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Yin et Yang dans le ciel d'azur
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Khanrell T. Bolton

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Lady de Dreadfort / Dragonnière / Princesse des Sept Royaumes
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Lun 25 Sep - 15:09
Oui, elle croyait sincèrement les hommes tous pareils, l’avait toujours cru du moins, toute sa vie. Une fois, elle avait osé espérer qu’Aegon ne serait pas comme leur père, et elle avait vite été désillusionnée. Alors même lorsqu’il semblait y avoir de l’espoir, comme avec Ashton ou Rogar (surtout ce dernier), Khanrell s’imposait un barrage psychologique. Elle ne pouvait pas se permettre de baisser sa garde, même si son cœur avait envie de croire aux paroles qu’elle entendait, sa tête ne pouvait tout simplement pas le croire. Quant au fait qu’elle ne méritait pas les sévices endurés par son frère, cela aussi, la princesse en doutait, mais ça ne servait à rien d’expliquer, il ne comprendrait pas… Quelle honte, quel échec elle représentait pour leur nom.

Ça l’amusait de la mettre aussi mal à l’aise apparemment, puisqu’il se moqua de son trouble lorsqu’elle lui demanda de se rhabiller. Khanrell se rembrunit aussitôt et s’empressa de marcher vers la ville, pour ne pas le regarder. Aussitôt, elle entendit Ashton se presser derrière elle pour la rattraper, la hélant pour qu’il l’attende (ce qu’elle ne fit pas, pour diverses raisons plus ou moins valides), puis se moquant ouvertement de son attitude soudain expéditrice en lui demandant s’il s’agissait d’un ordre. L’ombre d’un sourire failli naître sur les lèvres de la princesse, même si elle aurait dû être froissée qu’il se marre de son ordre, mais elle l’étouffa bien vite lorsqu’il insinua qu’au fond, elle l’aimait bien. Les muscles de ses épaules se crispèrent, ses mains se tendirent tant qu’elle dû les enfoncer dans ses poches pour les cacher à sa vue. Même de la façon anodine dont il avait été prononcé, la jeune Targaryen n’avait pu s’empêcher de tiquer au mot honni. Ce verbe, pourtant tendre, lui était insupportable. Le dothraki du mal interpréter son expression tendue, complètement contradictoire avec sa propre hilarité, puisqu’il chercha à la rassurer en lui rappelant qu’elle pouvait facilement lui casser la gueule finalement.

Khanrell soupira en roulant des yeux au ciel, s’abstenant de le regarder, parce qu’elle n’avait pas envie d’expliquer son effroi soudain ni d’argumenter qu’elle n’aurait jamais été capable de le défaire s’il n’avait pas déjà été blessé avant. Heureusement qu’Ashton changea bientôt de sujet, lui tendant sa cape pour qu’elle puisse cacher sa chevelure traître, en plus de ses habits beaucoup trop riches pour une simple soldat. Bien sûr, elle aurait pu seulement salir le tout avec de la terre rouge, surtout qu’il faisait un peu chaud pour porter une cape, mais c’aurait été difficile à expliquer en rentrant au château et beaucoup plus long à préparer. L’odeur mâle qui s’en dégageait eut tôt fait de déclencher un autre frisson d’horreur à la princesse, qui dû mettre tous ses efforts à chasser les images grossières qui s’imposaient à son esprit malgré elle.

-De la gentiquoi? marmonna-t-elle sans réfléchir, songeant aussitôt qu’elle aurait mieux fait de continuer à se taire, mais ne trouvant rien de mieux à ajouter aux espoirs d’Ashton que quelqu’un de mieux l’attendait après Aegon. Parce que ce serait trop douloureux de continuer d’y croire et d’être déçue, il valait mieux qu’elle s’enlève tout de suite cette idée de la tête !

Concentrée sur la route et sur la recherche d’un médecin (il devait bien y en avoir un «d’achetable» dans cette ville?) pour oublier les divers éléments qui troublaient de plus en plus Khanrell, la princesse remarqua à peine la chaleur qui commençait à l’étouffer, sous ce vêtement de trop. C’est finalement Ashton qui suggéra quelqu’un en premier, il connaissait apparemment une femme qu’on qualifiait de sorcière, un choix de terme qui fit tiquer la jeune fille… elle ne considérait pas la chose comme nécessairement péjorative (après tout, Sheena…), pourtant au ton du dothraki, cela semblait l’être. C’était tout de même évident qu’il n’avait pas réellement peur, qu’il voulait juste lancer une boutade en prétendant que ce serait elle qui pourrait le protéger, alors que la réalité était que c’était son devoir à lui, mais il se fit interrompre avant d’avoir terminé sa boutade, hélé au loin par …

Err, qu’on soit ou pas une innocente et prude princesse, on ne peut pas douter vraiment de quel genre de femme il s’agissait. Ayant particulièrement en horreur l’acte sexuel en tant que tel (outre avec Shee…) Khanrell éprouvait un dédain profond pour les travailleuses du sexe, mais surtout un malaise profond. Comment pouvait-on vraiment vouloir choisir… eh non, elle préférait ne pas y penser! La demoiselle baissa davantage la tête pour accentuer l’ombre sur son visage, davantage pour en masquer la forte rougeur (et ce n’était pas seulement la chaleur…) que pour être certaine de ne pas être identifiée en pareil endroit. La femme blonde s’était agrippée à Ashton, ne se doutant pas qu’elle risquait d’aggraver sa blessure, et l’adolescente se fit violence pour ne pas le lui signaler. Idéalement, elle préférait ne pas attirer l’attention de celle-ci.

Pourquoi devait-elle se retrouver dans une telle situation?! L’espace d’un instant, Khanrell pensa abandonner Ashton aux bons soins de son «amie» et déguerpir pour rentrer au château, mais elle doutait qu’il irait se faire soigner puisqu’il semblait trop têtu pour cela! Alors même si elle aurait préféré être à des lieux de cette scène particulièrement gênante, la princesse ne broncha pas, feignant de ne pas écouter, ou plutôt essayant de ne pas le faire, car la mesure des propos de la courtisane la dérangeait profondément. Ce malaise épouvantable ne se dissipa aucunement lorsque le dothraki fit mine de détourner la question indiscrète de la femme en la désignant comme étant sa sœur. À cet instant, et même si ça la troublait de regarder dans leur direction, la jeune Targaryen fut incapable de ne pas croiser les yeux disparates du dragonnier, haussant un sourcil somme toute étonné. Oui, peut-être bien qu’il était son frère, après tout, ça ne l’avait presque pas choquée d’entendre ce mot venant de sa bouche. Enfin, ce qui la choquait, c’était la position équivoque de l’autre, qui fit à nouveau détourner le regard de l’adolescente.

Heureusement, Ashton mit vite fin à cette situation particulièrement embarrassante, avant que Khanrell n’ait si chaud, malaise et cape combinés, qu’elle ne s’évanouisse stupidement. Bien qu’elle douta que le dothraki voulait retourner voir Catherine sous prétexte qu’elle faisait «les meilleurs déjeuners en ville», la princesse attendit patiemment qu’il la rejoigne, manquant tout du clin d’œil, qui lui aurait certainement donné la nausée, et de l’au revoir beaucoup trop chaleureux.

-Chtt’, non, j’je ne veux r’rien entendre, je vous en p’prie, l’interrompit-elle prestement en faisant un geste sec de la main pour démontrer son dégoût.

La chaleur lui semblait d’autant plus inconfortable qu’elle provenait maintenant d’elle-même. Khanrell s’empressa de poursuivre leur route pour passer le plus vite possible à autre chose, ne voulant pas s’attarder plus qu’il ne le fallait sur cette scène grotesque qui avait failli la faire mourir de honte. Plus que la gêne d’avoir été forcée d’y assister, c’était davantage son horreur de toute insinuation… érotique… qui lui faisait perdre ses moyens. Bientôt, le duo entra dans la minuscule boutique d’herbes et potions que cherchait Ashton et la princesse prit d’autant plus soin à placer correctement sa capuche sur ses cheveux pour qu’on n’en voie pas leur éclat. Bien qu’on puisse toujours la reconnaître avec ses iris particuliers, en gardant les yeux bas elle pouvait encore y réchapper, mais sa tignasse elle attirait beaucoup trop l’attention.

L’atmosphère était étouffante, chargée d’objets divers, il y faisait encore plus chaud que dehors, au grand dam de Khanrell qui se sentait déjà étourdie, autant pas la température que par les poignantes odeurs qui les entouraient. Rapidement, une dame (qui n’avait pas tant l’air d’une vilaine sorcière finalement) vint lui demander ce dont elle avait besoin, et l’adolescente mit un temps à répondre, cherchant des yeux Ashton qui semblait vouloir être partout sauf à cet endroit. Non mais! Avait-il vraiment la trouille de cette bonne femme?

-Eh, ce n’est p’pas pour moi, c’est pour lui… lâcha-t-elle en le pointant du doigt, évitant le regard scrutateur de la dame, et prenant ainsi de plein fouet celui accusateur d’Ashton.

Non mais ils étaient là pour cela, non? Khanrell se mit rapidement à regarder ailleurs, puisqu’elle n’avait pas envie de revoir Ashton torse nu (non mais ça suffisait!) et avait commencé à tripoter les objets qui lui tombaient sous la main pour se changer les idées de la chaleur étouffante. La princesse était en train de lire l’étiquette d’une fiole, mais pas assez rapidement, lorsque la «sorcière» lui indiqua de ne pas toucher à celle-ci, à moins qu’elle souhaitât que son «partenaire» la mette enceinte à la prochaine lune. Le visage de l’adolescente, qui leur tournait heureusement toujours le dos, s’empourpra encore violemment alors qu’elle reposait rapidement la potion de fertilité sur sa table et rangea ses mains sagement dans ses poches. La dernière chose qu’elle voulait, c’était que le dernier viol d’Aegon porte fruit. Cette idée lui provoqua un puissant frisson malgré la chaleur, et des sueurs froides se mirent à couleur le long de son dos.

Le dragonnier prétendit s’être blessé en combat, mais cela sonnait un peu comme un mensonge aux oreilles de Khanrell, bien qu’elle ignore toujours avec certitude comment il s’était fait cela. Heureusement, la femme semblait du même avis que la princesse, qu’Ashton avait besoin d’aide et que son entêtement à ne pas vouloir se faire soigner avait aggravé sa blessure. Malgré elle, l’adolescente ne put s’empêcher un sourire victorieux, s’installa de côté par rapport au dothraki de sorte qu’il pouvait l’apercevoir sans pour autant qu’elle soit forcée de le regarder. Seulement, celui-ci décida qu’il en avait assez entendu et se préparait à quitter les lieux, en demandant seulement une autre pommade contre la douleur, avant de se faire interrompre à la fois par le regard sévère de la princesse et la «sorcière»qui se moqua de son entêtement en s’adressant à la jeune fille pour lui demander s’il était souvent comme ça.

-Toujours… marmonna-t-elle en roulant des yeux vers le plafond à nouveau, s’attirant une seconde fois un regard outré qui la qualifiait de traîtresse. Mais, heu, qu’est-ce que vous voulez dire, p’par vous aurez besoin de mes mains? demanda-t-elle soudain un peu plus blême, sauf que la femme ne l’entendit pas, disparaissant dans l’arrière-boutique. Oh, ne me regardez p’pas comme ça, vous n’allez p’pas y réchapper. C’était à vous d’d’en prendre soin avant, vous avez ent’tendu ce qu’elle vient de dire? D’ailleurs, d’depuis combien de temps t’traînez-vous cette blessure?

La guérisseuse revint bientôt avec une trousse énorme en cuir que Khanrell ne souhaitait absolument pas voir le contenu, mais c’était sans compter que la dame avait décidé de la prendre comme assistante. La princesse se figea lorsque la femme lui indiqua qu’elle avait besoin d’elle qu’elle l’aide à tenir… lire ici immobiliser… Ashton pour éviter qu’il ne fasse un mouvement trop sec sous la douleur qui allait nécessairement subvenir. L’adolescente blêmit et dévisagea la «sorcière» en oubliant momentanément qu’elle devait cacher ses prunelles royales, l’air de se demander si elle était vraiment en train de recevoir des ordres de cette étrangère. En tous les cas, si la femme remarqua les iris particulières de la jeune Targaryen, elle n’en fit pas mention en poursuivant ses instructions, bref ce dont il était attendu d’elle pour la suite de la… chirurgie?

-Vous… vous n’êtes p’pas sérieuse, j’imagine? Je ne peux pas faire ça, je ne vais q’quand même pas mettre mes mains… bredouilla-t-elle en pâlissant de plus en plus, rien qu’en pensant toucher la poitrine nue du soldat.

-Allons, vous ne me faites pas de ces manières, j’en ai vu d’autres, et si vous souhaitez vraiment aidez votre amo…

-Non! lança-t-elle sèchement en s’empourprant, cette fois-ci. Ah NON! Là, vous n’n’avez pas c’compris, ce n’est p’pas mon… Enfin c’est… Mon frère.

L’espace d’un instant, incrédule, la femme les dévisagea tous les deux, tour à tour, l’air de se demander d’autant plus quel était le problème à ce qu’une sœur touche à son frère, avant de finalement déclarer, en haussant les épaules après son examen visuel :

-Non, vous êtes beaucoup trop mignonne pour être sa sœur, voulez-vous bien cesser de vous moquer, j’ai mieux à faire, comme sauver l’épaule de votre partenaire, par exemple.

Bouche bée, Khanrell resta un long moment à la dévisager, ne sachant si elle devait mourir de honte en songeant que cette sorcière la considérait vraiment comme… la conquête d’Ashton, ou alors éclater de rire à propos de la remarque. L’air interdit et confus du dothraki fini de faire pencher la balance, et la princesse peina à répondre à nouveau sans qu’on l’entende glousser.

-D’demi-frère.

Les chances étaient que cela ressemblait beaucoup plus à la vérité… Essuyant la sueur sur son front, causée d’autant par la semi-nudité d’Ashton, sa cape et l’atmosphère étouffante, Khanrell regarda nerveusement les «outils» qui dépassaient du sac de cuir et que la guérisseuse avait l’intention d’utiliser sur le jeune homme avec son aide. Non, si elle continuait comme ça, elle allait s’évanouir. Il lui fallait de l’air. La princesse respirait difficilement alors que la femme avait recommencé ses explications à son intention, lui indiquant ce qu’elle attendait d’elle pour l’aider à nettoyer l’infection qui s’était installée dans l’épaule dothraki et espérer qu’il guérisse assez vite pour qu’il ne manque pas le voyage dans le North. Seulement, à mesure qu’elle écoutait les propos (fort peu délicats…) de la «sorcière», l’adolescente sentait ses jambes faiblir sous elle, et elle eut juste le temps de se rattraper à une table pour ne pas s’écrouler au sol avant que la femme ne vienne à son aide, lui assurant qu’il était stupide de porter une cape par une telle chaleur et entreprenant de la lui retirer. La protestation de la Targaryen ne se fit entendre que trop faiblement, alors qu’elle essayait vainement de repousser l’étrangère loin d’elle, elle sentit sa capuche lui tomber dans le dos, juste avant d’être totalement libérée de sa cape. Un long silence inconfortable s’installa, avant que la femme, bredouillante et confuse, ne s’incline pour s’excuser de son comportement envers une prin…

-Non! protesta encore Khanrell. Ne le dites pas. Ne dites pas ce mot. Je ne suis personne, il n’est personne non plus, et vous n’avez même pas eu de clients aujourd’hui qui vous ont demandé de l’aide, ordonna la princesse avec beaucoup plus d’aplomb qu’elle n’en possédait vraiment, bien que sa voix fut fort faible. Faites juste le remettre en état pour qu’il ne soit pas démis de ses fonctions, quoi qu’il en coûte. Et par cela, elle voulait bel et bien parler du prix, puisqu’elle sortit de ses poches trois dragons d’or… une fortune pour une misérable sorcière comme elle. Un pour les soins, un pour le silence, et un parce que je vous trouve sympathique, mais faites vite, je vous en prie.

La guérisseuse semblait avoir compris, ou alors, attirée par l’appât du gain, s’efforça de ne plus faire de courbettes idiotes, assurant tout de même qu’elle ne pourrait faire seule l’intervention, et que son assistant était absent. Tant mieux, ainsi, Khanrell n’aurait pas besoin de remettre sa cape. La princesse insista tout de même pour qu’ils aient se cacher dans l’arrière-boutique, au cas où d’autres clients entreraient, et s’y sentit beaucoup mieux rapidement… l’air était moins chargé d’odeurs écœurantes et l’espace plus dégagé. Bien sûr, Ashton essaya de protester, pas du tout enthousiaste en vue des descriptions de l’intervention proposée par la sorcière, mais la Targaryen lui coupa net ses hésitations.

-Si vous ne le faites pas, j’irai moi-même voir le médecin de l’académie pour m’assurer qu’il soit au courant de votre blessure. Ce n’est pas ce que l’on veut, ni l’un, ni l’autre, n’est-ce pas? lança-t-elle sérieusement, sans bégayer même si elle le regardait dans les yeux. D’ailleurs, vous allez lui donner quelque chose pour la douleur non? Il ne peut quand même pas subir ça… à froid?

Malheureusement, le seul produit assez fort que la sorcière possédait pour qu’il ne sente rien l’aurait mis complètement hors d’état pour plusieurs heures et aurait dû rester à la boutique jusqu’au lendemain (une perspective qui n’enchantait clairement pas Ashton, visiblement il avait vraiment la trouille de cette femme, et qui ne plaisait pas non plus à la princesse, qui devrait alors rentrer au château d’elle-même). Finalement, au grand dam de Khanrell, le dothraki ne se fit offrir qu’un épais morceau de cuir dans lequel mordre pour soulager sa douleur, et bien qu’elle ne voulait pas retourner en arrière, la princesse lui jeta un regard résolument désolé, avant de tendre les mains vers son épaule, mais s’arrêtant net à quelques centimètres, incapable de se résoudre à le toucher. La Targaryen baissa les yeux en entendant le soupir irrité, mais surtout pressé, de la sorcière qui avait clairement envie d’en finir pour ne pas s’attirer de problèmes… clairement, elle était consciente que ces deux-là n’étaient pas censés être là!

-B’bon je ne peux pas reg’garder, vous pouvez p’pas juste mettre mes mains où v’vous en avez b’besoin? bredouilla-t-elle en regardant toujours le bout de ses bottes, les mains tendues dans le vide, avant de sentir les gros doigts de la guérisseuse sur ses poignets et enfin, frisson nerveux, la peau nue de la nuque et du bras d’Ashton, sous ses propres doigts, froids et moites.

Khanrell dû se faire rappeler au moins dix fois de serrer plus fort Ashton, car son rôle était censé être de l’immobiliser et la douleur réveillait nécessairement des sursauts impulsifs et incontrôlables. Le craquement sonore de l’épaule du dothraki, lorsque la sorcière la lui replaça une fois l’infection nettoyée, fit davantage gémir la princesse que la victime, puisqu’elle n’avait pu, cette fois, se boucher les oreilles. Lorsqu’en soupirant, la guérisseuse la libéra enfin de sa tâche, en lui demandant seulement de tenir la bobine de fil pendant qu’elle recousait la plaie et pensait son épaule sans l’immobiliser, la Targaryen se fit un plaisir de lâcher enfin le contact qui était en train de l’étouffer à petit feu. Puis, elle releva la tête pour vérifier l’état du dragonnier et constata qu’il avait les poings serrés de douleurs. Ouais, à froid, une aiguille qui transperçait sa chaire ne devait pas être une partie de plaisir, comme tout ce qui avait précédé. Sans y réfléchir ni comprendre pourquoi elle faisait cela, l’adolescente étreignit une de ses mains de la sienne, lui laissant lui serrer les doigts pour évacuer sa propre souffrance. Du bout des lèvres et sans un son, elle lui mimant «C’est bientôt fini», pour l’encourager, une pointe de pitié au travers son air désolé. En suivant les instructions de la sorcière, en changeant souvent son bandage pour prévenir une autre infection et en faisant attention, il allait peut-être pouvoir guérir sans nécessiter une autre intervention, et avec un peu de chance, personne n’allait s’en rendre compte, puisqu’il n’avait pas à immobiliser son bras, seulement à être prudent avec celui-ci.

-En serez-vous capable? voulut-elle se moquer pour détendre l’atmosphère. D’être prudent, je veux dire?



Ashton

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Dragonnier / Patrouilleur / Bâtard Targaryen
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Ven 29 Sep - 15:19


Ce n’étais pas qu’il était trouillard loin de là, en fait, il était plutôt du genre à avoir un instinct de survie un peu déficient, mais ce qui le dérangeait dans toute cette histoire, c’était qu’une pure étrangère un peu louche, lui tripote sa blessure sensible de la sorte. Il avait l’étrange sentiment que blessé, il était vulnérable et donc, il avait le réflexe de vouloir s’éloigné de tout ce qui pourrait de prêt ou de loin vouloir y toucher, même pour son bien. Il ne fallait pas oublier que le jeune Bâtard en avait vue de toutes les couleurs par le passé, les diverses cicatrices sur son épiderme en témoignant. Il avait appris qu’il ne devait en aucun cas démontrer ses souffrances, car on s’en servirait assurément contre lui. Il en avait eu des fièvres aussi, lorsqu’il fut gamin, mais il avait au moins la chance d’avoir eu les bon soins de sa défunte mère. Il avait à peine cinq ans de vie, que son corps était d’avantage strié de blessures que certains combattants. Il c’était donc jurer dans l’Académie, ne plus jamais accordé à qui que ce soit la chance de le blessé aussi facilement, sans répliquer, du moins puisque dorénavant il en avait la capacité. Il n’était plus esclave, il n’était plus enchaîné du moins… Physiquement.

Toujours? Il jeta un regard de nouveau outré vers Khanrell. Qu’en savait-elle, de toute façon? Ils n’avaient traîner ensemble que par deux reprises, mais le pire dans tout cela, c’était qu’elle avait raison. Il se renfrogna alors, laissant celle-ci dans sa panique et son dégoût en réalisant qu’elle devrait prêter mains fortes à la Sorcière. Il reteint un gloussement. Elle n’en serait jamais capable! C’était à peine si elle supportait de le voir torse nue, alors le toucher… Et le retenir? Sa lui apprendra, d’insister de la sorte. Ils étaient deux maintenant dans le bateau. Elle ce marrait moins, maintenant. C’était sincèrement la seule petite vengeance qu’il était en mesure d’offrir à la Princesse sans en ressentir le moindre remord. Celle-ci lui fit un peu la morale et il se contenta de grimacer, comme un gamin qu’on punissait et qui s’en fichait. Lorsqu’elle lui demanda alors depuis combien de temps il était dans cet état, il soupira.

-Cela n’a que peu d’importance Prin…

Il stoppa net sa phrase et songea qu’il était plus prudent d’éviter ce genre de formalité, pour l’heure. C’était bien calculé, puisque la dame revenait de l’arrière-boutique avec l’équipement en main, enfin, rien qu’une énorme trousse de cuir, qu’il connaissait pourtant si bien. Typique… Dans tous les cas, la jeune Princesse protesta un peu lorsque la femme rondelette lui indiqua qu’elle pouvait maintenant commencer à le tenir. Bon, si cela amusait quelque peu Ashton qui au moins ne serait pas le seul à ne prendre aucun plaisir à la situation qui allait venir, il sentait une pointe de culpabilité poussé en lui, c’est donc entre les deux arguments, qu’il choisit d’intervenir.

-Laissez. Je ne vais pas bouger.

Évidemment, ont ignora totalement son commentaire tandis que même lui jeta un regard incrédule vers la Sorcière qui avait osé croire qu’ils étaient amoureux. Quoi?! Ce n’étais pas parce-qu’un homme et une femme traînait ensemble qu’ils étaient forcément amoureux ou qu’ils avaient une histoire, merde. Il laissa le soin à Khanrell de répliquer –ce qu’elle s’empressa bien entendu de faire, la pauvre-, observant avec une attention particulière les instruments que la dame étalait sur une petite table. Elle avait réellement besoin de tout ça? Dans tous les cas, durant le petit débat entre les deux femmes, le jeune Dothraki sourcilla lorsqu’on précisa qu’ils ne pouvaient pas être frère et sœur sous prétexte, en gros, qu’il n’était pas à la hauteur de la beauté de la Princesse. Elle avait sur ce fait sans doute fort raison, c’était après-tout une Perle de Dragons, lui, il était plus... Quelque chose de bien moins digne, c’était évident.

La mention de Demi-frère le dérangea. Il savait que c’était une théorie qui fut déjà en place sur les lèvres de certains –tout comme celles de la Princesse…- et il n’aimait pas que leurs petit mensonges se rapproche un peu trop de ce sujet sensible, mais il n’en fit rien, préférant garder le silence avant de dire une connerie, chose qui lui brûlait atrocement les lèvres. La suite ce passa malheureusement trop rapidement pour qu’il ne puisse y faire quoi que ce soit. Khanrell se trouvant dos à lui, il ne pouvait deviner la gravité de son état, ni les bouffées de chaleur auquel elle devait sans aucun doute être victime. Ainsi donc, alors que la Sorcière expliquait en détail ce qu’elle lui ferait subir afin de tenté de l’aider du mieux, avec le peu de l’attitude que le duo lui laissait, il entrevis la Princesse flancher, et se reprendre de justesse contre une table avant que la femme ne vienne à son aide, lui assurant qu’il était stupide de porter une cape par une telle chaleur et entreprenant de la lui retirer. Ashton c’était déjà lever d’un bon afin d’attraper le bras –de son épaule douloureuse, ce qui le fit grimacer- de la Sorcière, tandis que la Princesse avait tenté elle aussi, de la repoussée faiblement, mais trop tard. Un silence de plomb s’installa quelques secondes, alors que le trio resta figé sous ce dévoilement visiblement impromptu pour la Sorcière. Merde, merde, merde! Il savait que toute cette histoire fut une mauvaise idée! Dès que la dame entama une révérence, Khanrell intervint, visiblement peu désireuse de ces formalités en cet instant précis, précisant aussi, qu’ils n’avaient jamais été présent, elle comme lui, encore moins les deux ensemble ici. Ashton, un peu pris au dépourvu malgré lui, avisa les traits de la Dame qui les dévisagea un instant tous deux, pour finalement accepté les Dragons d’Ors que la Targaryen lui offrait, non sans préciser qu’elle aurait tout de même besoin d’elle, son assistant étant absent. Khanrell insista donc pour qu’ils fassent cette intervention dans l’arrière-boutique, ce qui ne fut pas protesté en aucun cas. Ashton suivis le duo, tenant légèrement son épaule lancinante dû au mouvement brusque de son autre main, pour prendre de nouveau place, cette fois, sur une table que la Sorcière dégagea, présumant qu’il y serait mieux. Enfin, ce qu’il en décodait, c’était qu’au moins, s’il perdait conscience, elles ne seraient pas prise à tenter de le retenir sur la chaise… Il n’avait pas besoin d’une commotion par-dessus le marché. La seule chose qu’il n’appréciait pas de cette position, c’est qu’il n’était pas en mesure de voir l’embrasure de la porte ou de l’avant boutique. Et si quelqu’un entrait? Il protesta un peu, assurant qu’ils devraient peut-être, au moins, aller verrouiller la porte… Ou bien attendre la soirée, où le tout serait plus tranquille? Il pourrait en profiter pour aller se saouler dans la Taverne, pas trop loin avant…

Cela ne passa pas au conseil, du moins, Khanrell en était absolument en désaccord, le menaçant que s’il n’obtempérait pas sur le champ, qu’elle irait en parler au médecin de l’Académie. Non! Elle n’avait aucune idée tout ce que cela impliquait, tout le danger que cela évoquait, notamment pour elle… Et lui en parler pour l’heure était aussi hors de question, encore plus en présence de la dame. Elle ne pouvait pas comprendre… Elle devait absolument le croire. S’il pouvait recevoir encore les coups du duo à sang de Dragon, il craignait sincèrement pour sa sécurité à elle. Il s’en voudrait d’apprendre qu’elle en avait payé le prix, par sa faute à lui?...

-Ne faites absolument pas cela… N’en faites jamais mention. À qui que ce soit… Faite-moi confiance s’il-vous-plait…

Il posa presque un regard implorant dans les iris de la Princesse, qu’il avait eu rarement l’honneur de pouvoir observé si longtemps, tant celle-ci évitait son regard en général. Elle demanda aussi à la volée s’il aurait droit à quelque chose pour la douleur qui allait suivre. Il trouva cela gentil de sa part de s’en inquiéter et afficha un bref sourire en coin. Elle l’aimait bien, malgré tout! Mais il reprit son sérieux bien rapidement puisque malheureusement, le seul sédatif assez fort que la sorcière possédait pour l’engourdir l’aurait mis complètement hors d’état pour plusieurs heures ce qui aurait assurément forcé le jeune Dothraki à rester à la boutique jusqu’au lendemain ce qui était absolument hors de question! Khanrell devait rentrer en Red Keep et traîner, déjà, le moins possible. Il était donc hors de question qu’il la laisse s’y rendre seule, ou qu’il ne soit pas en mesure d’avoir le contrôle sur son corps s’il devait la ramener. Son rôle était de la protéger, pas de l’abandonné de la sorte et de se soucier de sa propre personne… Foutu blessure à l’épaule. Foutu Aegon, foutu Leith! Il poussa un soupir irrité et agrippa le morceau de cuir que lui tendit la Sorcière sans un mot, afin de le positionner dans sa bouche et hocha un bref coup la tête. Aussi bien en finir au plus vite.

Ainsi donc, si l’entailles afin de vider ses chairs du pus accumulé par l’infection ne lui presque rien et qu’il pouvait sentir le liquide verdâtre mêler à son sang s’écouler jusqu’en dessous de son bras, tout comme l’odeur peut agréable, la pression que ses mains exerçait afin de s’assuré qu’il ne restait rien était une autre histoire, tout comme le repositionnement correct de son épaule dans son articulation, qui lui fit un mal de chien. L’eau qu’il eut l’impression d’être glacer qu’elle envoya à l’intérieur de sa plaie qu’il aurait cru aurait soulagé le tout n’aida non plus en rien, mais le pire, sans doute, fut l’aiguille qui passait de part en part, lentement, afin de refermé en partie le tout, laissant exprès un espace ouvert afin de permettre au pus de s’y écoulé naturellement, s’il en restait encore et ainsi donc ne pas créer un énorme abcès comme il avait préalablement à travers les tissus musculaire, de surcroît. Refermer le tout de la sorte équivaudrait à le forcer à devoir revenir et tout recommencer. C’était suffisant pour lui.

Les poings serrés et la sueur perlant sur son front à force de souffrance silencieuses, le jeune Dothraki gardait les yeux fermé afin de se concentré au mieux pour faciliter la tâche de tout le monde et ne pas bouger. Il eut l’impression l’espace d’un instant de déliré. C’était sans doute la douleur mêler à la fièvre, mais il était persuadé avoir entendu la voix de sa mère au loin, ce qui lui fit sans doute plus mal que tous le reste. Il sentie soudainement des doigts graciles se glisser sur l’une de ses mains, afin de la resserrer. Un peu surpris, il perdit sa concentration et ouvrit les yeux pour avisé qu’il s’agissait de la Princesse. Celle-ci lui mima que c’était bientôt fini. Il se contenta d’afficher une expression ressemblant à un rictus dans l’optique de la rassurer elle-même probablement, qu’il n’allait pas flancher pour si peux… Instinctivement, il releva légèrement la tête afin d’aviser l’avancement de la situation puis la laissa retomber après quelque secondes d’observations, poussant un bref soupir non sans serrer une énième fois des dents contre le morceau de cuir, tandis qu’il avait l’impression que la Sorcière le recousait jusqu’aux oreilles.

Au bout d’environ une heure, elle s’exclama en disant que le tout était terminé. La jeune Targaryen avait assisté celle-ci afin de lui mettre son pansement et le jeune Dragonnier avait tenté d’observé le tout afin de pouvoir répété la même position, similairement. Il doutais d’avoir autant de facilité à le faire seul, ou rendre la tenue du bandage aussi efficace, mais il ne releva pas et se contenta de s’assoir sur la table et de prendre volontiers le verre d’eau que la dame lui tendait tout en lui donnant ses recommandations afin que sa guérison soit optimale, pour ensuite tourner les talons et aller disposé de ses instruments souillés hors de la vue du duo. La douleur qu’il y ressentait était presque insoutenable, tant elle avait jouer dans ses chairs et qu’en effet, l’état de sa blessure était plutôt lamentable, ce qui n’avait sans aucun doute en rien aider sa cause, mais bon. Il ne cherchait pas expressément à se négliger, seulement, il y avait des priorités et il n’avait pu mettre les siennes en avant. C’était aussi simple que cela. Bien entendu, Khanrell s’empressa de lui demander s’il serait capable de suivre les instructions et Ashton se contenta de grimacer. S’ils auraient été plus familiers, sans doute l’aurait-il taquiné, mais il se garda de tout commentaire à cet effet. De toute façon, il se sentait un peu fatigué par l’effort de tout simplement ne pas envoyer un coup de poing à la volé, sous la douleur.

-Tant qu’une Princesse ne me fiche pas un coup de poing directement sur mon épaule, je crois que ça devrait aller.

Fit-il afin de la taquiner, non sans gloussé tandis que la dame revenait avec un petit plateau entre les mains ainsi que trois tasses. Elle déclara alors que même s’ils étaient sans doute désireux de quitté au plus vite, qu’elle préférait qu’Ashton reste un tantinet, le temps d’un thé afin de s’assurer qu’il ne leur ferait pas le coup d’une chute de pression, lui demandant même directement à quand remontait son dernier repas tout en retournant vers l’arrière.

-Je... Euh… C’est bien gentil, mais…

Il jeta un coup d’œil oblique à la Princesse et se leva. Aussitôt ses pieds sur le sol, il sentie sa tête tourner légèrement, mais il se contenta de tituber légèrement vers une chaise qu’il tira et fit signe à la Princesse de s’assoir. Chose faite, il prit de nouveau place où il se trouvait préalablement, préférant être percher sur la table que de s’assoir sur une chaise où il devrait tâcher d’éviter tout contact entre sa blessure en colère et le dossier. La Sorcière revint avec du pain, du fromage, un peu de viande ainsi que des fruits sécher. Il était évident que celle-ci voulait peut-être aussi faire un peu honneur au sang Royal de la Princesse, mais bien que tous ses efforts étaient presque mignon –il y avait même une petite fleur parmi les choses, afin de rendre le plateau plus attrayant-, cela ne serait jamais à la hauteur de la cours… M’enfin, Ashton, lui, ne se fit pas prier pour agripper une miche de pain ainsi qu’un fromage qu’il plaça au-dessus. S’il croyait ne pas avoir faim quelques secondes plus tôt, la vue de la nourriture avait assurément réveillé son appétit, ce qui au moins sembla faire plaisir à la femme.

-Avec tout ça, nous ne vous avons même pas demandé votre nom et même si nous ne sommes pas ici, le miens c’est Ashton.

La dame afficha un sourire franc, qui dévoilait le manque de dentition flagrant dans sa bouche, mais bon, le jeune Dragonnier avait vue bien pire. Il lui sourit donc, ne prenant pas la peine de présenté la Princesse. De toute façon, ce n’étais pas son rôle. Il observa la femme versé le thé dans les trois tasse et en tendis une à Khanrell, puis Ashton, pour finalement prendre elle-même une gorgée de celui-ci.

«Je m’appelle Esmeralda et il me fait sincèrement plaisir de «ne pas» vous accueillir dans ma superbe boutique. Je dois vous avouez avoir vue toutes sortes de drôles d’oiseaux, mais avoir comme client un Dragonnier et une Princesse… Pardonnez-moi.»

Fit-elle un peu timide, jetant un coup d’œil à sa tasse. Ashton jeta un regard oblique vers Khanrell, se demandant si celle-ci pouvait bien comprendre que la pauvre vieille dame était seulement un peu impressionner d’accueillir une Princesse dans cet endroit.

-Enfin, vous n’avez eu personne.

La dame releva un regard un peu pétillant à l’intention du duo et hocha positivement la tête. Étrangement, le jeune Bâtard avait l’impression qu’elle n’en piperait mot. Cela ne serait dans tous les cas pas à son avantage, elle le savait bien. Fixant son épaule, elle ouvrit la bouche, mais l’on put entendre très discrètement la porte qui ouvrait et frôlait quelques babioles en un tintement sonores typique.

«Aller, manger vous.»

Souffla-t-elle à l’intention du duo, presque comme une mère poule avant de refermé la porte derrière elle afin que les clients ne les remarquent pas s’ils jouaient les curieux, ce qui cette fois arracha un sourire en coin au jeune Dragonnier qui observa la dame s’éloigné, puis posa ses prunelles disparates sur la Princesse, qui au moins avait repris un peu de ses couleurs.

-Vous devriez manger un peu vous aussi… Je sais que tous ces évènements à venir vous angoisse énormément, mais ce n’est pas le ventre vide que vous arriverez à avoir les idées claires, tout comme la force de supporté les semaines à venir.

Il lui tendit gentiment quelques fruits, attendant sincèrement qu’elle les prenne, ce qu’elle finit par faire peut-être un peu à contrecœur. Au moins, elle buvait son thé, mais de l’eau bouillie agrémenté de quelques herbes n’avait rien de suffisant pour garder quelqu’un en forme. Même s’il ne la reluquait pas, Ashton avait bien remarqué plus tôt, en la tenant contre lui qu’elle lui avait semblé plus frêle que la dernière fois. Cela n’avait sommes toutes rien d’étonnant en soit…

-Au fait... Merci Princesse… Vous savez, de m’accompagner… Je sais que ce n’est pas facile pour vous tout ceci… De supporter la vue de… Bah… à cette pensé, il chercha du regard sa tunique qu’il repéra, s’étirant pour l’enfiler non sans grimacer. Et je vous remercie aussi de votre discrétion, votre silence concernant cette blessure. Merci surtout de me permettre de continuer à veiller sur vous le plus longtemps possible… Cela représente beaucoup pour moi.

Il lui offrit un bref sourire, puis, prit une nouvelle gorgée de sa tasse. Il préférait masquer derrière celle-ci la pointe de regret qu’il ne pouvait s’empêcher de ressentir malgré tout et qui somme toutes, transparaissait sans doute un peu dans son expression faciale. Il n’avait jamais été des plus doué pour cacher ses pensées et il espérait sincèrement que ce Lord de Bolton offrait une image factice à la majorité et qu’elle tomberait sur un homme bien. Le cas contraire, il y perdrait sans doute plus que l’usage temporaire de son épaule, il le savait bien, mais pourrait-il sincèrement la laissé encore entre les griffes d’un homme mauvais?

-Serait-ce trop vous demander de vous faire promettre de m’écrire lorsque vous serrez en Dreadfort? Il plissa les yeux, songeur. Et si vous avez des ennuis… Peut-être pourrions-nous trouver un mot particulier, afin que j’en sois avisé, sans prendre le risque de vous mettre inutilement en danger, si quelqu’un en venait à lire votre Missive? C’est bête, ne me demandez pas de vous expliquer pourquoi, mais cela me rassurerait, c’est tout. C’est sans doute uniquement l’habitude d’avoir veiller sur vous et votre sœur depuis un moment. C’est simplement plus fort que moi... Et elle n’avait aucune idée à quel point, même si elle avait une preuve flagrante sous les yeux. Même si vous quitté Red Keep, je doute avoir de la facilité à tout mettre de côté comme si de rien était… Vous pourriez faire ça pour moi?

Elle l’avait confronté plus tôt sur son désir de la protégé, lui balançant sous le nez qu’il n’y pourrait rien, même si le Lord de Dreadfort levait la main sur elle, ou l’abusait de la même façon que le faisait le Souverain. Il n’avait pas envie qu’elle lui balance de nouveau cette puissante injustice en plein visage. Il faisait de son mieux, sincèrement. Avoir la tête qui roulait sur le sol n’étais pas la meilleure des façons pour la protéger dans l’immédiat, mais s’il était obligé au Roi, il ne l’était en aucun cas au Lord… Et un accident pouvait vite arrivé. N’en était-il pas, encore une fois lui-même la preuve?



Listen, smile, agree and then...
Do whatever you were gonna do anyway.
Change de ciel, tu changeras d'étoiles.

Khanrell T. Bolton

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Lady de Dreadfort / Dragonnière / Princesse des Sept Royaumes
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Dim 1 Oct - 15:34
(~Coeurs sensibles s'abstenir~)

Vraiment, quelle tête dure celui-là. Et orgueil monumental, refusant d’avouer comment et quand son accident était arrivé, comme si cela pouvait être une honte. Ohh… peut-être que ça l’était, justement… la prostituée qu’ils avaient croisée un peu plus tôt n’avait-elle pas parlé d’une bagarre? Khanrell s’efforça de chasser ces pensées, qui la choquaient plus qu’autres choses. D’accord, peut-être que c’était mieux qu’elle l’ignore, finalement. Cependant, la supplication d’Ashton, lui demandant de ne surtout pas faire mention de cette blessure à personne et de lui faire confiance, fit tiquer la princesse. C’était bien plus que la honte qu’on découvre un échec un peu stupide… et à cet instant, elle comprit que quelque chose de plus gros et plus important qu’elle ne l’avait d’abord estimé se cachait derrière cette blessure. Et elle se jura de revenir plus tard à la charge, il fallait qu’elle sache.

Même en souffrant visiblement le martyr, il trouvait le moyen d’afficher un sourire, comme si tout allait exactement comme il l’avait prévu ou que ça lui passait six pieds au dessus de la tête. Vraiment, ce gars était simplement inébranlable ou quoi? Incapable de regarder la sorcière travailler sans flancher, Khanrell continua de surveiller Ashton, comme responsable de vérifier s’il allait bien, au cas où il devait s’effondrer. Enfin, bien sûr, les dothrakis ne s’effondrent pas pour si peu, la princesse s’en doutait bien, et puis il ne lui donnerait jamais le plaisir de pouvoir le voir s’affaiblir. D’ailleurs, comme pour le lui prouver, le jeune homme tourna la tête vers sa blessure pour surveiller l’avancement de la cicatrisation, et même sans regarder par elle-même, la demoiselle se sentit faiblir juste à penser à ce que ça devait avoir l’air! Comment la sorcière pouvait-elle supporter ça?! Finalement, c’était peut-être la dragonnière qui avait besoin de support, et lui qui l’encourageait à tenir bon, la main dans la sienne!

C’est d’ailleurs Khanrell qui soupira le plus fort en apprenant que c’était terminé, n’ayant aidé à la fin que pour placer correctement le bandage, maintenant que la plaie n’était plus visible à ses yeux. Lorsqu’elle lui demanda s’il arriverait à faire attention à sa blessure cette fois-ci, Ashton lui rétorqua que ça irait si une princesse ne lui fichait pas de coups dessus. Bien que cela ait été dit sur le ton de la plaisanterie et non comme un reproche, elle sentit son cœur tomber comme une pierre dans sa poitrine et les larmes humecter ses yeux, détournant timidement le regard à nouveau. Bien sûr, ce n’était pas sa faute, et c’était probablement même tant mieux si elle avait découvert ainsi la situation, pouvant le forcer à se faire soigner pour ce qui semblait déjà s’empirer avant son intervention… Mais elle n’arrivait pas à ne pas se sentir coupable pour autant. Heureusement, la sorcière brisa le malaise de la jeune Targaryen en leur obligeant de rester quelques temps pour manger, afin de s’assurer qu’il ne faiblirait pas si tôt sorti de la boutique. La dragonnière haussa un sourcil, doutant que son protecteur puisse faiblir pour quoi que ce soit après ce qu’il avait supporté, mais comme celui-ci protestait et se levait pour prouver qu’il n’en avait pas besoin, il tituba légèrement en lui approchant une chaise. Même si Khanrell avait tout vu, elle ne fit pas mention à la femme, déjà partie chercher à manger de toute façon, et accepta la chaise qu’il lui avait approchée.

Elle aurait bien voulu revenir à la charge, l’interroger, mais craignait d’être entendue par l’autre, et puis de toute façon elle avait encore un peu pitié de son état. La sorcière fut bientôt de retour avec la nourriture promise, que la princesse ignora les premiers instants, car elle lui donnait la nausée. Pas que ce n’était pas appétissant, au contraire, elle avait même fait un effort dans son choix et ses présentations pour l’impressionner, mais l’estomac de la demoiselle était encore retourné de la chirurgie à laquelle elle avait assisté… SANS MÊME AVOIR REGARDÉ! L’important, de toute façon, c’était que le blessé mange, ce qu’il fit immédiatement sans se faire prier, se présentant par la même occasion, avec son véritable prénom, détail qui étonna Khanrell, mais qu’elle ne releva pas. De toute façon, ce n’était plus la peine de mentir, elle savait déjà qui était la princesse. Celle-ci accepta la tasse de thé sans rechigner, le liquide passant toujours mieux dans son estomac que la nourriture. En fait, celui-ci était sensible depuis un moment déjà, comme le prouvait son poids diminué légèrement au cours des dernières semaines.

Esmeralda leur avoua que c’était un plaisir de «ne pas» les accueillir chez elle et qu’elle n’avait jamais eu de tels clients honorables comme un dragonnier et une princesse. Khanrell pinça aussitôt les lèvres, embêté, et cacha son expression en buvant une gorgée très chaude, rassurée qu’Ashton spécifie qu’en fait, elle ne les avait pas eu dans sa boutique, l’air entendu. Évidemment, la princesse ne pouvait pas lui en vouloir, ce n’était pas tous les jours qu’une femme comme elle pouvait côtoyer la royauté, mais il aurait été préférable qu’elle soit un peu moins impressionnée… Malgré sa promesse de ne rien divulguer à qui que ce soit, un accident est vite arrivé, une langue facile à délier sous l’effet de l’engouement. Mais de toute façon, au point où ils en étaient, le duo ne pouvait plus changer grand-chose et ne pouvaient qu’espérer qu’elle ne dirait rien… ou au moins tiendrait sa langue jusqu’à ce que la petite Targaryen soit à Dreadfort, loin de son frère! Oh, wait, hold on… venait-elle juste de considérer la demeure des écorcheurs comme une forteresse plus sécuritaire pour elle que sa propre résidence?

Comme du bruit se faisait entendre de la boutique, Esmeralda s’empressa de s'y rendre, les incitant à continuer de manger tout en fermant la porte derrière elle. Khanrell fixait encore le plateau avec un manque flagrant d’appétit, car même si elle ne se sentait plus sur le point de faiblir à la moindre occasion, l’idée d’avaler quelque chose de solide lui soulevait le cœur. Comme si ça ne suffisait pas, Ashton lui rappelait également de manger en lui tendant des fruits séchés, même s’il comprenait pourquoi elle en était incapable. Bien sûr, l’angoisse de son mariage pesait lourd dans la balance, autant que la scène qui venait de se produire, mais la désobéissance de son estomac datait de bien avant qu’elle apprenne que sa main était offerte à Rogar. Depuis environ un mois, en fait, peut-être plus, alors que la tension dans le château se faisait de plus en plus difficile, dans l'attente de la conclusion d'une alliance, et les viols d’Aegon plus … réguliers… Comme s’il voulait bien profiter d’elle avant de s’en débarrasser. En soupirant la jeune Targaryen accepta la poignée de fruits sans un mot, mais se contenta de prendre encore une gorgée de thé, espérant que l’infusion aiderait son estomac à se replacer.

Oui, c’est vrai qu’elle commençait à s’habituer, à supporter de le voir à moitié nu, cet exhibitionniste affirmé, mais c’était surtout parce qu’elle se concentrait sur ses iris disparates, son regard de «demi-frère», assez pour pouvoir ignorer le reste. Khanrell n’aurait toutefois jamais nié le soulagement ressenti lorsqu’il reprit sa tunique pour l’enfiler prudemment. À la suite de ses propos, la princesse haussa un sourcil surpris… Elle n’avait pas encore promis qu’elle allait se taire, après tout, non? Même si elle commençait à comprendre que quelque chose de plus grand qu’elle se cachait derrière sa blessure, elle n’était pas encore décidée à ne pas le dénoncer, le voyage vers Dreadfort avec une épaule blessée restait assurément ridicule… En fait, elle allait probablement évaluer la situation par elle-même quelques jours avant le départ.

-Il va quand même falloir que vous m’expliquiez, un jour ou l’autre, ce qui s’est réellement passé. L’air sérieux de son visage laissait planer qu’elle ne comptait pas abandonner de si tôt, bien que son œillade à la porte fermée suggérait que ce n’était pas encore le moment. Vous me devez au moins ça. Si vous êtes pour continuer de veiller sur moi, pour le peu de temps qu’il me reste ici, j’aimerais au moins que vous soyez honnête avec moi. Je sais que j’ai l’air d’une petite chose fragile qui doit se faire protéger contre les horreurs du monde, et c’est à peu près vrai je l’avoue, mais j’en ai assez de me faire traiter comme une enfant.

Surtout qu’on l’avait forcée à devenir «femme» trop tôt, et à cela elle ne pensait même pas à Rogar… Mais ça, Ashton n’avait pas besoin de le savoir. N’empêche qu’elle ne pouvait s’empêcher de lui être reconnaissante, même si elle n’arrivait pas à comprendre pourquoi il tenait à la protéger et comment il escomptait y arriver. D’ailleurs, il était évident qu’il regrettait que, bientôt, sa sécurité ne serait plus de son ressort, et les mots de Khanrell n’avaient certainement pas aidé à ce sentiment. Pourtant, elle ne les regrettait pas, même si elle était maintenant un peu mal à l’aise. Pour détourner son attention d’Ashton, la princesse pris un des fruits séchés, toujours dans sa main pour le mettre dans sa bouche, le mâchant exagérément lentement, encore incertaine que c’était un bon plan de manger… Cela eut comme effet positif qu’elle garda le silence lorsque le dragonnier lui demanda de lui écrire, bien que ça lui fasse lever rapidement la tête vers lui à nouveau, une interrogation dans le fond de ses yeux. Elle avait envie de lui répliquer encore que ça ne changerait rien puisqu’il ne pouvait rien faire pour elle, mais, la bouche pleine, elle se retint, et après réflexion, songea qu’il valait mieux garder cette pensée pour elle… Il avait eu l’air franchement blessé, dans son orgueil vraisemblablement, la dernière fois qu’elle lui avait lancé une telle remarque.

Il fallu de longues secondes à la princesse pour ouvrir a nouveau la bouche, même après qu’elle eut avalé (difficilement) la nourriture dans sa bouche. Parce qu’elle ne savait pas quoi répondre. Pendant un instant, elle s’inquiéta qu’il soit en train de s’enticher d’elle, ce qui ne pouvait pas être acceptable, mais chassa vite cette idée, sans trop savoir pourquoi. Elle avait toujours imaginé que c’était la seule chose que les hommes avaient en tête à son égard, mais pas lui, plus maintenant qu’il l’avait appelée «sœur», même dans un mensonge, puisque ça avait semblé beaucoup trop vrai. Et bien qu’elle ne considérait plus depuis longtemps être en sécurité avec son «frère», une once d’elle-même voulait croire que celui-là n’avait pas la folie Targaryen, juste l’iris. Tout de même… lui écrire? Le pourrait-elle? Déjà, elle ne savait pas encore si elle allait être capable de tenir ses promesses face à Daeyna et Sheena pour la même chose, qui savait quelle liberté elle disposerait à Dreadfort? S’il décidait de la maltraiter, Rogar ne lui permettrait certainement pas de s'en plaindre à qui que ce soit. Il lui faudrait des codes, même avec sa sœur et sa cousine, alors à un autre homme? Cela risquait de difficilement passer et elle devrait le faire en cachette, si c’était possible… Pourtant, elle songea, un peu malgré elle, qu’elle essaierait.

-Si je le peux… répliqua-t-elle longtemps plus tard, après même avoir eu le temps de manger un autre fruit, laissant croire qu’elle allait simplement ignorer la question. J’essaierai de vous tenir au courant… du temps qu’il fait là-bas, lança-t-elle juste comme la sorcière rentrait à nouveau dans l’arrière-boutique, ne lui laissant donc pas la chance de lui expliquer que c’était le code le plus simple auquel elle pouvait penser, mais il allait certainement comprendre.

Esmeralda nota immédiatement que Khanrell n’avait presque rien mangé et la poussa à se nourrir plus, lui assurant que c’était surtout elle qui risquait de faire une chute de pression, avec ce qui venait de se passer, plus encore qu’Ashton. La princesse soupira, trouvant que son estomac gérait déjà mal les deux petites bouchées qu’elle lui avait imposées, mais s’efforça quand même d’en prendre une troisième, réprimant difficilement un haut-le-cœur. La sorcière s’en rendit compte tout de suite, ce qui fit rougir de honte la jeune femme.

-N’ne le prenez p’pas p’personnel, ce n’est pas votre n’nourriture, c’est juste m’moi, j’ai d’du mal à manger depuis quelques t’temps. C’est le stress q’qui me donne la n’nausée…

Pas question de lui expliquer la raison de cette angoisse, ce n’était pas de ses affaires, et puis l’information concernant son mariage n’allait certainement pas tarder à couler dans la ville de toute façon, ne passe pas inaperçu l’union d’une princesse… Seulement, cela ne sembla pas satisfaire Esmeralda, qui commença immédiatement à l’examiner en silence, au plus grand inconfort de Khanrell, qui lança un regard scandalisé à Ashton. Elle était en train de la toucher? Les deux mains sur son visage, la sorcière examinait ses prunelles, comme si elle pouvait y trouver le secret de son mal, puis tâta son pouls contre sa carotide, avant de constater la maigreur de ses bras et exécuter quelques pressions sur son abdomen, visiblement à la recherche de quelque chose.

-M’mais qu’qu’est-ce que v’vous faites? J’j’aimerais que v’vous cessiez de m’me toucher, je n’aime p’pas ça… protesta-t-elle mollement, sa tasse tremblant dans sa main, mais la guérisseuse était trop concentrée pour l’écouter. LÂCHEZ-MOI! exigea-t-elle tout d’un coup, se levant brusquement de sa chaise en échappant sa tasse, qui se fracassa au sol, faisant sursauter du même coup Esmeralda et Ashton.

Ce que ce dernier n’avait pu voir, c’était que, dans son examen, la sorcière avait aussi tâté un sein, pour une raison qui échappait totalement à Khanrell. Et ça lui avait fait ridiculement mal, même si elle n’avait pas particulièrement l’impression qu’Esmeralda lui avait appliqué une pression importante. Mettant seulement cette sensibilité inexplicable sur le compte de son inconfort et sa nervosité, la princesse chassa cette sensation en croisant ses bras sur sa poitrine, reculant maladroitement en trébuchant sur sa chaise, sans tomber heureusement, essayant de mettre le plus d’espace possible entre elle et la sorcière.

-C’comment osez-vous? V’vous allez m’me dire ce q’qui vous prends à la f’fin? Bien plus effrayée que fâchée, Khanrell n’arrivait pas à être vraiment menaçante. J’je vous ai dis q’que je n’étais pas m’malade, juste s’stressée, je n’ai p’pas besoin d’un examen, on a d’déjà des médecins au ch’château.

Sauf qu’elle n’avait pas demandé d’aide à ceux-ci concernant ces nausées, parce qu’elle savait qu’ils rapportaient tout au Roi et qu’il ne tarderait pas à lui reprocher ces petites faiblesses d’enfant… Rapidement, Ashton se leva pour s’interposer entre les deux femmes, demandant ce qui s’était passé, puisqu’il n’avait pu voir, l’air protecteur envers la princesse. Pourtant, Esmeralda n’avait pas l’air inquiète, ni désolée de son geste, elle était même plutôt calme et… la regardait avec un étrange sourire que Khanrell ne pouvait pas comprendre. De la compassion ?

-Vous avez raison, votre alt’… mam’zelle, vous n’êtes pas malade. Enfin, pas dans le sens où vous l’entendez. En tous les cas, je vous conseille vivement de mieux manger et prendre soin de votre santé, vous n’êtes pas la seule à la partager.

Khanrell fronça les sourcils, ne comprenant absolument pas où la dame voulait en venir, mais n’arriva pas à ajouter quoi que ce soit. Soudainement, elle éprouvait une terrible envie de vomir, le cœur au bord des lèvres, elle craignait de ne pouvoir se retenir si elle avait le malheur d’ouvrir la bouche. Devenue un peu plus blême, la princesse peinait à rester debout, et cela n’avait rien à voir avec la chaleur qu’elle avait éprouvé plus tôt dans la boutique, puisqu’il faisait bien plus frais à l’arrière et que la cape d’Ashton ne la recouvrait plus. Comprenant que sa «patiente» n’avait pas compris, Esmeralda poursuivit.

-Dans votre état, mam’zelle, vous devriez vous surveiller davantage et ne pas mettre si souvent votre corps et votre cœur en émoi de la sorte. À moins que vous souhaitiez une fausse couche… C’est très facile pour une future maman de perdre son petit en début de grossesse… À votre place, m’lord, je l’obligerais à rester au lit quelques temps si vous tenez à votre bébé ajouta-t-elle à l’attention d’Ashton.

Khanrell blêmit encore d’avantage, alors que les mots de la sorcière commençaient enfin à se glisser dans son esprit et être assimilé par son cerveau un peu lent d’épuisement, laissant tout le loisir à Ashton de se défendre concernant une supposée paternité. La jeune femme se sentit à nouveau ramollir, comme si ses jambes allaient céder sous elle, et entendit deux voix s’inquiéter de son état, à peu près simultanément, alors qu’elle s’écroulait sur ses genoux et sur la paume de ses mains et vomissait directement sur le plancher de l’arrière boutique. Trois petits morceaux solides, encore identifiables, et beaucoup de bile, dissoute par le thé, lui avait brûlé la gorge, si bien que des larmes de douleur montaient dans ses yeux pendant qu’elle toussait pour calmer l’irritation. Bientôt, elle senti des mains se poser sur ses bras et l’aider à la lever pour l’asseoir sur une chaise, même si elle avait eu un geste inconscient pour se défaire de cette poigne, beaucoup trop mollement pour être convaincante. La voix inquiète du dragonnier parvenait encore à ses oreilles, mais la princesse ne répondait pas, cherchant des yeux Esmeralda, qui avait disparu. Pendant quelques secondes qui lui parurent des heures, elle resta figée de stupéfaction, haletant difficilement en cherchant son souffle de sa gorge douloureuse, incapable de placer ses idées dans sa tête, jusqu’à ce que la sorcière revienne avec une autre tasse fumante à la main.

-Ce thé là est plus efficace contre les nausées… avança-t-elle prudemment, avant de se résoudre à donner la tasse à Ashton plutôt qu’à Khanrell, puisque celui-ci restait obstinément entre les deux femmes. Si j’avais su, je vous aurais servis celui-là en premier, vous auriez été capable de mang…

-Je ne suis p’pas enceinte, coupa sèchement la princesse, sévèrement en fixant Esmeralda, presque suppliante. Ce n’est pas v’vrai, vous mentez. Je n’ne le suis pas. Je ne le p’peux pas. Je ne le d’dois pas, Ashton dites-lui que ce n’est p’pas possible! se plaignit-elle d’une toute petite voix d’enfant, comme si le dragonnier pouvait vraiment savoir quoi que ce soit.

-Dans ce cas, mam’zelle, si vous en êtes si certaine, vous pouvez certainement me dire à quand remonte votre dernier saignement? lança-t-elle de façon anodine, mais avec l’air et le sourire de celle qui sait qu’elle a raison.

Khanrell la fixa intensément avec un profond dédain, mais surtout avec honte. Comment diable osait-elle évoquer son cycle lunaire devant Ashton? Ce n’était pas de ses affaires à lui! D’abord outrée de cette question personnelle, la princesse réalisa soudainement… qu’elle n’en avait aucune idée. Elle avait pourtant toujours été particulièrement attentive à la chose, justement parce que «l’amour» de son frère l’inquiétait (même si, la plupart du temps, il ne lui faisait pas l’honneur de la prendre «correctement» pour qu’elle porte un héritier, l’ayant jugée indigne de cela depuis longtemps). Mais depuis quelques temps, l’angoisse de l’attente à savoir à qui son frère allait finir par donner sa main… lui avait fait perdre le fil. La jeune Targaryen se mit alors à compter, d’abord avec difficulté, avant de réaliser, finalement, qu’il y avait bien sept semaines qui s’étaient écoulées depuis, et qu’elle avait toujours été réglée à la perfection. Ses yeux se remplirent encore de larmes, qu’elle ne pouvait retenir et qui coulaient en grande quantité sur ses joues, alors que tout son visage se décomposait et que son corps se mettait à trembler. L’expression d’Esmeralda ne tarda pas à changer également, elle qui avait cru leur apprendre une heureuse nouvelle, ne s’attendait certainement pas à la déconfiture totale de la jeune femme.

-N’non. Nonnonn’n’noonnn, marmonnait sans arrêt Khanrell, entrecoupée de hoquets de panique plus que de bégaiement. Non, no’oon, nonnonnonnonnon.

Les genoux remontés sous son menton, les pieds sur la chaise où l’avait posée Ashton, les bras autour de sa tête en guise de protection, comme si ça pouvait la sortir de ce cauchemar, Khanrell était secouée de sanglots de plus en plus bruyants. Très profondément dans son esprit, vibra l'amour de Shenya, qui devait avoir ressenti sa détresse malgré la distance (elle apprit ainsi que le duo de dragons se trouvait à nouveau au Driftmark...) et tentait de s'enquérir de l'état de son âme-soeur, mais le cerveau de la princesse était trop en ébullition pour pouvoir aligner deux pensées cohérentes, et donc encore moins envoyer des images claires à sa dragonne pour lui expliquer.

-Non. J’je p’peux p’pas. Nonnonnon je n’ne le suis p’pas. Nooonnnn. Vous n’ne comp’prenez pas, Esm’m’m… Je me m’marie dans d'deux mois. C’est imp’possible, je n’n’ai p’pas le d’droit d’être en… Ashton! couina-t-elle avec désespoir. Ashton, il va me g’garder s’il l’app’prend! J’j’j’aimerais mieux m’mourir que d’d’avoir c’cet enf’fant, lâcha-t-elle sévèrement, même en sachant que c’était une atrocité de penser à sa propre mort, ça ne pouvait être pire que de rester auprès de son frère éternellement.

Car oui, si elle était en train de porter l’héritier du Roi, il ne la laisserait jamais partir. Après quelques secondes à essayer d’étouffer ses sanglots, Khanrell releva enfin la tête, posant ses yeux sur la sorcière, comme si elle l’a voyait pour la première fois. Elle devait bien savoir comment se débarrasser d’une grossesse non désirée, n'est-ce-pas? On ne l’appelait quand même pas la sorcière pour rien? N’avaient-ils pas croisé un bordel en chemin pour sa boutique? Si elle n’avait jamais interrompu la vie dans le ventre d’une prostituée au cours de sa carrière, la princesse voulait bien manger ses bas.

-Esmeralda… souffla-t-elle d’une voix faible. Vous d’devez m’en débarrasser. T’tuez-le, ensorcelez-le, emp’poisonnez-le, je m’en f’fiche, je ne p’peux pas avoir un b’b…

La jeune femme senti un haut-le-cœur lui serrer le corps rien qu’à essayer de prononcer ce mot, et tendit enfin les mains vers la tasse que lui tenait Ashton depuis tout ce temps, pour en prendre une petite gorgée. Avec son estomac complètement vide, si elle devait encore vomir, ça lui ferait un mal de chien… De son côté, la sorcière protestait, elle ne pouvait pas avorter une princesse, c’était contre ses valeurs, beaucoup trop dangereux, le bébé d’une princesse est sacré, elle pourrait mourir au bout de son sang, et puis elle-même finirait la tête coupée ou pendue.

-Je m’en f’fiche. Trouvez une s’solution, c’est un ord’dre. Sinon, c’est m’moi qui vous t’tuerai, souffla-t-elle le plus sérieusement du monde, avant de m’m’enlever m’moi-même la v’vie, b’bien sûr. Je n’ne peux pas g’garder ce… cette ch’chose.

Et ce n’était pas des paroles en l’air, son expression l’aurait trahi si ça avait été le cas. Malgré l’air scandalisé d’Esmeralda, le sérieux de Khanrell ne flancha pas, bien qu'elle soit incapable de regarder dans la direction d’Ashton, de peur de sa réaction. Ce n’était pas la première fois qu’elle pensait au suicide, c’était arrivé il y a très longtemps, et Shenya lui avait fait oublier la douleur de son cœur, et plus jamais la princesse n’y avait songé sérieusement par la suite. Mais en cet instant, avec la vie grandissant en elle qui allait assurément pourrir la sienne, rien ne pourrait l’empêcher, même pas son âme-sœur. Après un très long silence de malaise, au cours duquel la princesse ignora les commentaires et questions d’Ashton, obstinée à fixer la sorcière (en buvant son thé), cette dernière suggéra enfin une solution, la moins dangereuse. Un poison qui avait déjà fait ses preuves, ce qu’elle avoua un peu à contre cœur, avec certaines autres «patientes», dont la jeune Targaryen devina facilement l’identité. Assez fort pour tuer un fœtus de quelques semaines, mais assez faible pour épargner la mère. En comptant sur le fait que la jeune femme était sous-alimentée et que son bébé se portait probablement déjà fort mal, les chances de succès de cet empoisonnement étaient assez grandes.

-Ça fera mal, affirma la sorcière en tendant, à contre cœur, un flacon noir sans étiquette, accompagné de quelques feuilles de thé, à Ashton, mais en regardant Khanrell. Très mal, je ne peux même pas l’exprimer avec des mots. C’est encore pire avec l’estomac vide, mais ne mangez surtout pas, si le bébé à faim, il prendra tout ce que vous lui donnez, ça augmente les probabilités de succès. Il semblait à la princesse qu’Esmeralda se dégoûtait elle-même en lui expliquant comment assassiner son bébé. Vous allez avoir une intense envie de vomir, aussi, c’est normal, votre corps voudra se débarrasser du poison, mais il faut vous retenir… au moins une bonne heure, pour laisser le temps à la potion d’agir. Si cela devient insupportable, buvez le thé que je vous ai donné, mais pas plus d’une tasse, il ne faut pas trop diluer le poison. Ensuite vous allez être malade au moins vingt-quatre heures, peut-être même toute une semaine, chaque femme réagit différemment. Jusqu’à ce qu’il sorte…

Un long silence plana dans l’incompréhension de Khanrell, jusqu’à ce qu’Esmeralda se décide à lui demander si elle était consciente qu’il fallait que le fœtus soit extirpé de son corps à un moment où à un autre, par la voie naturelle. Après tout, c'était le seul moyen de savoir si ça avait fonctionné... À ces propos, la princesse se sentit faiblir, échappa à nouveau son thé tant ses mains tremblaient et aurait tombé de sa chaise si Ashton ne l’avait pas rattrapé. Le temps pour la jeune femme de retrouver ses esprits, la sorcière les pressait de partir, insistant qu’elle ne voulait pas être payée pour la potion… ses remords ne les lui permettraient pas.



Ashton

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Dragonnier / Patrouilleur / Bâtard Targaryen
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Mer 4 Oct - 22:09


Et s’il se serait cru tirer d’affaire avec cette histoire d’épaule puisqu’il avait pourtant coopéré à se laisser soigner puisque cela semblait la déranger elle plus que lui, Ashton nota dans les propos de la Princesse que ce n’étais pas le cas et qu’elle comptait bien revenir à la charge. Pourquoi s’entêter? Pourquoi voulait-elle absolument savoir? Et il ne pouvait même pas lui balancer que ce n’étais pas de ses affaires, c’était bien le pire… Elle jeta un bref coup d’œil vers la porte fermé qui menait à l’avait du magasin et baissa d’avantage le ton il lui sembla. Justifiant qu’il lui devait être honnête avec elle, s’il continuait de veiller sur elle de la sorte. Il se renfrogna un peu et cela parut sans doute aussi. Cela n’avait rien à voir avec le fais qu’il voulait la protéger des horreurs du monde –même s’il essayait, pour être franc… C’était son boulot bon!-. C’était seulement qu’il préférait ne pas ajouter quelque chose de plus sur ses épaules, elle semblait plutôt facile à faire culpabiliser et elle n’avait assurément pas besoin de ça et encore moins maintenant, mais sachant qu’elle ne démordrait pas, il lâcha un bref soupire.

-Je vous en parlerai uniquement si vous me promettez que vous me laisserez continuer mon boulot jusqu’à Dreadfort, guérit ou non. Je ne suis plus un gamin moi non plus. Je sais ce que je fait.

Il n’appréciait pas trop de marchandé avec elle, mais voilà. Il ne démordrait pas plus et sincèrement, cela commençait presque à l’inquiéter. Il n’était pas désireux qu’elle le dénonce. Non seulement il craignait fort que cela se retourne contre elle, mais aussi elle l’apprendrait de la bouche d’un autre qui prendrait sans doute plaisir à la torturer mentalement de surcroit, sans compter que cela donnerait un plaisir fou à Leith, qui aurait assurément une excellente excuse pour le relever de sa mission et de le forcer à rester à Dragonstone à ne rien faire mise à part broyer du noir et enragé dans son coin, faisant sans doute toutes sortes de corvées ingrates qui amuserait le Chef de l’Académie et ça, c’étais s’il avait de la chance, parce-que l’idée qu’on cherche à empirer son état n’étais pas mise de côté. Pire encore, cela pourrait prouver son entêtement plus grand que prévue à rester près de Khanrell et à crée des soupçons supplémentaires. Il ne devait plus traîner avec elle… Puis, il ne voulait pas refaire douter sur ce qu’il croyait être vrai concernant sa propre ligné, parce-que plus il y pensait, plus il trouvait que les mesures le concernant, à l’époque, étaient un peu extrême comparé celles des autres qui n’avait pas autant été passé au peigne fin. Et si tout cela n’était pas une erreur génétique? Il secoua un bref coup la tête, ça y est, il commençait à divagué.

Dans tous les cas, durant ce court silence, Ashton en profita pour prendre un morceau de viande sécher accompagné d’un morceau de pain. Il avait franchement la dalle et plus il regardait le plateau, plus il se sentait honteux de savoir pertinemment que s’il ne se retenait pas, il serait en mesure de le terminer. Il ne savait pas trop si c’était son repas qui était trop loin –oui, entre autre-, ou si c’était l’énergie dépenser durant son rafistolage –aussi-, mais il lui semblait qu’il ne dirait pas non à un copieux repas, lorsqu’il aurait ramené la Princesse au Red Keep.

Au bout d’un moment, elle finit par lui répondre qu’elle le ferait si elle le pouvait. Il porta ses prunelles disparates de nouveau sur elle. Il ne savait pas si être heureux de la chose entièrement, sachant qu’ils ne savaient tout deux aucunement ce qui l’attendait là-bas et puis elle avait raison… Si cet homme était ce que l’on disait, il ne serait pas étonner qu’il l’empêche de prendre contact ne serait-ce qu’avec sa sœur et sa cousine… Quant au fait d’écrire au Dragonnier… Dans tous les cas, il souhaitait que si tel était le cas, qu’elle arrive à déjouer la surveillance du Lord. Il ne pouvait tout de même pas l’enchaîner dans un Donjon… Enfin, valait simplement mieux ne pas y penser. Et s’il n’avait aucune d’elle? Il n’avait aucune idée de ce qu’il ferait… Mais il trouverait bien quelque chose. Il ne pourrait pas l’abandonné comme ça, il n’en serait pas capable.

Il fronça un moment les sourcils sans trop comprendre pourquoi elle lui balançait qu’elle le tiendrait au courant du temps qu’il faisait là-bas, mais assuma rapidement ses paroles en apercevant la Sorcière qui revenait les rejoindre à l’arrière-boutique, jetant un bref coup d’œil par-dessus son épaule. Il se retourna alors vers Khanrell et lui offrit un bref sourire, hochant un bref coup la tête. Esmeralda jeta une brève œillade à la jeune Targaryen, l’encourageant à manger d’avantage, lui mentionnant qu’elle craignait plus que celle-ci s’effondre plutôt que le Dragonnier, ce qu’il ne considérait pas faux en soit. Elle semblait épuisée déjà et avec les évènements à suivre, elle avait assurément besoin de forces. Elle devait faire un effort, même si c’était difficile. Bien entendu, celle-ci s’excusa auprès de leur hôte et précisa que cela n’avait rien à voir avec la nourriture, simplement le fait qu’elle se sentait ainsi depuis un moment, le stress lui donnant la nausée. Il lui jeta un regard compatissant bien malgré lui, ne sachant pas vraiment si cela renfrognerait la jeune femme qu’elle était, mais c’était plus fort que lui. Il savait de quoi il en découlait. Que ce soit le mariage, Aegon, le Bal… Tout ça ensemble, en si peu de temps, avait bien de quoi frôler le fait de la faire craquer et si certains osaient la considéré comme faible, le jeune Bâtard, lui, la trouvait plutôt d’une force qu’il n’avait que très rarement rencontré. Oui, elle était forte et elle n’avait pas besoin de l’être physiquement ou d’être la meilleure escrimeuse pour cela. Non, elle puisait sa force au fond de ses tripes. Ils se ressemblaient un peu sur ce point, il lui semblait.

La Sorcière se mit donc à l’examiner et malgré le regard outré de Khanrell, Ashton se contenta d’hausser les épaules tout en mastiquant. Elle ne lui faisait pas de mal et peut-être trouverait-elle quelque chose qui l’aiderait? Celle-ci protesta, mais bien qu’il gardait un œil attentif sur la chose, il n’en fit pas grande attention puisque lui-même avait protesté plus tôt et s’il était désireux de tenté de la convaincre en lui disant que peut-être cette Sorcière lui trouverait une potion ou quelque chose comme ça pour l’aider, il n’en fit rien. Rabaissant quelques secondes son regard sur sa tasse pour en prendre une gorgée, il sursauta aux cris de la Princesse qui ordonnait avec une grande ferveur à la dame rondelette de la lâcher, en échappant sa tasse au passage qui vola en éclat au sol. Ashton se tendit comme un arc et se laissa glisser de la table afin d’intervenir, non, mais il y avait une limite entre chigner et paniquer et là, elle paniquait. Malgré ses jambes encore un peu tremblante, mais ignorant la chose sous le petit regain d’adrénaline, il s’interposa entre les deux femmes, demandant ce qui s’était passé d’un air cette fois presque carnassier, puisqu’il n’avait pu voir. Pourtant, Esmeralda n’avait pas l’air inquiète, ni désolée de son geste, elle était même plutôt calme et  regardait la jeune femme avec un étrange sourire, puis lui pour glousser. Pour seule réponse, le jeune Dragonnier arqua un sourcil.

Comme seule réponse, la Sorcière mentionna qu’en effet, Khanrell n’étais pas malade, la conseillant vivement de mieux manger et prendre soin de sa santé puisqu’elle n’était pas la seule à la partager. Étrangement sur ses mots, Ashton jeta un regard incrédule à la Dame. Attendez… Ce pouvait-il que… Nan… Il jeta de nouveau un regard vers la Princesse qui avait sincèrement semblé blêmir et Ashton lui offrit un sourire bienveillant, l’invitant d’un geste de la main à se rassoir. Il n’avait franchement pas envie qu’elle s’effondre et il regrettait de ne pas avoir considéré ce petit examen comme quelque chose de totalement horrible pour elle. Si lui-même n’appréciait pas nécessairement la chose ayant subi son lot de merde, il pouvait assurément considérer la même chose pour la jeune femme. De toute façon, il n’eut pas vraiment le luxe de pouvoir réfléchir d’avantage que les mots «fausse couche», «maman» puis le pire, «grossesse» furent prononcer à une vitesse si ahurissante, que même lui eut l’impression de ressentir un malaise, comme tomber de bien haut, puis s’écraser la gueule au sol. Il se crispa aussitôt lorsque la Sorcière lui recommanda d’obliger la belle à rester au lit s’il tenait à son bébé. D’accord… Non seulement il ressentait présentement un profond malaise, mais c’étais vraiment le truc qu’il souhaitait ne jamais entendre pour l’heure… Et si l’envie de répliquer haut et fort qu’il n’était pas le père… Il songea à qui pouvait l’être et en vue du mariage… En vue de ce que cela impliquait… Si Aegon le découvrait, il cancellerait assurément tout afin de s’assurer un héritier et Khanrell n’aurait jamais la chance de découvrir si le Lord Bolton était un homme meilleur que ce que la majorité pensait, ce qu’elle laissait sous-entendre. Il sera donc des dents, préférant ne même pas s’avouer que tous ce qu’on disait sur ce foutu Souverain répugnant étaient vrai, c’était pire que s’il l’aurait vue faire. Il serra les poings.

-J…Je vois…

Glissa-t-il entre ses dents, la mâchoire crispé. C’était vraiment mieux que cette dame pense que c’était lui le père, au final… Il y avait une limite à la confiance qu’il pouvait céder à une parfaite étrangère, aussi bien attentionné fut-elle depuis le début. Et voilà qu’il vit du coin de l’œil la pauvre Princesse chamboulée s’écraser au sol, faisant en sorte qu’il se retourne vivement pour s’enquérir de son état, mais recula suffisamment rapidement les pieds pour éviter qu’elle ne lui vide le piètre contenu de son estomac sur les bottes. Il jeta un regard inquiet vers la Sorcière, la suppliant silencieusement de faire quelque chose pour elle, pour qu’elle se sente mieux, peu importe quoi. De plus, il s’en voulait franchement d’avoir été trop sous le choc lui-même de la nouvelle pour en avoir oublié la Princesse. Il aurait la regarder, il aurait deviner que ses jambes allaient lui lâcher.

Pardonnez-moi Princesse… Pardonnez-moi…

S’empressa-t-il de marmonner tout en passant ses bras sous les siens afin de l’installer littéralement sur la chaise, puis s’assurer qu’elle ne perde pas l’équilibre en gardant une main contre l’une de ses épaules. Elle avait eu un geste inconscient pour se défaire de sa poigne, beaucoup trop mollement pour être convaincante, mais étrangement, ce fut la première fois que cela lui serra le cœur. C’était le genre de truc qui le mettait à l’envers lui-même, sachant qu’il était le fruit d’un viol, il se demandait si sa mère avait réagis de la sorte, en le découvrait. Comment avait-elle put, en fait, mettre au monde la progéniture d’un monstre? Parce-qu’on l’avait découvert et qu’elle dû garder l’enfant, parce-qu’il aurait dû être vendu comme du bétail et devenir un Immaculé. Il relâcha la Princesse comme si sa peau l’aurait brûler, se souvenant bien qu’elle détestait qu’on la touche et il ne voulait en aucun cas empirer le mal qui l’habitais présentement. La Sorcière venait de les laissé.

Dite-moi ce que vous voulez que je fasse, je le ferait…

C’était la seule façon qu’il avait trouvé pour lui exprimer son soutien. Il ferait tout -sauf lui foutre un coup dans le ventre, ou un truc genre-. Mais si elle le désirait, il était prêt à en crever rien que pour voir se salopard avoir le regard exorbiter et déglutir difficilement alors qu’il pourrait sentir sa pomme d’adam se figer entre ses doigts crispé. Il serait prêt à l’amener loin de King’s Landing, peu importe où elle le désirait, ou même faire croire qu’il l’avait souillé contre son gré, excusant sa grossesse, peu importe le châtiment qu’il aurait. Tout le monde la croirait, le Souverain y compris. Il s’en fichait. Peut-être était-ce une façon de… Racheter son âme? De se racheter? Elle ne répondait pas. Il n’insista pas, se contentant de la tenir à l’œil, observant le moindre signe supplémentaire de faiblesse, ou il ne savait quoi. Il aurait pu tenter de la réconforter, mais il n’osait pas. Quant à lui parler, ce serait sans doute pire parce-qu’il était nul avec les mots, surtout dans ce genre de situation…

Esmeralda revint avec une tasse fumante et Ashton se positionna fermement entre elle et la Targaryen. Non, sincèrement, elle en avait assez pour aujourd’hui. Il se trouva alors un peu extrême, trop… Expéditif peut-être et finit par se détendre un peu, prenant la tasse qui visiblement n’étais bien entendu là que pour aider la belle à se sentir mieux. Il se trouva con, puis revint à côté de Khanrell et baissa la tasse afin que celle-ci soit à sa vue et la prenne, tandis que la Sorcière expliquait ce qu’il en était, mais bien entendu, la jeune Princesse la coupa sec dans ses mots, assurant qu’elle n’était pas enceinte. Ashton leva le regard vers la femme avec un brin d’espoir. Peut-être, sincèrement se trompait-elle? La dame devait sincèrement avoir une étrange vision en cet instant précis. Le duo visiblement complètement démuni chacun de leur côté et à leur façon. Il pourrait vraiment passé pour le père sans même avoir besoin de faire d’effort.

-Ce… Enfin vous pouvez vous tromper... Non?

Fit-il, sous les supplications de la Princesse qui lui demandait d’intervenir. Ce qu’il tenta de faire, mais visiblement, il était peu convaincu, choisissant plutôt la question à l’affirmation. Celle-ci se contenta tout bonnement de répliquer, demandant directement à la jeune potentielle mère à quand remontait son dernier saignement. La mâchoire d’Ashton se fit légèrement lourde, entre-ouvrant la bouche. Venait-elle vraiment d’évoquer ce truc devant lui? Avait-il vraiment besoin de savoir ça?! Enfin, de l’entendre? Il se pinça l’arête du nez et poussa un bref soupir, préférant se tourner quelques secondes. Non… Vraiment… Elle était surement figée dans le temps, morte, comme ça, à cette évocation. La pauvre. La détresse de celle-ci était si profonde, qu’il put même la ressentir à travers Onyx, qui était présent avec la dragonne de celle-ci et qui avait forcément… Ressentit tout ça, changeant d’attitude? Au moins elle n’était pas en route en King’s Landing pour brûler la baraque.... Autant qu’il trouva que ce phénomène fut un exploit, autant qu’il comprenait clairement que ce n’étais pas le moment pour lui balancer un truc pareil. Il se concentra un moment sur son Dragon. Peut-être pourrait-il faire comprendre à la Dragonne que son âme sœur était entre… Bonnes mains? Puis, que pourrait-elle faire mise à part tout détruire? Peut-être était-il extrémiste, mais il ne connaissait pas Shenya et se basait plutôt pour le genre d’attitude qu’Onyx choisirait… Un peu comme lui quoi.

Reprenant la parole tremblante comme jamais il ne l’avait entendu, la jeune fille tentait de se vautrer sans un déni rassurant, mais, elle réalisait que la vérité était là –et lui qu’elle n’avait pas… Saigné bref-. Elle s’adressa de nouveau à lui en lui mentionnant à voix hautes les mêmes craintes qu’avaient eues le Dragonnier, mais jetant un discret coup d’œil vers la Sorcière qui les observait, il posa une main sur le dossier de la chaise.

-Pourquoi il le garderait… Ce serait un Bâtard et c’est ma tête qui roulerait, il ne vous fera rien…

Mouais. De toute façon sa semblait pour la vieille dame avoir plus de sens qu’ils soient amant que parents. Il avait eu du mal à prononcer ces mots et il ne savait même pas si la Targaryen les avaient entendu, mais une chose est sûre, il préférait sincèrement que non, ou bien qu’elle comprenne la précaution qu’il prenait. Suite au reste des propos désespéré de Khanrell, il finit par lever le regard sur la dame.

-Vous pouvez faire quelque chose pas vrai?…

Celle-ci lui jeta un coup d’œil semi outrée, mais semi compréhensif. Elle semblait croire au subterfuge et en comprenait assurément tout ce que cela pouvait en coûter et non seulement à lui. Si elle connaissait moindrement la moitié des rumeurs concernant Aegon V, elle comprendrait que la vie même de la Princesse pouvait être en danger… En vue du gâchis de ce mariage organisé que la jeune femme laissa échapper malgré elle. Après un petit moment de silence tandis que le duo observait la femme, celle-ci leur suggéra la solution la moins dangereuse pour la mère qu’elle connaissait et qui avait fait ses preuves. Un poison. Cela ne lui plaisait pas du tout... Mais semblait-il que cela avait aussi bien fonctionner sur certaines donzelles qui avait la cuisse légère de par leur métier et qui pouvait en effet se retrouver avec un petit soucis de taille. En comptant sur le fait que la jeune femme était sous-alimentée et que son bébé se portait probablement déjà fort mal, les chances de succès de cet empoisonnement étaient assez grandes. Parlait-on réellement d’empoisonnement devant le Dragonnier qui devait protéger la jeune femme?

-Ce n’est pas dangereux pour elle, n’est-ce pas?

Elle ne se contenta que de répondre que cela lui serait très douloureux, tendant une fiole au contenu obscure, opaque et douteux au jeune Dothraki, tout comme quelques feuilles de thés, donnant à la Princesse les recommandations, lui expliquant ce qui allait suivre suite à l’absorption de cette potion. Cette fois alerte, sous les dernières paroles sincèrement de trop pour la pauvre jeune femme, celle-ci se sentie de nouveau faiblir, mais il la rattrapa de justesse afin de la redresser sur sa chaise, s’assurant cette fois de ne pas la relâcher, gardant une main sur son épaule. À peine la Targaryen avait cligner des paupières que la Sorcière les jetait presque dehors, les pressant en partir, donnant prestement la cape du Dragonnier à la jeune femme, mais qu’Ashton saisi, aidant la Princesse à se redresser et la lui enfilant, capuche sur sa tête. La soutenant par un bras de son propre bras valide, ils se dirigèrent dans l’avant boutique pour en sortir sans plus de préambule, si ce n’étais qu’un bref regard que le jeune Bâtard avait jeter à la dame, mêler entre colère de se faire jeter de la sorte, et remerciement pour avoir aidé la Princesse, bien plus que lui. Il en avait vraiment oublié son petit bobo.

Ils déambulèrent dans la ville afin de se diriger hors de celle-ci, puis, monter sur Onyx et arriver en Red Keep par la voie des airs, ce qui serait somme toute moins voyant. Les gardes ne portaient que très peu de regard sur lui, lorsqu’ils reconnaissaient la silhouette du Dragon qui planait au-dessus. Il était familier de l’endroit, maintenant. Il espérait qu’en chemin celle-ci puisse se ressaisir un tant soit peu. Pas que cela le dérangeait, c’était surtout qu’il n’avait jamais aimé voir des demoiselles en détresse, peu importe comment. Elle avait besoin de soutiens et il ne voyait pas qui d’autre que la sœur de celle-ci pourrait être en mesure de l’épauler dans cette épreuve difficile. Lui, il était limiter rien que parce-qu’il était un homme et qu’en vue de toute ces émotions, elle n’avait sans le moindre doute pas besoin de s’encombrer de lui avec tout ça. Elle avait même sans doute de s’en débarassé. Ils gardèrent le silence jusqu’à sortir de la ville, puis même jusqu’à être hors de la vue de quelconque passant, revenant presque littéralement sur leurs pas d’où ils se trouvaient plus tôt. Même le jeune Dragonnier ne savait pas trop quoi dire alors qu’habituellement il était plutôt jovial et n’avait pas vraiment de difficulté à remplir un silence seulement là, il n’en avait ni le cœur, ni l’envie. Il lui semblait aussi qu’elle en avait simplement besoin. Peut-être se trompait-il. Disons que ce n’étais pas aisé de deviner certains besoins parfois, comme celui-là. Entre temps, Onyx et Shenya étaient revenus, l’énorme Dragon noir avait bien entendu senti l’appel de son compagnon. La Princesse relâcha finalement sa prise, un peu mieux sur ses jambes et se dirigea mollement vers sa Dragonne, rien que pour se réconforté, sans doute. Ashton quant à lui alla vers Onyx et entreprit de le tapoter férocement à la base de son cou tout en le grattant de son bras valide, faisant grogner le Dragon de plaisir.

-Il serait mieux que je vous conduise en Red Keep, Princesse. À la grosseur d’Onyx, les Gardes au sol ne remarqueront même pas le passager supplémentaire. C’est que je crains qu’au comble de la malchance, le Roi vois Shenya se poser et ne vous fasse demander… Là, techniquement, vous êtes sortie. Profitez-en. Personne ne vous imagine au Château. Il n’allait pas lui balancer qu’il craignait même pire, soit que le Souverain choisisse ce parfait moment pour l’embêter. Vous pourriez rentrer… Subtilement. Je vous amènerai dans ma chambre… Ne me regarder pas comme ça… Laissez-moi finir… Je ne vois sincèrement pas où on ne risque pas de vous chercher, c’est tout. Vous pourrez y rester le temps de vous remettre un peu de vos émotions… On prendra quelques passages pour éviter de croisé qui que ce soit. À moins que vous n’ayez une meilleure idée, bien sûr.

Que pouvait-il faire d’autre? L’amener à Dragonstone et la cacher dans ses appartements le temps qu’elle fasse son truc? Aussi bien aller directement voir Leith avec la Targaryen accrocher à son bras et tout lui raconter, tant qu’à y être... Sincèrement, c’était similaire, mais en Red Keep, personne ne penserait venir le déranger –ni étant que très rarement, de toute façon- et il pouvait verrouillé sa chambre de l’intérieur. Il savait qu’avec les appartements des Princesses se n’étais pas possible… Dans sa chambre, elle aurait sincèrement la paix et à cette heure, il n’y avait aucun soldat dans l’aille à cet effet non plus.

-Je pourrais trouver votre sœur, si tel est votre souhait… Ou peu importe qui aussi… Évidemment qu’il songeait à sa cousines elles avaient l’air… Proches. J’aimerais seulement que vous ne restiez pas seule et je crois que vous avez eu suffisamment de… D’émotions et je n’ai pas envie d’en ajouter avec ma présence. Si elle voulait de l’honnêteté de sa part, en voilà. Donc je ne resterai pas n’ayez crainte. Je vous laisserez la clé, vous n’aurez qu’à verrouillé lorsque vous déciderez de quitté…

Celle-ci semblait songeuse un instant, puis, elle acquiesça silencieusement à sa demande. Il en fut sincèrement étonner qu’elle ne proteste pas, ni quoi que ce soit. Elle était visiblement au bout du rouleau. C’était une journée qu’elle souhaiterait sans aucun doute oublié parmi tant d’autres, encore. Il souhaitait vraiment que tous ces événements prendraient fin lors de son arrivé au Nord et non que rien de tout ceci ne se répète ou n’empire. Il contourna donc Onyx qui observait la Targaryen d’un œil intéressé. Peut-être un peu trop vif et il lui gratouilla le dessous de son énorme menton, le forçant à suivre son mouvement jusqu'à ce qu'il grimpe sur lui, non sans grimacer devant bien utiliser son épaule.

-Ma care… (Doucement…) Fit-il à l’intention de son Dragon afin de lui rappeler que la Targaryen allait s'approcher puis jeta un coup d’œil vers la Princesse. Aller venez, il ne vous fera rien, c’est simplement la première fois que quelqu’un d’autre que moi lui grimpe sur le dos… Il est un peu perplexe.

Gloussa le Dragonnier, tapotant le dos de son énorme Dragon. Il n’aurait pas tenté une telle chose avec une autre personne, mais il savait que Khanrell était Dragonnière, même si ce n’étais pas Shenya. Et puis, en vue du lien qui semblait se crée entre les deux créatures, il espérait plus, en fait, que ce ne soit pas sa Dragonne qui vois cela d’un mauvais œil. Évidemment que cela ne plaisait pas nécessairement à Onyx, mais il semblait plutôt bien le prendre, sans doute était uniquement parce-qu’Ashton était là et venait de monté sur celui-ci, pour ensuite tendre la main à la jeune Princesse afin de l’aider à se hisser, même sur le genou plier de la bête. Il avait surtout hâte qu’ils arrivent en Red Keep et qu’elle soit dans un endroit loin des regards afin de prendre cette fameuse potion qui la libérerait assurément d’un futur très peu invitant…


Listen, smile, agree and then...
Do whatever you were gonna do anyway.
Change de ciel, tu changeras d'étoiles.
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