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Rien ne vaut une partie d'échecs pour tuer l'ennui! (libre)
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Allan Waters

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Premier patrouilleur / Bâtard Targaryen / Dragon Dreams
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Dim 6 Aoû - 22:25
L'ambiance dans la pièce était agréable, les flammes de l'âtre faisaient doucement craquer les buches et la chaleur qui s'en dégageait rendait la salle tiède. Les ombres qu'elles formaient semblaient prendre vie sur les murs, donnant un air sinistre à cet endroit pourtant chaleureux. Oui, c'était un endroit tranquille, un pur contraste avec l'extérieur où vent et neige s'amusaient à rendre notre visibilité déjà médiocre en haut du Mur pitoyable. Ah, que j'étais content d'être à l'intérieur! ... Ah, ah non, en fait non, pas du tout même...

Je m'ennuyais!

Impossible de dormir pour moi malgré que la nuit soit bien entamée, ce qui n'était pas rare chez moi. Je n'ai jamais beaucoup dormi, de ce fait, je me portais toujours volontaire pour arpenter le Mur, mais pour une raison que j'ignore, ce soir, on m'avait refusé ce droit, prétextant que je devais me reposer. Me reposer, quelle drole d'idée alors que mes méninges surchauffent à force de trop penser, comment dormir dans une pareille situation? Un véritable supplice. J'avais pourtant tout essayé avant de me retrouver cloîtré dans ma chambre. Me promener dehors mais vu que les chiens ont été rentré dans leurs niches, je n'avais pas grand chose à faire à part patauger dans la boue. On dit que les Dieux peuvent exaucer vos souhaits, bien que n'étant pas superstitieux, j'ai tout de même essayé. Mais il faut croire que le fait que je ne porte aucune divinité dans mon coeur me condamne à un vent suprême de leur part car je n'étais que plus excité après ce long moment à genoux devant le barral du fort, un arbre étrange qui me fait froid dans le dos -en même temps, un arbre avec un visage humain... qui ne serait pas mal à l'aise? J'ai donc tué le temps dans ma chambre, assis près de l'âtre et mes armes posées à plat sur la table, la hallebarde sur mes genoux, polie avec attention avec de la cire d'abeilles afin de la protéger du froid, ou plutot devrais-je dire les armes de Gulthar dont j'avais hérité après sa mort en tant que son successeur sur le Mur. Hélas, entretenir mes armes est ce que je fais tout les jours, l'activité ne fut donc pas aussi longue que je l'aurais souhaité. Dieu, que j'aimerais qu'on vienne me déranger! La! TOUT DE SUITE! Par la barbe d'un Marcheur Blanc, dire que des gens osent dire que la pire torture est la Marche d'Expiation mais ce n'est rien comparé à ce que je vis actuellement! Il y en a qui souffre en marchant? Moi j'endure mille et une souffrance en ne fichant rien!?

Heureusement, il existe un passe-temps, une activité, un plaisir intellectuel, autre que lire les lettres de mon frères, qui me permet de ne pas foutre en l'air une millième fois mon mobilier et le peu d'affaires que j'ai. J'ai déjà failli foutre le feu une fois avant de connaitre cette solution ultime à mon problème vital, dire que c'est la Muraille qui me l'a fait découvrir! Ah, il me faudrait plus d'une vie pour le remercier pleinement pour son acte, sans le savoir -ou peut-être que si en fait-, il m'a évité bien des embrouilles. Maintenant, il y a nettement moins de bagarres après les repas! Les échecs! Un jeu intellectuel essentiellement pratiqué par les nobles et personnes de sciences, typiquement pas la personne que je suis donc, mais cela ne m'empêche pas d'apprécier ce jeu de stratégie. Que dis-je? Je l'adore! Une activité qui exige caractère et force mentale, autant le dire, j'en ai à revendre, de l'énergie mentale! C'est simple, une fois lancé dedans, je ne peux m'arrêter sauf quand le sommeil exige que je me mette au lit, que j'ai un adversaire ou non.

A l'image de mes neurones en action, mes gestes sont fluides et rapides, ne prenant les pièces qu'entre deux doigts, jouant avec pour seul adversaire... moi. Ou plutot mon ombre, comme s'amusait à dire mon ami, un moi mais différent, et qui, donc, avait une stratégie différente. Je dois bien avouer que j'avais beaucoup de mal à saisir le principe, jusqu'à ce que je le voie jouer contre lui-même. Une partie impressionnante car son autre lui était bien plus brusque que lui. J'avais finalement tilté et depuis, je jouais contre le Boucher, ce jeune homme que j'étais dans la Capitale, attaquant uniquement les pièces isolées afin de pousser le Roi à sortir de ses retranchements. Et bien, croyez-le ou non, je n'ai jamais réussi à le battre, ni lui n'a réussi à me mettre en échec et mat! Et c'était encore le cas ce soir, ce qui était hallucinant! Mais un jour, je l'aurais, j'en suis certain! Dépité, je remettais les pièces en place quand des coups sourds retentirent contre le battant de ma porte, me faisant sursauter. Je ne rêvais pas! Quelqu'un venait de frapper à ma porte? Fortement surpris, je pivotais à moitié sur mon siège, mon attention entièrement focalisée sur l'entrée.

-Entrez!



Tu aimes les glaces? Tiens!

Phoebe Hill

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Recrue / Bâtard Lannister
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Ven 11 Aoû - 15:50
Ah, parce qu’en plus, les recrues aussi devaient faire le piquet sur le mur de glace, sans abri pour les vents puissant du North, avec un minuscule feu pour les réchauffer et les éclairer? Et lui qui espérait que ses premiers mois au Mur ne seraient pas trop pénibles, que le dur labeur était réservé aux Frères jurés! Phoebe grelottait en soupirant, soupirait en grelottant, tout n’était que froid et ennui à regarder l’immensité du monde entier qui se cachait derrière la barrière de glace… à attendre qu’il se passe quelque chose, s’il se passait quelque chose, à presque espérer une attaque de sauvages pour pouvoir se bouger un peu! Mais il ne se passa rien, évidemment, et Hill passa la moitié de la nuit dans l’attente, en essayant de ne penser à rien car accepter de se laisser aller à ses songes finiraient immanquablement par lui donner des idées… le faire aboutir en penser dans les bras de Sullivan… et ça, ce n’était pas le moment!

Son calvaire cessa lorsqu’on vint le relever pour qu’il puisse dormir, mais bien que ses membres gourds de froid ne désirent que se réchauffer sous la couette, Hill se demandait bien comment il arriverait à dormir. L’air glacial avait de cela comme défaut de réveiller pleinement les veilleurs (enfin, c’était aussi plus prudent comme ça, sinon ils se seraient endormis en poste!) si bien que Phoebe ne ressentait pas du tout la fatigue. Songeant qu’il tomberait peut-être endormi s’il se couchait en pensant à son amant, le bâtard de l’ouest quitta le mur sans un regard pour son compatriote qui venait le remplacer, lequel l’avait superbement ignoré aussi en arrivant. Son statut à Castle Black ne faisait toujours pas l’unanimité, maintenant que les gens savaient quel genre de personne il était, bon nombre tentait par tout les moyens de l’éviter. Mais comme s’il se souvenait brusquement de quelque chose d’important, son collègue le héla sèchement pour lui dire qu’il était censé faire son rapport au Premier Patrouilleur avant d’aller se coucher et confirmer qu’il avait été remplacé dans sa garde et par qui. Le mouton noir fronça les sourcils, mais ne répondit rien, se contentant d’entrer dans le monte-charge qui l’emmènerait en bas, se demandant sérieusement comment son supérieur pouvait bien vouloir être dérangé en pleine nuit… devait-il prendre son collègue au mot ou alors c’était au matin qu’Allan voulait son rapport? Peut-être que le connard l’envoyait voir Waters en espérant qu’il le réveille et soit dans la merde, juste pour qu’il se tape une corvée!

Dans le doute, Phoebe fit quand même un détour pour se rendre à sa chambre, faisant exprès de passer devant celle du Premier Patrouilleur. Au bas de la porte de celui-ci, une lueur chaude signalait qu’un feu de foyer y brûlait avec l’enthousiasme de celui qui a récemment été entretenu, et non qui commençait à se mourir seul dans le froid. Donc il était vraiment réveillé? Incertain, Hill plaqua silencieusement son oreille sur la porte, puis retint sa respiration pour essayer de percevoir des bruits. Des petits «tocs tocs» irréguliers lui parvenaient d’au travers l’épaisseur du mur, comme des petits morceaux de bois qu’on cogne ensemble. Discrets, mais notant clairement une activité à l’intérieur. Quand même dans le doute, le westerman ne frappa que doucement à la porte de Waters, mais celui-ci lui répondit aussitôt d’entrer, ce qu’il fit, non sans surprise.

-Phoebe Hill au rapport, m… Milord? Monsieur? Allan? Waters? Comment était-il censé l’appeler? Dans le doute, le westerman se contenta d’enchaîner en sautant l’appellation. Rien a signalé au mur pour cette première partie de la nuit, c’était le calme plat, j’ai été relevé par…

Oh zut, il avait oublié le nom de son collègue… Évidemment, il n’avait pas l’habitude de se souvenir des gens qui ne lui adressait pas la parole, et de toute façon, après seulement trois jours au mur, il n’avait pas eu la chance de connaître grand monde…

-Heuuu un espèce de blondinet haut comme ça, gros comme ça et avec le nez de travers, expliqua-t-il à grands renforts de gestes des mains et des bras. Et à l’air franchement apathique… Bref, il vous remettra son rapport à l’aube, je présume? Je peux aller me coucher?

Pour la première fois depuis qu’il était entré dans la chambre du Premier Patrouilleur, Phoebe porta attention à la position un peu étrange de celui-ci… devant un plateau d’échec, en pleine partie visiblement, alors qu’il était seul? À moins que quelqu’un se cachait dans la chambre et ne voulait pas être vu par la recrue? Malgré lui et bien qu’il savait se trouver face à un supérieur, Hill ne put retenir un sourire amusé et le commentaire qui allait avec… Bah, c’était plus fort que lui!

-Je croyais que les échecs se jouaient à deux? Ou alors c’est que je n’ai rien compris à ce jeu… pourtant je n’étais pas mauvais…

Enfin, du temps où il en jouait! Il adorait voir la tronche que lui tirait Aaron lorsqu’il perdait (à peu près aussi souvent qu’il gagnait, et alors ça devenait beaucoup moins amusant pour Phoebe, les deux étant plutôt doués à l’époque). Hill avait donc rapidement cessé de jouer avec son frère, alors qu’ils n’étaient que des gamins, et n’avait jamais réessayé, d’abord parce que ça lui rappelait son demi-frère, mais surtout parce que c’était un jeu de noble et qu’il détestait être associé à la noblesse, en bon bâtard qui s’efforçait d’être une plaie!


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