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Dimitri Ludwig Rouslan Manwoody, le Lord des pierres tombales
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Lun 7 Aoû - 8:55


Dimitri Manwoody
"Les couronnes tombent et les pierres tombales se dressent."

Personnage

Nom : Dimitri Ludwig Rouslan Manwoody, mais tout le monde le nomme Dimitri, du moins, pour les intimes, peu ont la chance de l'appeler ainsi hors les politesses. C'est simple, si vous n'êtes pas son ami, il vous autorisera à l'appeler Ludwig ou Rouslan seulement, oui, Dimitri ne cache guère son opinion sur les autres, il n'en voit pas l'intérêt.

Sexe : C'est un homme, aucun doute là dessus, le Lord Frey pourra même vous le confirmer!

Âge :  Dimitri est sans aucun doute le plus jeune Lord en fonction, il a hérité de son titre à l'age de 7 ans, aujourd'hui, il a 20 ans et sa vie est suffisamment chargée pour qu'un écrivain en fasse un livre.

Royaume : Il règne au nord de Dorne, aucune armée terrestre ne peut traverser la frontière sans tomber sur lui et ses armées plus que conséquentes, étant la seule entrée terrestre du royaume.

Titre/Ordre/Association : C'est un Lord, un Lord fort jeune qui a besoin encore d'expérience, mais il s'est maintes fois montré compétent dans son domaine. Depuis peu, il a intégré la Tour des Sorciers d'Essos en tant qu'apprenti afin d'en apprendre un peu plus sur ses pouvoirs et leur fameux "Dieu de Lumière". Lord Manwoody porte bien des surnoms, les Lord des pierres tombales, l'héritier du Régicide de Bief, Coeur de Glace, le Fils de la Doyenne et de l'Etranger, et bien d'autres.

Personnalité : Le Lord Manwoody est un véritable génie pour son age. Tout petit déjà, il montrait des dispositions à devenir un Maester accompli, il n'a cependant trouvé aucun intérêt à rejoindre ce cercle d'élites, là est tout le problème de Dimitri. Il ne trouve aucun intérêt à tout! Que ce soit la guerre ou les mariages, même les plaisirs de la chair ne lui font ni chaud ni froid. C'est un homme froid et distant qui ne montre jamais ses sentiments, pas en public en tout cas. A quoi bon s'énerver sur quelqu'un qui vous a trahi alors que vous pouvez lui rendre la monnaie de sa pièce?

Oui, Dimitri voit au-delà des apparences, calculateur et se projetant sur le futur, il a toujours, ou presque, un coup d'avance sur son adversaire, et quand ce n'est pas le cas, ses connaissances lui permettent d'improviser, ce qui en fait un Lord fort doué pour la guerre sur papier et sur table. Oui, le Lord n'est pas un guerrier à l'épée mais à la plume, une grande faiblesse chez lui car il doit dépendre de personnes spécialisées dans la guerre pour palier cet inconvénient. Heureusement, la famille Manwoody est très solidaire et il sait qu'il peut compter sur les siens, bien qu'il ne montre pas ou peu son attachement pour eux.

Très curieux et assoiffé de savoir, il s'intéresse à tout, même la religion, et ne peut s'empêcher de lire encore et toujours au lieu de se préoccuper de problèmes tel que les tensions avec le roi. C'est simple, il s'en fiche, il ne voit aucun intérêt à faire la guerre. Pour virer un roi, il y a bien d'autres façons que de se taper dessus, les duels par exemple, et tant d'autres choses. Non, ce qui attise sa soif de connaissances est bien plus ordinaire, que ce soit l'histoire comme les maths, en passant par la magie. Bibliophile, il est rare de le voir déambuler dans les couloirs ou allez à une joute sans un livre dans les mains, il sait même lire tout en montant un cheval sans tomber! Cela ne fait qu'aggraver son isolement avec les autres mais personne n'en prend ombrage: le Lord des pierres tombales est fait ainsi et on s'y fait!

En plus de ça, Dimitri est un menteur invétéré, pour lui, contourner la vérité et cacher ses intentions sont faciles. On ne peut que remercier Isaac Frey et ses "jeux" qu'a enduré le Lord Manwoody durant plusieurs années. Bien que cela ne soit pas de la faute du Lord des Twins, son machiavélisme et sa fascination pour le morbide ont accentué ceux de Dimi, déjà très curieux de nature. Ainsi trouve t-on bien des choses dans les sous-sols de Kingsgrave, tel qu'un dragonnet enfermé dans un bocal rempli de formol -mais ça, personne ne le sait, heureusement. Doté d'une grande imagination et ayant été de nombreuses fois victime de complot contre sa personne, Dimitri ne se montre guère moins cruel que ses adversaires mais bien plus inventif et discret -qui irait dire qu'une attaque de faucon sur une personne est l'oeuvre du Lord?

Et lorsqu'on l'accuse? Il ne le nie pas. L'arrogance est l'un de ses défauts et il n'hésite pas à se moquer des autres comme il le fait avec les Maesters en portant des bagues forgées dans différents métaux pour montrer dans quels domaines il s'y connait. Mais il sait que les preuves accablantes n'existent pas, alors pourquoi se défendrait-il? Il est un homme de plume et de mots, pas de fer et de sang.

Dimitri a une faiblesse cependant, une importante faiblesse: il aime les animaux. Il ne l'avouera jamais, mais cela le comble de joie qu'on lui en offre un, surtout des chats, ces boules de poils monstrueuses et démoniaques! Pensez-y pour son anniversaire! Il a aussi peur du noir.

Physique : Dimitri ne ressemble à aucun autre de ses congénères, les Manwoody étant connus pour leurs cheveux clairs, celui-ci les a noir de jais. A se demander si sa mère était bien une Dayne et pas une Martell, les Dayne étant connus pour leurs crinières pales comme les Targaryen, dont ils sont probablement une branche secondaire comme les Blackfyre. Il a cependant hérité de ses yeux bleus glace et sa mère étant fidèle -ce qui est étonnant chez les familles dorniennes-, on ne peut dire que Dimitri est l'enfant d'un adultère. De petite taille, il n'en est pas moins ridicule face aux autres Lords, bien au contraire, c'est une tête pensante et fort intelligente, ce qui le grandit et lui donne la même prestance que ses voisins. Piètre guerrier car n'ayant qu'une piètre musculature malgré sa présence comparé aux chevaliers, et pour cause, il ne combat essentiellement qu'à la plume et par la voix, et au poignard quand la situation l'exige.

Bien qu'étant un vrai homme avec tout les attributs qu'il faut pour l'être, Dimitri est souvent confondu avec une femme. Pas parce que ses cheveux sont longs et bouclés, rendant sa tignasse difficile à dompter et coiffer, mais parce qu'il a une silhouette efféminée -il n'a pas de poitrine, je vous rassure. De longs et fins doigts, une peau douce, imberbe et de fines jambes, s'il mettait une robe, on aurait bien du mal à croire qui il est sans qu'il ne parle! Parler et pas chanter, car oui, Dimitri a une voix digne d'un enfant de choeur au grand Septuaire, pour son plus grand malheur, ce qui lui a valu le surnom de "Rossignol". Lorsqu'il parle cependant, c'est différent, le timbre grave sans être viril ou similaire à celle d'un quinquagénaire, on a bien du mal à croire qu'il peut chanter dans les aigus comme un soprano, un ténor si on emploie le terme pour les hommes.

Sa tenue vestimentaire est toujours simple, généralement dans des tons sombres ou gris, seuls ses costumes pour les grandes occasions sont colorés et richement chargés en bijoux et pierreries. Ce qui prouve que Dimitri est tout sauf modeste est les bijoux qu'il porte toujours sur lui et son masque à l'effigie de son blason. Il se sait intelligent, il se sait brillant et pour cela, il n'hésite pas à se moquer des autres, et ce tout en subtilité. Bien que jeune érudit et sachant qu'il a encore beaucoup à apprendre, il porte des bagues dans des métaux bien spécifiques comme le font les Maesters avec leurs colliers, bien sûr, il ne fait ça uniquement que pour se moquer d'eux, on ne maitrise jamais une science, même en consacrant toute sa vie à elle. Ainsi, il a sur la main droite, en plus de sa chevalière de Lord en forme de crâne en or sur son majeur, une bague en argent portant le "M" des Martell, montrant ainsi à tous son alliance avec la famille princière, sur son annulaire et une bague en bronze sur son auriculaire, une bague pouvant cacher du poison sous sa pierre. Sur son autre main, il porte des bagues sur le pouce jusqu'au petit doigt en divers métaux qui sont, dans l'ordre: en régule -un mélange de plomb et d'or-, en or, en acier valyrien -qu'il a eu bien du mal à trouver, mais comment font ces Maesters?-, en cuivre et enfin une en électrum. Chacune représente une science, comme les maillons des Maesters, quant à son masque qu'il se plait à porter pour faire ses entrées ou juste effrayer ses visiteurs, il l'a créé avec son ami le Lord Frey quand ils étaient petits. La face représente celle d'un crane, que dis-je? C'est LA face d'un crane! Séparée du reste de sa tête, elle a été fusionnée avec une couronne en or qui sert aussi d'attache pour retenir le masque sur son visage. Voyant que l'os s'effritait avec le temps, Dimitri l'a changé avec une face de crane sculptée dans de l'ivoire de façon très réaliste.

Dimitri a bien sûr des armes, des armes de lache, certes, mais que vaudrait un Lord sans armes? Pas grand chose! Autrefois, il avait deux dagues, une de facture classique acquis auprès des Frey dont il est leur pupille, un poignard simple et fort efficace pour une mort lente et douloureuse, et une dornienne qu'il a donné au Dothraki qui l'a suivi dans son voyage, un arme idéale pour égorger et facile à prendre en main, mais que serait un Lord sans une épée? Il n'aurait peut-être pas dû au vu du prix, mais Dimitri a acquis depuis peu une arme en acier valyrien purement essosienne avec une garde propre à lui -il ne peut s'empêcher de se démarquer des autres! Légère et solide, cela ne veut pas dire qu'il sait se battre cependant, il préfère lire que s'entrainer...

Crédit de l'avatar : Lancelot de Grandblue Fantasy.

Pouvoirs : Dimitri est un sorcier aux pouvoirs pour le moins surprenant, on ne le niera pas, bien de ses proches et lui-même auraient préféré qu'il sache controler un bête feu! Mais non, ses dons sont bien plus obscurs...

Tout d'abord, il peut rejeter le poison de son corps. Bien qu'étant bébé, son organisme ne faisait que le rejeter sans montrer de signes physiques, c'est à ses 4 ans que son pouvoir est devenu bien plus performant. A peine le poison détecté par son organisme qu'un combat intérieur prend place, pour faciliter le rejet, il lui faut boire beaucoup d'eau. Dans son for intérieur, Dimi a l'impression de voir un serpent noir et agressif qu'il lui faut faire partir avec sa magie, plus le poison est virulent et plus le combat -que l'on peut voir physiquement par le noircissement de ses veines- est éprouvant -vous pouvez donc imaginer ce qu'il ressent face au poison de l'étrangleur. Pour parvenir à un tel résultat, il lui faut cependant être conscient, bien que le combat aura toujours lieu, endormi ou assommé, ses défenses seront fortement diminués, ne les controlant qu'instinctivement et non de façon consciente. Une fois réussie, son corps rejette de la pire des façon: en régurgitant un liquide noir et poisseux, semblable à du goudron. L'odeur est digne de la Mort et son aspect peu ragoutant, c'est pourquoi, il préfère boire avant, afin que le poison soit dilué et donc plus facile à purger. Il ne peut en aucun cas identifier les poisons, uniquement le deviner à force de l'avoir combattu.

Ensuite, il peut controler son ombre. Ce pouvoir est totalement différent de l'autre car il n'est pas conscient de ce qu'il fait. Sous de fortes émotions comme la colère ou la peur, Dimitri peut être vu tomber en transe, les yeux grands ouverts et la pupille étrécie, tout son corps se raidit et il est possible de le voir trembler. Alors son ombre prend vie, mue par une seule volonté: obéir aux plus noirs désirs de son "maitre". Elle ne peut parler et ne semble pas capable de comprendre les gens, hormis Dimitri. Les blessures qu'il inflige aux ombres d'autrui sont visibles sur la chair, aussi, si l'ombre en poignarde une autre, l'individu sera fort surpris de voir une plaie béante s'ouvrir sur son ventre et son sang jaillir. Dimitri est témoin de la scène mais le "lien" qui se crée entre lui et son ombre pour la controler est si étrange et brutal émotionnellement parlant que Dimitri oublie systématiquement ce qui s'est passé pour les heures voir jours à venir. Il n'a jamais su décrire ce qu'il entendait ou voyait dans cette transe car cela est tout simplement indescriptible par la parole! Selon l'effort que fera son ombre, les effets sur lui seront plus importants (fatigue, migraine, saignement de nez, hallucinations, etc etc).

Il ne sait pas encore parler par la pensée ni détecter la magie chez les autres.

Relations :
Isaac Frey: Un jeune homme plein de ressources surnommé le Lord le plus sauvage de Westeros, avec lui, Dimitri en a appris beaucoup sur ses pouvoirs, on pourrait presque dire qu'ils sont un couple sadomaso tant leur complicité est étrange et peu enviable, pourtant, ces deux là s'entendent très bien. Isaac est le seul à le surnommer Dimi.

Famille Manwoody: Bien qu'en apparence froid et distant, Dimitri tient à sa famille, au point de leur donner plus qu'il ne peut. Ainsi les batards de son père se sont vus porter le nom de leur géniteur alors qu'ils ne lui avaient même pas demandé, il leur a même donné la possibilité de faire leur preuve en instaurant un Conseil de Lords, car oui, suite à son départ, il a fait de ses congénères, des Lords temporaires. La famille Manwoody est solidaire et aimante, comme presque toutes les autres familles de Dorne, et même sans Dimitri à leurs cotés, ils n'ont eu aucune intention de le supplanter. Seule sa famille ose le nommer Riri.

Sa cousine Dayne des Météores: Nés le même jour et à la même heure, on les surnomme pas "Jumeaux de Dorne" pour rien, tout les oppose et pourtant, ils sont très proches. Depuis son départ, il n'a que peu d'informations sur elle et si elle est bien devenue l'Epée du Matin comme elle l'espérait être.

Dothraki: Il ne connait pas son nom car l'adolescent ne le lui a jamais donné, fils de Khal, il a forcé le Lord à le prendre suite à un duel, lui apprenant sa langue et les moeurs Dothraki mais sans jamais lui donner son nom ni pourquoi il l'a suivi. Son titre était Khalakka Mel car on le soupçonnait d'être déloyal, ses cadets et ses ainés ayant tous péri par "accident". Ses objectifs restent obscurs mais on ne peut nier que sa relation avec le Lord soit aussi chaotique que son esprit.

Luka de Kingsgrave: Luka est un mercenaire qui a fait la bêtise de trop, bien que cela était contre de l'argent, tuer un paysan et se faire prendre n'est pas la chose la plus intelligente qu'il aurait pu faire. Mais Dimitri avait autre chose à faire comme organiser son départ, il en a fait donc son garde du corps. En 4 ans, une certaine confiance s'est formée entre eux et il se plait à taquiner le petit Lord.

Histoire :

Une naissance, un héritage et un frère


Une histoire sur une personne commence toujours par sa naissance. Une naissance difficile parfois, certaines provoquent la mort de la mère en couche, d'autres n'ont aucune incidence. Celle du jeune Dimitri, né il y a maintenant 20 ans de cela, en est une. Bien qu'étant seulement la seconde femme du Lord et n'ayant porté qu'un seul enfant, elle était déjà prédestinée à être une bonne mère porteuse selon les nourrices. Un bassin large et un ventre bien portant pour le meilleur des enfants! Jamais elle n'a vécu de fausses couches, mêmes discrètes. Pourtant, bien des fois son époux s'est inquiété, elle qui est si fragile, si souvent malade, comment faisait-elle pour avoir des enfants en bonne santé?

Le travail avait été bien entendu difficile, même si ce n'est pas la première fois, l'accouchement est toujours une épreuve importante pour la femme qui alors, n'a que pour seule aide, son instinct, et le Maester du chateau. Après de longues heures d'attente, d'allées et retours devant sa porte, le Lord n'avait que pour seules nouvelles les cris déchirants de la future nouvelle mère, ses fils à ses cotés, attendant patiemment le retour du Mestre. Finalement, ce dernier vint à eux, un torchon taché de sang dans les mains, le front encore brillant de sueur, un sourire aux lèvres, heureux de leur annoncer la naissance d'un fils chez les Manwoody, ainsi est né Dimitri, le quatrième enfant du Lord.

Quelques jours plus tard, la famille appris avec surprise que l'une des tantes de la maison Dayne de Dimitri avait donné elle aussi naissance le jour et le même moment que Dimitri. Sur le ton de l'humour, le Lord de Kingsgrave les surnomma "Enfants de la Doyenne et de l'Etranger" car ils étaient prédestinés à faire de grandes choses selon lui. Bien que ses parents aient les cheveux clairs, des touffes de duvets bruns n'ont pas tarder à recouvrir le crane pale de l'enfant, avant de devenir des mèches soyeuses aussi sombres que les plumes d'un corbeau, une nouvelle surprise pour la famille qui ne vit là que la manifestation du sang des Premiers Hommes qui s'étaient mélangés avec leurs ancêtres Andals.

Nourri par une domestique ayant récemment enfanté, l'enfant ne cria ni ne pleura, faisant maintes fois paniquer sa mère qui voyait à cela un mauvais présage. Même s'ils n'étaient pas dans une région froide, les bébés pouvaient mourir, mais le Mestre avait beau l'examiner encore et encore, il ne remarquait qu'une chose: cet enfant n'était pas comme les autres. Debout avant les autres, courant avant qu'ils ne sachent marcher, il avait même un vocabulaire plus riche, bien qu'il peinait sur quelques mots. "Cet enfant sera un excellent Mestre!", se plaisait à dire son enseignant, mais au grand jamais le petit avait montré un quelconque intérêt pour eux, seuls les livres l'intriguaient. Là où certains prodiges commençaient à manier de l'instrument, lui apprenait l'alphabet et à lire les livres, enregistrant bon nombres de choses et de termes qu'un autre bambin n'en connaitrait la définition! Ah, qu'il était étrange ce petit bout d'homme, alors que sa cousine, si souvent à ses cotés de part leur lien de parenté, se montrait pleine de vie.

Le Lord, son père, avait lui aussi autre chose en tête que de l'envoyer chez les Mestres. Bien que Dimitri ne soit que le dernier, il voulait en faire un homme, un vrai, un juste qui saurait conseiller ses ainés et servir son peuple avec bravoure. En faire le pupille d'un Lord ne l'inquiétait guère, c'était de choisir un Lord qui se révélait plus complexe. La famille Martell? Ils avaient autre chose à faire! Les Dayne alors? Bien qu'étant leur ami, il sentait que ce n'était pas une bonne idée. Les Frey dans ce cas? Grand ami avec leur Lord, il le connaissait fort bien et savait que Dimitri serait alors témoin de fort nombreuses situations politiques et autres. Il sera grandement assagi et capable de s'adapter à n'importe quel milieu, là où leur royaume était sans incidents, pour le moment. Mais de ce qu'il entendait, l'un de ses fils se montrait étrange, féroce et violent... Il ne put réfléchir plus à cela cependant en voyant sa femme tomber malade. Ne voulant pas que son fils soit affecté, il envoya un message à son ami puis son fils, c'est ainsi que Dimitri devint la pupille du Lord Frey.

Son changement d'habitat ne le changea guère dans ses habitudes. Certes, il devait porter plus de vêtements et observer le Lord Frey résoudre les problèmes de son royaume, mais ce qui le captivait, c'était bien sûr les bibliothèques de la famille! Et un inconnu. Isaac Frey, un enfant étrange de 12 ans son ainé, Dimitri n'avait que 3 ans, à cet age, on ne voit pas le danger chez les autres, pas même chez un chien. Alors comment aurait-il pu savoir que ce jouvenceau voyait en lui une gêne? Qu'il mettait du poison dans ses repas? Et que la magie dans son sang purgeait son corps de ces potions ridicules? Le jeune enfant, inconscient de l'héritage de sa mère, l'apprit bien assez tôt cependant, lorsque le sadique Isaac mit du poison de l'Etrangleur dans son souper. Aimant la tranquillité et les livres, l'enfant aux boucles de jais mangeait seul dans la bibliothèque, aussi fut-il seul, ou presque, lorsque son corps fut pris de convulsions. Incapable de respirer, la vue brouillée et du sang coulant de son nez, pour la première fois de sa vie, il sentait la magie en ses veines agir et combattre l'ennemi, la douleur était insupportable mais il savait que s'il continuait à résister aux ténèbres, alors il serait sauf. Au bout de longues minutes horrifiantes, un hoquet secoua tout son être et une bile noire et poisseuse tel le goudron jaillit de sa gorge, se répandant sur le sol et dégageant une odeur atroce.

Conscient que tout ceci n'était pas normal mais ne prévenant pas ses pairs, comme à son habitude, il ne disait jamais rien après tout. Ses recherches se tournèrent alors vers les arts obscures et les sciences malsaines, continuant encore et toujours à rejeter une bile noire et abjecte après chaque diner. Finalement, ce fut Isaac qui lui appris ce qu'il était: un sorcier. Jeune mais pas stupide, il avait compris bien vite d'où venait le poison, mais au lieu de lui en vouloir, il accepta, voyant que son organisme s'endurcissait à force de combats. Très vite, un lien se forma entre eux, une fraternité étrange mêlant sympathie et violence. Contre toute attente, Isaac devint une grande personne pour lui, un individu qu'il voulait apprendre à connaitre, un frère.

Un complot, un Lord et une tentative d'assassinat


Dimitri a bien grandi depuis qu'il a découvert son pouvoir. Son savoir s'est développé tout comme ses manières à la Cour. Il n'est plus le petit garçon solitaire à présent, bien qu'il préfère toujours ses livres aux individus. La médecine, l'Histoire, les Mathématiques et tout le reste des sciences l'obsèdent au point qu'il excelle dans certaines de ces matières, à son niveau, bien entendu, car à 6 ans, on est encore loin de briller comme un Mestre, mais comme toujours, on le dit sur la bonne voie! Au point que le Lord Frey lui cacha de graves nouvelles venant de son royaume natal. Ses deux frères étaient morts, l'un empoisonné, l'autre dans un accident de chasse. La Maison était en deuil et le Lord était furibond à l'idée qu'une menace plane sur eux. Savoir que son héritier était en sécurité aux Twins le rassurait, maintenant, il devait trouver qui complotait dans son dos pour lui prendre Kingsgrave...

Hélas, il ne put y parvenir car lui aussi succomba d'une maladie virulente, laissant sa femme seule maitresse de la Famille. Le Lord Frey, apprenant la nouvelle, ne put la garder plus longtemps et l'annonça au garçonnet, lui avouant par la suite que cette perte faisait de Dimitri l'unique héritier de la famille et Lord Manwoody. Contrairement à ce qu'il pensait, le jeune enfant compris fort bien ce que cela impliquait et demanda sans tarder à ce qu'on le ramène à Kingsgrave. Il n'y eut pas d'adieux entre lui et Isaac, il comptait revenir, quitte à s'absenter durant un mois par an, cela ne serait pas un problème pour lui. Une fois arrivé au chateau, ce n'était plus un enfant que vit le peuple mais un Lord actif et efficace. Hormis son Mestre et sa mère, il n'acceptait personne à ses cotés et c'est sans mal qu'il envoya paître son oncle. Il n'avait besoin de personne pour régner et il comptait le prouver! Très vite, il manda à ce qu'on lui amène les batards de son père, apprenant à les connaitre un par un, voyant avec eux leurs projets et ce qu'ils souhaitaient faire, sans le savoir, il faisait la même chose que la famille Martell et Léa Sand, alors agée de 14 ans.

On n'entendit plus parler de complot, encore moins de meurtres, Dimitri continua à apprendre et se mit même à voyager vers les Iles de Fers et la Capitale, découvrant les religions et les us et coutumes des autres régions, sans pour autant y porter un grand intérêt, il ne venait que pour apprendre et comprendre, rien de plus. S'il venait pour se convertir, on le saurait! Les années passèrent et le jeune Lord continua à mûrir et à apprendre, se mettant à porter des bagues pour se moquer des Maesters, à écrire aux Frey et à faire des rapports aux Martell et au roi sans jamais donner de détails sur sa situation, uniquement des compliments et autres paroles sans valeurs. Les Manwoody n'étaient hostiles envers personnes, pourquoi parler d'eux? Ils le feraient uniquement quand ils auront besoin d'aide, voilà tout! Et puis, s'ils avaient vraiment envie de converser avec lui, ils n'avaient qu'à venir!

Mais alors qu'il pensait que rien ne pouvait leur arriver, on lui prouva l'inverse un soir d'été particulièrement chaud. Le vin et l'eau coulait à flot tout comme les jus de fruits dont sont friands les enfants, le Lord n'y faisait pas exception, alors agé de 15 ans. C'était un repas banal au chateau, les convives étant les batards de l'ancien Lord, filles comme garçons, bavassant et riant de bon coeur, tout en gardant une distance respectable dû à leur rang face à leur frère, de ce fait, personne ne put réagir à temps quand il commença à s'étouffer après avoir bu dans un verre qu'une servante lui avait donné. Toussant et raclant sa gorge afin de retrouver son souffle, il ne tarda pas à perdre l'équilibre et tomber de sa chaise, victime de violentes convulsions qui en fit crier plus d'une dans l'assemblée. Mestre et mère foncèrent à son secours mais impuissant, tout ses symptômes montraient qu'il était victime du poison de l'Etrangleur, il n'y avait rien à faire pour le sauver, il était condamné. Dimitri connaissait ce poison, mais au grand jamais n'avait t-il eu une telle quantité à rejeter de son corps. Sachant que cela pourrait l'aider, il parvint à se mettre à genoux et à prendre une cruche d'eau dont il en déversa le contenu dans sa bouche, laissant une bonne partie se répandre au sol, avant de retomber par terre. Le monstre qui broyait ses entrailles et enserrait son coeur dans un étau glacial l'effrayait et il voyait ses forces diminuer avec le temps au point que son corps cessa de lui-même de montrer des signes de vie afin d'économiser son énergie, faisant croire à tous, qu'une fois de plus, la famille était frappée d'une tragédie. Finalement, il fut prit d'une ultime convulsion qui le fit se mettre sur le ventre, et sa victoire fut rendue publique. Une bile noire et liquide comme la salive gicla sur les dalles tièdes, tachant meubles et vêtements trop proches comme ceux du Lord. Terrifiés mais soulagés que le Lord soit sauf, la Famille dut attendre longtemps avant que le Lord ne se réveille de se convalescence administré par le Mestre qui voyait, avant tout ces mystères, que le Lord avait besoin de repos pour pouvoir s'expliquer.

Dimitri quant à lui était bien amer et inquiet. Ce n'était pas son frère de coeur qui lui avait envoyé ce cadeau, ce filou lui aurait envoyé une délicieuse missive pour l'en informer sans le dire aux autres. Pas un de ses frangins et frangines batards, il les connaissait et avait fait en sorte que le courant passe entre eux, même les plus turbulents! Alors qui? Etait-ce à nouveau cette menace dont parlait son père au Lord Frey? Mais chaque chose en son temps, sa famille l'avait vu dans une bien facheuse situation, face à un secret qu'il avait pourtant préservé pour leur sécurité. Qui voudrait d'un Lord sorcier sans aucune formation? Il le savait, bien qu'Isaac l'avait bien aidé à mieux comprendre son pouvoir sur les poisons, il restait encore bien des secrets qu'il comptait cacher. Le Mestre attendait à son chevet, conscient du combat intérieur que vivait le petit Lord à l'instant, il savait ce qu'il devait faire, connaissant fort bien son maitre. Mais il préférait attendre que le jeune homme le lui dise à haute voix.

-Fais les venir, tous. J'ai à leur parler.

Cela ne prit guère de temps, il fallait l'avouer, la famille était morte de curiosité. Il n'y avait plus de peur face au démon, il n'en était pas un, il était bien trop froid et calculateur pour en être un! Dimitri ne perdit pas de temps et leur raconta tout, du moins, ce qu'il voulait leur dire. Son arrivée chez les Frey, la tentative d'assassinat par les mêmes personnes qui avaient attaqué ici, Isaac qui avait tout vu et qui lui avait appris qu'il était un sorcier, et enfin, son aide précieuse afin d'en connaitre toutes les facettes. Pour les Manwoody, les Frey étaient un allié de taille, ils l'étaient encore plus désormais. Depuis ce jour, les troupes avaient augmenté, ce n'était pas une rumeur: Dimitri allait exterminer ceux qui avaient osé toucher à son sang.

Il n'est pas le descendant d'un régicide pour rien!

La fin d'un complot, une guerre entre maisons,
l'extermination de la perdante


Trouver qui avait fait ça était simple, des indices, il y en avait un tas! Mais tout n'était qu'un jeu de patience, et c'est ce qui allait les mener à leur perte. La première a avoir découvert la part d'ombre du Lord fut la servante qui l'avait servi. Une brune aux formes généreuses, une bien belle fille qui aurait fait tourner bien des hommes, mais c'était mal connaitre Dimitri qui pour lui, même une enfant pouvait être une menace. Demander à ses hommes de l'emmener à la cage dorée ne fut pas bien difficile. La cage dorée est, comme son nom l'indique, une cage aux barreaux en or, brillant de milles feux face au soleil, construite sur le plus haut des toits du chateau. Ainsi, la personne ne pouvait se protéger du soleil et le vent qui allait et venait attisait le feu qui rougissait leurs chairs. Une morte lente et douloureuse pour celui que l'on veut voir souffrir, une souffrance pouvant amener à la folie quand on daigne soigner la personne de temps en temps. Après deux jours et deux nuits avec uniquement de l'eau pour se désaltérer, Dimitri vint la voir, un faucon sur le bras, impassible. Il ne craignait pas de voir la pourriture et la mort, à force de voir Isaac torturer et tuer ce qui lui passait sous la main, cela ne lui faisait ni chaud ni froid. Ce qu'il voulait, c'est qu'elle parle sans lui tenir tête. Le regard glacial et insensible à son malheur, il la regarda pendant un temps avant de dire d'une voix douce:

-Parle, petite. J'ai assez attendu pour la journée. Refuse et je laisse ce faucon t'arracher les yeux et mes hommes s'occuper de l'empoisonneuse que tu es.

Qui aurait cru que ce jeune homme si froid et si distant pouvait se montrer aussi cruel et convaincant? Bien vite, des noms furent énoncés, des hommes du chateau, des femmes de l'extérieur, des comploteurs. Quelques jours plus tard, des rapaces s'envolèrent du chateau et de nombreuses missives arrivèrent bien vite. Des hommes et des femmes s'étaient vus attaquer par des rapaces et leurs yeux arrachés. Dimitri fit alors une annonce à son peuple. Les personnes mutilées étaient des conspirateurs, ils avaient été puni pour avoir osé attaquer sa maison et à présent, il voulait qu'ils viennent lui dire qui était leur maitre, celui qui voulait sa mort et l'extermination de sa maison. Très vite, on lui signala des morts, les paysans avaient fait couler le sang, haineux comme jamais. Il n'en prit pas ombrage et ne les sanctionna pas, montrant ainsi à ses rivaux anonymes qu'il s'en fichait éperdument de leur sort et que le peuple était avec lui, pas avec eux. C'est alors qu'il reçut un homme d'apparence quelconque et aux noirs desseins. Dimitri n'eut pas besoin de lui demander de parler, l'inconnu n'était pas venu pour bavasser avec son ennemi. Après avoir hurlé une réplique, il se jeta sur le Lord mais fut bien vite attrapé par les soldats qui l'emmenèrent dans les cachots sur ordre de Dimitri. Celui-ci médita pendant un moment sur ses paroles avant de le rejoindre, commençant l'échange avec lui en passant outre les salutations.

-"Laissez nos épines vous transpercer", n'est-ce pas le dicton de la Maison Briar? Je pensais qu'elle était éteinte depuis des lunes.

Le rire amer de l'étranger se répercuta dans la pièce qui faisait office de sanctuaire au Lord, ici, personne ne les entendrait, ni ne les verrait. Il pouvait faire ce qu'il voulait. Mais il n'avait pas besoin de sortir ses outils pour faire parler l'arrogant. Celui-ci voulait faire peur au Lord alors il lui avoua tout, que la maison Roncier existait toujours, bien que fort démunie, qu'elle voulait reprendre ce qui était sien avant leur arrivée il y a de cela des siècles. Qu'il était celui qui avait empoisonné son frère et tué son ainé avant de s'en prendre au père, et qu'il aurit bien aimé crever sa mère avant. Dimitri ne dit mot, méditant sur ses propos. Ainsi donc, une Maison en ruine cherchait à rester debout? Bien qu'il ne le montrait guère, il bouillait de rage devant une telle insulte envers son nom. N'avait-il donc pas montré à quel point il était juste et clément? Oh, bien sûr, il aurait pu tous les pendre, mais au lieu de ça, il leur avait donné une seconde chance! Et voilà qu'on le bravait encore! Pensif, il ferma la porte de la pièce avec une poutre, arpentant son sanctuaire d'un pas lent.

-Si avoir du pouvoir vous intéressait tant, pourquoi ne pas être venu nous parler de votre situation?

-On ne pactise pas avec ceux qui se lient aux sorcières et qui pondent des démons!?

-Oh c'est donc ça... C'est donc de ma mère que j'ai acquis ces pouvoirs...

-Que?

Avait-il donc la berlue? Venait-il de voir l'ombre du Lord bouger? Non, il avait bien vu la magie opérer, l'ombre se tendre et le "regarder".

-Ce qui est bien avec cette pièce, c'est que vous aurez beau hurler, personne ne vous entendra, personne ne viendra, personne ne saura. Mourrez en paix, grand fou, votre Maison vous rejoindra d'ici peu.

Alors Dimitri se laissa submerger par sa noire colère, les yeux grands ouverts, les muscles crispés au point d'en trembler, les pupilles étrécies. L'ombre se libéra finalement, subjuguée par les noirs désirs de son hôte, en possession de l'ombre de la dague de Dimitri. Le comploteur vit avec horreur l'entité se rapprocher, mais comme l'avait dit son geôlier, personne ne l'entendit hurler son agonie. Son corps fut exposé quelques temps sur le mur du chateau et un message à la Maison Briar parcourut les villes en quête de leur destinataire. Dimitri voulait voir leur Lord et ses pairs, seul avec les siens, sans armes, sans soldats. Il était rare que le Lord des pierres tombales donne une troisième chance, mais il savait que le sang avait assez coulé. Les Manwoody tuaient des rois, pas des paysans et encore moins des Maisons. Les Briar se firent attendre mais finalement, ils vinrent à lui, ou plutôt, ils envoyèrent un seul d'entre eux, un enfant. Une nouvelle insulte envers le Lord qui n'en prit guère ombrage. Il devait discuter avec un enfant? Soit. Une conversation fort plaisante d'ailleurs, le garçonnet était peu doué avec la politesse et les sujets qu'il entamait manquaient de profondeur, ce n'en était pas moins agréable à entendre. Finalement, le petit quitta les lieux avec un message pour sa famille: Dans une lune, la Maison Briar ne sera plus si elle ne prête pas allégeance aux Manwoody.

Il y était peut-être allé fort, son Mestre s'inquiétait et sa mère angoissait à l'idée que son fils entre en guerre à un si jeune age. Bien sûr, c'était un conflit mineur, mais son fils n'avait rien d'un guerrier! Elle voulait le soutien des Dayne, et pourquoi pas des Martell, ce que ne voulait pas Dimitri. Il n'en avait guère besoin, il savait ce qu'il faisait. Le moment venu, les deux Maisons se rassemblèrent au Vulture's Roost, deux petites armées, du moins, c'est ce que voulait Dimitri, il ne voulait pas écraser les Briar mais bien leur laisser le temps de capituler quand ils verront qu'ils perdaient. Contre toute attente, ce ne sont pas 200 hommes qui l'ont suivi mais le double, avec pour commandant l'un des batards de son père. Les Briar étaient nerveux en les voyant, réalisant leur erreur bien trop tard, mais leur ennemi leur laissa un court répit, en effet, les soldats attendaient. Ils attendaient que leur Lord parle, les encourage avec un discours, bien que sachant pertinemment que Dimitri n'était pas un homme de guerre, ils s'en fichaient tant que c'était un bon Lord. Monté sur sa monture noire comme un corbeau et vêtu d'une armure digne de son rang, il arpenta ses rangs, les couvant de son regard glacial. Il n'avait pas l'intention de leur faire un long discours, on ne battait pas une armée avec des mots mais avec le fer. C'était les nobles que l'on dominait avec des tirades! Il tira donc son épée, face à l'armée des Roncier, le bras bien haut, et dit d'une vois forte et claire les mots qu'attendait ses pairs.

-Les couronnes tombent et les pierres tombales se dressent!

Tous entonnèrent ce cri de guerre et foncèrent dans le tas, contournant leur Lord non-soldat. Ce fut probablement la bataille la plus courte de l'Histoire. Les corps des vaincus furent brulés afin de ne pas propager de maladie, considérant la Maison Briar définitivement exterminée.

Un grand pouvoir, de grandes responsabilités,
un départ vers l'autre continent


Bien entendu, l'affaire n'avait pas été très discrète et le Lord dû se justifier auprès des Martell et du Roi, mais ce n'était ça qui inquiétait Dimitri. Plus il grandissait et plus il se rendait compte que ses pouvoirs devenaient moins facile à controler. Pas sa capacité à rejeter les poisons, celui-ci était simple et fort utile. Non, il pensait à son ombre, une magie étrange qu'il avait encore du mal à saisir. S'il n'apprenait pas rapidement à s'en servir, il risquait de mettre sa Maison en danger. Que faire dans ce cas? Demander un Mestre sorcier? Facile, mais les autres Maisons risquaient de se poser des questions, il avait déjà un Mestre après tout, et pas d'enfants... Et puis... Un Mestre... Depuis quand le Lord aimait-il la facilité? Il l'avait bien montré face à son ennemi, Dimitri est tout sauf quelqu'un qui aime prendre des chemins courts! Il se tourna alors vers Essos. Un continent à l'Est dont il savait si peu de choses... A l'idée de fouler ces terres, sa curiosité enfantine faisait pétiller ses prunelles. Il n'y avait guère besoin de débattre plus à ce sujet: il irait à Essos, rejoindre la Tour des Sorciers le temps d'en apprendre davantage sur la magie!

Annoncer son départ à son entourage fut compliqué, personne n'approuvait bien entendu. Il était Lord, il devait rester à Kingsgrave, c'était logique. Et puis, qui s'occuperait des terres et des villages en son absence? Un nouveau problème se posait au Lord qui eut d'autre choix que d'envoyer des missives aux Martell. Très vite, les batards de l'ancien Lord devinrent des Manwoody! Et pour que le chef en son absence ne commette pas de bourdes, tous avaient la responsabilité des lieux, formant ainsi un Conseil des Lords provisoire. Dimitri ne nia pas avoir volé ce système politique aux Martells, tant que cela marchait, il ne voyait pas en quoi cela pouvait déranger les autres. Il comptait faire un grand voyage, hors de question de faire les choses à moitié avant son départ!

Le jour venu, il dut cependant reporter son départ de quelques instants pour se charger d'une dernière affaire. En effet, un mercenaire avait été pris la main dans le sac, l'arme au poing et le sang d'un innocent sur la lame. Payé pour tuer, hélas pour lui, ce genre de choses ne se faisaient pas et, à présent, sa vie dépendait du jugement d'un enfant. Mais Dimitri ne le condamna pas à la corde comme la logique l'aurait voulu. N'ayant pas de garde du corps à son gout pour son voyage, il lui proposa de se mettre sous ses ordres, sinon, c'était la cage dorée pour ce filou! Comment refuser une telle offre? De mauvaise grâce, Luka le Mercenaire devint Luka de Kingsgrave, garde du Lord. Après de longues journées de chevauchées, ils embarquèrent dans un navire, direction Tyrosh.

Un voyage éprouvant, des courtisanes et des esclaves


Le trajet se passa sans encombres, rythmé par le passage du soleil et les chants marins. Prévoyant un long voyage en mer, le Lord n'avait pas emmené leurs montures sur le pont, les laissant à Dorne. Comme à son habitude, il avait emmené des livres, mais au lieu de les consulter, Dimitri s'était intéressé à la navigation, regardant avec de grands yeux curieux les marins tirer sur des cordes et brailler des ordres. N'y tenant plus, il avait mis les mains à la pate, faisant rire bien des hommes et grogner les supérieurs, mais le Lord avait mis le prix, alors ils ne pouvaient guère le brusquer. On n'insultait pas le Lord Manwoody, tôt ou tard, on en prenait pour son grade! Ainsi Dimitri découvrit la douleur et le dur labeur tandis que son nouveau garde du corps découvrait avec horreur qu'il n'avait guère le pied marin. Heureusement, le trajet ne dura que deux semaines, amarrant au port de Tyrosh, une cité que Dimitri compara très vite aux Twins. Avares et mettant des prix fortement exagérés, le jeune homme pensa que son frère Isaac serait bien heureux ici, bien entendu, ce n'était pas leur destination finale, ils ne restèrent donc que quelques jours, le temps que leur navire soit prêt pour partir vers une autre île: Lys.

Nouveau départ, nouvelles souffrances, l'entente entre le mercenaire et le nobliaud prenait des tournures chaotiques. Dimitri avait toujours le dernier mot dans leurs conversations et Luka ne voyait en lui qu'un coincé de Lords du même gabarit que les autres. Qu'il avait hâte que ce voyage prenne fin! Bien entendu, il n'était pas contre une escale à Lys, île connue pour son culte de l'érotisme et du sexe. On disait qu'ils avaient les plus belles et talentueuses courtisanes du monde et il avait grand hâte de vérifier cette rumeur, proposant même au Lord de partager les tarifs. Finalement, Dimitri paya pour les deux et suffisamment assez pour tenir le séjour jusqu'à ce que leur bateau soit prêt à partir. Fort bien heureux, le mercenaire s'occupa à peine de celui qu'il devait protéger à toute heure, pour le plus grand bonheur du Lord qui ne souhaitait pas qu'on le dérange durant sa lecture. Oui, le jeune homme lisait en compagnie des courtisanes, les touchant à peine que ce soit de la main ou du regard, il n'avait aucune attirance pour elles qui, contrairement à lui, cherchaient à le déconcentrer pour enfin le guider vers le nid du plaisir. Quand bien même elles sortaient leurs plus beaux atours, il ne réagissait pas, sauf quand on lui touchait les cheveux. Cela avait la sensation d'un coup de sang et le déstabilisait fortement, à peine cachée par ses joues rosies. Oui, Dimitri prenait du plaisir avec un simple massage capillaire, et il préférait que personne ne le sache, hormis son frère de coeur, le Lord Frey, qui connaissait son corps aussi bien que lui.

Hélas, toute bonne chose a une fin et ils durent quitter les gracieuses créatures et leur riche religion -que Dimitri n'a pas hésité une seule seconde à explorer comme tout les autres cultes qu'il découvre-, direction Astapor avec une halte sur l'île de Cedars. Le voyage fut long, très long, au point que les marins avaient pour seul divertissement les disputes entre les deux comparses de trajet, il faut dire qu'ils étaient amusants à voir, à croire qu'ils ne savaient communiquer qu'en s'engueulant! Heureusement, passer devant l'ancienne Valyria calma les ardeurs des deux garçons qui passèrent la journée à observer les ruines de cette cité si célèbre pour son histoire. Mais ce n'était rien comparé à la Baie des Esclaves et ses trois cités tristement connues pour ses ventes d'esclaves. Ah, on ne pouvait pas dire qu'Astapor était pauvre en animation! Couleurs, bestiaux, fleurs et luths, la ville regorgeait de vie, et que dire des marchés! Mais Luka comme Dimitri n'y portèrent aucun intérêt, le premier parce qu'il n'était pas payé pour donner son avis, le second car il ne portait son attention que sur ce qui était intéressant à regarder. Voir des eunuques entrainés pour servir d'armée imperturbable n'était pas ce qu'il appréciait le plus à voir. Ils restèrent néanmoins quelques temps dans cette ville avant de passer à la suivante, Yunkai. Etre un étranger est difficile à vivre dans ce genre de contrées, car ce sont des pigeons de premier choix pour les commerçants, et quand on vend des esclaves de luxe, on n'hésite pas à en mettre une couche. C'est mal connaitre le jeune Lord évidement qui ne porta même pas un regard à la marchandise. Faute d'être un peu trop suivi au gout de Luka, les deux hommes reprirent la route plus tôt que prévu pour explorer Meereen, ville la plus célèbre des 3 de la Baie.

Bien différente des deux autres, Dimitri prit tout son temps pour comprendre le mode de vie exotique des lieux, monté sur un cheval acquis à Astapor. Le marché des esclaves y était plus important que dans les autres cité, au point qu'il se demandait où ils pouvaient trouver autant de personnes à asservir. Au vu des armées d'une des villes voisines, la réponse était vite trouvée. Les esclaves n'étaient que des trésors de guerre qu'ils revendaient au prix fort. Certains parlaient même sa langue natale, prouvant que les esclavagistes picoraient dans tout les plats! Indifférent à la peur et aux supplications muettes, le Lord s'arrêta finalement devant un groupe à la peau mate et aux yeux perçants. Son enfance bercée par les histoires d'explorateurs, Dimitri reconnut assez facilement les fougueux Dothrakis, mais son intérêt était focalisé sur quelques uns seulement. Une femme et un enfant, et s'il jugeait bien, la mère portait un second enfant. Ils n'avaient rien de particulier en soit, la peur se lisait dans les yeux de la Dothraki dont les mains ne cessaient de passer sur son ventre rebondi en un geste de protection futile, le garçon était différent. Froid et distant, on pouvait sentir le brasier qui animait son corps et son esprit, si fort et glacé qu'il lui rappelait lui à son age, regardant avec arrogance et animosité les passants. Le mercenaire fut bien étonné de voir son Lord s'arrêter et demander le prix pour ces deux-là, et de le voir payer le prix exorbitant du marchand. Franchement, voir un noble aussi intelligent se faire alléger la bourse ainsi était plus que choquant, c'en était scandaleux! Prenant chacun une personne sur son destrier, le groupe quitta la ville le jour-même, surprenant une fois de plus Luka qui ne tarda pas à demander à Dimitri pourquoi ils partaient aussi vite.

- Dans pas longtemps, cet escroc va se rendre compte que je lui ai donné de la fausse monnaie et il nous prendra en chasse. Alors à moins que tu veuilles te faire étriper, tu as intérêt à galoper plus vite!

- Fausse monnaie? Quoi?! Attends, d'où un nobliaud est capable de faire ça?

- Il y a bien des choses que tu ne sais pas sur moi, Luka de Kingsgrave!

Comme l'avait dit le Lord, des hommes du marchand les prirent en chasse à partir du second jour de voyage. Visiblement aussi furieux que leur patron de s'être faits rouler, ils étaient bien décidés à les abattre comme des chiens et de ramener les esclaves à Meereen.

Un Khalasar, un Dothraki et un Dieu Multi-face


La course poursuite dura deux jours de plus, les chevaux autant que les hommes éreintés par la fatigue, leurs muscles criant grace. Ils avaient fait l'erreur une fois de s'arrêter et Dimitri en payait les conséquences, une flèche dans le flanc. Plus il avançait et plus sa blessure s'aggravait, faisant craindre le pire à Luka qui voyait bien qu'ils ne pourraient s'en sortir si le Lord s'effondrait. Sans le savoir, ils avaient pénétré la Mer Dothraki depuis un bon moment déjà, leur donnant une chance de s'en sortir, les Dothrakis étant des nomades. C'est donc sans grande surprise que les esclaves entendirent des sabots marteler la terre et piétiner l'herbe, des cris arpentant la plaine. Voyant leurs proies devenir l'objet de l'attention du groupe qui venait d'arriver, les hommes du marchand durent faire marche arrière, ne voulant pas finir écorchés vif. L'un d'eux fit alors l'erreur de tirer une flèche dans une tentative désespérée, ne touchant que le cheval du Lord au ventre, les faisant tout les deux tomber. Une grave erreur de la part du guerrier qui savait sans doute à quel point les chevaux étaient importants pour les Dothrakis, en abattre un sous leurs yeux était un coup à se faire éventrer pour réparer l'injustice. C'est donc en toute logique que des guerriers nomades, sur ordre du grand Khal de la Harde, se lancèrent sur leurs traces, laissant la Khalessi et les autres prendre en charge les survivants. Les esclaves n'avaient heureusement rien, quant à Dimitri, il fut très vite pris en main, laissant sa vie et celle du Mercenaire aux mains des Dothrakis achetés. C'était un pari très risqué, la femme pouvait très bien mentir et dire qu'ils étaient dangereux, les condamnant eux aussi, mais c'était sans compter l'honneur de ces Nomades.

Sûr d'eux, les Dothrakis montèrent leur campement, laissant ainsi les étrangers se reposer devant un repas chaud pendant que leurs hotes discutaient activement avec le chef. Un peu fiévreux et complètement épuisé, Dimitri ne comprenait pas un mot de ce qu'ils disaient, c'est donc l'enfant qu'il avait acheté qui lui traduisit le tout. Ils ne comptaient pas en faire des esclaves, ce qui était bon signe pour eux, en fait, ils voulaient les remercier. Pour cela, ils acceptaient qu'ils restent un temps avec eux, deux-trois lunes, tout au plus, ainsi, le Lord pourrait guérir. Ils leur offraient aussi leurs meilleurs destriers, en remplacement de celui mort et l'autre, beaucoup trop fatigué pour reprendre une chevauchée avec un adulte. Ainsi, Dimitri découvrit les us et coutumes de ce peuple-cavalier ainsi que sa langue. De toutes les religions qu'il a exploré, il trouvait celle du Grand Etalon la plus jolie et la plus philosophique. Luka quant à lui, s'amusait à défier les guerriers, s'entrainant par la même occasion, le Lord trouvait plus intéressant d'apprendre les cultures des autres, mais le mercenaire voyait qu'il valait mieux savoir croiser le fer pour rester en vie! Ils partagèrent souvent leurs repas avec les Dothrakis qu'ils avaient délivré, la mère avait enfanté quelques jours après leur sauvetage d'un petit garçon nommé Dimi, en l'honneur du Lord. Un autre enfant venait aussi les voir, portant un intérêt particulier au Lord qu'il surnommait "Khalakka". Intrigué par ce terme, Dimitri ne tarda pas à poser des questions à l'enfant qu'il avait délivré.

- Lui? C'est le Khalakka Mel, il ne faut pas lui faire confiance, quand il a su tenir une arme, ses frères ont tous péri. Il n'y a pas de preuves, mais ce Yalli est un aresak!

- Je vois... Et que veut dire "Khalakka" ?

- Prince, ou fils de Khal, les filles sont nommées "Khalakki". C'est un titre respectueux comme chez vous! Fais attention, Manin un jour, tu te retrouveras avec une Khalakki si tu continues à nous suivre et à apprendre aussi vite!

L'enfant riait mais pour le Lord, c'était une autre affaire. Sa place n'était pas ici, même s'il se plaisait à chevaucher torse nu, ses cheveux longs tressés, il avait une Maison à diriger et il ne voulait pas de femmes. Quand bien même elles étaient intéressantes et belles, il avait autre chose à faire que de s'unir à une Khalakki! C'est donc peu avant la troisième Lune qu'il présenta ses respects au Khal et au clan, prêt à partir avec son garde du corps aussi peinturluré et vêtu que lui. Alors qu'ils s'éloignaient, ils furent cependant retenus, sans surprise, par le Khalakka. Celui-ci voulait venir avec eux, se fichant pas mal des réticences des étrangers. Alors que chez l'enfant ex-esclave, il avait vu un futur guerrier, chez ce jeune garçon, c'était fort différent, c'était un véritable serpent, un feu grégeois qui attendait patiemment d'exploser à la face de ses proies. Il ne voulait pas juste un Khalassar, il voulait plus, beaucoup plus! Mais le Lord ne voulait pas d'un camarade de voyage instable, il connaissait suffisamment ce genre de personne pour savoir qu'ils étaient à ne pas cotoyer pendant d'aussi long trajet, un dérapage pouvait si vite arriver... Le Khalakka le défia donc en duel, s'il perdait, il acceptait son jugement pour avoir bafouillé leurs lois, s'il gagnait, il devenait son Sang-Coureur et le suivrait où qu'il aille. Ayant bien conscience que l'honneur était important chez les Dothrakis, Dimitri n'eut d'autre choix que de relever le défi, bien qu'étant un piètre combattant, préférant la plume à l'acier. Le combat ne dura pas longtemps au vu des compétences de chacun, et c'est donc un Lord fortement ennuyé qui accepta le fougueux garçon à ses cotés, comprenant bien que le Khalakka ne quittait pas juste son groupe, il était banni par la même occasion! Ne pouvant faire machine arrière et ayant les fesses beaucoup trop douloureuses pour tenter un nouveau duel, c'est donc à trois, le mercenaire, le Lord et le Prince, qu'ils repartirent à la découverte du Monde.

Les mois passèrent et la tension qui existait alors entre les deux hommes changea radicalement en présence de l'imprévisible Dothraki. Il ne parlait jamais de lui personnellement mais n'hésitait pas une seconde à enseigner sa langue maternelle à Dimitri. Il ne tarda pas à penser comme Luka, ce Lord était intelligent et savait user de ses connaissances pour dérouter les autres, ce que faisait le Prince mais avec une certaine sauvagerie, préférant broyer ses ennemis que simplement les empêcher de nuire. C'était une autre façon de penser qui intriguait celui qu'il devait servir et qu'il espérait vivement le voir perdre, ou du moins, évoluer si possible en mieux. Les veillés autour du feu de camps se finissaient généralement sur des histoires venant de Westeros. Comme l'avait pensé Dimitri, le Dothraki portait un intérêt particulier aux Frey et leurs coutumes, ainsi qu'à la Vezhak de Dorne. Pensant qu'il prenait Léa Sand pour un homme, il tenta de le corriger en mêlant des termes Dothrakis à sa langue natale, le jeune homme ayant encore du mal avec certains mots.

- Léa est une femme. Mais on peut dire qu'elle est très douée pour guider les chevaux. Elle est même reconnue dans tout Westeros.

- Est-elle une Khalakki? Ou une Khaleesi?

- Chez nous, on a pas besoin d'être un Khal ou autre pour être important, même si cela est avantageux. Mais oui, elle est Khalakki, son père était le Khal de Dorne mais sa mère était une zomane, une... Maegi mais qui ne peut influencer les gens.

- Ce n'est pas de sa faute si son père s'est accouplé à une Maegi. Deviendra t-elle Khaleesi plus tard?

- En tant que sang-mêlée, non. Même si nous accordons plus d'importance aux batards, les Sand n'ont pas la possibilité de gouverner, sauf si on les accepte dans notre famille. Mais crois-moi, elle n'a pas envie de l'être.

- Vos moeurs sont compliquées mais vos femmes semblent plus libres que les notres. Chez les Dothrakis, ce ne sont que des juments bonnes à monter, naitre femme est plus un inconvénient qu'autre chose. Mais si elles se montrent aussi braves que les Khasar, alors elles peuvent avoir de bon partis.

- Tu sembles donner plus d'importances aux Chiori...

- Les étalons sont forts, mais les juments sont rapides!

Sur cette remarque, le trio s'endormit, voyant leurs liens se renforcer. Prenant la direction Nord-Est, le petit groupe traversa le Golden fields, s'arrêtant un moment au petit village de Ghoyan Drohe pour finalement faire une pause touristique à Pentos. Vêtus comme des Essosis simples et sans histoires, ils passèrent inaperçus dans la foule, pouvant ainsi, pour Dimitri en tout cas, observer cette société en toute tranquillité. C'est ici que Dimitri apprit l'existence d'un Dieu de la mort. Unique et infini à la fois, il porte bien des noms et ressemble fortement à l'Etranger des Sept pour sa fonction, le Dieu Multi-face. Le Lord était curieux d'en savoir plus, aussi leur prochaine destination fut Braavos, mais contrairement aux autres villes, cette fois-ci, il se dirigea vers un lieu précis: le Sanctuaire des Sans-Visages. Arpentant la structure sans but fixe, le jeune homme posa bien des questions à la femme qui les avait accueilli, avide d'en apprendre toutes les facettes. La visite s'achevant, ils se retrouvèrent face au puits à la surface limpide, en apparence normale, tout le monde savait que les désespérés et les mourants venaient en boire une coupe avant de s'éteindre. Un puissant poison était mélangé à l'eau. Dimitri n'était pas souffrant et encore moins agonisant, pourtant, il s'en approcha et rempli le verre posé sur le rebord.

- Donc, c'est ainsi que tout cesse, c'est ça? Je me suis toujours demandé si j'avais une place dans l'Au-delà.

Avant même que ses compagnons puissent réagir, le Lord prit une petite gorgée, ce qui l'a probablement sauvé, le poison contenu dans l'eau étant bien plus rapide que celui de l'Etrangleur. Bien que son corps soit presque invulnérable aux poisons, ce presque fait toute la différence, et il l'a bien compris lorsque sa magie a réagit à l'attaque. Il s'effondra comme une masse dans les bras de Luka, déjà pris de convulsions dues à son combat intérieur. Le Dothraki ne savait pas quoi faire, ne connaissant clairement pas son compagnon de route, il faut dire que Dimitri ne lui a jamais parlé de sa magie. Quant à Luka, il avait entendu des rumeurs, mais pas assez pour savoir comment réagir à cela. Le Lord, fiévreux, sentait son corps s'engourdir, comme la dernière fois, mais il pressentait que cette fois-ci, ce n'était pas bon signe. Animée par sa peur grandissante, son ombre commençait déjà à se mouvoir, mais semblait contre toute attente inactive. Alors que son état se dégradait rapidement, il parvint à demander de l'eau non sans mal, frissonnant de froid. Les deux se levèrent d'un bond mais seul Luka quitta le sanctuaire pour lui ramener un broc d'eau du puits, le Dothraki étant retenu par la main par Dimitri qui y cherchait un point d'ancrage. En vérité, l'obscurité des lieux le mettait mal à l'aise, il ne voulait pas être seul. Serrant à lui en broyer les os, les deux se jaugeaient du regard, n'ayant aucunement besoin des mots, jusqu'à ce que Luka revienne, lui donnant ce qui lui sauvera probablement la vie. Le combat finit enfin par se terminer par une victoire écrasante qui força Dimitri à basculer sur le coté afin de ne pas vomir de la vile noire sur ses compagnons. Epuisé et silencieux, il parvint à se relever seul et quitta le sanctuaire, remerciant sincèrement le Sans-Visage pour tout, remarquant à peine les visages choqués de ses comparses.



Joueur

Nom : I'm Blue o/

Sexe : Hippopotame

Âge : Bientot 20 ans^^

Pays d'origine : Westeros o/

À quel point connais-tu GOT : J'en suis à la saison 6^^

De quelle façon as-tu connu le forum : On m'a forcé à venir! D:

Un peu plus sur toi : La signification du nom de Dimitri Ludwig Rouslan serait approximativement "l'homme du foyer qui brille dans les ténèbres", vous pouvez imaginer comment il va évoluer avec ça Smile (coucou le Dieu de l'Obscurité!)


Isaac Frey

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Lord des Twins
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Lun 7 Aoû - 9:36
J'accepte le lien entre Dimitri et Isaac.



Lun 4 Sep - 10:21


La suite!

C'est dans un bateau pour Lorath que le Lord raconta à ses compagnons de voyage son histoire, ou plutôt, une histoire qui était sensé être la sienne. Une vie paisible et sans histoire jusqu'à ce que ses pouvoirs se révèlent, inquiet, il est finalement parti pour Qohor, bien sûr, il omit de leur parler de la tentative d'assassinat sur sa personne et son enfance chez les Frey. Le Khalakka ne dit rien de tout le trajet, gardant ses pensées pour lui, quant à Luka, il n'hésita pas à lui en coller une, n'approuvant clairement pas que son client et seigneur ne donne pas d'informations aussi importantes. C'est donc en froid que les trois hommes finirent le voyage à Qohor. Ville prospère réputée pour ses forgerons habiles et sa Tour des Sorciers.

Un doute, une secte et la Tour des Sorciers


Il y était enfin arrivé, après quelques années à déambuler dans le continent de l'Est, rencontré des moeurs différentes aux siennes et cotoyé d'autres peuples, il était à présent proche de son but: intégrer la Tour. Mais plus il avançait vers cette immense bâtisse que l'on voyait depuis les extrémités de la ville, et plus il pensait. Pas aux connaissances qu'il pourrait gagner auprès des Prêtres, mais à sa famille, ses terres. Car oui, après tout, en devenant un prêtre rouge, pourra t-il revenir chez lui? Et quand? Isaac commençait à lui manquer, ou du moins, sa présence, et bien qu'il ne s'intéressait pas à la guerre et aux conflits, il commençait à craindre qu'on profite de son absence pour raser Kingsgrave. Il avait déjà été sujet à un complot, il s'attendait bien entendu à d'autres... C'est finalement en arrivant sur la grande place que Dimitri douta sérieusement sur ce qu'il faisait.

Un bûcher, assez grand pour une voir deux personnes, le bois suffisamment "frais" pour qu'on en sente l'odeur de sève à plusieurs mètres à la ronde. Comme lui quelques instants avant, des gens s'étaient arrêtés pour voir ce qu'il se passait, intrigués, quelques uns même apeurés, mais ils montraient tous un air plus ou moins calme, comme si ils étaient habitués à cela. Trop petit pour voir par dessus les épaules des passants, le Lord finit par se surélever en grimpant sur un muret, encadré de près par Luka et le Dothraki, bien plus grands que lui. Une voix alors clama l'identité et le passé de celle qui semblait être une hérétique. Une voix de femme dont les cheveux bouclés et le teint mat aux traits typiques Essosi qui se voulait convaincante, et c'était sûrement le cas. Quant à l'hérétique, ses larmes n'atteignirent pas le coeur de Dimitri mais voir une Foi probablement pas mauvaise au fond se nourrir d'innocents injustement brulés vif pour une cause sans doute obscure le dégoutait. Après, il ne connaissait pas le culte du Dieu de Lumière, et il était près à en savoir plus sur lui, comme il l'avait fait avec le Dieu Multi-face. Alors que les flammes commençaient à lécher la peau pale de la jeune femme, le Lord prit alors conscience que les mots de la Prêtresse l'énervaient. Non, c'était ses paroles en fait et cette odeur... cette odeur atroce de chair brûlée à la fois étouffante et qui ouvrait l'appétit, et que dire des cris... son sang bouillait malgré lui, jusqu'à ce que l'inévitable se produise: il tomba en transe. Et son Ombre fondit sur la prêtresse rouge, violent, animé par les pulsions sadiques et bestiales si profondément ancrées dans l'esprit complexe du jeune homme, enserrant de ses mains la gorge de l'ombre de la sorcière. Sous la violence du choc, l'Ombre n'étant pas particulièrement délicate quand elle s'y met vraiment, la femme tomba à terre, se débattant inutilement contre un étau qu'elle sentait contre sa peau sans pour autant pouvoir la toucher de ses mains, son agonie fut de courte durée heureusement, l'Ombre, extasiée, lui ayant brisé la nuque sous le coup du plaisir d'ôter la vie de ceux qui nuisaient à son "hôte". Spectateurs de la scène, Luka et l'essosi comprirent bien vite qui était le responsable, Dimitri n'étant pas dans son état naturel, c'est donc avec discrétion qu'ils le prirent chacun par un bras et le trainèrent ailleurs, loin du centre-ville, en espérant que personne ne les avait vu...

Le Lord émergea finalement au bout de quelques instants, bien conscient de ce qu'il s'était passé et tremblant à l'idée plus que désagréable qu'il avait aimé ça. Comprenant qu'après ce qu'il avait fait, il avait intérêt à ne pas montrer le bout de son nez avant un moment, les trois compagnons trouvèrent un logis et le couvert dans une auberge près du quartier des forgerons. Dimitri, quant à lui, s'isola, une fois de plus, des autres, réfléchissant encore à sa situation. Une sorcière expérimentée n'avait pas réussi à l'empêcher de la tuer, certes, une ombre est difficile à vaincre, mais les Prêtres Rouges n'étaient-ils pas réputés pour leurs grands pouvoirs? Peut-être que c'était une nouvelle après tout, dans tout les cas, il ne voulait pas prendre de risques, il n'irait pas à la Tour. Annonçant à ses amis qu'il rentrait à Dorne, il prit néanmoins quelques jours pour visiter les lieux, découvrant avec grand intérêt le travail du fer. Conscient qu'un Lord sans une lame imposante faisait pâle figure face aux autres, même en étant pas un combattant, il n'hésita pas une seconde et s'offrit le luxe d'une lame en acier valyrien, dépensant ainsi, tout ce qui lui restait en argent. Il faudra bosser dur pour rentrer, mais il s'en fichait, il avait maintenant une épée légère, assez facile à manier, et qui saurait lui donner du sérieux quand il rencontrera d'autres Lords. Curieux comme à son habitude, Dimitri regarda faire le forgeron, pour finalement emporter son gain alors que le soleil était déjà couché, les laissant seul avec d'autres paysans dans les rues. On racontait bien des histoires sur les étrangetés de Qohor, mais le trio ne devait pas être au courant, aussi ne réagirent-ils pas assez vite quand un groupe de bandits leur sauta dessus, les assommant proprement après une brève lutte. Quand le mercenaire et le Dothraki se réveillèrent, Dimitri avait disparu...

Qohor n'est pas uniquement connu pour sa Tour des Sorciers, ni pour R'hllor, il existe un autre culte, plus... sanguinaire. Celui de la Chèvre Noire, réputée pour être un Dieu particulièrement friand des sacrifices humains... Et depuis un moment interdit, mais depuis quand l'interdit reste interdit? Bien des Qohorik continuent de le pratiquer, au grand dam des touristes et autres personnes faciles à faire disparaitre sans se faire soupçonner. On peut dire que Dimitri avait une sacrée malchance! Empoisonné par son frère de coeur, puis par une famille qui lui était presque inconnue, empalé par une flèche, empoisonné volontairement avec de l'eau dans un sanctuaire et maintenant, attaché à une table, nu et groggy, dans une cave. Ce n'était clairement pas une situation qu'il avait imaginé à Essos, et si la décoration n'était pas différente, il aurait presque cru qu'il rêvait d'Isaac et de ses manies à réveiller les autres dans des postures plus qu'embarrassantes! Mais non, il ne rêvait pas, et les inconnus autour de lui étaient bien réels, ainsi que leurs couteaux... Crier était bien entendu impossible au vu du baillon dans sa bouche qui l'empêchait presque de respirer, n'arrangeant pas les choses, il devait donc se débrouiller seul. Hélas, toutes ses tentatives furent des échecs, et quand l'heure du sacrifice vint, Dimitri ne put que se résoudre à une chose: utiliser sa magie aussi dangereuse que prenant de l'ampleur au gré de ses progrès. Il pouvait remercier Isaac et ses nombreux jeux qui lui avait permis de connaitre au mieux son propre coeur, sachant parfaitement comment bouger au dernier moment pour que la blessure ne soit pas mortelle quand la lame pénétrera sa chair, bien sûr, il fallait qu'il agisse au bon moment. Mais dû au coups qu'il avait reçu, sa perception n'était pas la même que d'habitude, aussi ne put-il s'empêcher de hurler dans son morceau de tissu sa douleur et sa crainte, alimentant la douce crainte de la Mort qui tarde à venir. Ce fut largement assez pour son Ombre pour s'animer, obéissant d'instinct à l'ordre muet du Lord, et ses pulsions meurtrières: Tue les. Plongé dans une profonde transe et exigeant bien plus à son Ombre que d'ordinaire, il sentit à peine les répercussions sur son corps déjà traumatisé et tremblant. Inconscient de ce qui se passait autour de lui, il n'entendit pas les prêtres rouges ni ses compagnons venir à son secours, bien trop occupé à s'étouffer de rire dans son baillon et à "voir" à travers son Ombre celui-ci faire une véritable boucherie de ses victimes, avant de finalement sombrer dans un profond sommeil.

Après un moment qui lui parait encore maintenant fort long alors que cela n'a duré que quelques jours, le Lord s'éveilla... dans une autre lieu qu'il ne reconnut pas. Pourtant, il avait séjourné durant un long mois à Qohor, mais quand bien même, il ne pouvait reconnaitre l'architecture de la Tour. Le torse bandé et encore douloureux, les pensées en vrac et la sensation plus que désagréable d'être faible et maladroit, Dimitri fut bien obligé d'écouter la version de ses compagnons restés à son chevet. L'attaque, son enlèvement, leur recherche et la rencontre des Prêtres Rouges qui avaient senti sa magie, et finalement l'étrange spectacle d'un homme attaché, riant à s'en étouffer pendant que des corps se faisaient lacérer, son torse et son visage ensanglanté. Tout cela, le Lord semblait l'avoir oublié, ou du moins, avait les idées trop embrouillés pour s'en rappeler. Quoi qu'il en soit, sa situation avait obligé les Prêtres à le prendre sous leur responsabilité, lui offrant, bien entendu, la possibilité de les rejoindre afin de mieux utiliser ses pouvoirs. Une proposition que le Lord ne tardera pas à saisir...


Khanrell T. Bolton

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Lady de Dreadfort / Dragonnière / Princesse des Sept Royaumes
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Lun 25 Sep - 20:08
Bonjour XD Enfin lu, désolée du retard j'ai oublié été occupée...

Dimitri a écrit:
qui irait dire qu'une attaque de faucon sur une personne est l'oeuvre du Lord?
Errr avec quel pouvoir?

Dimitri a écrit:
Des hommes et des femmes s'étaient vus attaquer par des rapaces et leurs yeux arrachés.

Encore une fois dans ce passage on a l'impression que Dimitri a le pouvoir de contrôler les faucons, mais tu ne peux pas être zoman en même temps que sorcier.

Qu'il en ait domestiqué un est une chose, cela se faisait pour la chasse (donc attaquer un autre animal) à l'époque médiéval, mais ordonner de tuer (un humain), contrôler plusieurs, cela ne sera pas possible.

Autre chose, la Tour des sorciers n'existe que depuis l'an 250 (soit l'année où on a commencé le forum, ou «il y a un an» si tu considère ne rentrer en jeu qu'en 251). Toutefois, dans ton histoire, tu en parles beaucoup plus tôt. Lorsque Dimitri quitte pour Essos, quel âge a-t-il ? Cela ne peut pas faire plus d'un an, et il se passe tant de Tu parle que son voyage en Essos a duré plusieurs années avant qu'il arrive à la Tour, mais il n'a pu en entendre parler que quelques temps avant de s'y rendre Wink Donc, il a connu son existence pendant qu'il était déjà à Essos (voire, peut-être pendant qu'il était à Braavos, puisque l'armée de Braavos a essayé d'empêcher les sorciers de prendre Qohor, sans succès)

Il peut très bien avoir choisis d'aller à Essos quand même, ce n'est pas un problème, pour apprendre à maîtriser la magie, car même avant la Tour, il y avait déjà beaucoup plus de sorciers en Essos qu'à Westeros, de toute façon, alors c'est possible. Il faudrait juste changer ces deux passages Smile D'ailleurs, cela justifierait pourquoi il a fait le tour d'Essos, en quête d'un sorcier pour lui apprendre.

C'est tout Wink



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