aura toujours des voleurs, des violeurs, des tueurs…  Pourquoi vous et pas l’une d’elles ? On peut répondre par pourquoi l’une d’elles et pas vous ? Pourquoi tant d’attentions à votre égard ? Si je peux me permettre Milady, je crois que vous vous posez trop de questions. De ce fait, vous n’arrivez pas à apprécier le moment présent. Mais je vais vous répondre. Tout d’abord je serai d’ici peu votre mari, il est mon devoir que ma future femme soit à l’aise dans sa nouvelle demeure et soit heureuse. Ensuite je vous ai fait une promesse d’un avenir meilleur, sans maltraitance, sans peur, qu’il est de mon devoir désormais, de tenir. Et pour finir … Il s’approcha d’elle, assez près pour sentir le souffle saccadé et angoissé de la jeune femme. Il y a vous … Je fais et ferais tout cela pour vous tout simplement parce que je vous a… Il se coupa net dans son monologue, réalisant qu’il allait exprimer un terme que la jeune femme ne pouvait supporter. Même s’il ne put le lui dire, ses yeux hurlaient les sentiments qu’il avait pour la Targaryen et dont il venait enfin de prendre conscience.

En réalité, il l’avait toujours su, dès le premier jour où ils se sont rencontrés. Un torrent d’émotions l’avait envahi et n’avait jamais cessé depuis, le faisant perpétuellement penser à elle, en toute circonstance. C’était elle et personne d’autre. Mais l’homme dur qu’il était, peu accoutumé à ce genre de sentiments et persuadé de son insensibilité à cela, se trouvait totalement confus. Jusqu’à ce jour, où tout était désormais clair. Il aimait Khanrell Targaryen, Princesse des 7 Couronnes. Mais ne pouvait se résoudre à lui dire, elle ne pouvait l’encaisser. D’autant plus que de son côté, elle ne l’aimait pas, cela ne ferait que renforcer son mal-être proche du paroxysme. Parce que c’est vous Princesse, tout simplement. Pas votre nom, pas votre rang, vous … vous que j’ai décidé de sauver. Il recula et lui prit à nouveau la main. Vous ne me rendrez point malheureux Milady car vous rendre heureuse, me rend heureux. La seule chose que j'attends de vous, est que vous viviez Milady, vivez, sans contrainte, sans violence, vivez. Avant de reprendre leur traversée souterraine.

Les futurs mariés s’extirpèrent enfin du corridor et se retrouvèrent à nouveau en face de l’escalier de la plus grande tour du Château, aussi chamboulé l’un que l’autre de toutes ces émotions, même si Rogar ne laissait rien paraître comme en attestait sa naturel mine de granit. Il l’invita à reprendre l’escalier de la tour pour retourner dans la paisible et unique pièce de celle-ci. L’Ecorché alla allumer la cheminée avant de contempler le Bois Sacré de Dreadfort par l’imposante ouverture taillée dans les pierres sombres. Ils leur restaient quelques heures avant de dîner et de retrouver le Roi. Son regard se dirigea ensuite vers Khanrell, se délectant de ses prunelles mauves qu’il appréciant tant.

J’espère que vos appréhensions sur Dreadfort sont quelques peu dissipées, même si j’en doute. Souhaitez-Vous que je vous laisse en toute quiétude Milady ? Que je vous apporte vos ouvrages ou bien préférez-vous retourner dans vos appartements ?
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Ven 25 Aoû - 21:31
Une petite partie de Khanrell, bien inconsciemment, aurait peut-être préféré ne pas connaître la réponse à ses questions, et même ne pas du tout les avoir posées. Ainsi, elle se sentit quelque peu soulagée lorsqu’elle fut entraînée par Rogar à sa suite dans le couloir sombre et inquiétant, mais elle resta à la fois confuse, frustrée de ne rien comprendre. Elle n’était même pas capable de se décider elle-même si elle voulait savoir ou non, car elle avait bien appris que la connaissance, avec elle, s’avérait souvent une arme à double tranchant, et craignait encore que la vérité lui fasse aussi mal que l’ignorance. Toutefois, il lui sembla bien vite que Lord Bolton avait pris cette décision pour elle, puisqu’il garda longtemps le silence en le suivant, quelque peu moins nerveuse qu’à sa première traversée du couloir, mais pas vraiment plus à l’aise dans la proximité forcée. Seulement, quelques minutes après avoir entamé le chemin du retour dans un silence qu’elle sentait lourd (l’avait elle offusqué? Était-il fâché? C’était bien la dernière chose qu’elle aurait voulu!), son fiancé repris enfin la parole, montrant ainsi qu’il avait plutôt pris le temps de réfléchir à ses propos plutôt qu’avoir refusé de répondre.

Il commença, comme d’habitude, à essayer de la rassurer, déviant quelque peu de sa question pour lui assurer qu’il n’était pas blessé par ses réactions, qu’elles étaient normales considérant sa situation. Dans le noir, Khanrell hocha la tête à la négative, mais Rogar ne l’avait probablement pas vu. À ses yeux à elle, ce n’était pas normal, elle était une princesse et ce genre d’effusions d’émotions étaient inacceptables. L’espace d’un instant, l’adolescente eut envie de le corriger, lorsqu’il affirma qu’elle ne l’aimait pas, jouer sur les nuances, mais c’aurait été lui donner un espoir qu’elle n’était pas certaine de vouloir lui laisser, aussi elle se tu. Après tout, il aurait été faux de dire qu’elle le détestait, il lui laissait la même impression de peur (ou un peu plus considérant sa réputation, dont elle commençait doucement à douter de la véracité) que n’importe quel homme. Seulement, elle pouvait bien essayer de lui donner une chance de prouver qu’elle avait tort, elle mourrait d’envie de se faire donner tort. Elle pouvait bien essayer de leur donner une chance, à tous les deux. Cette certitude s’ancra en elle à l’instant où il lui dit que sa seule présence lui suffisait comme offrande, ce à quoi la jeune femme se promis mentalement d’essayer de l’être, présente, au meilleur de ses capacités du moins.

Le seigneur de Dreadfort s’arrêta soudain, faisant face à la princesse, ce qui lui donna davantage l’impression que le couloir sombre les écrasait de sa petitesse, et cette proximité la rendait nerveuse. Enfin, Rogar répondit à sa question par une autre, qui fit froncer les sourcils de Khanrell d’incompréhension. Pourquoi une autre et pas elle? En effet, elles le méritaient bien toutes, mais cela ne justifiait pas son choix. Il était vrai que la jeune femme avait toujours eu tendance à se questionner plus qu’il ne le fallait, mais la plupart du temps, elle gardait ses questions dans sa tête et restait éternellement frustrée par l’ignorance. Voilà pourquoi elle aimait tant la lecture, elle n’avait alors pas peur de poser ses questions, les livres ne mentent pas, après tout, et ne jugent pas le lecteur. Malgré tout, il lui répondit, honnêtement? Difficile de le savoir, elle ne pouvait quand même pas lire ses pensées, mais elle décida de le croire, juste parce qu’elle s’était promis à elle-même de faire un effort pour le connaître, pour arrêter de le craindre. Il ne s’agissait donc que de cette conversation, à King’s Landing, où il lui avait promis qu’elle aurait un avenir meilleur? Une promesse qui, alors, n’avait semblé aux oreilles de la Targaryen que des mots en l’air destinés à la rassurer, une promesse qu’il se sentait maintenant obligé de tenir. *Je ne vous ai jamais demandé de me faire une telle promesse…* songea-t-elle avec tristesse, ayant envie soudainement de l’en libérer. Mais ce n’était pas tout, Bolton s’approcha encore d’elle, de sorte que leur corps s’effleuraient presque, et la dragonnière du se faire violence pour ne pas reculer et s’écraser contre le mur de pierre.

Alors que Khanrell devinait où il voulait en venir avec son aveu, elle ferma les yeux et retint sa respiration, comme si cela pouvait la protéger. *Ne dites pas ça, ne dites surtout pas ça, je ne suis pas prête à l’entendre, à l’accepter. Ne me le dites pas, parce que je ne vous le dirai pas en retour, et cela est trop douloureux pour nous deux.* Comme s’il avait lu dans sa tête, ou parce qu’il avait remarqué sa réaction, Rogar s’arrêta dans sa lancée, laissant la jeune fille se sentir terriblement coupable des sentiments qu’elle n’éprouvait pas à son égard. Entendant avec soulagement le silence suivant sa déclaration avortée, la princesse ne put se retenir de soupirer, un souffle qui chatouilla certainement son vis-à-vis étant donné leur proximité intense, et rouvrit enfin les yeux, y découvrant, à sa plus grande panique, la fin de la phrase qu’il avait étouffée pour ne pas l’effrayer, qui se lisait aussi sûrement que sa peur à elle. *Pas maintenant* semblait supplier son regard, qu’elle espéra transmettre le bon message, et non pas «Jamais».

Sentant probablement son malaise, Lord Bolton se reprit, concluant plus simplement parce qu’il avait décidé que ce serait, tout simplement. Même si maintenant la jeune Targaryen savait que ce n’était pas seulement ça, elle se mit à respirer un peu mieux, peut-être simplement parce qu’il brisa la proximité épouvantable qui les unissait l’instant d’avant, avant de reprendre son chemin, sans lui lâcher la main, en lui assurant qu’il ne serait pas malheureux, qu’il voulait juste la voir vivre heureuse et sans violence, que cela lui suffisait. *Mais si je n’arrive pas à être heureuse? Alors vous serez aussi malheureux que moi…* songea-t-elle avec amertume, mais elle n’avait pas le cœur à protester, celui-ci battant toujours la chamade dans sa poitrine, et ce n’était pas uniquement de la peur… Bientôt, ils retrouvèrent le grand espace de la tour, et même si sa main ne fut pas libérée et qu’elle resta aux côtés de Rogar, Khanrell se sentait bien plus à l’aise sans les murs coincés autour d’elle. Pourtant, elle n’était pas plus apte à disparaître, pas plus seule, pas plus loin de son fiancé, mais l’espace exigu en moins, il lui semblait alors bien plus facile de rester auprès de lui. Pourtant, c’était toujours le terrible seigneur de Dreadfort, l’écorcheur, le sanguinaire descendant de la lignée des Rois rouges, non? *Non, pas du tout.* Une petite facette de sa personnalité s’était révélée, dans ce couloir obscure et effrayant, quelque chose qui avait touché la jeune femme bien plus profondément qu’elle ne le pensait, et plus qu’elle ne l’imaginait en cet instant. Quelque chose qui allait probablement prendre beaucoup de temps être assimilé dans sa tête et dans son cœur, pour muer en de la confiance, mais cela était déjà un début.

-Elles sont toutes disparues, Milord… chuchota-t-elle faiblement en entrant avec lui dans le repère en haut de la tour, avant d’aller s’asseoir sur l’imposant et confortable divan recouvert de jetées en fourrure, pendant qu’il allumait un feu dans l’âtre. Enfin, concernant les lieux, à tout le moins. Pour les gens, nécessairement, ça allait être plus difficile… sauf… Et un peu pour son Lord, aussi… avoua-t-elle si faiblement qu’elle doutait qu’il l’ait entendu. Merci pour l’offre, milord, mais non merci. Cela est plutôt rare, mais je n’ai pas du tout envie de lire en ce moment, peut-être juste de réfléchir un peu, lança-t-elle en essayant de sourire pour le rassurer sur son état, mais sa phrase se termina dans un long bâillement qu’elle cacha avec gêne. Ou dormir. J’avoue que le voyage était fort peu reposant, je ne suis visiblement pas faite pour la navigation, je suis mieux dans le ciel que sur l’eau, cela est certain. J’ai trop peu dormi dans les derniers mois, particulièrement le dernier… mais je n’ai aucune envie de rentrer dans mon appartement. Ici j’ai…

Son regard d’améthyste coulait vers l’immense ouverture qui lui permettait de voir le spectacle infini de la nature du North, alors qu’elle se replaçait confortablement dans un creux du divan, enroulant une fourrure autour de ses épaules, par-dessus son autre couverture, et une autre sur ses pieds. Elle s’était assise de côté, de sorte que ses jambes étaient étendues sur presque toute l’espace, et sa tête s’était appuyée sur le dossier, soudainement plus lourde, alors que ses paupières se fermaient d’elles-mêmes.

-Ici j’ai l’impression que le temps s’arrête, que demain n’existe pas, qu’il n’y auras pas de soirée particulière plus tard, que hier n’a jamais existé non plus. C’est comme si on n’avait changé d’univers… songeait-elle à voix haute, marmonnant légèrement en regardant toujours dehors. Et puis vous auriez allumé ce feu pour rien, en plus, se moqua-t-elle en s’efforçant de sourire. Cela vous ennuierait que je me repose un peu ici? Sinon je crains de ne pas tenir mon rôle ce soir. Vous pouvez rester, cela ne me dérange pas, si vous sentez le besoin de… comment vous aviez dit déjà? Vous ressourcez? Ne vous embêtez pas pour moi, si vous avez envie de rester, je suis capable de dormir même avec du bruit, je suis si épuisée…

Ses paupières étaient si lourdes que sa tête s’était mise à dodeliner, toute la fatigue accumulée la frappant d’un coup. Certainement, les nouvelles émotions du jour y étaient pour quelque chose, mais il y avait des mois qu’elle ne dormait presque plus, depuis l’annonce de ses fiançailles, en fait, et cela avait été pire à bord, en chemin pour Dreadfort. Au moins, elle était ravie de retrouver le sommeil, songeait-elle en changeant à nouveau de position pour s’allonger, plutôt que de rester assise, attrapant une autre des petites couvertures de fourrures pour la rouler en boule sous sa tête. Cela était si doux et chaud qu’un sourire calme se dessina sur ses lèvres sans qu’elle ne s’en rende compte. Outre le sommeil, la nourriture aussi lui avait cruellement manqué dans les derniers mois : pas qu’on ne s’occupait pas de ce besoin élémentaire, bien au contraire, mais parce qu’elle avait régulièrement rejeté presque tout ce qu’elle essayait de manger. Déjà, avant de partir pour le voyage, quelques bouchées piquées dans son assiette suffisaient à lui retourner l’estomac, tant il était serré d’angoisse, puis à bord il n’y avait rien à faire, elle était constamment malade, avait perdu beaucoup trop de poids et craignait de ne pas réussir à le reprendre avant le mariage. Il allait falloir réajuster sa robe à la dernière minute, en conséquence. Franchement, elle se faisait un peu peur à voir elle-même et se demandait comment elle avait survécu! C’était ce soir qu’elle saurait si son estomac voudrait collaborer…

-Par contre… ajouta-t-elle puisque le cours de ses pensées lui avait rappelé son frère. Si nous disparaissons tous les deux si longtemps… ils vont se poser des questions… chuchota-t-elle en rougissant, songeant que sa suite de tout à l’heure devait déjà être en train d’extrapoler sur ce qu’ils pouvaient bien faire qui leur avait valu d’être congédiés. Quoi que ça ne devrait certainement pas déplaire à mon frère, en faite il en sera peut-être même ravi, s’il croit que vous… enfin… vous savez. Plus il me croira malheureuse et maltraitée, plus il vous appréciera, je crois. Malgré tout… j’aimerais que vous ne lui disiez pas que j’ai pleuré, s’il-vous-plait. Il m’en voudrait, lui. Ni… Sa voix n’était qu’un chuchotement considérablement ralenti par le sommeil qui la prenait peu à peu, pourtant elle trouva la force de rouvrir les yeux pour regarder Rogar une seconde, en cet instant. Ni que j’ai ris… là, il vous en voudrait à vous.

Bercée par le ronflement agréable du feu dans l’âtre, qui commençait à réchauffer ses membres engourdis de froid, Khanrell eut bien vite l’impression de plonger dans le sommeil. Pourtant, elle était toujours réveillée, son esprit vagabondait entre les livres l’attendant dans son appartement, la grotte de Shenya, la bibliothèque qu’elle n’avait pas encore eu le bonheur de voir, la main chaude de Rogar qui ne l’avait pas lâchée pendant… presque une heure? Il lui semblait encore sentir la pression de ses doigts contre les siens, alors qu’elle avait lâché sa main depuis plusieurs minutes, et à défaut de pouvoir la prendre à nouveau, l’une de ses mains vint rencontrer le pendentif qu’il lui avait offert, presque aussi chaud que son contact. Soudain, un éclair de lucidité la ramena dans la pièce où elle se trouvait. Elle n’entendait presque rien, mais ne croyait pourtant pas qu’il était parti. Dans le doute, elle l’appela.

-Rogar? chuchota-t-elle faiblement sans réaliser qu’elle utilisait son prénom pour la première fois, et que c’était tout à fait inapproprié. Me réveillerez-vous assez tôt pour que j’aie le temps de me préparer pour ce soir? demanda-t-elle stupidement, alors que cela aurait dû être le dernier de ses soucis de bien paraître à ce repas, cette question lui avait traversé l’esprit, passant au travers les brumes de sa fatigue qui l’engourdissait lentement et tentait de l’attirer dans les bras de Morphée.
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Lun 28 Aoû - 9:43
Le jeune homme se délectait des paroles de sa promise. Elle se sentait bien mieux, sa présence lui était un peu moins dérangeante, tout comme la forteresse. Pour l’instant, ses attentions procuraient l’effet escompté, pour son plus grand bonheur. Il désirait si ardemment que Khanrell se sente bien. Elle lui fit part de son envie de se reposer ici avant le dîner et qu’il pouvait rester en sa compagnie. Sa remarque moqueuse sur le feu qu’il aurait allumé inutilement si elle ne restait ici, était accompagnée d’un sourire certes forcé, mais radieux. Il lui sourit en retour et apprécia fortement cette légère taquinerie. L’Ecorché vint s’asseoir sur un fauteuil juste en face d’elle, l’observa s’envelopper dans les fourrures et se laisser gagner peu à peu par la fatigue. Il restait plus ou moins cinq heures avant le dîner, ce qui donnait l’opportunité à la Princesse de sommeiller convenablement.

Oui je crois aussi qu’il se complait dans la souffrance d’autrui, en particulier la vôtre… Je vois très bien ce qu’il pourrait s’imaginer que je vous ai fait durant ces longues heures. Grand bien lui fasse s’il s’imagine que je vous ferai subir les pires atrocités, je pense même que c’est en partie pour ça qu’il m’a choisi comme votre époux. Quoi de mieux pour faire souffrir sa sœur que de la donner à la Maison Bolton. Soupira-t-il avec une légère pointe de dépit presque imperceptible avant de se continuer. Je n’aurais jamais cru que la réputation effroyable de ma Maison, ferait de moi un homme heureux. Douce ironie n’est-ce pas ? Rassurez-vous je lui dirais ce qu’il veut entendre, je ne dirais pas que vous avez pleuré, ni rit. Il n’a pas à savoir ce que nous avons fait. Il marqua un temps d’arrêt et lui lança un regard malicieux. Mais j’y pense, nous sommes un peu comme des hors la loi tous les deux. Nous contrecarrons les plans cruels de votre frère, nous lui volons son plaisir de vous savoir maltraité. S’il savait ce qu’il en est … Je crois bien que le Trône de Fer en perdrait ses épées. Puis il reprit d’un ton plus sérieux. Vous avez raison, cette pièce est formidable en effet, l’apaisement qui s’en dégage est saisissant. Lorsque l’on s’y trouve, c’est comme si le temps s’arrêtait, qu’il n’y avait plus de passé, ni de futur, seulement l’instant présent. Vous me voyez ravi que nous partageons cette même impression.

Il constata que ses paupières papillonnaient vivement, signe qu’il ne restait plus que quelques instants avant qu’elle ne s’endorme sur le divan. Cela ne m’ennuie en aucun cas que vous vous reposiez ici, vous êtes chez vous désormais et rien n’émanant de vous ne m’ennuie Princesse. Reposez-vous Milady, personne ne troublera votre quiétude. Les magnifiques yeux de sa future épouse étaient désormais clos et elle se trouvait désormais allongé, bien emmitouflé sur le divan. Elle était magnifique, le Nordien la regardait se plonger dans un sommeil profond en souriant tendrement. Puis alors qu’il pensait que Khanrell dormait, elle l’appela faiblement par son prénom et lui demanda s’il pouvait la sortir de son repos avant le dîner afin qu’elle puisse se préparer. Lorsqu’il l’entendit prononcer son prénom, son cœur se serra. Cela lui procura un plaisir immense, même s’il se doutait que la jeune femme le nomma ainsi inconsciemment. Oui Milady, je le ferai, dormez, n’ayez crainte.

Après plusieurs heures à observer Khanrell dormir, admirant sa beauté incroyable, la finesse de ses traits, sa bouche … qui fit naître en lui un irrésistible désir qu’il chassa d’un sec mouvement de tête. Rogar s’assit à ses côtés puis posa sa main sur celle de la Princesse, la serrant légèrement avant de la secouer délicatement, afin de la réveiller de son profond sommeil. Il ne voulait pas l’extirper de ce monde onirique, préférant la laisser se reposer, la regarder, veillez sur elle. Mais leurs prérogatives prévalaient malheureusement. Milady... Il attendit qu’elle ouvrit légèrement les yeux. Son visage angélique se fendit de quelques rides avant de lui laisser à nouveau le bonheur d’apercevoir ses prunelles mauves qu’il aimait tant. Milady, le dîner débutera d’ici une heure. Je vais vous raccompagner à vos appartements et vous appeler votre servante. J’espère seulement que vous avez pu vous reposer convenablement, même si je le conçois, cela doit être délicat avec toutes les émotions auxquelles vous devez faire face.

Le duo se releva quelques instants plus tard, pour le plus grand soulagement de la Princesse qui ne devait guère apprécier la proximité avec son futur époux. Rogar étouffa le feu et ils quittèrent la grande tour pour retourner dans les appartements de sa promise. Comme si cela était devenu une habitude, le jeune homme tenait inconsciemment la main de Khanrell durant tout le trajet. Alors qu’ils étaient dans la cours du château, l’Ecorché plongea son regard dans le sien. Vous sembliez si paisible lorsque vous dormiez. Je ne voulais pas vous réveiller, mais faire autrement s’avérait impossible. Vous m’avez appelé par mon prénom tout à l’heure, alors que vous somnoliez. Rassurez-vous, ce n’était point déplacer. J’ai apprécié, cela prouve que ma présence demeure un peu moins insupportable et que vous vous sentez un tant soit peu rassuré. J’ose espérer que lorsque nous serons unis, vous m’appellerez ainsi à nouveau Milady et aussi souvent que possible. Lui dit-il en lui adressant un sourire tendre qui lui traduisait toute l’affection qu’il avait à son égard, comme son regard. Même s’il ne lui avait et ne pouvait lui témoigner ses sentiments, sa communication non verbale le faisait bien assez.
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Lun 28 Aoû - 19:47
Khanrell se laissa porter dans les bras de Morphée par les propos de Rogar. Celui que son frère lui avait choisi dans le but de la briser davantage, croyant à tort la terrible réputation des Bolton. Elle le rendait heureux? Rien qu’en étant elle-même? Elle qui se trouvait pourtant si banale, si ennuyante même, si empotée parfois. Dans ses songes, la princesse imagina les diverses réactions que pourrait avoir son frère en apprenant qu’elle avait été sans escorte pendant de nombreuses heures, seule en compagnie de son fiancé. Serait-il ravi de s’imaginer qu’elle avait subi les pires sévices en sa compagnie, ou s’insurgerait-il que le Lord ne respecte pas «l’honneur» de sa sœur? Pfff, quel honneur? Celui que lui-même lui avait enlevé l’année dernière, et de nombreuses fois par la suite? Oh, bien sûr, le Roi a le droit de prendre sa sœur hors des liens sacrés du mariage, mais pas les autres…

Le problème, c’est que ces deux scénarios, si bien imaginés en rêves, lui semblaient si réels à son réveil que la jeune fille doutait maintenant de l’idée de se risquer à le provoquer. Peut-être serait-ce plus sage de lui faire croire qu’elle s’était simplement couchée à ses appartements dès son arrivée, forçant encore sa suite à lui mentir… S’ils acceptaient de le faire! Car si Aegon changeait d’avis sur Rogar… il pouvait encore annuler leur mariage pour le lui faire payer, et Khanrell était certaine d’une seule chose : elle ne voulait pas que ça arrive. Lorsqu’elle rouvrit très lentement les yeux, éveillée par la main chaude de son fiancé sur la sienne, elle eut cette certitude qu’elle ne voulait plus retourner en arrière. Non, elle n’avait pas cessé de craindre ce qui arriverait le soir de leurs noces, mais elle voulait tant lui faire confiance, croire en ses promesses, que l’idée de devoir recommencer avec quelqu’un d’autres, quelqu’un qui la respecterait moins… serait insupportable! Bien sûr, à le voir si près d’elle à son réveil la fit d’abord se crisper, un réflexe qu’elle ne pouvait s’empêcher en présence de n’importe quel homme, mais elle s’obligea rapidement au calme en croisant son regard si rassurant. Il fallait qu’elle essaie, elle se l’était promis.

En se levant, la princesse se demanda s’il était resté toute l’après-midi à la regarder, ce qui l’intimidait quelque peu. Elle avait dormi si profondément et intensément, bien que son sommeil fût animé de nombreux rêves, elle se sentait plus reposée qu’elle ne l’avait été depuis les six derniers mois! Encore un peu étourdie des brumes de son sommeil, Khanrell avait du mal à rester concentrée par les propos de Rogar et l’observait de façon un peu absente alors qu’il éteignait le feu de leur repère et lui prenait la main pour la ramener à ses appartements. Cette fois, elle n’avait même pas tiqué à son contact, parce qu’elle s’y habituait ou parce qu’elle était trop dans les vapes?

-En fait… je crois que c’est justement le trop plein d’émotions qui m’a permis de dormir convenablement, elles m’ont épuisée. Je me sens beaucoup mieux maintenant… affirma-t-elle dans un marmonnement si lent et si hésitant, toujours lourd de sommeil, qu’elle ne semblait à peu près pas sincère, bien qu’elle l’était.

La jeune demoiselle n’eut presque pas conscience du chemin du retour vers le château, du froid lorsqu’elle sorti de la tour pour traverser la cour, de sa suite, qui semblaient bien surpris de la voir en parfait état et s’empressèrent de les suivre jusqu’aux étages supérieurs, jusque devant les lourdes portes de son appartement. Presque trop curieux de retrouver leur princesse en état, ces trois suiveurs restaient beaucoup trop près de Rogar et Khanrell, jusqu’à ce que celle-ci leur face signe de s’éloigner de la main, ce qui sembla évidement les surprendre. En effet, n’avait-elle pas peur de son fiancé, le matin même? *Si, j’ai toujours peur. Mais je dois changer* Face à face avec son futur époux, la princesse se sentait bien faible sous son regard captivant… et incroyablement tendre, dégageant un amour qui la chamboulait et l’effrayait tout à la fois. L’amour lui avait fait si mal, c’était si épouvantable… C’était au nom de l’amour qu’il l’avait brisé, et c’était au nom de ce même amour que Bolton voulait sa sauver? C’était à n’y rien comprendre.

Khanrell se mit à rougir violement en apprenant qu’elle avait appelé Lord Bolton par son prénom, n’ayant aucun souvenir de pareil affront, plus gênée encore de sa bévue que de leur proximité, de sa main, de son sourire. Ses grands yeux ronds laissaient paraître une horreur paniquée, juste avant qu’il ne lui assure qu’il n’avait pas trouvé cela déplacé, et qu’au contraire, il avait apprécié savoir qu’elle apprenait à supporter sa présence et qu’il espérait l’entendre à nouveau l’appeler ainsi. Ce regard… cette émotion qu’elle y lisait avec évidence et qui la touchait autant qu’elle lui faisait peur. La princesse détourna les yeux, trop nerveuse pour répondre, les posant sur le duo de gardes et sa servante qui chuchotaient entre eux.

-Merci de m’avoir réveillée… je n’aurais pas voulu mettre Aegon en colère, pas si près d’être… libérée de lui, chuchota-t-elle assez bas pour être certaine de ne pas être entendu pas les trois autres. J’ai fait de drôles de rêves, tout à l’heure. Je ne suis plus certaine que ce soit une bonne idée d’essayer de lui faire croire que vous… enfin peu importe. Il est parfois si imprévisible que même moi je ne sais plus ce qui peut l’irriter ou lui faire plaisir. Je pense qu’il serait plus sage de… convaincre ces trois-là de se taire sur notre… absence prolongée. La version officielle la plus sécuritaire devrait être que je suis allée me coucher dès mon arrivée à la forteresse, car j’étais trop épuisée du voyage, et que c’est elle qui vient de me réveiller.

D’un geste de la tête, Khanrell fit signe à sa domestique qu’elle était prête, ce à quoi la jeune femme s’empressa d’obéir, probablement encore effrayée des remontrances du Lord de Dreadfort un peu plus tôt. Encore aussi embarrassée, la princesse lança un dernier regard hésitant à Rogar, remuant seulement les lèvres en silence pour lui suggérer de «convaincre les deux autres». S’acharnant à garder la tête haute malgré son envie de s’écrouler et se laisser écraser au sol pour des jours, des semaines, de mois, la jeune Targaryen alla retrouver sa domestique pour obtenir de l’aide pour se changer, vite calmée par le délicieux arôme floral qui embaumait son appartement, et la vue de sa petite bibliothèque personnelle qui lui tira un sourire de satisfaction.

Comme à son habitude, outre pour délasser son corsage, Khanrell ne laissa pas sa servante la dévêtir… il n’y avait pas que les contacts des hommes qui la dégoûtaient, elle détestait toujours, de façon générale, qu’on touche sa peau ou qu’on la regarde nue. Cette pudeur excessive faisait souvent jaser, mais ses domestiques s’étaient habituées et la laissaient désormais s’habiller seule, sauf lorsque les corsages et agrafes de sa robe se trouvaient à l’arrière de celle-ci, et même dans ces cas, la jeune princesse était devenue une experte pour se débrouiller toute seule. Ce soir, de toute façon, sa robe était des plus simples à revêtir et attacher. Elle ne possédait même pas de lacets à elle-même, la Targaryen devait donc porter un corset en dessous, puis la passer par-dessus. Facile comme tout, il lui suffisait d’attacher les broches directement à l’avant, et nouer la ceinture de fourrure autour de sa taille, et elle était prête. Khanrell ne possédait que trois bonnes robes pour le North : le dernier hiver datait de trois ans déjà, et elle n’avait pas refait sa garde-robe en conséquence depuis, puisqu’ils ignoraient toujours quand les froids leur tomberait dessus. Évidemment, comme elle n’avait même pas treize ans à la fin de la dernière saison hivernale et qu’elle était désormais à l’aube de sa 16e année, aucune de ces robes d’alors ne lui faisaient. Trois d’entre-elles avaient pu être ajustées, heureusement, car le temps consacré à sa tenue de mariage avait pris toutes les ressources du Red Keep pour la lui confectionner et elle n’avait donc pas pu faire fabriquer de nouvelles robes d’hiver.

Qu’à cela ne tienne, elle échangerait certainement ses robes d’été, bien plus riches, contre de nouvelles ici même, dans le North. Puisqu’elle n’avait pas l’intention de remettre les pieds au sud de sa vie… Khanrell sortit enfin de derrière son paravent, sobrement vêtue, et vint s’asseoir devant le miroir pour laisser sa domestique la coiffer. Ce n’est qu’à cet instant qu’elle remarqua, non sans une certaine surprise, que l’étoffe de sa robe semblait étrangement avoir la même teinte que les yeux de Rogar, un bleu-gris extrêmement clair en satin. L’intérieur était doublé d’une fourrure d’un gris sombre, presque noir, n’étant visible qu’au col, aux manches et au bas de sa jupe, où elle dépassait légèrement (en prévision, justement, de pouvoir être rallongée en cas de besoin).

-Lorsque nous sommes arrivés, tout à l’heure, Lord Bolton m’a accueillie comme un gentilhomme doit le faire, je me suis plaint de la fatigue et suis allée immédiatement me coucher dans cet appartement. Vous venez tout juste de me réveiller pour le souper. Est-ce que l’on se comprend bien, Hélène? demanda-t-elle en s’efforçant de prendre un ton sec qui ne lui collait pas du tout, pour cacher son trouble lorsqu’elle avait remarqué la teinte de sa robe. Ou avez-vous besoin que ce soit le seigneur de Dreadfort qui vous l’explique en personne… menaça-t-elle avec un manque flagrant d’assurance, mais l’allusion suffit à faire incliner la servante, qui s’empressa de mettre la touche finale à sa coiffure, ses doigts tremblants d’une nervosité difficile à cacher.

C’était la première fois que Khanrell faisait peur à quelqu’un… et elle avait presque envie de s’excuser! Elle l’aurait certainement fait, si elle n’avait pas craint que sa domestique n’ait tout dévoilé à son frère. Ça lui donnait à elle-même des frissons de dégoûts d’agir de la sorte, elle se sentait si peu naturelle et si détestable en cette occasion. Garder la tête froide et ne pas se mettre à pleurer sur son sort lui demanda une quantité phénoménale d’énergie, si bien qu’elle ne desserra plus les dents jusqu’à ce que sa servante lui annonce qu’elle était assez présentable pour le Roi. Aegon… à cette pensée le corps de la princesse se crispa d’avantage, et elle se leva difficilement du fauteuil dans lequel elle s’était installée pour se faire coiffer, toute tremblante d’angoisse.

Cette journée avait presque été parfaite, malgré les craintes, le couloir humide, la proximité étouffante de Lord Bolton… elle aurait pu passer à la prochaine la tête tranquille. Pourquoi fallait-il que son frère gâche encore tout? En un long soupir, Khanrell poussa enfin les portes de sa chambre pour en sortir, resta surprise, dans l’entrebâillement, de voir que Rogar l’y attendait. Avait-il patienté là toute l’éternité qu’elle avait mise pour se préparer? Non, sa toilette à lui aussi semblait avoir été rafraîchit, un peu du moins. La princesse hésita à prendre son bras, pire encore la main qu’il lui tendait… comment son frère réagirait-il à cette facilité qu’elle avait de tenir compagnie à son fiancé alors qu’elle pleurait dans ses bras à lui? Il fallait qu’elle continue de démontrer un épouvantable dédain pour Bolton, du moins jusqu’à ce que le Roi quitte Dreadfort, elle prit donc son bras du bout des doigts, de la même façon hésitante qu’elle l’avait fait lors de son arrivée, gardant le plus de distance possible entre leur corps que le permettait l’étiquette.

-Je n’ai pas envie d’y aller… lâcha-t-elle dans un soupir, non sans pourtant avancer dans le couloir pour rejoindre la salle à manger…
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Mar 29 Aoû - 8:43
Heureux de constater que son sommeil fut paisible et immaculé de toutes ses contrariétés, le jeune homme ressentait tout de même la grande peur qui émanait de sa future épouse à l’approche du dîner. Elle ne souhaitait pas que le Roi soit au courant de leur escapade, préférant se maintenir à une version plus neutre, à savoir qu’elle s’était simplement reposé dans ses appartements. Et par conséquent, qu’ils devaient mettre dans la confidence leur petite escouade personnelle qui à peine sorti de la Grande Tour, se remit à les suivre de près. Le trio qui semblait toujours aussi secouait par le Seigneur de Dreadfort et également surpris que la Princesse aille … bien ? Une fois dans les appartements de Khanrell et juste avant de la laisser seule avec sa servante, l’Ecorché articula. Ne vous inquiètez Milady, je m’occupe du reste. Il faisait bien évidement référence aux balbutiement inaudibles que la Princesse venait d’effectuer avec ses douces lèvres à son égard, dont il comprit parfaitement le sens.

Je vous laisse vous préparer en toute quiétude, si vous avez le moindre problème, mes appartements se trouve au bout du couloir. Le jeune homme lui adressa un regard et un sourire si cajoleur qu’il pourrait se comparer à un baiser amoureux, qu’il ne pouvait lui donner à son plus grand regret. Une fois dans le couloir et la porte verrouillée, le Nordien reprit son habituel faciès dur et menaçant avant de s’adresser aux deux gardes Targaryens. Ecoutez-moi très attentivement vous deux, fatigué du voyage, la Princesse a passé l’après-midi à se reposer dans ses appartements et vient tout juste d’être réveillée pour se préparer. Rien de plus, vous avez compris ? Mes geôles sont justement vides en ce moment, cela tombe bien. Les deux hommes en armures hochèrent rapidement la tête de haut en bas, tremblant tellement de peur qu’ils auraient pu se faire dessus. Le Seigneur les contourna et se rendit dans ses appartements pour lui aussi se préparer. Il en ressortit plus d’une demi-heure plus tard et se redirigea vers ceux de la Princesse.

Rogar n’eut pas le temps de toquer que les portes s’ouvrirent, le laissant littéralement sans voix par ce qu’il voyait. La tenue de la Princesse d’un bleu-gris pâle, ou venait s’entremêlées au satin, de la fourrure était magnifique. Une vraie robe d’une Lady Nordienne, qu’elle portait à merveille, réchauffant d’une manière assez incontrôlable le cœur de glace de l’Ecorché. Subjugué par sa beauté et sans vraiment pouvoir se remettre de ses émotions, il resta quelques instants comme absent avant de se reprendre tant bien que mal. Lui aussi était finement vêtu, de cuirs rougeâtres et d’étoffes grisonnantes, mais point de fourrure, car habitué aux températures peu clémentes de son Royaume.

Khanrell hésita à prendre le bras que lui tendit le jeune Seigneur avant de se décider à l’empoigner timidement. Elle ne voulait guère exposer leur proximité naissante, conservant par conséquent, une distance respectable entre leurs deux corps comme l’exigeait l’étiquette. Cela dans le but de ne rien laisser paraître aux yeux de son frère, comme convenu, prenant son bras du bout de ses doigts fins. Leur position était bien loin de celle de l’après-midi, ou ils se frôlaient presque, leurs mains l’une dans l’autre. Mais même si leurs corps n’étaient en rien connectées, leurs âmes l’étaient plus que jamais. Juste avant d’arriver à la Grande Salle, il se pencha vers elle pour lui murmurer.

Vous êtes magnifique Princesse... Moi non plus Princesse je n’ai point envie d’y aller et encore moins que vous y soyez… Nos prérogatives nous l’imposent hélas. Mais dîtes vous que ce n’est plus qu’une question d’heures avant que tout ceci soit terminé et que vous soyez enfin libre. Nous devons jouer le jeu et satisfaire votre frère. Juste avant de pénétrer dans la Salle ou tout le monde les attendait, Rogar posa délicatement sa main sur celle de Khanrell, comme pour lui donner un tant soit peu de réconfort, la retirant ensuite tout aussi délicatement. Puis ils firent leur entrée, tous les regards se posèrent sur eux, en particulier celui du Roi qui reflétait une certaine satisfaction. Les deux futurs mariés s’avancèrent lentement puis se détachèrent l’un de l’autre pour s’installer.

Chaque invité prit place autour de l’imposante table de la Grande Salle de Dreadfort, Rogar en bout avec le Roi à sa droite et sa promise à sa gauche. Il lança à cette dernière un regard tendre dont elle seule pouvait comprendre le sens, essayant de lui donner encore un peu de courage pour ce repas qui s’annonçait comme pesant. Lord Bolton attarda son attention sur Aegon et ouvrit la discussion alors que les premiers plats étaient en train d’être servi. J’ose espérer que le Mestre à satisfait votre curiosité sur ma demeure Majesté. Débuta-t-il de son habituel ton inhospitalier et son regard dérangeant.
♔ Lord de Dreadfort
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Sam 2 Sep - 0:54


Des requêtes, il y en avait eu plusieurs bien entendu. Après tout, sa sœur n’était-elle pas belle? C’était sans doute la seule et unique chose qu’elle avait pour elle, en fait.  C’était parfois à ce demandé si elle avait réellement du sang de Dragon dans les veines ou non. Aucun caractère, aucun instinct, aucune idée de grandeur –le concernant-. Encore heureux qu’il l’avait vue grandir et qu’elle en avait, au moins, les caractéristiques physique. Quel gaspillage. Il avait tenté en vain de lui indiquer la bonne voie, à sa façon, la seule qu’il avait apprise, mais tout ce que l’on faisait avec Khanrell ne servait strictement à rien. Elle était même la première à ne pas terminer sa formation de Dragonnier, tant elle était d’une inutilité et d’une incapacité débordante. Elle était une honte. C’était carrément la loger et la nourrir gratuitement, pour rien. Alors, la seule chose à laquelle elle pouvait bien lui servir c’était de l’échanger contre une certaine loyauté. Le Bal, le Bal. Tout le monde n’avait que ça aux lèvres, même après. Certains Lords la désiraient et il avait dû se pencher sérieusement sur la question. Il avait déjà une idée à l’esprit, mais il fallait l’avouer, les Maisons qu’il avait le plus viser n’avaient pas daigné démontrer le moindre intérêt et cela l’embêtais. Retour à la case départ: Elle ne lui servait à rien. Pire encore, ce Bal lui avait été d’une inutilité effarante, outre le fait que cela lui avait au moins apporté une certaine diversion, mais surtout, il avait un magnifique portrait des Maisons qui s’y étaient présenté. Certaines avaient totalement ignoré cette Royale invitation. Il les garderait à l’œil, tous comme ces vipères, pour la pluparts, qui s’y étaient présenté, mais sincèrement, devait-il réellement s’attendre à autre chose de leur part? Il prenait cela comme un affront à la Couronne. Littéralement.

Ce fut le nouveau Lord de Dreadfort qui somme toute, fut l’un des rares candidats sélectionnés par le Souverain ainsi que les membres du Conseil Restreint. Oh, il avait simplement été intéressé de discutailler sur les points négatifs et positif de certaines alliances –renforcé- avec eux, notamment en savoir d’avantage sur leur Maisons respective, un peu enquêter sur eux, aussi. La Maison Bolton était la plus alléchante pour plusieurs raisons outre le fait qu’il n’avait pas eu les requêtes qu’il aurait désiré, ce qui somme toute, l’avait d’avantage enragé contre sa sœur cadette. Inutilité! Et le voilà qu’il scellait son destin. Qu’il s’en débarrasserait enfin. Peut-être avait-il semblé un peu trop enclin. Il ne savait guère, pour être franc. Elle irait y crever s’il le fallait, cela ne lui importait strictement en rien. Il n’avait jamais compris pourquoi son paternel avait marié Daeyna. Encore heureux qu’elle soit revenue… Il comptait la garder près de lui, bien au chaud…

Et si au moins «grâce» à Khanrell il pouvait tenir fermement l’une des plus intéressantes familles du North de cette façon, ce serait toujours ça de gagné. Ainsi, il envoya en guise de réponse quelques conditions –bien entendu-, car il aurait eu vent de certain de ses desseins, chose qui ne l’enchantais pas d’avantage que les autres Lords trop prétentieux, mais tenir celui-ci au creux de sa main pourrait en effet lui être d’une certaine utilité. Et s’il osait ce joué de lui, il connaîtrait ce qu’était réellement la rage des Dragons. Écorcheurs ou non, il n’en avait pas peur. Voyons. La maison Stark, avec les conflits, semblait perdre le contrôle sur ses vassaux. Les Karstark planifiaient bien quelque chose, c’était évident. Cela aurait pu être une possibilité intéressante, mais plus aucun Lord ne tenait cette Maison. Sans doute s’écroulerait-elle d’elle-même si une femme la dirigeait trop longtemps. Une femme, qu’elle idée. Un Bâtard aurait été mieux. Quant au fait que le Lord Stark ne se soit pas présenter à son Bal, cela en disait bien long sur leur fidélité. Cela était inadmissible.

Les raisons de son choix? Elles étaient là. Rogar Bolton, en échange de la main de sa sœur, profiterait du conflit entre les Starks et les Karstarks pour prendre le Nord et lui offrir, ce n’étais pas sorcier. Il ne demandait pas la Lune. Même un bouffon pouvait faire cela. Bon, d’accord, il y avait aussi peut-être un peu de leur réputation qu’il adorait, pour être franc. Une Maison qui ne s’en laissait pas imposer –tant qu’elle lui restait docile, bien entendu- et qui était susceptible de gouverner le Nord avec une main de fer. C’était ce qu’il lui fallait. De toute façon, que ce soit avant, et surtout après le Bal, Aegon n’avait pas plus confiance en qui que ce soit, si ce n’était que pour la majorité, au lieu de doré le nom de leur Maison, l’avaient salit de par leur propre langue et leurs propres attitude. Du moins, auprès de lui. Que d’erreurs. Bien que cela le soit fait bouillir, cette soirée avait eu le mérite de lui être utile autrement. Il devrait en profiter plus souvent. Ces gens se croyaient si, si invincible. Et si même lui pouvait être conscient qu’il ne l’était pas, il n’accepterait jamais qu’une autre Maison le crois la concernant. Au moins, il avait eu quelques, trop infimes, mais présentes, agréables surprises.

Alors les voilà qu’ils posaient les pieds sur ces terres enneigés afin d’assister au mariage de sa sœur et de ce Lord qui semblait se murer dans la neutralité concernant la situation précaire du Nord qui d’une fois à l’autre, menaçais d’éclater. Il se demandait parfois s’il n’avait tout simplement pas envie de voir toutes ses Maisons s’entre-tuer. Cela lui rendrait peut-être services étant donné que certaines ne lui avaient toujours pas remis leur redevance. Il règlerait cela bientôt, si ces menaces n’étaient pas prises au sérieux. Il n’appréciait pas que l’on se joue de lui de la sorte. Si elles ne lui servaient à rien mise à part comploté, aussi bien les éliminer ou les regarder se monter les unes contre les autres. Non? Ça aussi, c’était plutôt divertissant.

Ils furent accueillis un peu maladroitement selon lui. Le Mestre arriva et le Lord lui demanda de l’accompagner jusqu’à Dreadfort, lui suggérant, au moins, de lui faire visiter les lieux, notamment les salles de tortures. Ah! Il y avait au moins cela, mais ils auraient pu faire mieux, en fait. C’était tout de même du Roi, qu’il était question. La Princesse qui ne deviendrait qu’une simple Lady n’était que secondaire. Un simple objet d’échange. Il avait remarqué le regard du Lord qui c’étais poser sur sa sœur, avant même de ce poser sur lui. Il aurait pu le prendre mal, s’il ne c’était pas dit qu’au fond, il devait sans doute déjà rêver de la dévêtir. Éviter de la recouvrir d’ecchymose fut sans doute chose peu aisé durant les dernières semaines du moins. Il ne pouvait tout de même pas lui fournir quelque chose de trop endommagé. Au moins, elle lui avait été plutôt docile et ne l’avait pas trop énervé. C’était peut-être qu’il fut plus tolérant, sachant qu’il s’en débarrasserait bientôt et qu’elle ne serait que chose du passé.

Quoi qu’il en soit, il suivit donc le Mestre, ne donnant pas tout de suite ni congé à Daeyna, ni à Aerion. Accompagné de sa Garde Royale, il se contenta de laissé deux garde et une servante à sa sœur cadette qui déjà discutait avec le Lord. Au moins une bonne chose. Cela serait bête qu’il se désiste en réalisant la l’unité qu’elle était, à moins qu’il apprécie ce genre de femme. Trop soumise, trop pleurnicharde. Il détestait les pleurnichards. Ils entrèrent dans la Forteresse, non sans qu’il jeté un coup d’œil au ciel, repérant, bien au loin, Ombre qui rôdait. Il souhaitait toujours que celle-ci ne tue Shenya. Une autre inutilité.

L’après-midi passa plutôt rapidement, fort heureusement puisqu’il craignait de voir le temps s’arrêter et se figé dans le froid. Que les quelques jours lui paraissent des années. Il avait fini par se délester d’Aerion et Deayna, afin que ceux-ci, ayant eu une bonne attitude, puissent se reposer dans leur chambre et uniquement là s’ils désiraient le quitté jusqu’au repas du soir. N’avait-il pas bon cœur? Il fut quelque peu étonner, tout de même de la disposition de la Forteresse de Dreadfort. Il aurait même cru que les chenils l’aurait blasé, mais en voyant la flagrante voracité de certains de ces chiens, cela n’était qu’un aperçus sans doute de la réputation de la Maison Bolton.  Il rigola même intérieurement en imaginant sa sœur se faire déchirée la peau, car elle aurait tenté en vain de s’échapper. Ah non, qu’elle sotte. Elle n’en avait même pas le cran. Elle était désespérante. Une fois la visite terminer, Aegon choisi à son tour de se retirer dans ses quartiers où après un moment l’ont fini par venir y cogner.

-Entrez.

Et sur ces mots, l’un des deux garde qu’il avait laissé avec sa sœur entra, la mine bien basse. Le Souverain arqua un sourcil et lui fit un bref mouvement de la main, signe de lui donner l’état de fait qu’il désirait alors qu’une servante accrochait sa cape rouge sang aux épaulettes de sa tenue.

-Alors, qu’ont-ils fait? Et ma soeur?

Demanda-t-il, jetant un coup d’œil au miroir afin de voir si sa tenue lui convenait, puis le dirigea sur l’homme, quelque peu incertain.

«Nous les avons suivis un moment, jusqu’à ce que l’on nous ordonne de les laisser seuls. Comme vous l’aviez présumer…»

Aegon se tourna vers le garde et lui jeta un regard noir. De quel droit ont se permettait d’ordonner quelque chose à ses gardes, de surcroit? Ils avaient une tâche et seul lui pouvait les en relever. Si Rogar Bolton désirait abuser de sa sœur avant le mariage –ce qui somme toute l’aurait déranger, présumant que lui-même n’en abusait pas, mais l’éduquais et avait cherché à l’aider- il jouait déjà très mal ses cartes auprès de lui. Croire qu’il était à la hauteur des menaces même du Souverain face à ses propres larcins était bien trop se surestimer, selon lui. Il ne songea pas qu’on lui cachait quelque chose, comment pourrait-il s’imaginer chose pareille.

-Continuez.

Ce qu’il y avait de bien avec sa position, c’était que les gens craignaient bien plus le Roi qu’un simple Lord, aussi menaçant soit-il. De toute façon, ils craignaient bien trop qu’Aegon découvre leur incompétence par lui-même un jour ou l’autre. Alors valait mieux avouer et espéré qu’il soit clément.

«La version que nous devons vous remettre est celle-çi: Fatigué du voyage, la Princesse a passé l’après-midi à se reposer dans ses appartements et vient tout juste d’être réveillée pour se préparer, ce qui n'est pas le cas. Bien entendu, celui-ci nous à menacer.»

Ah? Intéressant. Pourquoi prendre autant de risque pour si peu? Qu’avait-il donc de si important à faire, seul avec Khanrell pour prendre la peine de se faire coincé tel un rat, comme présentement? L’air sévère, le Souverain se contenta de se retourner et de se diriger vers l’un de ses bagages.

-Partez.

S’inclinant bien bas et un peu inquiet, le garde quitta prestement la chambre du Suzerain des Sept Couronnes, laissant entré l’un des membres de sa Garde Royale qui lui indiquait que tout était prêt. Bien. Délestant ses effets, Aegon quitta sa chambre et se dirigea vers la salle où le diner serait servis et à peine quelques minutes après, le Lord et la Princesse firent leur entré. Le regard d’Aegon descendit lentement sur leurs mains, se tenant comme il se devait. Au moins, Khanrell ne lui faisait pas honte sur ce point. De toute façon, il supposait l’avoir suffisamment menacer de se comporter comme il se devait, car à la moindre erreur et pire encore, si pour une raison quelconque le Lord se désistait, elle le paierait ardemment. Il était cependant curieux. Sa paranoïa le poussait déjà à s’imaginer une tonne de scénarios possible. Elle ne tremblait pas autant qu'avec les hommes qu'elle fut forcé de côtoyer outre lui-même et pourtant il la touchait. Il se pencha pour murmurer quelques mots à l’un de ses gardes personnels, qui lui se contenta d’hocher un bref coup la tête et se diriger vers les autres afin de leur transmettre les ordres du Roi. Puis l’un d’eux quitta.

Ils finirent par prendre place à la grande table et le regard d’Aegon parcourait la salle de son air froid habituel. Rogar d’un côté, Daeyna, puis Aerion de l’autre, tandis que Khanrell logeait aux côté du Lord. D’ailleurs, le Suzerain ne se gêna pas pour étirer légèrement son torse vers l’arrière et lui jeter un regard menaçant. Supposons que tout allait bien pour l’heure. Cela avait intérêt de continuer. Il rapporta ses prunelles violet sur le Lord qui s’adressais à lui, alors qu’on versait du vin à la tablé. Les regards de sa gardes étaient bien entendu river autant sur les serveurs que les invités, tandis que deux de ceux-ci étaient fièrement prostré derrière lui.

-Tout à fait. Entre vous et moi, les utilisez vous encore fort souvent, ces salles de tortures? L'aménagement est très particulier. Cela à dû en terroriser plus d'un. L'odeur ferreuse imprégner dans la pierre à elle seule saurait suffire. Oh, et j’ai cru voir que vous aviez eu une nouvelle portée dans vos chenils. L’un de vos hommes m’a mentionné qu’ils étaient près à commencer leur entraînement. Cela me donne des idées. Je n’ai pas vue de tels chien en King’s Landing. Je ne peux résister à l’idée de les imaginer au pied de mon foyer. Cela serait pour moi un agréable souvenir de ma visite à Dreadfort.

Peut-être un peu trop enthousiaste, mais ces sujets lui plaisaient. De toute façon, il ferait un piètre invité pour ne pas le complimenté sur quelque chose, non? Il espérait aussi que le Lord comprenne le message, bien qu’il ne le demande pas directement. Il prit sa coupe et fit tournoyer le vin dans celle-ci, puis se tourna vers Aerion et Daenya, leur faisant signe de faire de même et bien entendu, de goûter. Il avait dailleurs choisi la présence de sa sœur à ses côtés, sachant Ô combien Khanrell tenait à elle. Il serait bête qu’elle ne meurt empoisonner à sa place. Aegon était paranoïaque, il ne fallait pas l’oublier. Il avait des goûteurs dans sa propre demeure malgré que ceux qui manipulaient tout ce qu’il consommait fussent surveillés de près. Il se refusait une mort si peu glorieuse dans le genre. Il s’avança un peu, jetant un regard glacer à sa sœur cadette et lui offrit un sourire carnassier. Rien de bien inhabituel n’en soit.

-Alors, très chère sœur. Vous avez les traits fort tirés pour quelqu’un qui à dormis toute l’après-midi.

Son visage était si aisé à lire. Il amplifia son sourire et gloussa. Elle ne payait rien pour attendre. Jusqu’au mariage, elle restait à lui et il n’appréciait pas qu’on croit si facilement pouvoir se jouer de lui, surtout qu’elle se mette à commencer à jouer à ce petit jeu avec lui. Il jeta un coup d’œil au Lord.

-Elle n’a pas l’habitude de voyager en bateau. Je suis persuadé qu’elle sera plus en forme lors de votre nuit de noce.

Évidemment, il n’était là désireux que de voir leur réaction. Signe qu’il c’était renseigné et la possibilité que ses gardes lui aient menti. Ou pas. Il adorait la manipuler et la terroriser de la sorte. C’était si facile.

Et en parlant de cela, Lord Bolton, avez-vous commencé à organiser ce d’on nous avons discutez? Le contraire me décevrait. Bien que je sais que l’organisation pour votre mariage à dû prendre beaucoup de votre temps, à ce que je vois, mais il n’en est pas moins que je fais un pas vers vous en vous offrant la Princesse Khanrell plus tôt que prévu en guise de bonne foi. J’espère que vous en avez fait autant.


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Dim 3 Sep - 13:17
L’une des rares femmes de l’univers à détester recevoir des compliments, et l’une de celles en ayant reçu probablement le plus au cours de sa courte existence… Khanrell frissonna légèrement, bien sûr, comme d’habitude, mais arriva à se retenir de le lâcher, de fuir les mots qu’elle détestait. Évidemment qu’elle lui plaisait, il ne l’aurait pas choisie sinon, aussi piteuse était sa terrible vie! Heureusement, il n’insista pas plus sur son apparence, l’aidant à se détendre imperceptiblement en lui avouant qu’il n’avait pas plus envie qu’elle d’aller souper avec le Roi, bien qu’ils le devaient pour le satisfaire, mais que tout serait terminé sous peu, lui permettant enfin d’être libre. Libre. Un mot qui sonnait drôlement aux oreilles de la princesse, auquel elle refusait encore de croire, en particulier de la bouche d’un homme qui deviendrait son époux, quelles que soient ses intentions réelles. Libre lui semblait être une utopie inatteignable. Mais la jeune femme ne répondit pas, ils entraient maintenant dans la salle à manger et Aegon y était déjà. Sa nervosité remonta en flèche, et l’imperceptible tremblement qui l’envahissait à la seule idée de retrouver son tortionnaire devint plus évident à chaque pas qu’elle faisait en sa direction. La délicate et réconfortante (vraiment? mais que lui arrivait-il?) caresse de Rogar sur sa main lui parut bien trop courte, mais cette tendresse ne pouvait évidemment trop durer sous le regard inquisiteur du Roi, c’aurait été jouer à un jeu beaucoup trop dangereux pour elle.

La jeune Targaryen eut tout le mal du monde à ne pas soupirer de soulagement de ne pas être assise à côté de son frère, cette terrible responsabilité revenant à son cousin et sa sœur. D’ailleurs, elle ne manqua pas de remarquer que Sheena était fort loin d’elle, à son plus grand désarrois, tout comme sa sœur, certainement un arrangement d’Aegon, qui détestait la voir près des seules personnes qu’elle aimait. Au moins, le Roi ne pouvait la toucher, puisque si elle se devait de supporter son regard car elle lui faisait face, la table était bien trop large pour qu’il ne puisse l’atteindre, même en étendant le bras. Bien sûr, elle paierait certainement plus tard pour cela, mais en ce moment, elle était profondément soulagée. Puis, Lord Bolton s’interrogea sur la visite que son Mester avait offerte à Son Altesse, et la dureté du ton, du regard, vint profondément troubler Khanrell. Ce n’était pas le même homme qui lui offrait des regards tendres pour la rassurer et qui gagnait, peu à peu, pas à pas, une confiance difficile à acquérir de la princesse. Si elle n’était pas entrée à son bras, elle se serait demandé s’il ne possédait pas un jumeau diabolique qui prenait sa place en cet instant. Et, en cet instant… elle eut un doute terrible… S’il était aussi schizophrène qu’Aegon ?

Ce n’était donc, comme à son habitude, pas particulièrement difficile de paraître mal à l’aise et effrayée, un état qui plairait certainement à son frère, puisqu’elle de devait surtout pas apprécier son fiancé et risquer de lui gâcher le plaisir de la torturer une dernière fois avant de se séparer d’elle. Khanrell avait vraiment la trouille, car autant elle ne savait plus si Rogar jouait un rôle de Lord sévère pour distraire le Roi ou si c’était avait elle qu’il avait joué une fausse tendresse? Après tout, elle était si facile à berner! Toujours est-il qu’Aegon sembla bien enthousiaste à l’idée de discuter des salles de torture, de l’odeur du sang, des chiens de chasse, bref de ce qui donnait d’affreux frissons de dédain à la princesse, qui eut ensuite vaguement l’impression d’être échangée pour une portée de chiots, puisque le Roi laissait clairement comprendre qu’il aimerait repartir avec les derniers spécimens du chenils. Grand bien lui fasse, si cela pouvait lui faire passer ses envies sur elle, mais d’un autre côté, la jeune femme ne pouvait s’empêcher de plaindre ces pauvres animaux pour le cruel maître avec lequel ils seraient désormais coincés.

Malgré elle, Khanrell sursauta légèrement lorsque son aîné s’adressa directement à elle, en lui servant du «très chère» à sa façon si répugnante, prouvant à tous à quel point il «l’aimait». Hallucinait-elle ou était-il en train de douter de la véracité de la version qu’on lui avait certainement rapporté de leurs agissements? La princesse se tendit durement en sentant son regard sur elle, sentait qu’il lisait jusqu’au fond de son âme, supporta difficilement de soutenir son regard sans s’effondrer en larmes. Elle ne pouvait pas mentir, elle en avait toujours été incapable, surtout devant Aegon, mais avec les années, elle avait découvert que, si le mensonge était toujours détecté chez elle, l’omission volontaire, elle, ne l’était pas, et elle avait appris à dire la vérité en omettant des détails qui l’avantageait, de sorte que son frère ne puisse connaître l’absolue.

-Je me sens p’pourtant bien plus rep’posée que tout à l’heure, V’votre Majesté… bégaya-t-elle timidement en posant une main sur son visage, comme si elle pouvait, ainsi, vérifier les propos de son frère à son égard. M’ma longue sieste a été p’plus que b’bénéfique, mais p’peut-être que les d’dernières semaines, avec le v’voyage, ont laissé une fatigue d’difficile à récupérer? suggéra-t-elle en ayant un mal fou à ne pas détourner les yeux, car il aurait cru qu’elle mentait si elle avait caché son regard.

Ses yeux disaient la vérité, toujours le miroir de ses mots, et comme elle n’avait pas menti, ils ne pouvaient la trahir. Elle avait bel et bien dormi presque tout l’après-midi, après tout, et c’était à cette vérité qu’elle s’accrochait pour avoir l’air honnête, bien que non moins effrayé par le regard scrutateur d’Aegon, qui la lâcha enfin pour observer Rogar et lui lancer un commentaire sur leur future nuit de noce, qui fit violement empourprer (et trembler de tout son corps) la pauvre princesse déjà effrayée. Il lui sembla avoir à la fois trop chaud et trop froid, alors que des sueurs froides commençaient à naître dans le creux de son dos, affaibli par son épuisement et sa sous alimentation. Toutefois, il lui ouvrait là une porte encore plus grande pour à la fois s’assurer qu’il la croirait et essayer d’éviter qu’il ne s’approprie sa personne une dernière nuit avant qu’elle ne soit plus à lui…

-Cela m’a eff’f’fectivement ép’puisée… intervint-elle timidement et difficilement. M’mais je suis certaine que j’j’j’afficherai m’meilleure mine d’demain, ap’près une vraie et long’gue nuit de sommeil. J’je ne voud’drais surtout p’pas faire hont’te à qui q’que ce soit p’pour le m’mariage.

Sous la table, la princesse croisa les doigts d’une main, priant tous les Dieux, anciens comme nouveaux, que le Roi comprenne son allusion. Il assurait qu’elle serait en forme pour sa nuit de noce, alors déjà, elle avait besoin de bien dormir, et donc, qu’il ne vienne pas l’en empêcher. Son regard, présentement inquiet, suffisait à dire ce qui n’avait pas été dit par sa bouche, mais elle n’aimait pas l’œillade qu’il lui rendit juste avant de s’enquérir sur ce que Rogar aurait dû «organiser» par rapport à leur entente, scellée par sa main à elle. Khanrell pinça les lèvres et baissa les yeux sur son assiette, supportant difficilement qu’on parle d’elle, comme d’habitude, comme si elle n’était qu’un objet d’échange, une monnaie de transition pour conclure des alliances, même si elle l’avait toujours été, même lors du règne de son défunt père. Ça l’a rendait si inhumaine… D’une main encore beaucoup trop tremblante, elle piqua un aliment quelconque avec sa fourchette, sans véritablement savoir ce dont il s’agissait, même si elle le fixait, comme sa vue était légèrement troublée. Probablement des larmes qu’elle retenait tant bien que mal? Il ne lui semblait pourtant pas avoir les yeux humides.

Ouf, c’était un légume, put-elle constater lorsqu’elle l’eut difficilement mis dans sa bouche. Son estomac aurait difficilement supporté quelque chose de lourd comme de la viande. À quand remontait la dernière fois qu’elle avait mangé un repas complet sans le régurgiter immédiatement? La nervosité, à King’s Landing depuis des mois, puis le mal de mer récent l’avait empêché de se nourrir convenablement, et l’aliment passa difficilement dans sa gorge serrée lorsqu’elle s’efforça à l’avaler. Ne pas vomir. Ne pas vomir. Ne pas vomir…


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Dim 10 Sep - 12:47
Il y a toujours une part de vérité dans les rumeurs. Et le Roi Aegon Targaryen n’échappait guère à cette implacable règle. C’était un homme profondément mauvais, quelques secondes à parlementer avec lui, suffisait à se faire une idée de la sévérité de sa démence. Il éprouvait du plaisir à faire du mal, à effrayer ses sujets, cela lui procurait un sentiment d’omnipotence. Cela ne l’intimidait en rien, au contraire, Rogar voyait cela comme de la faiblesse. La position du Roi était si précaire, qu’il n’avait que la terreur pour maintenir un tant soit peu son autorité. Preuve irréfutable de son incompétence à régner. Il provoquait sa propre chute, la chute de sa dynastie. Comme s’était bien employé à amorcer son dément de père. Tel père, tel fils. Khanrell était apeurée, sa voix bégayait et sanglotait. Cela dérangeait profondément Rogar de la voir dans cet état.

Alors que la domestique servait du vin à la tablée, Rogar refusa d’un geste de la main que la jeune femme lui abreuve son verre. Puis d’un signe de la tête, lui indiqua d’aller plutôt remplir à nouveau celui du Roi. L’Ecorché n’était pas homme à s’adonnait à la boisson, préfèrant garder l’esprit vif en toute circonstance. Bien qu’il ne s’y refusait pas lorsque le contexte demeurait moins sérieux. La remarque du Roi sur leur future nuit de noces était grossière et déplacée. Elle avait au moins le mérite de bien correspondre au personnage. Même si à cet instant, le Lord de Dreadfort désirait ardemment égorger l’impudent, il n’en fit rien. Se devant de jouer le jeu encore pendant plusieurs heures, tant que Khanrell et lui n’était pas unis, se contentant donc de répondre à ses questions.

Officiellement, elles ne le sont pas. Les Starks ont aboli l’écorchement et d’une manière générale, la torture dans le Nord. Argumenta Rogar après avoir bu une gorgée d’eau. Priver la Maison Bolton de ses traditions ancestrales a été une décision des plus regrettables et des plus déraisonnables. Continua-t-il d’un ton extrêmement dur. Les traditions sont importantes, que serions-nous sans elle ? Et je suis, comme mon père et l’ensemble de mes ancêtres, un homme très attaché aux traditions. Insinua implicitement le jeune homme au Roi, qui avait pour sûr compris le message que les horribles salles de tortures de Dreadfort n’avaient jamais cessé de fonctionner. Puis il poursuivit en fixant Aegon de son regard dérangeant. Vous également Majesté, vous êtes un homme de traditions, je me trompe ? Il marqua un bref temps d’arrêt avant de conclure, toujours sur une intonation glaciale. Je pourrai en attester lors de ma nuit de noces avec ma femme. L’Ecorché venait de lancer une allusion aux traditions incestueuses des Targaryens et aux nombreuses rumeurs à son sujet.

Il savait pertinemment que la pureté de Khanrell avait été prise par son ignoble frère. Cela le répugnait. Aegon méritait l’émasculation pour avoir oser souiller, sans doute à de multiple reprise, Khanrell. Sentence que Rogar se plairait à exécuter. Il ne serait pas non plus contre d’exposer la peau du Roi fraîchement pelée dans la cours de Dreadfort à côté de son cadavre fumant. Le jeune Lord se demandait comment le Dragon voyait sa sœur. Comme une vulgaire jument prête à se faire saillir par ses soins aux grès de sa concupiscence. Comme une jeune fille brisée, fragile, qu’il se plaisait à tourmenter. La colère abyssale qu’il portait au bourreau ne faisait que croître à mesure que celui-ci se tenait à ses côtés, à dîner à sa table, dans sa demeure. Sa simple présence, la simple sonorité de sa voix le révulsait, mais il ne laissait rien paraître, comme en attestait ce visage aussi rigide et impassible que le Mur.

Rogar tourna son attention sur la Princesse Khanrell, lui jetant un regard tendre qu’elle seule pouvait percevoir. Regard qui en disait long sur ses sentiments à son égard et qui tentait vainement de la rassurer. Il avait bien compris l’allusion qu’elle avait faite à son frère et souhaitait lui aussi, que ce dernier s’abstienne de lui rendre une dernière visite nocturne. De toute façon, le jeune Seigneur ne le tolérerait guère et veillerait à ce que personne ne vienne troubler le repos de sa belle. Malgré tout, si le Roi s’avisait de le faire … L’Ecorché commettrait un régicide impitoyable. Peu importe les conséquences, qui seraient à priori, plus positives que négatives en y réfléchissant bien.

Tout comme la Princesse, je tiens tout particulièrement à ce qu’elle dispose de tous ses moyens pour la longue journée de demain. Puis il s’adressa à nouveau à sa Majesté. Cette portée est le fruit de mes deux meilleurs limiers. En effet, ils sont sevrés depuis plusieurs semaines et débuteront bientôt leur apprentissage, se seront des limiers exceptionnels à n’en pas douter. Se sont des bêtes formidables, loyales et robustes. Lord Bolton se pencha vers la Roi afin de poursuivre en aparté pour que lui seul profite de la suite. Le secret, c’est de développer leur appétence pour la chair humaine dès leur plus jeune âge, ainsi lors des battues, ils deviennent comme posséder et sont de véritables machines à tuer. Surtout lorsqu’ils ont été privés de leur met favoris depuis trop longtemps. Il se recula et demanda à la domestique de s’approcher. Informez le maître chenil que trois des chiots de la dernière portée partent pour la Capitale dans deux jours. Une fois la jeune femme partit, il leva son verre à l’attention de son homologue et afficha un sourire satisfait. Aux futurs limiers Royaux.

Malgré son attitude grotesque et méprisable, le Roi n’avait vraisemblablement pas oublié pourquoi il était ici, pourquoi il avait consenti à donner sa sublime sœur. Cela semblait naturel qu’il lui demande si de son côté, les futurs actions à mener avaient été planifiées. A savoir, la prise du Nord et sa pacification. Naturellement Majesté. Comme précédemment, il se rapprocha de son interlocuteur afin de ne pas ébruiter leur conversation. Mon armée est bientôt rassemblée, ce sont 6000 hommes qui marcheront vers Winterfell dans les prochaines lunes. Je prendrais le Nord et vous l’offrirez. Même si Rogar n’allait en rien tenir sa promesse, mentir, contrairement à Khanrell, n’était en rien un obstacle. Surtout lorsque l’enjeu était aussi important. Après tout, rien ne filtrait à travers ce faciès d’une rigidité terrifiante. Mais quand bien même, les informations que venait de lui communiquer le jeune homme étaient authentiques. Son armée était belle et bien quasiment rassemblée et il allait bien marcher vers Winterfell.
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Jeu 14 Sep - 21:43
Ils avaient passés trois semaines en mer. Trois semaines interminables durant lesquelles les princesses avaient dû se coltiner la présence d'Aegon de façon plus intime, puisque la famille royale voyageait sur le même navire. Il était difficile d'éviter la présence du Roi dans un espace aussi restreint... Daeyna fût donc des plus soulagées lorsque finalement ils retrouvèrent la terre ferme.

Dreadfort n'était pas une belle forteresse... Il n'y avait rien d'architectural, comme au Keep, tout était construit pour son efficacité plutôt que sa beauté. Au point où la demeure semblait froide, hostile. La jeune femme frissonna et une servante, croyant que la princesse était gelée, lui apporta une cape bordée de fourrure afin de l'aider à se réchauffer. Daeyna accepta la pesanteur du vêtement sans broncher et enfoui son visage dans la douce fourrure du collet, dissimulant ainsi les émotions qu'elle n'arrivait pas à cacher sur son jolie visage.

Le voyage l'ayant énormément fatiguée et stressée, elle était à fleur de peau, ce qui n'était pas commun pour la princesse aînée. Une bonne nuit de sommeil lui serait bénéfique mais en attendant elle devait jouer son rôle d'invitée modèle... et apparemment continuer à se coltiner la présence de son frère !

Lord Bolton n'avait pas réellement porté attention au Roi, demandant au Mestre d'accompagner le cortège royal pendant qu'il s'occupait lui-même de sa promise. Daeyna se demandait franchement s'il savait ce qu'il faisait... Quoiqu'elle comprenait bien que les Nordiens n'avaient pas beaucoup d'amour pour l'hypocrisie, sûrement était-il conscient qu'il se devait de faire un tant soit peu bonne figure devant son souverain ? Aegon ayant une humeur délicate, valait mieux l'avoir de son côté que de se le mettre à dos...

Khanrell s'éloigna avec son futur époux et Daeyna pria pour que tout se passe bien. Elle n'avait pas encore eu l'occasion d'avoir une conversation avec Rogar Bolton mais se promis de le faire avant le mariage ou après... Si Aegon se souciait bien peu de la sécurité de leur jeune soeur, ce n'était pas le cas de Daeyna...

Fermant les yeux un instant, la jeune femme pris une grande inspiration, respirant une grande bouffée d'air frais afin de chasser les pensées qui l'envahissaient. Elle se devait de garder ses émotions sous contrôle jusqu'à temps qu'elle rejoigne la chambre qu'on lui avait attitrée. Quand elle réouvrit les yeux, Daeyna avait dessinée sur ses lèvres un faux sourire, un sourire si habilement pratiqué qu'il semblait sincère pour tout ceux qui ne la connaissait pas intimement.

Les heures qui suivirent furent terriblement ennuyeuses. Accompagnés de la garde royale et d'Alistair,  ils visitèrent le château mais surtout les salles de torture et les chenils, les deux étant tout simplement terrifiants. Aegon devait se sentir à sa place dans ces endroits... Il semblait plutôt apprécié la visite, du moins.

Une fois ces visites terminées, le Roi donna finalement congé à Daeyna, Sheena et Aerion. Soulagée, Daeyna, accompagnée par son garde du corps, suivit une servante qui devait lui montrer où était situé sa chambre.

Lorsque cette dernière ferma la porte derrière elle, laissant Daeyna et Alistair seuls,  la princesse poussa un long soupir de soulagement, ce qui n'était pas habituel chez elle. Elle détacha la longue cape qui pesait sur ses épaules et la posa près de la cheminée afin de la faire sécher.

- Je ne sais pas comment font les Nordiens pour vivre dans un climat aussi hostile... Quoique malgré la chaleur de King's Landing, l'ambiance donne parfois froid dans le dos, ... Difficile d'avoir une préférence.

Son ton était beaucoup plus morne qu'à l'habitude, témoignant de son épuisement.

Dans les mois précédents, elle avait vite compris pourquoi elle ne s'était pas donné l'occasion d'être proche de sa soeur alors qu'elle était plus jeune ; les sentiments comme l'amour était un peu comme un boulet qu'elle devait traîner un peu partout... un boulet qui lui causait des inquiétudes, du stress... Si  avant elle n'avait qu'elle à s'occuper, ce n'était plus le cas aujourd'hui. Elle se sentait responsable de Khanrell, sentait que en tant qu'aînée c'était sa responsabilité de protéger sa petite soeur. À King's Landing, elle avait Khanrell sous les yeux mais dans le Nord... une fois qu'elle serait partit, elle serait totalement impuissante. Elle ne pourrait plus aider sa soeur, la supporter, lui prodiguer conseils et amour.

Doublée du fait que le Roi ne semblait pas vouloir marier Daeyna à aucun noble... une autre cause d'inquiétude. Si au début la princesse n'était pas bien chaude à l'idée de se marier, elle préférait clairement le mariage à ce qui se dessinait actuellement. Le Roi n'avait pas caché avoir eu de nombreuses demandes pour la main de Khanrell, tout comme pour celle de Daeyna. S'il avait accepté de se départir de la plus jeune, il n'avait pas encore décidé à qui il donnerait l'aînée. La jeune femme espérait simplement qu'il n'ait pas comme idée de faire d'elle sa Reine...

Elle était donc destinée à retourner avec Aerion et Sheena à King's Landing, ne sachant pas du tout ce que le Roi ferait d'elle... Bien entendu, elle avait gardé ses inquiétudes pour elle. Daeyna ne voulait pas mettre un poids supplémentaire sur les épaules fragiles de Khanrell, ne se sentait pas encore assez proche de Sheena et Aerion pour leur en parler, et Alistair était avant tout son garde du corps, non pas son ami ou son confident...

- J'espère que Khanrell réussira à trouver un tout petit peu de bonheur dans ce mariage de convenance... Bolton a dû faire une proposition très alléchante à Aegon pour qu'il se décide à se départir d'elle.

Ces mots, jamais elles ne les auraient prononcées à King's Landing mais elle était à Dreadfort... ici, Aegon n'avait pas d'espions prêts à écouter toutes ses conversations et épiés le moindre de ses gestes.

- Alistair, faites-moi cette faveur... gardez un oeil sur Lord Bolton. Vous me direz plus tard ce que vous pensez de l'homme qui va épouser ma soeur...

Elle ne pût terminer sa phrase car on cogna à la porte ; le repas du soir était prêt et elle était attendu dans la grande salle.

La princesse se changea rapidement, délaissant la robe simple qu'elle portait sur le navire royal pour une robe plus appropriée pour une princesse, tressa simplement sa longue chevelure, puis, toujours accompagnée d'Alistair, quitta sa chambre en direction de la grande salle.

C'est seulement en arrivant dans la salle qu'elle réalisa qu'elle devrait être assise à la droite d'Aegon tout le long du repas, loin de Khanrell. À sa propre droite, se trouvait Aerion, puis Sheena.

Le repas était tendu, la conversation était presque exclusivement entre Aegon et Bolton. Parfois, Aegon s'amusait à torturer Khanrell qui répondait, comme à son habitude quand elle était apeurée : en bégayant. Daeyna tenta de croiser le regard de sa soeur afin de lui faire un sourire d'encouragement, mais cette dernière fixait son attention sur son assiette, complètement impuissante face aux événements qui se déroulaient juste à ses côtés.

Au moins, ce mariage la délivrait-elle des maltraitances d'Aegon... en regardant Bolton, il était difficile de croire qu'il ferait pire que leur frère et qu'il arriverait à rendre sa petite soeur complètement malheureuse. Être loin de King's Landing serait sans doute des plus bénéfiques pour Khanrell... elle pourrait peut-être enfin s'épanouir...

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Sam 16 Sep - 14:55


Il détourna la tête vers sa sœur cadette alors qu’elle répondit à sa question et il dû sincèrement se retenir pour ne pas se lever de son siège et se diriger vers elle pour lui offrir une gifle monumentale –au moins-. Elle osait mentir. Et elle osait le faire en le regardant droit dans les yeux? Il afficha un simple sourire carnassier. Comme à son habitude, ou presque, quoi. Sans doute était-elle la seule, ici présente à comprendre le sens de ce regard: Il savait.

-Une Princesse ne fait pas honte. Elle se contente d’agir comme elle le doit.

Étais-ce un reproche ou un compliment? Il était fort impossible de le savoir avec Aegon, bien que son entourage pouvait bien savoir que les compliments n’avaient jamais été sa force en soit et si cela était le cas, un ou l’autre pouvait être très mauvais, dépendant de ce qu’il avait derrière la tête et fort malheureusement, il était impossible de connaître le fond de sa pensé. De toute façon, qui serait assez fou pour être désireux de le savoir. Personne ne supporterait d’être dans sa tête. Personne. Quoi qu’il en soit, il rapporta son regard sur le Lord qui prit la parole et il laissa l’ombre d’un sourire macabre se dessiner sur ses lèvres. Bien entendu, qu’il n’avait pas cessé. Autant cela lui plaisait, autant cela était vue d’un potentiel mauvais œil. Il ne savait trop encore pour l’instant, mais des petites cloches sonnaient dans son esprit... Ou plutôt des voix s’exclamaient. Le petit était donc un rebelle qui agissait, visiblement, comme bon lui semblait malgré un décret. Ce serait donc bien entendu à surveiller et cela ne lui plaisait pas nécessairement. *S’il désobéit aux Stark, il pourrait très bien jouer dans ton dos. Débarrasse-t’en.*

En même temps, il avait au moins le mérite d’avoir des traditions plutôt palpitante et il se contenta tout simplement d’élargir son sourire lorsque celui-ci fit références aux Traditions des Targaryen. Et au commentaire qui s’en suivis, il était fort évident qu’il se doutait que sa future bien aimé avait été défloré depuis longtemps et ce, par le Souverain lui-même. Tant mieux alors, cela n’était donc pas une surprise pour lui. Pourtant, cela semblait le déranger. Étais-ce parce-qu’il aurait préférée avoir la priorité, ou il y avait une autre raison? Dans tous les cas, il fallait bien tester la marchandise avant de la vendre… Bien qu’il se fichait complètement des petits ressentis du Lord Bolton, cela l’intriguais tout de même. Soutenant son regard avec une pointe d’hilarité dans les yeux, il se contenta tout simplement de glousser.

-«Future» femme.

Choisi-t-il de préciser. Elle n’était pas encore à lui et Aegon avait toujours d’avance déjà eu du mal à cédé ses jouets, même ceux désuet. En effet. La nuance était fort importante. Il n’avait pour l’heure aucun droit sur la jeune Princesse et tout le monde savait très bien que le Suzerain pouvait en tout temps, décider de se rétracter. Il serait bon peut-être de rappeler ce détail crucial à ce petit. Alors valait mieux pour lui qu’il choisisse bien ses mots. Aegon était facilement susceptible et les voix dans son esprit étaient bien pires. Lorsque le Bolton fit mention de ses limiers, le Souverain tendis légèrement l’oreille, voyant que celui-ci c’était pencher en sa direction afin de visiblement, lui faire une confidence. Oh, il adorait cette perspective et voilà qui était satisfaisant. Trois de ces bêtes. Un chiffre parfait pour ce qu’il souhaitait faire d’eux. Il se contenta d’hocher un bref coup la tête, avisant de ce fait la servante qui s’approchait, observant l’échange avant de se contenté de levé sa coupe et de trempé ses lèvres dans le liquide vermeil qui y trônait.

De nouveau, Rogar Bolton acquiesça à sa demande à savoir où celui-ci en était dans les préparatifs, car bien que le mariage semblait prendre une grande place, ce qui l’importait surtout était ce qu’il en adviendrait de tout cela. Il refit le même mouvement, alors que celui-ci se pencha de nouveau en sa direction dans l’optique évidente que seul lui l’entende encore une fois.

-Bien.

La réponse était satisfaisante, mais quelque chose lui disait que tout ceci ne serait pas aussi simple que cela voulait bien le laissé paraître – ce l’était rarement en soit-. Dans tous les cas, il n’avait hélas aucun autre choix que de celui d’attendre, mais le Souverain n’étais pas des plus patient, surtout s’il donnait avant de recevoir, ce qui le taraudais encore. Un seul faux pas… Et la Princesse glissait entre les doigts du Lord. Et si celui-ci ne tenait pas parole, il comprendrait ce qu’était la colère d’Aegon le cinquième. Et puis, ce n’étais pas comme s’il basait toutes ses espérances sur un seul homme. Ce serait très, très mal le connaître. Si déjà il n’avait confiance en personne, ou presque. Cette fois, ce fut lui qui se pencha légèrement vers Bolton.

-Il serait dommage qu’une mésentente me force à prendre des recours vous concernant. J’ai beaucoup de projets pour cette alliance fort intéressante. Le Nord n’est qu’une petite entrée en la matière.

Il était vrai que Rogar Bolton avait déjà de bonnes qualités pour plaire au Souverain. Cependant, tout ceci semblait trop simple. Qu’en était-il de sa fidélité? Il y avait une différence énorme entre se faire aller la gueule et agir. Il le savait bien. Il avait entendu dire qu’il était ambitieux. Ce contenterait-il du Nord et de le lui tendre sur un plateau d’argent une fois pris comme convenu? La gourmandise était un vilain défaut qui faisait partie de plusieurs Maisons et il devait encore une fois s’y méfier. De toute façon, les Souverains Targaryen n’avaient jamais d’avance été réputé pour être des plus naïfs et Aegon avait une petite case supplémentaire. S’il accordait confiance, ce serait parce-qu’on avait plus que ses preuves.

-Bref, nous discuterons de tout ceci en temps et lieux. Commencez par mener à bien le petit projet que je vous est confié.

Voir le sang couler était toujours un délice pour les yeux du jeune Souverain et il se demandait même s’il ne comptait pas y assister. En ce qui concernait le Bolton, arracher la peau des gens, versus gagné le Nord étaient deux choses fort différentes et il ne demandait qu’à être convaincu. Quoi qu’il en soit, il jeta un coup d’œil oblique vers sa sœur cadette qui semblait –encore- souffrante. Cela ne serait pas la première fois qu’elle ferait des siennes depuis l’annonce du mariage. Étais-ce un de ces nouveaux petits caprices? Comptait-elle disparaître de la sorte en cessant de manger? Ou peut-être croyait-elle qu’en ayant la peau sur les os elle rebuterait un homme? Naïf. Un bel essai peut-être même. Bientôt, elle ne serait plus un réel problème pour lui… Mais d’ici là…

Il poussa un bref soupir visiblement signe d’une irritation à venir et se pencha vers l’un de ses Garde Royaux afin que celui-ci s’approche. Chose faite, il lui murmura quelques paroles tandis que celui-ci s’empressa de faire signe à un garde plus loin. Cette idiote allait avoir un malaise si elle ne mangeait rien et ce n’étais pas le moment. Valait mieux faire venir leur médecin qui les attendait sagement sur le Navire. Ce serait complètement idiot qu’elle ne meurt avant de scellé l’entente… Il regrettait soudainement bien amèrement d’avoir laissé couler le fait de laissé le Lord de Bolton s’assoir près de la cadette et sans doute sentent le regard qui devenait de plus en plus intense sur elle, la jeune Princesse croisa les prunelles du Souverain qui en disait long. Silencieusement, il lui fit comprendre qu’elle avait intérêt à se sentir mieux et apprécier son repas.

Un effleurement sur son bras droit le força à se retourner du côté opposé de la cadette, pour avisé Daenya qui s’approcha légèrement de lui afin de murmurer de façon à ce que lui seul puisse entendre ses propos, demandant en toute discrétion si elle pouvait quitter quelques secondes le repas afin de s’entretenir avec sa sœur et ainsi donc la convaincre de faire meilleure figure devant son future époux. Un truc de future marié semblait-il. Il détailla ses traits quelques secondes, puis fit un bref mouvement du bras afin qu’elle le relâche. Bon. Elles ne pouvaient pas aller bien loin, dans tous les cas.

-Ne me faite pas patienté trop longtemps ou vous le regretterez toutes les deux. Malaise ou non.

Avait-il murmuré à son tour, la gratifiant d’un sourire carnassier, pour ensuite détacher son regard d’elle, pour faire un bref hochement de la tête à Alistair afin que bien entendu, celui-ci accompagne les Princesses et garde un œil sur elles…

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Dim 17 Sep - 12:42
Si seulement cela pouvait cesser immédiatement! Khanrell peinait à suivre la conversation, son cœur battant d’un rythme si effréné dans sa poitrine qu’il résonnait dans ses oreilles et l’assourdissait. Tant mieux d’ailleurs, elle n’aurait certainement pas été capable de supporter plus encore de paroles au sujet de sa virginité absente et sa nuit de noces à venir! Toute la suite lui échappa donc, alors qu’elle s’efforçait à mettre un autre aliment dans sa bouche, sans pouvoir en distinguer la saveur, mâchant lentement bien qu’elle n’éprouvait aucune envie de manger. Si elle continuait de la sorte, elle allait vraiment être malade! Quel affront serait-ce pour la cuisine de Dreadfort qu’elle rejette les deux petites bouches qu’elle avait réussi à avaler de peine et de misère? Quelle honte ce serait pour son frère qu’elle se vide les tripes à table! Jetant un regard désespéré à sa sœur, bien qu’elle peinait à la distinguer correctement puisque sa vue ne cessait de se troubler, la jeune princesse mima silencieusement «aide-moi» du bout des lèvres, avant de reporter attention sur son assiette, qu’elle ne voyait même pas.

Sans être particulièrement consciente de la suite, des propos d’Aegon à son égard ou encore des regards posés sur elle, Khanrell accepta la main, puis carrément le support pour marcher, de sa sœur. Bien que ne la voyant pas, la jeune princesse reconnu l’odeur et le contact rassurant de Daeyna, qui l’entraîna hors de la salle à dîner. À peine eurent-elle fait quelques pas dans le couloir que la benjamine Targaryen s’effondra dans les bras de son aînée, totalement inconsciente. Ce n’est que beaucoup plus tard qu’on lui raconta qu’heureusement, le médecin de sa famille avait déjà été appelé pour l’examiner, si bien qu’il put aider sa sœur à l’emmener jusqu’à sa chambre, où elle fut réveillée doucement avec de l’eau fraîche et fut forcée d’avaler quelques autres aliments, avant de sombrer durement dans un sommeil agité.

Ayant toujours eu le sommeil particulièrement léger, bien que l’épuisement était à son compte, la jeune princesse eut vaguement conscience de nombreuses visites dans sa chambre au cours de la nuit, sans doute pour s’enquérir de sa santé. L’une d’elle la laissa grandement ébranlée, mais elle parvint à ne pas agiter les paupières, prétendre être toujours profondément endormie (ce qui n’était pas bien difficile puisqu’elle était à moitié consciente de ce qui se passait). Sans comprendre ce qu’il disait, elle était pourtant certaine qu’il s’agissait de la voix d’Aegon. Heureusement, il quitta son chevet peu de temps plus tard, lui permettant de se rendormir si rapidement qu’au lendemain, elle douta qu’il soit véritablement venu… Après tout, ça avait probablement été un simple cauchemar…

Dragon dort 2 Dragon dort 2 Dragon dort 2 Dragon dort 2 Dragon dort 2

L’avantage des mariages traditionnels des anciens Dieux de la forêt, c’est qu’ils se déroulent à la noirceur, et non en plein jour, si bien qu’on laissa la princesse dormir bien longtemps après l’aurore, puisqu’il n’y avait pas d’urgence à la faire préparer. Lorsque Khanrell se leva enfin, elle le fit dans un silence presque parfait, espérant ne pas avoir immédiatement de visite de ses domestiques pour la préparer, souhaitant esquiver ce moment le plus longtemps possible. Pour essayer d’oublier ce qui s’en venait à grands pas, la jeune Targaryen mis le nez dans sa petite collection de livres, mais tomba en premier lieu sur les coutumes nuptiales du North, comme s’il en fallait plus pour l’effrayer! Toutefois, trop curieuse parce qu’elle ignorait tout des cérémonies de mariage de cette religion, elle en parcouru rapidement les lignes pour découvrir, à son plus grand soulagement, qu’elle semblait être plus simple et plus courte que celles de la Foi des Sept. Tant mieux, moins elle aurait à prétendre bien aller, et plus elle réussirait à garder la tête haute longtemps! La seule chose qui la dérangeait était que, tout comme chez elle, ce serait probablement son frère qui la présenterait à Rogar… Elle frissonna en pensant qu’elle devrait à nouveau en supporter la présence!

À un moment, sans doutes inquiètes de sa santé, deux de ses servantes vinrent vérifier son état et découvrirent qu’elle était réveillée. C’est là que commença la folie de sa journée, d’abord en la forçant à avaler quelques petits fruits pour qu’elle ait quelques choses dans le ventre, avant de commencer l’essayage de sa robe, qu’il fallait entièrement réajuster, conséquence de sa dure traversée en mer. Khanrell passa des heures debout, immobile, sans dire un seul mot, à attendre qu’on la prépare. Ne reçut aucune visite, et bien qu’elle se sentait un peu coupable d’abandonner sa sœur et sa cousine seules avec le Roi, elle ne fit aucune demande pour les avoir avec elle. Surtout Sheena… Comment aurait-elle pu supporter la voir toute la journée précédent ses épousailles sans craquer ? Plongée dans une torpeur frôlant la panique, il était plus facile de faire la poupée et se laisser soigner, coiffer, nourrir, maquiller et habiller sans réagir, cela lui permettait d’oublier et se faire croire qu’elle se trouvait dans un tout autre monde.

Le ciel commençait enfin à se teinter d’oranger lorsque la princesse daigna enfin jeter un œil à la glace qui réfléchissait son image. Franchement, elle était plutôt épatée par sa propre apparence. Les fards dont on avait recouvert son visage étaient plutôt subtils, sans exagérations, mais avaient l’heureux effet de lui redonner des couleurs, reléguant au second plan sa pâleur morbide de la veille. Quant à sa robe, au col jusque sous son menton et aux manches jusqu’aux poignets, elle était faite d’un tissu suffisamment épais pour masquer sa maigreur maladive. Avec ses cheveux coiffés à la mode du North, elle donnait l’effet d’une vraie… mariée de Dreadfort. Cette pensée lui procura un haut-le-cœur qu’elle peina à retenir. Elle ne pouvait quand même pas vomir sur sa sublime robe blanche, brodée finement de fil argenté, rembourrée d’une fourrure presque immaculée (enfin, un peu la même teinte que sa chevelure) qui ressortait à chaque ourlet, créant de jolie bordures chaudes. Après quelques minutes à se contempler, Khanrell se fit informer que son frère était prêt pour l’escorter jusqu’au barral, où devait déjà l’attendre son futur époux et leur célébrant… La jeune Targaryen retint difficilement un lourd soupir, se couvrit de son long manteau d’une fourrure semblable à celle qui ornait l’intérieur de sa robe de mariée, ornée d’un minuscule dragon rouge au niveau du cœur, emblème de sa maison, et sortie de sa chambre sans un mot, essayant d’éviter le regard de son frère sans pourtant avoir la tête basse, pour qu’il ne lui reproche pas d’être une honte.
Fondatrice de DOW
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Mar 19 Sep - 11:36
21 jours en mer. 21 putains de jours à ne voir rien d’autre que les remous de l’océan. On était loin des quartiers de King’s Landing où il avait l’habitude de traîner pendant les moments de congé que lui octroyait généreusement sa protégée! Soudainement, les tavernes lui manquaient et le bordel… oh le bordel… Comme il semblait loin! Peut-être aurait-il dû faire le plein d’énergie auprès de la délicieuse Trisha avant de s’embarquer sur ce navire pour un voyage interminable vers un mariage guindé qui, assurément, serait plus assommant que réellement divertissant. Ah, mais merde! Il était garde du corps, il ne pouvait pas se permettre le luxe de batifoler pendant que sa protégée visitait les contrées nordiques! Au moins, Daenya était étonnamment de bonne compagnie. Au fil du temps, Callahan s’était surpris à apprécier sa présence et sa finesse d’esprit qui, malheureusement, était recalée au second plan, vu la façon dont son frère aîné la traitait. Mais après un bon moment passé à ses côtés, Ali avait eu la chance de découvrir à quel point la princesse était brillante! C’était… rafraîchissant! Après, quand on était le roi de tout un continent… on pouvait aisément se permettre d’agir comme bon nous semble – traitant ouvertement les gens comme des bouses ambulantes à notre bonne guise –, surtout lorsque les choses ne tournaient visiblement pas rond dans la boîte crânienne. Enfin, il se gardait bien d’émettre le moindre commentaire sur le sujet! On disait que le roi avait des goûts douteux sur plusieurs sphères de sa vie, alors mieux valait ne pas attirer l’attention sur soi et, par le fait même, éviter d’attirer des ennuis à la princesse aînée.

S’il avait d’abord eu envie de vomir ses tripes pendant les premiers jours du voyage (il remerciait intérieurement les dieux d’avoir eu la bonté de lui épargner la présence d’Ashton qui, avouons-le, se serait fait un plaisir d’empirer les choses simplement pour le plaisir de le voir dégobiller par-dessus bord), Alistair avait pu se contenir suffisamment pour éviter d’attirer l’attention sur lui. Oh certes, il avait très peu mangé, s’était contenté de boire énormément d’eau et arborait une mine un peu pâlotte… Mais au moins, au bout d’un moment, les symptômes se dissipèrent, même si une légère fragilité de l’appareil digestif était restée tout le long des pénibles jours en mer. Malgré son état intérieur pitoyable, il resta à son poste, montant la garde devant la porte de Daenya lorsque les circonstances l’imposaient. Enfin… Sauf lorsque le roi lui suggérait fortement de prendre congé afin qu’il puisse s’entretenir avec ses deux cadettes. Ambiance bizarre, voyage de merde! Il avait hâte de mettre pied à terre! Le point positif était qu’il n’avait jamais vu le North. Cette perspective était franchement intéressante, il devait l’admettre! Et puis, il pourrait en profiter pour élargir ses horizons… en apprendre davantage sur la population locale plutôt que se fier à ce qu’on disait constamment sur eux. Mais une question primordiale subsistait :

Y avait-il des catins à Dreadfort?

Lorsque son regard verdoyant se posa sur la forteresse austère, le jeune homme put sentir tous ses espoirs mourir à petit feu. Ce n’était pas ici qu’il se paierait un peu de bon temps! Le cas contraire… la frigidité ne l’intéressait guère! Il allait donc garder son attirail soigneusement caché dans son pantalon, bien au chaud en attendant de retrouver la chaleur de King’s Landing. S’avançant sur le quai qui les distançait du navire jusqu’au port, Alistair s’arrêta aux côtés de la princesse aînée à qui on remettait une lourde cape bordée de fourrure. Elle devait être frigorifiée, au vu de sa frêle et gracile silhouette. Bien qu’ils ne se connaissaient pas depuis des années, Ali la côtoyait suffisamment pour avoir appris à déchiffrer certaines de ses expressions qui, généralement, étaient de marbre en compagnie d’autrui. Heureusement, elle avait appris, au fil du temps, à se détendre un peu en sa présence (lorsqu’ils n’étaient que tous les deux) puisqu’il ne lui imposait aucune retenue, aucune étiquette sévère. Toutefois, en ce moment même, le masque de marbre avait du mal à ceindre ses traits délicats. D’où il était, il put déceler une ombre d’angoisse alors qu’elle enfonçait son visage dans la douce fourrure de son col. Elle n’allait pas bien, visiblement. Oubliant toutes ses pensées sordides concernant les catins qu’il aimait généralement côtoyer, Callahan ramena toute son attention vers sa protégée, réalisant soudainement qu’elle aurait probablement besoin de son soutien dans un moment qui, somme toute, devait être difficile ou émotif pour elle.

Il devait arrêter de penser à son propre nombril et se concentrer sur son putain de travail. Alistair se passa une main dans sa courte chevelure brune, puis prit une grande inspiration pour retrouver contenance. Daenya se composa un sourire parfait (qu’il savait factice) pendant que la jeune princesse Khanrell s’éloignait avec son promis. Le reste de la délégation se fit guider dans une visite de la forteresse qui, somme toute, était aussi barbante que l’avait craint le soldat royal. Que pouvait-il dire? Que les cachots étaient bien entretenus? Que les chenils sentaient le chien? Que les salles de torture… erh… étaient bien décorées et au goût du jour (il pria intérieurement, d’ailleurs, pour ne jamais s’y retrouver!)? Malgré tout, comme à chaque fois, Callahan se mordit l’intérieur de la bouche et conserva un mutisme bienfaiteur, soucieux d’éviter de foutre la honte sur toute la délégation de par sa langue trop bien pendue et, par le fait même, se retrouver avec une montagne de représailles. BREF, tout ça pour dire que la visite guidée n’avait pu capter son intérêt, mais malgré tout, il avait fait preuve d’une tenue exemplaire. Au moins, le roi semblait être dans son élément…

Au bout de longues heures qui lui semblaient interminables, le garde du corps eut l’immense satisfaction de voir le monarque donner congé à la princesse aînée et c’est sans se faire prier qu’il marcha à la suite de sa protégée, mains dans le dos et tête bien haute. Une servante eut l’amabilité de les guider jusqu’à la chambre de la princesse et, alors qu’elle allait quitter, accrocha Alistair pour lui souffler qu’un lit lui serait assigné dans le dortoir des soldats. Ce dernier se contenta de hocher de la tête, puis entra dans la grande pièce attitrée à Daenya, à la suite de cette dernière. Dès que la porte fut refermée, l’aînée des filles Targaryen poussa un long soupir qui eut pour effet de surprendre le jeune homme, tant c’était inhabituel. Un sourire en coin et un sourcil haussé, Ali dévisagea la jeune femme un instant, puis gloussa.

- Tout vas pour le mieux, princesse? La questionna-t-il, une note légèrement amusée dans la voix. J’admets que nous n’assistons pas au séjour le plus paisible jusqu’à présent… Mais n’avez-vous pas trouvé les salles de torture suffisamment sublimes pour vos goûts distingués?

Son ton était à la plaisanterie dans le but évident d’alléger un peu l’atmosphère lourde qui s’était installée. La belle décida de faire fi de son commentaire et déposa sa lourde cape avant de finalement laisser échapper une réflexion qu’elle aurait d’ordinaire gardée pour elle. Elle avait raison : niveau chaleur ambiante… on était à des années-lumière de la capitale des Crownlands. La princesse était lasse, c’était aussi évident que le nez au milieu du visage. Son premier réflexe fut de laisser échapper d’autres âneries afin de pousser sa protégée à se détendre un peu, mais cette fois, Callahan fit preuve de retenue. Il se contenta de lui désigner un fauteuil pour l’inviter à s’asseoir, afin qu’elle puisse se reposer un peu. Daenya continua sur sa lancée, espérant à haute voix que sa sœur cadette puisse y trouver son compte dans cette histoire de mariage, cette dernière étant bientôt délivrée du joug de leur souverain. Puis, la princesse formula une requête à son égard et Ali opina du chef. Il allait assurément faire ça pour elle, ne serait-ce que pour s’assurer que sa sœur cadette soit entre de bonnes mains… De toute façon, il était à parier que le monarque s’empresserait de lui demander un rapport dès qu’il en aurait l’occasion et Alistair avait intérêt à avoir du contenu à lui fournir. Comme il détestait cette putain d’entente jusqu’au plus profond de lui-même… Mais Sa Majesté ne lui avait guère donné le choix...

On toqua à la porte, coupant la parole de la fille aînée dans le même élan. Ils étaient visiblement attendus dans la grande salle pour le banquet du soir. Chouette [NOTE : #sarcasme? Smile]. Ali jeta un bref regard dans le miroir qui trônait dans la pièce, histoire de s’assurer que sa tenue d’apparat était toujours convenable, puis se passa une main dans sa courte chevelure brune pour replacer ses mèches rebelles. Il s’inclina ensuite devant sa protégée, puis sortit de la pièce pour se poster directement de l’autre côté de la porte. Après tout, elle avait besoin d’intimité pour choisir la tenue adéquate! Les minutes s’écoulèrent et c’est au bout d’un moment que la jeune femme de sang royal ouvrit la porte, exhibant ainsi au garde du corps une tenue impeccable digne de la sublime princesse qu’elle était. S’il n’avait jamais apprécié les vêtements trop éclatants et trop guindés, il devait tout de même admettre que sa protégée était une véritable beauté. Ainsi, il s’inclina à nouveau devant elle, exhibant un sourire qui en disait long sur sa pensée, puis marcha à sa suite en direction de la grande salle.

Une fois sur place, le soldat laissa la jeune femme aller s’installer à la table d’honneur, aux côtés de son frère et de ses cousins, pendant que lui-même allait se poster près du mur, juste derrière eux. Les mains jointes dans son dos, la tête haute et une expression neutre au visage, Alistair fixa la salle devant lui pendant que tous festoyaient. Ce qui était bien, de cette position, c’était qu’il pouvait entendre presque la totalité de la conversation qui se déroulait tout près de lui. Enfin, seulement si les propos étaient articulés sur un ton suffisamment fort! Ainsi, il ne perdit pas une miette de l’échange entre le monarque, Lord Bolton et la princesse Khanrell. Visiblement, comme le voulaient les rumeurs, la jeune fille de sang royal serait d’autant plus heureuse loin de l’influence perfide de son frère aîné! Après tout, qui ne le serait pas? Le banquet semblait interminable et le soldat se surprit à sentir son propre ventre gargouiller. Maintenant qu’il n’était plus à bord de ce foutu navire à la con, son appétit revenait en force, lui rappelant qu’il n’avait avalé que très peu de nourriture en ces trois dernières semaines. Il espérait que le repas servi plus tard, en soirée, aux soldats allait être plus satisfaisant que certaines bouillasses qu’il avait déjà ingérées par le passé…

Tiens? Daenya effleura l’avant-bras de son frère pour attirer son attention avant de se pencher vers lui pour souffler quelques paroles inaudibles à son oreille. Que se passait-il? Le frère et la sœur se regardèrent un moment, puis le monarque fit un mouvement du bras pour écarter la main de sa cadette. D’autres paroles furent soufflées à la volée, puis le roi, un sourire carnassier aux lèvres (qui ne signifiait rien de bon), jeta un regard par-dessus son épaule, effectuant un mouvement du menton en direction d’Ali pour susciter son intervention. Le garde du corps hocha de la tête, puis escorta les deux princesses pendant que l’aînée aidait à cadette à sortir de table. La princesse Khanrell était aux prises avec un malaise? Sans attendre une minute, le trio sortit de la grande salle et s’aventura dans le couloir adjacent, loin du brouhaha de la foule. Ce n’est qu’au bout de quelques pas que l’adolescente royale tourna de l’œil, s’effondrant littéralement dans les bras de sa sœur aînée qui avait du mal à contenir le corps inanimé. Sans plus attendre, Ali s’élança vers le duo.

- Laissez-moi faire, princesse. Je m’en occupe.

Ni une, ni deux, il cueillit la jeune femme dans ses bras et la souleva avec aisance, cette dernière étant légère comme une plume. D’un simple regard inquiet en direction de sa protégée, il lui demanda où se trouvaient les appartements de la future mariée afin qu’il puisse l’y déposer. Elle avait besoin de repos, pas de subir tout ce stress en compagnie du monarque! Le guerrier laissa donc l’aînée Targaryen quérir une servante qui les guida jusqu’à la chambre de Khanrell. Le médecin serait rapidement sur place pour ausculter l’adolescente, heureusement. Une fois dans l’immense chambre, Ali déposa le corps fragile de la cadette sur sa couche, puis se recula, laissant tout l’espace nécessaire à Daenya afin qu'elle puisse se rapprocher de sa frangine. Dès que le médecin fit acte de présence, le soldat décida de sortir, laissant au trio une intimité qui ne l’incluait pas. Il se contenta donc de se poster à l’extérieur, attendant de longues minutes avant que sa protégée ne daigne enfin sortir pour le rejoindre.

- Alors? Comment va-t-elle? S’enquit-il auprès de la princesse Daenya. Rien de grave, j’espère.

Le garde du corps accepta les quelques informations que daignât lui offrir la jeune femme, puis se garda bien de poser davantage de questions, conscient que tout ceci ne le regardait en rien.

- Princesse Daenya… Si vous me permettez, nous devrions retourner dans la grande salle. Si j’acceptais volontiers de rester ici en votre compagnie, je doute que notre roi ne voie cela d’un bon œil, fit-il tout bas à son intention. Vous savez à quel point c’est une situation… erh… délicate, je dirais.

Il se doutait bien qu’elle n’en avait probablement aucune envie. Lui non plus d’ailleurs. Mais avaient-ils réellement le choix? Rester dans les bonnes grâces du monarque était de loin la carte la plus sûre qu’ils pouvaient jouer. Il jeta donc un regard à la fois insistant et navré à sa compagne, puis l’invita d’un bref mouvement du bras à le suivre. Le duo se remit donc en marche, s’éloignant lentement de la chambre où Khanrell se reposait.

- Cette soirée vous est pénible, je me trompe? Souffla-t-il à nouveau à son intention. Souhaitons de tout cœur que la suite se passe sans encombre et calmement… S’il y a quoi que ce soit, vous savez que je ne suis pas très loin… N’hésitez surtout pas à me faire signe.

Partit en fumée cet air désinvolte qui le caractérisait si bien, d’ordinaire! Il n’avait pas le cœur à rire, ni à faire preuve de son sarcasme légendaire. Il voyait bien à quel point tout ceci était lourd, alors il n’avait pas besoin d’en rajouter. Au bout d’un moment, le garde du corps escorta la sœur aînée jusque dans la grande salle et cette dernière revint prendre place aux côtés de son frère pendant que lui, allait se poster à nouveau au mur derrière. Assurément, le monarque n’allait pas approuver l’absence de Khanrell, mais peut-être allait-il faire preuve de clémence, pour une fois? Dur à dire. Enfin… pour ne pas dire impossible.

Le reste du repas se passa sans qu’Ali n’ait à intervenir de nouveau. Ainsi, de son point de vue, on pouvait dire que tout était relativement tranquille. Une fois que tous les couverts furent vidés, Callahan escorta à nouveau la princesse aînée vers sa chambre et le tout se fit dans le silence, cette fois. Sur le pas de la porte, les deux jeunes gens se contentèrent d’échanger un simple regard et le garde du corps hocha de la tête, comprenant qu’il avait maintenant congé pour le reste de la soirée. Ainsi, c’est en solitaire qu’il se rendit en direction de la caserne, là où un dortoir avait été attribué aux soldats royaux. Ce soir, il mangea un repas copieux (qui lui fit VRAIMENT un bien fou… il devait avoir l’air d’un porc aux yeux des autres), puis rejoignit immédiatement sa couche, épuisé par cette journée particulière. Les pensées se bousculaient dans son esprit alors qu’il repassait les derniers événements en boucle. Cette nuit-là, il dormit très mal.

******************

Il s’était levé tôt, au même rythme que les autres soldats de la garde royale. Il s’était débarbouillé de la tête aux pieds afin d’avoir une hygiène impeccable pour cette journée si spéciale. Hors de question qu’il fasse honte à sa protégée! Ainsi, il revêtit à nouveau sa tenue d’apparat dont les boutons dorés brillaient et luisaient sous la lumière. Il replaça sa chevelure pour que le tout soit acceptable, puis sortit pour s’aventurer dans les couloirs de la forteresse. Au bout de quelques minutes, il arriva enfin en vue de la porte de sa protégée, soucieux de l’escorter jusqu’au site des festivités. Alistair leva une main gantée, puis toqua doucement à la paroi de bois pour s’assurer que Daenya y était.

- Princesse Daenya, pardonnez mon intrusion, mais ce sera bientôt l’heure… Fit-il à travers la porte, attendant signe de vie de la part de l’aînée des filles Targaryen.
♔ Soldat Targaryen
♔ Garde du corps de la Princesse Daeyna
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Dim 24 Sep - 9:42
Le repas se déroulait plus ou moins convenablement malgré les remarques grossières du Roi qui le révulsait chacune un peu plus. Mais il prit une tournure que le Seigneur n’apprécia guère lorsque sa future femme du quitter la tablée. Elle semblait à bout de force psychologiquement parlant. Quoi de plus normal dans une telle situation qui réunissait tous les critères pour la mettre mal à l’aise. Elle avait été au-delà du soutenable à n’en pas douter. Son dégénéré de frère l’avait brisé à un point qu’il n’osait imaginer. Il fut néanmoins rassuré que la Princesse sa sœur et son garde l’accompagnèrent jusqu’à ses appartements. La seule chose dont elle avait besoin, était de se reposer. Le repas se termina peu de temps après cet incident, pour le plus grand soulagement du jeune homme tant le Roi l’insupportait. L’écorché très inquiet de l’état de santé de Khanrell, alla prendre de ses nouvelles immédiatement après s’être débarrassé de manière expéditive des politesses d’usages avec ses invités. Il ne put la voir mais le médecin présent lui stipula que seul le repos était de mise, ce qui ne le rassurait point.

Autant dire que la nuit fut extrêmement longue pour le futur marié. Il n’avait pas fermé l’œil, faisant les cent pas dans ses quartiers, inquiet au possible concernant l’état de la Princesse. Il ne fut rassuré que le lendemain, lorsque le soleil percé difficilement l’épaisse brume environnante et que les nouvelles rapportées semblaient encourageantes. Il consacra le reste de sa journée à préparer les noces qui auraient lieu le soir dans le Bois sacré, demandant régulièrement, voire excessivement des renseignements sur les préparatifs de la belle aux cheveux argent et sur son état. Il ne ressentait nullement la fatigue de sa nuit blanche tant il était préoccupé et réellement angoissé par l’évènement. Chose rare pour lui, toujours d’un sang-froid olympique. Ce qui l’angoissait était que sa future femme, qui serait dans une tourmente émotionnelle inimaginable lors du moment fatidique, refuse de s’unir à lui. Cela pourrait très bien se produire tant elle devait être transi de peur en cet instant et que celle-ci ne faisait sans doute que s’accentuer au fil des heures.

Alors que le soleil se faisait peu à peu dévorer par les ténèbres, il revêtît sa tenue de mariage. Composée de cuirs et de velours délicatement brodés de couleur pourpre foncé, martelée de son emblème au niveau du poitrail, le tout surmonté d’un épais manteau de fourrure sombre d’une grande qualité. Une fois fait, il se dirigea dans le Bois sacré, au pied du majestueux Barral comme le veut la coutume des anciens Dieux. Toujours selon la coutume, cela aurait du être son père qui officierait cette union, mais à défaut, le Mestre de Dreadfort s’en chargea. Après tout, il était la personne la plus apte à remplir cette fonction désormais. Rogar se plaça à ses côtés et patienta. Il se mura dans de nombreuses réflexions, mêlant bonheur et angoisse. Jamais il n’aurait pensé se marier si jeune et surtout pas avec une Princesse Targaryen. La vie est pleine d’ironie se disait-il. Son père aurait sans doute fait un ulcère en voyant cela, mais qu’importe, il l’aimait, autant que l’on pouvait aimer et c’était la seule chose qui importait.

De plus, il allait la délivrer du Roi, de sa vie de souffrance. Cela le légitimait de se dire ces choses et occultait le sentiment de culpabilité dont il faisait preuve à l’égard de Khanrell, de lui faire endurer ceci, de la faire venir dans le Nord, de la contraindre à épouser une Maison à la réputation horrible. Il espérait sincèrement pouvoir la rendre heureuse, du moins un peu, que sa présence lui soit supportable. L’écorché ne pensait pas le moins du monde au bouleversement conséquent que ce mariage allait engendrer dans le Nord et Westeros. Ce n’était pas le moment et cela ne l’intéressait point en finalité. Il ne l’épousait pas pour son nom, ni pour son rang, mais uniquement pour son cœur. Cœur qu’elle lui avait prit dès le premier regard. Il avait tout préparé pour que cet instant soit un tant soit peu agréable pour la Princesse. Les soldats Bolton se tenaient de par et d’autre du chemin artificiellement crée pour l’occasion, délimité par de grandes lanternes qui illuminaient plus qu’elles ne réchauffaient le rude climat Nordien. Une légère brise glaciale venait fouetter son faciès.

Les bannières Bolton et Targaryen fièrement dressées, demeuraient le seul ornement de cet austère évènement. Les Mariages Nordiens n’avaient rien du faste du Sud, la spiritualité prônait sur l’ostentatoire. Ses tourments furent rapidement balayés lorsque la Princesse fit son apparition, aux bras du Roi, suivi de sa famille. Le souffle de Rogar fut littéralement coupé dès lors que son regard perçant se posa sur elle. Khanrell était d’une beauté surnaturelle, sa tenue subtilement réalisée sur les modèles du Nord la mettait divinement en valeur. Son cœur se serra sèchement avant de battre la chamade, s’y bien qu’il se demandait si ce dernier n’allait s’extirper de son poitrail. Peu habitué à cela, ses jambes chancelèrent brièvement et sa vue se flouta tant son esprit fut emportait dans un torrent d’émotions intense. D’un léger mouvement de la tête, il tenta de se reprendre, sans grand succès, du moins mentalement parlant. Plus rien n’avait d’importance à cet instant, le présent, le passé, le futur, le Roi, comme si le temps s’était arrêté. Il n’attendit même pas les formalités échangées entre le Mestre et le Roi sur la présentation de la Princesse lorsque ce dernier lui demanda qui se présentait aujourd’hui devant les anciens Dieux.

Alors qu’elle arrivait enfin en face de lui, il pouvait admirer sa beauté d’une manière absolue. La Princesse était divine, tout simplement, si bien que cette fois, c’était bien lui qui était à deux doigts de s’évanouir. Il ne pouvait dire depuis combien de temps il se trouvait en apnée mais son souffle revint au moment ou le Mestre débuta les normalités, le sortant brutalement de son état second. Reprenant ses esprits au fur et à mesure des paroles de l’érudit, ses yeux quant à eux, ne pouvaient se détourner des siens. L’Ecorché distinguait la peur dans le regard de sa future femme, comme il s’y attendait. Elle était, elle aussi complètement retournée mais pas pour les mêmes raisons. Peu attentif aux dires du Mestre, il lui adressa un regard d’une tendreté intense dont elle seule pouvait comprendre le sens. Son envie de lui prendre la main le démangeait, s’y refusant toutefois. Elle devait se contenter de ce simple regard. Puis vint le moment ou le Mestre interrogea qui demandait à prendre Khanrell comme femme devant les Anciens Dieux. Son cœur s’emballa littéralement, il inspira profondément avant de se prononcer d’un ton sur.

Rogar de la Maison Bolton, Seigneur de la Maison Bolton et de Dreadfort. Je prends cette femme.

Puis le Mestre s’adressa à la jeune femme.

Khanrell de la Maison Targaryen, prenez-vous cet homme ?

Le souffle du jeune homme se coupa à nouveau, fixant intensément ses délicates lèvres dans l'attente de sa réponse.
♔ Lord de Dreadfort
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Ven 29 Sep - 1:21


Bien entendu, Daenya ne se fit pas prier pour se lever et aller à la rencontre de Khanrell qui semblait ne pas être en mesure de reprendre sur elle. C’était bien là encore une preuve de sa faiblesse flagrante, au lieu d’avoir quelconque orgueil et de préféré garder la tête haute, comme le ferait tout Targaryen digne de ce nom et visiblement, elle ne l’était pas. Il soupira d’irritation et choisi de prendre finalement une bouchée de son assiette qu’il n’avait lui-même pas encore entamé, jetant un coup d’œil oblique vers Alistair qui c’était levé pour suivre les deux Princesses, tandis que l’aîné soutenait la cadette. *Il à peut-être empoisonné la nourriture.* Et à cette voix dans son esprit, il eut l’impression que sa bouchée descendit un peu de travers. Il s’empressa donc de prendre une gorgée de vin. *Ou le vin*. À ce commentaire, il grimaça légèrement. S’efforçant surtout de ne pas montrer qu’il était presque en train de s’étouffer. Si ses Gardes Royaux ne réagissaient pas, c’était bon signe. L’ont jugea plutôt cet expression démontrant tout simplement une profonde irritation. Bien. Le contraire en fait l’aurait sans doute insulté. Il ne voyait de toute façon pas en quoi ses Gardes pourraient franchement intervenir s’il en venait à avoir de l’écume qui s’écoulait de sa bouche. Il espérait qu’à travers ses spasmes il les verrait abattre le coupable. C’était là, la moindre des choses.

Au bout de quelques minutes où le silence régnait de façon presque malaisée entre le Roi et le Lord, une servante entra dans la salle et s’approcha du Souverain, puis fut bloqué par ses deux gardes. Celle-ci murmura quelque chose à l’oreille de l’un deux, puis, celui-ci s’approcha alors d’Aegon qui tendit l’oreille. C’est ainsi qu’il sut l’état de sa jeune sœur et de son air impassible comme à l’accoutumé, il se contenta tout simplement d’hocher d’un bref mouvement la tête tandis que le garde reprenait aussitôt sa place initiale. Bien que ce fut pour le moins honteux, peut-être qu’au final venant d’elle c’était chose acceptable. Après tout, il ne fallait plus s’attendre à grand-chose de sa part, les preuves en étaient là. Seulement, c’était une façon comme une autre de mettre fin à ce repas que visiblement personne n’appréciait. Il n’était pas imbécile. il souhaitait que cette mascarade prenne fin. Il s’ennuyait lui aussi, maintenant qu’il avait dit ce qu’il avait à dire au Lord de Dreadfort. Alors elle avait un certain mérite malgré tout.

Aegon se servis sans la moindre vergogne du malaise de la Princesse pour écourté la chose lorsqu’il jugea lui-même le moment où il était désireux de se retirer soit, après quelques bouchées de son assiette aux saveurs un peu décevantes pour un repas réservé à un homme tel que lui. Il en avait assez. Ce levant tandis que les autres personnes présentes firent de même par respect en son titre, il se tourna vers le Lord Bolton.

-Sachez qu’il vous reste sept Lunes pour mener à bien notre entente. N’est-ce pas conceptuel, sept Lunes, sept Couronne…

Il gloussa, puis tourna tout simplement les talons suivis de près par sa garde personnelle, abandonnant Aerion et Daenya à leur sort –ou leur assiettes- si ceux-ci considérait cette nourriture à la hauteur de leur sang, grand bien leur fasse. De l’autre côté de la porte l’attendais le médecin qui avait ausculté sa sœur, accompagné d’un garde. Celui-ci s’empressa de le rejoindre afin de l’enquérir de l’état de celle-ci, mais sitôt qu’il ouvrit la bouche, le Souverain leva légèrement la main afin de l’inviter au silence tandis que sa langue claqua. Il jeta plutôt un regard oblique au garde.

-Avisé les cuisiniers que je meurs de faim. Je prendrais mon repas dans mes appartements.

Évidemment, celui-ci hocha d’un bref coup la tête et tourna les talons prestement pour quitter littéralement à la course. Il comprenait que le Souverain exigeait que les cuisinier Royaux qui avaient fait la route avec eux, pour les repas sur le navires avaient à faire et ce, dans les plus brefs délais. Il se foutait de savoir s’ils emprunteraient les cuisines des lieux, où s’ils iraient sur le bateaux pour ce faire. Chose sûre, il s’attendait à avoir ce qu’il avait demandé et ce, dans un délai presque irréel, mais c’était Aegon.

Marchant donc seul avec le médecin dans un silence de plombs, sous le bruit des pas de la Garde derrière eux, le Souverain fini par rejoindre ses appartements qu’on lui ouvrit. S’il acceptait rarement qu’on entre avant lui dans une pièce, ses Gardes en avaient toujours l’honneur. Ainsi donc, après que deux de ceux-ci aient pénétré, le Monarque les suivis pour s’installer tout bonnement sur un fauteuil aux abords du feu. Après tout, il n’appréciait pas particulièrement la température hivernale, tout comme ses sœurs. C’était sans doute leur seul point commun pour l’heure. Tendant la main pour cueillir une coupe qu’on lui offrit avec un synchronisme parfait, le Targaryen fit signe au médecin de prendre finalement la parole, celui-ci s’assit sur un petit repose pied, les mains sur les genoux, visiblement nerveux.

«L’état de la Princesse est stable, mais celle-ci aura absolument besoin de repos si vous êtes désireux qu’elle soit en mesure de pouvoir marché jusqu’à son futur époux demain soir, votre Majesté. Je lui est aussi administrer un calmant afin qu’elle dorme cette nuit malgré son agitation, c’est qu’elle...»

Aegon se contenta de lui jeter une œillade, signe que ce n’étais pas exactement ce qu’il était désireux d’entendre.

«La Princesse Khanrell sera sur pied pour la cérémonie demain soir, votre Altesse.»

Hochant un bref coup la tête, Aegon indiquait alors que le médecin pouvait disposer, mais lorsque celui-ci se leva, il lui bloqua la route de son bras.

-Ne vous éloignez pas trop de ses appartements.

L’homme hocha la tête et sortie prestement, accompagné d’un garde. Le silence plana dans la pièce alors que seul le crépitement du feu ce laissait entendre. Le Souverain fini par faire signe à ses Gardes de sortir, puis passa une éternité, figé, l’index poser sur sa tempe à fixer les braises du feu en attendant son repas, pouvant enfin s'entendre pensé l'espace d'un instant. Une fois le souper digne de ce nom fin prêt, l’ont toqua à sa porte et ont lui apporta le plat chaud jusqu’au fauteuil où il se trouvait, les gardes se démerdant pour lui trouver un support adéquat pour son assiette appétissante, qu’il dévora sans en laisser une miette. La panse bien pleine et les sens embrumé par l’alcool et donc les voix dans son esprit -pour cette fois-, il finit par se lever et quitté ses appartements afin d’aller voir par lui-même l’état de la Princesse, non sans s’attardé quelques peu dans ses bagages préalablement.

Arrivé devant la porte des appartements de celle-ci, il fit signe aux Gardes de l’attendre à l’extérieur et s’engouffra dans la pièce. Celle-ci était chaude et un feu y brûlait tout comme dans ses propres appartements. Aegon erra dans celle-ci, observant les petites attentions du Lord de Dreadfort à son égard, entre autre, puis fini par s’approcher de sa sœur cadette, visiblement endormie. Il l’observa un moment de son regard indéchiffrable, puis étira la main afin de glisser ses doigts dans ses cheveux presque immaculée. Quel gaspillage, tout de même. Une si belle créature, si misérable et inutile. Ainsi endormie, elle lui faisait un peu penser à leur défunte mère sur son lit de mort qu’il était à l’époque, aller voir en cachette malgré les restrictions de leur paternel. Il la relâcha et s’assit sur le rebord de son lit. L’idée de l’étouffée avec son oreiller fut presque impossible à contrôler, comme il l’avait fait avec l’ancienne Reine afin d’abréger ses souffrances. Devenait-il émotif, ou quoi?

-Il aurait sans doute fallut que père vive plus longtemps afin que tu réalises ce que tu as évité auprès de lui. Si tu considères que j’ai été dure avec toi… Il gloussa. Tu n’as aucune idée.

Bien sûre qu’elle n’avait aucune idée. Sale petite ingrate qu’elle était. Trop naïve, trop faible pour avoir cru à l’époque qu’il n’était pas comme lui, pourtant, Aegon avait été forgé sous la main de l’ancien Souverain –et était solidement empoigné à la gorge par tous ses prédécesseurs-, à quoi s’était-elle attendu. Il ne connaissait rien d’autre, mais contrairement à elle, il n’avait jamais geint, ou pleurnicher. Après un moment à l’observé, taraudé par cette idée de meurtre qui se voulait somme toute libératrice –et laquelle n’étais pas si nouvelle en soit-, Aegon finit par se relevé et plongea une main dans sa poche pour en retirer un petit objet qu’il déposa sur la commode. Elle saurait sans doute le reconnaître.

Se dirigeant vers la porte, il ouvrit celle-ci puis quitta pour ses appartements, toujours suivis de sa Garde, avisant d’un œil dur ceux qui avaient pour ordre de rester devant la porte de la future marié. Il voulait bien entendu être mis au courant des visites que la belle pourrait avoir durant la nuit –tout comme de son état, indirectement-. Entrant dans ses appartements, il fut satisfait de voir que ses Gardes avaient été avenants et lui avait dégoté deux délicieuses femmes originaire du Nord, d’ont une qu’il lui semblait avoir remarqué au repas du soir, accompagné de son mari? Amusant. Qu’est-ce qu’une femme ne ferait pas, pour espérer frôler la Couronne? Il les laissa donc prendre grand soins de lui toute la nuit durant, jusqu’aux petites heures du matin. Cela avait au moins eut pour but de le fatigué suffisamment pour qu’il puisse enfin cesser de penser et fermé l’œil.


Roi  Roi  Roi  Roi  Roi



Il se réveilla plutôt tard en avant midi, remarquant avec une certaine irritation que l’une des deux belles était encore dans son lit. L’autre c’étant sans doute éclipsé après s’être typiquement réveillé en sursaut, appelé par ses obligations envers son époux. Aegon ne se fit alors pas prier pour chasser la retardataire qui avait tenté de se lover contre lui –après l’avoir culbuté une dernière fois-. Et puis quoi encore? Il avait déjà suffisamment de bouche à nourrir en Red Keep pour se satisfaire, d’un peu partout en Westeros et même quelque unes originaires d’Essos. Une brune restait une brune et bien que ses gémissement fusent agréable à entendre, il préférait toutefois sa sélection personnelle qui l’attendait en King’s Landing.

Il profita enfin de sa solitude pour déjeuner et se préparer en vue de la cérémonie du soir. Il n’avait pas particulièrement besoin de se cassé la tête avec ses accoutrements, tous étaient d’une dignité sans la moindre faille. Il passa ensuite une partie de l’après-midi avec Daenya ainsi qu’Aerion, qui avait intérêt à lui changer les idées. Outre le fait que son cousin avait par deux reprise été indigne d’un Prince Targaryen, la sœur aîné savait au moins d’avantage se tenir, lui faisant même la conversation. C’était sans doute la première fois depuis son retour sur les terres rouges qu’ils passèrent autant de temps ensemble. Sa présence ne lui était pas si désagréable tout compte fait et son attitude avait été irréprochable, même s’il aurait tenté d’y trouver une faille. Elle était trop parfaite pour ne rien cacher, c’était pourquoi, d’ailleurs, qu’il avait engagé Alistair, outre sa protection. Après tout, maintenant qu’il serait prochainement débarrassé de Khanrell, il pourrait s’attardé d’avantage sur la veuve et lui trouver une réelle utilité.

Avec tout cela, le soleil avait fini par commencer à s’écraser à l’horizon, signe qu’il était enfin temps de procédé à la cérémonie et donc, que dès le lendemain à l’aube les Targaryen pourraient enfin quitté pour retourner en Red Keep, là où il pourrait mettre en branle la suite des évènement –tout comme attendre la prise du Nord-. Il arriva enfin devant les appartements de sa sœur cadette où un Garde toqua à la porte de celle-ci, qu’une servante ouvrit afin de mentionner que le Souverain était prêt pour l’escorter jusqu’au barral, où l’attendait bien entendu déjà son futur époux et leur célébrant. Lorsque celle-ci daigna enfin sortir de ses appartements, le regard d’Aegon s’attarda quelque peu sur son apparence non afin de la complimenté, ou quoi que ce soit du genre, mais plutôt afin d’inspecté à savoir si sa tenue était acceptable ou non, selon lui. Visiblement satisfait, il lui tendit le bras qu’elle dû prendre pour finalement l’escorté jusqu’à la cérémonie. Trajet qui fut long et dans un silence sans doute plutôt lourd pour la Princesse. Il lui semblait la sentir trembler. Peur ou faiblesse? Cela lui importait peu.

Passant dans le fin couloir crée par la masse peu importante des invités, il s’arrêta finalement devant le Mestre avec lequel il échangea quelques formalités. Chose faite, il délaissa finalement sa sœur non sans l’embrassé préalablement, littéralement sur les lèvres. Après tout, cela ne serait pas une surprise, puisque le Roi avant lui, et les autres avant l’avaient tous fait, que ce soit avec leur cousine, leurs sœurs, leurs filles, etc. Il y avait une limite à respecter à la lettre les caprices coutumières du Lord Bolton, lequel il gratifia ensuite d’un sourire, pour prendre place afin d’assisté à la cérémonie qu’il espérait ne durerait pas trop longtemps. Il avait sincèrement mieux à faire que ce supporté ces modalités, qui même à son propre mariage le blaserait au plus haut point. Cela n’était pas obligé d’être toujours personnel. Il préférait de loin les funérailles.

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«Madness is like gravity: All you need is a little push.»
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Ven 29 Sep - 20:49
Khanrell peinait à mettre un pied devant l’autre, même en sachant qu’elle se ferait rabrouer si elle n’arrivait pas à suivre le rythme imposé par Aegon. Il lui fut également difficile de regarder droit devant elle plutôt que de fixer ses pieds, sa tête ayant tendance à vouloir se baisser en constatant tous les regards posés sur elle et les chuchotements à leur passage, mais elle se reprenait toujours in extremis, s’efforçant de garder le menton droit et fier. Si elle l’avait pu, elle aurait tourné la tête derrière elle, vers Daeyna, pour essayer de gagner du courage dans les iris de sa sœur, mais elle n’en avait pas le droit, bien sûr, ce serait se montrer faible. De toute façon, il aurait également été risqué d’aussi apercevoir Sheena, et à cette vision, elle aurait été incapable de poursuivre décemment sa marche jusqu’au barral. La jeune princesse, déjà tremblante de peur, frissonna encore davantage au contact de l’air froid du North. Elle ne s’en plaindrait pas, toutefois, même si elle aurait toujours grand mal à s’acclimater à ces températures glaciales. Rien n’était plus hostile que le Roi, de toute façon, même la météo du nord.

Seulement, lorsqu’elle aperçu Rogar au bout de l’allée artificielle de gens et de lumières, Khanrell cessa d’avoir envie de tourner les talons. Même si une partie de son cerveau continuait de refuser qu’un homme soit capable de la traiter convenablement, le regard qu’il posait sur elle à cet instant lui assurait des tendresses. La jeune princesse s’obligea au calme, ne pouvant de toute façon rien changer à sa situation, et poursuivi sa route sans ralentir pour ne pas déranger Aegon, visiblement pressé d’en finir alors qu’il échangeait avec le Mestre les formules d’usage, présentant sa sœur selon les coutumes du nord et demandant qui la réclamait, ce à quoi Lord Bolton répondit de lui-même en se présentant et en affirmant qu’il la prenait pour épouse. À cette étape, le maître de cérémonie lui aurait demandé si elle voulait «prendre cet homme», mais le Roi s’interposa, embrassant rapidement sa petite sœur sur les lèvres, comme si cela était la chose la plus anodine du monde. Ça l’était, pour un Targaryen, bien sûr, tous les autres Rois l’avaient fait pour les membres de leur famille à leurs noces, pourquoi pas elle? Khanrell se souvenait avec dédain du moment où, pour le mariage de Daeyna, leur père avait fait de même juste avant que son époux ne puisse le faire à son tour. Morte de honte, la jeune femme n’avait, comme à son habitude, pas répondu au baiser, et avait même eu un très subtil mouvement de recul, que seul son frère avait dû percevoir.

Quelque chose, en cet instant, changea dans le regard de Rogar, ce sur quoi elle s’accrochait pour ne pas perdre la tête, leur douce teinte gris-bleu qui lui semblait si paisible, l’éclat de son amour qui l’effrayait autant qu’il la calmait. Le Roi l’avait souillée devant ses yeux, et il n’avait le droit de rien faire. Heureusement, le mestre se tourna vers elle pour lui demander si «elle voulait prendre cet homme», coupant le malaise profond qui s'était installé dans la cérémonie. Pendant une seconde, la jeune femme s’étonna qu’on le lui demandait, comme si elle avait le choix, avant de se souvenir qu’il n’était là question que de conventions et qu’elle n’avait pas réellement le choix.

-Je prends cet homme, affirma-t-elle avec une voix mal assurée, rouillée de n’avoir nullement été utilisée de la journée.

Pour s’assurer que Rogar ne perdait pas le contrôle de lui-même, la princesse rassembla son courage pour aller quérir les mains de son époux dans les siennes. Si la partie officielle de la cérémonie était terminée, il restait encore quelques gestes à poser, comme s’agenouiller ensemble, ce qu’elle fit en entraînant Lord Bolton puisqu’elle lui tenait les mains, pour prier devant les Anciens Dieux de la Forêt, puis l’échange du manteau, et enfin il devrait l’embrasser…

Tout le temps que Khanrell passa à genoux dans la neige, elle ne pria point, incapable de se concentrer sur des vœux. Ses mains ne tremblaient plus dans celles de Rogar, même si elle avait un peu froid (ne portant pas de gants), la chaleur corporelle de Bolton lui suffisait. Ses songes ne lui permettaient de penser qu’au second baiser qu’elle devrait supporter, et de l’importance de ne pas tenter de l’éviter comme elle avait failli faire avec son frère. Comme le temps de prière s’éternisait, ses pensées finirent inévitablement par dévier vers ce qui adviendrait après ce baiser. Pas de fêtes, pas de fastes, pas de festins dans les mariages du North, après la cérémonie, les nouveaux époux montaient à leur chambre pour consommer leur union. Rien à voir avec les mariages de la Foi des Sept, et bien que la jeune Targaryen n’était absolument pas fâchée de ne pas avoir à passer la soirée, puis la nuit, à s’efforcer de garder la tête haute et supporter la présence de son aîné, il lui était difficile de s’enthousiasmer de passer si rapidement à la chambre nuptiale. Un début de panique commençait déjà à paraître dans le fond de sa poitrine au moment où son mari se releva, signala à tous que le temps de prières était terminé et relevant la jeune femme du même coup. S’en voulant de ne pas avoir été pieuse envers ses nouveaux dieux, sauf pour se plaindre mentalement, elle s’empressa de leur envoyer mentalement une prière improvisée. *Anciens Dieux de la Forêt, ayez pitié de mon âme délaissée par les Sept et je vous serai éternellement dévouée en piété. Donnez-moi le courage de supporter les épreuves de cette nuit, et je saurai que vous m’avez entendue…* demanda-t-elle en s’efforçant d’y croire elle-même.

Alors que chaque étape des cérémonies de mariage de la Foi des Sept sont accompagnées des paroles et explications du Septon, ici ce n’était pas le cas, et Rogar n’eut point besoin de se faire dire quoi faire avant de retirer la longue cape blanche de Khanrell, marquée d’une minuscule version de son emblème de famille sur le cœur, pour lui en faire enfiler une nouvelle, d’une couleur beige agréable, toute en fourrure également, dont l’emblème de la maison Bolton était plus évident, marquant une grande partie de son dos. Du mieux qu’elle le put, la jeune Targaryen s’obstina à regarder droit devant elle à ce moment, ne voulant pas apercevoir l’écorché qui ornait son nouveau vêtement avant qu’il repose sur ses épaules. Puis, elle ferma les paupières alors que Lord Bolton revenait face à elle, sachant que c’était le seul moyen pour qu’elle n’ait pas de mouvement de recule causé par l’appréhension. À son plus grand soulagement, elle réussi à ne pas bouger, bien que cela rendit fort probablement l’expérience désagréable pour son mari, puisqu’elle était si concentrée à ne pas fuir qu’elle en oublia de répondre à son baiser comme elle l’aurait dû.

Enfin, Rogar repris l’une de ses mains pour l’entraîner dans l’allée improvisée qui la ramènerait jusqu’au château, son autre cachée dans sa cape pour essayer de la réchauffer. Soulagée de s’éloigner du barral au visage sévère, mais surtout de son frère, qu’elle avait réussi à ne pas regarder en passant devant lui, Khanrell trouva le moyen de ne pas pleurer en croisant par inadvertance le regard de Sheena, et même de lui sourire. Il fallait qu’elle soit plus forte que cela pour ce qui allait suivre. Dès qu’ils furent à l’intérieur, et donc à l’abri du froid, la princesse s’étonna qu’ils ne soient pas suivis de près par les convives, une coutume un peu barbare du sud voulant que tous s’assurent que le mariage soit consommé, accompagnant les époux dans leur chambre nuptiale, les aidant même parfois (ce qui aurait fait complètement paniquer la jeune femme) à se déshabiller en cours de route. Pourtant, ils étaient bel et bien seuls, dans les couloirs du château, de sorte qu’elle ralentit inconsciemment le pas, puisque peu désireuse de se presser à se retrouver dans le lit. Encore gênée de ce qu’elle considérait comme un échec lamentable à leur premier baiser, la petite Targaryen en profita pour présenter ses excuses, songeant qu’elle allait peut-être réussir à se détendre en discutant un peu… Il arrivait toujours à la calmer lorsqu’il lui parlait, bien qu’elle ne comprenne pas par quels moyens!

-Je suis désolée. Je n’ai pas été à la hauteur, pour le baiser, j’aurais dû faire mieux. Même si complètement embarrassée, Khanrell réussi à soutenir le regard de son époux alors qu’elle lui parlait. Je ferai mieux à l’avenir, je ne veux pas décevoir vos attentes. Hier j’ai promis que j’essaierais, et pour l’instant je ne tiens pas cette promesse, déclara-t-elle un air désolé sur le visage, avant de finalement réaliser qu’ils avaient déjà atteint l’aile seigneuriale du château et qu’ils approchaient sa chambre. Cette constatation suffit à tendre chaque muscle de son corps à l’extrême, tant et si bien que ses doigts, bien que faibles et fins, écrasèrent sans doute douloureusement la paume de Rogar.
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