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Do you want some sarcasm in your tea, dearie?

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Jeu 6 Juil - 21:15
Il dormait si profondément, qu’il n’avait même pas réalisé qu’il avait la bouche ouverte avec un léger filet de bave coulant le long de sa mâchoire. Le bras au-dessus de la tête, allongé sur le dos et un pied sortant du lit, le guerrier était confortablement installé dans le monde des songes d'où il refusait – inconsciemment – d’en sortir. La couverture était à moitié en bas de sa couche alors que les résidus de textile trônant sur lui se contentaient de cacher l’essentiel. Bon après, il fallait préciser qu’il avait plutôt bu la veille, tentant d’oublier cette humiliante rencontre faite devant l’illustre général-couillon qui l’avait forcé à changer de titre. S’il n’avait pas pu sortir cette misérable scène de son esprit embrouillé, il avait au moins pu s’éclater un minimum avec les petites gens qui fréquentaient ce lieu presque taudis où il était allé se terrer. Jeux de dés, chansons à boire et bon temps avec la fille du tavernier avaient peuplé sa soirée mouvementée, il fallait bien l’admettre. Si bien qu’il sursauta littéralement lorsqu’on toqua à sa porte avec ferveur, signe évident de son retard sur son emploi du temps.

- AH! Bon sang! Je suis là! Pas besoin foutre une raclée à cette putain de porte! Maugréa-t-il avec la bouche pâteuse et… l’haleine en conséquence.

Si la pièce avait agréablement arrêté de tourner depuis qu’il s’était couché cette nuit, son pauvre crâne, lui, était en proie à un martèlement similaire aux coups de chopines rythmés de quelques ivrognes trop enjoués d’une taverne achalandée. Meeerde… il avait simplement envie de se rendormir, là, tout de suite. Marmonnant quelconque propos inintelligibles, le jeune homme se retourna maladroitement sur sa couche, faisant grincer au passage le sommier de bois avant de fermer les yeux à nouveau.

- Alistair, tu es prêt pour ta rencontre avec Lady Daenya? Fit la voix étouffée par la porte et presque inquiète d’Anton qui se doutait bien de l’état actuel du fils d’Oscar. N’oublie pas que le général compte sur toi… Tu n’as pas envie de te faire réprimander à nouveau, pas vrai?

La… princesse? AH MERDE LA PRINCESSE! Il avait momentanément oublié sa rencontre de ce matin et même s’il aurait préféré manger des anchois crus à la place, le jeune homme ne tenait pas particulièrement à être pendu sur la place publique pour insubordination face aux ordres du général lui-même. Se redressant d’un coup, le guerrier s’empêtra dans sa couverture, puis s’affala tête première au sol, sa gueule faisant une rencontre inusitée avec les dalles de pierres froides qui soutenaient la pièce. Dans un grognement d’insatisfaction, il se redressa, se tortilla pour se débarrasser de ses liens de tissu, puis se massa la mâchoire un instant.

- Oui, oui… J’arrive Anton! S’écria-t-il, la voix encore enrouée.

Bon, pas le temps de s’apitoyer sur sa boîte crânienne douloureuse ou même sous son manque flagrant d’appétit frôlant la nausée, il devait vite s’habiller et se donner un semblant de contenance! Son regard verdoyant (et un peu terne, faut-il le préciser) scruta le miroir qui trônait sur son mur et il réalisa, avec une insatisfaction pas tout à fait assumée, qu’il avait mauvaise mine. Pour dire vrai, sa gueule pouvait rivaliser avec le cul d’un âne d’âge mature… Bon… Il devait faire quelque chose et vite! Notant une bassine d’eau destinée au nettoyage sommaire, il s’empressa de se débarbouiller le visage (enlever la bave était, somme toute, une priorité), puis de passer un coup rapide sur le reste de son corps, les aisselles en particulier histoire de ne pas sentir la carcasse ambulante. Dès que ce fut fait et malgré les appels incessants d’Anton qui voulait le voir sortir au plus vite, Alistair prit la peine de replacer sa chevelure courte pour avoir un minimum de classe, puis se rua sur sa commode pour y sortir des fringues.

Un pantalon de cuir marron, une tunique bleu marine, un manteau long gris très foncé et des bottes finement travaillées fut la tenue de prédilection. Un collier en argent donné par sa mère lors de son embauche au sein de l’armée fut glissé autour de son cou et le guerrier s’empressa de fixer son épée à sa ceinture de cuir. Dès que son apparence globale fut des plus acceptables, il ouvrit la porte à la volée, prenant un air nonchalant alors que son regard se posait sur sa vieille connaissance qui assumait des airs irrités, un verre d’eau en main. Bon après… le futur garde du corps ferma subtilement la porte derrière lui, peu soucieux de démontrer au grand jour le foutoir qui régnait dans sa chambre…

- Tu en as mis du temps, jeune homme… Marmonna l’homme grisonnant. Bois ce verre d’eau avant tout, ça fera disparaître ton haleine de chacal…

- Je voulais simplement tester ta patience, Anton, ne le prends pas comme ça…

Vraiment, l’ami de son père le connaissait trop bien. Il avait bien calculé son coup, étant certain que le soldat irait se saouler comme un ivrogne la veille même de sa première rencontre avec la princesse. Sans plus attendre, Callahan agrippa le verre, puis le vida dans un trait, faisant claquer sa langue au passage alors que la sensation pâteuse se dissipait. Malgré le martèlement incessant de son crâne meurtri par les vapeurs d’alcool, le guerrier esquissa un sourire charmant et réprima la légère nausée qui menaçait de l’envahir. Il tendit ensuite le verre vide vers son vieil ami… qui haussa un sourcil avant de tourner les talons. Bon… okay… Il allait simplement laisser le gobelet heu… là au sol? Une servante le ramasserait bientôt, pas vrai? Dès que ce fut chose faite, le soldat rattrapa Anton, puis marcha à ses côtés, les mains dans le dos.

- Lady Daenya est en plein goûter matinal avec ses suivantes, expliqua l’interlocuteur d’Ali. Elle te recevra dans son salon de thé, puis elle décidera ensuite de la planification de sa journée. Ne me demande pas de quoi il s’agit, je ne fais pas partie de son service personnel. Et change-moi cet air de ton visage, idiot! Tu n’as pas le choix, tu le sais.

Il était visiblement hors de question que Callahan lui fasse honte à nouveau, comme devant le général. Il devait donc superviser un goûter entre copines… oh bon sang. Il sentait déjà que toutes les fibres de son corps étaient surstimulées devant cette révélation-choc! Il allait entendre parler de bas-culotte, de coiffure et dentelle tout l’avant-midi. IL AVAIT HÂTE (insérez ici et un sarcasme lourd de sens).

- Dis-moi, tu en as d’autres des bonnes nouvelles comme ça, histoire que je contienne ma joie de vivre débordante? Laissa échapper le jeune homme d’un ton cynique.

S’il avait pu, Anton l’aurait fait cramer sur place… il aurait pu en mettre sa main à couper! Devant l’air presque vorace de celui qu’il considérait comme un oncle, le jeune homme de 26 ans secoua doucement la tête, un air PRESQUE résigné au visage. D’accooooord, il tenterait de faire bonne figure. Simplement, il ne comprenait pas pourquoi il devait être présent dans un simple goûter. Devait-il protéger la princesse d’une attaque sordide de petits fours? Ou du jet bouillant d’une tasse de thé lancée avec véhémence? Ou alors devrait-il lui flanquer une gigantesque claque dans le dos si elle devait s’étouffer avec un bleuet? Bref, inutile de préciser qu’il garda – cette fois – sa pensée pour lui-même, peu désireux de courroucer Anton outre mesure. Après tout, il faisait réellement peur lorsqu’il était hors de lui…

Les deux hommes traversèrent l’aile de l’armée dans un silence presque mutin alors que Callahan appréhendait honnêtement son futur travail. Ils foulèrent ensuite les pavés bien luisant du palais de Red Keep, puis bifurquèrent dans une aile jusqu’alors jamais visitée par le fils d’Oscar. Visiblement, seuls les nobles et la haute monarchie avaient accès à ces lieux foutrement riches. Pendant une fraction de seconde, le jeune homme se sentit… indigne de marcher en ces lieux. Ce n’était pas sa place… Il était soldat et un cul terreux comme l’avait si bien fait remarquer le général. Tout ça, c’était trop extravagant pour lui. Malgré tout, il suivit docilement Anton jusqu’à une porte finement travaillée où se tenait un garde royal. Ce dernier avisa les nouveaux venus d’un air critique, puis hocha de la tête lorsque l’homme grisonnant lui expliqua l’objet de leur visite. Alistair était le nouveau garde du corps personnel de Lady Daenya. Cette dernière était au courant de sa venue. Le garde hocha de la tête, puis se tourna pour ouvrir la grande porte non sans avoir préalablement toqué.

- Lady Daenya, votre nouveau protecteur est arrivé.

Le soldat s’écarta Anton entra le premier, suivi de près par Callahan qui jeta un coup d’œil intrigué dans le petit salon de thé. La princesse était installée avec deux damoiselles et le jeune homme de 26 ans se sentit soudainement scruté à la loupe, comme s’il passait avant tout un examen visuel. Les mains dans le dos, il se tenait bien droit, histoire d’au moins faire bonne impression.

- Lady Daenya, c’est avec un immense honneur que je vous présente le soldat Alistair Callahan qui a été choisi pour assurer votre protection,
déclara Anton en s’inclinant avec respect. Il a été choisi pour ses compétences et sa loyauté indéfectible pour la famille royale. Nous espérons fortement que vous serez satisfaite du candidat que nous avons sélectionné pour vous.

L’homme grisonnant jeta un regard au fils d’Oscar et ce dernier s’inclina devant sa nouvelle protégée, déclarant qu’il était honoré de faire sa rencontre. Bon, déjà ça se passait plutôt bien. Il n’avait pas fait de bourdes jusqu'à présent. Évidemment, l’ami de son père s’était bien gardé de mentionner qu’il lui arrivait de manquer de respect et de ne pas trop réfléchir avant d’agir, mais bon… Pouvait-il réellement lui en vouloir? Ce n’était pas très vendeur comme description .Au bout d’un moment, Anton se retira et la porte se referma derrière Callahan qui se demandait où se mettre. Bon, le mieux était de s’installer près de la porte et d’attendre. Putain, ça allait être emmerdant comme boulot! Et ce foutu mal de bloc qui persistait… au moins, les nausées, elles, avaient prit la poudre d’escampette.

Et voilà que les conversations reprenaient… sur des sujets dont il se fouuuuuutait! Ça parlait d’une soirée ou quelque chose comme ça. Bon, il devait garder en tête qu’il était payé pour assurer la protection de Lady Daenya, pas pour pimenter la conversation de ses propos ironiques. D’ailleurs, il en profita pour détailler cette dernière. Un joli brin de fille, ça il devait l’admettre! Ses longs cheveux platine coulaient sur ses épaules et ses yeux brillaient comme des améthystes. Sa silhouette, visiblement attrayante, était couverte d’une robe somptueuse digne de son rang. Bon, après, malgré son joli minois, il espérait honnêtement qu’elle ait du plomb dans la tête. Certes, les rumeurs n’étaient pas contre elle, mais devait-il réellement s’y fier? Il préférait nettement se faire sa propre idée. Au bout d’un petit moment, alors que l’une des damoiselles de la cours piaillait comme une poule hystérique, Alistair constata que la princesse avait également portée son attention sur lui. Est-ce qu’elle le détaillait de la même façon que lui? Après tout, ils allaient devoir apprendre à se connaître, pas vrai?
♔ Soldat Targaryen
♔ Garde du corps de la Princesse Daeyna
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Ven 7 Juil - 18:58
Daeyna était arrivée depuis seulement quelques jours qu'elle avait déjà envie de s'enfuir ! Claw Islands était bien triste en comparaison à King's Landing mais elle y était libre... et même si elle y jouait aussi un rôle où elle devait porter régulièrement un masque, elle n'avait pas à agir comme elle le faisait au château. Dans la Capitale, elle ne savait plus à qui elle pouvait faire confiance... sans compter qu'elle n'était plus la même jeune fille naïve qu'elle était avant son départ. Elle ne faisait plus confiance aussi facilement et était devenue maître dans l'art de camoufler ses émotions !

À Claw Islands, elle aimait avoir des responsabilités, pouvoir diriger sa maisonnée. Elle avait l'impression de servir à quelque chose, d'être utile... mais surtout qu'on respectait ses nombreux talents, qu'on avais confiance en elle.

Au Red Keep, elle était seulement une poupée de porcelaine, une jolie oeuvre d'art qu'on paradais, habillée de tenues somptueuses. Elle passait ses journées à tisser, à monter à cheval ou encore... à recevoir des Lady de la cour qui adoraient prendre le thé en sa compagnie afin de lui raconter les derniers commérages de la cour ou encore mieux apparaître dans les couloirs du château à ses côtés. Chaque jour, c'était les mêmes conversations fastidieuses ; les mariages prochains, les nouvelles tenues à la mode,... Chaque jour, Daeyna se prêtait au jeu, car c'était là son rôle en tant que princesse, avec au visage son masque habituel. En apparence, elle se montrait intéressée et agréable, mais à l'intérieur... Elle aurait aimé être à des kilomètres !

Malgré tout, elle savait que cette proximité avec les dames de la cour finirait pas lui être utile. Au fil du temps, elle parviendrait à faire délier les langues et à obtenir des informations qui pourraient être cruciales pour la Famille Targaryen. Car il était évident que son cher frère, le Roi, ne possédait plus la fidélité indéfectible de ses sujets... Et même si Daeyna n'avait aucune affection pour Aegon, il était le Roi. S'il devait perdre le trône... Khanrell serait en danger.

La situation actuelle ne semblait pas aussi dramatique mais l'état psychologique du Roi ne s'améliorait pas... Il fallait que Daeyna protège ses arrières et ceux de sa soeur à tout prix. D'abord, en se créant un entourage constituer de personnes loyales et dignes de confiance, mais aussi des statèges, des gens brillants...

En regardant les deux femmes qui se tenaient devant elle, Daeyna avait envie de pousser un long soupir de découragement, voir même d'hurler ! Elle espérait fortement que ces deux-là avaient plus dans la tête que ce qu'elles dégageaient. Ni une, ni l'autre, ne semblait très brillantes... Leurs cerveaux conjugués devaient être de la taille d'un petit pois...

Si la princesse tentait de dévier la conversation vers des sujets un peu plus intéressants, et beaucoup moins féminins, elles écartelaient les yeux, balbutiaient des stupidités et ramenait la conversation d'une façon très peu subtile, car la subtilité était un art qu'elles ne maîtrisaient apparemment pas, sur les seuls sujets sans intérêt qui les intéressaient tout particulièrement... C'était d'un ennui !

Quand la porte s'ouvrit enfin et qu'on lui présenta son nouveau garde du corps, Daeyna eut presque envie d'embrasser ce dernier tellement elle était heureuse de l'interruption ! Néanmoins, elle se força à coller sur son joli visage un air ennuyé, comme si les soldats la dérangeait pendant qu'elle avait une discussion importante ou encore très divertissante... ce qui n'était clairement pas le cas.

Un garde du corps... La jeune femme ne savait pas si elle devait se sentir insultée ou apeurée. Le Roi sentait-il que la famille royale était à ce point en danger qu'il avait besoin de lui coller aux fesses un chaperon 24 heures sur 24 ou alors doutait-il de la loyauté de sa propre sœur et lui avait-il assigner un espion ? Daeyna se promis de connaître le fin mot de l'histoire car il était clair qu'elle ne l'aurait pas avec Aegon. D'ailleurs, pourquoi n'avait-il pas aussi assigné un garde du corps à Khanrell ?...

Au moins, l'homme qu'on lui avait attitré n'était pas laid comme le cul d'un cheval, c'était déjà ça... Il semblait un peu plus vieux qu'elle et était plutôt bel homme. Apparemment, ses suivantes avaient constatées la même chose, car elles riaient nerveusement et lui faisait des sourire niais, en tentant de paraître séduisantes pour échouer misérablement... Daeyna le détailla un instant, sans gêne, un léger sourire en coin puis hocha la tête, lui souhaitant silencieusement la bienvenue, puis porta de nouveau toute son attention aux deux femmes qui l'accompagnait. Oui, il était plutôt séduisant. Quel dommage qui n'ait pas un rang social un peu plus élevé... La princesse ne pouvait pas se permettre de s'enticher d'un homme comme lui.

La conversation repris, cette fois à propos du bal qui aurait lieu le lendemain. Le bal... Si les deux suivantes étaient enthousiastes à l'idée d'assister la princesse à se préparer au bal, Daeyna n'était pas aussi excitée qu'elles. Elle avait vu la robe ou plutôt le morceau de tissus qu'elle devait porter pour l’événement. La princesse aimait démontrer une certaine classe quand elle apparaissait publiquement, pas de ressembler à une courtisane ! Elle n'avait pas besoin de se dénuder pour se sentir séduisante... Apparemment, le Roi n'était pas du même avis et insistait pour qu'elle porte cette robe, qu'il avait fait confectionné spécialement pour l'occasion. Bien entendu, il s'attendait à ce que ses soeurs, car Khanrell aussi porterait une robe semblable, soient honorées par une telle marque de gentillesse, pas cet intérêt qu'il démontrait à leur égard.

Daeyna mis fin gentiment à la conversation en demandant à ses dames de préparer, justement, ce qui lui fallait pour le lendemain pendant qu'elle irait marcher avec Alistair. La seule mention du nom de son garde du corps suffit à faire rire nerveusement les deux jeunes femmes qui se mirent à scruter de nouveau le jeune homme... qui ne semblait pas mal à l'aise de se faire épier de cette façon, outre mesure.

La princesse se leva du fauteuil qu'elle occupait et lissa sa magnifique robe  puis se dirigea vers Alistair.

- Accompagnez-moi, voulez-vous... J'aimerai que nous discutions, tous les deux.

Bien entendu, la question ne nécessitait aucune réponse. La jeune femme pris les couloirs du château et fût silencieuse jusqu'à leur arrivée dans les jardins royaux.

- Alors, dites-moi Alistair... Il est rare qu'un homme de votre âge soit attiré par un travail comme celui-ci... Ils préfèrent habituellement se battre, démontrer leur courage et leur valeur sur les champs de bataille, plutôt que de tenir compagnie à la gente féminine... Je comprends que vous devrez me suivre dans toutes mes activités, être à mes côtés presque constamment... Ce n'est clairement pas un choix que vous avez fait, car il n'y a pas grand chose à en tirer pour vous... Sauf peut-être si la princesse insiste auprès du Roi afin de vous octroyer une position... plus avantageuse ?
Fondatrice de DOW
♔ Princesse
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Jeu 13 Juil - 15:51
Quinze dalles, seize dalles, dix-sept dalles, dix-huit dalles… Bah quoi? Il passait le temps comme il pouvait! Compter les dalles du plancher était une activité comme une autre, faute de pouvoir compter les moutons sans se rappeler qu’il aurait franchement dormi plus en ce foutu matin ensoleillé d’été. De toute façon, son absence d’esprit ne faisait de mal à personne et passait totalement inaperçue, puisqu’il faisait bien attention de ne pas se composer un air hagard au visage, par le fait même. Avoir l’air d’un attardé mental ne jouerait pas en sa faveur, dans l’immédiat! Il avait beau exécrer ces poupées de luxe, il n’allait quand même pas perdre la face devant elle pour autant! Bon… il fallait dire qu’épier le plancher librement pouvait potentiellement laisser croire à une forme de timidité de sa part, ce qui n’était foutrement pas le cas! Okay, okay, okay… Changer d’activité mentale était soudainement une idée attrayante. Que pouvait-il bien faire alors? Compter les pierres au mur? Essayer d’en faire des formes en les reliant mentalement les unes aux autres? Ou alors… compter le nombre d’âneries que pouvaient dire ses adorables compagnes pendant qu’il était en leur présence? Voilà une excellente idée! Merde, s’il avait commencé cette activité plus tôt, il en serait surement déjà rendu à 15… Bon, il fallait bien commencer du début, pas vrai?

Une, deux… trois? Hmmm… Ah? Sa protégée décida soudainement de congédier ses suivantes, désireuse de se balader en sa présence, probablement dans le but d’échanger un peu. Ça promettait! Les regards des damoiselles coulèrent en sa direction et c’est sans grande surprise qu’Alistair put noter leur air à la fois timide et nerveux. Bin… C’est qu’il savait que sa simple vue ne piquait pas trop les yeux! Ça venait justifier le fait qu’en général, il n’avait pas vraiment de mal à se trouver une compagne de nuitée lorsqu’il décidait de sortir en taverne pour une cuite bien placée. Et puis bon, des jouvencelles comme elles devaient aimer les jeux de séduction et espéraient peut-être se faire courtiser par le soldat… Dans leurs rêves! Quoique… la petite de droite n’était pas si mal… Lui relever les jupons POURRAIT être envisageable, un jour. Enfin, il devait bien admettre que la princesse Targaryen était de loin la plus jolie du lot, mais devait-il s’attendre à autre chose? Elle avait accès à tout ce qu’il y avait de mieux et se devait surement d’être parfaite en tout point. Mais un charmant minois ne reflétait en rien le niveau de matière grise qui trônait au fond de son crâne joliment coiffé. Que pouvait-il ajouter à ça? Les idiotes fragiles ne l’attiraient guère, un point c’est tout.

La représentante de la monarchie se leva dans un mouvement gracieux, laissant couler sa sublime robe contre son corps afin que tout soit correctement en place dans un geste qui était probablement calculé. Dans un mouvement élégant, elle s’approcha de lui, ignorant désormais les jeunes femmes présentes qui piaillaient comme des petites poules surexcitées. Dans un mouvement oculaire instinctif, Alistair observa sa nouvelle protégée de la tête aux pieds, puis inclina poliment de la tête alors qu’elle lui demanda de bien vouloir l’accompagner dans le but de discuter un peu. Enfin… « Demander » était un bien piètre qualificatif. « Sommer » était plus approprié. Callahan fit un pas en arrière pour laisser passer la princesse, puis sortit du salon de thé à sa suite, marchant à ses côtés d’un pas lent dans les couloirs aux planchers de marbre. Leur progression se fit mutine, mais dépourvue de malaise. De toute façon, Ali ne savait pas trop quoi dire pour briser la glace, faute de savoir à quel genre de personne il avait réellement affaire. Ce n’est qu’une fois arrivé dans les somptueux jardins royaux que Lady Targaryen rompit le silence, tentant de cerner verbalement le personnage représenté par Alistair Callahan. Tiens, voilà qui était d’une justesse stupéfiante : un jeune homme préférant se battre, démontrer son courage et sa valeur sur les champs de bataille, plutôt que de tenir compagnie à la gente féminine. C’était tout lui! Avait-elle remarqué l’ombre d’emmerdement total qui l’avait pris d’assaut alors qu’il se trouvait dans le salon de thé?

Néanmoins, pour une femme assurément superficielle, Daenya Targaryen avait au moins l’avantage d’être éloquente et perspicace! Elle avait déjà un pas d’avance sur ses pimbêches de dames de compagnie aux yeux du garde du corps. Restait à savoir si sa lucidité était plus profonde que ce simple constat de fait. La supposition qu’étala la Lady soutira une expression surprise de la part de Callahan : une position plus avantageuse? Attendez, que voulait-elle dire par là? Lui offrait-elle un titre plus intéressant que simple garde du corps advenant ses bons services? Alistair scruta les traits de la jeune femme royale de son regard verdoyant et inquisiteur, tentant visiblement de lire entre les lignes. Hmmm…

- Me permettez-vous d’être franc et direct, Milady? Fit-il en continuant de marcher à ses côtés, les mains dans le dos. Évidemment, le cul terreux attendit l’autorisation de sa supérieure avant de se prononcer. Bah quoi? Il avait peut-être la langue bien pendue, mais il n’était pas complètement impertinent… ou suicidaire (lire ici : le moment où le général a laissé planer la menace d’une pendaison au-dessus de sa tête). Pour dire vrai, me retrouver ici, près de vous, ne faisait absolument pas partie de mes plans de vie, ni présents, ni futurs. Je considère effectivement que ma place est sur le champ de bataille à servir notre patrie corps et âme plutôt qu’à arpenter les couloirs richissimes de Red Keep en charmante compagnie. Toutefois, il semblerait que mes capacités en tant que guerrier soient parvenues aux bonnes oreilles, ce qui m’a gracié de cette nouvelle position. Pour dire vrai, je convoitais le titre de capitaine d’escadron dans le but évident de grimper un jour les échelons de l’armée Targaryen, mais sa Majesté en a voulu autrement, visiblement. Discuter les ordres monarchiques a – dira-t-on – cet aspect périlleux qu’il vaut mieux éviter.

Il tourna son regard vers sa compagne du moment, cherchant une quelconque forme de désapprobation de sa part. Après tout, il savait pertinemment que sa franchise pouvait parfois déranger, voir même choquer. Pourtant, il ne pouvait rien y percevoir, que le marbre typique et quasi inébranlable de la haute royauté. Hmmm… Ainsi, elle ne faisait pas partie de cette caste de femmes aux larmes faciles et à l’émotivité à fleurs de peau. Bien joué, mademoiselle la princesse! Elle ne faisait pas partie de ce moule écœurement typique, ce qui la rendait un peu plus difficile à cerner. Bien! Les défis lui plaisaient, ce qui rendait cette nouvelle situation un peu plus… divertissante? Tournant la tête afin de regarder devant lui, le soldat suivit le mouvement de sa protégée et bifurqua vers la droite pour passer entre de somptueux rosiers dont la floraison était à couper le souffle.

- Malgré mon envie évidente de servir une cause tout autre, je tiens à vous assurer, Milady, que mon travail n’en sera pas plus affecté. Mon épée vous sera assurément loyale. Mais je tiens à vous informer d’un détail me concernant. Voyez ça comme une façon de jouer cartes sur table, alors que nous entamons à peine notre… partenariat? Le fait est : si vous me demandez mon avis sur quoi que ce soit, je ne serai pas le genre d’individus à enjoliver mes propos simplement pour faire bonne figure, à l’instar – et j’en suis sûr – de vos dames de compagnie. On m’a déjà reproché la rudesse de mon parler et je crois qu’il est important que vous en soyez au courant dès le départ. Si je peux assurément m’efforcer à faire preuve de tact en public pour éviter toutes ambiguïtés vous concernant, il est peu probable que joue les bons chiens-chiens devant un aristocrate un peu trop impertinent ou pédant.

Alors que le duo s’approchait d’une fontaine somptueuse à l’effigie du dragon emblématique de la famille royale, Alistair ne put s’empêcher de revêtir un air songeur alors qu’il ramenait son attention sur sa protégée.

- Mais dites-moi, avez-vous simplement eu votre mot à dire dans toute cette histoire, Milady? Demanda-t-il, tout simplement. Parce que si le champ de bataille m’appelle énormément plus, j’en viens à la conclusion que votre liberté la plus totale était probablement davantage attrayante pour vous que de devoir vous trimballer un garde du corps en permanence, je me trompe? Je connais la situation tendue de l’illustre lignée Targaryen face à la Maison Blackfyre et on m’a informé que mon affiliation à vos côtés découlait, entre autres, des tensions grandissantes. Au vu de votre position favorable au sein de la famille royale, je suppose qu’une protection supplémentaire est de mise… mais qu’en est-il de votre pouvoir décisionnel dans tout ça? Est-ce que ma présence vous a été imposée?

Après tout, la franchise et l’honnêteté étaient des éléments qui pouvaient faire preuve de réciprocité. Alistair ne se sentirait décidément pas des plus malaisés de savoir qu’il représentait une épine dans le noble pied de la princesse. En fait, il s’en doutait même un peu. Qui, dans ce foutu monde, aimait l’idée de se faire surveiller en permanence? La liberté était, selon lui, cruciale pour s’épanouir et aussi monarchique fut-elle, Daenya Targaryen ne devait pas faire exception à cette règle. Bon après, c’était dur de deviner ce à quoi elle pensait, vu cette expression de marbre qui siégeait sur son visage presque parfait. Au fond, peut-être que n’avoir aucune émotion était un prérequis pour survivre dans cette foutue cage dorée revêtue de froufrous superficiels? Qui pouvait lui en vouloir, au fond? Assurément, être princesse devait avoir ce je-ne-sais-quoi d’aliénant à la longue. Naaan, son opinion n’était pas du tout biaisée… Dans tous les cas, si tel était le cas, le temps risquait d’être long en sa présence!

Des ricanements se firent entendre et trois damoiselles de la cour (visiblement des filles de bonne famille) jacassaient non loin, parlant de mariage avec de potentiels princes charmants et profitant de la sublime journée. L’une d’entre elles remarqua la présence de la monarque et s’empressa de s’incliner avec grâce et respect, se contentant de la saluer bien bas et de la complimenter sur sa tenue du jour. Ce fut plus fort que lui, Ali poussa un léger soupir d’irritation, puis se redressa pour faire honneur à son rang. Après tout, son air décontracté de plus tôt ne ceignait peut-être pas pour une dame de qualité comme Lady Targaryen. Et puis quoi? Ces pimbêches étaient partout ou quoi? Oh il fallait dire que Daenya avait une jeune sœur, Khanrell, qui devait elle-même avoir sa ribambelle de nunuches pour la complimenter à tour de bras. Quand le trio de poupées parfaites s’éloigna, Callahan ne put s’empêcher de lever le regard vers le ciel, lâchant machinalement un :

- Est-ce réellement les uniques sujets de conversation disponibles dans ce palais? Les mariages, les bals, les robes… Pffffff…

Si elle avait réellement envie de s’amuser, le soldat était prêt à accompagner sa protégée dans les quartiers populeux de King’s Landing dans quelques établissements agréables de sa connaissance. Les tavernes sympas étaient monnaie courante et les divertissements sur la place publique ne manquaient pas. Il y avait des manières foutrement plus intéressantes de passer son temps! Il suffisait de se mêler un peu à la masse populaire… ce que la plupart des donzelles de hautes familles répugnaient à tort… Après tout, la pauvreté n’était-elle pas une maladie contagieuse? Ahahaha.
♔ Soldat Targaryen
♔ Garde du corps de la Princesse Daeyna
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Jeu 20 Juil - 19:30
Cette conversation avec Alistair Callahan lui plaisait. Le jeune soldat était direct, honnête et allait droit au but. Dans cet univers où il y avait tant de gens faux, avoir quelqu'un comme lui à ses côtés avait quelque chose de rafraîchissant qui ne lui déplaisait pas du tout. La plupart du temps, les gens avaient peur de dire le fond de leurs pensées à la princesse de peur de lui déplaire, même si elle leur demandait d'être honnête. Le regard de Callahan était franc, exempt de toute tromperie.

- Votre franc parler me ravie, Callahan. Ce partenariat, comme vous l'appelez, pourrait être intéressant... et votre compagnie me sera sûrement beaucoup plus divertissante que celle de mes suivantes.

Daeyna observa un instant le profil de son garde du corps, le détaillant d'un regard appréciateur.

- Quoique je sais que vous rêvez à de plus hautes fonctions, je suis heureuse de savoir que je peut compter sur votre loyauté. N'ayez craintes, toutefois, je ne compte pas vous garder à mon service indéfiniment... Mon frère finira incessamment par me marier et votre présence à mes côtés n'aura plus sa raison d'être... À ce moment là, si vous m'avez bien servi, je vous promets de plaider en votre faveur afin de vous obtenir une promotion.

Daeyna marqua une pause et un sourire amusé se dessina sur son joli visage.

- Vous seriez naïf de croire qu'une femme, princesse de surcroît, ait un mot à dire sur son destin, quel qu'il soit... Les femmes de la royauté et de la noblesse n'ont pas plus le droit de parole que celles qui sont nées paysannes ou courtisanes... Mon frère a décidé que je me devais d'avoir à mes côtés un protecteur, malgré le fait que je reviens tout juste d'une absence de 5 ans et que je n'ai jamais eu à craindre pour ma sécurité. Mon avis ne sera pas requis non plus lorsque viendra le temps de choisir mon futur mari. Il pourrait être très vieux ou beaucoup trop jeune, beau ou affreusement laid... Il pourrait être violent comme il pourrait être un homme bon. Je ne le saurai que lorsque je serai bel et bien mariée et que rien ne me permettra de m'échapper de son emprise.

Bien des personnes aurait mentionné ces mots avec tristesse, mais le ton de Daeyna était résigné. Elle savait depuis longtemps à quoi s'attendre, elle s'y était fait à l'idée. Elle avait eu de la chance d'avoir eu 5 ans plutôt heureuses, un premier mariage plutôt heureux. La jeune femme espérait bien sûr qu'elle aurait de nouveau cette chance mais il était rare pour une princesse de faire un mariage d'amour... L'amour et choisir, deux privilèges qui étaient bien rare parmi la royauté...

- La liberté ne sera jamais une option pour moi. Une princesse est toujours observée, étudiée. Il y a toujours un regard sur moi, à chacun de mes déplacements. Je ne suis jamais seule ; je suis accompagnée de servantes ou de dames de compagnie. Des lady me visitent pour prendre le thé et discuter des derniers potins ou alors des derniers mariages... Gérer le Keep m'aurait ravie, mais mon cher frère préfère gérer lui-même les affaires du château ou alors déléguer ce qu'il peut au conseil restreint...

La princesse avait changé très légèrement d'intonation en prononçant le mot ''cher'' et espérait que Callahan ne s'en ait pas rendu compte. Il était difficile de garder le peu d'amour qu'elle éprouvait pour son frère secret et même si elle ne l'avait pas caché à Khanrell... Khanrell était sa sœur. Alistair était encore un étranger... Il était facile de comprendre que Daeyna désirait ardemment être entourée de gens vrais, de relations sincères... mais il était si difficile de trouver des gens honnêtes qui passait du temps avec la princesse pour autre chose que pour les avantages que ça leur donnait. Il était donc difficile pour la princesse aînée de faire confiance à qui que ce soit, malgré l'envie insatiable qu'elle avait d'essayer.

La conversation sérieuse qu'ils avaient fût interrompue par des rires, tout près d'eux. Quelques demoiselles étaient en pleine discussions futiles... qu'elles arrêtèrent en apercevant la princesse et son garde du corps afin de s'incliner respectueusement et de complimenter Daeyna sur son apparence. Des compliments qui n'étaient pas nécessaires et sonnaient de plus en plus faux, à chaque fois qu'elles les entendaient.

La princesse leur sourit aimablement puis s'éloigna. Callahan ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel, ce qui fît sourire, cette fois d'une façon plus sincère, la jeune femme.

- Malheureusement, j'ai bien peur qu'ils soient difficiles pour ces femmes d'avoir d'autres sujets de conversation. Vous pouvez essayer, si vous avez la patience pour le faire, mais j'ai l'impression que vous serez déçu... J'ai tenté le coup quelques fois mais je me suis vite fait à l'idée que ces femmes n'avaient aucune envie d'avoir des conversations plus intelligentes. Être impersonnelle est devenu comme une seconde nature pour la majorité d'entre elles... Je ne fais pas exception, je crois. Nous apprenons bien jeune que nous devons porter un masque et éviter de démontrer nos réels sentiments. Dévier, être différentes des autres, n'est pas une option. Les lords veulent des épouses dociles, qui leur feront des héritiers, et non pas des femmes de tête, des femmes intelligentes, qui aideront à diriger leur foyer, à honorer leur Maison... Un Lord ne veut pas que sa femme lui fasse de l'ombre. Quel déshonneur ce serait...

Daeyna s'arrêta. Elle avait beau être une princesse, il fallait parfois s'avoir quand il était temps de s'arrêter. Peut-être Alistair était-il comme tous les autres hommes et qu'il pensait que le rôle d'une femme était d'être belle et de se taire, simplement ?

- J'ai bien peur que ce rôle à mes côtés ne soient pas bien amusant pour vous mais il est évident que jamais je ne vous empêcherai de vous amuser, Alistair. Vous êtes jeunes et bel homme, un aveugle le remarquerait... Une fois que je serai retirée dans mes appartements, des gardes seront postés à ma porte. Vous serez alors un homme libre de faire ce que vous voulez... Tant que vous me racontez des anecdotes et des histoires cocasses, question de me distraire légèrement du sérieux de la cour... et de toutes ses manigances !  


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Mer 9 Aoû - 9:47
Les bras croisés sur la poitrine, le garde du corps de la princesse Targaryen fixa son interlocutrice, un sourcil soigneusement relevé et une mine presque ironique au visage. Franchement, les damoiselles de la cour n’avaient absolument rien d’impressionnantes ni même d’intéressantes, outre leur joli derrière fait pour être culbuté. Pouvait-on croire qu’Alistair n’était rien d’autre qu’un misogyne de service? Peut-être, mais pourtant, ce n’était pas réellement le cas. Il avait simplement… les poupées de la noblesse un peu en horreur, c’est tout.

Sa protégée prit la parole, expliquant à son nouveau protecteur à quel point il était futile de tenter toute approche intelligente avec les dames qui siégeaient à la cour de la royauté. Visiblement, elle avait elle-même tenté une approche différente et contre toute attente, son point de vue sur le sujet était… incroyablement intelligent. Au fond, ce qu’elle tentait de lui expliquer, c’était que ces mêmes petites pimbêches n’étaient rien d’autres que des femmes coincées dans des prisons dorées et dont l’intellect était si peu stimulé qu’elles en devenaient presque abruties au fil du temps. C’était d’une tristesse, maintenant qu’il y portait un peu plus attention. Elle n’avait pas tort : les nobliaux et Lords de ce monde n’appréciaient que très peu les femmes de tête prêtes à raisonner comme un homme. Ils les préféraient nettement crédules, jolies, dociles et aptes à faire des bébés avec autant d’aisance qu’une chatte domestique.

Baissant le regard un instant vers le sol, le guerrier hocha lentement de la tête, un air songeur au visage, en guise de compréhension. Comme il était heureux d’être né avec le bon sexe entre les jambes! C’était tellement plus simple, plus facile! Dans tous les cas, pour le moment, il voyait la princesse Daenya d’un autre œil. Peut-être n’était-elle pas aussi stupide que ce qu’il avait initialement cru? Il était prêt à concevoir que, PEUT-ÊTRE, il l’avait sous-estimée. Bon après, il fallait plus que quelques propos bien placés pour soulever réellement son intérêt… Mais au moins, ça partait du bon pied! Relevant légèrement son regard verdoyant, le jeune homme jeta une œillade en direction de la damoiselle royale, écoutant attentivement la suite de ses propos qui, malgré lui, lui soutirèrent un sourire en coin. Tiens, elle ne comptait pas le garder en laisse en permanence près d’elle? Voilà qui était plutôt intéressant. Soudainement, sa condition lui paraissait moins fataliste. Il se sentait moins prisonnier, surtout s’il pouvait jouir d’un minimum de liberté. Le compliment suivant ne passa en rien inaperçu et Alistair ne put s’empêcher de ricaner légèrement. Tiens donc, sa gueule plaisait un tant soit peu à la jolie princesse Targaryen? Enfin, pas qu’il se croyait particulièrement moche (il était en fait plutôt conscient de l’attirance qu’il pouvait susciter chez les femmes en général), mais étrangement, il n’aurait jamais cru attirer l’attention – même aussi minime – de la sœur du monarque un jour! C’était… plutôt flatteur, il devait bien l’admettre.

Daenya prétendit qu’il serait libre pour la journée dès le moment où elle mettrait les pieds dans ses appartements privés, lui demandant en échange quelques histoires divertissantes et potins croustillants pour son amusement personnel. Oh ça… il en avait plein la besace! Mais qu’allait-elle faire de bien intéressant, enfermée dans sa cage dorée? Le temps devait y être foutrement long, pas vrai? Hmmm… Peut-être pourrait-il contribuer à son divertissement un peu plus longtemps, non? Tant qu’à devoir évoluer ensemble pour les années à venir, autant que la chose soit le moins barbante possible! Un air songeur au visage, Callahan hocha de la tête, puis invita sa protégée d’un vague mouvement de la main à continuer sa marche en sa compagnie.

- J’aurais cru que la vie des gens de la haute société était plus intéressante et palpitante que ce que vous en dépeignez, Dame Daenya, laissa-t-il échapper dans sa franchise implacable. De ce que je comprends, votre existence entière tourne autour de futilités dans l’unique but de vous marier à un type tout aussi riche et de lui donner une progéniture digne de ce nom. Enfin… Sans offense. Me permettez-vous de trouver cette situation plus triste que ce que j’avais initialement cru?

Il planta son regard verdoyant dans la brillance violacée des iris de la damoiselle monarchique, cherchant une pointe d’émotion dans ce simple contact visuel… chose qu’il ne put jamais percevoir. Hmmm… Elle masquait bien ses réactions… Ou alors elle était devenue si vide qu’elle ne ressentait plus le moindre sentiment. Ce n’était pas bien grave, il avait tout le temps du monde pour percer à jour sa protégée et en apprendre davantage sur elle.

- Au vu de l’éloquence dont vous faites preuve et de la qualité de vos propos, je crois que certains auraient tout à gagner de prendre la peine de s’enquérir de votre opinion sur des choses plus sérieuses qu’un foutu bal. Enfin, je ne sais pas à quel point les jupons et les rubans revêtent de l’importance à vos yeux, mais je serais curieux de connaître votre opinion sur des sujets tout autres. Mais bon, puisque notre première rencontre s’avère beaucoup trop sérieuse pour ma propre santé mentale, nous remettrons les grandes discussions existentielles à un autre moment, si vous n’y voyez aucun inconvénient!

Un sourire en coin trônait sur ses lèvres fines alors que le duo contournait un immense bosquet rempli de roses rouges. Leur promenade en cette magnifique journée ensoleillée les guida malgré eux vers un endroit moins fleuri de la cour interne du palais : au loin devant eux s’étalaient les écuries royales, bâtiments bien entretenus, mais tout de même odorants aux vues des locataires équestres qui y résidaient. Cela donnait une idée à Callahan qui avait envie de pousser sa protégée à sortir un peu de sa routine de porcelaine. Un regard pétillant fut balancé en direction de la damoiselle de qualité et le jeune homme arrêta sa marche, les mains dans le dos, avant de se retourner pour faire face à la Targaryen.

- Je ne connais pas votre emploi du temps pour la journée, mais que diriez-vous de sortir un peu des limites du palais? Suggéra-t-il. Ne suis-je pas votre garde du corps? Mon but, désormais, est de vous suivre lors de vos sorties publiques… Alors voilà, je vous suggère une petite promenade. Le ciel est dégagé, le soleil brille… Donc pourquoi faudrait-il que nous restions cloîtrés dans votre cage luxueuse? Si je peux jouir d’une certaine liberté malgré mes obligations envers vous, vous pourriez utiliser ma présence justement pour déployer un peu vos ailes sans une escorte armée, non? J’aurais deux suggestions pour vous : soit nous chevauchons complètement hors du territoire urbain de King’s Landing pour s’aventurer sur les sentiers battus campagnards, soit nous allons faire un simple tour au marché à pieds. Qu’en dites-vous? Je vous laisse choisir!

Glissant ses prunelles émeraude sur la tenue somptueuse de la jeune femme royale, Alistair ne put s’empêcher de glousser. Enfin, pas que Daenya avait l’air ridicule, bien au contraire! Elle était si sublime qu’elle pourrait faire pâlir n’importe quelle femme d’envie! Toutefois, il était évident que son apparence actuelle n’était pas appropriée pour quelconque aventure hors palais. Sa robe était beaucoup trop étincelante et serait assurément encombrante pour quelconque activité physique.

- Avant toute chose : si l’une de mes propositions vous intéresse, je crois qu’un changement vestimentaire s’imposerait. Ne vous méprenez pas, votre tenue est charmante… Mais elle est… un peu trop noble? En fait, pour pimenter le tout, j’ajoute la suggestion suivante : pourquoi ne pas revêtir quelque chose de plus sobre? Une tenue de voyageur par exemple. Savez-vous ce que ça fait d’être simplement une jolie femme parmi les communs des mortels? De ne pas être sollicitée à tout bout de champ pour votre sang royal et simplement… profiter de la vie dans la quiétude presque totale? Parce qu’assurément, notre balade ne sera pas de tout repos si tout le monde vous reconnaît d’un simple regard. Et puis, ce serait vraiment moins risqué que d’étaler votre appartenance royale au nez d’une population tout de même moins fortunée, qu’en dites-vous? Vous êtes partantes?

Se faire passer pour quelqu’un qu’elle n’est pas… Peut-être serait-elle courroucée de cette idée? Enfin, Daenya Targaryen était une Lady de renommée, tout le monde le savait. Mais être simplement… une femme comme les autres sans contraintes particulières, est-ce que ça lui était déjà arrivé? Sa vision de la vie s’en verrait peut-être un peu changé, non? Enfin, plusieurs damoiselles de la noblesse refuseraient d’emblée sa suggestion, mais Callahan était curieux de voir si sa protégée verrait sa proposition d’un autre œil.

- Nous ne nous éloignerons pas trop, je vous assure… Ainsi, au moindre pépin, nous serons rapidement de retour sous la sécurité des gardes.
♔ Soldat Targaryen
♔ Garde du corps de la Princesse Daeyna
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Mer 9 Aoû - 19:36
Alistair avait très bien saisi dans quel monde vivait Daeyna. Une lady avait habituellement la chance de s'occuper au moins de la maisonnée de son lord, il en était de même pour une princesse. Elle aurait pu aisément se charger de l'organisation du Red Keep, des évènements mondains, des servantes, etc... comme l'aurait fait n'importe quelle dame. On ne lui en laissais simplement pas l'occasion. Aegon était-il si contrôlant ou avait-il si peu confiance en les qualités de leader de ses sœurs ? Un mélange des deux, fort probablement... La situation était beaucoup plus frustrante que triste aux yeux de la jeune femme.

Néanmoins, elle était contente que son garde du corps voit en elle certaines qualités soit son éloquence et démontre un intérêt à entendre son opinion sur des sujets divers. Il la respectait donc un tant soit peu et ne pensait pas qu'elle n'était qu'une poupée de porcelaine bonne qu'à être décorative...

La princesse Targaryen ne protesta pas un seul instant quand Alistair voulu changer le sujet de conversation vers quelque chose de moins sérieux.

Elle fût néanmoins stupéfaite par ce qu'il lui offrit ensuite et ne s'en cacha même pas. Il était pourtant rare que la princesse soit si transparente dans ses émotions mais la surprise était à ce moment-là des plus claires sur son visage.

Monter à cheval ou aller en promenade n'avait rien d'extraordinaire, Daeyna aimait le grand air et s'adonnait à ces activités aussi souvent qu'on lui permettait, mais sortir incognito était une autre chose... Jamais personne n'avait réalisé à quel point cela ferait un bien fou à la princesse d'être anonyme, de ne pas avoir à faire face aux regards posés sur elle en permanence. En fait, jamais personne ne s'en était soucié... Callahan était dans sa vie depuis seulement quelques heures et déjà, il démontrait beaucoup plus d'intérêts au bien être de la princesse que l'avait fait la plupart des gens qui avaient fait partit du quotidien de la jeune femme, à un moment ou à un autre de sa vie.

Il était trop tôt dans leur relation pour considérer son garde du corps comme un ami... d'ailleurs, si elle faisait l'erreur de mentionner à qui que ce soit qu'elle partageait, en quelque sorte, une amitié avec un garde, la princesse serait sûrement la risée des dames de la cour... Les amitiés entre les classes sociales n'avaient jamais été bien vues, étaient parfois impossibles. Daeyna avait bel et bien l'intention de garder tout ça pour elle...

La jeune femme ne pût empêcher le sourire sincère suivi d'un léger rire qu'elle offrit à Alistair quand il se mit à glousser en détaillant sa somptueuse robe. Il était vrai que la princesse n'était pas habillée pour passer inaperçue... bien au contraire. Elle était vêtue exactement comme se devait de l'être une personne de son rang, comme elle en avait l'habitude.

- Je suis partante et je n'ai pas peur... Au contraire. Votre proposition me ravie ! Cette sortie me fera un bien fou...

Son sourire s'intensifia et devint plus chaleureux.

- Merci, Alistair.

La princesse baissa la tête un moment, tentant de reprendre le contrôle sur ses émotions. Était-il vraiment prudent d'être si ouvert avec son garde du corps ? D'aller se balader avec lui, comme si elle était une voyageuse ou une paysanne, afin d'oublier son quotidien et de se divertir un peu ? En levant de nouveau son regard et en voyant la sincérité dans les yeux du jeune homme qui lui faisait face, ses doutes s'évaporèrent. Elle était toujours si prudente, mais cette fois-ci, elle avait envie de s'amuser, comme toute personne de son âge...

- Il va falloir se montrer discret, par contre. Il faudrait que je passe incognito dès ma sortie du Red Keep, question de ne pas être reconnue par les nobles non plus...


Sans attendre la réponse d'Alistair, et pas peur que sa prudence habituelle ne reprenne le dessus et l'empêche de faire ce qu'elle avait vraiment envie, elle prit les devants et se dirigea vers ses appartements. En croisant une de ses suivantes, elle prétexta une fièvre et un énorme mal de tête ; il lui faudrait beaucoup de repos, des heures de solitude afin de se remettre sur pied. On lui promis donc de la déranger sous aucun prétexte.

Elle fît patienter Alistair dans l'anti-chambre pendant qu'elle cherchait une robe plus adéquate à l'activité qu'ils auraient. Finalement, elle se décida pour un pantalon de cuir et une tunique, qu'elle n'avait pas portée depuis quelques années, et qui lui servait lorsqu'elle se pratiquait à l'arc. Une activité qu'elle avait maintenant très envie de recommencer...

Elle enleva tous les bijoux qu'elle portait et enleva les couleurs dont on avait parsemé son visage afin de souligner ses traits et sa beauté.

Finalement, en cherchant dans son armoire pour trouver un chapeau ou une écharpe pour camoufler sa chevelure argenté, trop facilement reconnaissable, elle tomba sur une perruque brune, de bonne qualité, qu'elle avait acheté il y a bien longtemps en fantasmant sur un moment comme celui-ci, où elle pourrait devenir quelqu'un d'autre. Jamais elle n'avait pensé utiliser cette perruque, de sorte qu'elle était tout au fond de son armoire et qu'elle la découvrait de nouveau, par hasard.

La princesse enfila donc la dernière touche à son déguisement et se dirigea vers l'endroit où l'attendait son compagnon d'escapade.

- Alors, vous croyez que je pourrais passer inaperçue comme ça ? lui dit-elle en prenant la pose, une main sur la hanche, un sourire amusé au visage.
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Mer 23 Aoû - 16:40
Ce fut plus fort que lui, le garde du corps esquissa un sourire en coin franchement amusé devant l’audace évidente de la délicate fleur royale qui se tenait devant lui. Eh bien! Il était rafraîchissant de voir une damoiselle de la cour monarchique avec assez de cran pour suivre ses plans qui, aux yeux de quelques nobliaux, avaient visiblement quelque chose de foireux. Oh pas qu’il comptait la planter là ou un truc du genre, bien au contraire! Il allait honorer son rang et faire son boulot comme convenu! Mais certaines nobles n’aimaient aucunement l’idée de vivre quelques aventures que ce soit, sous peine d’ébranler leur trop grand confort et leurs précieux idéaux. Toutefois, ces manières coincées ne semblaient pas trop faire partie des complexités dont était composée la princesse aînée des Targaryen. Cette dernière s’était empressée d’accepter son offre, fracassant son masque d’indifférence – jusque-là presque parfait – pour laisser glisser un sourire beaucoup plus chaleureux sur son joli minois. Aaaah! Elle n’était pas faite de marbre, finalement! À la bonne heure! Voilà qui donnait un ton plus rassurant à leur collaboration future!

- Eh bien, tout le plaisir est pour moi, princesse, se contenta-t-il de répondre à son remerciement, ponctuant le tout d’une légère courbette empreinte de politesse.

Pendant un bref instant, Lady Daenya baissa le regard, visiblement rattrapée par un doute soudain, puis releva la tête pour gratifier le soldat d’un contact visuel qui, automatiquement, la rassura. Son sourire revint peindre ses lèvres rosées et elle déclara prestement que la prudence était de mise afin d’éviter d’être reconnue par les nobles de la cour dès sa sortie du Red Keep. Évidemment! Peut-être avait-il une tronche de tombeur doublé d’un guignol de service, il n’en restait pas moins capable de discrétion! Sans un mot supplémentaire, la monarque se détourna dans un tournoiement chatoyant de jupons argentés, puis s’éloigna en direction du palais… Surprenant le jeune homme de par son changement drastique d’attitude. Devait-il la suivre ou pas? C’est donc non sans une once d’hésitation que le guerrier s’empressa d'accélérer le pas pour rattraper sa protégée qui, visiblement, était bien décidée à rejoindre rapidement ses appartements.

En route dans les couloirs du palais, le duo croisa la route de l’une des dames de compagnie de Lady Daenya et cette dernière, sans un seul sourcillement, prétendit être aux prises d’une migraine effroyable ponctuée d’une fièvre naissante. Ainsi, elle aurait besoin de beaucoup de repos et d’une tranquillité indéniable pour être rapidement sur pieds. Wow… Elle était ne menteuse impressionnante! Plusieurs années de pratique au sein d’une noblesse sans le moindre intérêt, peut-être? Dans tous les cas, Callahan conserva un air neutre, se contentant de sourire intérieurement en songeant au véritable but de leur visite dans ces appartements. Étonnamment, il avait plutôt hâte à cette sortie, curieux de voir les réactions de la damoiselle de la haute monarchie devant une liberté qui, visiblement, n’était pas coutume chez elle. La suivante promit à sa maîtresse de s’assurer que personne ne la dérangerait, puis s’éclipsa rapidement.

Une fois dans les appartements privés de la princesse, le garde du corps se rendit dans l’antichambre – tel que désigné par sa protégée – et patienta sans le moindre souci, les mains dans le dos et marchant lentement dans la pièce. Son regard verdoyant scrutait les détails de la pièce qui l’englobait, beaucoup trop somptueuse pour ses origines de cul terreux. Les minutes s’écoulèrent, n’ébranlant en rien la patience du soldat qui était, en fait, plutôt curieux de voir quelle serait la tenue de prédilection de la jeune femme. Si cela ne convenait guère à la sortie qu’il prévoyait faire, il ne se gênerait en rien pour le lui faire savoir! Après tout, on disait de lui qu’il avait la langue bien pendue, et ce n’était pas pour rien! Au bout d’un moment, l’aînée des princesses Targaryen fit enfin son entrée, ses bruits de pas avisant Alistair de sa venue, lui qui était dos à elle. D’instinct, le jeune homme se retourna, puis haussa les sourcils de surprise en notant le nouvel accoutrement que portait désormais Lady Daenya. Oh wow! C’était totalement différent, et c’était peu dire!

Son visage, auparavant fardé de maquillage, avait été laissé à son état naturel (démontrant bien qu’elle était une véritable beauté, dont les artifices ne faisaient office que de simples légers agréments), sa robe somptueuse avait été troquée pour une tenue de cavalière bien cintrée soulignant sa taille fine et sa chevelure immaculée était camouflée sous de longues bouclettes brunes qui encadraient joliment son faciès. Callahan papillonna des paupières sous la surprise, puis esquissa un sourire presque charmeur, s’inclinant poliment devant la femme d’origine noble afin de la saluer poliment. Évidemment qu’il nota son sourire amusé et sa pose décontractée! Comment aurait-il pu passer outre? Une fois redressé, le soldat croisa les bras sur sa poitrine et effectua un arc de cercle lent autour de sa protégée, admirant cette dernière sous toutes ses coutures… ou presque! Non, mais! Il était hors de question qu’il soit déplacé ou vulgaire en la présence de celle qui, somme toute, était considérée dorénavant comme son employeuse! Bon après, quelques idées lui lubriques lui avaient bien traversées l’esprit, mais ça… ça restait entre lui et son jardin secret!

- Impressionnant, votre majestée! Fit-il en gloussant. Assurément, les gens auront du mal à vous reconnaître! Votre tenue reste d’une qualité indéniable sans toutefois être trop tape à l’œil. Et l’idée de cette chevelure foncée est terriblement bien songée! D’ailleurs, cette légère consonance nordique de votre apparence factice vous va à ravir, dois-je le préciser!

Visiblement, son compliment totalement assumé sembla lui plaire! Enfin… la plupart des femmes aimaient être flattées, voire même courtisées, tant que ça restait de bon goût! Lady Daenya ne semblait pas faire exception à cette règle! S’arrêtant devant elle, Callahan l’invita d’un bref mouvement du bras à le suivre afin qu’ils mettent leur plan à exécution. La journée était sublime, autant en profiter un maximum, pas vrai? Sans autre préambule, le duo s’aventura à l’extérieur des limites de l’appartement, après s’être assuré que la voie était entièrement libre (donc moins de chance qu’on reconnaisse la jeune Targaryen). La forme fut bien refermée derrière eux, puis ils déambulèrent dans le couloir en direction de la cour extérieure.

- Cette perruque, vous la possédez depuis longtemps? Demanda-t-il tout bas à son intention, s’assurant ainsi que personne ne percevait leur conversation. Ou alors caressiez-vous déjà l’idée de fuir en douce pour profiter de la vie? Voilà qui est tout à votre honneur à mon humble avis. Personne ne peut être totalement satisfait d’une vie d’emprisonnement, si luxueuse soit-elle. La vie est tellement plus belle lorsqu’on prend un tant soit peu de risques! Au fait, j’y pense, nous devrions vous trouver un sobriquet pour notre sortie. Un faux nom qui vous servira d’identité temporaire. Des suggestions? Je peux bien vous nommer moi-même, mais je doute que vous appréciiez mes sélections qui, somme toute, peuvent être un brin ridicules!

Un sourire en coin trônait sur ses lèvres fines. Simone, Gladys, Lorette ou Rénalda? Que préférerait-elle? Autant attendre qu’elle se choisisse un surnom d’elle-même, sinon il allait lui suggérer un pseudonyme du genre, ne serait-ce que pour le plaisir de voir son expression incertaine! Une fois à l’extérieur, les deux jeunes gens traversèrent la cour en direction des écuries. Malheureusement pour eux, les palefreniers avaient visiblement profité de la belle température pour sortir prématurément les montures non réservées dans le but de leur permettre de se dégourdir les sabots. Bon… rien ne les empêchait d’aller quérir deux destriers pour autant… Mais Ali avait un peu peur que les employés royaux ne dévisagent sa compagne afin d’espérer se rappeler quel était le nom associé à ce joli minois. Un air un peu embarrassé au visage, il glissa une main gantée sur sa nuque, puis se retourna pour faire face à sa protégée.

- Bon, laissons tomber la balade à la campagne, nous pourrons toujours nous y adonner à un autre moment. Que diriez-vous que nous nous aventurions à pied à travers la capitale? Ce n’est pas comme si c’était très loin et puis ça nous dégourdira les jambes. De toute façon, ça évitera que de jeunes curieux n’attardent trop leur attention sur vous. Et puis, je connais une excellente taverne qui sert une bière succulente et, à mon humble avis, le meilleur canard braisé de la région! Ça vous dit?

Le garde du corps tendit son bras pour inviter Lady Daenya à s’y accrocher, puis l’entraîna dans un pas régulier à sa suite, en direction des grandes portes qui les séparaient du monde extérieur…
♔ Soldat Targaryen
♔ Garde du corps de la Princesse Daeyna
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Mer 4 Oct - 19:24
Son garde du corps haussa les sourcils, visiblement surpris de l'accoutrement de sa protégée, puis se mis à tourner autour d'elle, détaillant avec intérêt sa nouvelle apparence. Daeyna redressa fièrement la tête quand elle entendit les compliments d'Alistair et lui fît un sourire aimable, les acceptant avec joie. Il était rare, pour la jeune femme, de recevoir des compliments aussi sincères. Habituellement, on tentait de flatter la princesse afin de rester dans ses bonnes grâces. Les nobles étaient assez stupides pour croire que le roi avait quelque chose à faire de l'opinion de Daeyna... Ils tentaient donc d'être toujours aimables avec elle, louangeant son apparence et ses actions... Ce qui n'avait, bien entendu, aucun intérêt puisque peu importe ce que pourrait bien dire la princesse au roi, il n'en avait cure...

Alistair invita Daeyna à le suivre, ce que fît la princesse. Le couloir était vide, pourtant le jeune homme s'adressa à elle d'un ton bas, évitant ainsi que toute personne qui aurait pu les épier puisse entendre le moindre mot de leur conversation. La Targaryen prit soin de lui répondre sur le même ton.

- Je la possède depuis quelques années, lui répondit-elle, passant une main légère dans ses nouvelles boucles brunes. Si certains nobles apprécient une vie de paresse et de luxure, ce n'est pas mon cas... J'aimerai voyager, visiter le Monde... mais en tant que princesse, et surtout en tant que femme, la liberté de mes actions ne m'appartient pas. Néanmoins, poursuivit-elle, en faisant un sourire amusé à Alistair, mes rêves n'appartiennent qu'à moi... et je sais que le roi ne tardera pas à m'enfermer de nouveau dans une nouvelle alliance politique. J'ai donc plus de liberté aujourd'hui que j'en aurai possiblement dans le futur... J'ai acheté cette perruque en m'imaginant vivre quelques aventures mais, bien entendu, jamais je n'ai réellement cru que j'allais l'utiliser... Je suis ravie qu'elle trouve son utilité aujourd'hui. Vivre une journée sans la pression de la cour et les faux sourires... Quelle joie !

La princesse s'amusait déjà. Une nouvelle apparence, une nouvelle identité... Vivre, même si c'était seulement une journée, dans la peau d'une toute autre personne en s'imaginant un tout autre avenir... C'était amusant et excitant, en quelque sorte... Pourtant, elle n'était pas certaine de vouloir confier son nouveau nom au soin d'Alistair... Comment voulait-il l'appeler ? Gisèle ? Clarence ? Dagoberta ? Certainement pas !

- Appelez-moi Lyanna, lui répondit-elle finalement.

Ils arrivèrent au niveau des écuries royales et réalisèrent bien vite que ce n'était pas aujourd'hui qu'ils allaient sortir à cheval... Néanmoins, Alistair lui proposa une alternative.

- Une promenade à King's Landing ? Pourquoi pas. Je vous laisse carte blanche, Alistair. Amusez-moi. Montrez-moi cette taverne, comme il vous plaira. Aujourd'hui, je suis Lyanna, votre amie. Daeyna n'existe plus.

La jeune femme accepta avec plaisir le bras qu'il lui tendait, s'y accrochant, se laissant guider en direction de la ville.

C'était aujourd'hui jour de marché et il y avait énormément de monde dans les rues de la ville. Il y avait tellement de monde qu'on ne portait pas beaucoup attention à Alistair et Daeyna, ce qui était très avantageux pour l'incognito de cette dernière. L'effervescence et la bonne humeur générale était contagieuse et c'est finalement Daeyna qui, sans s'en rendre compte, dirigea Alistair à travers les différents stands, choisissant finalement de s'approcher d'une échoppe où on vendait des chapeaux, les plus extravagants les uns des autres. La jeune princesse se sentait d'humeur taquine...

- Voyons voir... réfléchis la princesse, en parcourant, d'un oeil avisé, les différents chapeaux avant que ses yeux violets tombent sur LE chapeau par excellence... Ah, voilà !

Se retournant vers Alistair et sans attendre son accord, elle s'approcha de lui afin de lui enfiler un magnifique chapeau surdimensionné composés d'énormes plumes bleues... Une véritable oeuvre d'art.

Daeyna inspecta le résultat, un instant, faisant un arc de cercle autour de Callahan, de la même façon qu'il l'avait fait un peu plus tôt.

- C'est... charmant. Vraiment ! lui dit-elle d'un ton sérieux, l'invitant à se regarder dans un miroir. Quand il se vit finalement, la jeune femme ne pût s'empêcher d'éclater de rire, un rire franc et cristallin.

- Alors, qu'en pensez-vous ?

Bien entendu, il avait l'air tout simplement ridicule... Terriblement masculin et incroyablement ridicule, tout à la fois !
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Mer 18 Oct - 15:02
Lyanna, hein? Un joli nom pour un joli minois, il devait bien l’admettre! À voir l’air radieux qu’elle arborait (et qui changeait énormément de son masque de marbre), le jeune homme compris qu’il était tombé pile dans les cordes de la princesse. Voilà qui, au fond, confirmait ses doutes profonds : la vie mondaine des monarques n’était en rien une existence rêvée. Lui-même ferait tout pour éviter de devoir se coltiner jour après jour les faux semblants de toute cette noblesse à la con.

Daenya glissa sa main à son bras et ce simple geste soutira un sourire de la part du soldat. Finalement, peut-être allait-il réellement l’apprécier? Elle était beaucoup moins coincée qu’il n’y paraissait et était dotée – tout comme lui – d’un certain sens de l’aventure et du défi. Plus il y réfléchissait, moins son nouveau travail lui semblait pénible et lourd. Enfin… assurément, les bals et autres événements guindés n’étaient pas son truc, mais au moins, son quotidien s’annonçait un peu plus amusant que prévu. Plein d’idées lui venaient en tête : des endroits à visiter, des activités à accomplir, des découvertes à faire. Finalement, peut-être jouissait-il d’une liberté beaucoup plus grande qu’il ne l’avait préalablement entrevu?

Le duo passa les grandes portes protégeant l’accès du Red Keep et s’aventura dans les rues mouvementées de King’s Landing. Une énergie effervescente embaumait l’air et la population s’évertuait à rassembler des effets pour ce qui semblait être un jour de marché particulièrement achalandé. Au vu de tout le travail à accomplir, la plupart des gens ne portaient guère attention à ce duo tout ce qu’il y a de plus banal. Si ça se trouvait, ils avaient l’air d’une sorte de couple qui profitait de la belle journée… comme tant d’autres. C’était juste parfait, pour passer inaperçu. Ainsi, le garde du corps se laissa guider par les fantaisies de sa protégée, lui permettant de prendre les rênes dans ce louvoiement intempestif entre commerce et kiosque. Au bout d’un petit moment, la jeune femme de sang bleu s’arrêta devant un étalage de chapeaux exotiques, puis sembla juger la marchandise d’un air à la fois intéressé et critique. Quoi? Elle aimait sérieusement ces babioles horribles? Enfin, peut-être qu’il manquait de goût pour la mode féminine, mais à ces yeux, ces chapeaux étaient tout simplement affreux.

La princesse scrutait les différentes parures de tête d’un air concentré, puis s’arrêta soudainement devant un couvre-chef surdimensionné surmonté de plumes diverses variant du noir au bleu. Mais… c’était quoi cette horreur? Dans un mouvement leste, la Targaryen se saisit de la relique et la déposa sans vergogne sur le dessus du crâne de son garde du corps qui lui jeta un regard à la fois amusé et outré. D’un air critique, la monarque se recula d’un pas et scruta le guerrier qui, visiblement, n’osait même pas s’observer dans la glace pour voir le résultat catastrophique.

- Charmant… vous plaisantez, pas vrai? Laissa-t-il échapper à la suite du commentaire de sa protégée qui arborait une expression tout à fait sérieuse. Son masque factice d’expression impassible avait de nouveau recouvert ses traits délicats et rendait la lecture de ses véritables émotions beaucoup plus ardue.

En un soupir las, Callahan se retourna à contrecœur pour se regarder dans le miroir le plus près et la grimace qu’il esquissa fut telle que la Targaryen éclata d’un rire à la fois cristallin et surprenant. Elle était donc d’humeur taquine! Alors soit! Il allait jouer le jeu! Portant une main à son menton, le guerrier afficha un air songeur, puis pivota sur lui-même de gauche à droite, pour voir le profil qu’il arborait dans cette fière parure.

- Je ne sais pas, très chère. Ne trouvez-vous pas que cette couleur ne sied guère à mon teint de pêche? Peut-être est-ce ces plumes démesurées, mais il me semble que le tout arrondi considérablement ma silhouette d’ordinaire gracile… DIANTRE, aurais-je pris du poids?!

Arborant une expression faussement catastrophée, l’homme plaqua une main sur son abdomen, par-dessus son long manteau de cuir noir, et fit mine de rentrer le ventre pour se donner une silhouette davantage amincie. Il tourna ensuite son regard verdoyant vers sa protégée et la gratifia d’un clin d’œil et d’un sourire amusé avant de retirer l’horreur qui couvrait sa chevelure courte et couleur marron. Il accrocha le chapeau sur le support conçu à cet effet, puis observa les autres couvre-chefs à son tour. Il devait dégoter un truc horrible afin de prolonger cette complicité qui tendait à s’installer entre eux. Finalement, ses doigts se refermèrent prestement sur un chapeau au rebord très large, fleuri et recouvert de froufrou rosé. Une perle de la mode féminine! Sans plus attendre, le guerrier rabattit la magnifique parure sur la tête faussement brune de Daenya.

- Lyanna, que pensez-vous de ce petit bijou de mode? Très actuel, ne trouvez-vous pas? Bon après, on dirait qu’on a dégoté la vieille nappe de ma grand-mère pour sa création, mais qui dit « de mauvais goût » ne dit pas forcément « démodé » non? Déclara-t-il en usant de son air le plus guindé possible.

Un toussotement courroucé se fit entendre dans son dos et le soldat fit volteface. Une dame grassouillette au maquillage trop prononcé et aux cheveux remontés en un chignon serré lui faisait face. Cette dernière arborait une expression courroucée et retira sans le moindre préambule le chapeau de la tête de la princesse avant de le redéposer sur son socle d’origine.

- Comment osez-vous critiquer mes œuvres, monsieur?! Cracha-t-elle de sa petite voix nasillarde. Que connaissez-vous de la mode?! À voir votre allure délabrée, j’en conclus que vous êtes aussi ignare qu’imbécile! Foutez le camp avant que je n’appelle la garde pour vous faire regretter votre arrogance!

Son allure… délabrée?! Pour qui elle se prenait, cette bonne femme?! Et puis, elle pouvait bien l’appeler, la garde! Il y avait peu de chances qu’il se fasse arrêter!

- Avoir une opinion n’est pas passible d’arrestation, ma dame! Mais arborer une apparence aussi pincée dans des tenues beaucoup trop jeunes pour vous devrait l’être, par contre!

Visiblement, son insulte fit mouche! Toutefois, une pression sur son bras lui fit comprendre qu’il valait mieux laisser tomber l’affaire et s’éloigner avant que propriétaire du kiosque ne s’offusque encore davantage. Ainsi, ne lui laissant guère le temps de répliquer quoi que ce soit d’autre, le garde du corps se détourna et recommença à déambuler entre les étalages marchands en compagnie de sa protégée.

- Non, mais je rêve où elle m’a insulté plus tôt? C’est tout de même pas de ma faute si ses chapeaux sont moches, non?! Et puis, je n’ai pas l’air d’un pauvre type délabré, merde… Marmonna-t-il d’un air un brin renfrogné.

Meh… Il n’allait tout de même pas laisser une telle pimbêche lui foutre sa journée en l’air, non? Se passant une main dans ses cheveux bruns, le soldat ravala sa fierté éméchée puis ramenant son attention vers sa protégée, décidant qu’il allait mettre ce bref incident derrière lui. Levant son regard verdoyant vers un kiosque qui se trouvait derrière la princesse, Callahan remarqua une boutique de vêtements où plusieurs nobles femmes s’attroupaient. Hmm… Certaines têtes lui disaient quelque chose… Avant que Daenya ne se retourne, Alistair lui agrippa doucement le bras et l’incita plutôt à lui faire face (et donc, faire dos aux nombreuses femmes nobles) avant de sourire tout simplement.

- Je vous en prie, Lyanna, souffla-t-il tout bas. Ne vous retournez pas. Plusieurs de ces clientes vous sont assurément connues et tout porte à croire que cette grande couturière est une habituée des dames de la haute. Vous risqueriez de vous faire reconnaître… Éloignons-nous, voulez-vous bien?

Avant qu’il ne puisse ajouter quelque chose d’autre, l’une des femmes richement vêtues, les bras chargés de textiles soyeux, poussa accidentellement Lyanna. Heureusement, Ali eut le bon réflexe et rattrapa la damoiselle avant qu’elle ne s’affale au sol. Évidemment, la noble ne prit même pas la peine de s’excuser, lui servant plutôt un regard froid et méprisant.

- Vous excuser serait trop vous demander, je suppose?! Siffla le soldat entre ses dents serrées en direction de la fautive. Faire preuve de politesse et de diplomatie, ça n’a jamais tué personne!
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Dim 22 Oct - 16:47
Daeyna était enchantée de constater que Alistair se prêtait facilement à son petit jeu, quelque peu enfantin, fallait-il avouer, mais tout de même plutôt amusant. De plus, il s'installait, entre eux, une certaine complicité, une facilité à communiquer qui était réellement rafraîchissante pour la princesse. Elle n'avait pas l'habitude de rire avec autant de cœur, comme elle le faisait actuellement, de vivre l'instant présent comme le ferait n'importe quelle jeune femme de son âge. Si elle n'avait pas été aussi décidée à s'amuser, à profiter de la journée qui s'offrait à elle, elle aurait été légèrement effrayée de la confiance qu'elle ressentait pour cet homme qu'elle connaissait à peine...

- Vous êtes charmants, très cher, non pas le chapeau... lui assura la princesse avant de répondre au clin d’œil qu'il lui avait fait.

Elle aurait dû s'offusquer de la familiarité de ses gestes envers elle, et pourtant... Elle appréciait, plutôt qu'être offensée. Il était agréable de se sentir comme tout autre être humain, plutôt que comme une poupée de porcelaine...

Continuant le jeu, Alistair choisit une horrible parure rose fleurie qu'il déposa sur les nouvelles boucles brunes de la princesse.

- Quelle horreur ! constata la princesse, avec un rictus amusé, en se regardant à son tour dans la glace. Même votre grand-mère ne saurait porter pareille abomination...

Tout-à-coup, un toussotement se fît entendre et le chapeau quitta sa tête, manquant d'arracher sa perruque par la même occasion, tant le geste était soudain et violent.

La marchande était folle de rage, invectivant Alistair, le menaçant d'appeler la garde. Elle ne semblait pas avoir entendu les propos de Daeyna, fort heureusement. La jeune femme laissa son garde du corps répondre à la dame, sans dire un mot, s'occupant plutôt à garder la tête baissée afin que son regard violet ne croise pas celui de la marchande.

Ils s'éloignèrent ensuite, mettant un peu de distance entre eux et la furieuse.

- Ses chapeaux trouvent acheteurs, certains nobles doivent les trouver joli... Le bon goût n'est pas donné à tout le monde ! Et puis, je peut vous assurer qu'il n'y a rien de délabré dans votre apparence...  finit-elle, en le détaillant de haut en bas, pendant un instant, sans gêne, finissant son geste d'un sourire amusé.

Leur marche les avait amené tout près d'une boutique habituellement fréquentées par des dames de la cour, comme lui mentionna Callahan en lui tenant le bras afin de l'empêcher de se retourner. La princesse tentait donc de maintenir son attention uniquement sur son compagnon, gardant les nobles dans son dos afin qu'elles ne puissent pas voir son visage. Ils auraient probablement pu s'en sortir facilement et s'éloigner, si une des dames ne l'avait pas bousculé assez violemment pour que Daeyna perde l'équilibre, rattrapée de justesse par son garde du corps. En appui sur le jeune homme, les mains posées sur les avant-bras de celui-ci, la jeune femme plongea son regard dans le sien, espérant qu'il y voit l'avertissement silencieux qu'elle lui lançait ; ce n'était pas une bonne idée de provoquer des dames de la cour, surtout dans les circonstances. La plupart avait un ego beaucoup trop surdimensionné et ne s'excuserait jamais à un paysan... Elle tourna ensuite légèrement la tête, faisant tomber des mèches brunes sur le côté de son visage afin de masquer légèrement ses traits et de voir, par la même occasion, la réaction de la lady.

Comme pour confirmer sa pensée, la fautive fît un regard courroucé à Alistair, puis déposa, sans ménagement, les textiles dans les bras déjà trop pleins d'une pauvre servante, qui ne savait plus comment tenir les achats de sa maîtresse, la charge déjà beaucoup trop lourde pour son petit gabarit. Elle allait s'adresser à eux quand sa servante échappa accidentellement (ou pas...) une partie de son butin par terre... dans la boue, bien évidemment. La noble devint cramoisie et commença à insulter sa servante, les paroles du soldat pour l'instant oubliées.

Daeyna ne lui laissa pas le temps de se rappeler de leur existence. Elle prit la main d'Alistair et partit à courir dans la direction opposée, ne s'arrêtant que lorsqu'ils étaient sortit du marché. Essoufflée, elle s'adossa à un mur de pierre afin de stabiliser sa respiration.

- Vous êtes fou ! Et mon anonymat ?! s'exclama la jeune femme d'un ton sérieux avant d'éclater de rire, bien malgré elle.  Elle fît, de nouveau, un sourire complice à Alistair. Il faudra visiter des lieux moins fréquentés par les nobles, très cher.
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Mer 8 Nov - 16:27
Non, mais c’était lui ou elle le regardait comme s’il n’était rien d’autre qu’un simple attardé? De quel droit pouvait-elle se permettre cet écart de conduite à son égard? La poufiasse de la haute lui jetait un coup d’œil dédaigneux (carrément!), puis fit une rotation du corps pour jeter toutes ses tenues dans les bras d’une pauvre servante qui avait beaucoup trop de mal à tout soutenir. À quoi s’attendait-elle, sérieusement? La jeune femme avait beau se démener tant bien que mal, elle restait minuscule pour porter autant de paquets insignifiants! Cette vision démontrant bien toute l’injustice qui régissait ce monde écœurait royalement le soldat qui croisait maintenant les bras sur sa poitrine, prêt à affronter le petit ton condescendant dont allait le gratifier assurément la pimbêche de service. Toutefois, avant même que cette dernière ne puisse ouvrir son misérable clapet, la pauvre servante échappa plusieurs textiles luxueux dans l’immonde flaque de boue qui se trouvait à ses pieds.

AH! Voilà qui était bien fait! Toutefois, à voir la façon dont la maîtresse invectivait la pauvre subordonnée honteuse, Ali serra les poings. Non, mais pour qui se prenait-elle, cette putain de luxe?! De quel droit osait-elle insulter les gens comme ça sous peine qu’elle était sortie d’un vagin plus riche qu’un autre?! À voir la veine qui ressortait maintenant de son cou, c’était évident que Callahan était sur le point de péter un câble! Toutefois, ce fut une main délicate se glissant dans la sienne qui le ramena à l’ordre en moins de deux! Daenya avait décidé de mettre fin à leur minuscule altercation et détala dans la direction opposée, tirant son garde du corps à sa suite sans le moindre ménagement. Dès qu’ils furent suffisamment loin, la princesse masquée s’adossa à un mur de briques et reprit son souffle. Et voilà que les remontrances ne se firent pas prier! Enfin… bien que ces dernières ne semblaient pas des plus sérieuses, au vu du rire qui s’en suivit! Mouais… Visiter des lieux moins fréquentés par la noblesse… Ce n’était pas une mauvaise idée en soi s’il souhaitait conserver un peu son sang-froid!

Le jeune homme poussa un soupir d’irritation, puis se passa une main dans sa chevelure brune gardée courte.

- Pourquoi est-ce que les nobles de la haute caste ressentent-ils le besoin d’abuser du commun des mortels? Laissa-t-il échapper malgré lui, en levant les yeux au ciel un instant. Pardon, ça me met un peu hors de moi.

Tournant ses prunelles vertes vers sa compagne, il poussa un soupir las, puis décida qu’il valait mieux poursuivre sur une autre activité plutôt que de ressasser ce sentiment cuisant d’injustice qui le taraudait. S’il continuait sur cette voie, il se retrouverait à dire des âneries ou à étaler au grand jour des pensées qu’il valait peut-être mieux garder pour lui-même. Après tout, ne disait-on pas de lui qu’il avait la langue bien pendue? Alistair se pinça donc l’arête du nez, entre ses deux yeux, en guise d’irritation, puis décida qu’une taverne serait un bon endroit pour se détendre sans risquer de se faire déranger par les catins de luxe. Il y avait bel et bien un établissement sympa non loin d’où ils se trouvaient. Ni trop chic, ni trop crade, l’endroit était généralement fréquenté par les travailleurs en début de soirée. Or, il était encore plutôt tôt dans la journée, mais l’endroit offrait des repas tout à fait acceptables avec des portions généreuses!

- Si ça vous dis, je connais un endroit chouette pour casser la croûte. Je ne sais pas pour vous, mais personnellement, j’ai un creux! Oh la bière y est tout à fait agréable, je vous assure! Alors, vous en dites quoi? Il y a peu de chance que l’on y croise d’autres individus huppés, croyez-moi!

Son sourire était revenu sur ses lèvres. Mieux valait recaler l’incident du marché dans un coin de son esprit, histoire de ne pas pourrir l’ambiance qu’il tentait d’instaurer. Il attendit donc patiemment que sa protégée lui fournisse son accord, puis lui tendit son bras afin de l’inviter à y glisser le sien. Le duo sortit donc de la petite ruelle improvisée et s’engagea dans une allée plus fréquentée, en cette heure hâtive de la journée. Des enfants criaient et riaient aux éclats alors qu’ils semblaient clairement jouer à chat parmi la populace environnante. À leur droite, une fleuriste venait d’ouvrir les portes de son commerce, sa jeune employée s’affairant à exhiber des caisses en bois remplies de fleurs chatoyantes fraîchement coupées. Plusieurs mètres plus loin, ce fut l’arôme alléchant du pain cuit qui chatouilla leurs narines et Callahan fut intérieurement ravi de voir que sa compagne du moment se plaisait de tous ces petits bonheurs plutôt banals de la vie quotidienne du peuple.

Au bout d’un moment se dessina enfin la façade à la fois modeste et de bon goût d’une auberge fréquentée par le commun des mortels. Une affiche en bois massif bien entretenue était pendue au bout d’un long manche en fer et divulguait – à qui voulait bien le voir – le nom de l’illustre établissement : Le Chien Rouge. D’un bref mouvement du menton, Callahan invita la princesse à le suivre, puis grimpa les quelques marches de bois qui le séparait des portes battantes.

Une fois à l’intérieur, une ambiance chaleureuse régnait, et ce, malgré le manque flagrant de clientèle en cette heure de la journée. Il fallait dire que la plupart des convives travaillaient en ce moment même! Un homme colossal quitta l’arrière-boutique, tablier enserrant sa taille et torchon â la main. Il était beaucoup plus grand qu’Alistair et possédait une carrure digne des plus grands barbares de contes et légendes. Ses cheveux blonds dorés étaient coupés court en brosse et deux yeux bleus pétillant d’intelligence se posèrent sur eux.

- Callahan! Mon vieux, ça fait un moment que je t’ai vu! S’exclama-t-il de sa voix forte et presque gutturale. Allez, entre, entre! Tu es toujours le bienvenu, tu le sais bien!

Le soldat royal s’approcha du comptoir, sourire aux lèvres, puis serra la main immense de son interlocuteur, grimaçant un tantinet sous la force incroyable de sa poigne.

- Stanislas! Content de te revoir aussi, renchérit-il d’un ton jovial. J’ai été pris par mes obligations récemment… Je ne voulais absolument pas que toi et ton personnel vous sentiez mis de côté!

Stanislas tourna son regard éclatant vers la compagne d’Ali, puis esquissa une petite courbette polie à son égard.

- Tu es accompagné? C’est ta copine? Tu me présentes, dis?

- Ah! Ouais, je suis bête! Stan, je te présente Lyanna. Lyanna, je te présente Stanislas Deverre, le tenancier de ce superbe établissement! Fit-il alors que le colosse prit délicatement la main de la princesse dans la sienne pour y apposer ses lèvres. Lyanna est… heu… Ali tourna la tête vers la fausse brunette, cherchant un mensonge à servir, puis usa le premier terme qui lui était venu en tête. … Ma cousine! Elle ne vient pas du coin, alors j’en profite pour lui faire visiter les environs!

Ouais, il avait dû improviser. Après tout, il se voyait très mal avoir l’audace de la présenter comme étant sa prétendante! Ils ne se connaissaient que très peu et, même s’il était du genre naturellement fanfaron, il craignait un peu de froisser sa protégée en prétextant un titre plus intime. Le hic, c’était que Stan en profitait clairement pour lui faire les yeux doux! Ce qui – allez savoir pourquoi – l’énervait un brin.

- Bon heu… C’est pas tout, mais on a plutôt faim! Ça te dérangerait de nous laisser ton menu? On va s’asseoir à une table, le temps de choisir ce qu’on va manger.

Le tenancier hocha de la tête, un air ravi au visage, puis agrippa deux petites plaques de bois où était accroché un parchemin affichant les plats du jour. Ali le remercier, prit les menus, et alla s’installer à une table ronde près de la fenêtre.

- Je crois que mon pote vous trouve plutôt mignonne, fit-il avec un sourire en coin en tendant l’un des menus à sa protégée. Choisissez votre repas, c’est moi qui paie.
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Hier à 13:46
Le sourire de Daeyna s'agrandit en entendant le soupir d'exaspération d'Alistair. La jeune femme comprenait très bien son indignation puisqu'elle la partageait. Néanmoins...

- Je crois, Alistair, que vous avez oublié que je faisais moi-même partit de cette haute-caste que vous méprisez tant, lui rappela gentiment la princesse dans un murmure. Oh, ne vous méprenez pas ! J'en suis enchantée ! Ce sera beaucoup plus agréable si nous faisons abstraction un instant de qui je suis réellement...

La princesse n'était pas froissée, elle savait bien que cette haine ne lui était pas adressée directement, du moins elle l'espérait. Après tout, ils avaient grandis dans des milieux diamétralement opposés mais la jeune femme était affreusement consciente de l'écart prodigieux entre les deux castes, quel que ce soit le domaine. Les nobles avaient tendance à traiter leur subalterne comme de la pourriture, c'était un fait connu de tous. Heureusement pour le jeune soldat, Daeyna n'avait jamais sentit le besoin de rabaisser ceux qui travaillaient pour elle, bien au contraire. Il en prendrait conscience, un jour ou l'autre, si ce n'était pas encore le cas.

Son garde du corps lui proposa d'aller casser la croûte dans une taverne qu'il connaissait, non loin de là. La nourriture et la bière étaient excellentes, lui disait-il. La bière !? La princesse ne détestait pas du tout l'alcool, bien au contraire. Depuis le mariage de Khanrell,  il lui arrivait régulièrement de prendre un verre en fin de soirée, afin de se relaxer, surtout quand elle devait tenir compagnie au Roi toute une journée. Normalement, sa préférence allait vers un vin rouge et dornien, de surcroît... mais de la bière ? Jamais de la vie !

Toutefois, elle ne broncha pas et offrit un sourire agréable à Callahan, approuvant son choix d'un hochement de tête avant de cramponner sa main au bras de celui-ci, lui laissant le loisir de la diriger vers l'endroit qu'il avait choisi. La petite ballade se fît dans un silence confortable, la princesse observant les alentours mais surtout les gens qu'elle croisait, particulièrement les enfants, avec un sourire satisfait, voir parfois même amusé.

Ils arrivèrent finalement au Chien Rouge. De l'extérieur, le bâtiment semblait plutôt bien entretenu, témoignant de la popularité des lieux.

En passant les portes, les odeurs qui effleurèrent les narines de la princesse furent des plus alléchantes, lui faisant réaliser pour la première fois à quel point elle était affamée. L'endroit était chaleureux, agréable et propre.

Le tenancier se dirigea vers eux dès qu'ils eurent franchit la porte, visiblement ravis de voir Alistair. Bien entendu que son garde du corps le connaissait ! Il semblait être un homme plutôt sociable et devait connaître de nombreuses personnes à King's Landing. Il l'avait conduit dans un établissement qu'il fréquentait régulièrement, apparemment. Il offrit une bonne poignée de main à Callahan puis lui offrit une courbette. Amusée, la jeune femme lui répondit avec une légère et très simple révérence.

Tout de suite, Stanislas demanda à lui être présenté, le questionnant à savoir si elle était sa copine. Alistair se tourna vers elle, cherchant dans son regard la réponse à cette question. La princesse n'avait pas pensé, un seul instant, qu'ils croiseraient des connaissances d'Alistair... elle n'avait donc pas pris soin de parler avec lui d'un lien fictif qui pouvait les unir. Néanmoins, elle sursauta légèrement lorsqu'il la présenta comme étant sa cousine. Sa cousine !?!? Tout de suite, elle sût que c'était une bêtise...

Le grand gaillard prit la main de la princesse dans la sienne et y déposa un baiser. Daeyna n'avait pas l'habitude de fréquenter des hommes qui n'avaient aucun titre, néanmoins elle se doutait qu'il n'était pas habituel pour le commun des mortels, comme les appelait Alistair, de se comporter de cette façon envers une femme si cette dernière ne les intéressait pas.

Il était donc évident que le colosse se jetterait sur l’occasion pour courtiser la Targaryen, maintenant qu'il savait qu'il avait le champs libre. La jeune femme aurait pu s'inventer un mari ou un fiancé, mais étrangement elle ne savait pas si elle en avait envie. Les occasions de se sentir comme une femme, une vraie, était si rare pour la princesse... Car Daeyna faisait une distinction claire entre ce qu'elle voulait, en tant que princesse, et ce qu'elle était, en tant que femme.

Stanislas était plutôt séduisant... Peut-être pouvait-elle se permettre de s'amuser un peu ? De surcroît, Alistair, par son comportement, lui avait clairement indiqué qu'il ne désirait pas être l'objet de son amusement et surtout de sa convoitise. Oh, c'était mieux ainsi, bien sûr ! Après tout, ils ne se connaissaient pas... et au final, dès qu'elle retirerait cette perruque et cet accoutrement, elle reprendrait son titre ainsi que ses obligations ; elle redeviendrait Daeyna. Néanmoins, la femme en elle ressentait un léger pincement au coeur.  

Son garde du corps demanda les menus à Stanislas qui était toujours concentré sur elle. Fort heureusement, la lumière que dégageait les chandelles était plutôt tamisée. Daeyna espérait que le tenancier ne remarque pas la couleur de ses iris qui la définirait immédiatement comme étant une Targaryen et la sœur du Roi.

Stanislas ne sembla rien remarquer puisqu'elle ne vit aucun changement dans son comportement lorsque ses yeux croisèrent les siens. Il leur offrit les menus et s'éloigna pendant qu'ils prenaient place à une table choisie par Alistair, tout près d'une fenêtre.

Immédiatement, le jeune homme lui confia que son ami semblait la trouver mignonne.

- Mignonne ? N'est-ce pas un terme normalement employé pour parler d'un enfant ou d'un animal ? le taquina t-elle, un sourire amusé illuminant son charmant visage. Il faudra cesser ces formalités, entre nous, et commencer à se tutoyer, surtout devant votre... euh, enfin, ton ami.

Le tenancier était de retour au bar, faisant la conversation avec un homme qui y prenait une consommation, probablement un habitué.

- Je dois bien avouer que lui aussi est plutôt mignon...  Je pourrais facilement me laisser prendre au jeu. Malheureusement, ce serait un jeu beaucoup trop dangereux pour mon anonymat. Dommage...

Stanislas revint à cet instant à leur table avec deux pintes remplies d'un liquide ambré, probablement de la bière.


- Compliment de la maison ! Avez-vous fait votre choix ?

- Je ne sais pas pour toi, mon cher cousin, mais personnellement j'aimerai essayer la spécialité de la maison.

- Vos désirs sont des ordres, demoiselle, lui répondit le tenancier, d'un ton joyeux. Et toi, mon ami ?

Pendant que son compagnon effectuait son choix et parlait avec son ami, Daeyna en profita pour inspecter un peu plus l'endroit. Une petite scène était installée dans un coin et un couple était actuellement en train de sortir quelques instruments. Sans doute allait-il divertir les clients en soirée.

Plus loin, quelques hommes jouaient aux cartes et aux dés, accompagnés de demoiselles. De plus en plus de gens commençait à arriver ; il était évident que l'endroit serait surpeuplé en soirée.

Une fois la commande d'Alistair prise, Stanislas les laissa un instant.

- Je vais devoir être un peu moins gentille avec lui si je ne veut pas lui donner de faux signaux... Vous avez une idée d'une tactique que je pourrais utiliser ? Puisqu'il est maintenant hors de question de vous faire passer pour mon prétendant... termina-t-elle en lui offrant de nouveau son sourire amusé.
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